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 On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...

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MessageSujet: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   16.11.08 22:59

La morgue. 3h37 du matin. Amaël enleva ses gants en soupirant. Il les jeta dans un évier non loin, ils n'avaient servi que trois fois après tout, il pourrait bien les utiliser encore deux ou trois jours. Les morts ne se plaignent jamais, c'est bien pour ça qu'il avait choisi ce boulot. Il s'appuya sur le bord de la table d'autopsie en se massant les tempes. Sur celle-ci, éclairée par l'unique ampoule grésillante de la morgue, se trouvait le corps d'un homme d'une trentaine d'année, son incision en Y fraichement recousue.

"Encore un mec qui a du vouloir faire des affaires dans quelque ruelle sombre et ça a mal tourné" lui avait dit un jeune assistant chargé du transport du cadavre jusqu'à la morgue.
Amaël vira plus ou moins gentiment l’assistant, il voulait travailler seul ce soir. Non content de voir sa soirée libérée, celui-ci s’en alla rapidement avant que tout changement d’avis puisse pointé à l’horizon.

« Alors comme ça, on fait ses petites affaires dans des coins pas très propres de Secaria ? Huhu intéressant. Mais de là à en mourir ? Tututut. Pas très glorieux »

Néanmoins, le corps ne présentait pas de traces de coups de couteau et encore moins d'armes à explosion lors de l'inspection externe du corps. Non, il n'y avait que d'étranges petites traces de piqûre par-ci par-là, qui ne paraissaient pas assez nombreuses et pas assez profondes pour causer la mort. Il avait aussi un étrange tatouage sur le poignet gauche, qui ressemblait à la marque d'une des innombrables sectes qui semblaient avoir pour unique but de se multiplier ces derniers temps.
Première étape, le crâne. Rien à signaler de ce côté là, pas de trace de traumatisme crânien, pas d'hématome sous dural, cerveau de couleur et taille normale. Rien de bien intéressant.
Après la fameuse incision en Y et le découpage méticuleux des côtes avec un sécateur, là, enfin, le véritable spectacle débutait. Amaël était bien heureux de porter un tablier pour le coup, car il ne restait qu'une sorte de bouillie infâme des organes autrefois abrités dans ce corps.

« Vous n’aviez pourtant aucune marque, aucune coloration qui indiquait un tel carnage, mon cher inconnu… Mis à part les petites traces présentent un peu partout, votre corps avait un aspect tout à fait normal.. »

* Aucun doute, ce n’est pas le travail d’un amateur.. Et ça ne sent pas l’Hume ce genre de pratique… les viscères sont dans un état, il a du avoir un mal de chien. *

Les heures passent vite lorsque l’on tripatouille la bidasse, et le temps de tout remettre en place il était déjà trois heures et demie passé. Au moins, pas d’embaumement à faire pour lui, cet inconnu qui aura peut être droit à la fosse commune une fois l’enquête terminée.

« Car enquête il y aura, ça c’est sûr.. »

Il se mit à nettoyer ses outils en rêvassant. Cette histoire allait rapidement se répandre. Qui s’en occuperait ? Des nettoyeurs ou des flics ? Connaissant les flics, ça finirait sans doute par un pot-de-vin sous la table et tout son travail n'aurait servi à rien. Boaf, après tout il était payé pareil.
Il sortit néanmoins donner l’info à un petit coursier faisant office d’informateur comme il l’était autrefois et parti se coucher dans ses appartements de fonction dans les sous sols de l’hôpital.

« On sera sans doute réveillé bien assez tôt si ce meurtre intéresse quelqu’un mon petit Momot.. » furent ses dernières paroles avant de plonger dans un sommeil sans rêve.


Dernière édition par Amaël le 07.12.08 16:45, édité 1 fois
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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   07.12.08 16:01

Il était quatre heures du matin à Secaria, et tout le monde ne dormait pas. Bien évidemment, quelques honnêtes gens travaillaient de nuit. Mais la plus grande partie de la communauté noctambule de la ville était rien moins que recommandable, et ainsi en allait-il de l'élégant hume qui venait de pénétrer dans la morgue, réduisant le gardien au silence par un simple geste dédaigneux qui avait dévoilé ses papiers d'identité: son nom était connu en ces lieux, très connu par certains même, et encore plus depuis la nuit précédente. Nuit où, comme monsieur Caleb Mancuso s'apprêtait à l'expliquer au légiste, son ancien informateur avait malencontreusement glissé sur une peau de banane. Il avait eu le tort de ne pas garder pour lui les informations véhiculées par le petit coursier de la morgue. Des fois qu'il n'ait pas eu seul l'idée de bavarder ailleurs que dans le bureau de son patron, ce dernier avait préféré rendre une visite de courtoisie au maître des lieux; mieux valait réévaluer régulièrement la fiabilité de ses alliés.

Néanmoins, quelque chose ce soir-là nuisait à l'image plutôt lugubre du trafiquant d'arme. Rien dans son apparence physique, bien entendu - Caleb était aussi impeccable qu'à l'accoutumée, son manteau était brossé, le cuir de ses gants brillait, le pli de son Borzalino était parfait. Même son expression était parfaitement appropriée, ni trop arrogante, ni apeurée, et ce même lorsqu'il pénétra dans la salle d'autopsie pour y découvrir avec déception que le seul être qui s'y trouvait encore n'était de loin plus en état de lui faire la causette.

Non, ce qui entamait considérablement la crédibilité de Caleb, c'était la grosse bestiole rouge tassée sur ses épaules.

Vu le comportement récent du reptomarsupial au Downward et la nonchalance sans cesse plus agaçante de Rodrigue, le Techie avait décidé d'emmener son animal avec lui cette nuit-là, histoire de pouvoir le tenir à l'oeil. Ravi de sortir, Chips avait fait des cabrioles dans la diligence pendant tout le trajet, sous le regard amusé de son maître qui était heureusement de bonne humeur. Lorsque le véhicule s'était arrêté devant la morgue, la créature avait carrément sauté par la fenêtre dans sa hâte de parcourir les pavés, et Caleb avait dû sacrifier quelques chips pour le faire revenir à ses pieds - c'était ça ou lui courir après en pleine rue; le choix avait été vite fait. Mais à présent qu'ils étaient au coeur du bâtiment, parmis les odeurs de mort, le reptomarsupial semblait nettement moins content d'être là.

Caleb alluma la lumière et fit quelques pas dans la salle d'autopsie, histoire d'aller voir les noms écrits sur les casiers frigorifiques qui occupaient le mur du fond. Chips marqua sa désapprobation par un "kwiiii..." plaintif et pas rassuré du tout, que l'hume ignora avec superbe. Il ôta son chapeau et parcourut les étiquettes comme s'il faisait du lèche-vitrine. Tiens, quelqu'un qu'il connaissait - enfin, un contrat qu'il avait lancé, pour être exact. Seel et Calliope? Hum non, s'il avait bonne mémoire il l'avait plutôt filé à l'autre folle d'Adhenor, là, celle qui se baladait avec un flingue de taille tout à fait déraisonnable... Versus, voilà. Pas de bol pour le contrat, ce n'était pas une tendre. Remarque, les deux autres non plus. A voir l'état des cadavres que ces trois-là laissaient derrière-eux, Caleb était bien content de cacher ses pouvoirs avec autant de soin: il n'avait aucune envie d'en faire ses ennemis.

Ses réflexions furent interrompues par la descente impromptue de Chips, qui sauta lestement à bas de ses épaules pour commencer à rôder à travers la salle. Le Techie lâcha un petit rire:

"Ben alors mon gros, on dirait que tu es plus curieux que terrifié... Fais attention quand même, ne touche à rien."

"Kwi rien..." soupira le reptomarsupial d'un air qui pouvait passer pour excédé.

"Y'a des trucs qui coupent, ici..."

Cette fois Chips se retourna pour observer Caleb d'un oeil critique: oui bon, d'accord, il fallait peut-être se montrer vraiment prudent. Plus que d'habitude, quoi. Ces humes qui pensaient vivre dans un monde dangereux, alors que tout y était tellement drôle, tellement passionnant... L'animal rouge se faufila sous une table d'autopsie, et Caleb s'intéressa de plus près à celle que l'on avait pas encore débarassée. Sans doute un peu de fainéantise de la part du légiste; remarque, à une heure pareille ça se comprenait. Il souleva l'extrémité du drap vert qui couvrait le cadavre pour lire l'étiquette attachée au gros orteil.

Temps d'arrêt. Caleb relut le nom, alla jeter un coup d'oeil à l'autre bout de la table pour voir si le visage correspondait. C'était le cas.

Donc il y avait un petit problème.

"Chips? On va jouer: cherche le docteur. Où est le docteur?..."
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MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   07.12.08 16:36

Comme c'était étrange, ici... Nouveau, donc intriguant, mais pas très drôle. Il faisait sombre, ça sentait la mort. Et puis c'était vraiment mal fichu, toutes ces surfaces lisses et étincelantes sur lesquelles ses griffes n'avaient pas de prise; il n'y avait même pas de poutres apparentes au plafond. Ce n'était pas une jolie maison. La seule chose qui lui plaisait bien, c'était ces tables sur un seul pied qui occupaient le centre de la pièce: elles étaient en métal, ce qui était mal, mais elle étaient surtout brillantes, au point qu'il y voyait Reflet.

Chips était très fier de savoir que cet autre reptomarsupial, c'était lui. C'était Caleb qui le lui avait expliqué, oui oui: tout le monde avait un double qui vivait dans les miroirs - ce qui impressionnait beaucoup l'animal, d'ailleurs: ce ne devait pas être confortable tous les jours de vivre dans quelque chose d'aussi étroit. Alors il rendait visite à Reflet aussi souvent que possible, parce qu'il savait que cela lui ferait plaisir. Quelle ne fut pas sa surprise et sa joie de découvrir que Reflet était aussi à la morgue ce soir-là!

Solennellement assis sur son arrière-train, Chips était donc très occupé à montrer ses belles dents à Reflet, qui lui rendait la politesse avec beaucoup de conviction, lorsque son hume l'appela. Rha la la, ces bipèdes, fallait toujours qu'ils le dérangent quand il... Pardon? Jouer? Jouer à "cherche l'hume"? L'animal abandonna promptement Reflet et accepta la mission avec un glapissement nettement plus enthousiaste que les précédents: il adooooorait jouer à "cherche l'hume"!

"Kwi cherche, kwi cherche!" ^^

Caleb lui désigna un évier, et Chips prit son élan avant de bondir avec grâce, les oreilles plaquées en arrière; il était un prédateur, il était un fauve! Enfin, un fauve qui se rattrapa au lavabo seulement avec les pattes antérieures et dut pédaler dans le vide pour hisser son derrière dodu sur le rebord métallique, mais ce n'est qu'un détail. Dans l'évier se trouvaient des gants, que l'animal renifla prudemment avant de faire la grimace:

"Beuh..." -__-

D'un coup, c'était moins drôle comme jeu: qu'est-ce que ça pouvait puer... Mais Caleb avait l'air d'avoir très envie de jouer, alors Chips fit un effort. Les gants portaient l'odeur du monsieur mort sur la table, mais pas que. Le reptomarsupial examina le plan de travail tout proche, descendit de son perchoir pour inspecter le sol. Moitié reniflant moitié vagabondant, il fit rapidement le tour du laboratoire, avant que son nez attentif ne le guide vers une porte secondaire. L'hume la lui ouvrit, dévoilant un couloir sombre - ooooouuuuh, c'était noaaaar... C'était rigolo le noir! Surtout que les bipèdes y devenaient complètement bêtes et se mettaient à y tourner en rond, et ça c'était très drôle - à croire qu'ils n'y voyaient rien. Chips s'avança un peu, et alors ses longues oreilles perçurent une respiration, non loin de là.

"Kwiii!"

Le bestiau fila ventre à terre dans la direction indiquée, à savoir l'autre bout du couloir. Là se trouvait une porte que Caleb lui ouvrit en prenant à peine le temps de frapper, et le reptomarsupial eut le sentiment que les projecteurs de la Gloire Eternelle se braquaient sur sa personne lorsqu'il découvrit l'hume qui dormait dans cette petite chambre:

"Kwi trouvééééééé!" *o*

Et ni une ni deux, l'animal fila jusqu'au lit pour y poser ses pattes avant et pointer son museau triangulaire vers l'hume qui s'y cachait, histoire de le saluer de manière convenable et de le remercier de lui avoir organisé ce délicieux petit jeu.
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MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   07.12.08 18:37

Amaël ne rêvait jamais. Où, du moins, il ne s’en rappelait jamais.

Ça ne faisait guère que dix minutes qu’il était rentré dans son lit, mais il était déjà presque parti dans le monde merveilleux du sommeil. Dans sa somnolence, il crut tout d’abord entendre une porte s’ouvrir, puis une autre. Il allait de nouveau se plonger dans un sommeil de plomb lorsqu’il sentit un poids sur le bord du matelas et le bruit sourd d’un reniflement, comme si quelque chose cherchait à lui flairer la tête. Il gémit faiblement, se roulant un peu plus en boule sous les couvertures. Il voulait que le bruit parte, que tout disparaisse dans la béatitude de la sieste, du sommeil, du repos éternel. Peut être que son boulot finissait par trop déteindre sur lui.
Néanmoins, il sortit brusquement de sa torpeur lorsqu’il se rendit compte qu’il y avait le « quelque chose » entre lui et la petite lampe à gaz mise en veilleuse, et que ce quelque chose lui bloquait la lumière. Il se redressa donc brusquement et ne pût s’empêcher de laisser échapper un "mékèskecékestruc" en tombant nez à nez avec ce qui lui apparu comme une boule de fourrure rouge.

Là, il souhaitait sincèrement être en plein cauchemar, comme ça il se réveillerait et pourrait se rendormir.

La bestiole disparut en un éclair, visiblement plus intéressée par les divers paquets de cochonneries à moitié entamés qui trainaient un peu partout sur le bureau à l’autre bout de la petite chambre que par l’hume. Ama s’assit sur le bord du lit, se massant les tempes, ce qui finissait par devenir une habitude chez lui.

"Faut vraiment que j’arrête de sniffer les bocaux de formaldéhyde moi.. "

Son assistant avait raison, il allait finir par avoir des rides avant l’âge. Après un soupir marqué, il releva finalement la tête et ce ne fut qu’à ce moment là qu’il remarqua que la bête n’était pas seule. Un homme se trouvait sur le pas de la porte. Même le regard encore empâté par le sommeil, Amaël le reconnu immédiatement : beau gosse, bien sapé. Mancuso. Il se demanda sérieusement s’il n’était pas en plein trip. Que pouvait bien lui vouloir le patron du Downward Bar en personne, au point de venir le réveiller ? Mais au moins ça expliquait une chose, la présence de la bestiole. Ça ne pouvait être que Chips qui finissait avidement le reste de ses "victuailles".
Il s’attendait plutôt à être réveillé par un nettoyeur. Il s’attendait surtout à être réveillé par un nettoyeur.

"Que me vaut l’honneur de votre visite, Mr Mancuso…" Après un bref coup d’œil à l’horloge au dessus de la porte, il ajouta : "… à une heure aussi matinale ?"

Sans attendre de réponse, il traversa la chambre pour prendre un pantalon et une chemise posés sur une chaise et les enfila rapidement, sa cicatrice brillant à la lueur de la veilleuse. Il avait un petit sourire en coin. Sa chambre ne ressemblait pas vraiment à ce qu’on pourrait attendre d’un médecin légiste en chef, mais plutôt à celle d’un étudiant. En dehors des paquets de chips, papiers aluminium de chocolat et toute autre sorte d’emballages alimentaires plus ou moins identifiables, des feuilles volantes, des livres ouverts posés ça et là, un empilage précaire de bols et d’assiettes et des vêtements trainaient un peu partout. Il y avait des livres jusque dans son lit, où Momot et une peluche de calmar gisaient.
Toujours en boutonnant sa chemise, il ouvrit un tiroir du bureau et après avoir sorti quelques poignées de feuilles (des rapports attendant d’être terminés) il en extirpa une cigarette en chocolat qu’il glissa dans sa bouche plus par habitude que par réel besoin.

Il se tourna finalement vers son visiteur, tentant vaguement d’aplatir ses cheveux encore plus en bataille que d’habitude d’un geste peu convaincu de la main.
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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   07.01.09 19:06

Il y avait vraiment beaucoup de choses qui accrochaient l'oeil dans cette chambre. Les livres au titre peu rassurant, éparpillés dans tous les coins. Les peluches de chat mort et de calmar (haussement de sourcil de Caleb face à ces improbables compagnons). Les friandises option "mauvaises pour la santé d'à peu près n'importe quel organisme vivant" qui envahissaient le bureau - friandises qui faisaient en cet instant l'objet d'un tri avide mais précis de Chips, qui gobait ce qui pouvait l'être avec de petits glapissements enthousiastes tout en envoyant valser la nourriture périmée et/ou qui avait le tort de lui déplaire. Caleb fit néanmoins quelques pas dans la pièce pour se saisir du reptomarsupial: il n'était évidemment pas de bon ton que son animal de compagnie mette encore plus de bordel dans l'antre du légiste, mais le trafiquant voulait surtout éviter que la bestiole s'empoisonne avec un morceau d'humain formolé qui traînerait parmis les paquets de biscuits apéritifs. Sa tête rouge engagée jusqu'aux oreilles dans un sachet de petits fours précuits, le quadrupède se laissa faire sans protester.

"Je vous présente toutes mes excuses pour ce réveil en fanfare. Le gardien ne m'a pas prévenu que vous dormiez."

Le Techie flanqua Chips à la porte pendant que Amaël achevait de s'habiller. Il se redressa ensuite pour faire face à son interlocuteur, en époussetant machinalement son manteau des miettes qui s'y étaient déposées pendant le transfert du reptomarsupial. Il croisa le regard du légiste, et ses épaules s'affaissèrent insensiblement: il oubliait toujours à quel point ce doux dingue était grand. D'habitude, Caleb ne remarquait même pas qu'il devait lever les yeux pour parler aux autres hommes - il avait toujours dû le faire. Mais les types aussi maigres que le légiste lui paraissaient toujours plus grands qu'ils ne l'étaient en réalité (aussi grands par exemple que ce psychopathe de Seel), et face à eux il reprenait conscience de sa taille, à lui. Un rappel dont il se serait bien passé.

"Mais je vous aurais réveillé même sans le concours de mon animal: il se trouve que j'ai un petit soucis avec votre système d'information, et un gros problème avec l'un de vos... pensionnaires. Celui qui est encore sur la table d'autopsie."

Caleb sortit en marche arrière de la petite chambre, en faisant attention de ne pas trébucher sur le bestiau rubicond qui courait après son sachet (à présent vide) comme il aurait pu courir après sa queue, c'est-à-dire avec une énergie et une motivation aussi démésurées que ses coups de pattes étaient inefficaces. Le Techie observa brièvement le spectacle, avant de faire signe au légiste de le suivre. Son mince sourire poli s'accentua légèrement lorsque Amaël s'efforça pour la énième fois d'aplatir ses cheveux en désordre, et Caleb se dit que dans son rapide inventaire des bizarreries contenues dans cette humble pièce, il avait oublié la plus étrange d'entre elles: l'occupant lui-même.

"Si vous voulez bien commencer par m'expliquer ce qui est arrivé à cet homme..."

Le trafiquant ne prenait pas la peine de se justifier. Il le ferait peut-être par la suite, mais pour l'instant il voulait simplement des réponses à ses questions et il entendait bien les obtenir. Il ne pensait pas que Sôlype pourrait lui refuser quelque chose d'aussi ridiculement illégal que la consultation d'un dossier mortuaire. D'une part parce qu'il n'était jamais bon de contrarier un hume ouvertement lié à la mafia. D'autre part parce que Caleb était réglo et qu'il payait toujours pour les services qu'on lui rendait, et souvent bien mieux que l'employeur officiel - par exemple, vous connaissez beaucoup de patrons qui vous laissent une boîte de truffes en chocolat après chacune de leur visite?...
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MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   28.02.09 16:44

Ama se traina dans le couloir pour voir de qui parlait exactement Mancuso, bien qu’il commençait à en avoir une vague idée (Amaël est très consciencieux et laisse rarement trainer ses clients sur les tables après une autopsie).

"Ah, vous venez donc pour cet homme. Enfin, ce qu’il en reste. L’identification n’est que temporaire, avec un corps dans un état pareil, je serais même pas sûr de reconnaitre ma propre mère. Enfin sans doute que si, vu qu’elle était perpétuellement enceinte. Mais je m’égare..."

Déjà pas bien habille sur ses deux jambes en pleine journée, Ama tanguait pas mal à peine sorti du lit. Il faillit se prendre une partie de l’encadrement de la porte, puis tituba jusqu’à la table d’autopsie la plus proche du cadavre qui intéressait Mancuso. Péniblement, il se hissa pour s’asseoir sur le rebord, manqua de peu de tomber à la renverse dans le bac d’évacuation des eaux souillées lors du lavement d’un corps.
Faisant comme si de rien n’était, il se tourna de nouveau vers Mancuso.

"Ce qui lui est arrivé ? Aucune idée. Enfin, je peux vous dire comment il est mort, il y a combien de temps et où. Son corps a été trouvé dans une des innombrables petites impasses que l’on trouve un peu partout autour des grands axes. Apparemment, il était à quelques centaines de mètres de la nouvelle église, bien que je ne sache pas vraiment s’il y a un lien. Je peux aussi vous dire que ce n’est pas là qu’il a été tué, la scène du crime se trouve ailleurs : d’après la description de mon assistant, le corps était plus ou moins caché dans un vieux poêle à charbon qui trainait au fond de l’impasse."

Il eut un petit sourire moqueur.
*Et vu l’état de ses articulations, je doute que le mec était assez souple pour rentrer dedans de son vivant*

"Chose plutôt étonnante, c’est un de nos cher concitoyen bienheureux qui a signalé la présence du corps. Il a déclaré qu’il flânait tranquillement quand il a vu qu’une main sortait du poêle en question. Toujours d’après mon assistant, il semblait être mort depuis deux, trois heures tout au plus, ce que j’ai pu confirmer par la suite."

Ama descendit de son « trône » pour s’approcher du cadavre. Il s’appuya sur le bord de la table où gisait le cadavre, sentant qu’il s’était levé trop vite et que sa tension était en train de chuter.

"Le corps en lui même avait l’air plutôt normal... enfin, en assez bon état. Hum... oui, j’ai remarqué des traces assez particulières, comme des sortes de piqûres. Mais elles n’ont pas été faites pas des insectes et je ne vois pas quelle genre d’arme aurait pu faire ça : un pic à glace ou un tournevis serait trop gros, une seringue trop petite…"

Amaël se laissa glisser le long de la table, allant jusqu’à s’asseoir par terre. Ses oreilles commençaient à bourdonner et sa tête à tourner. Il allait finir par avoir des vertiges.

*C’est pas le moment bordel ! Reprends toi !*

"Oui, donc, je disais… Il a aussi un tatouage sur le poignet gauche, mais je n’ai pas encore eu le temps de vérifier s’il s’agit du symbole d’une secte… et si oui de laquelle…"

Le médecin légiste commençait sérieusement à se demander s’il n’allait pas tomber dans les pommes. L’ampoule toujours grésillante de la morgue semblait vouloir absolument l’aveugler, et il commençait à avoir chaud.

"L’intérieur du corps… n’est… qu’une bouillie infâme, on ne peut rien en tirer. Ce n’est pas un Hume qui a pu faire ça. En tout cas pas naturellement… Pas la peine de me demander son dossier, il n’existe pas encore… J’ai juste rempli un acte de décès. La cause de la mort semble être la fusion des organes… Ils sont littéralement devenus liquide, et je ne peux pas l’expliquer physiologiquement."

Il se massa les tempes, le bourdonnement de ses oreilles s’estompant. Il leva les yeux vers Mancuso.

"Il me semble que vous avez parlé d’un problème… avec mon informateur ?"

Il ne savait pas si c’était le petit coursier qui s’était foiré ou alors si c’était du côté de Mancuso qu’il y avait eu un merdoiement de grande envergure, mais visiblement ça allait/avait dû mal se passer. Sinon il ne se serait sans doute pas déplacé lui même à une heure pareille.

"Cet homme… Vous savez qui il est réellement, n’est-ce pas ? Et je suppose que si je vous demande sa véritable fonction, je finirai sans doute dans le même état que l’informateur…"

Ama se releva péniblement, s’appuyant de nouveau sur le bord de la table d’autopsie. Il se sentait un peu mieux, c’était toujours ça.
Il se pencha vers le trafiquant et le regarda droit dans les yeux.

"Pour quelle raison êtes-vous véritablement venu, Mr Mancuso ?"
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MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   28.02.09 23:48

Caleb suivit le légiste sans mot dire. Ils passèrent tous deux (avec plus ou moins d'élégance) la porte qui menait au laboratoire, et le trafiquant esquissa un geste pour la refermer derrière-lui. Il fut interrompu par un cri de pure détresse, et l'instant d'après un éclair rouge vif filait entre le battant presque clos et le chambranle pour venir se terrer dans les jambes du Techie. Caleb émit un petit rire goguenard:

"Eh bien, je croyais que tu n'avais pas peur?..."

Chips lui opposa un "kwi!" >< vexé: nan, il n'avait pas peur. Il ne voulait juste pas rester seul dans un couloir de cet endroit qui puait littéralement la mort, voilà tout. Caleb haussa les épaules et repartit à la suite de Sôlype, le reptomarsupial penaud sur ses talons. Le légiste s'était déjà assis sur la table d'autopsie voisine de celle qui était occupée, et le Techie se plaça en face de lui, de l'autre côté du cadavre. Amaël commença son compte-rendu, sur un ton débonnaire qui ne fit pas sourire Caleb: aussi proche du défunt, il n'avait plus envie de plaisanter.

Le légiste mentionna le lieu où on l'avait retrouvé, et Caleb baissa les yeux sur la silhouette drapée pour l'observer d'un air pensif. Près de la Nouvelle Eglise? Mouais, il n'était pas plus sûr que l'étrange toubib que cela soit significatif. Quitte à dégommer quelqu'un, autant ne pas le laisser traîner aux abords immédiat de son QG, n'est-ce pas? Et puis, ce pauvre homme n'était pas censé enquêter sur la secte de Ra. Enfin, il n'était pas non plus censé fréquenter des dingues capables de tasser son cadavre dans un poêle. A cette pensée, l'estomac de Caleb se contracta légèrement. Il releva la tête pour demander quelques détails au légiste, mais pour sa plus grande surprise, personne ne lui rendit son regard.

"Sôlype?..."

Chips lui répondit d'un petit glapissement intrigué. Caleb s'accroupit, ce qui lui permit de découvrir que le reptomarsupial avait contourné le pied de la table pour aller renifler d'un air intrigué le thanatopracteur tassé sur lui-même. Le Techie hésita un instant sur la marche à suivre, ce qui suffit à l'étrange jeune homme pour se hisser à nouveau sur ses jambes. Le gérant du D Bar l'imita avec un sourire incrédule: ok, s'il n'en avait pas déjà eu la certitude, il savait à présent que Amaël était sérieusement faisandé des boyaux de la tête.

"Vous savez, si vous avez besoin d'un verre, ou de faire une pause... Je vous ai tiré du lit à plus de quatre heures du matin, il serait mal venu de ma part de me vexer pour si peu."

Il attendit que le légiste achève de se masser les tempes, mais la réponse que le jeune hume lui fit alors n'était pas tout à fait celle qu'il attendait. L'expression du trafiquant se ferma. Il laissa Amaël achever sa question, puis laissa planer un silence pour le moins pesant, ses yeux noisettes fixés dans les prunelles claires du toubib. Puis, brusquement, il fit le tour de la table d'autopsie pour attraper le jeune homme par le bras gauche et le traîner jusqu'à la table qui lui avait déjà servi de siège.

"Asseyez-vous avant de tourner de l'oeil, au lieu de jouer les John Vaynes."

Chips approuva l'ordre d'un "kwi" très sérieux, avant de sauter sur la surface de métal lisse pour y effectuer un grâcieux demi-tour et s'asseoir solennellement sur son arrière-train. Il fixait le légiste d'un regard éloquent, comme pour lui dire "ben tu vois, c'est pas compliqué de faire ce que le prof te dit de faire". Caleb sourit brièvement, avant de jeter un coup d'oeil au cadavre. Il relâcha alors Amaël avec un soupir.

"Je suis venu pour votre informateur, oui. Celui auquel votre petit coursier faisait ses compte-rendus. Il semblerait qu'il lui soit arrivé un petit accident fort regrettable, sans doute parce qu'il avait la sale habitude de se montrer bavard accoudé au mauvais bar. Je voulais que vous en soyez informé en bonne et dûe forme. Mais mon vrai problème, maintenant, c'est ce malheureux."

Il désigna le cadavre d'un signe de tête, avant de croiser les bras et de s'appuyer contre la table d'autopsie libre, à l'opposé d'Amaël par rapport à Chips.

"Il s'appelait Fernand Dervix. Il travaillait pour moi. Et en effet, cela ne vous apportera rien de savoir quelle tâche je lui avais confiée."

Regard en coin.

"Oh ça va, inutile de me faire ces yeux-là, je ne vais pas vous découper en morceaux. Je me contente de vous fournir les réponses qui vous intéressent et de vous taire celles dont vous n'avez de toute façon rien à faire."

Il marqua une nouvelle pause, ses yeux toujours fixés sur le corps. Machinalement, sa main gauche s'éleva pour aller gratouiller Chips derrière les oreilles.

"Son tatouage, c'est une lettre de l'alphabet des Humes Vegetalis: il est resté longtemps en Adhenor. C'est un A, pour Alice. Sa fille. Elle a huit ans, et elle n'avait déjà plus de mère."

Là, le silence dura plus longtemps, si longtemps que le reptomarsupial sentit que quelque chose n'allait pas et qu'il se releva pour aller frotter sa tête contre les côtes de Caleb. Le Techie le remercia d'une légère caresse, mais il ne sourit pas cette fois. Il tourna la tête et dévisagea le légiste avec une insistance troublante. Non, décidément il n'avait pas envie de rire.

"C'est le troisième homme que je perds de la sorte depuis quatre mois, et c'est le cinquième enfant auquel je dois dénicher un nouveau foyer pour remplacer tant bien que mal celui qu'il a perdu à jamais. Si vous savez quelque chose de plus, ou même si vous ne faites que le soupçonner, j'espère bien que vous allez me mettre dans la confidence, monsieur Sôlype."
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MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   21.03.09 16:05

Le légiste s’assit de nouveau sur la table sans trop se faire prier : sa crise était passée, mais comme Caleb l’avait fait remarqué il était 4h du matin et cela allait faire bientôt près de 48h qu’il n’avait pas dormi. Du moins décemment. Il sentait que ses jambes commençaient à trembler un peu sous son poids, et il n’avait pas franchement envie de se casser les dents sur le carrelage.

Il avait attentivement écouté Mancuso, mais il n’était pas vraiment touché par les paroles du trafiquant vis à vis des enfants laissés ainsi seuls face à leur nouvelle vie d’orphelin, mais tâcha de ne pas le montrer. Paradoxal, vraiment. Sa réaction aurait du être le contraire, ayant lui même connu une très charmante famille d’accueil qui avait joué un rôle important dans le développement de son esprit tordu et légèrement psychotique. Non pas qu’il n’ait eu d’épisode psychotique récemment. Du moins, pas à sa connaissance.
Mais là n’était pas la question. Ce n’est pourtant pas qu’il n’aimait pas les gosses, mais il ne les appréciait pas spécialement non plus. La vie est merdique pour tout le monde, pour certains plus tôt que d’autres, c’est tout.

"J’ai aussi perdu ma mère à huit ans vous savez. Si elle tient le coup, cette petite ne devrait pas trop mal tourner."

*Bien que je ne sois sans doute pas le meilleur exemple…*

Il se tourna vers le corps, l’observa pendant une longue minute. Puis il se pencha et regarda ses pieds. Son cerveau commençait enfin à se mettre en branle, péniblement. Le troisième homme depuis quatre mois ? Il n’en avait pas eu vent pourtant. Étrange, il lisait pourtant tous les rapports des légistes sous sa tutelle. À moins que…

"Que voulez-vous dire par « c’est le troisième homme que je perds de la sorte depuis quatre mois » ? Même modus operandi ? Ou juste mort suspecte ? Je suppose qu’ils avaient le même genre de job."

Toujours en regardant ses pieds, il se leva, s’avança vers le meuble qui longeait tout le mur, ouvrit un tiroir et en sorti un bloc note et un crayon. Il posa négligemment le crayon sur le bord de la table d’autopsie qui lui servait quelques secondes plus tôt de fauteuil et se mit à tourner frénétiquement les pages du bloc note. Arrachant presque une ou deux pages par la même occasion. Non, rien qui ne s’en approche de près ou de loin. Certes, il y avait un homme qui n’avait pas été identifié parmi ses clients des six derniers mois, mais il avait une soixantaine d’années. Non, ce n’était pas possible.

"Mr Mancuso, ces hommes dont vous parlez, ont-ils été autopsiés ? Je n’ai aucune trace d’eux dans mes services. Ou bien avez-vous trouvé et disposé des corps sans que la police de Sécaria ne vienne fourrer son nez dans l’histoire ?"

Loin de lui l’idée de juger les manières du trafiquant. Il serait même très mal placé pour le faire. Mais il lui fallait absolument ces informations, quitte à froisser Mancuso. Et puis, s’il tient tant à mettre la main sur celui qui a fait ça, il ne risquait de se vexer pour si peu. En plus, il ne trouvait pas son ton accusateur, du moins, il l’espérait.

"Quoi qu’il en soit, il faut que je vois les corps. Même si pour ça ils doivent être exhumés. C’est impératif si vous voulez vraiment que je vous sois d’une quelconque aide dans cette histoire."

Il posa le bloc note un peu trop brutalement sur la table qui vibra avec le son grave d’un gong. Après un soupir, il releva la tête vers Caleb. Tripottant sans s’en rendre compte le crayon posé devant lui, il contourna Mancuso pour se planter devant le cadavre.

"Voici les choses telles que je les vois. Un travail remarquablement soigné, très bien exécuté. Pas l’œuvre d’un petit tueur de ruelle. Non, non. Trop bien fait, trop parfait. Il y a eu de la réflexion derrière tout ça. Pas du pur instinct bestial, pas d’impulsivité. La fusion des organes n’est pas naturelle. Mais je ne pense pas qu’elle est un lien avec les traces de piqûre. Cela doit être une sorte de rituel. Non, pour les organes, je suis sûr qu’il y a de la magie impliquée."

Il se mit à marcher autour de la table, tournant autour d’elle tout en parlant. Une vague idée commençait à germer dans son esprit, mais il fallait vraiment qu’il voit les autres corps de ses propres yeux.

"C’est un psychopathe qui a fait ça. Quelqu’un qui tue pour son plaisir, même s’il doit aussi en tirer d’autres choses, comme des informations, un contrat,… Surtout s’il ne s’attaque qu’à vos hommes. Oui, je pense qu’il doit y avoir une sorte de contrat sur vous, ou seulement concernant certains de vos gars. Mais quoi que ce type soit payé pour, il doit prendre son pied à faire ça. Ces piqûres. La façon de disposer du corps."

Il stoppa net son manège autour de la table, planté devant Mancuso. Parfaitement éveillé maintenant, il voyait plus clair dans cette histoire. Il voyait aussi plus clairement ce qu’il devait faire. Ce qu’il convenait de faire.

"Je vais donc avoir besoin de ces corps, mais aussi de toutes les infos que vous pourrez me donner sur eux : le genre d’endroit dans lequel ils travaillaient dernièrement, etc. Pas besoin de me traiter comme une princesse, il me faut ce genre d’infos. Je pense que vous savez que je tiens ma langue. Ceci restera entre nous."

Il ramassa le bloc note, le crayon et les fourra dans un tiroir au hasard, tournant le dos à Mancuso.

"Ah, et il me faudra aussi un nouvel informateur, si vous avez quelqu’un à proposer…"
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- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: On ne s'ennuie jamais à la morgue, de nuit...   14.04.09 18:59

En effet, la réflexion d'Amaël à propos de la toute récente orpheline ne plut que très moyennement à Caleb. Oh, ce n'était pas vraiment une affaire personnelle, lui-même se fichait de ses parents. Enfin, disons plutôt qu'il s'était fait une raison à leur sujet: vu ce qu'ils lui avaient fait, de toute façon, ils ne l'auraient pas aimé. Sans doute une mère célibataire, adolescente paumée, larguée par celui qui "était pourtant l'amour de sa vie, je ne comprends pas". Ou peut-être violée par un salopard de jeune héritier arrogant, si parfait aux yeux de tous qu'elle se serait retrouvée à l'asile pour avoir osé accuser un si charmant jeune homme. Elle aurait haï le fils faute de haïr le père, et ils auraient été malheureux tous les deux. Encore plus malheureux, je veux dire.

Bien entendu, c'était très arrangeant de penser ainsi. Nul doute que si Caleb avait su qui étaient véritablement ses parents, il aurait dû faire preuve d'autrement plus d'inventivité pour justifier leur conduite.

Bref, ce n'était pas la question ce soir-là: Caleb savait qu'on pouvait s'en sortir en étant orphelin. Simplement, il connaissait personnellement cet homme, c'était son employé depuis sept ans. Il avait vu grandir sa fille. Il n'acceptait tout simplement pas que les frasques d'un malade mental puissent priver cette gamine de l'amour auquel elle avait droit. Ce n'était pas parce qu'il s'en était sorti sans ses parents qu'il était heureux que quelqu'un d'autre ait l'occasion de prouver que c'était possible.

Puis bon, faut pas déconner non plus: qui aurait estimé qu'Amaël Sôlype était un exemple à suivre, avec son poulpe sur la cuisse et sa chambre d'ado dopé au formol?...

Sans savoir qu'il pensait exactement la même chose que son vis-à-vis, Caleb s'apprêtait à formuler cette moqueuse réflexion à voix haute lorsque le légiste le coupa dans son élan par une série de questions. Le Techie haussa les sourcils devant ces manières soudain bien cavalières, mais il daigna faire l'effort de ne pas se vexer.

"Même mode opératoire, oui, du moins pour ce que j'en ai vu. Des piqûres sur tout le corps, des cadavres tassés dans des endroits pas forcément discrets mais toujours trop petits pour eux. Le premier est mort il y a quatre mois, le deuxième seulement le mois dernier."

Caleb laissa le jeune légiste fouiner dans ses tiroirs pour en sortir un calepin surchargé de notes en pattes de mouches et de dessins pas toujours du meilleur goût. Il l'observa tandis qu'il feuilletait ce qui devait lui tenir lieu d'archives, avant d'esquisser un sourire goguenard à la nouvelle interrogation qui découla de cette recherche:

"Vous auriez pu me le demandez tout de suite... Effectivement, vous ne trouverez aucune trace d'eux dans vos archives: le premier a été découvert à la gare de fret des quartiers sud, plié en deux dans une caisse qui aurait dû contenir des homards géants de la baie de Meritor. Le deuxième, on l'a retrouvé dans un bidon d'huile de vidange stocké dans la cour d'un petit garage privé, à trois ou quatre patés de maison d'ici. Dans les deux cas, un autre de mes hommes était dans les parages et a pu étouffer l'affaire. Pour Dervix, par contre, nous n'avons pas été assez rapides."

"Quoi qu’il en soit, il faut que je vois les corps. Même si pour ça ils doivent être exhumés. C’est impératif si vous voulez vraiment que je vous sois d’une quelconque aide dans cette histoire."

Temps mort, ponctué d'un vigoureux claquage de bloc-note qui fit faire un bond de trente centimètres à Chips: impressionné par l'aspect solennel de la conversation et la proximité du cadavre, l'animal venait de rester immobile pendant au moins cinq minutes, ce qui était éminemment destructeur pour ses nerfs. Il sauta à bas de la table d'autopsie et se faufila avec un petit grognement plaintif sous celle-ci pour se plaquer contre les jambes de Caleb, contact scientifiquement identifié par le reptomarsupial comme le déclencheur de la série d'actions rassurer-gratter-porter. Malheureusement pour la logique pour une fois pas si bête de l'animal, son sujet d'expérience avait pour l'instant bien autre chose en tête que les états d'âme de sa bestiole cramoisie.

"Les exhumer?! Exhumer deux corps enterrés illégalement, avec de faux certificats de décès? Vous n'avez pas encore plus génial, comme idée?..."

Caleb accentua sa raillerie d'une grimace narquoise et néanmoins incrédule: il ne s'était pas attendu à une demande aussi dingue. Pour déterrer un cadavre, il fallait trouver une arcanopelle et quelqu'un pour la conduire, ou au moins une demi-douzaine de gros bras capables de brasser deux ou trois mètres cubes de terre aussi vite que possible. Payer tout ce monde, graisser la patte des gardiens, voire distribuer une poignée de peaux de bananes en cas de témoins malencontreux. Ce n'était pas irréalisable, mais ça faisait désordre. Caleb n'aimait pas ce qui faisait désordre.

"Vous êtes sûr qu'il n'y a pas d'autre moyen?"

La question était acide et sèche, comme pour exiger une autre option, mais le Techie n'était pas idiot. Le meilleur moyen d'établir les caractéristiques d'un tueur, c'était d'examiner ses victimes. Et pour examiner des victimes enterrées sans autopsie, il n'y avait pas trente-six mille solutions. La démarche d'Amaël se tenait (hélas) parfaitement.

"Et je suppose qu'en plus il faut faire ça le plus rapidement possible, avant que le peu qu'il doit rester de ces malheureux disparaisse complètement."

Caleb se passa une main dans les cheveux d'un air embarrassé. Il tentait vaillament d'affronter ce problème supplémentaire, lorsqu'une autre déduction du légiste le détourna de ses réflexions balbutiantes:

"Quoi, un contrat? Sur moi? Ce serait... AÏE! Chips!"

La bestiole venait de lui planter ses griffes dans le mollet, et maintenant elle le fixait avec de grands yeux catastrophés qui mêlaient étonnamment bien la terreur à la supplique:

"Kwontrat? Nettoyer Caleb?"

"Mais non, mais non, ne t'inquiète pas. Il n'y a pas de contrat sur moi, personne ne va me nettoyer."

"Balayer, kwi?"

"Ni balayer, ni emmener chez Mr. Johnson, ni dératiser, ni rien."

Le reptomarsupial sembla s'apaiser un petit peu, mais il continua néanmoins à se cramponner à la jambe du Techie, à présent en dardant des regards farouches vers tous les coins du labo et le propriétaire de ce dernier: de toute évidence, Chips était fermement décidé à protéger Caleb de toute armada de Balayeurs Ninjas fort opportunément dissimulée dans les zones d'ombre de ce sinistre endroit où qu'on pouvait pas grimper sur les murs et le plafond.

Caleb laissa échapper un soupir, avant d'ajouter à l'attention d'Amaël:

"J'essaie de ne pas le garder dans la pièce quand je travaille, mais évidemment il n'a pas mis beaucoup de temps avant de comprendre le sens que moi et mes clients donnons au mot "contrat"."

Le trafiquant laissa alors passer un instant de réflexion, avant de secouer la tête:

"Très honnêtement, ça m'étonnerait qu'on me vise moi. Dans mon domaine d'activité, on n'y va pas par quatre chemins. Si ce type ou celui qui l'emploie avait voulu me tuer, ce serait déjà fait. Là, ça ressemble plus à de l'intimidation. Ou alors ce sont des exécutions primaires, sans véritable lien avec ma personne; simplement, on les a éliminés parce qu'ils fouinaient un peu trop dans..."

Caleb s'interrompit brutalement, comme s'il avait soudain craint que les cadavres enfermés dans les tiroirs réfrigérés puissent les entendre. Conséquence directe, Chips se hérissa de toutes parts: quoi, quoi, alerte?! Le reptomarsupial se détacha de Caleb pour brandir les longues griffes de ses pattes antérieures, l'air menaçant (enfin autant que possible). Là, un mouvement! Reflet, en position de combat! Reflet l'avait trahi! L'animal virevolta avec panache pour se jeter sur son adversaire, gueule la première, tous crocs dehors, féroce, invinci....

CHTONK!

"Kwiiiiiiii..." T_____T

"Chips, combien de fois je te l'ai dit? Quand tu flanques un coup de boule dans un objet dur, c'est l'objet dur qui gagne... Où en étais-je? Ah oui. Ecoutez, pour les détails, on en parlera une autre fois, et surtout ailleurs: même si c'est un problème moins urgent, il y a une fuite dans votre réseau d'information. Normalement tout est rentré dans l'ordre, mais je préfère rester prudent."

Le trafiquant d'armes se baissa pour ramasser son valeureux garde-du-corps tombé au combat, avant d'ajouter:

"En attendant que l'on vous trouve un nouveau relai, dites au gosse qui fait la navette de venir directement au D Bar. Mais en ce qui concerne cette affaire, vous ne devez avoir affaire qu'à moi, compris? Le sujet est trop casse-gueule pour se montrer bavard, et ça vaut pour vous comme pour moi."

Un silence, lourd de sens.

"Demain soir, vous auriez un créneau autour de deux heures du matin pour une petite promenade au cimetière?"
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