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 Quand Enfer et Ciel se rencontrent...

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Zack

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MessageSujet: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   04.12.08 15:25

[Suite de Car même les envoyés de Dieu ont besoin de manger...
Mike Riker est attendu, ainsi que Seel.]

Pourquoi?
Pourquoi se laisser traîner jusque là alors que d'une seule main il aurait pu repousser l'importun?
Pourquoi accepter de suivre le chemin qui le mènerait jusqu'à l'émissaire du malin?

Parce qu'il avait peur.
Il avait peur de Seel, c'était un fait, mais il avait une crainte plus grande encor...
Celle d'entraîner un innocent dans leurs querelles divines, pire même! le blesser peut-être et ainsi s'en faire haïr.

Zack était un ange.
Un ange au sens littéral mais également plus allégorique du terme. Jamais il n'aurait pu concevoir l'idée de faire du mal, que ce soit à un démon ou un humain. Connaissant sa force et sa maladresse, il ne pouvait pas prendre le risque de toucher, pire! de tuer le détective privé.


C'est une espèce de géant hippie efflanqué et débraillé, amulettes emmêlées et redingote trop grande froissée, qui fit son apparition, au bout de la main d'un homme pourtant moins grand.

Il frémissait!
De l'intérieur, l'envoyé de Dieu versait des larmes amères tout en regrettant la présence de son Père et des Cieux...
Mais à l'extérieur!!!!
Il restait plus calme encore que le firmament miroir de plénitude.

Posant doucement et lentement... lentement... ses mains sur son torse afin de lisser les plis faits à son vêtement, l'angélique émissaire scruta les profondeurs de la salle déroulant pour lui canapés en cuirs et amoureux alanguis.
Pas de Seel en vue encore, et un Zack qui peu à peu reprenait vie.
Pour un peu, il aurait presque pu se sentir à l'aise...

Oh, certes, il n'avait pas exploré toute la salle encor mais... s'il pouvait s'en passer, il préférait de loin retourner auprès de Ra. Sauf que l'enquêteur ne semblait pas l'entendre de cette oreille d'après ce que l'ange avait perçu des émotions de son ravisseur.
Fichue empathie.


"Messire...
Veuillez me pardonner..."


Toujours la même concentration pour prononcer les mots, et toujours cette même gueule impassible pour quiconque serait passé auprès d'eux.

"Vous sembliez emporté par un tel élan que je n'ai osé vous interrompre néanmoins...
Je... Je ne sais pas ce que vous désirez.
Je..."


Non, ne pas paniquer, d'autant qu'avec sa tête sans expression il aurait juste l'air d'un demeuré ou dans le meilleur des cas un bègue.

"Je vous en prie monsieur, il faut partir tant qu'il en est encore temps...
Il me hait!"


Putain, mais comment fait-on pour exprimer des émotions?!
Ou même ne serait-ce qu'en ressentir?

Zack savait.
Il savait qu'il ne fallait pas se trouver face au démon, que d'autres séraphins auraient pu nettement mieux s'occuper de cet émissaire du Malin...
Il savait qu'il aurait dû avoir peur, peut-être même avait-il peur en cet instant mais il ne le sentait pas.


*Je vous en prie Seigneur, donnez-moi la force et armez mon coeur de cet amour miséricordieux dont on besoin les hommes...*

pria Zack avec toute la foi, toute la ferveur innocente dont débordait son âme.
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- Inspecteur Labiture - Fait très bien le cygne

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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   07.12.08 22:55

Cette rage qui jaillissait de Riker, elle n'était absolument pas sans fondements. En effet le privé était sur la trace de ce fameux Seel depuis pas mal de temps et c'était comme un fantôme... Des disparitions, des cadavres et autres rixes étaient souvent liés à ce type et bons nombres des contrats du privé n'ont pu aboutir faute de preuves à propos de ce fameux Seel.

Qui est-il? Et ce Zack, il le connait d'où?

Trop de questions sans réponses et s'il y a bien une chose que le detective privé déteste, outre le moment où sa bouteille de Gerety est vide, c'est de ne pas avoir réponse à ses questions.

Mais le bégaiement de l'embreloqué avait sorti plus ou moins Riker de sa réflexion

"Messire...

Veuillez me pardonner..."

"Vous sembliez emporté par un tel élan que je n'ai osé vous interrompre néanmoins...

Je... Je ne sais pas ce que vous désirez.

Je..."

"Je vous en prie monsieur, il faut partir tant qu'il en est encore temps...

Il me hait!"


à ces mots le privé flanquât l'embreloqué dans un fauteuil de cuir du D-Bar. Il était pris de quelques remords d'avoir agi aussi violemment, mais bon la fin justifie les moyens...

Il jeta un regard circulaire à la salle pour être sûr qu'une oreille mal-intentionnée écoute ce qu'il allait dire

- "Bon alors sache bien une chose, je n'ai absolument rien contre toi, j'ai juste besoin de toi"

Riker prit la chaise face à Zack et sondât son regard, ce type est bizarre et encore c'est un euphémisme. Aucune émotion transparait dans ce regard, même pas une petite once de peur et pourtant il parle comme s'il a peur de quelque chose.

Surtout qu'il s'est mis à prier...

Enfin soit

- "Si tu coopères je te ferais aucun mal, tout ce que je veux c'est que tu m'identifies ce fameux Seel, ni plus ni moins"

Mike n'avait pas vraiment envie d'exposer le pourquoi du comment, il voulait juste boucler cette histoire le plus vite possible, car cela n'avait que trop durer.
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Signalement : Fragment de l'Etrange, 1m90, cheveux noirs, yeux très verts, peau pâle, yeux cernés de rouge par la fatigue, la maladie et la dépendance. La lumière est comme déviée de lui.Élégant en noir, porte toujours des gants. Charismatique de par son statut de démon, voir même beau. Mais finalement plutôt effrayant et dérangeant. On ne cherche pas sa compagnie. Aura glaciale : La température chute au fur et à mesure que l'on s'approche de lui. Le contact de sa peau nue dépose une pellicule de glace sur les objets et la chair, gèle et coagule tout à long terme ( Peau à environ -15 degrés ). On peut le toucher à travers le tissu.


MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   08.12.08 0:13

« Quelle autorité monsieur. Sachez que l’on n’identifie pas le fameux Seel. Il se présente de lui-même. »

Le démon avança dans les lumières jaunies du Downward Bar, son éternelle cigarette coincée entre deux doigts. Nimbé de cette aura dont on ne savait jamais si on devait l’attribuer à la fumée ou à cette espèce de malaise général qui suivait le balayeur comme une ombre.

Silence.

Il reporta la clope à ses lèvres d’un geste trop soudain pour être innocent. Il s’était présenté sans même savoir qui avait prononcé son nom, avec une telle familiarité, une telle exactitude dans l’articulation que ça en trahissait des heures de rumination. Seel, Seel, beaucoup de flics de la ville avaient eu ce pseudo entre les lèvres, l’avait craché comme un poison. Mais nul doute que l’homme sous le feutre, et qui dévisageait avec cet air acéré de rapace, avait du le hurler bien plus que tous les autres portes-flingues de la ville. C’était la première cause de gène, cette bouffée inquisitrice qu’il reçut un plein visage comme la fumée qu’il envoyait dans le visage de Rodrigue depuis une demi-heure en prétextant avoir quelque chose de passionnant à raconter.
Et surtout, deuxième ennui. Lui, cette espèce de créature informe, minable et affreusement innocente. Drapée de toute sa candeur, de toute son innocence crasse dans ce fauteuil. Écrasé malgré sa silhouette de géant. Pathétique mongolien aux traits bouffis de cet orgueil de ceux qui pensent qu’ils peuvent sauver. Zack, ce foutu ange qui approchait de Calliope comme un lierre grimpant et s’accrochait à sa cheville, quémandant écoute et attention.
Il méritait qu’on le piétine. Et s’approchant sans un mot, le démon lui lança sa clope encore allumée au visage.

Va crever la gueule ouverte en enfer, Zack.

« Oh pardon. Que je suis maladroit, ça va, je n’ai pas tâché votre pourpoint ? »

Sourire mauvais, à peine formulée. Il se tourna vers l’humain et de près, il lui sembla avoir déjà vu ce visage, cette stature, ce manteau. Un type du bar.

« Je vous connais, vous êtes ce type qui passe son temps accroché au comptoir en nourrissant la bestiole pour que Mancuso vous offre un verre de rallonge. »


Oui, c’était lui. Il lui semblait tout à fait revoir les détails de ce visage buriné par le temps et les plans louches. Un de ces types qu’on aurait cru sortit d’un vieux film des années de l’ « embryon-état », ou d’une boite de dougnuts au choix.

« Qu’est ce que vous voulez au saint. Je ne couvre rien de ce qu’il a fait, et vous devriez l’emmener au poste le plus proche. ».

Intérieurement il redoutait que l’ange ait pu prononcer son nom à qui que ce soit. La simple articulation des quelques syllabes de son pseudo par des lèvres si souvent nouées au Corpus Christi lui hérissait le poil. Et qu’il ait pu attirer l’attention sur lui de par des déblatérations foireuses était encore pire. Calliope ne le répétait jamais assez, ils étaient déjà assez célèbres et il y avait déjà bien trop des policiers qui leurs collaient au cul. Surtout un.
Foutu emplumé, foutu humain trop curieux.
Seel fit craquer ses phalanges, la mine sinistre, le regard planté dans celui de l’homme.

« Et quand je dis vous devriez. J’entends quelque chose comme ‘maintenant’ »
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Zack

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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   10.12.08 23:32

Seel.

Il n'avait pas même eu besoin de l'entendre parler pour le sentir approcher.
Et si Mike avait un tant soit peu fait attention à l'invité forcé qu'il avait ramené, il aurait vu ce dernier trembler.
Oui, Zack avait tremblé.
Rien qu'un instant, mais cela avait le mérite d'être suffisamment exceptionnel pour quiconque aurait eu coutume de côtoyer "l'emplumé" que je me permets d'insister.

Lentement, avec cette grâce étrange et terrible propre aux oiseaux pris dans les remous du goudron, Zack se leva. Faisant face au démon il se permit, une fois encore, de goûter à ce regard que Baudelaire décrit comme un poison.
Vert.
Vert comme le serpent tentateur, vert comme les sorcières
Vert comme les trèfles et la couleur de la chance...

Qui es-tu Seel?
Qu'es-tu exactement?
Comment t'es-tu damné?

J'aimerais savoir et te sauver.


"Bien, je crois que les présentations sont faîtes..."

Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître...
Zack ne pouvait pas partir.

Partir, c'était laisser cet infortuné aux griffes d'un ennemi trop puissant pour lui.
Et peut-être pour la première fois de son incarnation, Zack se sentit un sens à sa vie.
Aider autrui.

Oh, merci mon Dieu.
Merci de m'avoir fait comprendre que quelque part l'on avait besoin de moi.
Merci de m'avoir fait confiance en me pensant capable, moi l'ange inconnu et si jeune par rapport à nos héros, capable d'apporter la paix et la sérénité aux brebis égarées.

Mais par pitié...
Par pitié Seigneur, aidez-moi.
Je ne pourrais longtemps me débattre contre matérialité, gravité... contre les conséquences d'un corps prévu pour ce séjour Tyrien. Car comment apporter le bonheur lorsque l'on est soi-même perdu?
Attendez-vous de moi que je délivre les gens en subissant leurs maux?
Ne pourrais jamais réconforter une enfant en la prenant dans mes bras? Prêter mon épaule à l'homme qui flanche, épuisé par un système qui se fout pas mal du bien-être des habitants tant que les politiciens peuvent fumer le cigare et se payer des maîtresses...?


Zack se tourna vers Mike.
Il ne pouvait rien exprimer à cet enfant égaré mais je vous en supplie...
Faîtes qu'il lise au moins dans ma prunelle le souci que j'ai de lui. Je suis sûr que ce n'est pas un mauvais bougre, il ne mérite pas l'Enfer, n'est-ce pas mon Père?


"Si vous désirez rester seul avec ce garçon je partirais...
Mais je suis prêt à rester si vous le voulez."


Je suis désolé...
Désolé de ne pouvoir faire mieux, désolé de ne pas être l'un de ces brillants guerriers qui se rient du danger, l'un de ces orateurs capable d'enflammer les foules...
Désolé de ne pouvoir rien faire d'autre que comprendre, écouter, pardonner...
Sauver.
Sauver...
L'ai-je seulement fait pour un seul, une seule d'entre vous?
Calliope elle-même est sourde à mes propos...

Oh, pitié Seigneur...
Je vous assure que j'emploie tout ce que j'ai de moyen et de force à aider mon prochain...
Je ne suis peut-être pas très performant mais je vous promets que...
s'il le faut...
je changerais.

Je vais changer.
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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   19.12.08 22:01

Un ange et un démon réuni où? Au D-Bar si ça c'est pas ironique, alors je rends ma plaque de flic ! (En fait c'est déjà fait depuis un bail, mais les vieilles habitudes vous savez...)

Alors donc ce fameux Seel, n'est autre que ce tocard qui passe son temps, à casser les pieds de la dame au chapeau, dans la salle du fond... Tant de fois il l'avait croisé, voire même saluer et il n'en savait rien. Si seulement il avait su plus tôt il serait enfin liberer de ça.

Et ce regard si sur de lui que le demon portait, tout en cet instant réhaussait la haine de Riker envers ce type, un seul truc le démanger, c'était de lui foutre un pruneau entre les deux yeux. Mais il doit le ramener vivant à la police, de un pour la prime et de deux pour qu'il soit jugé par un tribunal, même si ceux-ci sont plus que corrompu, il faut quand même que justice soit faite dans les règles...

« Et quand je dis vous devriez. J'entends quelque chose comme 'maintenant' »

Maintenant, trop présomptueux, tu sais pas à qui te te frotte gamin, ce disait Riker intérieurement, après tout on n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace.

"Si vous désirez rester seul avec ce garçon je partirais...

Mais je suis prêt à rester si vous le voulez."


Et l'autre embreloqué qui gesticulait à coté pour lui prouver qu'il était vivant...

Riker lança un regard noir à Zack et il se leva doucement comme si un flingue était pointé sur son dos, ce qui est peut être le cas...

- "Toi tu restes là, j'ai besoin d'un témoin oculaire pour la déposition au poste


Le detective fit un pas en avant vers le balayeur, au point que le rebord de son feutre frôlait le visage de Seel. Il glissa silencieusement sa main à son holster et en dégaina son pétoire.

Il vint appuyé le canon contre l'abdomen du démon juste avant d'en armer le chien.

- "Justement je dois aller au poste le plus proche... Pas pour lui, mais pour toi Seel

Seel, Seel, Seel... Ce nom tournait en rond dans l'esprit de l'enquêteur depuis des mois que de pouvoir le prononcer enfin était comme salvateur.

- "Enfin je te tiens"
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Signalement : Fragment de l'Etrange, 1m90, cheveux noirs, yeux très verts, peau pâle, yeux cernés de rouge par la fatigue, la maladie et la dépendance. La lumière est comme déviée de lui.Élégant en noir, porte toujours des gants. Charismatique de par son statut de démon, voir même beau. Mais finalement plutôt effrayant et dérangeant. On ne cherche pas sa compagnie. Aura glaciale : La température chute au fur et à mesure que l'on s'approche de lui. Le contact de sa peau nue dépose une pellicule de glace sur les objets et la chair, gèle et coagule tout à long terme ( Peau à environ -15 degrés ). On peut le toucher à travers le tissu.


MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   20.12.08 18:03

    « Ola »

    Le démon leva lentement les mains en l’air, paume dirigée vers le ciel dans un geste de pacification qui empruntait beaucoup à la gestuelle de Caleb qu’il avait beaucoup observé ses dernières semaines. Plantant le regard dans celui de l’humain, il eu l’envie soudaine de s’y lancer, de mettre à sac cette âme qui le menaçait. Là, maintenant, à la vue de tous, devant l’ange, devant tous les clients.

    « Tu ne veux pas faire ça, mec. Si c’est parce que je t’ai piqué une bouteille de Gyn l’autre jour, je peux convaincre Mancuso de te la rembourser et… »


    Le déclic du chien de l’arme coupa court aux invectives du démon qui reporta cette fois son regard sur l’ange. Bien sur tout cela était de sa faute, ce traitre était passé du côté des humains, fier de son incompétence, il essayait d’éliminer Seel en contrôlant des mortels. L’ange n’était peut-être pas aussi saint que le démon l’avait pensé et il y eut dans ce regard plus de haine que s’il lui avait administré une droite. Tu vas payer Zack, tu vas payer au centuple ton erreur. Tremble oui, oui je vois clair dans ton jeu d’ahuri. Mais tu vas tout perdre et je t’arracherais les ailes comme je l’ai fais pour celle de ton prédécesseur. Aucun ange ne m’a résisté tu entends ? AUCUN !

    D’un geste souple, Seel attrapa le canon de l’arme qu’il dégagea de son flanc. Au travers de ses doigts serrés, il sentit le métal chauffer après qu’une balle vienne se ficher dans le sol du bar, faisant se lever en bloc tous les clients du bar. Dans un concert de cris et d’hurlements, ponctués par le raclement des chaises, Seel releva sa main brulée au niveau de son visage. Merde.

    Et puis le coup. Le démon se plia en deux, les mains sur le ventre, un regard presque étonné posé sur le poing encore tendu de Riker. Il l’avait frappé. Quoi ? Seel recula d’un pas, tourna le dos avant de se rattraper à une chaise. Avec des gestes d’une lenteur surhumaine, il ouvrit la poche de sa veste. Putain. Au travers de son vêtement, Riker avait explosé une ampoule de morphine. Et les éclats de verre avaient transpercé la chair.

    La tête lui tourna.
    Il était toujours au bord de l’overdose.
    La table sur lequel il tenta de se rattraper céda sous son poids et il tomba lourdement sur le sol.

    Tout n’était plus que silence, le D Bar était vide et il entendait à peine la voix de l’ange et de Riker.

    Et merde.

    « Calliope. Il faut… »

    Le noir.


[Un peu court, sorry les potes :p]
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Zack

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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   20.12.08 20:58

Et qu'est-ce que je fais moi maintenant?
fut la pensée unanime partagée par le personnage et sa joueuse à la fin de ce joyeux bordel.

Calliope!
Merci vieux frère de m'avoir ramené les idées sur Terre, j'étais en plein vol plané au-delà de la stratosphère!
Et ce couillon d'emplumé/embreloqué/suffixes-en-"é" voulut courir pour aller chercher la balayeuse.
Et il se ramassa pitoyablement par terre.


Ce fut la gamelle de sa vie.
Comprenez: se vautrer par terre, ça lui arrivait tous les jours. Donc pour un expert en maladresses de toutes sortes, il y a un niveau d'expériences où l'on peut classifier ses chutes en diverses catégories et à divers niveaux.
Après s'être emmêlé les pieds dans une chaise qu'il n'avait pas remarqué _avec la panique, l'ange en avait oublié son habituel réflexe de marcher à deux à l'heure en prenant soin de regarder autour de lui, et les clients avaient mieux à faire que de ranger leurs chaises_ Zack chût, droit comme un mât fracassé par la tempête, s'assomma à moitié contre le rebord de la table avant d'atterrir violemment par terre, tête la première et menton en avant.

Outre le fait que, une poignée de secondes après, cet imbécile heureux pissait le sang sans même le savoir _il n'avait pas senti non plus ses dents s'entrechoquer, je puis vous rassurer_ et qu'il évoquait Monsieur Riker qui aurait pris la cuite de sa vie, outre le fait qu'il ressemblait à un bateau ivre ou un avion saoûl avec ses bras étendus et sa démarche cahotante, outre le fait encore qu'une part de son esprit baignait dans une sacro-sainte lucidité/illumination éclairée et qu'il venait de trouver un espoir d'accomplir sa mission et donc un but à son incarnation...
Outre tout cela, Zack offrait un tableau tordant.
Non parce que il songea, vaguement, dans un coin très reculé de son esprit, que s'il devait se gaméler toutes les 5 secondes, il serait peut-être plus rapide de faire tout de même attention où il mettait les pieds.

Baissant les yeux au sol et soulevant ses jambes l'une après l'autre en arrosant généreusement sa tunique d'un jet rouge et relativement fluide nommé communément sang, l'envoyé de Dieu offrait un tableau pittoresque entre le baigneur cherchant à éviter des bancs de méduse flasquement et très élégamment échouées, et un comique muet filmé au ralenti... toujours avec le démon dans un état critique et le détective privé que...
Ah oui tiens, le détective privé!
Il était dans quel état lui?
Ah non non! si je reviens sur mes pas je vais jamais m'en sortir!
Bref, où en étais-je...?
Ah oui donc, avec le démon ou plutôt ce qu'il en restait et le détective privé et ce qu'il en restait _ou pas_ aussi à côté, et l'atmosphère à laquelle il était totalement perméable et imperméable à la fois qui ressemblerait très certainement à ceci... heu pardon, cela plutôt dans l'esprit d'une sylphide chère à un autre de mes doux-dingues et... pardon, je m'égare.
Z'avez compris?
Non?
C'est pas grave, on passe et on continue, hop hop, un peu d'efficacité.

Soudaine révélation pour le s.d.f certifié label Dieu: il irait plus vite en volant!
Et dans une sublime scène digne d'une fin du monde post-apocalyptique bourrée d'Amen explosifs et de mauvais jeux de lumière, Zack déploya ses ailes!
Wahou!
Non seulement il faillit se payer le plafond (que voulez-vous, j'aime voir/faire les choses en grand) mais son vol n'avait rien de gracieux.
Ou alors la grâce d'un gros bourdon alcoolique (XD non, j'peux pas lui faire ça tout de même, le pauvre.)

Bref, dans une espèce de simili vol plus ou moins raté, l'ange _toujours dégoulinant de sang, je tiens à le préciser_ effectua une sorte de planage en ligne pas si droite que cela _sauf pour un junkie préparant son nième rail de coke de la soirée_ jusqu'au comptoir.

Les yeux toujours absorbés par sa transe _comprenez qu'il avait le regard brumeux/vitreux_ et envoyant valdinguer dans un joyeux plic-ploc des gouttes carmines à chaque mouvement de sa mâchoire, Zack demanda très poliment au barman:


"Auriez-vous l'amabilité de m'indiquer l'endroit où je puis trouver Calliope, son collègue demande expressément après elle... ?"

Et là...
Scène d'horreur.
Le fou s'avisa de sourire.

Rappelez-vous: non seulement ses capteurs sensoriels ne relayaient pas l'information concernant le toucher au cerveau, l'empêchant de maîtriser la plupart de ses actions, mais l'ange n'avait aucune idée ni du rendu ni de l'effet de ce qui, dans son esprit, était un sourire.

Pour la plus grande joie, j'en suis sûre, de Caleb ou Rodrigue _tout dépend qui veut répondre_ je lui laisse le soin de décrire la vision qu'il aura dudit "sourire".
Mais par pitié, soyez gentils: le joker ou Harley Quinn ça passe, mais la grimace de gosse heu...
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Signalement : Hume


MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   23.12.08 16:27

Une balle fichée dans le sol, un démon effondré à terre, un ange avec la gueule en sang, une foule en panique et un flic debout regardant le démon.

Voilà à quelques détails près le décor du D-Bar à cet instant précis. Revenons quelques instants auparavant.

« Tu ne veux pas faire ça, mec. Si c'est parce que je t'ai piqué une bouteille de Gyn l'autre jour, je peux convaincre Mancuso de te la rembourser et... » - dit Seel

l'arme toujours appuyé sur l'abdomen du démon, mais il fallut que quelques secondes pour renverser la situation. Une pression se fit sentir sur le canon de l'arme du privé et en une fraction de seconde tout basculât.

Mike appuyât sur la détente du pistolet mais, Seel tenait toujours le canon de l'arme en main qu'il deviât. La balle finit sa course dans un carreau du sol qu'il explosât.

tout se précipitât dans la tête de Riker, dans un réflexe conditionné par des années de bagarres, il vint flanquer son poing directement là où se trouve normalement le foie chez un être humenoide, un coup qui normalement devrait mettre hors d'état de nuire n'importe quel hume pour quelques minutes.

Mais là ! Quelle fût la stupéfaction de Mike, voir ce grand dadet de Seel s'effondrait de tout son long sur le sol.

Un grand fracas se fit entendre derrière Mike, c'était Zack qui venait de se vautrer comme une bouse de Brahmine sur le sol, il avait le visage couvert de sang et un air encore plus ahuri qu'auparavant !

Tant pis pour lui, Mike n'avait plus besoin de lui.

Sans même prêter attention aux gens qui l'entourait et à la folie général qui régnait au D-Bar à cet instant Mike souleva la masse inanimé qu'était Seel pour le mettre sur son épaule après lui avoir passé les menottes.

Quel poids mort ce Seel ! Mais quel poids en moins sur le coeur du flic, qui tenait enfin celui qui lui tourmentait ces nuits.

Mike franchit le pas de porte du D-Bar avec Seel sur son épaule, bien résolu à le livrer à la justice pour tous ses crimes encore impunis.
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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   15.02.09 19:51

Quand on fait dans la contrebande d'armes depuis ses quinze ans, soit pendant la moitié de sa vie, et qu'on compte bien continuer pendant un long moment, on s'habitue à tout. Les bourrins qui cherchent des lance-flammes et des cônes à vapeur. Les abrutis qui veulent essayer leur revolver et se tirent une balle dans le pied. Les mauvais joueurs qui préfèrent viser le vendeur. Les types bien habillés qui vous achètent en chuchotant de quoi envoyer leur sale bonne femme ad padre. Les demoiselles qui tentent de retenir leurs larmes et de rester dignes tout en rempochant le deux coups qui leur permettra de buter le fils de pute qui les a trop fait boire lors de leur dernière sortie et qui a insisté pour les "ramener chez elles". Les vieux parano, les gosses sans avenir. Les humes, les Balayeurs, les extra-tyrestres assez désespérés pour venir jusque dans ce bar pour monneyer un renseignement sur un ami, un frère, un père, qu'ils allaient trahir pour sauver le reste de leur famille.

Oui, Caleb pensait avoir vu à peu près tout ce qu'il y avait à voir. Et lorsqu'il entendit depuis sa mezzanine privée une détonation trancher dans le brouhaha du bar, il ne fut pas destabilisé. Désagréablement surpris et tendu, certes, mais pas destabilisé. Il dégaîna son propre revolver et s'approcha précautionneusement de la baie vitrée qui donnait sur la salle en contrebas. Du calme. Chips était en train de roupiller à l'étage au-dessus, il ne risquait rien. Et puis, un seul coup de feu c'était bon signe, ça sentait l'accident plus que le début de fusillade. Peut-être un règlement de compte entre Balayeurs, même si en général ils avaient assez de tact pour régler ça dehors. Peut-être...

Le trafiquant atteignit la vitre, et le spectacle qui s'offrit alors à lui lui fit cligner des paupières d'un air imbécile.

"Mais qu'est-ce que?..."

Caleb pivota vivement sur ses talons et alla déverrouiller la porte du petit salon pour débouler sur le balcon qui surplombait le bar et mieux voir. Cela lui valut une grosse frayeur quand un projectile tout de breloques et de plumes blanches partit en flèche vers le plafond, en passant si près de sa tête que le Techie sentit le courant d'air lui ébouriffer les cheveux. Trop stupéfait pour songer à le dissimuler, l'hume suivi du regard la trajectoire descendante du machin non identifié jusqu'à son crash sur le bar, et ce faisant il remarqua enfin l'homme qui quittait l'établissement avec un étrange chargement sur l'épaule.

Douche froide. Un détective bienheureux qui embarquait un Balayeur tout sauf net dedans sa tête. Pas bon, pas bon du tout.

"Riker!!! Revenez ici, espèce de crétin!"

L'arme toujours à la main, Caleb dévala l'escalier aussi vite qu'il le pouvait sans se casser la figure, si vite que son genou abîmé lui arracha une grimace de douleur. Comment ce vieux roublard amateur de Gerety avait fait pour allonger Seel, le Techie n'en savait rien. Peut-être qu'il l'avait buté d'une balle, que c'était cela le coup de feu? Non, Riker était un flic tordu, mais un flic honnête, il ne tuait pas les gens de sang froid. Donc le Balayeur allait reprendre conscience dans un délai plus ou moins long, et Mancuso n'était certain que d'une chose: à ce moment-là, les pièces détachées (arrachées) de Mike Riker iraient toutes boire un coup au grand bar des martyrs de ce triste monde.

Or un détective qui se faisait dessouder par un client très régulier du D Bar, ce n'était vraiment pas pour plaire à Caleb.

Le Techie enjamba lestement une chaise renversée (assez de gamelles pour la journée, on a notre quota) et il était en train de dépasser le comptoir lorsqu'il entendit le nom de Calliope s'échapper du tas de plumes froissées vautré juste à côté. Caleb freina des quatre fers, juste à temps pour remarquer deux choses qui firent encore grimper sa tension déjà méchamment élevée:
- l'étrange emplumé qui aurait dû passer un brevet de pilotage en intérieur avait un sourire vraiment vraiment très glauque (asymétrique autant qu'enthousiaste, dangereuse combinaison)
- les rares clients qui ne s'étaient pas enfuis lors du coup de feu s'approchaient rapidement, et vu leurs armes et leurs mines fermées, c'étaient des Balayeurs pas contents du tout d'avoir renversé leur maltas à cause d'une saloperie rough

Caleb voulait comprendre ce que c'était que tout ce foutoir, et plutôt que de courir après Riker au risque de se voir lui-même passer les menottes, il lui apparaissait soudain bien plus efficace de cuisiner le... survivant. Il fit signe à Rodrigue de garder ses distances, avant de clamer d'un air féroce aux clients qui approchaient:

"Ecartez-vous. Ecartez-vous j'ai dit! Cette raclure est dans mon bar, elle est à moi! Toi, amène-toi: j'ai pas envie que ton foutu sang rough salisse encore plus mon bar!"

Revolver armé, le Techie se saisit sans douceur du bras du grand inconnu avant de l'obliger à descendre du comptoir sur lequel il était étalé. Le canon de son arme s'enfonça entre les omoplates ailés et Caleb entreprit de traîner ce machin non identifié à sa suite, en dissimulant de son mieux sa jambe droite qui le lançait de plus belle, très étonné et un peu mortifié d'être encore une fois tombé sur un gugus aussi foutrement grand...

Sous l'oeil frustré mais néanmoins appréciateur des Balayeurs, le trafiquant d'armes obligea ce drôle de hippie à le suivre derrière le comptoir, jusqu'à la porte des réserves qu'il ouvrit avant de pousser sans ménagement son prisonnier dans les quatre petites marches qui les séparaient du sol.

"Et maintenant crois-moi mon salaud, tu vas morfler."

Le Techie claqua la porte derrière-lui. Pointa son arme. Et tira deux fois. BLAM! BLAM!

...

Un peu de poussière de plâtre s'échappa des impacts qui s'étaient creusés dans le mur du fond.

"Essaie de ne pas parler trop fort: la pièce n'est pas très bien insonorisée, et pour l'instant mieux vaut pour toi qu'ils te croient mort ou à l'agonie."

Caleb observa un instant la silhouette longiligne entassée à ses pieds. Il descendit le petit escalier à son tour, sans rengaîner, mais en laissant son revolver pendre au bout de son bras. Il s'accroupit à un mètre de l'inconnu, avec un autre fugitive rictus pour son genou, et considéra pensivement l'être ailé avant de reprendre d'un ton qui, s'il ne pouvait être qualifié de rassurant, restait calme et exempt de toute menace:

"Je suis Caleb Mancuso, propriétaire de ce bar. Tu as peut-être entendu parler de moi. En tout cas sache que je suis désolé de t'avoir secoué de la sorte, mais en l'occurrence ton petit cirque ne m'a pas laissé le choix."

Il porta sa main libre à la poche intérieure de sa veste et en tira un mouchoir brodé de ses initiales, qu'il tendit à l'étrange créature pour lui permettre d'éponger son nez et son menton en sang. Ses yeux noisette s'attardèrent sur les grandes ailes blanches qui traînaient dans la poussière de la cave, et il se surprit en pensant que cette image était bien triste.

"Tu devrais savoir que ce n'est pas le bon endroit pour un rough. Qu'est-ce que tu fiches ici? Tu étais avec Riker et Seel? Et pourquoi tu cherches Calliope?"
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Zack

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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   16.02.09 14:03

Il pleurait. Sans même vraiment s'en rendre compte, Zack pleurait. Son corps évacuant toute la pression accumulée lors de ces quelques minutes, l'ange se tourna instinctivement vers son présumé "agresseur" pour s'enquérir de son état de santé.

"Vous allez bien?"

Observer.

Zack n'avait habituellement rien d'autre à faire qu'observer. Sa condition l'empêchait de se propulser pleinement dans ce monde sans que cette entrée en scène ne se suive de conséquences désastreuses, preuve s'il en était au jour d'hui. Mais cela valait la peine.

Cela valait la peine si cet homme, malgré son statut d'inconnu, lui tendait une main secourable, prenait pour lui, pauvre étranger envoyé des cieux, le risque de faire passer sa vie avant son bar et sa réputation. Se surprenant à suivre le mouvement de la main qu'il élevait et tendait lentement vers le mouchoir, le rappel brutal de sa condition de spectre éphémère emplit le céleste regard d'une nostalgie douce-amère.


"Je suis ici pour une mission. Calliope a pactisé avec le diable et Dieu m'a envoyé la sauver. Riker m'a traîné de force pour que j'identifie Seel et... je suis désolé. Je ne voulais pas vous attirer d'ennuis..."

Pourquoi?
Pourquoi lui avouer tout cela, à lui l'inconnu généreux?

Parce que Zack croyait profondément en l'hume. Parce que Zack était candide. Parce que, enfin, jamais Zack n'aurait pu imaginer que ce brave homme qui l'avait sauvé d'une horde de balayeurs assoiffés de son sang était le même homme qui fournissait aux mêmes balayeurs assoiffés de sang leur matériel de destruction et de mort.

C'était ainsi: les humes servaient leur propre perte, les anciennes victimes vendaient aux bourreaux de quoi faire de nouvelles victimes, les anges étaient humiliés et raillés et quand tout allait mal on priait pour que quelqu'un, Dieu, la Confrérie Obscure ou qui vous voudrez, se ramène pour rétablir l'ordre afin de mieux le déranger à nouveau. Et s'il y avait de quoi être désespéré par avance, l'instinct de survie de Zack, non pas de lui-même, mais de tout ce qui est beau, tout ce qui en les rattachant à Dieu faisait d'eux des soeurs et des frères... cet instinct là lui ordonnait de continuer à lutter et à croire. Pire même, il lui interdisait de perdre espoir. Car si les messagers divins eux-mêmes abandonnaient, les âmes de toutes les créatures seraient perdues.

Evidemment, le céleste missionnaire n'aurait pu imaginer un seul instant que son sauveur le prenne pour un de ce fous furieux fanatiques de la Nouvelle Eglise. Il était, malgré le sang et les larmes, beaucoup trop... calme. Toujours trop calme. Trop lisse. Trop fluide.
Trop imperméable.

Et c'était cette apparence, en totale contradiction avec le fait que Zack recevait toutes les émotions des autres de plein fouet, les absorbait sans pouvoir y répondre, qui faisait que beaucoup rechignaient à donner leur confiance à celui qui pourtant ne doutait jamais d'eux.

Baissant les yeux vers le mouchoir généreusement prêté, l'ange s'étonna d'y trouver quelques gouttes carmines. Plic ploc. D'où cela venait-il? Suivant du regard la trajectoire de ses doigts tant qu'elle le put, la Némésis de Seel tenta tant bien que mal de repérer l'endroit d'où provenait l'hémoglobine. Le menton? Tiens, sa chute devait avoir été plus forte qu'il n'y paraissait...

Penchant involontairement la tête sur le côté, le séraphin fasciné laissa soudain pétiller sa prunelle d'une joie innocente. Et posant sa main sur la blessure, il fit usage de son pouvoir. Une légère lumière, mélange d'or et de blanc, sortait d'une façon diffuse de ces longs doigts accoutumés à soigner et tandis que son don agissait, Zack songea, amusé, au déroulement de la scène. Et aux deux balles dans le mur.

Il avait eu de la chance.


"Combien de créatures sont mortes ici?"
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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   20.02.09 18:21

Comment cela, est-ce qu’il allait bien ?...

Caleb opposa à son interlocuteur un haussement de sourcils pour le moins sceptique : il s’attendait à toutes les réponses, sauf à celle-là. Ce type, ce type qu’il venait de brutaliser, de menacer, d’insulter… ce type-là avait pour toute priorité le fait de lui demander s’il allait bien ? Lui ?!

« Je me porte comme un charme, c’est plutôt ton état à toi qui devrait te préoccuper. »

Le Techie passa distraitement une main sur son genou douloureux : il était presque certain de ne pas avoir boité en traînant l’inconnu jusque là – et quand bien même il aurait traîné de la patte, comment ce gars aurait-il pu s’en rendre compte, avec tout ce qui lui tombait sur la tête dans le même temps ? Caleb dévisageait celui qu’il prenait pour un rough avec une incrédulité certaine, sans parvenir à déterminer si ce grand dadais se foutait de sa gueule ou s’il était véritablement arriéré.

Le trafiquant nota alors que son interlocuteur n’avait même pas fait mine d’approcher le mouchoir de son menton, et il tendit la main pour pousser légèrement les longs doigts fins dans la bonne direction ; son jugement commençait à pencher en faveur du débile mental. Jugement très vite confirmé par la tirade que l’étrange créature lui sortit sur Calliope et le salut de son âme.

Caleb fit la moue : pacte avec le diable, Dieu… Sauf erreur grossière indigne de son statut d’indic, c’était la terminologie de la Nouvelle Eglise, ça. Les prunelles noisette du Techie glissèrent à nouveau vers les grandes ailes blanches, et il se souvint que les disciples de Râ vénéraient des êtres positifs pourvus d’attributs semblables. Ce gars-là n’avait pas l’air assez violent pour être un prédicateur, ce devait donc être un simple disciple, un pauvre bougre qui avait souffert de sa différence pendant toute sa vie avant de se reconnaître dans ces histoire de messagers ailés.

Continuant sur sa lancée, le Techie se demanda ensuite si le mot « diable » ne désignait pas Seel. Après tout, avec ses dents taillées en pointes et son regard de psychopathe, le Balayeur pouvait très facilement passer pour une divinité maléfique dans le délire ce brave jeune homme. Pour être honnête, Caleb lui-même n’était pas totalement hermétique à l’idée que ce Seel soit quelqu’un de pas tout à fait hume, et pourtant il se considérait comme relativement terre à terre. Mais pourquoi, si tout cela s'avérait juste, pourquoi ce soit-disant messager de Dieu faisait-il une fixette sur Calliope et son cinglé de coéquipier? Pourquoi précisément sur eux?

« C’est à toi que tu as attiré des ennuis. En ce qui me concerne, tu as juste fichu le bordel dans mon bar ; va falloir qu’on discute du remboursement, toi et moi. »

Non pas que Caleb ait très envie d’extorquer ce doux dingue, mais c’était une question de principe ; l’oiseau le regardait avec un air reconnaissant qui dérangeait beaucoup le Techie. Enfin quoi, il n’était pas un saint, inutile de le fixer comme ça. Il essayait simplement de garder les choses en ordre. Caleb allait le faire remarquer à l’étranger lorsque celui-ci fit quelque chose qui fit l’effet d’une claque au trafiquant d’armes : il porta une main à sa blessure en souriant, et aussitôt une douce lumière d’or s’échappa de ses doigts pour venir combler la brèche dans la chair.

Oh, ce n’était pas le fait qu’il puisse se soigner qui était surprenant – pour ce que Caleb en savait, Calliope faisait la même chose. Mais le Techie était certain que les roughs aussi bien que l’ensemble des magiciens ne possédaient jamais plus d’un pouvoir, jamais. Et si ce pouvoir s’exprimait de différentes manières, elles étaient toujours intimement liées. Or quel lien existait-il entre la régénération et le fait de posséder des ailes?...

Stupéfait et un peu mal à l’aise, Caleb se releva, lentement pour ménager son genou, avant de faire un pas prudent en arrière. La lumière qui émanait des doigts de l’homme était chaude et inexplicablement réconfortante, mais le Techie n’en était pas moins inquiet. Il ne comprenait pas ce qu’il avait sous les yeux, et cela le dérangeait profondément. Assez profondément pour qu’il oublie presque de répondre à la question qu’on lui posait sur les créatures qui avaient trépassé en ces lieux.

« Aucune. Pas depuis que je possède ce bâtiment. Je ne veux pas de meurtres dans mon bar ; moi-même je n’ai jamais ôté la vie à qui ou quoi que ce soit, et je compte bien continuer ainsi. »

Bien sûr, Caleb Mancuso ne tuait personne. Il se contentait de vendre des armes qui tuaient. Et d’ordonner à d’autres de tuer. Lui, en bon dandy mafieux, il gardait les mains propres. Ou en tout cas, il ne les trempait pas dans le sang. Lâche ou hypocrite, difficile à déterminer.

Caleb aurait dû en rester là ; sa réplique avait du panache, et il adorait que les gens remarquent que ses répliques avaient du panache. Néanmoins, il ne put s’empêcher d’ajouter d’une voix un peu ahurie qui avait quelque chose d’enfantin et cassait donc complètement l'effet de la précédente phrase:

« Mais… qu’est-ce que tu es exactement ?... »
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Zack

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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   21.02.09 14:01

"Mais... qu'est-ce que tu es exactement...?"
Enfin une question pertinente. Pas pour Zack qui était persuadé d'avoir été suffisamment clair en parlant de sa mission mais les humes sont des enfants qu'il faut souvent prendre par la main afin de leur indiquer le bon chemin.


"Je suis un ange."

Comment pouvait-il en être autrement? Les ailes, des pouvoirs bénéfiques, et surtout cet air profondément bon et pieux qui irradiait de chaque pore de sa peau comme la lumière échappée de sa paume. Sa nature faisait ce qu'il était et ce qu'il était faisait sa nature.

Et son regard de se charger d'une mélancolie automnale, sa voix de se ternir.


"Je sais que bon nombre d'enfants se détournent du Seigneur, que d'autres nous craignent en voyant en nous les messagers porteurs des foudres divines venus exécuter la sentence du Père... Mais il ne m'appartient pas de juger qui a péché et pourquoi."

Parler de cela à un pauvre patron de bar qui n'avait rien demandé et le prenait sans doute pour un illuminé, c'était une prise de risque inconsidérée. C'était admettre qu'il pouvait exister des dissensions au sein même du Paradis, que les envoyés des cieux n'étaient pas tous d'accord sur leur rôle, et surtout qu'il n'y avait pas qu'une seule vérité, contrairement à ce qu'on leur demandait de faire croire.

"Je désire simplement tendre une main secourable à quiconque menace de se noyer, à quiconque cherche la lumière et erre sans pouvoir la trouver."

Il était naïf, oui, l'être né du souffle de Dieu. Mais ce qui eût été plus naïf encore fut de de ne pas se rendre compte que beaucoup de gens profitaient de sa générosité sans se soucier de sa vérité à lui. Il n'était que trop souvent le simple réceptacle de la peine, l'aumône sans visage faîte au pauvre miséreux, le témoin muet et invisible de la multitude de drames quotidiens, petits mais tragiques à leur façon... tragiques car ils étaient le reflet de la décadence générale d'un monde qu'il aurait voulu beau.

Et malgré les insultes et les coups, malgré l'ignorance et la complaisance, il continuait de distribuer sa maigre fortune du jour aux clochards car lui-même ne pouvait ressentir ni le froid ni la faim, il soignait voire ressuscitait parfois ceux qui étaient trop attachés à cette existence ci... Ceux qui ne savaient pas qu'il existait vraiment un paradis... ceux qui voulaient se racheter mais n'avaient pas eu le temps de le faire. Sauver, encore sauver... donner, toujours donner. C'est avec le sourire qu'il continuait sa noble tâche, avec une ferveur toute intérieure qu'il remerciait Dieu de pouvoir ne serait-ce qu'aider à l'épanouissement d'un univers qu'il espérait serein.

Caleb...
Cet hume là en particulier lui faisait penser à un petit garçon auquel l'on avait toujours refusé des gourmandises et qui n'osait plus croire aux merveilles.
Caleb
Cet homme semblait prêt à fuir... non! Cet homme le redoutait déjà.


"Vous savez... je veux croire qu'un jour les gens n'auront plus à se méfier lorsqu'une âme charitable se proposera pour les secourir."

Il était là, triste et immobile, l'ange aux rêves poudrés, l'emplumé maladroit, l'albatros gauche et veule.
Il était là, radieux et figé telle une créature surprise par le courroux des dieux, rattrapée par une métamorphose minérale.

Il peinait pour parler, il peinait pour bouger, il peinait pour exprimer... Son incarnation était un long râle, un cheminement laborieux, un exil parsemé de désillusions et de pleurs ravalés, de bonté reniée et de fierté blessée.

Etait-il effectivement simple d'esprit pour s'accrocher quand tant d'autres auraient depuis longtemps tout simplement... laissé tomber? Aveuglement? Obstination infondée? Refus d'échouer?
Si seulement il avait pu être atteint par ces sentiments humains...
Zack était simple, à sa façon. Dieu lui avait donné une mission, il ne partirait pas tant qu'il ne l'aurait pas terminée ou qu'on ne l'aurait pas rappelé. C'était aussi simple que cela. Le fait qu'il soit confronté aux mêmes difficultés que les tyriens n'était que justice.

C'était même indispensable.
Pour les comprendre, il devait savoir ce qu'ils traversaient, partager avec eux leurs douleurs et leurs joies éphémères, se rendre compte de l'état de leur monde pour mieux l'améliorer. Et il pourrait dire "moi j'étais là."

J'étais là quand une orpheline n'avait nul part où dormir et manger et qu'il fallut l'abriter de mon aile et lui offrir sa pitance, j'étais là pour soigner le chien renversé d'un gamin en pleurs, là encore pour rattraper le malheureux qui avait prévu de se jeter du haut d'un toit un soir de pleine lune.
J'étais là pour voir leur sourire, le rire naissant au travers leurs larmes perlées, leur reconnaissance et leur foi retrouvée en un avenir meilleur.
Si chacun y mettait du sien, il suffit parfois de si peu pour éclairer un visage d'un masque radieux...
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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   22.02.09 22:08

Caleb rendait son regard à l'étrange créature qui se disait un ange, il sondait ces yeux qui étaient une caresse autant que ceux de Seel étaient un viol. Et l'appréhension du Techie devint un curieux et amer mélange de pitié et de colère. Pitié pour cet être si naïf, si candide, qui s'inquiétait pour l'homme qui venait de le maltraiter et s'exposait au pire simplement parce qu'un cinglé de gourou lui avait mis en tête qu'il était un envoyé d'une hypothétique puissance divine. Colère... colère parce que...


    "Arrête de pleurer. Arrête de pleurer je te dis! Ca ne sert à rien! Tu n'auras pas moins mal et ça ne te fera pas revenir en arrière."
    Un petit garçon qui renifle, tente de ravaler ses larmes. Lui, il ne le regarde pas. Il ne veut pas le regarder. Il est trop occupé à plonger une nouvelle fois le pantalon taille dix ans dans l'eau froide du lavabo, à reprendre la serviette savonneuse pour frotter encore et encore le tissu grossier. A côté de lui, le garçon en sous-vêtements pleure toujours.
    "Ca suffit je te dis! Malthéo, ça suffit!"
    "M... mais il m'a dit... il m'a dit qu'il m'aimait."
    Il sent son propre estomac se contracter, et il frotte plus fort. Le fond du lavabo se teinte de rouge au fur et à mesure qu'il fait disparaître le sang frais.
    "Je sais."
    "Il m'aime vraiment."
    "Je sais."
    "Ca m'a fait mal."
    "... Je sais. Arrête de pleurer Malthéo."
    "Il me fera encore mal, tu crois?"
    "Je... je... mais j'en sais rien moi! Arrête de pleurer."
    "Mais tu vas m'aider, hein?"
    "... Non. Je ne t'aiderai pas."
    Silence lourd de larmes.
    "P... pourquoi?..."
    "Parce que personne t'aidera jamais. Tu dois apprendre à te démerder tout seul."
    "Mais tu laves mon panta..."
    "Je te montre juste comment faire, pigé?! Je ne t'aides pas, tu entends?!"
    "Caleb... cries pas..."
    "..."
    "Maman disait qu'elle me protégerait touj..."
    "Ta mère est morte, Malthéo. Morte. Et la mienne est pas là non plus. Alors on s'en fout de leurs promesses. Elles sont plus là pour les tenir. Ici, personne n'en a rien à foutre de personne."
    "C'est pas vrai. Kyle il m'aime. Et il t'aime aussi."
    "... Je sais."
    "Tu crois qu'un jour il voudra bien que je l'appelle papa?"
    "..."



Caleb s'assit sur le petit escalier, toujours en dévisageant la créature ailée. Son bras armé reposait sur son genou douloureux. Son expression s'était durcie.

"Qu'on soit bien clairs: je déteste qu'on se foute de ma gueule. Je déteste vraiment ça, tu saisis?"

Il laissa un instant planer la menace, avant de rengaîner posément son revolver. Dans le même geste, il alla chercher son étui à cigarettes dans sa poche intérieure: il avait besoin de fumer.

"Mais heureusement pour toi, je pense que tu crois sincèrement à toutes les conneries que tu me débites. Je te trouve même plutôt sympathique, pour tout dire. Alors je vais en profiter pour te donner un conseil."

Il porta l'une des Minotaurus à ses lèvres, alluma son briquet, éleva d'un geste élégant la flamme jusqu'au cylindre blanc bagué d'or. Inspira. Puis il retira la cigarette de ses lèvres pour exhaler un nuage de fumée parfumée.

"Rentre chez toi, pauvre idiot. Retourne chez ton "Père", et restes-y. Tu n'es pas à ta place ici, et tu ne le seras jamais."

Le ton presque nonchalant du trafiquant d'armes se fit alors plus lourd, plus rageur:

"Et arrête de me regarder avec cette espèce d'indulgence à la con: tu es en train de te planter complètement. Tu veux aider les gens, pff, la bonne blague... Tu as aidé Riker à retrouver Seel, et regarde ce que ça t'a apporté! Tu aurais pu te faire buter! Les gens sont des pourris, espèce d'andouille, pas des enfants qui font des bêtises! Tu veux les aider? Ils t'exploiteront jusqu'à la moelle avant de te laisser tomber, quand c'est pas eux-mêmes qui te baiseront. Et si tu as besoin d'aide un jour, t'inquiète qu'ils seront plus là pour toi."

Oui, Caleb était en colère. Il ne supportait pas cette candeur, cette espèce d'espoir en l'huménité. Pour lui, c'était aussi absurde que de tendre le bâton pour se faire battre: personne ne venait en aide aux autres gratuitement, c'était inenvisageable. Les seuls capables d'une telle générosité, c'étaient les enfants et les simples d'esprits. Et Caleb savait mieux que quiconque que le jour où quelqu'un les remerciait de leur dévouement et de leur naïveté en leur crachant à la gueule, cela les détruisait. Pour toujours.

Lui n'était pas tombé dans ce piège-là. Dès qu'il avait compris que ses parents ne reviendraient jamais le chercher, que les êtres qui étaient censés l'aimer plus que tout au monde avaient eux-mêmes été capables de l'abandonner sans lui laisser ne serait-ce qu'un nom, il avait su. Il avait accepté. Mais il en avait vu d'autres s'accrocher, espérer encore et encore qu'on les comprendrait, qu'on les aiderait, qu'on les protégerait. Qu'on les aimerait. Et il avait contemplé leur chute.

Malthéo était devenu fou. Et il avait fini par se faire assassiner, par un type que personne n'avait jamais jugé essentiel d'attraper. Pour Caleb, c'était tout ce qu'il y avait à savoir sur la vie et la compassion qu'on pouvait y trouver.

"Tu n'es pas un ange. Les anges n'existent pas. Il n'y a que des humes qui essaient à tort d'être gentils, et qui deviennent comme tout le monde après un certain nombre de baffes. Quand ils n'en crèvent pas. Alors si tu as quelqu'un qui t'aime dans ce monde de merde, retourne chez lui. Tout de suite. Et restes-y."
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Zack

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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   01.03.09 0:14

"C'est justement parce qu'il n'y a personne pour aimer tous ces enfants perdus que je dois rester. Nous sommes les messagers du Seigneur, et le Seigneur n'est qu'amour. Comment mieux délivrer la foi en l'hume et en un avenir meilleur qu'en croyant soi-même dans les préceptes que l'on illustre?"

Bien sûr qu'il était désespérant l'emplumé. Parce qu'on aurait beau lui cogner dessus, sa cervelle n'avait nulle place pour du plomb. Tant qu'il continuerait de dispenser sagesse et bonté, ses ailes resteraient blanches... ces si belles ailes qui pourraient l'emmener jusqu'aux confins des cieux lorsque l'heure serait venue. Ces ailes qui pour l'instant côtoyaient la fange et se ternissaient au contact de l'ignorance et la haine qu'elle engendre.

Et la céleste créature de contempler son sauveur.
Toi que je ne comprends pas ou si peu mais que j'aimerais tant chérir, à l'image de tous nos frères délaissés, sauras-tu voir la vérité? Marcher vers la lumière malgré l'antique croyance qui la dit annonciatrice de cette mort redoutée?



"Seuls les enfants peuvent croire en la magie. Où est votre âme d'enfant monsieur Mancuso?"

Le monde vous aurait-il déjà si bien pétri que moi-même ne puisse vous sauver?
Allons, l'impossible ne figure pas dans mon vocabulaire. Vous pourrez cracher sur cette main tendue que je vous agripperais au collet pour mieux vous sortir de la fange où vous êtes enlisé. Dussé-je y laisser un peu de mon âme, un peu de ma peau... Je n'ai été conçu que dans le but de secourir les brebis égarées. Que vaut donc mon âme face à l'espoir d'en sauver ne serait-ce qu'une?


"Ainsi que tous vos pairs, vous croyez connaître l'enfer. Mais l'Enfer véritable ne saurait être imaginé. Si vous avez le moindre doute, l'hésitation la plus infime, plongez vos yeux dans ceux du démon et ce que vous entreverrez n'approchera pas le centième de l'horreur qui vous attend si vous avez péché..."

Tu le sais n'est-ce pas...?
Tu sais de qui je parle, étranger à mon monde. Le seul souvenir de ces yeux verts est ma seule sensation ici-bas et tu ne saurais imaginer le tourment que j'endure. Mais qui s'interposera s'il tente de t'entraîner en son antre infernale? Qui encore aurait le courage à défaut du pouvoir de lui résister?

Toi, mon jeune ami?
Tu n'es pas né pour combattre le Mal.


"... juste la vérité. La vérité est là mais qui la voit? La poésie pourrait danser en flocons enneigés, le monde reposer sous un linceul de neige que vous continueriez de nier."

Il ne lui en veut pas.
Les humes sont ainsi, mais c'est tel quel qu'ils sont beaux. Leurs doutes, leurs peurs, leurs espérances... Leurs sentiments, leurs sensations...
Certains s'en plaignent, mais sauriez-vous concevoir d'en être privé?
Bénissez jusqu'à la douleur qui vous fait vivre car d'autres n'ont pour toute émotion qu'un tapis léthargique tissé de splendeurs oubliées.
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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   08.03.09 8:17

Oh oui, il était désespérant cet emplumé. Désespérant. Caleb hésitait entre lui pointer à nouveau son revolver entre les deux yeux et le saisir au col pour le secouer tout en lui hurlant de déguerpir loin, le plus loin possible de ces fichus humes qu'il voulait protéger et qui allaient le dépecer vivant, lorsque l'ange trancha son élan de fureur d'une unique phrase, d'une simple question.

Où était son âme d'enfant?...

Le Techie en resta pétrifié. Il entrouvrit la bouche comme pour parler, mais aucun son ne passa ses lèvres: sa voix ne pouvait vaincre l'incongrue et douloureuse résistance qui obstruait sa gorge. On lui avait posé tellement de questions sur son passé, sur sa solitude chronique. Des questions qui l'avait surpris, parfois mis mal à l'aise. Mais jamais il n'était resté pareillement pétrifié, incapable de faire semblant, incapable de faire croire à son interlocuteur que ce sujet n'avait aucune raison d'être abordé. Tout simplement parce que jamais personne n'avait formulé la chose ainsi. Avec ces mots. Ce ton. Ce regard. Ces yeux emplis de douceur et de miséricorde qui lui donnaient autant envie de pleurer que de hurler. Caleb déglutit, tira nerveusement une nouvelle bouffée de sa cigarette. Puis il répliqua d'une voix qu'il aurait préféré moins ténue:

"Ca fait très longtemps que je l'ai perdue."

Oui, très longtemps. Certainement le soir où celui qu'il considérait comme son père l'avait obligé à s'allonger à plat ventre sur son lit en lui expliquant sereinement qu'il était normal qu'un garçon de onze ans se fasse baiser par un homme adulte. Ou peut-être avant, le jour où ce couple de braves paysans avait failli l'adopter malgré sa maigreur qui en faisait un mauvais garçon de ferme, ce jour où ils avaient finalement choisi un autre orphelin en apprenant que Caleb avait un coeur malade. Voire à l'instant même où on l'avait laissé sur le parvis de l'orphelinat, finalement.

"Si j'en ai jamais eu une."

Le soi-disant ange parlait d'Enfer, de péché et d'yeux verts, et Caleb alluma une deuxième cigarette au bout de celle qu'il avait déjà achevée. La tête lui tournait. Ce n'était pas normal, non, pas normal que ce grand dadais plein d'amour le trouble à ce point. Comme il n'était pas normal que Seel lui fasse peur avec une telle facilité. Ces deux êtres paraissaient aussi opposés que possible, et pourtant l'hume était certain de leur avoir trouvé un point commun: leurs mots faisaient mal. Parce qu'ils étaient plus que de simples sons, qu'ils heurtaient quelque chose de profond, très profond dans sa perception des choses. Caleb connaissait déjà la douleur révulsée que Seel pouvait déclencher. A présent il découvrait l'infinie tendresse de cet ange, et pour lui, triste paradoxe, elle était nettement plus difficile à encaisser que la méchanceté du prétendu démon.

La créature continuait sereinement son discours, et le Techie se sentait une envie de plus en plus violente de le frapper au visage, pas tant pour lui faire du mal que pour qu'il arrête ses conneries, ses prédications sans sens, et surtout cette insupportable, inébranlable compassion... "Le Seigneur n'est qu'amour"? Non, c'était du délire. Caleb ne voulait pas y croire, il ne pouvait pas y croire. Pas après tout ce qu'il avait vécu, tout ce qu'il avait vu - car si la vie du trafiquant d'armes s'était avérée particulièrement lamentable, il savait qu'il y avait encore pire. Et maintenant, on lui demandait de croire que tout ceci était le fait de quelqu'un qui l'aimait? Qui les aimait tous?...

"Nier..."

Caleb se mit à rire, un rire laid, une antithèse de joie.

"Dis-moi, ton histoire d'Enfer là, ça concerne bien ce qu'il se passe après la mort? Alors je vais te raconter quelque chose."

Le Techie se leva pour approcher de l'ange, et soudain il lui parut inconvenant que ces grandes ailes blanches traînent dans la poussière. Sans chercher à justifier cette sensation, Caleb s'accroupit et attrapa l'étranger par l'épaule:

"Allez assieds-toi, tu ne vas pas rester vautré par terre éternellement."

Il l'incita à obéir d'une traction guère amicale et attendit que la créature s'exécute, en s'étonnant à nouveau de l'incroyable maladresse qui alourdissait chacun des gestes de l'ange. Caleb n'avait pas envie de l'aider, pas après la question si douloureuse qu'on venait de lui envoyer en pleine face. Mais comme il tenait absolument à regarder ce type en face tout en parlant, il le fit quand même.

"C'est bon, tu y es?"

Le Techie inspira une longue bouffé de tabac qu'il rejeta par les narines. Un instant encore, il dévisagea l'envoyé céleste d'un air critique. Puis il se mit à parler.

"Tu parles d'Enfer, tu me dis que c'est horrible, inimaginable. Mais est-ce que tu y es déjà allé? Pour ça, il faut mourir, n'est-ce pas? Tu es déjà mort?"

Caleb se releva. Son visage n'exprimait absolument rien.

"Moi oui."

Il détourna le regard le temps de repérer le petite escalier et de s'y rasseoir. L'ange était toujours à portée de son bras, et ses prunelles noisettes plongeaient directement dans l'agréable trouble de celles de ce terrifiant candide.

"Quelqu'un a essayé de m'assassiner, il y a quelques années, et il a presque réussi. Mon garde-du-corps m'a sauvé de justesse, mais ça n'a pas empêché mon coeur de s'arrêter pendant près d'une minute. J'ignore si c'est pendant cet instant que j'ai vu ce que j'ai vu, ou si c'est un cauchemar que j'ai fait par la suite. Mais je suis certain d'une chose: peut-être qu'il y en a qui voient de la lumière au bout d'un tunnel, avec leurs proches défunts qui leur disent de faire demi-tour. Je veux bien. Mais moi, j'ai rien vu. Rien du tout."

Il marqua une pause, avant d'ajouter à contrecoeur:

"Non, je m'exprime mal. Parce que ce rien du tout, c'était quelque chose, en fait, tu saisis? C'était... du rien. Du noir. Un noir vide, froid, un univers entier de néant, sans diable, sans pécheurs, sans rien. Et j'étais seul là-dedans, complètement seul. J'ai appelé, j'ai hurlé. Il n'y avait même pas d'écho pour me répondre."

Il porta vivement sa Minotaurus à sa bouche, et constata sans surprise que ses doigts frissonnaient.

"Mais le pire dans tout cela, c'est que quand je me suis réveillé à l'hôpital, j'étais vraiment tout seul. Ce n'était plus un cauchemar, ce n'était plus une question d'inconscient, de truc mystique ou je ne sais quoi. C'était la réalité, ma réalité à moi, et ça se résumait à un type mort de trouille et paralysé de douleur dans un lit d'hosto avec une chaise vide à côté de lui. Je suis resté un mois dans cette chambre. Personne ne s'est jamais assis sur cette chaise."

Il fixait l'ange comme Seel devait fixer ses victimes avant de leur arracher leur âme.

"Tu comprends ce que j'essaie de te dire? Je suis mort cette fois-là, et j'aurais pu le rester, ça n'aurait rien changé. Rien. Tu pourrais me sauter à la gorge là, maintenant, et m'étrangler jusqu'à ce que j'en crève, ce serait pareil. Si je claquais aujourd'hui, tout le monde s'en foutrait. Je ne vois que mon animal de compagnie pour me regretter. Je ne sais même pas si quelqu'un s'occuperait de mon enterrement. Et je ne vois pas qui pourrait remplir les chaises vides à côté du cercueil. Alors je ne sais peut-être pas ce qu'est l'Enfer, mais je pense que j'en ai une vague idée, tu vois..."

Il contempla un instant son interlocuteur, avant d'ajouter d'une voix étonnamment plus gentille:

"Si ton Père t'aime autant que tous les autres, pourquoi est-ce qu'il t'envoie dans un monde où ce genre de chose peut arriver? Et pourquoi est-ce que tu acceptes? Tu ne serais pas plus heureux chez toi, sans mission, sans des situations pathétiques dans ce genre? Sans Seel?..."

Caleb ne croyait toujours pas qu'il parlait à un ange, même s'il était troublé par ce regard, ce double pouvoir... En revanche, il savait qu'il avait affaire à quelqu'un de naïf et sincère, assez sincère pour l'émouvoir lui, l'indic sans coeur ni parti. C'était injuste. Un tel être aurait dû vivre dans sa famille, aimé, protégé. Il n'aurait pas dû se trouver dans la réserve d'un bar de Secaria, le menton en sang, en train d'écouter la pathétique confession d'un trafiquant d'armes qui n'avait pas encore réalisé que c'était la première fois de sa vie d'adulte qu'il confiait quelque chose de si important à son sujet.

Et soudain, Caleb sut ce qu'il oubliait depuis le début.

"Dis-moi, tu as un nom?"
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Zack

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MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   21.03.09 1:19

Il aurait dû pleurer. Frissonner.
Tout, n'importe quoi, mais au moins faire quelque chose! Secoues-toi bon sang de Dieu!
Mais non...

Repliant ses jambes, posant son front contre ses genoux avant de ramener ses ailes autour de lui, l'ange ferma les yeux... et ses douces mains, encore couvertes de ce sang angélique, se portèrent à son crâne.


"Je suis désolé..."

Toute cette histoire était le reflet de son incompétence, une claque magistrale replaçant le céleste envoyé face à la douloureuse réalité. Combien de chaises vides? Combien d'histoires similaires, peut-être pires encore...? Et surtout...

Il ne comprenait pas.
Pourquoi?
Pourquoi l'as-tu abandonné, Seigneur? Pourquoi?!!!
Nul ne mérite de crier dans les ténèbres sans aucun secours. Si seulement il avait vu un reflet de Paradis, peut-être sa solitude ici-bas lui eût-elle semblé moins douloureuse mais non... Enfer et Ciel gardent bien jalousement leurs secrets pour qui n'est point vraiment mort.

Ouvre les yeux Zack. Regarde la vérité en face si tu veux l'affronter... si tu veux la changer.


"Je m'appelle Zack. Je ne suis pas mort puisque je n'ai jamais été vivant, du moins pas comme vous l'entendez. Je ne vous connais pas, vous autres humes, car une chose m'en empêche..."
Il lui DEVAIT la vérité. C'était la moindre des choses...
"Je ne sens pas. Vous pourriez aussi bien me caresser que me tuer que je ne sentirais rien..."
Ce n'était pas l'exacte réalité... Il manquait un détail.
"A vrai dire..."

Une main semble passer devant sa prunelle, happer la flamme vacillante de son regard pers...
Courage cher ange, cela aussi fait partie de cette réalité que tu dois épouser... que tu dois affronter.


"Il m'a déjà été donné de ressentir."

Un temps de silence, car il est des aubes qui méritent un sanctuaire patient et révérencieux pour accueillir la venue des rayons bienfaiteurs...

"Nombreux sont les obstacles que dresse le Malin pour nous pousser à abandonner. Si seulement vous saviez... Mais non!"
Effroi
"Il ne faut surtout pas savoir... vous méritez paix et bonheur, et je suis là pour vous les apporter."

Oui...
Moi.
Moi le piteux pantin de Dieu aux allures de bouffon mal dégrossi, le joker pas même foutu de sourire dans cette farce piteuse... Moi qui ne sait pas marcher, embrasser, consoler...
Moi l'oiseau déjà à terre auquel l'on continue de jeter des pierres.


"Une fois, une seule..."

Il lève la tête vers ces cieux qu'il regrette tant...
Et ce sont les cieux tout entier qui, happés par la séraphique pupille, s'invitent en miroir dans ceux de son frère.


"Il lui a suffit d'un regard si vert pour me rendre égal une feuille frémissante face à l'orage."

Son regard à lui est clair comme un ciel découvert. Et pourtant il ne peut s'empêcher de songer avec nostalgie au temps où il ne connaissait rien de tout ceci...

A quoi bon?
Que vaut la pureté d'un être qui n'a jamais vécu?

Zack a commencé à vivre. D'une des manières les plus difficiles qu'il soit mais.. malgré les épreuves il fixe l'horizon. Si sa bouche ne sait pas sourire, son oeil lui illumine et éblouit... cet orbe telle une boule de cristal pour montrer aux malheureux "voyez, il y a toujours l'éther quelque part, même au-dessus la brume qui envahit ces rues qui vous sont familières, au-dessus les nuages menaçants..."

Il avait eu le bonheur d'y goûter. A son tour à présent de donner une parcelle de paradis à ceux qui flanchaient... avaient flanché mais regrettaient sincèrement... à tous ceux qui en avaient besoin. Même à lui, le démon qui souffrait tant... parce qu'il était incapable de le haïr, malgré l'éternel tremblement qui ne demandait qu'à naître dans sa colonne au simple souvenir de ces prunelles embrasées.

Vert.
Vert n'évoquait en lui que nature, printemps, lagons et frondaisons...
Au contact des hommes il avait appris que vert signifiait également absinthe, folie, poison...
Tant pis. La nature sait se rappeler à ses enfants lorsque ceux-ci oublient par trop ses bienfaits et la bafouent sans vergogne. Sa main d'une caresse les guiderait vers ces paysages délaissés... et s'ils ne voulaient pas il pleurerait. Il pleurerait car un de ces séraphins terribles viendrait pour accomplir la sentence vengeresse.

Pitié, Père, permettez-moi de les sauver...
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- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Quand Enfer et Ciel se rencontrent...   09.07.09 20:18

[pardon, c'est pas terrible, mais c'était histoire de conclure]


La main de Caleb s'égara dans ses cheveux, avant de rester posée sur sa nuque d'un air embarrassé. Il observait l'ange recroquevillé sur lui-même, avec un curieux mélange de consternation et de honte.

"Ne sois pas désolé, ce n'est pas ta faute. J'aurais jamais dû te raconter ça."

Non, jamais: qu'avait-il cherché à faire en se lamentant de la sorte? Tout ce qu'il avait obtenu, c'était des larmes supplémentaires au fond de ces yeux trop lumineux. Il ne voulait pas faire de mal à Zack, enfin pas vraiment. Juste le faire taire. Peut-être le ramener à la réalité, un petit peu. Mais surtout le faire taire.

"Allez, arrête... Regarde-moi. Zack? Regarde-moi. Je vais bien, d'accord? Je m'en sors."

Un silence. Oui, il s'en sortait. Sans doute plutôt bien, vu les pauvres cartes que le destin lui avait distribuées au début de la partie. Mais il doutait de parvenir à "la paix et au bonheur" que voulait tant lui apporter ce pauvre...

Idiot? Naïf?

Ange?...

Caleb se pencha en avant pour poser une main sur l'épaule de Zack. Est-ce que c'était vrai, qu'il ne ressentait rien? Vu la nonchalance dont il avait fait preuve pour soigner son menton en sang, c'était possible. Peut-être une conséquence de son pouvoir d'auto-régénération, le revers de la médaille en quelque sorte. Ne rien sentir... Si c'était bien le cas, Caleb ne l'enviait pas.

"Seel te fait peur, n'est-ce pas? C'est normal. Il fait peur à tout le monde."

Le trafiquant cherchait autre chose à dire, un conseil à donner, un maladroit moyen de rassurer. Il n'eut jamais le temps de trouver: il y eut un grand bruit dans son dos et la porte de la réserve s'ouvrit avec fracas. Sous l'effet d'une décharge d'adrénaline propre aux paranoïaques, Caleb bondit sur ses pieds à une vitesse stupéfiante et dégaina presque instantanément, non sans se maudire pour s'être assis dos à l'entrée. Mais sur le seuil, point de SDP à dégommer. Seulement une femme, tout ce qu'il y avait de plus hume (quoique...), reconnaissable entre mille au regard inflexible qu'elle dardait sous le rebord de son Borzalino.

Caleb baissa son arme avec un soupir agacé.

"Qu'est-ce que vous foutez-là, merde?! J'aurais pu vous descendre!"

"Il voulait me voir."

Le Techie tourna la tête vers Zack, interloqué. Mais l'expression de l'ange ne laissait aucun doute sur la vérité de l'affirmation de Calliope: oh oui, cet étrange garçon voulait la voir, de tout son coeur. Le trafiquant fronça les sourcils, hésitant à rengainer.

"Pas de sang dans mon bar, compris? Si vous voulez vous battre, faites-le dehors."

Et intérieurement, il ajouta que si Calliope envisageait de faire du mal à Zack, elle risquait fort de glisser sur une petite peau de banane avant d'atteindre la rue. Oh rien de bien méchant, on ne tue pas Calliope Skouros comme ça. Mais assez pour permettre à l'emplumé de déguerpir. Au moins ce soir-là. Caleb, qui pourtant n'avait guère le sens du devoir, s'y sentait obligé.

"Bon, je vous laisse alors... Zack?"

Hésitation: pourquoi avait-il envie de le remercier?...

"Bon courage. Tu peux garder le mouchoir."

Puis il détourna la tête, gravit la volée de marches et laissa Calliope refermer la porte derrière-elle.
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