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 Tournent les vies (Rodrigue)

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- Rayon X-tra lucide - Charbre Carnivore.

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Signalement : Hûme d'un peu moins de 20 ans, 182cm, musculature sèche, plutôt maigre. Peau hâlée, tignasse brune, cicatrices en bandeau, oeil gauche laiteux et borgne, oeil droit d'un bleu profond mais inexpressif. Piercings à l'oreille. D'autres cicatrices de part et d'autres.


MessageSujet: Tournent les vies (Rodrigue)   20.11.11 22:12

=> Point of Digust

Un frisson. Et cette sueur qui n’en finit pas de le drainer.
La réalité s’entrecoupe de méchants courants d’airs. Présences, murmures, sons étouffés, sensation d’une fourrure chaude sous ses doigts amorphes. Poids néanmoins écrasant d’un boulet affectueux.

Le froid. L’absence. Le creux et l’indécence. Pesanteur d’un regard dont tu ne perçois même plus la présence. Comme si elles avaient toutes été… altérées. Effacées. Ou plutôt… Arrachées.
C’est ça : arrachées.
La morsure est encore vive, elle travaille le moindre de tes chairs… L’enfant-orage, nappé de son linceul, dans un bar qui s’écroule. Une mauvaise blague, une mauvaise répétition. Trônant toujours à la cime de ces ruines. Survivant. Encore.
Cela fait plusieurs jours qu’il avait perdu conscience. La faucheuse n’avait desserré ses griffes qu’à regret, enivrée de rouges effluves. L’absinthe d’un repto-marsupial se faisait doigt d’honneur à toute fatalité.
L’adolescent ignorait donc les menaces de la maquerelle. A peine se souvenait-il de leur dispute, de la raison originelle de sa présence en ces lieux.
Chips – qui avait redressé la tête, fixant intensément l’aveugle comme guettant sa réaction.
Il a les yeux grands ouvert sur l’obscurité. L’animal s’obstine sur sa main gauche, quémandant vigoureusement sa part de caresses ; l’aveugle finit par céder, effleurant mollement la chaleur de ses courbes.
Il ne sourit pas. Il n’ose même pas penser. Tout est si… confus. Sa gorge est pâteuse. Peut-être se lever ?

« … Soif. »
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- Un dernier verre ? Mmh ? - Innocent perverti

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Signalement : Hume, la trentaine, carrure solide, 1m85, cheveux noirs, yeux bleu pervenche, cicatrice sous l'oeil gauche.


MessageSujet: Re: Tournent les vies (Rodrigue)   08.03.12 17:25

Cela faisait plusieurs jours, déjà. Moins d’une semaine, certes, mais cela restait long. Rodrigue n’avait définitivement aucun goût pour ces moments d’attente par trop déconcertants. Ces moments où il se retrouvait là, planté debout près d’un lit, à attendre qu’un homme endormi daigne ouvrir les yeux.
C’était un peu différent de la dernière fois.

La culpabilité en moins.
Le malaise étoffé de rancœur restait le même, par contre.

La veille au soir, le fidèle allié de Mancuso (celui qu’on n’appelait que par ce seul titre, « Le Docteur ») était venu leur rendre visite. Et il n’avait pu que confirmer ce que tous devinaient déjà : ils ne pouvaient rien faire – rien d’autre qu’attendre.

Chips attendait sans se plaindre. Rodrigue le voyait régulièrement traîner du côté de la réserve, à tapoter de ses courtes pattes les flancs d’Asphodèle ou à veiller silencieusement sur son sommeil. Il n’avait pas l’air inquiet ; son attitude avait quelque chose de simplement prévenant. Et affectueux.
Caleb était venu, aussi. Il n’avait rien dit – du moins pas quand Rodrigue était lui-même présent dans la pièce. Un index pointé au coin de l’arcade sourcilière, le reste de la main faisant œillère comme pour s’abriter du regard de son employé, Caleb avait jaugé l’adolescent longuement. Rodrigue n’arrivait pas à deviner ce à quoi il pouvait bien penser.
Le reste du temps, Rodrigue s’attardait seul dans la pièce trop éclairée, presque à chaque fois que ses pauses le lui permettaient en fait. Il venait, et il restait là, droit comme un i, à guetter des signes de conscience sur ce joli visage scarifié. Mais la princesse se faisait attendre.

Et plus il le regardait – de loin, les épaules callées contre le mur opposé, son cigare tenu en pincette – moins il comprenait ce qui le retenait là.

Elle l’avait prévenu, pourtant. Avec ses yeux qu’on ne pouvait pas décrire, logés sous l’arc ployant de ses sourcils. Il avait trouvé ça très beau – comme seul peut l’être le regard haineux d’une mère – et il se souvenait vaguement avoir acquiescé en silence, avec une docilité qui confinait presque au respect.

Mais Elle n’était pas encore venue le chercher. Asphodèle était toujours là, et Rodrigue se sentait investi d’une responsabilité dont il ne savait plus quoi faire. Et il avait fallut attendre tout ce temps pour qu’enfin, la soie froissée de son front se creuse d’un pli supplémentaire – qu’Asphodèle ouvre ses yeux aveugles. Il croassa un seul mot :

« …Soif. »

Rodrigue resta surpris longtemps, incapable de réagir promptement maintenant qu’il était confronté à ce qu’il avait guetté depuis des jours. Chips kwissait et mâchouillait affectueusement le pouce du vagabond. Rodrigue vit la main maigre du garçon s’enliser dans la fourrure de Chips ; il parvint enfin à s’extirper de sa stupeur. Il s’approcha du lit, et se pencha légèrement au-dessus pour mieux observer les traits d’Asphodèle. S’il avait été capable de voir, leurs regards se seraient croisés à ce moment précis – mais Rodrigue se doutait bien qu’il n’avait pas besoin de ses yeux pour le reconnaître.

Il se détourna pour aller chercher un verre d’eau – il y en avait un plein pichet dans un coin de la réserve, placé là à cette fin chaque matin. Rodrigue revint vers le lit, un gobelet d’eau à la main. Il prit un instant pour jauger les yeux fatigués du jeune homme, et son expression qui n’était qu’une vague esquisse d’égarement.

« Vas-y doucement. »

Il glissa une main sous la nuque d’Asphodèle pour l’aider à se redresser. Il porta le verre à ses lèvres, et patienta jusqu’à ce qu’il parvienne à avaler un peu d’eau. Il avait déjà fait ça, une fois. Réitérer le geste, avec cette fois la peau incandescente de l’aveugle sous ses doigts, lui laissait une drôle d’impression. Désagréablement trouble, à vrai dire. Il s’assit sur le rebord du lit – Chips l’accueillit en roulant son dos élastique contre sa cuisse, un peu comme l’aurait fait un chat. Rodrigue lui flatta les oreilles, puis ajouta alors, d’une voix basse qui avait quelque chose de grondant :

« Tu es au Downward, Asphodèle. »

Ajouter « encore » était tentant. Mais il s’abstint ; à la place, il s’en tint à poser une question que d’ordinaire il détestait poser. Mais provoquer l’exaspération du jeune vagabond était la seule idée qui lui avait traversé l’esprit :

« Alors…Comment tu te sens ? »
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- Rayon X-tra lucide - Charbre Carnivore.

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Signalement : Hûme d'un peu moins de 20 ans, 182cm, musculature sèche, plutôt maigre. Peau hâlée, tignasse brune, cicatrices en bandeau, oeil gauche laiteux et borgne, oeil droit d'un bleu profond mais inexpressif. Piercings à l'oreille. D'autres cicatrices de part et d'autres.


MessageSujet: Re: Tournent les vies (Rodrigue)   10.09.12 16:17

Il y a une présence. Presque nonchalante, mais… lourde de sens. Il y a une odeur aussi. Acre. De cet étouffant et copieux parfum que seuls les cigares peuvent dégager.
Asphodèle se défait lentement de la ouate qui le protégeait. Ses sens aiguisés à l’extrême, comme une proie acculée.

Il fait noir.
Et même la présence de Chips ne peut le rassurer.

Il fait noir.
Il y a comme une plus grande déchirure au fond de ses abysses. Lui qui ne pensait pas possible qu’on puisse creuser encore. Et pourtant.
Une absence. Il en a la migraine.

Des pas. L’odeur âcre qui se rapproche et une voix presque sourde. Un peu grave :

« Vas-y doucement. »

Qu’est-ce que ?
L’aveugle n’a pas la force de se débattre, ni de se révolter contre ses gestes d’attention. Il déglutit avec difficulté, chaque gorgée paraît le brûler.

« Tu es au Downward, Asphodèle. »

Le balayeur parvient à repousser le verre, sans se départir de l’étreinte.

« Alors…Comment tu te sens ? »

« Rodrigue. » - C’est un murmure expiré. Comme une évidence qu’il voulait confirmer. Superflue mais essentielle.
Habituellement, il l’aurait insulté, l’aurait affublé d’un des sobriquets dont il avait le secret. Mais…

Tout est noir.
Sa tête se relève, croisant de ses yeux laiteux, le regard du barman. Le jeune homme lâche d’une voix entrecoupée, comme sonnée :

« Rien. J’sens plus rien. »


Spoiler:
 
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