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 L'Art de la Négociation

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- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: L'Art de la Négociation   01.11.12 23:12

<- Le bar...


Tout en cherchant son trousseau de clés pour déverrouiller la porte qui était incluse dans la tapisserie au fond de la mezzanine, Caleb réalisa avec surprise que cela faisait plus d'un an qu'il n'avait invité personne dans son appartement. Rodrigue ne comptait pas: il apportait son dîner au trafiquant, mais il s'attardait rarement, même depuis qu'il était passé du statut d'employé à celui d'ami - quand les deux hommes voulaient discuter, c'était toujours en fin de nuit, et du coup c'était Caleb qui descendait s'accouder au bar. Non, la dernière fois que le Techie avait volontairement emmené quelqu'un chez lui...

C'était l'une des prostituées de Talula. Oh, misère...

Un peu mal à l'aise, Caleb évita soigneusement de croiser le regard de sa bien-aimée (à laquelle Chips était toujours soudé) tandis qu'il lui tenait la porte, tout en lui désignant l'étroit couloir qui courait derrière la mezzanine pour mener à un colimaçon en fer forgé:

"C'est par là, au second. Oh et au fait, tu vois l'autre porte, en métal, derrière l'escalier? Elle est blindée et elle donne directement à l'extérieur, sur l'arrière-cours du bar. Je te donnerai la clé si tu veux, ça t'évitera d'avoir à passer par la salle si... enfin, si tu n'as pas envie de croiser mes clients."

Il appuya sa phrase d'un sourire avenant, histoire de bien montrer à Talula qu'il respectait son désir de discrétion et que cela n'avait rien à voir avec de la honte, ou je ne sais laquelle de ces interprétations blessantes que les femmes lui semblaient toujours prêtes à imaginer sans la moindre raison. Il désirait simplement faire plaisir à la maquerelle.

Il ne devait réaliser que plus tard qu'il lui avait en fait offert le double de ses clés, avec tout ce que cela impliquait, et que sur le coup cela lui avait paru aussi facile que naturel.

Caleb suivit la jeune femme dans l'escalier, assez près pour la rattraper en cas de chute impromptue (n'oublions pas qu'un reptomarsupial imprévisible était impliqué dans l'affaire) mais assez loin pour ne pas donner l'impression qu'il profitait de cette excuse galante pour se rincer l’œil - ce qu'il faisait quand même, mais avec respect, n'est-ce pas...

Au moment d'ouvrir sa porte, il passa mentalement son intérieur en revue à la recherche d'un détail particulièrement compromettant qu'il lui faudrait régler avant l'entrée de Talula. Mais même s'il l'avait voulu, Caleb aurait peiné à mettre son appartement en désordre: si l'on excluait ses innombrables costumes et chaussures, qui avaient d'ailleurs droit à leur propre pièce, et une guitare sèche qui prenait la poussière dans un coin, il ne possédait pratiquement rien de personnel. Les meubles étaient ceux qui étaient là quand il avait emménagé. La décoration était inexistante. Même les livres de la bibliothèque étaient ceux de l'ancien propriétaire - à part le volume relié sur "La Loutre: taxinomie et moeurs" que Caleb avait oublié sur la table basse près de la cheminée; eh, quand on trouve la femme de sa vie, on ne recule devant rien pour comprendre comment elle fonctionne.

"La salle de bain est la deuxième porte à droite, tu trouveras des serviettes propres dans l'armoire. Tu peux prendre une douche avant ton bain si tu veux, l'eau chaude vient de la chaudière du bar, il y en aura largement assez."

Il avait pris un air nonchalant pour le dire, mais Caleb était en fait très conscient du luxe que représentaient dans une ville comme Secaria une douche et une baignoire pourvues toutes les deux de l'eau chaude. Il alla remuer les braises qui couvaient dans l'âtre et les recouvrit de trois nouvelles bûches, avant de ramasser une liasse de papier et son stylo plume sur son bureau:

"Je reviens vite, juste le temps de recoudre cette saleté
(un geste vers son crâne maltraité) et de régler deux ou trois détails."

Il l'embrassa, en repoussant Chips qui cherchait à s'immiscer dans ce crâlin d'un nouveau genre, avant de répéter comme une promesse:

"Je reviens vite."


Et il fila retrouver Rodrigue et José au rez-de-chaussée: depuis que Talula avait passé le seuil de son appartement, il n'avait que trop conscience du fait qu'ils étaient enfin en sécurité, seuls, et qu'elle n'était pas plus habillée qu'auparavant. Il lui paraissait évident que s'il ne redescendait pas dans la minute, il ne redescendrait pas.


-> Et le bar...
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- Les sensations pures... -

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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   02.11.12 21:48


Il y a deux sortes d’individus sur cette Tyr.
Ceux qui chantent sous la douche, et ceux qui se taisent.
Malheureusement pour le D-Bar, et plus particulièrement pour Chips et Caleb, Talula appartenait distinctement, et avec une grande fierté, à la première catégorie.

Elle regarda filer Caleb et se permit, puisqu’il n’y avait plus de témoins, de rester plantée là d’un air béat pendant quelques secondes, le regard dans le vide.

Elle porta Chips à son visage et frotta son nez contre le museau de la bestiole, avant de lui chuchoter d’un air de conspiratrice :


Il vient de me donner ses clefs.


C’était une femme faite et pourtant on devinait dans ce chuchotement secret les intonations d’une gamine à la récré.

Et, comme elle avait l’esprit aussi tortueux que son cher et tendre, elle se saisit rapidement de cette opportunité que lui avait offerte bien malgré lui Caleb pour commencer à tricher sur sa négociation à venir.


Chips, soyons clairs : Caleb ferait n’importe quoi pour toi.

Et je suis sûre que tu aimes beaucoup Sécaria, mais que, tout comme moi, tu as déjà envisagé la possibilité de partir ailleurs.

Ailleurs comme dans un endroit très dangereux, infâme, inconnu de tous, et vers lequel très peu de marins acceptent d’aller. Mais bien entendu, ce n’est pas comme ça que je présenterai les choses à ton maître, je pensais plutôt lui vanter le haut-lieu cinématographique qu’il y a à proximité de ma destination réelle, je sais qu’il a cette espèce de fascination sordide pour cette nouvelle technologie, surtout les films où les héros sont de grands hommes avec des chapeaux et beaucoup de flingues, va savoir pourquoi.


Tout en parlant, Talula prit soin de poser Chips sur le bureau et entreprit de se dévêtir, travail voué à être rapide.

Je te parle franchement, Chips, parce que je sais que tu es le seul être véritablement intelligent dans ce couple. Il faut bien que quelqu’un réfléchisse à la place de la tête de linotte qu’est Mancuso, surtout quand par mégarde il aperçoit un bout de sein, mais bref, tu comprendras ça plus tard quand tu croiseras ta Chipsounette, qui se trouve peut-être d’ailleurs dans cet endroit où je veux vous amener tous les deux, plongée dans un bain de cacahuètes.


Talula ne reculait devant aucune bassesse et faire un pot-de-vin à base de cacahuètes à un animal de compagnie parlant ne la gênait en rien. Elle avisa une vieille boîte de cartons qui contenait quelques chaussures ; elle les ôta tranquillement pour les remplacer par ses affaires ruinées. Elle aurait bien voulu les jeter directement au feu, mais elle imaginait la tête que tirerait Caleb en rentrant ; le carton, lui, serait beaucoup plus facile à dissimuler et par la suite, à s’en débarrasser.

A sa surprise, son regard laiteux croisa celui, beaucoup plus morne, d’un étrange tome sur la table de chevet de son amant. Une photographie d’une…loutre ?...en faisait la couverture.

Oh, non, fit-elle,
oubliant temporairement sa harangue à l’égard de Chips.
Puis elle aperçut la guitare sèche.


Oh, non,
répéta-t-elle.

Curieusement, et peut-être que cela était une erreur de sa part, mais elle ne pouvait se représenter sérieusement Caleb Mancuso jouant de la guitare. Il y avait comme une incohérence universelle à cette image.

L’ouvrage sur les mœurs des loutres l’interrogea longuement, et elle décida de l’emporter avec elle dans son bain. Non seulement cela lui ferait de la lecture et la renseignerait sur quel genre de lecture exactement affectait l’indic’, mais aussi, et avec un peu de chance, risquait-elle de le faire tomber malencontreusement dans une certaine masse cube d’eau, un projet qu’il convient de considérer sérieusement : est-ce que faire malencontreusement disparaître « La loutre : taxonomie et mœurs » constituerait un crime à l’égard de la Littérature ?


Tu vois, Chips, c’est pour cette raison qu’il est urgent de convaincre Crâleb de partir. Et nous irons tous les trois vivre des aventures extraordinaires. Tu peux sans doute faire quelque chose pour moi ?

Elle passa dans la salle de bains, le pied léger, et activa douche et baignoire. Elle n’avait pas voulu le dire à Caleb mais elle disposait dans son bordel de trois salles de bains dont une qui lui était toute réservée ; il avait eu l’air si pudiquement et silencieusement fier quand il avait virilement jeté quelques bûches au feu sans avoir l’air d’y toucher.
Le temps d’épancher l’hémoglobine qui l’encrassait et la voilà plongeant dans la baignoire mousseuse, l’ouvrage illustré à la main.

Par malchance, il n’y avait aucune radio dans la chambre de Mancuso, ce qui la froissa quelque peu. La radio était à Talula ce que le cinéma était à Caleb.
Mais assez rapidement, il devint clair aux oreilles de tout à chacun pénétrant à moins de deux mètres de la belle alanguie que l’absence de radio n’était en soi pas un détail choquant aux égards de la mélomanie de la sirène improvisée.

La tête renversée en arrière contre le cuivre froid de la baignoire, les pieds écartés en éventail sur le rebord émaillé et les yeux parfaitement clos, la maquerelle s’en donnait à cœur joie et reprenait un air de sa chanteuse préférée. Sa voix était curieusement sage et appliquée :


Le ciel bleu, sur nous peut s’effondrer…

Et la terre peut bien s'écrouler
Peu m'importe si tu m'aimes
Je me fous du monde entier.
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- Aéro-propulsé -

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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   05.01.13 22:46

Il était toujours difficile de déterminer ce que Chips saisissait de ce qu'on lui racontait. Caleb avait coutume de dire "pas grand chose" et de penser "mais plus qu'on ne le croit".

Tout d'abord perché sagement au bord du bureau du Techie, l'animal suivait les paroles de Talula avec une indéniable attention, intrigué par tous ces mots qu'il ne comprenait pas - infâme, fascination, sordide - et passionné par ceux qu'il connaissait - partir, cacahuètes, aventures... Et le plan diabolique ourdi par la maquerelle se mettait en place: le tout se mélangeait dans le petit crâne de Chips pour donner des idées floues, mais séduisantes. Dangereusement séduisantes.

Alors lorsque sa chère Dame A Crocs lui fit comprendre qu'il avait un rôle à jouer dans l'accomplissement de ses projets, le reptomarsupial acquiesça d'un "kwiii!" sonore et se frotta contre ses chevilles nues avec enthousiasme, indifférent au fait que Talula essayait pendant ce temps-là de rejoindre la salle d'eau et qu'il lui rendait cette tâche beaucoup plus compliquée qu'elle n'aurait l'être.

La maquerelle ne put se débarrasser de l'affectueuse mais encombrante bestiole qu'en passant sous la douche, dont Chips esquiva le jet avec un grognement boudeur: il n'avait rien contre l'eau, mais il n'aimait pas quand elle se contentait de couler du ciel - elle n'était pas intéressante; non, l'eau qui était chouette, c'était celle qui faisait des flaques et des bains, et dans laquelle on pouvait sauter, plonger et éclabousser.

Malheureusement, le reptomarsupial se savait également interdit de baignoire, du moins tant qu'un hume se trouvait dedans: il avait essayé, une fois, de faire un crâlin à Caleb pendant que celui-ci se prélassait dans un bain chaud, et la réaction du trafiquant avait été pour le moins violente et expéditive - "pas de pattes pleines de griffes sur un hume sans nhabits" était depuis devenu l'une des Règles Importantes de la vie de l'animal.

Alors, tandis que Talula s'installait dans l'eau mousseuse, Chips se contenta de se hisser sur un tabouret que l'on avait accolé à la baignoire de cuivre à son intention. La maquerelle y avait déposé son nouveau livre de chevet, mais cela ne sembla pas indisposer le reptomarsupial, qui se vautra par-dessus avec une belle indifférence. Il entreprit tout d'abord de nettoyer sa fourrure des traces d'hémoglobine poisseuse qui s'y étaient incrustées lorsqu'il avait sauté dans les bras de Talula, mais cette dernière lui fournit bientôt un centre d'intérêt autrement plus captivant: elle s'était mise à chanter.

L'animal releva la tête, les yeux brillants. Il suivit en silence le premier couplet, son plaisir croissant n'étant dévoilé que par les oscillations de plus en plus rapides du toupet bleu qui ornait sa queue. Puis ses oreilles se couchèrent sur son encolure, il renversa la tête en arrière, et entreprit d'accompagner la maquerelle en kwissant en rythme de sa belle voix suraiguë, comme il avait l'habitude de le faire avec Rodrigue - et peignant ainsi un tableau sonore qui, soyons honnêtes, gagnait en surréalisme ce qu'il perdait en romantisme (c'est-à-dire beaucoup).
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   05.01.13 22:47

L'appartement de Caleb était relativement bien isolé et insonorisé selon les critères de Sécaria, mais pas assez pour que le propriétaire des lieux ne se rendît pas compte, avant même de franchir son seuil, que des mélomanes d'un nouveau genre squattaient sa salle de bain.

Cela eut le mérite de lui faire temporairement oublier les aspects les plus déprimants de la conversation qu'il venait d'avoir avec Rodrigue et lui tira un sourire amusé, quoiqu'un peu incrédule: c'était sans doute stupide, mais il avait du mal à imaginer Talula en train de chanter. Il ressentait vis à vis de cette image ce qu'avait dû éprouver la maquerelle lorsqu'elle l'avait imaginé jouant de la guitare: quand on tentait de visualiser la chose, cela paraissait tout simplement trop improbable pour être possible.

Néanmoins, Caleb avait cet avantage sur sa dulcinée que lui la considérait déjà comme très profondément improbable. Alors s'il fallait accepter qu'elle fût capable d'entonner des chansons d'amour dans son bain en se faisant accompagner d'un reptomarsupial à l'oreille musicale très relative, eh bien, finalement...

Sans compter que, de manière beaucoup plus souterraine et moins avouable, Caleb trouvait agréable que le choix de la maquerelle se fût spontanément porté sur ce genre de chansons. Si c'était un indice de son humeur actuelle, c'était plutôt encourageant.

Se faisant le plus discret possible, le Techie déposa sur son bureau ce qu'il avait remonté du bar, avant de piocher une chemise propre dans sa penderie et de se diriger vers sa cuisine à pas de loup. Il y fit un brin de toilette, dans l'évier certes, mais avec l'efficacité d'un homme qui avait l'instinct de l'élégance, et il ne lui fallut que quelques minutes pour effacer le sang qui poissait encore son dos, sa nuque et les points de suture improvisés par Rodrigue, récupérer une coiffure presque soignée et ajuster sa chemise exactement comme il le fallait - assez bien pour qu'on vît qu'elle était propre, mais en laissant le dernier bouton ouvert et le col subtilement décalé sur le côté, afin de ressembler davantage à un homme séduisant et sûr de lui qu'à une diva obsessionnelle.

Satisfait de ces ajustements discrets mais cruciaux, Caleb revint sur ses pas pour déposer avec une triste dévotion ses vêtements souillés de sang sur l'étagère de sa penderie destinée au linge sale - plus tard, quand il serait seul, il prendrait le temps de les pleurer. Puis il récupéra son chargement initial et s'approcha de la porte de la salle de bain, sur laquelle il frappa de sa main libre avant de l'entrouvrir:

"Bonsoir Madame. Permission d'entrer? J'ai apporté quelques arguments avec moi."

Et il passa dans l’entrebâillement une bouteille de ce délicieux vin pétillant de la région d'Enpur, qui reposait dans son seau de glace auprès de deux flûtes de cristal. Il attendit quelques secondes, puis se glissa dans la petite pièce à la suite de son offrande, en essayant de sourire sans trahir ni qu'il était extrêmement fier de sa propre idée, ni que, pour une fois, il s'estimait décidément trop chanceux: Talula était bel(le) et bien dans la baignoire, ses longs bras posés sur le rebord de cuivre et ses cheveux humides noyés de vapeurs parfumées. Et elle lui souriait.

Oh, miséricorde...

"Mmmh, je vois que t'es mise à ton aise... J'espère que ceci correspond un peu mieux à l'idée que tu te faisais de la soirée."

Affectant plutôt bien l'air dégagé du séducteur que plus rien n'étonne, il déposa le seau de glace sur le petit meuble qui jouxtait le lavabo et entreprit de leur servir deux verres, avant d'aller s'asseoir sur le rebord de la baignoire pour en tendre un à Talula.

"Désolé, j'ai été un peu long, mais Rodrigue a mis un temps fou à me recoudre. Enfin, au moins il a bien fait les choses."

Il inclina son verre pour le faire tinter contre celui de la maquerelle, histoire de légitimer le fait qu'il faisait très attention de ne pas regarder en-dessous du niveau de ses yeux - il n'était pas certain du degré d'opacité de l'eau, et pour l'instant il avait encore besoin de quelques capacités de réflexion pour mener la conversation.

"Ah au fait, si tu cherchais le bon moment pour m'offrir la cravate que tu me dois depuis un an, c'est maintenant: je crois que la mienne est définitivement irrécupérable."
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   06.01.13 21:58

Il est utile de souligner, pour que le lecteur admire à sa juste valeur le caractère inflexible de Caleb Mancuso, que le dit sourire de la maquerelle était plus lubrique qu’un lombric en string, mais que ce n’était rien à côté du clin d’œil lascif qu’elle adressa au trafiquant avant de s’enfoncer sensuellement dans son bain d’eau chaude.

L’effet aurait été encore plus prenant si Chips, suivant la nouvelle cadence imposée par la maquerelle, avait cessé de chanter ; malheureusement, le reptomarsupial trouvait qu’il formait un tel duo de chant avec la vampire (ce que Talula approuvait : à eux deux, ils détrôneraient certainement la Sigal elle-même, et elle le pensait sérieusement) qu’il peinait à stopper sa progression mélomane. Sans le secours de la voix de la maquerelle, qui, rappelons-le, était la seule à être capable de former des mots et des phrases cohérentes, l’ensemble, pour charmant qu’il fût, manquait singulièrement de pertinence.

Kwiiii kwiiii kwiiii, kwi kwi kwi kwi KWI

Quelle ne fut la déception de Talula, quand le premier geste de Caleb, loin de rester stupéfié sur le pas de sa porte, fût de lui tourner le dos ! Certes, pour lui servir un verre de champagne, mais sa féminité s’en sentit singulièrement vexée. Elle eût envie de lui crier : « Eh, oh, je suis là, totalement nue dans ta baignoire », mais se ravisa quand l’indic se retourna et qu’elle constata qu’il regardait un point très fixe au-dessus de ses clavicules. La concentration et l’effort qu’il mettait à ne pas baisser inopinément le regard, tout en, et très paradoxalement, mettant en scène les plus grands classiques du masculin séducteur, tout cela ne manqua pas d’amuser la vampire. Elle ne se lasserait décidément jamais des réactions toujours surprenantes de Mancuso. Il n’y avait bien que lui pour affecter tant de gêne et de pudeur sous un si brillant vernis de charme.
Elle saisit la flûte de verre avec délicatesse, et pencha la tête pour mieux apercevoir la couture à la tête de Caleb. Quelque part au fond d’elle, Talula commençait de plus en plus à apprécier la présence de Rodrigue aux côtés de l’indic ; ce dernier paraissait d’une fiabilité inébranlable à laquelle elle ne voulait se fier au départ, et qui la gagnait lentement à son tour.

Elle allait approuver le travail manuel du Lespurien quand Caleb mentionna à nouveau l’Affaire de la Cravate.

Cette dernière méritait amplement les majuscules qu’on lui attribue ici. Après tout, c’était sur une cravate que s’étaient rapprochés les deux fauves, et l’utilité de cet instrument textile avait encore une fois était démontré plus tôt dans la soirée. Il était donc normal que Talula réagisse en prenant une mine sombrement sérieuse :


Ah. Nous parlons à nouveau de la Cravate, je vois.
Apprends, mon cher ami, que la Cravate en temps et en heure tu recevras.
Et ce temps n’est pas arrivé, malgré les difficultés que tu traverses dans ton merveilleux monde textile en ce moment.


Elle lui adressa un souple clin d’œil de dessus la flûte de vin pétillant qu’elle goûta avec détachement.

D’autant plus que toutes ces épreuves vestimentaires, Monsieur Bandana, pourraient s’avérer bien plus difficiles que tu ne le crois. Je te trouve bien optimiste de les considérer comme closes.

Elle déposa sentencieusement la flûte de champagne sur le meuble à ses côtés, et prit bien garde de déployer une très longue jambe par-dessus l’émail de la baignoire en faisant mine de se laisser couler.

Kwiii kwiii kwiiiiii KWI

Elle éclaboussa Chips du pied pour le faire taire, avant de reprendre doucereusement :

C’est que, vois-tu, j’y ai réfléchi pendant que tu te faisais recoudre par Monsieur Doigt de Fées, et le voyage que nous allons faire va probablement épuiser ta garde-robe. Je prévois la perte de trois costumes, d’un maillot de bain, de deux gilet pare-balles, et plus de chaussettes à jamais perdues et égarées dans la nature que ta grand-mère en a jamais cauchemardé. Et c’est sans compter les chaussures. Tu ne vas tout de même partir en vacances débraillé comme tu l’es. Regarde, tu as même oublié de fermer ton col de chemise !


Elle avait parlé très vite, histoire de perturber Caleb sous le flux d’informations que ses neurones devaient recevoir. Elle était bien consciente que ce dernier verrait clair dans son jeu et s’amusait grandement à cette idée.

Tsss, tsss, tss…laisse-moi regarder ça pour toi.

Elle se redressa dans sa baignoire et, avec une lenteur et une sensualité calculée, referma très lentement les boutons de chemise de Caleb. Par malchance, ses mains, évidemment aqueuses, tracèrent des auréoles humides contre le fin et très riche tissu blanc que ce dernier adorait tant.
Ce qu’elle commenta d’un très lascif :

Oh, tu es mouillé. Ça alors.

Je suis désolée, mais cette chemise est définitivement in-ut-i-li-sa-ble.


Elle se réinstalla dans sa baignoire et se saisit à nouveau de la flûte de champagne, un sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   26.01.13 21:47

L'attention de Caleb fut un moment attirée par Chips, qui allait se réfugier sous les pieds de la baignoire en grommelant contre cette partenaire de chant mauvaise joueuse qui l'avait éclaboussé (et exprès en plus, sans doute une jalousie d'artiste). Le trafiquant cru voir quelque chose tomber du tabouret à la suite de l'animal, mais cela lui parut moins important que de reporter son regard sur sa chemise, devenue pratiquement transparente là où les mains de Talula avaient détrempé la soie blanche. Enfin, il leva la tête vers la maquerelle, vit la satisfaction dans le bleu sombre de ses yeux, son esquisse de sourire, la lascivité avec laquelle elle portait sa flûte de champagne à ses lèvres. Et il se mit à rire. Rien de tonitruant ou d'hystérique, mais tout de même un vrai rire, coloré de ravissement et d'incrédulité. Peut-être un peu niais, mais qui ne l'est pas quand il est amoureux?

Cette femme le charmait si aisément que c'en était ridicule. Si elle ne se lassait pas de ses prudentes manœuvres de séducteur peu habitué à faire plus que compter sur sa belle petite gueule, lui avait l'impression qu'il ne se fatiguerait jamais de cet hallucinant rentre-dedans qu'elle affectionnait, comme cette façon qu'elle avait de lui faire tourner la tête en parlant trop vite tout en laissant traîner dans son champ de vision une jambe dénudée ou un décolleté un peu trop accentué. Elle le faisait exprès, il le savait, elle savait qu'il le savait, et c'était justement pour cela qu'elle le faisait exprès. Caleb aurait été bien en peine d'expliquer pourquoi cela fonctionnait si bien alors que c'était aussi délicat qu'un brahmine dans un magasin de porcelaine, mais c'était parce qu'il ne connaissait pas la véritable définition du terme "complicité".

Il adorait la manière dont elle le regardait, dans ces moments-là, cet air joueur qui lui donnait des envies de baisers brûlants, de caresses indécentes et d'un certain nombre d'autres choses illégales dans plusieurs contrées du monde.

Mais au lieu d'abdiquer et d'aller l'embrasser, ou encore de conclure la taquinerie en lui disant explicitement qu'elle aurait pu juste lui demander d'ôter sa chemise plutôt que de la tacher avec de l'eau savonneuse (ce qu'il fut près de faire, car c'était de la soie, quand même, franchement), il se surprit à poursuivre sur le même ton:

"Bon, eh bien, j'attendrai pour la Cravate. Mais on dirait que tu me dois également une chemise, à présent."


Il déposa son verre sur le meuble le plus proche et se défit du vêtement humide avec une lenteur presque naturelle, en s'absorbant dans l'ouverture des boutons pour ne pas laisser paraitre qu'il sentait très bien le regard de Talula posé sur son profil. Une part de lui s'étonnait d'ailleurs de trouver cela plus aguichant qu'oppressant, cette même part qui faisait que d'habitude, bien qu'il n'ait à rougir de rien, il n'osait se montrer torse nu devant l'une de ses prostituées que si la lumière était au plus bas et qu'elle ne l'avait pas observé en train de se déshabiller.

Mais en même temps, si Talula était capable de lui donner envie de faire l'amour aux milieux des containers dans des docks crasseux et gelés, ôter une chemise devant elle, cela paraissait jouable.

"Voilà. Ma tenue te convient mieux, comme ça?"

Caleb poussa l'effronterie jusqu'à laisser tomber la chemise sur le rebord du lavabo au lieu de la plier. Puis, encore tout frémissant de son audace, il reprit sa flûte de champagne pour en boire une gorgée. Ses yeux accrochèrent à nouveau la cheville dorée que Talula laissait impunément traîner à sa portée - il trouvait ses jambes absolument magnifiques, et il la soupçonnait d'en avoir conscience depuis leur première rencontre. Il n'en céda pas moins à l'invitation, laissant sa main libre se poser juste au-dessus du genou. Son pouce passa presque distraitement à l'intérieur de la cuisse de la maquerelle, avant qu'il ne reprît:

"D'ailleurs tu as une drôle de manière de me vendre ton... "projet"."

Déjà, rien que m’appeler Mister Bandana...

Non, ne pas lui dire cela. Jamais. Sauf s'il voulait que ce surnom demeurât le sien jusqu'à la fin de ses jours.

"... Sans parler du fait que paumer la moitié de mes chaussures ne me fait pas spécialement rêver, ça m'a l'air un peu périlleux, cette histoire de vacances. Qu'est-ce que tu comptes faire, exactement? Où veux-tu qu'on aille?"

Sa caresse se figea et il marqua une pause, guère enthousiaste à l'idée de casser l'ambiance. Mais bon, il lui fallait bien le dire, tôt ou tard. Autant que ce soit tôt.

"Parce que je ne peux pas m'absenter longtemps, tu sais. J'aimerais, mais je ne peux pas, pas en ce moment. En fait, je ne sais même pas si je peux m'absenter tout court, avec tout ce qui s'est passé cette année... On pourrait... je ne sais pas, prévoir ça pour dans un mois, ou deux? Non?"
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   12.02.13 21:43


La réponse tomba comme la lame frappe le condamné à mort.


« Non. »

Elle chassa de la main le pouce tendre de son amant et s’enfonça dans sa baignoire, donnant tous les signes extérieurs de la plus grande bouderie : lèvres plissées en une moue déçue, sourcils froncés, menton dignement piqué et relevé. Elle regarda Caleb par en-dessous, se tut pendant un moment, puis se redressa vivement pour récupérer son sourire lascif en plantant un baiser joueur sur les lèvres de l’indic.


« Soit, restons donc encore un mois ou deux dans cette ville, ça me va très bien.
Bon, bien sûr, cela veut dire qu’on remet au lendemain ma très grande ambition de récupérer un tome de thaumaturgie très important qui se balade actuellement avec un ermite vampire vivant sur une île lointaine dans l’océan septentrional. C’est dommage parce que j’avais déjà réservé nos tickets d’embarcation, respectivement sur l’aéronef La Colombe (voué à, je l’espère, un destin plus glorieux que celui qui s’est écrasé par chez nous il y a quelques mois), le schooner d’un certain capitaine Doby Mick et le bateau de croisière Titanec. J’avais cru comprendre que ce dernier bénéficiait d’une piscine intérieure et d’un assemblement arcano-technologique de dernier prix.
Mais bien sûr, je comprends tout à fait que tu préfères faire fructifier tes affaires ici. Il est certain qu’après ta dernière absence, tes clients se poseraient des questions. »


Elle s’arrêta quelques instants, prenant l’air de réfléchir.


« A moins que, bien entendu, ils aient reçu les informations qu’ils seraient prêts à te marchander par une autre source. Dans ce cas tu n’aurais plus qu’à traiter les primes de tes affreux Balayeurs et ta vente très malhonnête et très enrichissante d’armes. Une activité que pourrait parfaitement remplir ton barman, qui aurait d’ailleurs bien besoin d’une promotion. Enfin, ce n’est pas que je veux t’influencer en quoi que ce soit, bien sûr. »

Elle sourit amoureusement à Caleb, prit appui sur les rebords de la baignoire et en émergea dans un concert de gouttelettes. Elle prit garde à conserver une démarche ondoyante en se penchant pour récupérer une serviette de bain.



« Après tout, ce serait très cher payé pour une destination incertaine avec la femme de tes rêves… »
suggéra-t-elle d’une voix trop douce.

« …Quand bien même cela serait hypothétiquement pour récupérer, si j’en crois mes sources razhales et vampires, un des livres les plus anciens et mystérieux de mon peuple, du genre à donner des palpitations à l’Oracle elle-même. Et il faut y aller, pour donner des palpitations à l’Oracle. »

Elle enroula la serviette autour d’elle.


« Au fait, j’ai regardé ton chiffre de profit net ce mois-ci et on m’a dit que tu étais à 2.2%. Je t’ai connu en meilleure forme. Il te faudrait peut-être un peu d’inspiration exotique pour redorer ton aplomb et ton blason ? Qui sait quels marchés juteux tu pourrais commettre impunément avec tes contacts extracontinentaux. Mais je me tais, je me tais. »


Elle passa dans l’autre pièce, avisa le placard de Mancuso qu’elle ouvrit en grand.



« Ah, et le grand cuisinier Cajou, celui qui a crée le concept même de cacahuètes grillées et salés, voyage sur le paquebot Titanec ! »
jeta-t-elle par-dessus son épaule. Elle trouva ce qu’elle cherchait, c'est-à-dire une chemise pliée, épinglée et cintrée de manière obsessive. Elle laissa tomba la serviette et passa cette dernière. Puis elle retourna dans la salle de bain, saisit la flûte de champagne, et resservit Caleb.


« L’eau est encore chaude, tu sais »
, proposa-t-elle indolemment, un éclat malicieux dans le regard.
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   16.06.13 20:30

Chips s'était désintéressé de la conversation; le fond ne l'intéressait plus - pas assez de mots comme danger, brillant ou croustillant. Quant à la forme, la bête avait vaguement conscience que quelque chose de l'ordre de la parade nuptiale se déroulait autour de la baignoire sous laquelle il s'était réfugié, ce qui ne le concernait pas particulièrement non plus.

Ah, sauf peut-être si cela impliquait que la Dame à Crocs allait rester pour la nuit, et pour le petit-déjeuner, et peut-être même encore plus longtemps après, dans cet avenir dont l'animal n'avait que de très vagues notions. Parce qu'il aimait beaucoup la Dame à Crocs, oh que oui. Et Caleb aussi, visiblement. Alors si elle restait, c'était bien.

Mais en attendant, il avait mieux à faire que de se préoccuper de la vie de couple de ses bipèdes de compagnie: le livre posé sur le tabouret, qu'il avait fait tomber en fuyant les représailles mouillées de la vampire, avait atterri à côté de lui en position ouverte, et il y avait des dessins dedans.

Chips aimait les dessins dans les livres. C'était comme ce qu'on voyait en vrai, mais pour de faux et tout plat. Et c'était fait par des humes: Rodrigue lui avait montré. Chips se rappelait encore ce moment incroyable où les traits s'étaient assemblés sur le papier pour ressembler à un reptomarsupial, et même si ce n'était pas rough, c'était quand même très fort, et incontestablement magique.

Par contre les loutres dans ce livre avaient un problème: elles étaient toutes la tête en bas. Drôle d'idée: m'dame Talula, elle marchait par terre quand elle en était une, non? Pas au plafond, ou alors juste sur le lustre. C'était peut-être un autre animal qui ressemblait à des loutres, en fait.

Chips tourna la tête pour tenter de remettre les traits dans le bon sens. Encore. Encore un peu.

Puis il se figea: il venait d'entendre Talula prononcer, haut et clair, un Mot Signal. Il devait l'aider, c'était vrai, elle l'avait demandé et il avait kwissé qu'il le ferait. Et même qu'il se rappelait (à peu près) pourquoi.

Mission Cacahuète lancée.

La bête rouge s'extirpa de sous la baignoire, bondit sur le rebord doublé d'émail, et de là se jeta sur Caleb. Négligeant l'évidente frayeur de l'hume - qui était bien trop occupé à fixer la porte de la salle de bain d'un air béat pour se préoccuper des évolutions de sa bestiole - Chips se hissa sur l'épaule du Techie (sans utiliser les griffes, ou si peu) et entreprit de lui faire un exposé précis de la situation, sourcils froncés avec sérieux pour bien se rappeler ce que lui avait expliqué la maquerelle:

"Parce que kwi va dans l'aventure des cahuètes, parce que m'dame Talula elle dit c'est dangereux et c'est nurgent et kwiportant, et faut vaincre le con, et Ailleurs c'est bien, et Chips aide parce que..."

Il se redressa et détacha fièrement les syllabes:

"Chips l'est in-te-lli-gent."

Et de darder un regard avide vers Talula qui revenait, pour la prendre à témoin de son application à défendre leur cause commune.
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   16.06.13 20:30

Quand Talula revint dans la salle de bain en portant l'une de ses chemises à lui, quelque chose de l'ordre du soupir d'agonie passa dans le regard de Caleb.

Jusqu'à cet instant, pourtant, il ne s'en sortait pas si mal dans leur négociation: la maquerelle était un adversaire redoutable, d'autant plus qu'elle ne se gênait pas pour frapper (quasi littéralement) sous la ceinture, mais le trafiquant avait déployé des efforts admirables pour esquiver ses attaques. Rien n'avait pu lui faire perdre le fil de la conversation ou le pousser à négliger les faiblesses de l'argumentation de Talula. Il avait déjoué ses mains tendres et aguicheuses sur sa chemise, maîtrisé l'embarras qui l'avait saisi lorsqu'elle l'avait repoussé d'un air boudeur. Dans un effort violent, il était même parvenu à afficher un air serein et presque naturel alors qu'elle s'extrayait de la baignoire, sensuelle à blesser les yeux avec sa peau mate couverte d'une débauche de gouttelettes qui accrochaient la lumière dorée des lampes à pétrole; Caleb eut l'impression que l'image s'inscrivait sur sa rétine comme un reflet brûlant, et elle y resta longtemps après que sa maîtresse eût quitté la salle d'eau.

Bon évidemment, ensuite Chips lui sauta dessus, ce qui força le trafiquant d'armes à une petite parenthèse dans sa contemplation amoureuse. Grimaçant à cause des griffes de l'animal qui piquaient la peau nue de son épaule, il s'empara de la bestiole pour la descendre sur ses genoux et pouvoir la regarder en face:

"Mais enfin Chips, qu'est-ce que..."

Puis Talula revint, et la parenthèse prit fin. Brutalement.

Bien plus tard, lorsque Caleb se remémorerait cette soirée, ce serait la chemise qui lui reviendrait d'abord. Cette chemise de soie blanche, que l'on enfilait en la passant par-dessus la tête parce qu'elle était ouverte uniquement sur la moitié supérieure, comme la mode de Sécaria l'exigeait. Simple, mais bien taillée, pour un homme plus petit que la moyenne tout en restant large d'épaules. Précision d'importance, car c'était cette coupe appliquée qui faisait que, sur le corps long et fin de Talula, cette innocente chemise devenait une provocation sublime, une perfection de tentation.

Elle avait laissé les boutonnières ouvertes, en un décolleté qui filait presque jusqu'à son nombril. Plus bas, l'ourlet du vêtement jouait avec le sommet de ses cuisses, blanc sur l'ambre, juste trop bas, ou peut-être juste trop haut.

Et puis le parfum pétillant du champagne, encore, et juste cette petite phrase, ultime taquinerie en points de suspension à la fin des arguments logiques, des chiffres et des raisonnements: "l'eau est encore chaude, tu sais."

Pour un homme qui, de peur de se trop se rapprocher de l'idée ignoble qu'il se faisait de la convoitise du corps d'autrui, verrouillait ses propres fantasmes aussi farouchement que le faisait Caleb Mancuso, c'était juste...

Trop.

"Tricheuse..."

C'était presque un souffle et quasiment un surnom tendre. Il posa sa main libre sur l'une de ses hanches pour l'attirer à lui, entre ses genoux, et leva la tête pour l'embrasser par-dessus les longues oreilles de Chips. Il garda ses lèvres dans les siennes un instant, puis glissa un bref baiser sous sa mâchoire, avant de conclure:

"Je suppose que je n'ai pas le choix, n'est-ce pas? Et si tu retournes mon propre animal contre moi, en plus... Pour vaincre le con, c'est ça?"

Il adressa un sourire cynique à Chips, qui lui répondit d'un kwissement enthousiaste, visiblement en attente d'une récompense quelconque. Le Techie lui ébouriffa l'encolure avec une force qui trahissait sa bonne humeur, avant de le chasser gentiment de son perchoir: Caleb adorait son reptomarsupial, mais en cet instant, il était quand même plus intéressé par la perspective de pouvoir enlacer de son bras libre l'étrange femme qui lui souriait.

"Tu n'as pas tort, en plus. C'est vrai que je pourrais en profiter pour relancer quelques uns de mes contacts à l'étranger, ce ne serait pas du luxe."

Il se disait déjà que c'était ce point qui l'avait poussé à dire oui - de fait, il s'en convainquait avec une telle force que quelques jours plus tard il serait persuadé que l'idée venait de lui. Et que la victoire par forfait de Talula n'avait évidemment que peu de choses à voir avec l'envie trop bêtement innocente qu'il avait de partir en voyage avec la femme qu'il aimait - la femme de ses rêves, comme elle le disait elle-même, avec une justesse qu'elle ne soupçonnait sans doute pas.

Il ne lui restait donc qu'une dernière carte à jouer, pour l'honneur. Il bu une longue gorgée de champagne, avant de lever un regard vers elle, avec juste ce qu'il fallait d'humilité et de tendresse dans l’œil:

"Une semaine. Laisse-moi une semaine, pour mettre mes affaires en ordre, régler tout cela avec Rodrigue. Et je pars avec toi."

Ignorant le cri ravi que Chips poussa à ses pieds, il vida son verre, le reposa.

"Quant au bain, je vais peut-être éviter. Je ne dois pas mouiller mes points de sutures."

Sourire discrètement joueur.

"Et puis, il était plus intéressant quand tu étais dedans."
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   14.09.13 21:51

« Oooh…une semaine ?
C’est que tu aimes me faire languir. »


Mais soit, victoire acquise n’est pas à dédaigner, et la moue boudeuse de Talula se mue en sourire taquin alors même qu’elle emploie à son insu les propres verbiages de Caleb.
La maquerelle place ses mains en coupe autour du visage du trafiquant et l’attire doucement à elle, ses lèvres pressées avec une précision toute amoureuse contre sa bouche. Une précision amoureuse… ; c’est qu’il en faut, de la patience et de la minutie, pour mesurer l’immodération de ses baisers qui à chaque fois lui semblent volés. A qui ? A quoi ? Qu’importe ; ils sont siens, entièrement siens à donner et sa main glisse contre la nuque de Caleb, caresse ses cheveux, sa peau nue et encore teintée de sueur sous le revers de costume, esquive la zone blessée de son front.
Comme Chips décide de profiter de ce moment pour se rouler à ses chevilles en un « Kwiii » adorable, mais surtout si adorablement hors de propos (vient-il chercher là quelque récompense câline pour ses efforts de persuasion ?), Talula l’écarte du pied en un mouvement expert.

Libérant Caleb de son étreinte :


« Mais comment te dire non ?...Et puis, je pourrais aussi mettre à profit ce temps libre pour… »

M’acheter de toute urgence les dernières polaires de voyage ultra-chic.
Eviscérer quelques malotrus qui n’avaient point réglé leurs dettes.
Ou alors, trouver quelqu’un pour faire le sale boulot. Depuis l’absence de Kaiden, il lui fallait définitivement quelqu’un de neuf pour intervenir dans les affaires les plus sales de son bordel – celles qui n’impliquaient pas des draps sales, entendons, rien à voir avec l’univers ménager, mais plutôt celles qui concernaient des mauvaises rencontres curieuses que l’on pouvait faire en rentrant chez soi le soir. D’ailleurs, à ce sujet, il lui faudrait sans doute veiller à ce que ce qui s’était produit ce soir ne puisse jamais être retracé jusqu’à elle…
Oh, et aussi, il y avait le cas Asphodèle à régler, ce dont elle préférait ne pas parler à Caleb ; il réagissait toujours bizarrement quand elle parlait de l’adolescent.  

« …revoir les détails pratiques de notre itinéraire de vacances. »

Ce qui signifiait qu’elle avait déjà décidé de tous les endroits qu’ils auraient à visiter et que Caleb pourrait, à la limite, s’il le souhaitait vraiment, tenir la carte pendant qu’elle donnait des ordres alentour.
Elle l’embrassa à nouveau, de cette manière très particulière qu’a une femme d’embrasser quand elle désire que son baiser ne soit pas considéré très chaste.

« Mais avant que je m’en aille, Mancuso…  - et, crois-moi, cela me ferait souffrir ; explique-moi donc ce que cette guitare fait ici. »
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MessageSujet: Re: L'Art de la Négociation   14.04.16 0:40

Quelle folie.

Jamais on ne l'avait embrassé ainsi. Jamais il ne s'était laissé embrasser ainsi. Ce baiser, il s'en abreuvait inlassablement, les yeux clos, ses paumes soudain inertes sur ces hanches dorées et chaudes, drapées de tissu blanc. Il aurait aimé faire plus, offrir et séduire, continuer son rôle de bel amant au classicisme maladroit mais sincère, mais ses faux semblants ne tenaient pas face au miel de lèvres à l'emprise aussi experte, à une bouche à l'offrande tout à la fois si suave et si patiente. Il se sentait comme engourdi, et de peur de paraître gauche et inexpérimenté, il préférait ne pas bouger, se laisser enfouir sous ces caresses, dispensées avec une tendre possession par de longues mains attentives qui parcouraient inlassablement ses cheveux, sa gorge, ses épaules nues - juste se laisser faire par cette femme qui le touchait comme s'il était à elle, mais en tant que quelque chose d'extraordinaire et de précieux, de choyé et de désiré.

Elle le lui avait dit, pourtant: "je n'embrasse que ceux que j'aime".

And I have finally realized
What you mean.

Caleb ne savait pas qu'il pouvait être si doux de s'offrir sans retenue à quelqu'un. Toute sa vie on lui avait pris plus qu'il ne donnait; alors il avait appris à tout garder, égoïstement, jalousement, avec une frayeur qui confinait à la paranoïa. Et il avait cessé de souffrir. Et il était resté seul.

Ce soir-là sur les quais, quelques jours et une éternité plus tôt, le premier mot d'amour qu'il avait dit à Talula, c'était "merci". Parfois, il se demandait si elle avait compris à quel point c'était la chose la plus forte, la plus intime et sincère qu'il pouvait lui dire.

Elle le libéra de son étreinte et se remit à lui parler vacances, un petit sourire calé au coin des lèvres, ses avant-bras négligemment posés sur ses épaules, ses hanches logées entre ses cuisses, et Caleb ne put que soupirer en la regardant d'un air vaguement stupide: heureusement qu'il avait pu parler de ce délai d'une semaine avant qu'elle ne l'embrasse. A présent, il aurait répondu oui à absolument tout ce qu'elle aurait pu suggérer. Il était très conscient que c'était un cliché usé jusqu'à la corde. Mais il aurait dit oui quand même.

Et c'était elle qui osait lui demander "comment te dire non"?

Oui, c'était vraiment une tricheuse.

And I have finally realized
What you need.

Elle l'embrassait à nouveau, et cette fois-ci Caleb avait réussi à se rassembler juste assez pour tenter de remonter une main sous la chemise empruntée, le long du ventre de la maquerelle, lorsqu'elle interrompit brusquement sa déloyale corruption avec l'un de ces coq à l'âne qu'elle affectionnait tellement:

"Mais avant que je m’en aille, Mancuso…  - et, crois-moi, cela me ferait souffrir ; explique-moi donc ce que cette guitare fait ici."

Caleb cilla, une fois, très lentement - et cette fois, question expression, il était passé du "vaguement stupide" à "complètement à la ramasse":

"Quelle guitare?"

Puis quelque chose d'autre sembla le frapper dans ce qu'avait dit la maquerelle, et pour le coup il se redressa vivement au bord de la baignoire, un pli soucieux entre de grands yeux blessés qui n'étaient pas sans rappeler Chips - enfin qui l'auraient rappelé s'il n'avait pas été en train de bouder sous la baignoire parce que Talula lui avait refusé son paiement en câlins. Mais revenons à notre trafiquant d'armes transi, présentement très affecté par ce qu'il venait d'entendre:

"Attends, tu... tu t'en vas?"

Puis, sans doute parce qu'il avait un peu trop bien entendu la déception quasi enfantine dans sa propre voix, et peut-être un peu parce qu'il craignait toujours de se montrer trop possessif (crainte qui, s'agissant de Talula, relevait quand même franchement de la plaisanterie), il s'éclaircit la gorge et, tout en dessinant les contours d'un nombril d'une caresse moyennement sage, il ajouta d'un ton un peu plus stable:

"Enfin, c'est comme tu veux. Mais... Tu sais, la copine du (garçon) Balayeur qui nous a attaqués dans la ruelle... Elle doit toujours être dans les parages. En plus le soleil ne va pas tarder à se lever. Si tu veux attendre que la situation se tasse un peu, ou... Tu peux rester ici tu sais. Tu es la bienvenue."

Il eut tout de suite envie de rajouter quelque chose, mais c'était vraiment risible - surtout apres ses baisers et caresses, alors qu'il avait toujours ses propres mains sous son vêtement emprunté, que le tissu glissait sur ses poignets et remontait ainsi juste assez haut pour devenir vecteur d'une belle et franche damnation.

Oui, c'était vraiment risible. Mais pour Caleb, d'une manière un peu triste, c'était important.

"Je... Désolé, c'est débile, mais je ne sais même pas si tu dors. Si c'est le cas, je peux te laisser le lit, si tu... préfères rester tranquille. Je dormirai sur la couchette du bow window, j'ai l'habitude. Et si tu..."

Il soupira et se mordit la lèvre, agacé par ses propres paroles teintées d'angoisse : il était bien loin, son numéro du beau séducteur. Son empressement à bien faire était en train de le rendre ridicule devant Talula, comme il l'avait toujours rendu ridicule devant les femmes avec lesquelles il couchait, et il avait horreur de ça - il se faisait horreur pour ça. Vraiment. Avec une violence qui tenait de la haine.

Allez. Essaie d'être normal. Fais simple.

Qu'est-ce qu'elle dirait, elle?

"... Reste, s'il te plait."

Juste un peu. Ou aussi longtemps que tu veux.

"Qui sait, peut-être que si tu restes, je me rappellerai comment on joue de la guitare..."
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