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 Vincent Dufresne

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~Et encore un schizo sur le forum.~

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Signalement : Hume d'environ 1m80 pour 85kg, oreille droite mutilée, porte une plaque de cuivre remplaçant sa pomette droite


MessageSujet: Vincent Dufresne   08.03.13 19:48

I. Identité

Nom & Prénom : DUFRESNE Vincent
Surnom : Le concierge, Vince (inusité), le jeune vieux.
Sexe : Mâle
Age : 34 ans
Race : Hume Evolus
Idéologie : Sans Idéologie Fixe, propension à être un raciste anti-extra-Tyrestre magophobe au fond de lui.
Métier : Concierge pour l'immeuble "Les Trois Roses". Ancien militaire ayant pris un congé anticipé à titre exceptionnel/avis médical.

II. Conscience du monde et magie

Connaissance des extra-tyrestres : Oui, je suis au courant. Une de ces saloperies a failli m'éviscérer sur place. J'aimerais d'ailleurs pouvoir oublier qu'ils existent, bon sang !
Qu'ils retournent chez eux ! Sauf peut-être ces encornés, là. Ce sont des putains d'immigrés mais, au moins, ils vendent de bon trucs.
Connaissance des vampires : Ils sont censés avoir disparu, non ? On a déjà fort à faire avec les immigrés. Bordel de... Je ne souhaite pas imaginer cette putain de guigne s'il fallait se coltiner ça en plus sur les bras. Mais bon, après tout, là où je suis et le petit boulot que j'ai trouvé, je devrais surtout être au calme et avoir affaire à des gens comme moi... hein ?
Conscience : Éveillé
Technique : / (ne pratique aucune magie)
Spécialisation : / (ne pratique aucune magie)


III. Allure générale

Description physique :

Malgré son jeune âge, Vincent fait bien plus vieux. Quelques poches perlent comme des rides sous ses yeux, ses cheveux bruns sont courts et coiffés en brosse mais dénotent certains « trous » dans son cuir chevelu, surtout sur le dessus du crâne, marquant un début de chute des cheveux due à la pollution environnante et son régime pas foncièrement végétarien bio, sans doute. D'ailleurs, plus que brun, ils ont un reflet grisonnant. De toute façon, quand il le peut, il cache son probable début de calvitie avec un béret.
Des yeux verts émeraude délavée, des sourcils broussailleux, un nez bossu sur lequel se repose une petite paire de lunette, il porte en permanence une moustache assez bien dessinée d'une couleur bien plus brune que ses cheveux.
Cependant, quiconque le rencontre pour la première fois verra tout d'abord deux choses :

- Une petite plaque de cuivre rectangulaire recouvrant la pommette au niveau de sa joue droite. L'on peut supposer qu'elle a servi pour remplacer la chaire manquante en-dessous.

- Son oreille droite qui a été affreusement mutilée. L'extrémité a, semble-t-il, été découpée en dents de scie sur la longueur, à moins que ce ne soit d'anciennes traces de morsures. Néanmoins, il en a gardé une vilaine cicatrice au teint rouge sombre dégradant sur des espèces de traces noires, comme de la suie impossible à enlever.

Du point de vue du reste du corps, il faut imaginer un ancien militaire d'environ 1m80 pour 85 kg dont les fins pectoraux saillants d'autrefois ont peu à peu commencé à être remplacés par un petit bide certain que signifie le réconfort de la bouteille et la cigarette. Il veille tout de même à faire quelques exercices réguliers plusieurs fois par semaine pour rester relativement « en forme ».
Son salaire de concierge ne lui permet pas d'avoir une garde-robe flamboyante mais il s'en accommode aisément.

Description morale :

Imaginez donc le stéréotype bien ancré du vieux con fermé dans son temps et sa vision du monde, qui adore aboyer contre quelque chose en quasi permanence. Oui, c'est à peu près ce que l'on peut en résumer, à la différence qu'il s'agit ici d'un jeune vieux d'une trentaine d'années.
Son esprit est au diapason de son apparence physique : vieux-jeu, rabougri, aigri et un brin désabusé. Au départ plutôt insouciant avec une envie grandissante d'aventure qu'il concrétisa par son entrée dans les régiments de l'armée Sécarienne. Sa violente découverte des « Immigrés », comme il les appellent, lui a provoqué un profond traumatisme dont il parvient à peine à se sortir. Outre les quelques cicatrices physiques susmentionnées, Vincent a développé une désillusion et une aigreur de la vie qui se retranscrivent dans ses réactions au jour le jour. Il peut avoir des crises d'anxiété soudaines, des tiques paranoïaques et/ou hypocondriaques accompagnés de tremblements. Sans s'en rendre vraiment compte, il peut également avoir des réponses sèches, donnant une impression de courroux constant.
Depuis son nouveau travail comme concierge, ces excès de stress se ressentent moins, mais attention aux rechutes !
Ce comportement explique en partie son addiction au Chlama qui, à défaut de lui apporter une paix intérieure, lui encrasse suffisamment les poumons pour qu'il ne pense pas à autre chose.
Ses pilules prescrites dont il s'abreuve sont avant tout des calmants et antidépresseurs plus qu'autre chose et ils fonctionnent en général bien.

IV. Précisions supplémentaires

Style de combat : Une quiche ? Un dindon ? Pourquoi pas un lama pendant que vous y êtes ?! J'ai été formé au Lancier et au Blacklight, moi, monsieur ! J'ai même touché une Moredread une fois. Si si ! Bon, certes, ça va faire quelques années que je n'ai plus eu d'armes en main, ou vraiment à l'occasion, mais c'est comme la première bicyclette à vapeur : ça ne s'oublie pas.
Talents particuliers : J'ai encore l’œil suffisamment vif pour distinguer assez clairement ce qui est éloigné, même à l'aurore.
Signes particuliers : Accro au Chlama. Il prend régulièrement des pilules prescrites par ordonnance suite à un trauma psychologique. Il s'amuse parfois à les mélanger avec du Maltat quand il peut s'en offrir, sans se soucier des effets secondaires parfois catastrophiques pour ses connexions synaptiques.

Liens éventuels :

Amis : Vincent s'était fait quelques amis dans sa propre escouade. Tous sont décédés pendant l'accident (CF Histoire). Il n'a pas cherché à se faire de nouvelles connaissance depuis son congé forcé et son nouveau travail.

Ses parents : ses parents, ainsi que son petit frère âgé de 20 ans vivent en périphérie de la ville portuaire de Falkenur et subsistent d'un petit lopin de terre agricole. Vincent avait pour habitude de leur rendre visite 2 fois par mois suite à sa venue dans la grande Capitale. Après l'incident, il ne garda qu'un contact sporadique avec eux par courrier.

Marie : Marie est une jolie jeune femme d'alors 19 ans avec qui Vincent passa 3 années de sa vie avant son engagement dans l'armée. Ils s'aimaient (ou c'est ce qu'il croyait) et avaient même prévu de se marier. Cependant, suite à leurs retrouvailles impromptues après son accident et une permission exceptionnelle de l'armée de le laisser retourner à la vie civile, Marie n'aurait pas supporté de le revoir dans un tel état, bouts de visage mutilés et psyché très instable. Elle serait partie, achevant d'un bon coup le peu de sanité mentale qu'il lui restait à l'époque et qu'il a mis très longtemps à écoper, plus ou moins.
Aux dernières nouvelles, aujourd'hui la fin vingtaine, elle aurait refait sa vie avec un dénommé Jean-Baptiste habitant le Quartier Sud de Sécaria.

Le Doc : Le Doc est un psychanalyste/psychologue trentenaire que Vincent doit rencontrer une fois tous les 15 jours. Il lui fournit ses cachets réguliers et s'occupe de rendre compte de son évolution au fur et à mesure. Par habitude et climat de confiance, Vincent prit le parti de se comporter de manière assez familière avec lui bien que ce ne soit pas automatiquement réciproque.

Rodingue : Rodrigue, surnommé Rodingue par Vincent car il n'arrivait pas à prononcer son prénom correctement, était un gamin qu'il croisait régulièrement dans une des rues de la périphérie de Falkenur quand il était lui-même gosse. Ils se sont connus assez brièvement, partageant quelques jeux et magazines de pin-ups interdits. Rodrigue rechignait toujours à ouvrir un œil sur ces images érotiques avec une timidité maladive. Après son départ, Vincent ne chercha pas à garder le contact et ce fut apparemment réciproque. Il ne se souvient surtout de lui que son mutisme, en général, ainsi que son côté pleurnichard, son visage boursouflé par les nombreux "accidents" qui, il s'en doutait, cachaient autre chose, et son air émerveillé quand il lui parlait de ses projets militaires.


V. Histoire

Archives et Souvenirs

Quartier Général de Porte-Est, Miridia. 17 Frimaire 667.

- Général...

Salut militaire Sécarien standard.

- Officier.

Il rendit distraitement le salut. Le Général de brigade Rodgers était affalé dans son fauteuil. Devant lui, sur son bureau, une enveloppe ouverte. Dans ses mains, une série de documents agrafés qu'il ne quittait pas des yeux.

- Vous m'avez fait demandé, mon Général ?

Le subalterne se tenait droit comme un piquet en face du bureau.

- Si je vous dis « Printemps 662 », qu'est-ce que vous me répondez ?

Le jeune répondit instinctivement.

- L'accident de la centrale de Miridia, mon Général. Elle fut l'un des facteurs contribuant à la mise à jour de nos protocoles d'intervention et de formation, mon Général.

Rodgers leva les yeux pour dévisager l'officier.

- Vous faisiez parti du 125ème bataillon qui est intervenu là-bas, n'est-ce pas ? Votre régiment secondait la 124ème ?

- Oui, mon Général.

L'on pouvait déceler une pointe d'amertume dans la grimace que faisait l'officier.

- J'ai ici les rapports d'incident du capitaine en charge après l'arrivé de la 125ème, ainsi que la fiche d'identité du seul survivant. Vincent Dufresne. Vous le connaissiez ?

- Pas vraiment, mon Général. C'était surtout une jeune recrue Twinkillienne. Assez paysan dans la façon de s'exprimer à l'époque, mon Général.

Le haut gradé se reporta sur la suite de fiches qu'il avait sous les yeux.

Code:
DOSSIER N°2364DDA97

Nom : DUFRESNE
Prénom : Vincent
Grade : Officier en second

Date de naissance : 17/08/633
À : Falkenur

Famille :

Père : William Dufresne
Mère : Paula Dufresne, anciennement Paula ██████
Frères et/ou sœurs : Jean Dufresne (cadet)

Domicilé(s) à : 38 chemin du Mirador, Falkenur

Situation domestique : Fiancé à Marie █████

Dernière adresse connue : 1 Appartement Les Trois Roses, Quartier Nord, Sécaria

Centres d'intérêts : Les randonnées en montagne, les carottes rappées, [Données effacées]

Rapport clinique : Grièvement blessé au visage et à l'oreille droite. Greffe de plaque réussie. Patient hors de danger. Blessures similaires aux autres membres du régiment décédés sur les lieux, probablement causées par une arme blanche d'origine ████████ de catégorie 3. Plusieurs des armes en question ont été retrouvées et transférées au site de récupération 52-B pour analyses. Régénération des tissues de la pommette affectée compromise. Port de la plaque à vie. Cicatrisation effective néanmoins. Aucune infection détectée. Présence de points rouges au niveau du cou et du menton durant les trois premiers jours de son internement, probablement en réaction allergique à l'exposition directe de sang V████████. Les stigmates se sont évaporés d'eux-mêmes sans conséquence pour le sujet. Avons également noté des blessures moins profondes au niveau de son abdomen et de sa poitrine que nous avons traitées.

Rapport psychologique [Résumé] : Le sujet témoigne faire des cauchemars mettant en scène d'énormes yeux jaunes, des lèvres sanglantes et des griffes acérées. Crises d'angoisse et de stress évidents avec paranoïa, délires hallucinatoires et terreurs nocturnes. Nous lui avons prescrit du ████████████ ainsi que du ████████████  comme calmants. Déclaré inapte à reprendre son service. Nous avons mandé une permission exceptionnelle de le réintégrer à la vie civile aux vues des conditions d'amélioration postérieures au début du traitement. Nous avons également assigné le Dr ███████████████ ███████ SERTÜRNER pour un suivi périodique.

Daniel Hettinger.

Fait le 23/05/662 à ████

Il humecta son pouce puis tourna la page.

***

Nous avions été simplement envoyés pour inspecter ce qui avait causé un accident à la centrale à charbon de Miridia. Enfin, « accident » est un grand mot. Pour résumer, la centrale avait arrêté de fonctionner. Des travailleurs de la mine voisine avaient rejoint la ville pour transmettre un message comme quoi un individu suspect s'était introduit dans le bâtiment la veille au soir et aurait réussi, on ne sait trop comment, à arrêter la centrale tout en barricadant les portes. L'on ne savait pas non plus ce qu'il était advenu des employés qui étaient encore présents à ce moment-là. Juste une mission de pacification, en somme. La routine, quoi.

Ça, c'était avant que des cadavres affreusement mutilés furent jetés par les fenêtres.
Les flics, enfin, ces gendarmes locaux plus habitués à siroter du recaf en bouffant des bretzels que de sortir de leur petite station, avaient barricadé les routes. En théorie, aucune échappatoire possible pour le cinglé enfermé.

C'est là que l'on entrait en scène. Nous, le 124ème régiment d'infanterie, non pas un escadron d'élite mais juste un petit groupe de soldats entraînés que l'on avait envoyé en reconnaissance.
Nous avions été briefés par lanterne magique sur notre mission et sur l'éventualité de rencontrer une forme de vie qui n'était pas Tyrestre. En fait, dans les grandes lignes, nous avions ordre de faire feu sauf dans l'éventualité où la personne portait des cornes et avait les jambes arquées. Dans ce cas précis, nous devions sécuriser l'endroit, arrêter l'individu et l'amener de toute urgence au QG pour interrogatoire.

À notre arrivée, les képis bleutés étaient largement ravis de nous voir et de nous laisser faire.
Périmètre de sécurité renforcé, envoi d'officiers assez près pour essayer de parlementer par mégaphone. Aucune réponse, aucune demande. Rien. Ce n'était même pas certain que l'on avait à faire à une possible prise d'otage mais nous, nous savions qu'il y avait anguille sous roche.

Une fois le cordon établi, les journalistes, curieux et même nos amis en bleu écartés le plus loin possible, nous nous préparâmes consciencieusement.

Le sergent transmettait ses directives par gestes précis. Nous étions environ une dizaine de soldats à donnait l'assaut sur une bâtisse vraisemblablement vide, interrompant chacune de nos avancés de gestes et signes militaires, pointant nos fusils dans chaque direction, couvrant chaque angle possible, toujours un équipier pour s'assurer que son voisin était couvert. C'était la règle de base.

Samuel Lessieur, mais tout le monde l'appelait « Sam », à ma droite, sourit et m'envoya un regard complice. J'avais déjà fait quelques missions avec Sam. En fait, du régiment, c'était peut-être le seul avec qui je discutais régulièrement de tout et de rien. De ma fiancée, de mes parents, de Falkenur... À ma gauche se trouvait Gaston Linatti, dit « le Vigilant », qui fixait avec attention la double-porte principale qui se rapprochait. Notre sergent fermait la marche.

Deux autres groupes de trois soldats faisaient le tour de chaque côté afin de couvrir chaque issue et de prendre la cible en tenaille.

Le signal fût donné. L'on entendit distinctement sur la gauche des pas sur un escalier en fer puis des morceaux de verre brisés, preuve que le second groupe avait investi promptement le première étage. Pendant ce temps, nous entamions de défoncer la grande porte barricadée devant nous. La dernière équipe faisait de même par la porte de derrière.
Le rez-de-chaussé était plongé dans une pénombre tenace, malgré les rayons de lumières qui dardaient à travers les vitres brisées. Cet étage était surtout composé de bureaux découpés en carrés par des portes fermées. L'accès à l'étage supérieur se faisait par une cage d'escalier à droite de l'entrée, dont une volée descendait également vers un sous-sol où se trouvait le réseau de chaudières à charbon.

L'atmosphère était étrangement calme. Nous commencions à chercher les premières salles. Elles étaient vides.
Un cri de la troisième équipe qui avait fait le tour et était entrée par la porte de service : « RAS ! ».
Alors que nous nous rapprochions d'eux, un nouveau cri, effroyable cette fois-ci, venait du premier étage. Le sergent reconnut immédiatement qu'il s'agissait de la seconde équipe. Nous nous précipitâmes vers l'entrée et la cage d'escalier exiguë qui nous forçait à monter en file indienne.
L'étage était composé d'autres bureaux ouverts. Contrairement au rez-de-chaussé ou des cloisons empêchaient de voir quoi que ce soit, ici, les tubes de cheminées en pierre étaient visibles, se dressant de part et d'autre vers le plafond.
À travers les vitrages brisés des bureaux, du mobilier sans dessus-dessous avec des tiroirs arrachés et des bouts de papiers divers jetés ça et là, le sol était maculé de sang. Des traces de sangs qui convergeaient vers le centre en une trainée nette. Au fur et à mesure qu'ils progressaient, les soldats pouvaient apercevoir d'autres traînées et des éclaboussures sur les murs en contreplaqués et, au détour d'un couloir, ils purent en constater l'origine.

Un tas informe au départ qui se dévoila devant eux comme une pile de cadavres mutilés. Des cadavres d'employés malchanceux qui se trouvaient encore là après l'apparition de l'intrus, pour la plupart. Ils portaient d'horribles traces de lacérations à l'arme blanche sur leurs corps meurtris.
Mais ce n'était pas ça qui horrifiait le plus notre escouade. Non. Au sommet de cette pile macabre gisait la seconde équipe. Ils portaient les mêmes stigmates d’agressions et leurs visages étaient figés dans une expression de douleur intense. Pourtant... pourtant, nous n'avions entendu aucun coup de feu, aucune riposte.
N'y avait-il qu'un seul intrus ? Était-ce un piège ?
Nous restions groupés et nous continuâmes à arpenter les lieux. Rien. À par d'autres cadavres, d'autres traces, d'autres saccages, rien de rien, de rien sur l'individu recherché !

Et puis, des bruits, des bruits qui venaient d'en bas. En formation, bien qu'alertes, nous nous dirigeâmes vers les escaliers pour aller au sous-sol d'où le bruit, un cliquetis inquiétant, se répercutait à nouveau.
Il n'y avait pas d'éclairage autre que les chaudières ouvertes dont les flammes produisaient des ombres dansantes sur les murs.
D'une des chaudières sortait une épaisse fumée noire étouffante. Une fois plus près, nous vîmes une jambe enflammée se balançant en dehors. Une jambe qui était recouverte des restes carbonisés de l'accoutrement typique d'un soldat, dont le reste du corps avait servi de combustible. Le talon de la botte, seule partie partiellement intacte, donnait des coups sur le rebord en métal.

Nous ne nous en étions pas rendu compte mais un des membres de la troisième équipe manquait à l'appel. Il fermait la marche quand nous montâmes à l'étage. Ce qui en restait était devant nous.

Bien sur que nous commencions à paniquer. Ce n'était pas prévu au programme, même en face d'une race extra-tyrestre. Je veux dire, nous étions normalement suffisamment entraînés pour ne pas nous faire surprendre de la sorte, magie ou non. Et là, en l'espace de quelques minutes, nous avions perdu la moitié du régiment.

Les deux autres membres du troisième groupe furent les premiers à péter un câble. Ils crièrent et coururent en direction de l'escalier, dispersant les rangs et notre formation.
De nouveaux bruits, comme quelque chose se déplaçant à vive allure et ils tombèrent à la renverse, des espèces de dagues plantées dans leur dos. C'est alors que nous vîmes cette silhouette s'extraire des ombres dansantes. Une hûme de grande taille. Enfin, une hûme à la peau grisée, aux yeux sombres mais légèrement dorés et aux longs cheveux noirs, dont le visage s'étirait d'un grand sourire sadique effrayant, du point de vue de ses traits et des produits cosmétiques qu'elle avait utilisées pour faire un effet qui n'est pas sans rappeler un certain méchant d'une série à succès parlant d'un justicier amoureux des chauves-souris.
Elle s'avançait inéluctablement et nous n'arrivions pas à bouger. En fait, dans ma tête, j'entendais une sorte de chanson fredonnée par des voix douces et féminines. Un chant de sirènes. J'arrivais à peine à regarder autour de moi pour voir que les autres étaient dans la même état de transe. Le sergent, lui, avait disparu.
Elle prenait son temps, c'était évident. Lentement, elle pointa une lame vers Gaston et lui trancha la gorge d'un coup net. Je ne pouvais rien faire d'autre que de serrer les dents et d'assister à la scène. Un sentiment de désespoir qui prenait aux tripes.
Je luttai de toute mes forces pourtant. Cette fois, c'était Sam qu'elle avait en ligne de mire. Je ne sais encore trop comment mais je finis par arriver à bouger mes bras. Je la mis en joue. Elle le remarqua. Cette pression sur la gâchette fut la plus difficile de toute ma vie mais le coup partit enfin … pour se loger dans son épaule gauche.
Elle poussa un gémissement plaintif. Ce fut suffisant pour reprendre la totalité de mes sens. Pareil pour Sam qui se jeta sur elle par réflexe. Il tenta de la désarmer, j'imagine, mais il se prit un coup de cette même lame dans le ventre et tomba en arrière. Il pensait bien faire. Prendre le contrôle. Retourner la situation à notre avantage. C'était un acte idiot guidé par l'adrénaline.
D'un geste vif, elle lui donna un autre coup une fois au sol puis se jeta sur moi d'un bond.
J'étais à terre et, dans la bataille, je laissai choir mon arme qui rebondit bien trop loin de ma portée. Elle se tenait sur moi, retrouvant ce sourire maniaque du début. Elle se pencha pour me murmurer à l'oreille droite :


-  Je vais bien m'amuser avec toi ! 

Puis elle planta ses dents et m'en arracha un bout. J'hurlai, mon sang coulait de ses lèvres charnues alors qu'elle se relevait et entreprit de me taillader joyeusement l'abdomen à coups de lames. Elle me tourna la tête, enfin, joue gauche contre terre, pour finaliser sa petite séance de torture improvisée en plantant cette lame damnée dans mon autre joue, l'enfonçant, tournoyant, découpant des morceaux de peau avec une lenteur horrible.
Je ne peux pas décrire la douleur, cette douleur lancinante qui me provoque encore de désagréables frissons rien qu'à la simple évocation de ce souvenir atroce.

C'est alors qu'elle s'arrêta et qu'elle perdit son sourire. Elle se tenait immobile, comme résistant à une quelconque entrave de la même manière que nous tentions de résister à la sienne. Son corps entier se souleva au-dessus de moi.
Je penchai ma tête en arrière pour voir le sergent, les deux bras en avant, comme usant d'une quelconque magie. Sans doute son arcano-bidule ou je-ne-sais-quoi. Il semblait sous le poids d'un effort immense. Recouvrant mes esprits mais incapable de me relever, je roulai sur ma gauche pour voir Sam, agonisant, qui me fixait. Je vis son Blacklight, il hocha la tête. Jusqu'à ce jour, je ne sais pas s'il s'agissait d'un spasme cadavérique ou s'il avait anticipé quoi que ce soit de mes gestes. Quoi qu'il en soit, je pris fermement le revolver en main et me retourna sur le dos. Cette chose se tenait debout au-dessus de moi mais n'avait plus sa lame en main. J'entendis faiblement un bruit sourd de quelque chose, ou quelqu'un, qui tombait à terre. Le sergent peut-être. Oui, on m'a raconté qu'il avait cette lame figée dans son crâne quand ils l'ont retrouvé.
Elle baissa les yeux sur moi. C'était à mon tour d'avoir un sourire narquois en lâchant une petite phrase de triomphe.


Crève, pourriture d'immondice ! 

Un nouveau coup de feu. J'ai vu, comme au ralenti, la balle lui traverser le crâne, ses yeux se révulser sous l'impact, son corps partir en arrière et de minces filets de sang surgir du trou béant.
Ma respiration était haletante, presque convulsive et, après cette décharge d'adrénaline et qui se tarissait, la douleur revenait à nouveau. Je perdis contrôle de me sens. Je m'évanouis.
C'est cette scène-là que le 125ème bataillon découvrit en arrivant quelques heures plus tard, après avoir été averti de l'absence de réponse de la 124ème.


***

Le bruit d'un livret que l'on ferme subitement.

- Hum...

- Mon Général ?

L'officier semblait mal à l'aise.

- Donc, vous êtes en train de me dire que ce dossier siégeait aux archives depuis tout ce temps et que l'autorisation demandée par Hettinger a été allouée comme ça, sans aucune opposition ?

- Oui, mon Général.

Le haut-gradé resta pensif un instant.

- La bureaucratie Sécarienne... Heureusement que le Dr Sertürner a été choisi pour le suivre et l'empêcher de dévoiler quoi que ce soit. J'espère que des sanctions disciplinaires ont été prises contre ce docteur.

- Il a démissionné quelques mois après, mon Général.

- Humpf. Veuillez transférer ce dossier à Salem. Ça pourrait peut-être l'intéresser.

- Tout de suite, mon Général !


Vice et Versa, ou la théorie de l'anachorète hypocondriaque.

C'était un jour comme les autres pour Vincent. Il avait crié sur les locataires du 2ème qui faisaient trop de bruit avec leurs gosses, une fois de plus, avait geint sur le journal du matin pour ses informations subversives qui ne traitaient jamais de la menace étrangère, puis, comme à son habitude, il avait salué à sa manière la plupart des gens de l'immeuble qu'il avait croisé, c'est à dire avec une politesse un peu brusque.
Une fois retourné dans ses petits locaux de concierge, il s'était préparé une bonne tartine de pain beurrée et un recaf noir. C'était la vision du luxe dans ce quartier.
Une fois attablé, il avait envie de s'exclamer quelques chose.


- Coin !

Il resta immobile un moment.

« Comment ça, coin ? » pensa-t-il.
Baissant les yeux, il se découvrit un bec en lieu et place de pif et des plumes blanches délavées à la place de ses bras.
Une crise de panique, voilà comment on pouvait résumer la situation. Il fit des allers-et-retours en gesticulant et gémissant des « coins » à qui mieux-mieux.
Un coup de ces immigrés, c'était certain ! Enfin, c'était étrange tout de même. Il se serait attendu à quelque chose de plus... dangereux ou de plus... violent.
Surtout, il se terra dans son bout d’appartement en priant pour que ce ne soit qu'un mauvais rêve.

Lorsque la nouvelle se répandit d'un remède miracle, qu'il s'agissait d'une hallucination de masse, Vincent fut parmi les premiers à sortir pour la tester. Après tout, si c'était l'armée qui s'en chargeait, il pouvait leur faire confiance, pas vrai ?


Dernière édition par Vincent Dufresne le 13.03.13 19:49, édité 3 fois
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~Et encore un schizo sur le forum.~

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Signalement : L'autre main du Destin (probablement la gauche) Compte PNJ réservé à la validation des fiches. NE PAS MP.


MessageSujet: Re: Vincent Dufresne   11.03.13 16:22

Très cher concierge,

C'est avec plaisir que je vous convie à entrer dans notre folle sarabande. Il ne vous manque plus qu'un avatar pour montrer votre visage !
En vous souhaitant, ma foi, bonne chance pour démêler les mystères de votre passé et ceux de Tyr...

[FICHE VALIDEE]

Ce topic vous servira à la fois d'étendard, comme de journal intime ou fourre-tout, tant que cela concerne Vincent Dufresne.
Spoiler:
 
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Vincent Dufresne

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