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 High Expectations

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- Cow-boy de bibliothèque -

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Signalement : Flingues & fringues style Jessie James, le regard sombre et viril, celui du solitaire en chasse... Long imper, chapeau à large bords, chemises à carreaux, pantalons étroits dans les tons rouges/marrons (suivant la date de la dernière lessive), le tout rapiécé. Taches d'encre, pleins, taches de rousseur, moins. Et surtout, surtout, cette sale odeur de tabac froid et de poudre !


MessageSujet: High Expectations   23.02.12 21:50

Qu'est-ce qui l'avait amené à sortir de son repaire, encore ? Qu'est-ce qui l'avait amené , alors que ce n'était même pas encore la nuit noire ? Pourquoi, pourquoi avoir quitté ses livres, ce gros codex de contes Lespuriens qui l'attendait si sagement ? Et surtout, pour aller dans les quartiers Sud... Les gens s'éloignaient sur son passage, comme ils émergeaient de la brume il les voyait marquer un temps puis obliquer. Heureusement qu'il y avait ce brouillard, ce n'était pas désagréable - cette ville donnait vaguement l'impression d'être fin rond en permanence, en fait. Tirant son paquet de cigarettes de sa besace, John décida d'ajouter un peu au nuage gris qui enveloppait la ville. Il craqua l'allumette, s'arrêta un instant, la porta à sa bouche. Il la laissa se consumer, admirant les reflets que prenait le brouillard à la lumière de la petite flamme. Il voyait là des choses fascinantes, c'était une formidable projection de soi vers l'extérieur, tous ses fantasmes qui se formaient et se diluaient dans l'air, qui envahissaient la ville. Le Fra eut un sourire, puis éteignit l'allumette d'un geste sec de la main. Pas tellement envie d'en voir plus - il se remit en marche, les yeux rivés sur le sol. Mais vraiment, ce brouillard était fascinant. Il fit défiler dans sa tête les bouquins de sa bibliothèque (réellement - il avait encore en tête la classification et l'index de la grande Bibliothèque de Neven, après 20 ans, alors les quelques 300 tomes qu'il avait ici, c'était un jeu d'enfant...). Il devait bien avoir un tome ou deux sur la météorologie - oui, le Jarrequin sur la haute saison de Twinkil, le Hussilius sur la mousson de Lespure et la convection du détroit... Peut-être quelques paragraphes dans le Gill-Sand, l'Abrégé de géographie. Mais décidément, rien de bien précis. John se promit de trouver un peu de documentation là-dessus, et revint sur sa question précédente - nom de Dieu, qu'est-ce qu'il foutait là ?

*Ah oui...*

Dingue, ce brouillard. Il répondait même aux questions... Devant les yeux de John, un volute s'était effacée, et avait laissée entrevoir une façade victorienne, à la base de laquelle des grilles semblaient porter l'enseigne de sa destination. Le D-Bar. John vira de bord et se dirigea vers le bâtiment – la lumière tamisée par les rideaux, la musique étouffée par la brume laissaient entendre que c'était bien là l'endroit qu'il cherchait. Sur la bouche de John se dessina un léger rictus :

* Oh, Dieu... Pourquoi est-ce que les gens aiment se réunir dans des lieux bruyants, et pleins d'autres gens, et rester là, faire le pied de grue, et se jeter des regards en coin, et dépenser leur argent, et s'épier encore, et...*

Tant pis – il poussa la porte.

La salle était grande, et John avisa dans la seconde un coin plus tranquille – quelques tables, dans le fond, la lumière plus douce. Il s'y dirigea, choisit une table – rester loin de tous ces gens, et puis pas trop quand même, mais la chaudière, là, est un peu près, celle-ci alors ? non, plutôt celle-là, oui mais trop de lumière, celle-ci alors, oui, celle-ci, c'est bien – s'assit. Parfaite, cette banquette, vraiment parfaite... Enlever le manteau, le jeter négligemment sur le dossier d'une chaise. Sortir de la besace un bouquin, l'encre et la plume, du papier... Une dernière chose avant le calme : une cigarette, un déclic et une courte flamme, une bouffée. Le Fra se laissa aller contre le dossier, ferma les yeux un instant -

* Allez, je vous l'accorde. C'est pas mal, pas mal du tout...*

Après quelques instants en apesanteur, John redescendit sur Tyr, et avisa un peu les mariolles qui l'entourait. Il n'était pas tard, pas assez apparemment – les quelques clients avaient plutôt des têtes normales, passables. A part ce videur, là, quelque chose entre l'armoire à glace et la pierre tombale. Mais ce n'était pas ceux-là qu'il était venu chercher – non, il attendait les héros de service, les aventuriers éthyliques. Les Balayeurs, quoi. Il se sentait un peu au zoo, venu visiter la curiosité de Sécaria – en liberté, en pleine action, dans l’œil du cyclone ! Il était impatient de pouvoir écouter les gugusses, voir ce dont il en retournait, il avait entendu dire que le lieu en était plein à craquer.

Mais pour l'instant, on se contenta de lui apporter une salade poussiéreuse, qu'il ne toucha même pas, et un verre d'eau pétillante (John, au fond de lui, était persuadé que les vrais héros ne boivent jamais que de l'eau pétillante). Pour l'heure, il était en tête avec un excellent bouquin (un pamphlet sur les Archives Cosmiques razhales, une petite merveille rarissime qu'il avait dégoté au marché pour trois fois rien, le type le lui avait vendu à la sauvette comme un « bouquin de science-fiction passablement obscur », pauvre homme). Les yeux de John se rivèrent au pages, aux lignes, la main de temps et temps griffonnait sur la papier quelques notes, et à chaque fin de page les yeux balayaient rapidement la salle – dans l'attente de quoi, encore ?
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MessageSujet: Re: High Expectations   01.11.12 20:19

The grass was greener
The light was brighter
The taste was sweeter
The nights of wonder
With friends surrounded
The dawn mist glowing
The water flowing
The endless river


Il y eût un bruissement, celui d’une étoffe qui soupire dans le vent du silence. Inespéré, imperceptible, à peine annoncé, c’était le bruissement que tous les hommes connaissent, celui d’un vêtement contre la peau d’une femme, un son originel secret comme le monde.

Le son avançait, d’abord hésitant. Il se fit plus ténu pendant un moment, et puis le bruissement pivota ; si le Fra y faisait attention, il noterait sans doute que ce sillage sonore se dirigeait droit vers lui, sans plus d’hésitation maintenant.

Le son s’arrima à la table réservée du Balayeur. Il tintait, maintenant, tintait comme le font les bijoux que certaines dames aiment à porter sur leurs poignets. Et en même temps, il battait ; une percussion faite sur talons aiguilles, savamment distillée, un claquement sec contre le chant des étoffes.

Le son n’était pas d’une nature très polie. Il prit le manteau que le Fra avait placé sur le dossier de la chaise, en face de la banquette, et l’offrit au mobilier voisin.
Le son était suivi d’une longue femme à la peau d’ambre et aux odeurs de jasmin. Elle s’assit, et le son se retira pour laisser place au silence, son deuxième garde du corps, tandis que la femme étudiait minutieusement le Balayeur.

Il aurait été difficile de la décrire autrement qu’en termes de sonorité car son visage était recouvert d’un de ces voiles que portent certaines femmes des communautés Lespuriennes, et quand bien même devinait-on un regard et une bouche derrière l’étoffe secrète, il était ardu d’en redonner les traits. Seuls ses poignets et ses mains dépassaient de l’étoffe ambrée qui faisait l’habit de la créature. *

Silence et son s’entremêlèrent longuement dans ce regard invisible, puis, enfin, ils moururent sur des lèvres qui s’entrouvrent :

J’ai fait une promesse, il y a de longues années de cela.
Je n’aime pas beaucoup les serments. Ils appartiennent à ceux qui croient savoir de quoi sera fait le jour qui vient. Je suis une femme de la nuit, je ne promets que la peau des étoiles ; et pourtant, j’ai promis.
Promis à quelqu’un qui aimait le soleil.
Je ne pensais pas que le jour viendrait où je devrais honorer mes termes, et pourtant.

C’est pour cela que je suis ici.


Un temps. Ses murmures se font plus doux, moins sentencieux.

C’est de ma part que ce jeune garçon vous a arrêté pour vous fixer rendez-vous ici. Il vous a évoqué Novembre, je présume ?


La femme joint ses mains presque sagement sur la table, mais son regard n’a rien de sage et ne cille pas une seule seconde.

Dites-moi pourquoi vous êtes venu, John. Parlez-moi d’elle et de vous.
Et parlez-en longuement.

J’ai tout le temps du monde devant moi, et l’issue de cette rencontre ne dépendra que de vous – et je ne vous apprends rien en vous disant que ce sont là les pires issues possibles…


**************
Notes de bas de page.

• : En réalité, il était bien dommage que cette apparition quasi-mythologique ait cru bon de se jucher sur une paire de Lobotins rouge vif, mais Talula n’aurait jamais accepté de chausser les espèces de sabots en cuirs qu’on lui avait proposé avec le déguisement « Prophétesse voilée, réf 46789. » La maquerelle espérait très fort que ni Rodrigue, ni José, ni Caleb, ni aucun Balayeur ne la reconnaîtrait ni ne la remarquerait, surtout après son dernier esclandre – mais il faut bien dire que le sens du déguisement de la vampire était si profondément nul et négatif qu’il parvenait presque à rejoindre le positif par l’autre côté…
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Signalement : Flingues & fringues style Jessie James, le regard sombre et viril, celui du solitaire en chasse... Long imper, chapeau à large bords, chemises à carreaux, pantalons étroits dans les tons rouges/marrons (suivant la date de la dernière lessive), le tout rapiécé. Taches d'encre, pleins, taches de rousseur, moins. Et surtout, surtout, cette sale odeur de tabac froid et de poudre !


MessageSujet: Re: High Expectations   07.11.12 17:25

Spoiler:
 

Oh, darn. Ca tombe toujours sur moi. Je vais encore devoir... C'est quoi l'expression consacrée déjà ? Elle va sûrement commencer par : "Salut, mon mignon, t'as l'air de manquer de compagnie...". Peut-être que si je lui lâche quelques sous elle me fichera la paix plus rapidement... Ah, non, attend, cette fois ça doit être les lignes de la main. C'est pas l'odeur habituelle, miel/pomme de pin/rose/drogues/sueur, là c'est plutôt argan/jasmin, pas mal d'ailleurs, elle a de l'humour, c'est rigolo de jouer sur les codes olfactifs du métier. Ah ça doit être les lignes de la main, ou le tarot de Soveyur - si elle savait ce que Hungnigton raconte de passionnant sur les origines du tarot de Soveyur, "Origines cosmogoniques de l'iconique mystique des populations nomades de Soveyur",Historia Artae, n° 7-8, 664/05, on ne m'ôtera pas de l'idée que Hungnigton est un de ces rares historiens qui ont des perspectives en matière d'histoire de l'art, un recul et... Non, attends, qu'est-ce que tu fais avec mon manteau, là, Madame Je-fais-des-finesses-olfactives ? Pas besoin de chaleur humaine, merci, 'suis pas un pingouin, tu perds ton temps ! Un bar ! Quelle soirée à la con ! Et ce déguisement est ridicule ! Jamais une Lespurienne n'aurait porté des souliers rouges, c'est une insulte à la mémoire des ancêtres, cf. Guirrozzi, Encyclopédie illustrée des vêtements traditionnels de Tyr, Neven, 661 ! Arrête de me fixer, dis quelque chose ! Prédatrice ! Darn, darn, je vais rougir, je rougis, ça y est, je suis rouge comme une tomate. Saleté de... Est-ce qu'il y a une explication scientifique valable au fait que je prenne les couleurs d'une tomate de Lespure quand un être hûmain tartiné de rimmel et éventuellement doté d'ovaires me fixe ? Allez, ouvre la bouche, qu'on en finisse. Je ne veux même pas te regarder, le pire étant que tu es certainement très jolie, mais enfin, ça ne fait pas de sens, désolé, je préfère dépenser mes maigres réserves dans des édition princeps et du papier vergé Moulin de Banath. Qu'on en finisse, marde !

John n'avait pas levé les yeux de son bouquin, mâchoires serrées, tentant de se concentrer sur sa lecture. Il ne se ferait jamais à ça, l'insupportable proximité dont les gens normaux font preuve quand ils se sont enfilé un ou deux verres. Rien à faire, ce genre d'endroit ne lui filait qu'une envie, celle de mettre les bouts et de retourner à sa douce bibliothèque.

Et puis, l'ombre ouvrit la bouche. Après le nez du Fra, ses oreilles s'ouvrirent au monde extérieur, et le monde extérieur, pour ce qu'il n'en voyait pas (si on passait outre l'insupportable musique de fond et les rires gras qui venaient du comptoir), se remplit soudain d'une musique très douce. Et, à moins qu'il ait manqué une étape, la présence qui avait envahi, percé et dévasté - par les seuls moyens de son parfum - sa bulle de concentration n'utilisait pas les codes courants et vulgaires qui afféraient à l'"abordage", étape-clé du processus commercial des femmes de petite vertu. Au contraire.

J’ai fait une promesse, il y a de longues années de cela.
Je n’aime pas beaucoup les serments. Ils appartiennent à ceux qui croient savoir de quoi sera fait le jour qui vient. Je suis une femme de la nuit, je ne promets que la peau des étoiles ; et pourtant, j’ai promis.
Promis à quelqu’un qui aimait le soleil.
Je ne pensais pas que le jour viendrait où je devrais honorer mes termes, et pourtant.

C’est pour cela que je suis ici.


Lentement, très lentement, John émergea de son bouquin. Lentement, très lentement, il leva les yeux, jusqu'à pouvoir embrasser du regard l'ombre qui lui faisait face. Il y avait quelque chose d'étrange. L'espèce de guignolerie drapée dans des rideaux qu'il avait en face de lui, quelque chose ne fonctionnait pas. Une manière d'unité, de perfection dans le message adressé à ses sens. Il sentait ça, la séquence infiniment travaillée et maîtrisée du parfum, de l'apparence, de la voix. Il était certain que le grain de la peau de cette femme s'accordait de manière exacte, certaine, à son odeur. Il avait vécu pendant des années avec des hommes et des femmes d'exception, les meilleurs de cette époque merdique, des personnes qui avaient un contrôle absolu de leur ouverture au monde. Et là, il retrouvait ce sentiment là, cette sensation amère d'être disséqué, jugé et compris avec assurance et désinvolture. Mais qu'est-ce que c'était que ce grand fauve ?

Et puis -

C’est de ma part que ce jeune garçon vous a arrêté pour vous fixer rendez-vous ici. Il vous a évoqué Novembre, je présume ?

Dites-moi pourquoi vous êtes venu, John. Parlez-moi d’elle et de vous.
Et parlez-en longuement.

J’ai tout le temps du monde devant moi, et l’issue de cette rencontre ne dépendra que de vous – et je ne vous apprends rien en vous disant que ce sont là les pires issues possibles…


*Novembre.*

John avait eu, dans le passé, un entraînement de soldat. Un entraînement de soldat d'élite. Et on ne peut se défaire du drill d'Echo. C'est-à-dire que dans certaines situations, très particulières, le corps se sépare totalement de la volonté, et l'organisme devient un pur complexe de réflexes. Animal. Or, il y avait deux situations dans lesquels le drill reprenait ses droits sur John. Quand il avait un flingue sur la tempe, et ça.

*Novembre.*

Elle, en face, elle ne savait pas. Elle ne savait certainement pas ce qu'elle avait déclenché. Elle espérait peut-être, une discussion sympathique, apaisée, thé et scones, cigarettes et opéra, et John se confiant, les jambes croisées, comme un auteur à succès à une journaliste stagiaire dans un salon littéraire de Neven - mais non. Elle avait touché, sûrement plus qu'elle ne le pensait, elle avait affaire à un faible, à un tout-seul, et quelque chose comme une gazelle malade dédaignée par les T-Rex dans le grand Sud lespurien. C'était comme ça qu'il se sentait, là. Mais, dans les faits, la façon dont il se sentait n'avait pas la moindre importance. Son corps se chargeait de donner le change, réflexe sur réflexe, se mouvant le long de situations vécues mille fois avec l'aisance fatiguée d'un soldat. D'un côté, sa tête, embrumée, au bord de l'apoplexie, dirigeable en feu. De l'autre, son visage et sa voix, figure de cire entre les mains d'Echo, très loin auparavant.

Merci d'être venue, merci de m'avoir convié à la fête. Messager secret, informations de premier choix, cadre à votre mesure, et entrée théâtrale à souhait - je dois dire, vous vous surpassez. Vous êtes sur votre terrain, et le terrain est certainement miné. Vous savez où sont les mines, et vous cherchez quelque chose. Je ne sais pas qui vous êtes, ni ce que vous savez de moi et ce de dont vous parlez. Mais, trois choses. Un. Si vous avez des renseignements sur moi, vous savez également que je n'aurais pas de mal à envoyer quelques mines sur le continent inconnu avant de sauter.

*Le tout, d'une voix calme et souveraine... Ca donne le change à n'importe quoi, hein, ducon, mais pas à elle, non, ça ne fonctionne pas. Darn, reprends le contrôle !

Deux. Ne faites pas de confusion : vous connaissez, apparemment, le nom des choses. N'en déduisez pas que vous savez ce qu'elles sont - ni les forces qu'elles libèrent.

*Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ? La manière... La forme... C'est vrai, Grand Fauve, tu connais les mots mais peut-être pas leur pouvoir, et alors tu ne sais pas ce qui se passe, maintenant. Mais te le dire ! Je ne suis pas celui qui parle ! Je ne suis pas...*

Trois. Vous payez votre café vous-même.

*... Je ne suis plus un soldat...*


Et soudain - comme de passer d'une étape à l'autre - de John à Tango, de Tango à autre chose - la tension extrême qui habite les yeux du Fra se relâche, et comme épuisé, il se laisse tomber en arrière. Il jette un autre regard à la forme en face de lui, soudain très lointaine. Encore souveraine ? Et puis - quelle importance ? Elle veut parler de Novembre ? Très bien. La main du Fra trouve le paquet, une allumette, la petite flamme et la première bouffée qui vient troubler le regard fixé sur elle. Et un très léger sourire.

Je - je suis désolé. Nous faisons - presque - partie du même monde, ça n'a pas lieu d'être. Racontez-moi, vous, plutôt, je ne veux pas - je veux savoir ce que vous savez. Ne vous inquiétez pas, je vous fais confiance, d'une certaine manière. Peut-être dites-vous vrai - une promesse ? Vous m'intéressez. Alors, causons. Relâchez un peu votre présence, c'est très fatiguant.Et pour ce que j'ai pu dire : oubliez le premier point. Je maintiens le deuxième. Et je paye le café.

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MessageSujet: Re: High Expectations   13.11.12 16:35


La main droite de la femme s’élança comme un serpent, et saisit le bras de John avant que celui-ci ne retombe totalement à son côté.
Ses doigts s’étaient enroulés autour de la petite boîte d’allumette. Elle s’en empara. La main gauche, à contre-courant, exhiba une Minotaurus au papier glacé, couleur raisin, et repoussa le pan du voile pour dévoiler les lèvres purpurines de l’inconnue, qui prit soin d’allumer sa cigarette avec une révérence soignée et complète. Il était évident qu’elle ne fumait pas : elle embrassait la mort pleinement et sans tabous. Ce mariage indécent entre tabac et corps avait la grâce et la pesanteur des gestes des martyrs s’accrochant à leur symbole.

Les fumées conjuguées prirent des teintes bleutées dans l’ambiance du bar et elle sut qu’ils n’étaient désormais plus accessibles au monde. Alors, et alors seulement, elle sembla – quoi ? se décontracter ? Le terme était mal choisi. A aucun moment ses épaules ni sa tenue ne s’affaissèrent. Mais oui, il y avait quelque chose, comme si son odeur, son aura, ses bruits venaient de se recouvrir d’un voile de fumée, comme par décence, répondant à l’appel bizarre de l’hume – le jeu d’une étincelle Rough…

Et puis, à nouveau, le long silence.

Elle ne pouvait mesurer l’ampleur de ce qu’avait pensé, ressenti ou dit son vis-à-vis. Mais son regard invisible maintenait sa scrutation ; ses yeux étaient vrillés dans la chair du Fra, à la recherche de…elle ne savait pas vraiment de quoi, et le terme le plus adéquat lui sembla être celui de signe. Elle n’aurait su dire ce qu’elle cherchait elle-même, ni ce qui la peinerait le plus : l’y trouver ou l’y perdre. Elle se remémorait son entrevue avec la femme-Novembre et elle se rappelait ce qui s’en était ensuivi, et la pesanteur de ce qu’elle avait à révéler ou à dissimuler assombrissait son humeur.

Une chose était sûre : John ressemblait, d’une manière presque terrible, à tout ce qu’avait pu lui confier Novembre. Quelque part, elle trouvait cette correspondance impitoyable ; et il lui tardait tout à la fois d’en finir et d’en apprendre plus.

Elle se demanda ce qu’il savait exactement de la femme qui l’avait aimé. Il parlait d’être « du même monde » – mais le sang pulsait bien trop fort et trop vite dans ses veines pour que cela soit vrai. Avait-il jamais su ? Probablement pas.

Talula ressentit encore une fois le poids de l’incertitude et de l’hésitation. Poser ce rendez-vous n’avait pas été une chose aisée pour elle ; il mettait en branle trop d’éléments à son goût, éraflait trop de secrets. Mais elle se tenait là, pourtant, et elle sut, au relâchement de son voisin, à la reprise de son discours, ce qu’elle devait faire. Son agressivité et son éloquence précédente, quelque part, n’avaient fait que souligner son implication auprès de Novembre ; elle ne savait toujours pas ce qui l’unissait à elle, mais cela était assez fort pour ranimer une flamme d’obstination dans la nuit. Plus encore, cela poussait désormais l’hume à buter sur ses phrases…

Ce n’était pas encore un signe mais c’était le tracé d’un chemin, l’ouverture d’une possibilité.

Soit, vous paierez donc,
se contenta-t-elle de répondre.

Elle ne doutait pas que le laconisme de sa réponse décevrait l’hume. Mais elle a elle-même besoin de temps pour composer sa réplique. Elle fuma. Et finalement :

Vous devez comprendre quelque chose, John, c’est que je n’ai aucun intérêt personnel à cette affaire.

Tout ce que je vous dirais à partir de maintenant sera la stricte vérité. Estimez-vous en cela particulièrement chanceux ; il n’est pas donné à tous ceux qui croisent ma route de s’en sortir aussi bien.

De même, l’implication que j’ai prise en vous amenant ici m’est une obligation dont je me serai bien passée. Le lieu me déplaît et je n’ai que peu d’affection pour les Balayeurs. Je ne cherche en rien à vous nuire ou bien à… « miner » le terrain. Ma confidentialité m’est juste…vitale.


Elle ne doutait pas que le choix de ses termes alerterait l’esprit du Fra. Ils étaient volontaires et réfléchis avec soin.


Permettez-moi en retour de poser trois conditions à cet échange.

La première. Je vous dirai tout ce que je sais, oui ; mais vous devez abjurer maintenant, et sur Novembre même, que peu importe les sentiments que ce vous allez apprendre éveille en vous, vous ne tuerez personne cette nuit.

La seconde. Tout ce que je vais vous dire ne doit jamais, et je dis bien, jamais, être répété à quiconque. J’ai un certain goût pour les menaces mais j’ai promis de m’en tenir à la stricte vérité : permettez-moi donc de vous dire que je ne prendrais pas le temps de vous menacer si j’apprenais que mes propos se sont…mal répandus. Je ne suis pas votre ennemie et ne désire pas l’être. Je ne voudrais pas en arriver jusque-là, d’où cet avertissement à votre intelligence dont on m’a dit beaucoup de bien.

La troisième. Vous me parlerez d’elle et de vous. J’ai conscience que cela vous est difficile pour le moment mais comme je vous l’ai dit, l’issue de cet entretien dépend de cela.
Je suis sûre que vous mesurez que nous touchons là à des sujets sensibles. Vous dites que nous faisons partie du même monde…

Montrez-moi jusqu’à quel point.

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