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 La théorie du plus fort

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- Les sensations pures... -

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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: La théorie du plus fort   14.12.08 13:49

S’il avait été un murmure, un son, ou n’importe quel mot qu’on susurre à l’oreille comme une âme-en-peine, alors peut-être, peut-être, l’illusion qui l’entourait et transformait ses traits aurait été parfaite.
Mais le silence était complet à cet étage peu visité, et aucun bruit de respiration ne semblait vouloir le briser. C’était comme si, pour quelques temps, quelques minutes insurmontables, le monde s’était arrêté, ne laissant derrière ses pas que les cadavres moqueurs ou moqués des spécimens exposés dans… « l’Aquarium de l’Evolution. » Et n’a-t-on pas dit que seul les plus forts survivent ?....quelle belle théorie, enchanteresse, qui n’avait certainement pas prévu l’arrivée d’extra-tyrrestres et la survie des morts dans ce joli monde débauché et dépravé.

A travers la vitre de l’aquarium, la vampire se fixait, dévorant de ses yeux blancs son image fausse et dérisoire, superposée aux monstres et aux bêtes splendides et horribles qui venaient d’Adhénor, tant de reflets déformés d’êtres inutiles qui se répercutaient le long des vitres de verre.
Derrière son dos s’étendait une rangée de bêtes empaillées, de squelettes grinçants, et ci et là elle croyait reconnaître un être qu’elle avait pu autrefois croiser lors de ses voyages. Et là, n’était-ce pas ce lézard coloré qui l’avait agressé sur tel continent ? Et là….il en restait des cendres, des os, et l’Aquarium entassait assez de cadavres et de carcasses pour empiler sur des kilomètres de moelle épinière toutes les espèces que pouvaient contenir ce drôle de monde.

Quel merdier, songea Talula en observant les mouvements saccadés de la bête épuisée et étrange qui s’agitait derrière le verre qu’elle fixait depuis une vingtaine de minutes.
La mécène n’aurait su dire de quoi il s’agissait exactement. Elle leva sa main gantée de beige au niveau de son visage et frappa contre la vitre.
Le bruit capta l’attention de la bête qui sembla remuer encore un peu plus dans son sommeil. Si tant est qu’elle dormait. C’était vraiment une créature bizarre, laide, moche, un de ces trucs qui ne servait à rien, à part à être bouffé par d’autres bestioles plus gracieuses. C’était gras, poilu, très certainement puant, et ça avait des petits yeux apeurés et effrayés, sous ses orbites marquées et enfoncées.

La bestiole ramassée sur elle-même avait certainement passé toute sa vie dans cette cage, et pourtant elle ne devait pas s’y habituer, à en juger par ses soubresauts de peur lorsqu’on s’approchait trop près de la vitre. De plus, depuis le temps que la vampire s’amusait à étudier la laideur de la bête, elle avait remarqué que le moindre sifflement la faisait reculer au loin et se tasser derrière une décoration. Qui sait, peut-être que l’animal n’était qu’un enfant, et qu’il guettait sa mère. Quel dommage, ses seuls voisins étaient assez féroces pour l’éventrer s’il cherchait refuge au mauvais endroit.

Cela allait faire dix ans qu’elle était installée à Sécaria.
Dix ans.
Les temps avaient indéniablement changés. Personne ne s’intéressait plus à la boule de poile moche et pleine de furoncle et de bosses de l’étage 13. A la limite, on passait par là parce que certains exosquelettes et crânes grimaçants affichaient une asymétrie amusante. Mais l’étage semblait uniquement réservé aux ratés de leur espèce, présentant des animaux mal formés, ridicules parfois, pitoyables toujours. Il y avait même une sorte d’herbivore massif dont les épaules mal positionnés avaient dû sortir de sa chair, car son squelette était tout affaissé et sa colonne vertébrale était en pièces .
Derrière les verres, c’étaient des monstres plus que des animaux. Tous souffraient de maladie, de déformation, de soucis, qui les empêchait de vivre en groupe et qui aurait signé leur perte dans le monde naturel.
C’était particulièrement abominable et par conséquent Talula se sentait irrésistiblement attiré par la déchéance de ces espèces mal connues, mal aimées, maltraitées, parfois dangereuses, parfois totalement inutiles, à s’en demander pourquoi elles existaient.

Elle tapa encore un coup contre la vite. Cette fois, la bête ne réagit pas. La belle de nuit aurait volontiers poussé un soupir, mais il n’était plus de son état de morte-vivante d’agir ainsi. A quoi servait de torturer psychologiquement une bestiole paranoïaque si cette dernière ne daignait pas reculer ?
Retournant à ses réflexions, la grande dame, vêtue pompeusement de toiles beige et orangées, ne pouvait guère que se demander ce qu’elle-même deviendrait sous peu. Les évènements se précipitaient à Sécaria, et l’arrivée massive d’extra-tyrestres avaient attiré trop de balayeurs pour son bien ; sans parler du comportement tout simplement infâme et insupportable du Maire, de la recrudescence de drogués et de la Nouvelle-Eglise qui avait poussé là comme un furoncle. Qu’ils s’entre-tuent donc ! ça ferait une belle guerre civile, à la limite. Elle n’avait aucun parti à prendre.

Elle devait néanmoins d’ores et déjà se préparer une porte de sortie et mettre en place un plan qui lui permettrait de se tirer de cette ville sur deux jambes, fortune en main, avant que celle-ci s’effondre et qu’elle l’entraîne sous ses décombres. Talula ne manquerait pas l’apogée tragique que connaîtrait certainement la ville sous peu, mais elle ne comptait pas faire partie des victimes et des chers disparus.
Le problème étant évidemment que, pour mettre en place un plan de réelle envergure qui lui permettrait d’assurer plus que sa propre survie, elle aurait besoin de moyens et pire encore, d’entrer en marché avec des Razhals ou Mancuso. Et là, ça posait un véritable bémol. Pour commencer, Talula ne demandait jamais de l’aide à personne. Mais de plus, elle détestait perdre son temps à discuter avec des inconnus maniérés et/ou accros à la pomme de terre.

En attendant ce moment grandiose, elle pouvait toujours continuer à taper sur la vite, dans l’espoir que l’animal finirait enfin par réagir, par s’éloigner, se terrer quelque part, ou juste crever. Il fallait bien que quelqu’un l’achève de toute façon.

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MessageSujet: Re: La théorie du plus fort   16.12.08 21:04

Ryleh, si froid, si fort. Oh, non, il n’avait rien d’un ange ce versatilis, un rêveur aux mains sales, souillées par le sang de ses nombreuses victimes. Mais toutes ces vies qu’il avait prises, point par sadisme mais plutôt à dessein, nourrissait-il des regrets à leur encontre ? Non, encore une fois, non. Il n’en avait point le droit, lui qui comme tout membre de sa race, se devait d’être ainsi, sans scrupules et indifférent au sort des autres.
Bien des années au part avant, il s’était juré de tenir parole, d’accomplir jusqu’au bout une promesse qu’il avait faite, innocemment alors, sans se douter de tout ce que cela impliquerait par la suite, pour lui, mais également pour son entourage. Fallait-il être stupide ou alors intelligent ? Etait il brave ou alors complètement fourbe, trop sentimental ou bien sans cœur ? De nouveau, toutes ces questions, il ne s’embarrassait point à se les poser : perte de temps. Il se contentait de vivre selon son propre code, gardant son véritable objectif quelque part au fond de lui, bien en vue.

Des questions métaphysique, il s’en posait et s’en reposerait probablement longtemps encore. Depuis peu, son univers avait été chamboulé par cette nouvelle : l’existence des anges et des démons. Ces êtres existaient-ils depuis l’aube des temps ou pire encore, en dehors du temps? Et quelle dimension habitaient-ils ? Toutes, aucune ? De par les mondes et divers plans que Ryleh avait traversés, à chaque fois il avait perçu des échos relatifs à cela sans vraiment y accorder de crédit. Mais à présent, les choses étaient différente, on l’avait placé devant le fait accompli. Et de plus en plus il se disait qu’à l’avenir, quoi qu’il fasse, il n’existerait en définitive aucune échappatoire, aucune planche de salut. Belle farce. A quoi bon sauver sa vie, s’efforcer d’entrer dans le moule, si en définitive on en arrivait à cela ?

A Sécaria, le prince n’existait plus, ne restait que l’espion au service du Pacte. Ces derniers temps, Le dormant n’avait pas chaumé et l’on pouvait dire qu’il entretenait d’assez bons rapports avec cette organisation secrète à laquelle il prêtait ses services, moyennant échanges, bien entendu. Pourtant, quelque chose clochait dans ce tableau, sans qu’il ne parvienne à comprendre quoi. Son vague à l’âme récurent aurait du s’intensifier, de par la fatigue qu’il éprouvait en ce moment mais également suite au pavé dans la mare que fut la découverte de l’existence de cette notion de rétribution après la mort. Et pourtant, il était là, fidèle à lui-même, mono-expressif, à la fois discret et charismatique. Rien de surprenant sans doute lorsque l’on était né avec ce don/cette malédiction, de savoir intérioriser à l’extrême n’importe lequel de ses sentiments ou chacune de ses émotions.


Le Grand Aquarium de l’Evolution. Que faisait-il là au juste, était-il en mission ? Non, pas le moins du monde, au contraire. La raison de sa présence en ces lieux se résumait en quelques lettres : Talula. Il s’était déplacé pour elle, parce qu’il voulait la revoir et qu’il savait qu’elle y serait présente. Et comment donc ? Pour connaître les habitudes de quelqu’un il y avait deux solutions, soit par accès direct en entrant dans ses rêves, soit par des moyens détournés, en piratant la tête d’un ou plusieurs membres de son entourage par exemple, amis, parents, connaissances, etc. En l’occurrence, Ryleh avait opté pour la seconde méthode. Il avait besoin de se changer les idées mais trop en savoir sur la maquerelle aurait surement gâché en grande partie toute la curiosité qu’il éprouvait à son encontre. Et il voulait la découvrir, probablement dans tous les sens du terme d’ailleurs, allez savoir, lui-même l’ignorait encore.

Vêtu comme à son habitude de manière simple, pantalon marron foncé, chemise blanche, manteau/écharpe et bonnet noir, le versatilis grimé en hume (cela allait de soi), observait dans l’ombre, immobile, la grande femme qui frappait contre la vitre.
Il était arrivé bien avant elle, s’était installé dans un coin sombre, donnant du dos à un aquarium géant, puis s’était mit en tête de l’attendre, sans espérer grand-chose…et pourtant, elle était venue. Etrange créature. Qu’avait-elle de si particulier ? Etait-ce son regard qui se voulait terrifiant ou alors ce corps disproportionné doublé d’une allure nonchalante ? Mais les apparences ne valaient rien sans profondeur, même chez l’un de ces inférieurs humes, donc il devait y avoir autre chose et cela Ryleh le pensait sincèrement : elle était différente. Son instinct (expérience de la vie, appelez cela comme vous le voudrez), n’aurait su le tromper.

Et que faisait la maquerelle en ce moment ? Elle frappait contre une vitre au treizième étage du Grand Aquarium. Pourquoi cet étage à particulier, à quoi rimait ce manège? Torturer de misérables créatures affaiblies, voilà un comportement auquel il était familier, pour l’avoir observé maintes et maintes fois perpétré par ses congénères à la peau grise. Les versatilis torturaient des huménoïdes tandis que les humes torturaient d’autres créatures qu’ils jugeaient inférieures ? …Rien de nouveau sous ce soleil.

Talula la manipulatrice, Talula la bienfaitrice, Talula la maquerelle, Talula la sadique. Décidément, quelque chose clochait, quelle énigme…belle énigme ? La trouvait-il jolie ? La trouvait-il attirante ? Pourquoi était-il là ? D’un pas altier, il se rapprochait tendis qu’il s’interrogeait sur la véritable raison de sa venue. Lorsqu’il arriva à son coté, il s’immobilisa pour mieux la regarder faire, sachant qu’elle l’aurait très probablement entendu se rapprocher dans sa direction.

-Vous. Cessez cela immédiatement.

Vu le silence ambiant, sa voix raisonna dans toute la sale même s’il n’avait pas daigné hausser le ton. De toute manière, le message était très clair car malgré son visage aux traits figés, une pointe de courroux illuminait les prunelles sombres du versatilis.
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MessageSujet: Re: La théorie du plus fort   18.12.08 19:55

Si elle avait su.
Il y avait, bien sûr, des tas de choses qu’elle aurait aimé savoir. Son ignorance et sa vie misérable en tant qu’humaine ne lui avait pas permis de développer assez d’intelligence pour aimer réfléchir de son vivant.
Le temps s’en était chargé, et lui avait légué de longues heures vides et creuses, des secondes infimes en pagaille. Pense, et sois ; et sans jeux de mots, elle pensait bien trop souvent à soi pour penser à d’autres.
Le savoir lui avait été légué sur un plateau d’argent, ses pages avaient craqués devant ses yeux ; qu’il eût été bon de voir ce même plateau revenir aujourd’hui, et lui indiquer ce qu’elle pourrait dire pour garder contenance !

Derrière Talula, Alexandrine avait un mouvement de recul des plus banals ; Alexandrine n’étant rien d’autre qu’une âme et qu’un souvenir d’humanité, Talula maintient fermement sa position et sa stabilité, se laissant aller à quelques secondes de réflexion. Si elle avait du sang à dépenser inutilement, il n’aurait fait qu’un tour.
Et le doux mélange du mécontentement se répandait déjà dans ses veines – depuis le temps qu’elle le savourait, elle le trouvait toujours aussi amer et désagréable, mais c’était comme une drogue…
Quel hume, quel repas, quel container dangereux la piquait de la sorte ? Oh non, la fière maquerelle n’aimait pas du tout ça ! Elle avait élevé son rang à celui de reine ; elle avait fait de sa maison une cour, et de son corps un joyau, mal taillé certes, mais dont les éclairs de peau fauve avaient détrôné le précédent maître des lieux.
Elle avait de ce monde le sien, et de sa verve sa puissance – la vampire avait bâti la vie comme un chef d’orchestre et mêler le plaisir au travail, ignorant les limites, abaissant les obstacles.

Tant de pouvoir était contenu dans sa main étriquée – quel repas potentiel oserait lui demander de déplacer cette petite partie d’elle-même ailleurs que sur cette vitre clinquante ? Elle y frappait si elle voulait !



« Vous. Cessez cela immédiatement. »


C’est avec un effort suprême que la dame enfouit ses sentiments tumultueux et primaires, indignes de sa personne hautaine et forte, au plus profond de ses tripes. Il n’était pas question que, par pure mégarde émotionnelle, elle laisse la « magie » remonter en elle ; et moins encore que, par pure accident théâtral, elle affiche une quelconque émotion sur son visage exotique et puissant.
Elle savait bien ne pas gouverner le monde et par conséquent ce genre de situation embarrassante pouvait arriver. Autant y faire face avec dignité et calme, du moins, tant qu’elle n’était pas en public et plongée au milieu d’une foule chez qui elle devait gardé une certaine réputation. Plus elle pourrait effrayer ceux qu’elle pouvait effrayer, et mieux ça serait.

De son habituelle lenteur, elle laissa glisser la paume de sa main le long de la vitre, la ramenant à sa hanche où elle avait posée dans un fragile équilibre son ombrelle orangée. Dans le même temps, elle pivota légèrement, comptant d’ores et déjà écraser l’hume, un homme de surcroit – et qu’est-ce qu’elle détestait cette espèce masculine et primitive ! - du poids de son regard.


« Ah. »
lâcha-t-elle du bout des lèvres carmines.
Si elle ne se trompait pas, elle avait déjà vu cet homme quelque part. En fait, il n’y avait même aucun doute.
Port altier, visage élégant, aura charismatique, air pompeux, ton royal, et cette étrange sensation que quelque chose n’allait pas ; quelque chose d’attirant, de dangereux, comme un éternel défi.
Elle ne croyait pas se rappeler de son nom, mais elle se rappelait en effet de ce visage. Autant en profiter : qu’il était rare qu’elle se souvienne des inconnus qu’il lui arrivait de croiser !.....


« Eh bien, eh bien….je commencerai certainement cette phrase par « bonsoir » - comme tout être disposant de manières à peu près agréables - ; et je la finirai certainement par « votre avis ne m’intéresse guère, si ce n’est pas du tout » - comme tout être potentiellement agacé. Mais auparavant, vous voyez ma curiosité attisée par votre étrange impératif, …, en quoi mon envie de frapper cette vitre vous dérange-t-elle ? Après tout, ce n’est ni vous, ni Zack, qui sont concernés par mes lubies. » déclara-t-elle posément, défiant l’hume de rester plus longtemps de son aura fluctuante.
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MessageSujet: Re: La théorie du plus fort   19.12.08 1:12

Lentement, la maquerelle se détourna de la vitre pour mieux lui faire face. Attentif, il observa le moindre de ses gestes, lui, l’autre prédateur, l’autre énigme. Sur son visage, il rechercha la moindre inflexion, la moindre émotion ou signe de faiblesse mais il ne vit rien : rien d’alarmant, rien d’alarmé. Etrange pour une simple hume, oui, mais depuis le début, venir en ce lieu puis frapper sur cette vitre avait déjà de quoi surprendre donc on n’en était même plus là. Déclencheur ? Cette idée lui traversa l’esprit brusquement : l’espace d’un instant il se demanda si au final, il n’existait pas une chance pour que Talula puisse appartenir aux membres de sa propre race. Pourquoi pas au fond ? Les versatilis pratiquaient bien la magie, toutes sortes de magie, alors pourquoi pas quelques sortilèges s’apparentant à la métamorphose ou quoi d’autre encore ? Cela aurait été le déguisement rêvé, le genre de chose dont l’ex-prince aurait bien besoin au quotidien tant l’utilisation répétée de maquillage l’irritait au plus haut point. Mais non, non voyons. Une maquerelle bien installée, depuis le temps, cela aurait fait tache. Son comportement n’était pas suffisamment cruel, pas suffisamment sadique pour qu’elle soit l’une des leurs, du moins, statistiquement parlant, une telle probabilité s’avérait minime.

Elle se souvenait de lui ? Evidemment, quelle question. Hautain comme pas deux, Ryleh aurait probablement été vexé dans le cas contraire, vous vous imaginez le tableau, lui se déplaçant spécialement pour la revoir et elle, une inférieure, ne se souvenant même pas de lui ? Impensable, inimaginable.
Debout juste en face d’elle, il la toisait de son regard morne, patient à l’extrême, immobile et gracieux, comme taillé dans le marbre. Il s’attendait à ce qu’elle s’emporte, ou quelque chose s’en rapprochant, pourtant son apparence apaisante vous aurait plutôt fait jurer le contraire. Talula et lui mesuraient pratiquement la même taille, plus que jamais, cela sautait aux yeux. D’ailleurs, puisqu’il en était question, justement le blond au verbe provocateur plongeait ses prunelles dans les orbites inquiétantes de la dame de ses pensées. Seul partie de son être qui semblait réellement dotée de vie : son regard, miroir de l’âme, déroutant, captivant, hypnotique. Mais l’idée n’était pas de jouer au charmeur de serpent, non, c’était simplement sa façon d’être, et s’il observait l’hume supposée, ce n’était que le pur fruit de sa curiosité ou résultat de l’intérêt qu’il lui portait à ce moment précis : elle venait de prendre la parole. Point de colère, point de révolte, en apparence tout du moins mais le fond y était. Par contre une chose avait de quoi surprendre, elle mentionnait l’ange, Zack, dans son discours…Etrange.



-Bonsoir. Lui répondit-il comme s’il s’était agit d’une évidence. Toute trace de colère s’était envolée depuis longtemps, ne restait que son flegme habituel. Un bref silence plus tard, pause marquée, il enchaîna sur le même ton monocorde :

-Voyons, une simple phrase, à peine quelques mots. Nul doute qu’il en faudrait mieux pour vous agacer…Ce petit jeu vous divertissait donc à ce point ?

Depuis toujours, il savait que pour tout être il existait une limite, une barrière à ne pas franchir. Cette fois-ci, jusqu’où pourrait-il aller ?

- Quand à savoir si cette lubie me pose problème : vous en doutez ? Pourtant, à l’évidence, je dois avoir un faible pour les créatures les plus hideuses et pathétiques de Sécaria, sans cela pourquoi vous interrompre ?

Nouvelle pause, il ne la quittait pas de ses grands yeux fatigués. Immobile en apparence mais sur ses gardes intérieurement (allez savoir pourquoi), il sembla hésiter l’espace d’un court instant, parler ou ne pas parler ? Comme tiraillé entre deux idées. Finalement, l’une des deux l’emporta et il ajouta presque aussitôt :

-Mais éclairez donc ma lanterne en retour, expliquez moi pourquoi vous frappiez contre cette vitre, je serais curieux de l’entendre.
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MessageSujet: Re: La théorie du plus fort   22.12.08 19:15


L’ire qu’elle aurait pourtant cru apercevoir dans les yeux de l’hume s’était évaporé, remplacée par un flegme placide et irritant.
Quelle étrange fluctuation ! Cela la désemparait presque ; il était bien plus facile de gérer les humes plus nerveux, moins tranquilles, et surtout moins curieux. De plus, la peau veloutée de l’homme était étrangement mis en valeur par ses longs cheveux lumineux, et c’était un effort suprême que de n’y imprimer aucune marque, aucun dégât, aucune morsure. De sa hauteur et de son point de vue, la maquerelle n’avait nulle difficulté à discerner chaque trait du visage de l’hume qui lui tenait fièrement tête. Elle n’avait aucun mal à soutenir cet examen attentif qui l’indifférait totalement mais elle devait s’avouer être un peu déçue de ne distinguer aucune trace de gêne ou de retrait dans l’expression flegmatique de son voisin.
Peut-être, peut-être qu’en quittant Sécaria elle changerait d’apparence ; en considérant les choses, le physique discret et pourtant élégant de l’individu lui conviendrait tout à fait pour un nouveau déguisement. Ceci lui permettrait sans doute de voyager sans obstacles et de quitter Secaria sans soucis, pendant un temps. Au besoin, elle n’aurait qu’à se débarrasser de l’hume originel, pour peu qu’il possède une quelconque réputation outre-mer.


A raison de quelques heures de travail supplémentaires quotidiennes, et d’une volonté plus affirmée et plus forte, elle était persuadée, de toute sa fierté, qu’elle n’aurait aucun souci à maîtrise un peu plus son potentiel Rough. Pour peu qu’elle cesse de l’avoir en horreur bien sûr.
Elle le laissa tranquillement parler, conservant son visage illisible et distant. Il était hors de question que, sous prétexte qu’elle ne l’ait pas encore raillé comme elle en avait l’habitude, un horripilant mâle se croit tout permis et s’avance à imaginer une quelconque once d’intérêt dans le micro-sourire qu’imprimait ses lèvres.

L’interrogation de son voisin intrigua Talula, qui laissa quelques instants passaient, à la recherche sans doute d’un mensonge satisfaisant quelconque, ou de n’importe quelle phrase qui permettrait de démontrer à l’outrecuidant à quel point il était impertinent.
Pourtant Talula avait presque envie de répondre sincèrement. Presque, insistons bien, car son ego démesuré et l’importance qu’elle s’accordait lui interdisait d’être intriguée par quelqu’un et de vouloir répondre à un…homme.
La nature humaine était tellement mal faite. Elle n’aimait pas les représentants de cette race primitive dont la nature tendait tout naturellement vers le mal et la bêtise.
Il lui arrivait d’accomplir des trésors de compréhension et de compassion.
Et certes, beaucoup avaient déjà profité de ce privilège, mais l’individu qui lui faisait face était trop étrange et insaisissable pour qu’elle le cerne.

Il était étrange que des humes puissent encore la surprendre, elle pensait pourtant que ses 60 ans de vie l’avaient plus que blasés ; mais elle concevait assez bien l’idée qu’elle n’avait erré que dans les mêmes milieux démunis et misérables, où traînaient les pires engeances qu’il lui avait été offert de voir, et où mourraient plus d’êtres vivants que naissaient d’enfants. Ce n’était pas comme si elle avait vraiment vécu autre chose que les « tours de trottoirs. »

Elle resserra placidement le châle abricot qui recouvrait ses épaules un brin trop larges, sans même ciller. De toute évidence, la vampire ne serait pas la première à détourner le regard – pour elle, c’était on ne peut plus facile.
Son ton de voix était plus vif et plus acide que son voisin, certainement, mais elle était bien plus posée et plus réfléchie que la dernière fois qu’elle lui avait adressé la parole.


« Je vous prierai de ne plus avoir aucun doute à l’avenir, monsieur….j’ai, en effet, le désagréable petit défaut de, comme vous le dites si élégamment, « m’agacer » très facilement, ce qui n’est certes guère gracieux ni digne d’une dame de ma condition, mais comme vous l’aurez déjà noté je n’ai pas grand-chose à faire des conventions. En l’occurrence quelques phrases peuvent facilement me porter sur les nerfs mais…. »
Elle se fendit d’un sourire dégoulinant d’hypocrisie « …mais vous pouvez certainement faire mieux, j’en suis profondément convaincue.. »

Comme tout ce qu’elle faisait, elle parlait lentement, détachant proprement les syllabes, avec une attention étrange. Talula fit une petite pause, comme pour… eh bien, reprendre son souffle. Lorsqu’elle reprit, ce fut d’un ton traînant, et plus malicieux – elle avait visiblement déjà prévu de piquer méticuleusement le calme de son interlocuteur :


« Ce jeu ne me divertissait en rien, cela fait dix ans que je le pratique et mon ennui est proportionnel au nombre d’heures passées ici.
Je commence même à ma demander si ce n’est plutôt la vitre qui demande à être frappée plutôt que mon poing qui veut frapper quelque chose. Ah, quel affreux dilemme, auquel je n’oserai entendre aucune réponse – vous savez
»
- la banalité de son ton montait passivement en crescendo - « vous savez, c’est un peu comme la vaisselle. Figurez-vous une assiette : Ronde. Plate. Dorée, avec de la chance.
Vient toujours le moment fatidique où il faut la laver
. »


Talula prenait son temps, se demandant certainement quel serait le moment où son interlocuteur finirait par tourner les talons, ou par montrer de nouveau une quelconque once émotive, de l’exaspération, ou que sais-je encore, bref, de la même façon qu’il semblait chercher à lui tenir tête, elle cherchait à le provoquer, guettant avec un amusement anticipée le moment où tout hume normal cesserait de la défier du regard. Et si pour cela elle devait se répandre en inepties verbales, c’était sans remords.

« Je me suis rendue compte à plusieurs reprises que la vaisselle possédait une force propre qui indiquait clairement qu’en aucun cas elle ne voulait être lavée par mes mains. Oh, je sais, cela peut paraître fou, voire complètement stupide – certainement aussi fou que la retrouvaille de deux êtres vivants à l’étage 13 en si peu de temps.»

Elle se serait certainement arrêtée là d’ordinaire, mais la curiosité l’emporta et dans un murmure plus grave et sérieux, à peine soufflé, elle s’aventura à demander :

« Chuuuuttt….ce que je dis n’a nul intérêt ; mais…vous. D’où venez-vous ? »



[Navrée pour l'attente, malheureusement involontaire :s ]
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MessageSujet: Re: La théorie du plus fort   01.01.09 19:17

Battement de cils, bouche légèrement entre-ouverte. Oh non, il n’en revenait pas. Décidément, cette hume n’avait rien de banal, ni dans son apparence ni dans sa mentalité. Imprévisible, complexe, rude en surface…
Immobile, il absorbait ses propos, les triait, les étiquetait puis les rangeait quelque part dans un coin de son cerveau. Se jouait-elle de lui ? L’espace d’un instant il se le demanda. Mais que se passait-il au juste ? Talula ne se vexait point ni ne s’emportait, au contraire : la surenchère, voilà ce qui se passait. Amusant. Surprenant...
Dérangeant. Oui oui, dérangeant. Quelque chose au fond de lui, quelque chose de lancinant, le rongeait depuis le début, comme lorsqu’elle frappait contre la vitre et que lui l’observait dans l’ombre : énigme. Altier, il s’avança auprès de la dame puis d’un geste félin, tout en rondeur, à son tour il frappa du revers de la main contre la vitre. Quel besoin de reproduire ce geste ? Comprendre, voilà tout. Mais comment aurait-il pu en saisir la quintessence, lui, si égoïste et mauvais ? Ces créatures malaimées, parquées en cet étage et que même les humes s’empressaient d’oublier, qu’auraient-elles bien pu représenter à ses yeux ? Un élément du décor, voilà tout…et c’était déjà beaucoup.
Frapper par sadisme alors ? Pour cela il aurait fallu éprouver un plaisir pervers en l’avilissement de ces pitoyables bêtes et non, de toute manière, Ryleh n’était point de ceux que l’on aurait pu ranger en cette catégorie. Comprendre donc ? Impossible pour lui. Cela renforçait le paradoxe, celui de Talula et du mystère qui l’entourait, parce qu’au fond de lui, il la sentait la réponse, "sa réponse", si proche, sans pour autant pouvoir la toucher.


- Une nouvelle fois, le souhait de cette vitre vient d’être exaucé. De plus, par déférence envers mes nobles mains, la vaisselle refuse catégoriquement que je la lave…

Perdu dans ses réflexions, il en avait oublié à quel point la dame se trouvait proche à présent. Fallait-il se méfier d’elle ? Evidement, sans doute mieux que quiconque, Talula savait mêler l’imprévisible à la roublardise. Mais il saurait l’arrêter si elle tentait quoi que ce fut à son encontre, du moins c’est ce qu’il faisait lorsqu’on l’y contraignait. Passif et cérébral, il n’en restait pas moins un homme, curieux de nature mais aussi occasionnellement joueur.

-…mais vos lèvres hésitent, je le sens. Peut-être qu’actuellement, leur plus cher désir serait de se poser sur les mienne?

Etait-ce une plaisanterie ? Sans doute, d’autant plus amusante que, comme à son habitude, Ryleh semblait stoïque et détaché. Il fixait de son regard limpide, sans maux et sans tourments, la maquerelle qu’il n’avait su comprendre, celle qui lui échappait, captivante énigme.

-Parfois nos habitudes nous trahissent. Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi depuis tout ce temps, vous reveniez sans cesse en ce lieu, frapper sur cette vitre ? Je pense le savoir…

Il marqua une pause, attentif au moindre geste, passif en apparence et pourtant si peu intérieurement. Les détails, il s’y attachait, de ses lèvres à son regard, enregistrait la moindre fluctuation comme on observe un tableau, une œuvre rare dont on voudrait percer les secrets.

-Je me souviens de vous, Talula, voilà pourquoi je vous ai adressé la parole. Point de coïncidence, je sais simplement qui vous êtes.
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- Les sensations pures... -

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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: La théorie du plus fort   11.01.09 13:53

« Eh bien, puisque tu m’observes tant et de si délicieusement près – qui que tu sois, quoi que tu sois – regarde-moi rire.
Regarde-moi rire. »


Et ses lèvres s’étirèrent en un sourire enjôleur et dément, un sourire qui n’aurait pas déplu au chat de Cheschire s’il avait existé.
Alors, comme ça, on pensait savoir qui elle était ? Ah ! Quelle présomption dangereuse ! C’était signer son arrêt de mort ; car en aucun cas la vampire ne tenait à être trahie et, comme une mère dont on arrache les enfants, elle ne serait que plus féroce si on tentait de laisser la nature reprendre ses droits sur son corps mort qui aurait dû être cendre.
C’étaient des paroles plus que dangereuses, terriblement extrêmes, et Talula les avait déjà imprimés dans son esprit comme une alerte. C’était comme si on venait de la réveiller d’un long sommeil ; sensation d’urgence, d’éveil, de…vivacité.

Elle doutait fortement qu’il soit un de ses confrères – à ce qu’elle sache, elle était pour l’instant la seule à jouer des illusions assez suffisamment pour se cacher elle-même.
Et s’il avait cherché à l’énerver il venait d’atteindre son but. La plaisanterie ne faisait pas du tout rire la mécène qui savait à quelle point elle n’était pas innocente.


« Je ne pense sincèrement pas que tu saches quoi que ce soit, jeune hume ; pour toi, je suis…une putain, une reine, une main de fer sous un gant de roses, comme je suis une amie à certains, comme je suis un tyran pour d’autres, comme je ne suis qu’un nom pour toute une ville.
Non, tu ne sais pas qui je suis, ou tu n’aurais jamais frappé cette vitre et je ne vois en aucun cas pourquoi tu serais venu jusqu’ici pour ma si humble personne. Je ne suis, au fond, pas un être assez intéressant pour mériter un tel...déplacement....»


Elle leva sa main dont elle ôta le gant avec ses dents blanches.
L’atmosphère était si délicieusement pesante. Talula était une statue d’acier, inflexible et immobile, à peine dérangée par les propos de son voisin, dont elle comptait faire….sa nouvelle possession.
Un tel aplomb, et de si beaux yeux – ça lui irait à ravir.


« Mais moi, je crèverai d’envie de connaître le nom et la nature de l’impertinent qui frappe ma vitre sans mon accord et qui me propose un baiser sans me le donner ; rien ne t’a appelé ici, rien ne t’y retient, et tu prétends que c’est moi qui t’ai attiré ici ?
Tu me parles de coïncidence et de savoir ; très bien, jouons dans ce cas-là, jouons.

Qu’es-tu prêt à faire pour me voler un secret et que penses-tu que je sois prête à faire pour te faire taire ? Ne crains-tu donc pas que je m’emporte, ne crains-tu donc pas le mystère évident que tu provoques et tente ? N’as-tu donc pas peur qu’au lieu de me figer j’accomplisse ton souhait ? Ou cherches-tu seulement à ce que je te remette à ta place par tes provocations ? »


Ils étaient tout les deux trop près pour que le moindre mouvement suspect ne soit pas remarqué ; si l’hume était juste un type trop curieux et sans défense, il comprendrait sans doutes que ce n’était vraiment pas utile de tendre un morceau de chair au tigre. S’il était totalement autre chose, comme elle pensait cruellement à le penser en plongeant son regard dans ses yeux félins et hypnotiques, s’il était autre chose….alors elle ne le lâcherait pas de quelques millimètres jusqu’à s’être assurée de ne courir aucun risque à laisser cet être en vie.

Et vu l’intelligence que portait ce visage pâle et inquiétant, ce n’était pas joué.
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La théorie du plus fort

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