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 En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec

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MessageSujet: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   17.12.08 22:50

Ama n'avait rien à faire. Absolument rien. Rien de rien, même pas une petite vieille à empailler, pardon, à embaumer. Pas de morceaux de corps, trophées des balayeurs, à identifier. Le néant. Un silence absolu pesait sur la morgue.
Absolu du moins pendant quelques minutes seulement. Son ventre gargouillait, où plus précisément ses intestins croyaient pousser de la nourriture vers son colon pour faire place à de nouveaux aliments. Mais, malheureusement, il n'avait pas plus d'aliments à portée de main qu'il n'en avait dans son tube digestif.

Bien sûr, il avait bien quelques tas de "viandes froides" à disposition, mais rien de très ragoutant. Il savait bien qu'il aurait dû aller faire un minimum de courses avant la tombée de la nuit. Certes, il était un adulte. Il aurait encore pu aller s'acheter à manger à cette heure-ci. Franchement, même à la vague lueur des lampes à gaz, il s'y serait risqué.

Mais, un malheur n'arrivant jamais seul, les quelques réverbères devant l'hôpital n'étaient plus desservis par la canalisation de gaz suite à un effondrement de la chaussée, à peine 500m plus haut. C'est bête, ça plongeait le trottoir dans le noir complet.
C'est bête, Amaël Sŏlype, 26 ans, sain de corps (mais pas vraiment d'esprit), adulte reconnu comme responsable par ses pairs dans la société de son époque, avait encore peur du noir. Non, pas la vague peur qui vous tortille le ventre quand vous traversez à tâtons une pièce dans le noir, butant contre les meubles avec une vague sensation de malaise. Non, la peur totale et insoutenable. Celle qui vous pétrifie sur place, vous plonge dans une sorte de torpeur proche de la transe, d'où on ne sort pas même si sa vie est en danger.

Il était piégé dans sa propre morgue. Au moins, s’il venait à mourir de faim, il était déjà sur place. Peu probable quand même. Il eut un vague sourire. Il devait vraiment avoir l'air ridicule. Allongé sur une des tables d'autopsies étincelantes, Momot dans les bras, habillé d’un simple un t-shirt ample et un caleçon. En pyjama en somme. Il était chez lui ici après tout, ce sont pas les morts qui risquaient de râler. Les bras croisés derrière sa tête, les jambes étendues, avec sa peau blanchâtre on aurait presque pu croire qu’il était un client, tout chaud encore, à peine sorti de son sac. La fissure du plafond juste au dessus de sa tête lui rappelait son tatouage de calmar. Ou alors il commençait à avoir des hallucinations, à force d’avoir faim et d’avoir les yeux bousillés par l’ampoule toujours grésillante.

Il ferma les yeux un instant, écoutant. Il n’entendit d’abord que le grondement de son ventre. Puis les bruits d’un autre type de tuyauterie, celle de l’hôpital avec ses schlonk et ses klonk . Puis, au dessus, les bruits de l’hôpital lui même, le « monde des vivants ». Des infirmières qui aboyaient sur des patients, des patients qui hurlaient de douleur, de fureur ou bien peut être par folie. Il n’en savait rien, il ne montait jamais là haut, sauf pour sortir. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il n’aimait pas les odeurs d’hôpital.

"Ils auraient quand même pu penser à installer une cafétéria pour les employés en construisant ce foutu hosto… Y’a que les patients qu’on le droit de bouffer ici.. Quoique, à la réflexion, mourir de faim doit être moins douloureux que de mourir empoisonné par la « mangeaille » infecte qui leur est réservée.."

Perdu dans ses pensées, il resta un moment comme ça, dans cette sorte d’engourdissement que lui donnait la faim.
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   17.12.08 23:31

Perdue!
Elle avait réussi à se perdre dans ce foutu hôpital à la con!
Son panier en osier à la main elle errait dans les couloirs aseptisés, s'enfonçant toujours un peu plus vers le sous sol.
Bien sur, vu la ou elle était, elle aurait normalement du penser à monter pour retrouver au moins le rez de chaussé. Sauf qu'elle pensait être bien plus haut que ce qu'elle n'était réellement.

Reprenons du début.
Ned, le maitre d'hôtel était venue la voir en fin de service avec un mot de son père. Une des fréquentation de son père venait de se faire admettre aux urgences. Connaissant la qualité de la nourriture du lieu, il voulait qu'elle lui apporte un panier repas.
La jeune fille n'était pas dupe, elle savait très bien que si son père prenait autant soin de l'homme en question il devait y avoir magouille sous roche mais tel était l'accord tacite entre eux: elle savait que jamais il ne la mettrait en danger et de son coté elle l'aidait ou du moins évitait de poser des questions qui seraient embarrassantes pour lui comme pour elle. Le prix de l'innocence n'était pas exorbitant.
Et puis de toute façon que n'aurait elle pas fait pour son père.
Elle était donc montée à l'étage qui lui avait été indiqué pour apprendre que l'homme avait été redescendu deux étages plus bas, puis transféré dans un autre service dans lequel il ne se trouvait pas.
A force d'aller et retour, elle avait perdu le compte des étages et son chemin croyant descendre au rez de chaussé lorsqu'elle ne faisait que s'enfoncer un peu plus sous terre.
Fulminante, elle avait traversé les laboratoires de recherche fermés a cette heure pour se catapulter dans la morgue.
Après trois heures d'errance pendant lesquelles son repas improvisé avait impitoyablement refroidis, elle poussa la porte de la morgue d'un geste rageur, maudissant déjà l'infirmière qui viendrait lui dire qu'elle s'était trompée de service.
Le carrelage était vraiment très propre.
C'est du moins ce qu'elle devait se dire après. Sur le moment, l'aiguille de son talon glissa sur le sol trop propre, tordant la cheville et entrainant le reste du corps vers le sol.
Réflexe banal, elle attrapa le drap le plus proche pour se retenir. Malchance banale, le drap se trouvait sur une table munie de roues qui elle même supportait un cadavre.
La fatigue et l'énervement aidant, elle ne mit pas trop de temps a craquer quand elle s'aperçut que ce qui lui était tombé dessus avait vaguement été vivant, ne l'était plus mais était surtout trop lourd pour qu'elle puisse s'en débarrasser.

~hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Et c'était très strident.
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   18.12.08 0:25

Ama n’entendit pas la porte s’ouvrir, étant déjà pas mal somnolent. En revanche, le cri, il l’entendit. À tel point qu’il sursauta et, voulant se redresser en même temps, sauta littéralement à côté de la table. Sur le carrelage.

Un joli bleu sur les fesses en perspective. Peu être même un coccyx fêlé. Et l’impression d’avoir perdu dix ans d’espérance de vie en quelques secondes. Une main serrant encore son t-shirt au niveau de son cœur, il tâtonna de son autre main, tachant d’attraper le bord de la table pour se relever. Pendant ses quelques secondes d’effort intense, il se demanda si sa santé mentale ne lui jouait pas encore des tours. Il ne pouvait pas avoir « rêvé » ce cri horriblement aigu. Mais une fois appuyé sur le bord de la table, personne n’était visible dans son champ de vision. Après réflexion, le corps qui aurait dû se trouver sur la table mobile près de la porte n’y était pas non plus.

"Qu’est-ce que.."

Il venait seulement de remarquer une jeune fille, par terre. Jolie couleur de cheveux, qui va bien avec le carrelage. Mais que diable foutait-elle là ? Et surtout, pourquoi avoir un cadavre sur elle ? Un fétichisme particulier ? Non, vu la tête qu’elle tire. Ah oui. De l’aide. C’est vrai que ça pèse un âne mort un mort.
Ama sortit enfin de sa léthargie pour aller « secourir » la demoiselle. Enfin, il contourna la table sur laquelle il prenait appui en boitant, et s’approcha du « tas » formé près de la porte. C’était sans compter sur la chaise, LA seule chaise qui trainait dans la morgue, qui sournoisement mit son pied sur la trajectoire du petit orteil d’Ama.

"Raaaaaaah bordel-de-merde-de-saloperie-de-chaise-à-la-coooon"

Il finit néanmoins par enfin atteindre la porte, en sautant à cloche pied et en continuant à jurer avec profusion dans sa barbe. Sans ménagement, il agrippa les épaules du cadavre pour le redresser, passa tant bien que mal ses bras sous les épaules du corps malgré la rigidité cadavérique. Il tenta de le hisser de nouveau sur la table mobile, mais celle-ci s’éloignant à mesure qu’il essayait d’appuyer le corps dessus, cela lui parut rapidement comme une mauvaise idée. Il le traina donc jusqu’à la table encore chaude qu’il occupait à peine quelques minutes plutôt et hissa sans cérémonie.

Il se tourna de nouveau vers l’inconnue, qui avait une expression proche de l’apoplexie.

Visiblement je suis pas le seul à avoir une journée de merde..

Il tendit sa main à la fille pour l’aider à se relever. Après avoir eu un cadavre entier sur elle, elle allait sans doute pas chipoter sur le fait qu’il ne s’était pas encore laver les mains après avoir trimballer cette carcasse froide.

"Hum, bonsoir. Puis-je savoir ce qu’une jeune fille comme vous fait dans un endroit pareil à une heure aussi tardive ? Vous allez bien ?" Puis, après un temps d’hésitation, il ajouta "Je m’appelle Amaël."
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   20.12.08 14:06

Apparemment c'est la soirée malchance pour tout le monde. Le genre de soir qui vous donne envie de rester assis au coin du feu avec un bon maltat ou un coeur de cala et un bouquin de cuisine.
Et encore, même le feu est dangereux dans ce cas la.
Si un cadavre ne s'était pas pris d'amour pour elle sans doute eut elle rit des aventures du médecin pour venir jusque elle ou de son talent inné pour remettre un cadavre à sa place.
Elle se contente d'un soupir de soulagement et d'un merci lorsque son amoureux trop transi la quitte enfin.

~Vous n'auriez pas une douche?
Humm ...ho ...pardon je m'appelle Ermesynde Lurstin.
On est pas en cardiologie ici hein?
Non mais vous comprenez ça fait trois heures que je erre dans ce labyrinthe de carrelages que même une cuisine y perdrait son carreau et je devais y amener un panier pour un ami mais maintenant il va être froid, remarquez peut être pas autant que son destinataire depuis le temps.
Vous n'auriez pas un ami du maire dans vos patients par hasard?
Non mais disons que ça m'irais bien ça m'éviterais d'aller chercher encore parce que j'en ai marre j'ai l'impression d'avoir parcouru des hectares et des hectares de carrelages.


Massant sa cheville toujours endolorie. Elle se relève et lui serre la main. Et s'y rattrape d'ailleurs car le carrelage est toujours aussi propre.

~Votre carrelage n'est pas un peu trop propre?
Permettez?


Et c'est sans attendre de permission que la cuisinière se déleste de ses talons et de ses bas et profiter de l'adhérence de ses pied nu. Tout en s'appuyant sur la bras d'Amael, elle a baissé la tête vers ses jambes remarquant enfin ce qui la gêne chez lui depuis un moment.

~Mais qu'est ce que vous faites en caleçon?

L'idée qu'un mort ai put le lui piquer est tout de même rapidement écartée.
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   27.12.08 16:15

Ama eut un petit sourire. Cette façon de débiter un flot de mots sans reprendre son souffle lui rappelait un de ses grands frères, qui était connu pour ça. Un vague sentiment de nostalgie lui remonta dans la gorge, avant d’être rapidement écarté.
Revenant dans le présent, il remarqua que la fille, Ermesynde d’après ce qu’il avait cru comprendre, avait arrêté de parler. Elle avait même pris ses aises visiblement, ce qui était rarement le cas des gens qui passaient à la morgue, surtout après avoir été étreint de manière plutôt inattendue par le cadavre de.. le cadavre de qui, d’ailleurs ? Il allait vraiment falloir arrêter de sniffer les bocaux de formaldéhyde, s’il se rappelait même plus du nom de ses clients.

Revenons à nos moutons. Enfin, caleçons dans le cas présent. Il était en caleçon ? Ah oui, effectivement.

"Euh, et bien c’est à dire que…"

Se maudissant pour rougir toujours aussi violemment dans ce genre de situation, il parvint néanmoins à balbutier "Hum, je suis en pyjama en fait. Oui voilà et euh je m’attendais pas à recevoir de la visite.. surtout à cette heure-ci. Enfin voilà quoi, non pas que vous soyez pas la bienvenue ici hein, mais c’est juste que je... j’ai pris l’habitude de faire comme chez moi ici. J’habite presque dans la morgue, mon appart’ de fonction est juste derrière cette porte. D’ailleurs, si vous voulez vous doucher, aucun problème mais je suis pas très soigné alors si le bordel monstre vous fait pas peur… La morgue est toujours propre et plus ou moins bien rangée, c’est mon lieu de travail voyez-vous donc je suis un peu maniaque. Mais je passe très peu de temps dans mes appartements et donc j’ai tendance à tout laisser aller…"

C’est alors, juste au moment où il tentait de se dépêtrer dans son blablati et commençait à pouvoir aligner deux mots à la suite sans un lourd "eeeeuh", son ventre se mis à gargouiller. Bruyamment. Très bruyamment.
Si ses pommettes étaient rouges vives quelques minutes plus tôt, elles tournaient clairement au cramoisi maintenant. Cela faisait un joli contraste avec sa couleur de peau, néanmoins.
Instinctivement, il attrapa Momot qui était resté à côté du cadavre et le serra dans ses bras, ressemblant fortement à un petit garçon qui va se faire gronder. Il tenta de ne pas se laisser décontenancer pour autant et tenta de continuer vaillamment de parler.

"Hem.. Je n’ai aucun amis du maire parmi mes clients récents, mais si vous voulez je peux appeler l’accueil pour qu’ils vous envoient quelqu’un pour vous guider jusqu’au service de cardiologie. Je... je dois dire que je n’ai aucune idée d’où il se trouve."

Il recula en tâtonnant sur la table derrière lui, évitant soigneusement le pied de la chaise, son ventre toujours gargouillant et Momot toujours serré contre lui comme un bouclier. Il tentait d’attraper le téléphone, qui ressemblait plus à une sorte de petit pupitre avec un combiné qu’à un téléphone, inconscient du fait qu’il était sur le point d’attraper à pleine main des scalpels (propres) rangés dans un pot à crayon.
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   28.12.08 19:40

Le jeune homme qui se trouve devant elle semble gêné. Pas elle.
Ce qui ne l'empêche pas de l'écouter. Et d'observer.
Observons donc ces ustensiles coupant par la, examinons la propreté des lieux du sol au plafond, remarquons que le carrelage monte plus haut que dans notre cuisine, n'oublions pas de suivre de l'œil la direction indiquée pour aller à la douche.
Oui, une douche très chaude pour oublier les cadavériques caresses d'un mort.
Et si son hôte la croit à l'aise, elle est seulement pratique: plutôt être inconvenante devant un vivant que de se retrouver à nouveau à embrasser un mort.
Rien que d'y penser son envie de douche la reprend.

~Vous avez dit par la pour la douche?
Ça ne vous dérange pas au moins? C'est juste pour me rincer c'était plutôt dégoutant comme contact. Je ne sais pas comment vous faites, moi je ne pourrais pas.


Alors qu'elle se retourne vers la porte indiquée, un bruit horrible la fait sursauter. Terrifiée, se demandant qu'elle sorte de monstre peut bien errer parmi les mort, désespérée a l'idée que cette chose puisse se nourrir de chair humaine (bref tout un film d'horreur au goût des plus douteux), elle se retourne.
Et découvre Amael étranglant son chat, pauvre petit garçon perdu au milieu d'un laboratoire trop carrelé pour lui.

~C'est VOUS qui avez fait ce bruit?

Décidément après le coup du caleçon, le pauvre n'est pas gâté. Sans doute la réponse orale eut été scabreuse vu l'état dans lequel il se trouvait. Heureusement pour lui, le carmin de ses joues fournissait ample réponse. Et le panier lui revint en mémoire.

~Vous êtes fou de vous affamer ainsi!
Écoutez j'ai dans mon panier quelques bricoles à grignoter que je devais apporter à un ami de mon père. Depuis le temps que je erre c'est sans doute devenu horriblement froid et a peine meilleur que la bouffe d'ici mais ça reste mangeable si vous en voulez. Et de toute façon petit régime ne fera surement pas de mal a cet homme, je suis sure qu'il a plus de couenne qu'un porc de twinkil.


Un grand sourire plaqué sur les lèvres elle lui tend une main a serrer.

~En paiement de la douche!
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   27.02.09 16:43

Ama éloigna ses doigts de justesse des scalpels qu’il s’apprêtait à attraper à pleine main sans s’en rendre compte, se coupant seulement légèrement le bout du majeur. Tellement obnubilé par sa gêne il ne le sentit même pas, et il serra la main de la jeune fille tel quel.

"Ne croyez pas que j’ai pour habitude de me laisser mourir de faim... Je suis un gros mangeur, même si mes frères se moquent souvent de moi parce que d'après eux je suis toujours maigre comme un clou. Selon eux je n’ai toujours pas quitté l’adolescence…"

*Et le fait que j’ai l’air d’avoir à peine 20 ans avec la verve d’un gamin de 12 ne m’aide pas beaucoup…*

"Enfin, je suppose que c’est un devoir de grand frère d’être moqueur avec le petit dernier.. Bref. Pour la douche c’est par ici."

Tenant toujours la main d’Ermesynde, Momot dans l’autre, il lui fit traverser la morgue, son petit orteil manquant encore de peu un pied de chaise qui trainait par là. Il ouvrit la porte d’un coup de pied, révélant un couloir éclairé par une veilleuse. Par terre, on pouvait voir des livres partout, certains ouverts, d’autres empilés, certains complètement en vrac comme s’ils avaient été jetés là. Il y avait aussi une corbeille au bout du couloir, débordante de papier d’aluminium. De tout l’appartement s’élevait une odeur de chocolat presque écœurante tant elle était sucrée. Une porte ouverte à l’autre bout du couloir laissait entrevoir, encore une fois à la lueur d’une veilleuse, un lit défait sur lequel trônait une peluche de calmar très similaire à celui tatoué sur sa jambe.
Amaël s’arrêta devant la première porte, à droite.

"Tenez, la salle de bain est ici."

Il lâcha la main d’Ermesynde, ouvrit la porte. Encore une fois, une veilleuse était posée par terre, près de la porte. La salle de bain était une pièce carrée très propre, et malgré tout très similaire à la morgue, avec du carrelage qui montait presque jusqu’au plafond. À gauche se trouvaient des toilettes, la lunette encore levée, et une cabine de douche. À droite se trouvait un lavabo à larges bords avec une grande glace entourée de lampes à gaz et un porte-serviette. Sur le bord du lavabo, une grosse boite en fer blanc était ouverte, laissant voir une débandade de pansements et autres bandages. Il y avait là encore une poubelle, mais celle-ci contenait des compresses et des vieux pansements.
Ama posa Momot sur un tas de livre près de la porte, s’avança dans la pièce et commença à allumer les lampes à gaz autour de la glace.

"Je vous conseille de ne pas vous tenir sous la pomme de douche lorsque vous ouvrez le robinet : l'eau est toujours glacée ou brûlante au début. Si vous voulez, il y a du savon dans la douche. Je vais vous chercher une serviette propre, vous pouvez poser vos affaires là."

Il enfourna vite fait les pansements qui dépassaient de la boîte avant de la refermer et de la pousser contre le mur. Il désigna ensuite l’autre bord du lavabo à Ermesynde.

"Je reviens tout de suite."

Il disparut quelques instants dans le couloir, puis reparût avec une serviette de bain blanche avec des petits chats volants dessus, qu’il tendit à Ermesynde.

"Ne vous pressez pas hein, et si vous avez un problème je serais dans la pièce d’à côté.."

Il sortit en fermant délicatement la porte derrière lui. Attrapant Momot au passage, il retourna dans la morgue, ayant besoin de la fraicheur de la pièce. Il avait rarement de la visite, mais il estimait s’en être plus ou moins bien sorti.

"Mr Johnson, toujours coureur de jupon, même après être passé par la case sapin..."

Il profita de l’absence de la jeune fille pour remettre son client très attachant dans un tiroir réfrigéré.
Il s’assit de nouveau sur le bord de la table d’autopsie, contemplant une fois de plus le plafond. Puis son estomac le rappela de nouveau à l’ordre. Bruyamment, comme d’habitude.
Bien que n’ayant pas eu l’intention de manger ce que la jeune fille avait apporté (ben oui, on a beau mourir de faim c’est mal de manger ce qui est destiné à autrui), il commença à sérieusement se poser la question quand son regard se posa sur le panier. Rien qu’à l’odeur, cela paraissait alléchant.
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   25.03.09 12:10

Ermesynde traverse la chambre les yeux écarquillés: un bordel pareil ça ne s'improvise pas. Ce n'est pas forcement qu'elle soit maniaque ou même plus ordonnée, elle a juste l'habitude que quelqu'un passe faire sa chambre tout les jours et en cuisine c'est une question d'hygiène.
Regardant avec attention le bord du lavabo désigné, elle cherche ce qu'il a voulu lui montrer sans vraiment comprendre. Oui, c'est un lavabo en email blanc et alors? Vous n'allez tout de même pas me faire croire que c'est exceptionel? Si?
Ermesynde dans sa candeur se demande tout d'un coup jusqu'où elle est privilégiée si même un lavabo est un luxe.
Toujours abasourdie, elle écoute les dernières recomandations avant de se deshabiller et de sauter dans la douche.
Il avait pas dit quelque chose sur la paume de douche?
Un saut en arrière pour échapper aux flots manquant de la refaire glisser. Heuresement nul cadavre à qui se rattraper.
5 minutes chrono et la voilà propre, rassénérée. Un séchage appliqué enfin lui permet de se rhabiller et de marcher sans glisser.
Avec un soupir d'aise, elle sort de la salle de bain et traverse la chambre minée. Surtout ne pas faire tomber une pile de livres, surtout ne pas glisser.
C'est pas facile mais elle y arrive enfin, s'accrochant à la porte, s'effondrant presque sur le linteau de soulagement.
Lui n'a toujours pas bequeté. D'ailleurs laisser son panier par terre comme ça est presque une insulte, tant à son talent qu'à la nourriture elle même; le nombre de germes que l'on peut trouver par terre qui risquerait de la gâcher.
La cuisinière attrape donc son panier et le pose violement sous le nez d'Amael.

~Votre mère ne vous a-t-elle donc jamais appris qu'on ne laisse pas la nourriture par terre?
Assiette, couteau, cuillère, fourchette!


Les quatres derniers mots sonnent comme un ordre. Quand il s'agit de cuisine, Ermesynde est un tyran. Et son regard préviens déja qu'il ne vaux mieux pas discuter.
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   27.03.09 9:35

Ama sursauta en entendant la voix d'Ermesynde: il s'était déjà à moitié rendormi sur sa table d'autopsie... Après tout qui dort dine, n'est-ce pas ?
C'est donc d'un air un peu hébété qu'il se tourna vers elle, ses mots arrivant lentement à son cerveau un peu embrumé. Sa mère ? Nourriture ? Par terre ? Pas même le temps de comprendre ce qui se passait, qu'une main furieuse lui collait un panier sous le nez. Ah, oui. LA nourriture.

"Ma mère ? Pas vraiment. J'ai surtout été élevé par mes frères, du moins jusqu'à ce qu'ils partent tous travailler hors de Sécaria. Comment dire... ce n'est pas l'amour maternel qui l'étouffait. Mais je m'égare. Vous savez, une morgue se doit d'être propre du sol jusqu'au plafond, et je suis très strict là dessus..."

Le légiste posa le panier à côté de lui, le regardant en tournant la tête sur le côté, un peu à la manière d'un enfant. Il serrait toujours Momot dans ses bras. Une mèche rebelle vint se glisser devant ses yeux.

"Je me rappelle. Achel disait toujours que de toute façon, manger des germes ça fait des anticorps. Ce qui n'est pas tout à fait vrai en fait. Mais c'était une bonne excuse. On s'amusait bien. T'as des frères et sœurs toi ?" Sa voix était douce et il murmurait presque. Un peu comme un petit garçon, timide, souriant et n'osant pas regarder le visage des gens en leur parlant.

Il releva soudainement la tête, un air surpris sur le visage. Ça faisait bien longtemps que ce côté là de sa personnalité, qu'il n'était pas ressorti.
*Je dois vraiment être en manque de glucides pour me laisser aller comme ça. Si ça continue, je vais pas tarder à avoir des hallucinations...*

"Je suis désolé... Je ne reçois pas beaucoup de visites en dehors du travail, et il est vrai que je ne sors pas tellement non plus. À croire que je ne sais plus comment me comporter en société.."

Il soupira, se frottant l'arrière de la tête, l'air un peu gêné.
*Et voila, je suis sûr que je vais encore devenir cramoisi. Tu te ramollis mon vieux Ama, qu'est-il arrivé au jeune homme ambitieux qui pouvait présenter un rapport d'autopsie devant cinquante personnes, hein ?*

"Je... je dois vous paraitre étrange non ?... Je veux dire, je suis conscient d'être quelqu'un d'un peu... différent. Mais avec la faim et la fatigue en plus, c'est encore pire..."

Se penchant en arrière pour regarder le plafond, et éviter ainsi de s'embarrasser encore un peu plus, sa main se posa sur le panier. Qu'il avait oublié. Presque.
Il commença donc à l'ouvrir un peu maladroitement, le jeune fille lui ayant fait comprendre qu'il n'avait pas le choix. Non pas que ce genre d'ordre lui déplaisait.
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MessageSujet: Re: En cuisine ou en médecine légale, le carrelage est impec   27.03.09 9:51

Le regard de la cuisinière se durcit. Au fur et à mesure que Amaël parle, son sang semble se transformer en gerety prêt à exploser. Ce n'est pas que le débit de paroles inutiles l'énerve, d'ailleurs les seules chose qu'elle a entendu c'est « pas grave nourriture par terre » et la seule chose qu'elle a vu c'est qu'il s'apprête à manger sans couverts ni fourchette.
Suprême sacrilège.

La main encore posée sur l'anse du panier raffermit sa prise tandis que son coude entame un repliement stratégique; le panier s'echappe soudainement du nez d'Amael pour venir se placer sur son coté.

~Couteau assiette cuillère fourchette!

Le fait qu'elle puisse être malpolie ou méchante ne lui est même pas venu à l'esprit, elle reagit juste comme dans sa cuisine en femme exigente et sure d'elle.

Lorsque Amael lui rapporte ce qu'elle lui avait demandé, toute trace de son mécontentement disparu et elle se met tranquillement à dresser la première assiette.

~Oeuf de Lespure poché au jus de framboise et leur sauce.
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