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 Narcisse Armand Alfred de Beauregard, l'endormi de service... [U.C, 80%]

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MessageSujet: Narcisse Armand Alfred de Beauregard, l'endormi de service... [U.C, 80%]   24.01.12 22:39

I. Identité

Nom & Prénom : Narcisse Armand Alfred de Beauregard
Surnom : « Hey toi ! », « Glandeur », « Grand dadais», « La perche », « Flemmard », « Joli coeur », etc.
Sexe : Masculin
Age : 27 ans
Race :Hume.
Idéologie :Mr Johnson
Métier :Balayeur, et pas le plus mauvais étrangement.


II. Conscience du monde et magie

Connaissance des extra-tyrestres : Il n'en est que trop conscient.
Connaissance des vampires :Disons que même s'ils existaient, il s'en ficherait plutôt. Si on n'entend plus parler d'eux, c'est qu'ils se sont intégrés non ? Alors où est le problème ?
Conscience : Éveillé.
Technique : Rough sans en avoir conscience.
Spécialisation : Vol de chance :

A chaque fois que Narcisse se tape trois fois le nez de l'index gauche, il déclenche le vol de chance. Son pouvoir se fait plus ou moins intense suivant sa réflexion, sa préoccupation, plus il sera concentré, plus il volera la chance des gens autour de lui.

De ce fait, si Armand réfléchit en se tapotant le nez à ce qu'il va manger ce soir, vous imaginez bien que cela ne changera pas grand chose, par contre s'il réfléchit intensément à un crime, ou à un problème de bonne envergure -comme par exemple comment se sortir d'une situation totalement périlleuse-, cela peut aller jusqu'à lui sauver la vie.

Néanmoins, cette chance accumulée a une durée limitée dans le temps, ces phases excèdent rarement les dix à vingt minutes.

Ensuite, il se met toujours à dormir, n'importe où, n'importe comment, et ce pour des durées assez variables, en général, plus sa chance a été grande, plus son sommeil est lourd et long. De plus, sans ces siestes intempestives, il s'avère être un très gros dormeur, en moyenne, il reste 12h au lit, chaque jour, sans doute parce qu'il ne maîtrise pas son pouvoir et que cela absorbe beaucoup d'énergie.


III. Allure générale

Description physique :

« Narcisse, tu peux m'attraper le dossier tout là-haut... »

Quoi de plus facile quand on fait presque deux mètres d'attraper les affaires perchées et inaccessible. C'est un talent qu'on ne lui dénie pas ! En général, il surplombe tout le monde d'une ou deux têtes. Pour la discrétion, ce n'est pas terrible, mais au moins, on ne vous perd jamais dans la foule d'un marché. Néanmoins, il ne faut pas croire que Narcisse soit une force de la nature, il tient plus de la grande perche que du gaillard costaud. En effet, il n'a pas eu les kilos que mériterait sa haut stature, faisant de lui un être mince, voire maigre. Pas qu'il ne mange pas à sa faim, mais son organisme ne semble pas vouloir prendre un gramme, pourtant, il ne se prive pas de boire des choses abjectement sucrées -il consomme en moyenne deux litres de chymera par jour- et dévore à peu près tout ce qui lui passe sous la main. C'est peut-être grâce à tout ces choses ingurgitées qu'il n'est pas maigre au point de faire peur, et que même dénudé, la vue de son corps est soutenable, ses articulations et os sont juste un peu plus discernables. Mais il faut avouer quelque chose, on se sent tout de même ridiculement petit à côté de lui : ses mains arachnéennes font sans doute deux fois la longueur des vôtres, ses chaussures feraient à vos pieds de très bonnes palmes, et ses pantalons vous ferez passer pour un clown tant ils traîneraient par terre.

« Mais tiens toi droit ! Arrête avec cet air, t'as aucune crédibilité en tant que représentant de l'ordre ! »

Combien de fois a-t-il entendu cette phrase durant ses services ? Il ne saurait dire, une infinité de fois. Car grande taille, ne rime pas avec lui avec grand maintien ! Toujours à moitié avachi, les épaules basses, la tête penchée près à sombrer dans le sommeil... On est loin du grand chevalier droit et vaillant. Il est plus près du type nonchalant, outrageusement décontracté, et je-m’en-foutiste. Il ne fait pas d'effort pour effacer sa nature profonde de feignant avéré, il traîne des pieds, marche avec une flegme le rendant exaspérant tant il paraît lent -mais vu la taille de ses pas, il marche en fait plus vite que la normale-. Ses vêtements reflètent eux aussi cette tendance, il porte des choses de qualité, bien coupées, mais souvent usées -c'est plus confortable-, et la plupart du temps ils sont délavés, prenant alors des couleurs grisâtres ; il est très rare de le voir dans un costume luxueux et flambant neuf, mais cela lui arrive pour : les enterrements, les mariages, les réceptions officielles importantes, cependant, il finit souvent complètement débraillé au bout de quelques minutes, ne supportant pas d'être engoncé... Et malgré tout cela, il en conserve un certain charme, les dames ne manquant pas à sa porte. Le charme de celui qui n'a rien à foutre de tout.

« Hey toi là haut, ça te dirait pas de venir goûter les charmes d'ici bas... »

Car oui, il a du charme, et certaines n'hésitent pas à le lui faire remarquer. En général, à ce genre de phrase, il baisse son regard blasé vers la créature. Un regard assez déroutant : d'une part, il est celui soit d'un type complètement endormi -la vérité-, soit empli de mystères, presque méprisant -l'option souvent prise par les femmes-, d'autre, part, même si ses lunettes cache légèrement ce fait, il est bicolore, vairon, le droit étant d'un noir profond, le gauche étant lui d'un bleu gris très clair. Inutile de vous dire, que cela le rend marquant et intrigant, et puis, cela change de l'ordinaire. Les femmes frivoles ne collectionnent-elles pas les profils inhabituels dans leurs carnets de conquêtes ? Alors un géant au visage d'ange ténébreux, cela ne se refuse pas. Car son regard, bien qu'étant la chose la plus marquante de son visage, est complété par d'autres petites choses significatives. Il y a ses lèvres, pulpeuses, presque féminines, raffinées et bien rosées, qui pourrait lui donner un air de poupon si elles n'étaient perpétuellement étirées d'un sourire moqueur, blasé et détaché du monde. Ses pommettes saillantes ôtent tout doute quand à l'air de baigneur, s'accompagnant de joues légèrement creusé, renforçant son côté ténébreux. Le tout s'accompagne d'un neutre petit nez droit, et de sourcils fins, cela offre alors un assez joli panorama aux regards de ces dames. Et la touche finale au tableau est une chevelure mi-longue, de cheveux souple, ondulant, et même bouclant sous l'effet de l'humidité. En somme, Narcisse a la tête du joli-cœur.

« Papa, papa ! Comment il fait le monsieur pour dormir ? »

Mais on a beau avoir la tête d'un joli-cœur, on passe plus de temps à dormir qu'à draguer ! Le sommeil est son grand ami ! Il dort dans toutes les positions ! Partout, avec vous mademoiselle, alors que vous étiez allé vous déshabiller, pendant ses heures de travail, avec ce témoin clef, bref, sans aucun limite, aussi, vous le verrez sans doute plus souvent endormi qu'éveillé ! Mais il ne ronfle pas, et a une bouille d'enfant assoupi très mignonne !

Description morale :

« Mais tu m'écoutes là ? »

Narcisse n'a jamais l'air concentré, il ne regarde que rarement ses interlocuteurs dans les yeux. En somme, ce grand dadais a tout de l'homme distrait et insolent. Il laisse son regard traîner sans se fixer nul part. Il paraît un peu idiot, irrespectueux. Bref. On ne soupçonnerait pas que chacun de ses regards mémorise les moindre détails, que ses regards analysent, que son cerveau traite une multitude de tâches à la fois. Cela se ressent parfois quand il fait remarquer en plein milieu d'un sujet tout autre un détail frappant et insensé : « Cette femme vient de tromper son mari. », « On a fouillé votre bureau pendant la pause. ». Inutile de vous dire qu'il passe un peu pour un hurluberlu, même si à force, on prend un peu plus au sérieux ses remarques.

« Et autrement, ça te dérangerait de pas t'endormir pendant qu'on parle... »

Dormir, est aussi sa grande passion après l'observation, vous l'aurez compris. Mais cela a pour inconvénient de gêner la continuité de ses relations, de ses écoutes, de ses enquête. Parfois, cela est vraiment problématique, il n'a jamais su d'où lui venait ce besoin de dormir, des fois, il ne contrôle vraiment rien. Cependant, il faut avouer que cela lui a donné de bonnes excuses pour ne rien écouter ou pour témoigner de son ennui. Alors maintenant, il est difficile de savoir quand il dort par nécessité de quand il dort avec un malicieux intérêt. Sauf peut-être quand on tente de le réveiller, dans le premier cas, il faut vraiment insister -l'eau au visage étant ce qui marche le mieux-, dans le second cas, une simple parole désobligeante réussit à le tirer du sommeil avec un sourire moqueur et un « plait-il ? » narquois. Le sommeil est avec lui, un magnifique moyen de taper diplomatiquement et sans se fatiguer sur les nerfs des autres.

« T'aurais une idée pour cette affaire ? »

Là, c'est le moment où les nerfs de ses collègues, coéquipiers, connaissances sont totalement à bout de le voir dormir, faire des remarques, ou soupirer à chacune de leurs phrases. Alors, ils lui demandent son avis sur un problème. Et là, opère la transformation. Son flegme devient passion, il parle, il argumente, il raisonne, il s'énerve parfois quand la réponse lui semble introuvable. A croire que son seul plaisir réside à tourner en bourrique autour d'une affaire, d'une recherche, d'une stratégie. Il est un intellectuel au talent certain, mais tellement capricieux, se laissant désiré et ne s'offrant pas à n'importe qui. Il faut qu'il apprécie son interlocuteur pour révéler quoi que ce soit, autrement, il rigole juste à toutes les mauvaises réponses avant de se rendormir ou siroter une boisson trop sucrée ou énergisante, laissant planer un doute sur sa démence.

« Et j'dois avoir peur d'une allumette comme toi ! Laisse moi rire ! »

Il a peu près la même attitude face à ses adversaires, d'abord flegmatique, demandant la coopération, ne désirant pas utiliser la force -cela est trop fatiguant-, il a en général autant de crédibilité qu'une huître face à un crocodile. On se fiche de lui, on l'insulte, on le met au défi. Cela à tendance à l'énerver, pas le fait qu'on l'insulte, le fait qu'il doive se bouger. Rien n'est plus exaspérant que le mouvement inutile non ? Il glisse toujours une phrase du style : « J'aurai pas fait ça à ta place. », et ensuite, il met méthodiquement hors d'état de nuire la personne, souvent avec une chance digne du plus trompé des maris.
Ses réussites sont donc fréquentes, lui ayant créé une réputation assez fausse, on le décrit parfois comme un génie -HAHA!-, parfois comme le type le plus chanceux du métier, d'autres ne croient même pas en son existence, mais une chose est sûre, c'est qu'une fois qu'on l'a vu, on a tendance à ne plus croire un mot de sa réputation. Seuls quelques personnes ayant collaboré avec lui aperçoivent quelques vérités dans les rumeurs qui circulent dans le bar si cher aux balayeurs.

« T'es vraiment qu'un con ! »

Ça, c'est ce que dise la plupart des filles au troisième rendez vous, quand Narcisse les plante après le restaurant sans demander son reste. Car le grand homme n'a pas d'intérêt charnel pour les femmes, cela ne le branche pas. Il préfère les hommes. Mais cela n'est jamais affirmé clairement. Ce n'est pas son genre de se transformer en un homosexuel flamboyant. Il fréquente quelques amants. Sans plus. Sa vie amoureuse se résumant au néant, sa vie sexuelle étant à peine plus développée. Chose assez étrange pour un garçon qui pourrait avoir autant de succès dans n'importe quel bord. Mais il n'ose pas mettre ses sentiments à la portée de qui que ce soit, il sait que cela peut être très dangereux, blessant. Alors Narcisse a mis en place un système de défense par l'isolement sentimental. Il fréquente socialement, mais cela reste toujours très superficiel... Jusqu'à présent.


IV. Précisions supplémentaires

Style de combat :

Décrire la façon qu'à Narcisse de se battre est assez complexe... On ne saurait dire si elle tient du brio le plus totale, ou de la plus pathétique des flemmes. Car, deux choses caractérisent ses combats : l'économie de mouvement, et un sens du rythme fabuleux.

Commençons par la seconde caractéristique, sans aucune logique -nous parlons de Narcisse, à quoi vous attendiez vous?-, cette histoire de rythme. Quand Armand est face d'un adversaire, ses mouvements semblent comme calqués sur un rythme inaudible, parfaitement synchronisés, pas extraordinaires, mais tellement bien rythmés qu'ils peuvent passer pour impressionnant, c'est comme une sorte d'intimidation, ce n'est pas compliqué, mais bien fait, cela peut en avoir l'air. Et puis, cela rend sa flegme indolente assez harmonieuse, on a presque envie d'arrêter le combat pour admirer la danse qu'offre le balayeur. Il est tellement rare de le voir un peu gracieux. Avec lui, le corps à corps devient un art musical -d'ailleurs, il lui arrive parfois de fredonner en combat, c'est assez déstabilisant apparemment-.

Néanmoins, si on ne dit que cela, on pourrait croire qu'il s'épanche dans des tournoiement artistique, que neni. Ce rythme lui permet d'économiser ses mouvements, s'il est efficace et précis dans ses mouvements, il en fera moins, pensez bien que cette logique est tout à fait la sienne. Aussi, précision, rythme et efficacité, rime avec économie de moyen, possibilité de dormir ensuite. Oui, dès qu'on connaît ses motivations, ça perd de son charme. Il a tiré de son enseignement du combat en école de police le strict minimum, et cela se ressent, seul le plus efficace est conservé, quel que soit la complexité du mouvement, donnant au tout un aspect très disparate en technicité.

Mais parlons de façon plus pragmatique, quelles sont ses armes face à l'adversité ? Et bien, pour ce qui est du combat au corps à corps, il s'est équipé d'un mécanisme original, fait sur mesure depuis qu'il a quitté la police : deux lames rétractiles faisant deux fois la taille de sa paume, fixées à son poignet, se déclenchant suivant certains mouvements spécifiques -inclinaison du bras et pression sur un bouton déclencheur-. Il faut cependant préciser qu'elles ne fonctionnent que capricieusement, le laissant parfois pantois au milieu d'une bastonnade, il se débrouille alors avec ses petites menottes nues.

Mais son domaine de prédilection, c'est le combat à distance, bien moins fatiguant ! Par contre, par son choix d'armes, il terrorisera sans doute ses potentiels alliés, puisqu'il utilise deux Seung-Song de Paran Motors... Et étrangement, ils ne lui ont pas encore fait faux-bonds. Cela porte malheur d'être superstitieux, alors, il ne l'est pas ! Ses pistolets sont ses meilleurs amis, pour lutter contre les combats éprouvants, il n'en demande pas plus.

Armes à feu ou lames de bras, flemme, et rythme, sont les trois composantes de son style de combat.

Talents particuliers :

Narcisse a un talent fabuleux, celui de pouvoir dormir partout, tout le temps, dans n'importe quelle position ! Il peut dormir debout, assis, à moitié par terre, en compagnie, seul... Oui, inutile de dire que son talent n'est pas toujours estimé à sa juste valeur.

Il en est un autre un peu moins flagrant, qu'il use avec parcimonie : un sens de l'analyse assez poussé, qui utilisé à juste titre aurait pu faire de lui un très bon enquêteur, mais sa flemme en aura voulu autrement.

Enfin le dernier est sans doute de réussir à dire des phrases totalement détachées de tout contexte... ou dépourvues de tact.

Signes particuliers :Hormis ses lunettes, son air endormi, son addiction à la chymera ainsi qu'au recaf et sa flegme, rien à signaler sans doute ! Oh si, un tatouage sur son torse, sous son bras, on peut lire en lettres gothiques ouvragées « ensemble ».

Liens éventuels :

Pitchoune (PNJ) : Chat de taille colossale, ayant un caractère de furie, passant son temps à pousser des bruits bizarres, il est un héritage de son ami Nathaniel. En piteux état, il se traîne avec un pelage pelé, de couleur vaguement tigrée rousse. Il est à peu près le seul point d'attache de Narcisse.

Autres relations à définir avec les PJs.
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MessageSujet: Re: Narcisse Armand Alfred de Beauregard, l'endormi de service... [U.C, 80%]   18.02.12 22:58

V. Histoire

Assis à côté de lui, j'observe ses yeux se fermer lentement, mais sûrement. Ma mère tente de nous faire un cours de mathématiques. Je le suis plutôt attentivement, comparé à Narcisse. Lui s'endort comme à son habitude. Je ne comprendrai jamais sa capacité à somnoler autant en une journée ! A croire qu'il pourrait passer sa vie au lit à fainéanter... Je crois que ça ne le dérangerait pas au fond. On croirait à le voir à douze ans qu'il a accumulé la fatigue d'une homme de soixante-dix. C'est très étrange. Je trouve ça assez drôle. Sa famille et ma mère beaucoup moins. Oui, parce que ma mère est son institutrice personnelle, je n'ai le droit d'assister à ses cours que grâce à la bienveillance des Beauregard. Cela fait bien d'aider un pauvre indigent comme moi, fils d'une mère perdue, à acquérir le savoir pour racheter son nom. Ils espèrent aussi peut-être que ma présence rende Narcisse plus studieux. Enfin, en quatre ans, cela n'a pas porté ses fruits. A leur grand drame.... Parfois, je pense qu'il préférerait m'avoir comme fils, plutôt que lui. C'est triste...

« Monsieur Narcisse Armand Alfred de Beauregard ! Veuillez donné la réponse à ce que je viens de noter sur le tableau ! »

Oulà, là ma mère est en train de s'énerver de son inattention. Il sursaute au son violent de sa voix et ouvre à peine son regard endormi. Il regarde quelques secondes le tableau, en se tapotant le nez. Puis lâche d'une voix agacée.

« Quarante deux. »

Puis ses yeux se refermèrent. Il avait raison. Comme d'habitude. C'était déconcertant de le voir trouver une réponse sans même avoir à écouter le cours. Cela ne marchait évidemment pas à tout les coups, mais souvent. C'était rageant pour ma mère. Moi, cela me faisait rire. J'aime beaucoup Narcisse -mais je préfère l'appeler Alfred-, il est un peu comme un frère pour moi. Et puis, en dehors de lui je ne vois pas beaucoup de gamins de mon âge, c'est un peu pareil pour lui. Il n'est donc pas étonnant que nous ayons fini par être inséparables...

Ma mère me lance un regard désespéré. Je hausse les épaules. Moi, je ne veux pas qu'il change, c'est ainsi que je l'aime.

*
**

Dix sept ans que je traîne ma carcasse dans cette baraque. Dix sept ans que je subis l'incessant raffut de la vie qui m'empêche de dormir. Vraiment, il ne fait pas bon être fainéant quand on s'appelle Beauregard. Je me glisse dans la seule pièce silencieuse de la maison, la bibliothèque. C'est ça d'être riche, on peut s'offrir le savoir sur des rayons, et ne jamais y mettre les pieds. Je me demande si mon père est venu plus de dix fois dans cette pièce avec l'intention de lire... N'est-ce pas malheureux ?

Mon regard vairon parcourt vaguement les rayons. J'ai déjà dévoré tout le rayon littérature, arithmétique et physique. Mais aujourd'hui je veux juste trouver le calme ici. J'avance donc près du coin lecture, proche d'un poêle tout chaud. Tiens, je ne suis pas seul. Nathaniel est déjà là. Plongé dans un livre avec sérieux. Parfois, je me demande si à force de gaver son cerveau, celui-ci ne va pas exploser. Il ne m'entend pas arriver. Je glisse mes bras sur ses épaules et pose ma tête contre la sienne, mon torse allant s'appuyer sur le dossier du fauteuil. Il ne sursaute même pas, ne relève pas la tête. Finalement, il m'avait sans doute entendu depuis un moment.

« Tu apprends quel rayon cette fois ci ? Science, histoire ? Métaphysique peut-être ? » je murmure à son oreille un soupçon moqueur.

« Raté. Ce n'est qu'un livre de contes populaires. A moi aussi, il m'arrive de me divertir, mon cher Alfred. »répond-il sans que ses yeux ne quittent les lignes.

Je soupire. Il n'est pas décidé à autre chose qu'à lire, sans aucun doute. Je décide donc de m'installer face à lui, me vautrant lamentablement dans l'autre fauteuil. Dans une minute, je dormirai à point fermé. Il me réveillera quand il aura fini sa si passionnante lecture. Parfois, j'aimerai bien me transformer en livre pour qu'il me porte autant d'intérêt. Je ferme les yeux.

« Alfred... »

Un murmure à mon oreille. J'ouvre les yeux instantanément. Il n'y a que lui qui possède le pouvoir de me réveiller aussi facilement. Ma mère doit elle me lancer un seau d'eau à la figure, c'est apparemment très éprouvant. Nath est à côté de moi, il se réchauffe les mains. Son livre est posé sur la table. Il a du le finir. La nuit a l'air d'être tombée.

« Verdict sur les contes populaires ? »demandé-je d'une voix pâteuse.

Il ne répond pas à ma question, visiblement pensif. Puis il se tourne vers moi, l'air grave. Pourquoi tant de gravité ? Qu'allait-il m'annoncer ? Il quittait la maison ? Il refusait l'aide de mes parents ? Je sens mon estomac se tordre. Pitié, pas ça.

« Je vais passé le concours d'entrée dans la police. J'espère être reçu dans les premiers, cela me permettrait d'obtenir un poste à responsabilité. Et, je pourrai vivre tout seul. »

Je ne dis rien. Sans doute mon regard parle-t-il pour moi.

« Ce n'est pas ta faute. C'est juste que... Ta famille subvient à mes besoins depuis trop longtemps. Je ne veux pas être encore un parasite. Ma mère n'aurait pas voulu ça.... »

Je soupire.

« Tu sais très bien que mes parents considèrent que tu es le fils qu'ils n'ont pas eu. Si tu pars, je devrai partir aussi. Sans toi, je n'aurai plus ma place ici. C'est moi le véritable parasite dans cette maison.»

Il détourne les yeux. Je peux comprendre sa gêne dans cette situation. Il n'a pas demandé ce qu'on lui a imposé. Il n'a pas demandé à être adopté par ma famille. Il n'a pas demandé à ce qu'on me déshérite. Il ne voulait pas passer dans la lumière. Je le sais très bien. Nathaniel est un être loyal, bon, droit. Il fera un excellent policier.

Je me lève, je lui fais face, baissant les yeux pour capter son regard. Je crois lire de la tristesse en eux. Inquiéterait-il pour moi ? Me ferait-il cet honneur entre les mathématiques et la chimie ? Entre la littérature et les sciences sociales ? J'ai plaisir à le découvrir. Je m'approche de lui, le prenant dans mes bras. Je sens l'odeur épicée de ses cheveux, ce mélange de vanille et de cannelle que j'aime tant. Trop sans doute. Je le sais. Je pose mon front sur le sien.

« Et ce concours, il est encore temps de s'y inscrire ? » je murmure avec un fin sourire.

« Oui... »répond-il avec perplexité.

Je dépose un baiser sur son front.

« Tu as intérêt de l'avoir avec succès alors. Ne t'en fais plus pour moi. »

**
*

J'ai travaillé dur. Vraiment dur. J'ai fait tout ce qu'il fallait pour mettre les chances de mon côté. Je veux réussir ce concours. Même si pour cela, je dois le perdre lui. Et je sais que c'est inévitable. Je ne peux sacrifier à un frère ma vie entière. Je ne peux lui sacrifier mes rêves. Il ferait sans doute pareil. On ne choisit pas sa vie pour quelqu'un d'autre que soi. Et puis, il n'a eu de cesse de m'encourager. Je crois qu'il comprend mon choix. La preuve, ne m'accompagne-t-il pas jusqu'à la porte de la salle d'examen ?

« Alfred... Je te remercie. Je suis content que tu aies compris l'importance de ce concours pour moi. »

Je le sers dans mes bras. Il a un sourire endormi sur le visage. Comme d'habitude, je n'arrive pas à savoir ce qu'il cache derrière cette façade. J'espère qu'il sait ce qu'il fait, qu'il a trouvé comment faire pour quitter sa famille sans fracas. Je lui donne une dernière tape dans le dos et passe la porte. Serein. Je m'assois à la place qui m'est assignée. Je suis presque le dernier à rentrer. Devant moi une place est encore vacante. Je me demande bien qui peut se permettre d'arriver à la dernière minute pour un concours de cette importance. Sans doute un type un peu inconscient. Qu'importe, cela fera une personne dangereuse en moins pour le classement. Je ferme les yeux, réfléchissant à tout ce qui pourrait bien m'être demandé. Tellement de chose.

J'ouvre les yeux, les sujets sont distribués. Devant moi la place a été prise. Je fronce les sourcils. Je connais ce dos légèrement voûté, ces cheveux noirs... Que faisait-il là ? Bon sang ! Il se tourne légèrement pour récupérer le sujet, me faisant un clin d’œil. Je lui jette un regard réprobateur. Je ne l'aurai jamais pensé assez fou pour débarquer ainsi à un concours sans préparation ! Mais laissons le se planter, maintenant, il fallait tout donner.

Je finis une demi heure avant l'horaire imparti. Devant moi... Alfred dormait. Comme toujours. Quel abruti. Je me lève pour rendre mon dossier de concours. Donnant au passage un léger coup de pied dans sa chaise, avec un petit « aïe ». Le son de ma voix le fait se réveiller en sursaut. Je dépose ma copie, signe l'émargement. Je relève la tête pour le voir, il lit le sujet en tapotant son nez, ce tic exaspérant. Quel con. La porte claque légèrement derrière moi.

Je commence à partir. Mais finalement, je retourne devant la porte de la salle en soupirant. Je vais tout de même l'attendre pour le consoler de son échec. Pourquoi diable a-t-il fait cela ?

*
**

Je sors de la salle. Satisfait. J'ai pu ressortir à peu près tout ce que j'avais vaguement lu lorsque Nathaniel révisait en face de moi. Je ne me leurre pas, je n'aurai pas un poste d'inspecteur avec un tel torchon. Mais d'assistant peut-être. Je ne demande pas plus. Et puis, il y aura encore l'entretien. J'aurai peut-être moins de chance.

« Pourquoi as tu fait ça ? »

Je sors de mes pensées. Découvrant un Nathaniel énervé. Sa question est agressive. Je souris. Si je lui expliquai, il n'oserait plus rester dans la même pièce que moi. Il n'oserait plus me regarder. Il ne me laisserait plus le toucher. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Je ne dirai donc pas que je n'ai fait cela que pour pouvoir rester avec toi. Pour pouvoir toujours t'observer du coin de l’œil. Pour pouvoir profiter de tes sourires. Pour te protéger du monde cruel qui va t'entourer. Je hausse donc nonchalamment les épaules.

« Faut bien que je trouve un boulot pour survivre. Pourquoi pas policier ? » je lâche avec flegme.

Je sens son regard passer de la colère, à l'indignation, en passant par le soulagement, et la fraternelle moquerie. Puis il a un soupir.

« Alfred, t'es vraiment qu'un con. T'aurais pu me prévenir avant ! Je t'aurai aidé à réviser ! »

Je souris. Il n'a donc rien pressenti. Il croit à mon prétexte bidon.

« Franchement, à cause de toi, j'ai bien cru que tu avais fait cela juste pour moi ! Ce serait stupide ! Personne ne sacrifie ses rêves pour un autre, pas vrai ? »

J'acquiesce en le suivant, effleurant par intermittence sa main en marchant. C'est vrai, personne ne sacrifie tout pour quelqu'un. Tout le monde a des rêves. Alors pourquoi ne suis-je pas foutu de rêver d'autre chose que d'une vie avec toi ?


**
*

J'ouvre la lettre des résultats avec appréhension. Je la parcourt des yeux. Je reste perplexe sur ce qu'il y a marqué. Narcisse Armand Alfred de Beauregard a démontré les aptitudes nécessaires à l'exercice de l'assistanat d'un inspecteur titulaire. Je relève les yeux, interrogateur.

« Nath, je dois t'appeler monsieur l'inspecteur dès maintenant ? »

Je saute dans ses bras. Bon sang ! On pouvait partir. Tous les deux. Sans qu'aucun de nous ne soit dans l'embarras. C'était absolument fabuleux. Je sautille, je crie, je l'embrasse. La liberté est à moi ! Est à nous ! Lui, comme à son habitude se contente d'un sourire. Ah comme j'aimerai lui arracher ce sourire des fois, voir au delà. Mais, là n'est pas la question ! Nous allons faire la fête ! Sortir ! Boire à ce nouveau départ.

Je l'entraîne dans mon sillage, saisissant sa main. Prévenant vaguement la domestique dans mon euphorie galopante. Nous enfilons nos manteaux. Courant vers les lieux animés de la ville. Enfin, je cours, Narcisse se contente de faire ses énormes pas lents mais terriblement rapides à la fois. Nous arrivons dans un restaurant. Je mange. Je ris. Je suis heureux. Tellement heureux.

A la sortie du restaurant, il faudrait presque me rouler par terre pour que j'avance. Mais, la soirée est loin d'être finie. J'entraîne mon compère flegmatique dans un bar. Je veux rencontrer des filles. Pouvoir enfin découvrir autre chose que les plaisirs de l'esprit. Pourtant, au moment, où nous allions rentrer, il m'arrête, saisissant mon bras. Je relève mon regard clair vers lui. Qu'avait-il ? Pourquoi cet air grave ? L'heure était à la joie, pas au drame !

« Nathaniel... Je voulais juste te dire... »

Il baisse la tête. Soupire.

« Non, laisse tomber. J'ai besoin de sommeil, je rentre. »

Il lâche mon bras et s'en va. Tant pis pour lui, je n'allais pas gâcher la plus belle soirée de ma vie pour si peu ! Il s'en remettra !

*
**

Mon poing heurte le mur d'une maison, l'écorchant. Bordel ! Pourquoi ne voyait-il donc rien ? N'avait-il jamais remarqué que je ne tournai pas la tête pour voir une jolie fille comme lui ? N'avait-il jamais remarqué mes regards sur lui ? N'avait-il jamais senti autre chose que de la fraternité dans les baisers que je posai sur son front, sur ses joues ? Pourquoi était-il si aveugle ? Pourquoi n'arrivait-il pas à concevoir que j'aie pu vouloir tout sacrifier pour rester toujours avec lui ? Pourquoi ?

J'avance dans la rue. J'avance d'un pas décidé. Je frappe à une porte. Je sais que c'est la bonne porte. Celle de ce garçon qui m'avait souri, qui m'avait glissé son adresse à l'oreille après que je l'ai regardé avec insistance. Ce garçon blond, aux yeux verts, à peine plus vieux que moi. Il est à peine vêtu d'un pantalon, sa chevelure a des airs de batailles majeures, pourtant, il reste d'une beauté certaine. Simple, mais efficace.

« Je peux entrer ? »

Il sourit, se dégageant de la porte, la fermant derrière moi. Il n'est pas surpris que mes lèvres se posent sur les siennes, que mes mains parcourent son corps, que nous finissions par arriver nus dans son lit. Rien de cela ne le surprend. Il n'attend pas plus de moi. Je ne sacrifierai pas ma vie pour lui. Lui non plus. Ce n'est qu'une nuit. Ce n'est que ma première fois. Cette amère première fois, empli de déception. Au moins, il la rend un peu plus charmante...

*
**

[La suite, bientôt ! Wink ]
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Narcisse Armand Alfred de Beauregard, l'endormi de service... [U.C, 80%]

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