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 Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]

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- Irma Omnichiante - "Allez-vous mourir un jour ? Appelez au 3627."

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MessageSujet: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   30.01.09 0:09

Il régnait ici un calme... Mortel. Oui, c'est de l'humour douteux, mais il fallait bien la placer, celle-là, non? Bref. C'était un endroit très calme. En même temps, qui irait s'en plaindre? Chacun avait un voisin aussi mort que lui-même, autant dire que le tapage nocturne n'était qu'un mythe dans cet espace. Il devait y avoir une personne, normalement. Par personne, entendons-là un être vivant, qui tenait les lieux à l'oeil, des fois qu'un mort le serait un peu moins que les autres, ou qu'un nouvel arrivage fasse son apparition. Mais rien de tout cela. Ce devait être la pause café, ou alors la sortie nocturne du mois, mais il n'y avait effectivement personne.
Personne? Pas tout à fait. Pour une fois, un bruit troublait le calme ambiant. Des pas, réguliers, témoignant de la présence d'un être dans ces lieux. La porte de la morgue s'ouvrit lentement, et une petite main fine et soigneusement gantée glissa par la fameuse ouverture, jusque sur le mur où les doigts rencontrèrent l'interrupteur tant convoités. La lumière blafarde s'enclencha, rajoutant à l'aspect glacial, médical et affreusement aseptisé de l'espace.

Eliade pénétra ensuite, son capuchon toujours remonté sur sa tête. On aurait dit un fantôme, au visage perdu dans l'obscurité de ce manteau d'où ne dépassaient à présent que quelques mèches d'un blond pâle rendu maladif sous cet éclairage morbide. Les doigts gantés glissèrent sur une table d'autopsie, vide, sur laquelle le petit sac-à-main de l'Oracle trouva sa place. L'autre main se releva, renversa le capuchon, ses yeux noirs se portant sur la série de tiroirs soigneusement refermés. Qu'il était gênant quelque part de se dire qu'il y avait eu des histoires tristes ou amusantes, traversées par ce qui n'était plus que des cadavres. Un peu comme elle, finalement. D'ailleurs Eliade fit un saut léger, s'assit sur cette table d'autopsie, ses jambes trop courtes se balançant dans le vide, chevilles croisées alors qu'elle fouinant allègrement dans son sac à main.

Elle n'en sorti que son poudrier, qu'elle ouvrit, contemplant son propre reflet. Elle ne se donnait pas vraiment la peine de respirer. Après tout, elle s'en voulait peut-être de jouer les vivantes devant des êtres à peine plus morts qu'elle. Elle se poudra le nez, les joues, espérant peut-être atténuer sa pâleur exacerbée par l'éclairage. Dire qu'elle pourrait s'allonger là et patienter, les yeux fermés, que quelqu'un se penche sur elle pour faire cette si mauvaise blague qui pouvait rendre cardiaque un légiste. Mais non, elle n'était pas là pour ça. Mais son poudrier restait ouvert, alors qu'elle glissait une langue sur ses lèvres, ses prunelles sombres glissant sur une sorte de frigidaire, plus loin. Là-bas, il y avait du sang. Peut-être devrait-elle tuer le temps avant que son miracle du soir n'arrive?
Non, ce serait de mauvais goût. Peut-être plus tard, pour remplir deux verres et discuter de façon plus courtoise. Pour l'instant, elle patientait.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   30.01.09 19:12

Gamins, la plupart des êtres humains rêvent d’aller à la campagne, à la montagne, à la plage – que sais-je encore ! – toujours est-il qu’on trouve souvent quelque endroit qui semble meilleur que la ville balayée par les vents froids dans laquelle on vit. Une fois qu’on a grandi, ce n’est plus exactement la même chose : on peut apprécier la ville, elle a quelques recoins charmants qu’elle offre à qui la connaît.
Toujours est-il qu’adulte, comme auparavant, on peut apprécier partir, mais toujours aussi loin qu’avant – et maintenant que le porte-monnaie y passe avec, on comprend pourquoi enfin on n’allait pas si souvent en vacances. Soit, soit. On reste à flâner les dimanches soirs en ville, au lieu de prendre l’avion à vapeur et d’espérer atteindre la plage un jour.
Et puis, même mort, on apprécie encore flâner en ville. Les cimetières, les morgues, tous ces endroits charmants que Sécaria propose à ceux qui la connaissent vraiment : on s’y sent bien parmi des semblables, un peu plus léthargiques, certes, mais toujours identiques. Le tout est d’y entrer, puisque le porte-monnaie est rarement la préoccupation de ces gens morts – c’est ou un service sanitaire gratuit, pour les infortunés, ou un service de restauration gratuit, pour ceux qui ne tarderont pas à être aussi peu fortunés.
La morgue, de plus, est un magnifique bâtiment à peu près isolé (si quelque chose l’est dans cette ville) et calme, dans laquelle le personnel évite de s’appesantir. Superstitions tout cela ! quoique. Il a par ailleurs
Enfin, c’était une nuit, ni trop chaude, ni trop froide, mais une nuit de pleine lune. On sent venir le cliché – non, c’est juste qu’il est difficile de ne pas être vu les nuits de pleine lune, et quand on ne désire pas être vu, on fait en sorte de ne pas être vu. Et, étant une ghoule, Lomyr ne désirait pas être vu. Il avait donc du chercher refuge, dans un endroit calme et isolé (si jamais cela existât en cette ville-là), et où la nourriture abondait. Quand le dernier médecin légiste avait enfin fermé la porte, Lomyr s’était employé –assez bruyamment – à forcer la fenêtre. On aurait juré que le bruit des pas chaussés s’était accéléré, quoiqu’il en soit, le médecin ne revint pas.
Ce que Lomyr appréciait à la morgue, c’était les souvenirs. Lui-même n’y était jamais allé, et il en était finalement assez heureux ; il savait qu’il devrait finir là, et n’avait pas besoin qu’on le lui rappelle. Ce dont il se souvenait, c’était les restaurants. Il arrivait même à entendre le babils des bonnes gens, s’il en avait envie – et, festoyant
à la carte, il en venait à parodier les bonnes manières des braves bourgeois.
On fit tourner la poignée, un invité distingué se présentait. Mais faisait-il vraiment du délire ? Qu’importait ! On était au restaurant, que diable, et toutes les tables ne sont pas à nous. Il demanda tout de même à se retirer dans une alcôve – on lui indiqua une salle froide dans laquelle un fastueux banquet l’attendait. Prenant, très distingué et comme il le fallait, une pique et un scalpel, tirant un peu la chaise pour bien s’attabler, la ghoule entreprit de faire honneur à son repas, écoutant distraitement la conversation qu’il s’inventait. Mais le nouvel arrivant inconnu l’intriguait – il l’entendait déambuler dans la salle à côté, et, bien qu’il ne pouvait pas le voir, il l’écoutait. Il l’écoutait, tracassé puisqu’il n’aurait pas du l’entendre. Il n’y aurait du avoir personne à côté.
Le scalpel toujours en main, il mit fin à la conversation assez poliment, surtout très silencieusement. Le sol poisseux sous ses pieds sentait autant que les reliefs du repas. Il n’avait qu’une chance de s’enfuir, et ce, par la porte d’entrée – il pensait pouvoir ressortir par la fenêtre, et ne pouvait pas ; elle semblait trop haute. Il n’avait donc qu’à forcer un passage jusqu’à la porte d’entrée.
La main sur la porte de la chambre froide, il prit une inspiration dans ses poumons malades.
Il tourna la poignée, se mit à courir, brandissant son scalpel – et, glissant sur le sol froid, mouillé du sang du festin, s’étala de tout son long sur le carrelage qui commençait à prendre une magnifique teinte rouge sombre et une odeur des plus intéressantes.
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- Irma Omnichiante - "Allez-vous mourir un jour ? Appelez au 3627."

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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   31.01.09 4:41

Ah, inutile d'attendre bien longtemps. Elle releva la tête vers cette porte, celle-là même derrière laquelle se trouvait le rendez-vous du soir. Intuition? Probablement. Ses jambes se balancèrent à nouveau dans le vide, et elle entama une petite chansonnette. Quelques instants, à peine quelques secondes à présent et...

La porte s'ouvrit brusquement sur un être qui, scalpel brandit, aurait fait hurler de terreur n'importe qui. Mais Eliade, elle, restait parfaitement de marbre. Pire encore, elle ne sursauta même pas. A croire qu'elle était royalement indifférente au monde qui l'entourait. Elle n'eut pas vraiment l'occasion de développer le moindre faux sentiment d'inquiétude que l'agresseur potentiel glissa, pour s'étaler de tout son long. Ce devait être douloureux, ça. Mais là encore, elle ne bougea pas.

D'ailleurs, elle s'immobilisa, un bras en travers de son ventre, l'autre main tenant sou poudrier ouvert relever à côté de son visage. Ses jambes ne bougeaient plus à présent, mais l'odeur lui fit quelque peu froncer le nez. Hm... Sang. Mais vieux sang. Elle préférait la version chaude et cuivrée pris à même la gorge du menu. Mais ici, elle ne risquait pas vraiment de trouver son plat préféré. Peu importe, elle n'était pas là pour ça. Après quelques longues secondes de contemplation, elle reporta son petit accessoire devant elle, contemplant à nouveau son reflet. Enfin... Semblant contempler à nouveau son reflet.

"Bonsoir... Lomyr? Ou monsieur Vallen? J'ignore quelle appellation vous convient le plus."

Elle referma sèchement son poudrier, reportant ses yeux sombres sur la créature, alors qu'un sourire aimable venait gentiment étirer ses lèvres.

"Je suis sincèrement désolée de vous avoir dérangé en plein repas."

Sincèrement, oui. C'était tout à fait vrai. Aussi vrai qu'elle n'avait pas la moindre intention de se faire pardonner.

"Vous ne vous êtes pas fait mal, j'espère?"

C'était tout aussi sincère, étrangement.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   31.01.09 14:50

Lomyr s’attendait à, à peu près, tout, mais pas à ça.

Le mort-vivant s’était étalé allègrement sur le carrelage blanc, et puis –rien. Il aurait juré être plus ou moins dans une situation mauvaise, mais non. Elle ne faisait rien, n’avait même pas daigné sursauté ni même reculer lorsqu’il s’était effondré au sol. Et ça, c’était perturbant. Puis la ghoule se souvint d’où elle était, et, bizarrement, les choses lui parurent plus claires. Il était évident qu’il s’était mal conduit – qui irait agresser un invité au restaurant en s’armant d’un couteau de fortune ? Aussi, se relevant, il fit une petite courbette comme pour s’excuser devant celle qu’il ne voyait que mal. Un vague mademoiselle à demi-murmuré dans sa gorge, sortait péniblement de cette chose pourri avec laquelle il parlait, et un sourire un peu trop fixe, un peu trop forcé pour être « comme il faut », un sourire dévoilant ses dents dans un piètre état accompagnait sa révérence. On n’avait pas idée d’être aussi impoli, au restaurant qui plus est ! S’excusant encore une fois, à demi-mots plus ou moins compréhensible, il laissa la scalpel tomber avec ses crochets.

Mademoiselle, très correcte, laissa quelques questions s’envoler, et, jugeant bon qu’il y réponde, Lomyr s’employa à formuler quelques phrases correctes qui pouvaient convenir, puis à les articuler de manière audible. – Monsieur Vallen, mademoiselle… ? Quel est votre nom ? – Non, non, je vais bien, je vous en prie. – Que puis-je pour vous ? – et quelques mots d’excuses encore, vraiment, il semblait gêné. Il finit par lui proposer un chaise, et demanda si elle souhaitait quoi que ce fût pour se désaltérer, ou bien si elle avait faim – que savait-il encore ? Il fallait bien être courtois. Sa gorge lui faisait mal, et lui-même, l’air un peu distrait, entendait que ses phrases étaient de moins en moins compréhensibles. Il perdait pied, et de plus en plus fort il entendait les rires et les cris du restaurant. S’arrêtant, comme pour soupirer et reprendre son souffle, il posa ses mains sur ses oreilles. Il se sentait fatigué, sans vouloir offenser mademoiselle, la journée avait été longue. Il espérait qu’elle voudrait bien l’excuser… il ne savait même plus ce qu’il pensait.

La ghoule attrapa un des crochets qui traînaient un peu partout, commença à jouer avec. Ca faisait des petits bruits métalliques, intriguant, très intéressant, si bien que Lomyr oubliait peu à peu que mademoiselle et lui étaient au restaurant. Le crochet était beaucoup plus intéressant, il arrivait même à voir son éclat quand il passait sous la fenêtre qui laissait passer la lueur de la lune. Il finit par s’asseoir, peut-être avant mademoiselle, qu’en savait-il, pour le peu d’attention qu’il lui prêtait, et le mort jouait avec son petit bout de métal froid dans ses doigts froids.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   03.02.09 19:45

Était-ce si étrange de s'attendre à voir un mort dans une morgue? Bon, en même temps, elle n'était guère plus vivante que lui. Mais ce n'était que très secondaire également. L'un comme l'autre n'étaient pas vraiment venu pour visiter les lieux en vue d'y prendre un loyer. Si l'un était venu se repaître, l'autre n'était venu qu'attendre. La morgue avait des aspect de restaurants pour quelqu'un comme Lomyr. Le SAINT était sans pitié sur ce plan-là. Au moins il n'avait pas l'air de s'être sérieusement blessé dans sa chute. Pour preuve, il se relevait et, théâtral, agrémentait le tout d'une révérence qui aurait pu le faire passer une un gentilhomme s'il n'était pas si... Décomposé. Même sa voix lui donnait l'étrange impression de naître d'une pierre tombale. Dans l'ensemble, tout allait bien avec le personnage, du sourire dissonant au contenu de ses paroles. Tout dans une étrange et complexe incertitude. Il aurait probablement mieux donné en était autre chose que ce qu'il était. Mais s'il avait peut-être loupé des choses de son vivants, de sa mort pourrait-il les rectifier? Elle en doutait.

Mais cela ne l'empêchait pas d'être polie, après tout elle espérait bien obtenir quelque chose. Alors elle sourit à son tour, un sourire adorable, de petite poupée, qui finalement ne collait vraiment pas avec l'environnement, sauf si ce dernier était bel et bien pleinement un restaurant pour le nécrophage.

"Monsieur Vallen, alors... Je suis Mademoiselle Tales. Ne vous excusez pas, je vous en prie, après tout, c'est moi qui vous ai interrompu dans votre repas."

Ah ça, oui. Il soupait tranquillement, bien installé à table, et elle venait le priver de son menu. Pour un peu, elle aurait presque eut des regrets. Elle se glissa lentement du rebord de la table d'autopsie jusqu'au sol, se glissant vers lui pour prendre place sur une chaise, puisqu'il l'avait invitée à l faire. Il paraissait se perdre, ou du moins s'épuiser. Sa voix en témoignait.

"Je ne vais pas vous retenir longtemps, Monsieur Vallen. Je voulais juste être en votre compagnie quelques instants. Mais je ne tiens pas on plus à vous obliger à parler."

Elle se pencha déposant son sac à main su sol, à côté de sa chaise, son poudrier sur ses genoux.


Dernière édition par Eliade Tales le 05.02.09 21:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   03.02.09 21:50

La petite pièce en métal brillait dans l’éclat de lune, tout comme une petite lumière qui brillait, touchait le fond de son œil complètement assombri par la décadence dont il était victime. Léger clignotement, mais aussi un petit bruit, à chaque fois, ce petit tintement métallique quand le crochet retombait dans ses doigts – puis un silence – puis un tintement. Inlassable, il en oubliait la demoiselle en face de lui. Elle dit quelque chose qu’il ne comprit pas, mais qu’il entendit. Le crochet tomba au sol, tintant toujours, puis se tu. Il se concentra un peu plus sur elle, lui tournant sa face mourante – reliques d’anciennes courtoisies qu’il aurait mieux valu éviter alors, à l’état de son visage –, le sourire incompréhensible aux lèvres, et toujours la voix glauque qui ressortait pour s’excuser, qui semblait agoniser dans la gorge, toujours plus ténue. Toujours un chuchotement sourd qui sortait de ses lèvres ouvertes, pourrissantes ; toujours les mêmes formules polies que les vivants aiment à s’échanger.
Comme il se rappelait encore d’où il était, il se redressa, et, arborant toujours ce faux sourire comme cloué sur sa bouche, les excuses tentaient de s’organiser – comme si cette chose eût pu dire quelque fatrasie, comme s’il savait encore parler ! Mais il essayait tout de même.

Excusez-moi, excusez-moi, pensait-il, mais ce n’était pas tout. Il voulait comprendre, ou du moins répondre à ce qu’elle disait. Comme d’un voile déchiré d’une lame, quelques mots perlèrent de ses lèvres, un « que puis-je ? », rien de très dur ; mais leur souvenir était diffus, et il n’était pas sûr de ce qu’il disait. Trois petits mots qui n’aurait rien voulu dire s’il n’avait pas tenté aussi fort de leur donner du sens, et au milieu des excuses répétées, les trois petits mots semblaient plus vivant. Comme s’il eût vraiment pensé ce qu’il disait, comme s’il eût encore pu penser.

Silence enfin, le « que-puis-je » qui résonnait, silence, et il souriait de ses belles dents de cadavres, content comme pas deux d’avoir réussi à s’exprimer convenablement. Puis, petite expression sévère sur le visage, comme s’il fallait qu’il se reprenne – l’espèce de sourire radieux, la caricature laissa place à autre chose, un plagiat de sourire toujours, comme plus mature pourtant : cela tenait plus du sourire qu’ont les bonnes gens quand ils ne pensent « que du bien » de leurs interlocuteurs. Comme le sourire qu’on lui donnait toujours, comme le sourire qu’il réservait au malade, pensant calmement à réserver quelque journée pour aller au cimetière ou à l’enterrement, comme font les bonnes gens.



[pas bien long, désolé. J'essaierai peut-être de rallonger le post, mais tout ce qui est remarquable est ecrit là.]
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- Irma Omnichiante - "Allez-vous mourir un jour ? Appelez au 3627."

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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   05.02.09 21:07

[Y'a pas de mal! Ce qui compte à mes yeux, c'est le contenu, pas la longueur. Je ne fais d'ailleurs pas très long moi-même.]

Le tintement régulier aurait presque pu être agaçant. Mais dans cette répétition. Eliade trouvait toujours quelque chose de moins énervant que le silence mortel de cette morgue. Si seulement les morts pouvaient tous parler, ce genre d'endroit serait nettement moins sinistre.
Pourquoi tant d'excuses? De quoi se sentait-il coupable? De sa situation? Ce devait être la première chose qui échappait à la jeune femme. Mais elle n'était pas là pour résoudre cette énigme. Du moins pas pour le moment. Chaque chose en son temps, comme on le dit si bien. et ce sourire décalé qu'il arborait limitait sa bonne volonté: N'avait-il pas été de ceux qui exterminaient encore aujourd'hui ses semblables? Quelle cruelle décadence pourtant. La maladie était chère payée pour un crime qu'il s'était contenté de perpétré sans même avoir réellement connaissance de toutes les implications. Mais là encore, elle n'était pas venue pour ça.

"Cessez donc de vous excuser."

L'entendrait-il? Peut-être même pas. Ou alors ses excuses ne lui étaient pas entièrement destinées. Toujours était-il qu'elle ajouta à ses mots un sourire bienveillant, parfaitement dosé. Si les mots étaient sincères jusque dans la douceur du ton, elle n'en demeurait pas moins sincèrement peu bienveillante. Il ne s'agissait que... De confort auditif, très certainement. Les mots semblaient lui coûter, du moins certains types de formulations semblaient être difficiles à exprimer. Mais elle ne pouvait décemment pas lui en tenir rigueur.
Il semblait si heureux, l'espace de quelques instants, d'avoir pu prononcer cette simple question, même si le naturel revint rapidement prendre sa place. Oui, u homme bien comme il faut. C'était ce qu'il avait dû être de son vivant. Et ça faisait très certainement partie de ces choses qui avaient fini par le perdre. Le destin aussi modulable qu'il soit n'en demeurait pas moins d'un sadisme profond avec quelques spécimens vivants.

"Si vous pouviez juste... Me laisser voir un peu quelques aspects de ce qui fut votre vie, ce serait fort appréciable."

Quelle délicatesse, que de demander l'autorisation de fouiller honteusement le passé d'une personne. Elle ignorait encore avec exactitude ce qu'elle pourrait chercher. Un piste, pour se diriger, savoir où axer ses songes d'avenir. Mais pourrait-il l'y aider? Étrangement, elle avait l'impression que oui. Qu'aurait-il a y perdre, lui? Un mort était parfois plus facile à interroger qu'un vivant. Son doigt ganté effleura la surface métallique et laquée de son joli poudrier. Une pièce de luxe, probablement.

"Me le permettrez-vous?"

Elle baissa les yeux sur ce même poudrier, qu'elle rouvrit délicatement, avant de relever à nouveau son regard sombre sur feu monsieur Vallen.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   05.02.09 23:05

Cesser de s’excuser.
Il s’excusait, s’excusait tout le temps. Et ça importunait mademoiselle, il pouvait, tout de même, se comporter un peu mieux. Cesser de s’excuser, donc. Il ne faisait pas attention, des reliques de mots qui coulait de ses lèvres, tout ça ; lui-même s’excusait quand il cherchait à formuler une phrase. De quoi s’excusait-il ? De son ton caverneux, de son manque de soin, et aussi de tous ces manquements à l’étiquette. Il devait bien se comporter en bonne société, mais ce n’était pas simple. Il s’excusait car il ne savait plus que faire, il ne savait pas faire autre chose que s’excuser. Et il s’excusait de s’excuser, et d’importuner mademoiselle. Comme s’il avait essayé de crier, un vague chuchotement sorti de sa gorge, étranglé, étouffé, atone, sourd. Il expirait fort, pour se concentrer peut-être – toujours était-il que le bruit mort sonnait étrangement. Pour cesser de s’excuser.
La demoiselle lui demandait quelque chose. Ce qu’elle demandait, il ne le savait pas. Il comprenait à peine quand elle lui parler, et il devait faire cet effort pour ne pas s’excuser. Quelques mots toutefois, quelques mots qu’elle avait prononcé – ce que fut votre vie. Votre vie. Elle parla encore, il ne l’entendait plus. Il n’entendait plus rien, c’était à peine s’il semblait là. Des souvenirs, trop crus, trop forts, un peu triste mais pas trop, l’assaillirent. Elsa, Elsa hantait sa tête encore. Un cri, un sanglot rauque peut-être – toujours est-il qu’après le bruit qu’il fit, il s’agrippa le torse, comme s’il avait mal, très mal. Elsa, Elsa, il criait. Tombé de sa chaise, au sol, les mains crispées sur ses côtés, il hurlait encore, Elsa dans sa tête. Et le silence se referma.
Un moment, il ne bougea pas. Absent.
« il advint qu un beau soir l univers se brisa »
Un vers, un petit vers, quelques mots sur les lèvres, une mélopée amère qu’autrefois il répétait souvent. Il croyait avoir oublié – il n’était pas encore suffisamment mort pour oublier. Il n’oublierait que le jour où la lumière ne percerait plus ses yeux déjà voilés, que le jour où les sons n’atteindraient plus son oreille morte, que le jour où il ne saurait plus parler. Le jour où même la vie l’aurait fui, il serait libre.

« sur des recifs que les naufrageurs embraserent »
Le chant continuait, Vallen se perdait dans un poème très vieux, déjà très vieux. Un poème qu’il connaissait par cœur, un poème qui lui faisait mal. Il savait que l’autre, que mademoiselle était avec lui, ici. Il le savait. Il n’y prêtait plus attention. Comme s’il se réveillait, il voyait autour de lui sans y prendre part. Entre le rêve et la réalité, il scandait son vieux poème, oublié réappris, et ne pensait plus qu’à Elsa.
« moi je voyais briller au dessus de la mer »

Et puis le dernier vers.
« les yeux d Elsa les yeux d Elsa les yeux d Elsa »
Il se releva, tant bien que mal, une main sur la table, l’autre autour de son torse encore. Il pensait, et n’avait plus tant que ça à se concentrer pour parler normalement. Il avait l’impression d’être réveillé, un peu engourdi encore – il n’attendait plus qu’une chose, pouvoir retourner à l’état de bêtise où il était avant de trouver. Elle attendait quelque chose de lui –il n’avait qu’à donner, qu’elle s’en aille, qu’il oublie.

« Faites, faites ce que vous voudrez. »
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   10.02.09 4:52

Les excuses allaient-elles cesser? Pourquoi s'excuser, c'était une perte de temps, sauf lorsque l'on espérait obtenir quelque chose d'autre par la suite. Que pourrait-il obtenir d'elle? Sans doute rien. Il n'avait plus rien à obtenir de qui que ce soit sans doute. Sauf une personne peut-être, mais cette dernière n'était pas présente, et Eliade pouvait être comparée à beaucoup de choses, mais certainement pas à un bon samaritain. Un bruit étrange émergea de cette gorge décomposée. Une appréciation? Ou autre chose qui lui échappait. Elle devait lui demander beaucoup d'effort. Trop peut-être. Mais Eliade n'attendait rien de qui. Juste une acceptation, ou peut-être même rien finalement.
Il cria, agrippé à son propre corps, comme en proie à une souffrance qui pouvait à peine être imaginée. Le genre de souffrance qu'Eliade préférait ignorer. Elle ne réagit pas, pas un geste de bonté, pas même la moindre bonne volonté. Son seul mouvement fut de relever devant elle son poudrier, comme pour se remaquiller, mais le reflet qu'elle observait n'était pas le sien.

Une femme, ordinaire peut-être, mais aimée. Une belle croyance, et une image troublée. Un ventre rond, la promesse d'un rêve, mais il n'y eut pas de naissance.
L'image se troua, c'était sans intérêt. Ce n'était pas ça qu'elle recherchait, même si les yeux d'Eliade se troublaient avec l'image.
Les années passèrent, l'éloignement. Un couple douloureux, brisé. Avait-il sérieusement existé? Ce n'était pas à elle d'en juger de toute manière.
Non, ce qui l'intéressait, c'était cet éloignement, pour rejoindre la bande de damnés qui devaient croire expier leurs fautes en supprimant des indésirables. Créatures extra-tyriennes, contrecoups de ceux qui usent du voile sans même savoir à quoi ils jouent. Elle cherchait, le nom, l'image des personnes es plus responsables. Quelques arrêts sur des discours, des paroles passées, elle avait enfin trouvé, elle n'avait besoin de rien d'autre alors....


Les prunelles dévièrent du poudrier à ce qui fut autrefois un homme, psalmodiant la fin d'un vers, lui accordant cette liberté qu'elle s'était déjà permise de prendre. Ce qu'elle voulait connaître, elle avait pu le trouvé dans son passé. Son avenir... Elle ne chercha même pas à s'y référer. Cela ne la concernait pas. Néanmoins, un murmure lui échappa, comme si elle ne cherchait même pas à parler ses yeux devenus vides le temps de ces quelques syllabes prononcées à demi-mot.

"Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire..."

Son regard se ranima l'instant d'après, et comme il l'avait fait plus péniblement, elle se releva à sou tour, non sans avoir au préalable ramasser son sac à main posé précédemment au sol.

"Ce que je veux, est déjà fait."

Un autre claquement sec, le poudrier se referma, trouva naturellement le chemin de ce sac dans lequel elle le rangea, avant de glisser l'ensemble sous son bras, réajustant les doigts de ses gants.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   12.02.09 9:38

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire.
Il connaissait le vers d’avant. Il n’oubliait pas ces vers-là – ces vers qui le tourmentaient, jour, nuit, et même au delà, dans l’horrible crépuscule de sa lente agonie. Il connaissait le vers d’avant, il connaissait le début du poème – Tes yeux sont si profonds qu’en m’y penchant pour boire, j’ai vu tous les soleils y venir se mirer…

« …S’y jeter à mourir tous les désespérés. »

Le ton de sa voix, bien qu’elle fût faible, était clairement sarcastique. Triste, peut-être un peu ; mais il avait l’impression que cette femme se moquait de lui. C’était sûrement vrai ; qui se serait intéressé à un quelconque cadavre ambulant ? Elsa s’était intéressée à lui – quand il vivait encore et pouvait l’embrasser sans sentir que son corps se perdait lentement au rythme de ses pas et du temps dépassé, sans sentir ni sa mort ni celle d’un amant. Elsa l’avait aimé et lui en était mort ; ils n’avaient pas su vivre au delà de la vie où ils s’étaient perdus au fil de leurs envies, des peines, des péchés, du temps, de leurs remords. C’était il y a longtemps – mieux valait oublier. Sa vie ne valait rien, pourquoi s’intéresser à remuer encore les mémoires passées ?

« Qui êtes-vous ? »

Ce qui avait été un homme le va son visage, comme s’il cherchait à rencontrer ses yeux, le plafond. Une expression amère, qui en devenait fantastique et horrifiante, se peignit sur son visage – une expression lasse, triste et douloureuse se peignait sur ce visage de mort. Il voulait savoir qui elle était. Qu’est-ce qu’elle avait fait. Qui était-il, lui-même, puisqu’il n’en savait rien. Sa gorge peinait à articuler les mots qu’il aurait voulu dire – sa voix retomba, mourant autant que lui était mort. Il voulait comprendre, et on le lui refusait. Il leva un bras – faible, décharné, comme pour attraper sa manche –, mais il ne sut qu’en faire, et sa main retomba. Il l’aurait retenue pour avoir des réponses – il n’en avait pas la force, il n’en avait pas le courage, il n’en avait pas l’envie.

Il voulait une réponse – pour oublier un peu puisque la léthargie tardait à venir, puisqu’il s’ennuyait de devoir se souvenir, puisqu’il en avait mal. Et cette femme était la seule à qui il pouvait parler – pourquoi se gêner ? Qu’il parle ou qu’il se taise, on avait toujours peur de cette chose infâme, du cadavre mort, de ses pas maladroits ou de ses vieux remords. Qu’il parle ou qu’il se taise, il était un malheur, de ceux qu’on croise un jour détournant le regard – qui aime regarder un cadavre qui parle ? – et les mots qu’il disaient tombaient comme des perles – rondeurs qui s’enfuyait au fil de ses vieux mots.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   23.02.09 21:01

[Aaaah! Désolée, j'ai complètement zappé!]

Qui elle était? Ne s'était-elle pas présentée un peu plus tôt? Bien entendu. Mais ce n'était pas nécessairement son nom qu'il voulait entendre. Ou peut-être l'avait-il déjà oublié. Il fallait dire que ce n'était pas vraiment ce qui marquait la mémoire des gens. Eliade pouvait se vanter d'avoir toujours eut un nom de famille banal, de basse extraction, le genre de chose que tout le monde peut oublier facilement. Le genre de chose qui ne permettait pas de savoir qui elle était vraiment. Mais ces vers, elle s'en souvenait pourtant. Des mots, dans un des nombreux vieux livres qu'elle s'était offert avec les années. Un reste de sa bibliothèque qui demeurait ailleurs à l'heure actuelle. A bien y réfléchir, peut-être devrait-elle faire venir ces ouvrages auxquels elle tenait tant. Ceux-là même qui avaient trompé son ennui pendant de longues soirées seules éloignée de tout.

Mais lui? Elle savait ce qu'il était. Ce qu'il avait été surtout. Ce qu'il serait, elle ne cherchait pas à le savoir. Elle était Oracle, pas un quelconque dieu. La destinée des autres ne lui appartenaient pas quand ils n'impliquaient pas des choses désobligeantes pour elle-même. Alors elle s'était levée, sans répondre, et repoussait la chaise sur laquelle il l'avait invitée à s'installer pour la remettre plus ou moins à sa place. Elle se moquait pas mal qu'on sache que quelqu'un de non désiré s'était incrusté le temps d'une discussion dans cette morgue. Après tout, quelqu'un d'autre s'était occupé de brisé un carreau, écartant un vampire de la liste des suspects.

Elle serait sans doute déjà partie si elle n'avait pas senti le défunt lui prendre la manche, ou tout du moins agir en ce sens. Mais il laissa retomber sa main. Peut-être abandonnait-il? Elle en doutait vraiment. Il espérait des réponses, mais elle doutait de pouvoir lui en apporter des suffisantes.

"Je ne suis pas quelqu'un qui puisse vous être utile, monsieur Vallen."

Mais elle se retourna pourtant, pour lui faire face.

"Je crains qu'il n'existe rien dans le présent pour vous sauver de votre passé."

Non, elle ne parlait pas de la maladie. Mais de quelque chose de plus profond.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   04.03.09 22:49

C’était une fatigue triste et ennuyeuse qui prenant le mourant le força à s’asseoir. Les yeux baissés au sol, sans voir dans ce long soir celle qui devant lui avait la voix charmeuse. S’accrochant à sa voix comme un mort à sa pièce, il cherchait à comprendre ce qu’elle voulait dire – elle pouvait tout être puisque lui n’était rien, et quoiqu’elle eût tenté elle eût tenté le bien pour sauver ce cadavre qui voulait sourire – il se sentait l’envie de vivre un jour de liesse. Cela faisait longtemps qu’il ne savait pleurer, et maintenant enfin qu’il revoyait sa vie envolée, arrachée, perdue, sans avenir, maintenant qu’il voyait le mégot de ses jours, il désirait la vie dont il se souvenait à peine les bons jours en criant un nom vague que sa mémoire dictait, en criant, en pleurant, Elsa.

« Si… je n’aurais qu’une question. Si je ne peux pas m’en délivrer… »

La voix tremblait encore, et il ne savait guère s’il était égaré à la gare des gueux, des gais cadavres fous qui chantaient leur malheurs. Perdu, perdu et seul, il voulait la réponse à sa question étrange et si son triste sort avait eu quelque issue. La main se releva, vague forme hésitante, et tremblant assez fort, un doigt qui se pointait sur la femme étrangère semblait déjà crier la question qu’il avait, semblait déjà montrer le trouble qu’il avit.

« Si je ne peux pas m’en délivrer, puis-je l’oublier ? »

La peur qui l’avait pris lui tiraillait le ventre. Pourquoi donc tant frémir de cette question vaine ? En quel nom, en quel heur avait-il à trembler ? Pourquoi s’affolait-il de s’il pouvait se perde ? Jours après jours pourtant il vivait en criant, perdu dans son malheur, perdu dans ses délires, il vivait en soûlant son âme trop lassée à grand coup de bestial, de folie, de délire. Pourquoi donc s’inquiéter ? Et son doigt retombant effleurait le massacre qu’il venait de commettre.

Oublier, oublier, c’était un soin bien vain que celui qu’il voulait pour faire une autre vie. Un doigt sanglant, distrait, traçait quelques dessins sur le froid de la table. Morne sourire aux lèvres, une expression peinée, rien ne change pour lui.



[Désolé du retard. Je n'ai pas eu l'occasion de poster plus tôt, et ce n'est pas bon.]
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   09.03.09 9:13

Pauvre de ce mort. Aurait-elle fait le bien pour un cadavre ambulant? Il était si semblable et pourtant si éloigné de l'espèce à laquelle appartenait l'Oracle. Lui allait se faisait consumé par les années quand elle restait immuable à travers les âges. Mais à bien y réfléchir, ce n'était pas la maladie qui avait tuer ce défunt monsieur Vallen. Ce qu'elle avait vu dans son miroir, c'était qu'il était mort bien des années avant ça. Il était déjà mort en rejoignant ces chers techniciens de surface. La seule personne qui avait pu faire quelque chose pour lui, c'était lui-même. Et il s'est laissé mourir à défaut de rechercher la vie.

Et il était trop tard à présent. Il était perdu, à jamais. Rien ne pourrait le sauver, à moins de le faire revenir à la vie et lui offrir la possibilité de rattraper tout ce qu'il avait ignoré à l'époque. Une sorte de machine à voyager dans le temps, au final. Mais il n'y avait rien de ça dans cette morgue.

Qu'il pose sa question, mais Eliade ne savait que répondre. Ce qu'il voulait entendre ou ce qui était vrai? Mieux valait commencer par attendre la question. Un doigts qui se pointe, elle le sentait désespéré, sa main tremblante et sa voix le confirmait. Pourrait-il oublier? Bonne question. Un cerveau en décomposition pourrait-il finir par perdre sa mémoire avant de trépasser? Peut-être. Mais c'en serait encore plus sinistre au final.

"Un jour, si vous existez assez longtemps pour perdre la mémoire, peut-être que oui. Mais cela ne suffira probablement pas à enlever les regrets."

Et ça ne changerai rien. Le souvenir disparu laissera une empreinte de souffrance. La seule différence, c'était qu'en en oubliant la cause, il pourrait peut-être oublier pour un temps la douleur. Lomyr était maudit, pour de nombreuses années encore, à moins qu'une âme charitable ne vienne mettre fin à ça. Mais Eliade n'était pas une âme charitable.

"Je suis navrée que vous ayez fait pendant votre vie autant de mauvais choix."

Elle devait être vraiment navrée, en un sens. Si elle avait été du genre à servir la cause huménitaire, sans doute serait-elle restée à Sécaria. Peut-être qu'elle aurait croisé sa route, et peut-être que sa malédiction aurait été différente. Mais non.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   12.03.09 10:32

Son doigt qui sur la table traçait des motifs semblait en l’entendu marquer un rythme vif, et le dessin sans heurts devenait anguleux. Navrée, navrée des choix qu’il avait fait tantôt ? Il était bien navrant et ne pouvait rien faire à changer cette vie de tristesse et misère : il ne savait que faire, cadavre sans demain, pour trouver du nouveau dans cette vie banale. Il eût voulu changer, pour tout son monde triste, Il eût donné sa vie pour changer un des choix qu’on disait si navrant, pour perdre ses regrets.
Une ligne de sang tracée de ces cinq doigts, un sourire innocent sur ses lèvres glacées : le mort se lève un coup en renversant sa chaise, et le sang sur doigt va, court jusqu’au rebord. La chaise en retombant fait comme un grand vacarme, qu’on entend plus.

« Partez ! Partez ! »

Un dernier cri dans sa gorge morte et vieille, un cri qui résonnant dans la sinistre salle semblait fermer - un jour, à jamais, pour toujours - la tombe de ces ans, cette ancienne stèle où l’on brûlait sa vie comme on brûle la paille. Le sourire toujours attaché à ses lèvres, une voix si affreuse et qui lui semblait mièvre, un vague ordre jeté résonnaient dans la salle. Le mort semblait perdu dans cette morgue froide, et quoiqu’il eût tenté sa vie eût semblée roide : froissée de tous ces maux et ses horribles morts, glacée de cet ennui qu’il affectait de vivre, et dure sans passion, sans envie et sans vie.

« Laissez-moi seul. »

La voix qui se mourait entre les dents du mort, le râle morne et vain qu’il avait énoncé : il voulait être seul s’il n’avait pour son sort que la mort et la peine où son temps se pressait. Si Lomyr était mort, qu’on le laissât mourir – amer, loin de ceux-là qui avaient pour empire les malheurs et les maux qu’ils annonçaient toujours. Il voulait oublier le restant de ces jours, puisqu’il n’en avait plus, et, maudit pour toujours, préférait se terrer en attendant sa fin que d’entendre des gens le déclarer défunt.

« Je ne peux même pas mourir. »

Un pas lourd vers la porte, un soupir peut-être – que faire des lambeaux dévastés de sa vie ? Il s’était tant perdu dans le cours de sa vie - sa vie, perpétuel et douloureux ennui, n’était plus que des mots qu’il oubliait encore. triste, vain, morne et sûr de ce que demain dirait. Un soupir – pour que dire ? Un soupir d’un mourant ne valait à ses yeux pas plus que les promesses dont son ennui durant il s’était entiché. Perdu, seul et triste, il ne savait que dire : le courant de ses mots se perdait lentement. Un sanglot, un soupir, la main sur la poignée, Lomyr s’en allait seul pour cacher son ennui.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   16.03.09 12:35

Quel intérêt bien triste finalement. Sa quête de réponses avaient été couronnée de succès, mais en contrepartie elle avait découvert probablement l'une des créatures au destin le plus tragique qui soit. Peut-être un peu d'héroïsme aura teinté sa vie ou teintera sa mort. Mais la souffrance retenue n'en avait pas valu la peine. Il avait manqué d'héroïsme sur l'aspect le plus important de son existence. Pourtant, il semblait encore l'encaisser, du moins dans les premiers instants. Mais ce n'était qu'un leurre, elle en était conscience. La souffrance était trop grande pour y rester indifférent, aussi mort que l'on puisse être.

En un sens, elle le prenait en pitié, lui qui n'avait plus que sa douleur pour le hanter quand elle avait appris à faire abstraction de ses regrets pour aller de l'avant. Mais là où elle avait une immortalité relative, lui, bien que mort, ne pouvait que se détruire à petit feu, sur du long terme, à moins d'un miracle. Ce miracle pourrait-il arriver? Sans doute. Mais il fallait encore savoir en bénéficier, et les regrets étaient des chaînes bien vicieuses qui pouvaient l'empêcher de saisir des opportunités.

Elle ne détourna pas les yeux du cadavre quand il se releva brusquement, renversant sa chaise dans son geste. Le vacarme est secondaire. Les seules autres oreilles susceptibles de l'entendre sont probablement trop éloignées pour intervenir trop rapidement. Elle allait devoir partir, c'était un fait. Elle ne pouvait rien pour lui, il était perdu depuis déjà bien longtemps. Bien avant sa mort. Elle le suivit des yeux, quand il s'avança vers la porte. Pauvre créature.

"Vous étiez déjà mort bien avant la maladie."

De nombreuses années plus tôt. Ces années où il avait fuit au lieu de réparer ses erreurs quand le temps le lui avait pourtant laissé toutes les opportunités nécessaire. Il était mort moralement. Il était dès lors logique que le corps en vienne un jour où l'autre à suivre le chemin de son âme.

"Vous ne trouverez jamais pleinement la paix. Mais pour vous en rapprocher, il vous faudra accepter ces regrets comme quelque chose de suffisamment naturel pour qu'ils en viennent à vous laisser indifférent. Hélas, la grande majorité des gens, morts ou vifs, n'y arrivent jamais."

Elle haussa les épaules, restant en retrait, le laissant partir, puisqu'il avait besoin de solitude. Cette solitude qui lui laissait le temps de se ronger de l'intérieur sans la moindre intervention extérieur. Même mort, l'hume conserverait un talent certain pour l'auto-destruction.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   25.03.09 18:02

« Juste… »

Pas un mot, pas un bruit : le cadavre passait.
Il avait été homme il y a bien longtemps – quand il aimait Elsa et quand il voulait vivre. Mais ses longues journées ne pouvait que s’emplir des souvenirs amers qu’il ressassait en vain. Il voulait oublier, et souvent, il oubliait, il ne voulait que partir et oublier Elsa. On aurait presque entendu un sanglot poindre dans le soupir qu’il lâcha. Il se sentait seulement accablé de ce que lui avait dit mademoiselle ; et ne voulait pas lui montrer davantage qu’il était encore humain. Seule, elle l’avait déjà découvert, il en était sûr ; elle savait qu’au fond du charognard affamé, maladif, demeurait encore une partie de ce qu’il avait été. Il ne voulait que sortir, puisqu’il ne pouvait rien faire d’autre.

Le soupir mort, il passa la porte. La main sur le mur froid, ses pas lents s’arrêtèrent une fois le seuil franchi ; la silhouette de la ghoule se distinguait assez mal dans la pénombre. Il s’était arrêté longtemps de cela, il s’était arrêté à la mort de leur enfant. Il n’avait jamais pu passer la
porte, il ne l’avait pas vue en ce temps là. Il désirait la franchir, cependant il était aveugle. Il lui fallait une main sur le mur – et ce n’était pas Elsa qui lui prendrait la main pour le mener. Il n’avait plus rien, puisqu’il avait perdu Elsa.

« Laissez-moi partir. »

Ces quelques mots lâchés à voix basse, la silhouette disparut par le chambranle. Il ne trouverait personne pour l’aider, il ne compterait que sur lui-même. Aussi cliché, puéril et banal que cela semblait, il fallait soit qu’il oublie, soit qu’il en sorte. Et seul lui pouvait faire l’une ou l’autre de ces fins. Il fallait qu’il sorte, qu’il s’éloigne de cette femme qui ne pouvait rien pour lui, il fallait qu’il oublie ses vieux remords. Qu’y pouvait-il ? Rien, rien : ils demeuraient malgré tous les efforts qu’il pouvait faire. Il aurait mieux valu oublier.

La demoiselle avec qui il avait mangé l'accablait. Il avait mal de rester près d'elle, et voulait s'enfuir; ce qu'elle disait l'insupportait. Il aurait aimé hurler - parler était déjà assez dur, etle mort ne se sentait pas la force de crier sa vie. Il devait sortir, s'éloigner - le mur froid sous ses doigts lui guidait un chemin pour s'enfuir, pour s'éloigner. Les mots qu'elle disait lui faisaient mal. Un pas, un autre, la main sur le mur, tandis que la silhouette disparaissait. Un faux pas, la ghoule chancella, ferma les yeux, oublia.

« Laissez donc… »

Un choc sourd retentit dans le couloir.
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MessageSujet: Re: Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]   06.04.09 14:09

[Longue attente, toutes mes excuses. Je suis un peu débordée avec les cours. ^^']

Plus rien à faire. Peut-être le cas n'était-il pas si désespéré, mais l'Oracle ne voyait pas son utilité dans le canevas morbide du destin de ce monsieur Vallen. Elle ne chercha même pas à le retenir, le suivant des yeux. Quel être fascinant. Elle n'y voyait qu'un amas de souffrance dans une chaire meurtrie. Un tas de douleur qui survirait encore malgré la mort. La plupart des êtres même vivants étaient bien souvent incapable de tenir aussi bien. La folie n'avait même pas pu lui épargner sa peine. Se pouvait-il que les balayeurs subissent une punition par.delà la mort? Si seulement... Si seulement, elle pourrait souhaiter l'identique pour tout le monde. Ou presque. Mais pour lui, plus elle le voyait avancer, plus elle entendait ses mots, et plus elle sentait quelque chose s'apparenter à de la pitié lui étreindre son coeur tout aussi mort que l'était Lomyr.

Seules les prunelles se mirent en mouvement, suivant la forme qui la dépasse pour glisser une main contre le mur, et se faufiler dans le couloir. Ces paroles étaient-elles pour elle en particulier? Où était-ce une supplique déguisée à l'intention de ce monde tout entier? Mais non, sa punition allait encore durer, qu'il l'ait mérité ou non. Peut-être qu'Eliade devrait s'en vouloir d'avoir énoncé ce qui pour elle était une évidence avec aussi peu de tact. Mais au point où il en était, la subtilité avait-elle encore sa raison d'être ou n'était-ce qu'un détail surfait et hypocrite?

Il avait disparu dans le couloir, et un soupire rompu émergea de ces poumons qui pourtant ne respiraient plus depuis longtemps. Un résidu de sa vie passée, l'un des rares reflets de son ressenti. Pauvre créature. Ses doigts gantés se resserrèrent autour de son petit sac à main, elle réajusta son manteau. Quelques pas, un son sourd. Mais elle ne sursaute pourtant pas. Calmement, à son tour, elle franchit la porte et s'engagea dans le couloir, suivant le chemin pris préalablement par Lomyr. Les pas s'avancèrent dans le couloir sombre, pour s'arrêter à côté du mort. Enfin de celui lui avait l'air plus mort qu'elle en apparence. Sa voix s'éleva à peine.

"Eux ne vous laisseront pas. J'en viens d'ailleurs même à le regretter pour vous."

Et non, les regrets sont tenaces.
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Non, ceci n'est pas un restaurant. [Priorité à Lomyr]

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