AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  




 

Partagez | 
 

 Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

- Très surfait - PATATE royale avariée

avatar

Signalement : Fragment de l'Etrange, 1m90, cheveux noirs, yeux très verts, peau pâle, yeux cernés de rouge par la fatigue, la maladie et la dépendance. La lumière est comme déviée de lui.Élégant en noir, porte toujours des gants. Charismatique de par son statut de démon, voir même beau. Mais finalement plutôt effrayant et dérangeant. On ne cherche pas sa compagnie. Aura glaciale : La température chute au fur et à mesure que l'on s'approche de lui. Le contact de sa peau nue dépose une pellicule de glace sur les objets et la chair, gèle et coagule tout à long terme ( Peau à environ -15 degrés ). On peut le toucher à travers le tissu.


MessageSujet: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   12.02.09 14:26

    Il faisait nuit depuis déjà plusieurs heures. Le grésillement des lampes à pétrole berçait la rue d’une langueur monotone, presque rassurante au travers de cette brume humide. Le démon slalomait entre les derniers badauds, sans même les voir, de son pas leste mais toujours un peu lent. Après tout, quand on arrivait à l’âge du démon, être pressé devenait une chose d’une relativité certaine.

    Il revenait de son appartement, Calliope lui avait jeté un regard noir par-dessus son livre et s’était de nouveau enfoncée dans une lecture passionnée. Seel n’avait pas protesté, lui qui haïssait qu’on l’ignore, et avait caché son butin dans son carnet de voyage. Une simple aiguille, quoique plus grosse que la moyenne. Un objet si simple acheté à l’antiquaire le plus versatilis de cette ville. Juste un morceau de fer contre une promesse de la part du démon. Et une fois n’était pas coutume, il allait tenir ses engagements. Il y avait quelque chose dans ce Daje qui lui plaisait, lui rappelait même son ancienne condition. Bien qu’il fût un des damnés balayeurs, il concédait cette remarque au versatilis : Les humés étaient des emmerdeurs … et encore plus quand on leur cédait quelques miettes de pouvoir.

    La clochette au dessus de la porte carillonna dans le presque silence du Downward Bar, les lieux étaient suffisamment vides pour que son entrée soit remarquée. Pourtant, au lieu d’aller s’asseoir à son endroit habituel – comprenez la table un peu en retrait, cachée par la machinerie centrale – il alla s’accouder au comptoir et se servit une poignée pleine de cacahouètes apéritives qui avaient eu le malheur de trainer à porter de ses grosses paluches.

    Dans la vie, il y avait les bars normaux où le patron vous servait un Gerety d’un air bougon, s’éloignant ensuite le plus possible de vous et de votre verre. Et il y avait les bars comme celui-ci, où chaque Gerety consommé vous permettait d’avoir une nette réduction sur les armes que le patron acceptait de vous vendre – question de sympathie surement. Seel achetait rarement de quoi dézinguer de l’étranger à ce cher Caleb Mancuso. En réalité, il se fournissait surtout en morphine, voir des choses plus fortes quand le psyker lui confiait des missions un peu plus dangereuses.

    Il ne savait pas s’il appréciait le gérant, ni même Rodrigue où la grosse brute qui gardait l’étage. Ils étaient plutôt des figures récurrentes, sur lesquelles on ne s’attardait pas. Mais il soupçonnait chez chacun d’eux des trésors de saloperies qui lui faisaient monter l’eau à la bouche. « No one is innocent » disait-on souvent. Et Seel le savait, de la jeune femme attablée là bas, dans sa robe virginale, jusqu’à Caleb lui-même. Ils avaient tous quelque chose à se reprocher. Il suffisait juste de savoir où creuser.

    Et c’est surement pour ça qu’il était si intéressant de traiter avec. Restait à savoir comment le dit gérant allait réagir une fois la demande de Seel formulée. Le voila d’ailleurs. Après une bonne dizaine de minutes d’attente, le démon daigna se redresser de par-dessus le comptoir, pour adopter une position plus noble et gratifia Caleb d’un sourire tout ce qu’il y avait de plus acéré. Tout en le regardant, droit dans les yeux.

    « Hey Mancuso. Comment vont les affaires ? Oh pour l’altercation de l’autre soir, ça va, tu as pu réparer les dégâts ? »


    Oui, attendez, je compte. Des clients s’enfuyant en pagaille, une balle dans le parquet, une table effondrée et du sang d’ange en guise de cire. Oui … pas la peine de grimacer Mancuso. Je plaisantais... je plaisantais.

    « Pas beaucoup de client, hein ? Heureusement que je suis là pour te tenir compagnie. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://night.darkbb.com

- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

avatar

Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   15.02.09 22:02

Caleb n'était pas dans de bonnes dispositions ce soir-là. Il était un peu malade, sans doute un début de rhume, et il avait décidé de rester au lit pour cette nuit. Mauvaise idée: il avait enchaîné trois cauchemars depuis le coucher du soleil, et il avait fini par se relever pour descendre au bar dans l'espoir de laisser tout cela derrière-lui - le dernier des trois, surtout, lui avait fait peur. Un vieil ami à lui, qui revenait le hanter régulièrement, depuis... oh, Caleb aurait bien aimé ne plus savoir depuis quand il le faisait. Oui vraiment il aurait bien aimé oublier pourquoi il avait commencé à rêver de choses qui rampaient dans le noir.

Trop las pour faire de la comptabilité, le Techie s'était assis dans son petit salon privé, à côté de la fenêtre. Son point de vue plongeant lui avait permis de ne rien rater de l'entrée de Seel, et surtout de noter sa trajectoire inhabituelle: normalement, Seel n'allait pas au bar. Oh, peut-être qu'il l'avait fait une fois ou deux, mais jamais pour y boire et y bavarder avec les autres pochtrons. Caleb se redressa imperceptiblement dans son fauteuil: en plus, Calliope n'était pas là, et même si le trafiquant ne soupçonnait pas le quart de la relation qu'elle entretenait avec cet étrange homme aux yeux brûlants, il avait deviné qu'elle le tempérait. Que Seel soit là tout seul et qu'il soit allé s'accouder au comptoir, ce n'était pas un très bon présage.

Avec un long soupir, Caleb s'extirpa à regret de son fauteuil. Il enfila sa veste, ajusta son col, se recoiffa, fit jouer son genou grippé... Autant de gestes machinaux qui lui échappaient complètement. Puis il se passa une main sur le visage, en appuyant un instant sur ses yeux clos pour les obliger à rester bien ouverts, avant de quitter son abri bien aimé et de descendre au rez-de-chaussée. Une légère tape sur l'épaule pour saluer José (légère, Caleb n'avait pas envie de détacher par accident le bras de la ghoule), et le trafiquant d'arme s'avança vers Seel, qui le sentit approcher et se tourna vers lui. Pour lui sourire. Et le regarder dans les yeux.

Caleb se détourna brutalement, sous prétexte de faire signe à Rodrigue de leur laisser un peu d'air. Il avait frémi, mais il ne pensait pas que cela se soit avéré décelable - dans le pire des cas, il dirait qu'il était un peu fièvreux. Ce n'était pas très glorieux, mais c'était déjà beaucoup mieux que ce que lui évoquaient les yeux de Seel.

Justement quelque chose qui rampe dans le noir. Tout près. Et qui ricane.

"Je ne crois pas que ce sujet se prête à la plaisanterie, Seel."

Il s'assit à côté du Balayeur, toujours en trouvant d'excellentes raisons pour ne pas le regarder en face. Il était agacé par la grande taille de Seel, par ses chaussures souvent dégueulasses. Il se sentait inquiet en le voyant sourire, ou lorsqu'il apercevait l'une de ses victimes à la morgue. Mais il avait horreur, horreur de ces saloperies d'yeux verts.

"Qu'est-ce que tu veux? Pas un contrat, sinon tu ferais la queue comme tout le monde, n'est-ce pas? Et je doute que tu souhaites me rembourser les dégâts de l'autre soir à la place de ton copain à plumes."

Léger regard de côté, avant de s'emparer du verre de Gerety qu'un Rodrigue attentionné lui avait servi. Avec Seel, il devait toujours garder les idées claires. Mais ce soir-là, il avait besoin d'un remontant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

- Très surfait - PATATE royale avariée

avatar

Signalement : Fragment de l'Etrange, 1m90, cheveux noirs, yeux très verts, peau pâle, yeux cernés de rouge par la fatigue, la maladie et la dépendance. La lumière est comme déviée de lui.Élégant en noir, porte toujours des gants. Charismatique de par son statut de démon, voir même beau. Mais finalement plutôt effrayant et dérangeant. On ne cherche pas sa compagnie. Aura glaciale : La température chute au fur et à mesure que l'on s'approche de lui. Le contact de sa peau nue dépose une pellicule de glace sur les objets et la chair, gèle et coagule tout à long terme ( Peau à environ -15 degrés ). On peut le toucher à travers le tissu.


MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   16.02.09 0:41

Le sourire de Seel. Aiguisé comme un rasoir, tranchant rien qu’en y posant le regard. Des dents blanches, pointues s’emboitant symétriquement entre haut et bas. Un monde pyramidal, d’une architecture aussi chaotique que l’être l’abritant. Juste, le sourire de Seel.
D’un geste lent, souple, il dégaina une clope de l’intérieur de sa veste, et la tendit entre deux doigts au gérant du Downward Bar. Prend cette putain de clope Mancuso.

Il profita de cet infime instant pour capter de nouveau le regard du gérant, sans pour autant s'y engager. Oui, Mancuso avait des choses à se reprocher et des choses plus noires que la nuit glaciale de Sécaria. Ne t’en fais, mon ami, l’enfer est rouge, sanglant, purpurin, tout ce que tu veux, sauf noir. Rien pour faire peur à un brave homme comme toi.
Seel tint un instant la flamme de zippo près de la cigarette, enjoignant Caleb à s’y pencher pour l’allumer. Puis au bout de quelques minutes, l’étouffa sec d’un revers de capuchon.

« Ce n’est pas mon ami. »

C’était dit d’une voix si froide que la glace dans le Gerety en semblait presque brulante. Non, ce n’était pas son ami, c’était sa némésis, la pire plaie au flanc que le saint père avait pu lui coller, ça saignait partout, ça inondait le sol de flaques et Seel n’arrêtait pas d’y foutre les pieds. D’ailleurs, si tous les autres avaient pu cesser de venir rouvrir toutes les trois secondes cette putain de plaie, il ne s’en porterait que mieux. Putain de bordel de merde. Quand est-ce que vous allez tous commencer à fermer votre gueule ?
Le regard droit, fixé sur les verres en face, le démon dissimula rapidement son briquet dont il avait écrasé l’acier de par sa poigne. Tant pis.

« Mais puisque tu en parles, Mancuso, effectivement je ne suis pas là pour du travail. »

Oui il éludait la question du remboursement. Quoi d’autre ? Caleb savait très bien que le démon ne comptait pas verser un centime et sentiment de sa poche pour effacer le trou dans le plancher. Il ne se considérait pas responsable, et a priori, il ne l’était pas. Il était juste l’improbable victime du concours des circonstances. Il n’avait ni attaqué Riker, ni blessé l’ange – dont il avait deviné la chute, par quelques racontars – ni même tiré. Il s’était même cautérisé la main en détournant le canon de l’arme de son propre cadavre. Alors rembourser pour les erreurs des autres ? Non merci.

En réalité, la colère froide du démon ne désemplissait pas. Associé à l’ange... comment un type aussi intelligent que Mancuso pouvait simplement l’associer à ce connard de Saint, avec son sourire machinalement bienveillant, ses envies de bien faire. Tout en lui hérissait profondément le démon, ça lui donnait envie d’arracher le comptoir, de le balancer à la gueule de cet abruti qui avait osé supposer. Lui, Seel, associé à Zack. Ce n’était pas son pote, tu comprends Mancuso?

« Il faut … »

Sa voix trembla, un infime crescendo, oh presque rien. Caleb l’avait sans doute décelé et le démon ne chercha pas à continuer sa phrase. Non, je ne me fâcherais pour ce simple ange, j’ai vu pire, je suis revenu d’un adversaire bien plus terrifiant que l’ailé sans sensations. Non, alors pourquoi ?
Le démon ferma les yeux, inspira profondément et dans l’obscurité de ses paupières closes un éclair lui vrilla la tempe. Juste un rire, fugace, cristallin comme une goutte d’eau dans une source, qui résonne dans l’absolu néant d’une âme évidée. Ca avait forcé son esprit, s’était projeté au-delà d’une simple conscience. Ce qui regardait, tapis dans l’ombre. Le noir absolu.

« Tu sais, Mancuso. Fais attention avec les emplumés. Ils attirent souvent l’obscurité et ce qui s’y cache. »

Sa main gantée de noire vint chercher le bord de son front, s'y apposa. Puis, il se décala, offrit un regard appuyé à Caleb, avant de lui-même revenir à sa position initiale.

« Tu m’as l’air d’avoir particulièrement mal dormi. »

Sourire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://night.darkbb.com

- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

avatar

Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   16.02.09 2:55

Caleb n'avait pas pour habitude d'accepter les cigarettes d'autrui; la plupart du temps, elles étaient d'une qualité affligeante, et quitte à se rationner en tabac, autant ne fumer que le meilleur. Le cylindre blanc que lui tendait Seel ne faisait certainement pas exception à la règle du "plus ils sont violents plus ils sniffent de la merde", et en plus le trafiquant d'armes avait déjà consommé ses dix Minotaurus quotidiennes. Il aurait dû refuser. Avec n'importe qui d'autre, ou même si Calliope avait été là, il aurait refusé. Mais là, il était fatigué, mal à l'aise. Et Seel le fixait.

Caleb prit la cigarette qu'on lui offrait. Ce faisant, il ne put éviter le regard du Balayeur, qui encore une fois lui donna l'impression que quelque chose de froid et gluant descendait le long de sa colonne vertébrale. Sans parler du sourire plein de dents taillées (?) en pointes qui supportait ces immondes yeux de chlorophyle.

Un éclat, une flamme, et le Techie s'arracha difficilement aux prunelles du Balayeur pour poser un regard surpris sur le briquet qu'on lui tendait. Allumé. Infime crispation, à peine perceptible. Est-ce que Seel s'y connaissait assez en matière de savoir-vivre pour savoir que quand on prêtait du feu à quelqu'un, à un homme pour être précis, on était censé lui donner le briquet? Savait-il qu'on ne présentait une flamme qu'à une femme, par politesse, ou à quelqu'un de clairement subordonné? Avait-il conscience que par ce simple geste, il insultait le trafiquant? Impossible à déterminer, du moins pas sans regarder l'oiseau en face. Pas sans sonder ses yeux.

Caleb se racla la gorge de manière sonore, toujours focalisé sur le briquet allumé. Se pencher pour allumer sa cigarette à cette flamme, c'était s'humilier ouvertement; peut-être que Seel l'ignorait, mais lui-même l'aurait su, et il était certain qu'avec sa chance habituelle la plupart des rares clients de la salle le savaient aussi. Non, c'était hors de question. Il ne ferait jamais une chose pareille. Enfin quoi, on le traitait implicitement de gonzesse, et il aurait dû laisser faire?! Il en avait fait glisser sur des peaux de banane pour moins que ça.

Mais que valait son orgueil face aux iris verts toujours braqués sur lui?...

L'hume déglutit à nouveau, plus discrètement cette fois. Il porta la cigarette à ses lèvres. Puis, d'un geste lent et précautionneux qui semblait lui coûter une énergie folle, il fit signe à Seel de remballer son briquet avant de sortir le sien de sa poche. Il dut s'y reprendre à deux fois pour battre le silex, et encore, en se détournant consciencieusement de son voisin de bar - incroyable comme ce type pouvait le faire flipper, c'était démentiel. Démentiel.

"Pour ton information, la politesse veut que quand on prête du feu à un homme, on lui confie son briquet, on n'allume pas sa cigarette; ça, garde-le pour tes admiratrices."

Fier de son courage et pourtant épuisé comme s'il venait de faire un effort monumental, le Techie rempocha son briquet et tira un peu plus sur la cigarette pour absorber une première bouffée de tabac. Première et certainement dernière: oh mais beurk, quoi... C'était quoi ce truc, de la bouse de brahmine séchée?! Trouille ou pas, Caleb écarta le blasphème de ses lèvres sans chercher à dissimuler son dégoût. Plus ils étaient violents, plus ils sniffaient de le merde. Adage vérifié, encore une fois.

Seel lui confirma alors qu'il n'était pas là pour du travail, et Caleb hocha la tête pour l'inciter à poursuivre, avant de rincer sa bouche d'une gorgée de Gerety. Mais au lieu de la justification attendue, il n'eut droit qu'à une esquisse de phrase, une entame qui dérailla sur la fin pour se perdre dans un silence grondant tout à fait inquiétant. Le Techie jeta un coup d'oeil prudent vers son interlocuteur, et il constata avec un soulagement disproportionné que ce dernier avait fermé les yeux. Il ne fit pas le rapport avec la mention de Zack, mais il n'en éprouva pas moins une sourde satisfaction.

"Un problème, Seel?"

Goguenard? Oui, bien sûr. Cet homme lui faisait peur, Caleb était bien obligé de l'admettre, il lui faisait viscéralement peur, et c'était un constat insupportable pour le Techie qui cherchait à tout contrôler. L'hume se doutait instinctivement qu'il faisait face à une créature qui n'avait rien à voir avec lui, que ces dents en pointes et ce foutu regard n'étaient pas de simples manifestations un peu rough. Il y avait quelque chose de dissonnant dans ce Seel, de littéralement contre-nature. D'anti-nature. Et chaque fibre de l'être vivant qu'était Caleb Mancuso s'indignait de cet état de fait. Alors pour un trouble si profond, une petite pique, ce n'était pas une vengeance bien méchante, n'est-ce pas?

Sauf que Seel s'avéra plus susceptible que prévu, ou que son problème était bel et bien réel. Parce que ce qu'il répliqua alors à Caleb effaça brutalement le sourire un tantinet moqueur du Techie, il effaça même les couleurs de son visage. Oh, ce n'était pas tant une question de vocabulaire; après tout, des choses qui traînent dans le noir, cela fait peur à tout le monde, n'est-ce pas? Mais le Balayeur avait dit cela avec une telle intonation... la manière dont il avait parlé de l'obscurité, surtout de ce qui...

S'y cache.

La prononciation, le sens de ce dernier mot. Cache. Rampe. Convoite.

Et Caleb se fit avoir: quand Seel rouvrit les yeux, le Techie était en train de le dévisager. Il se prit le regard vert de plein fouet. Et l'espace d'un infime instant, l'hume se rappela du contenu de ce cauchemar qui ne lui laissait habituellement aucun souvenir, si ce n'était du noir et de l'angoisse. Là, pendant une fraction de seconde, il sut. Il sut à quoi ressemblait ce qui rampait dans ses rêves en ricanant.

Caleb eut un mouvement de recul très net. Et l'image s'effaça de sa mémoire comme de son âme reconnaissante.

...

Oh merde... mais qu'est-ce que c'était que ce type, bon sang?...

C'était au tour de Seel de sourire, et le Techie se doutait que son expression actuelle devait prêter à rire, en effet. Il avala une grande goulée de Gerety, et le bar lui sembla retrouver un peu des couleurs qu'il avait perdues. Sa peur s'atténua en honte, en une pointe de rancoeur. Tu n'es pas drôle Seel, non, vraiment pas drôle.

"C'est tellement charitable de te préoccuper de ma santé..."

Voix froide, dépourvue de toute plaisanterie à présent. Reprendre pied, tempérer ce qu'il venait de se passer. Tout de suite. Délibérement, le trafiquant d'armes étendit le bras d'un geste raide pour aller écraser la cigarette à peine allumée dans un cendrier du comptoir.

"Je répète: qu'est-ce que tu veux, Seel? Qu'est-ce que j'ai que tu ne peux te procurer tout seul comme un grand garçon?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

- Très surfait - PATATE royale avariée

avatar

Signalement : Fragment de l'Etrange, 1m90, cheveux noirs, yeux très verts, peau pâle, yeux cernés de rouge par la fatigue, la maladie et la dépendance. La lumière est comme déviée de lui.Élégant en noir, porte toujours des gants. Charismatique de par son statut de démon, voir même beau. Mais finalement plutôt effrayant et dérangeant. On ne cherche pas sa compagnie. Aura glaciale : La température chute au fur et à mesure que l'on s'approche de lui. Le contact de sa peau nue dépose une pellicule de glace sur les objets et la chair, gèle et coagule tout à long terme ( Peau à environ -15 degrés ). On peut le toucher à travers le tissu.


MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   27.02.09 19:57

Tchhh. Le bruit de la cigarette qu’on écrase, qu’on broie dans un froid cendrier. Le démon fronça imperceptiblement les sourcils. Mancuso perdait des points en refusant l’unique tabac sur Tyr qui avait la capacité d’encrasser autant les neurones que les bronches. Tout ça pour ces cigarettes plus cotées que l’or, strictement plus bourgeoises. Enfin cela était-il sans doute la meilleure justification que Seel avait pu trouver à sa consommation d’une telle merde. Parce qu’il le voulait… pour le chalenge, et non pas parce que Lui et Calliope avaient toujours des fins de mois sportives.
Deuxième chose, il venait de lui éteindre sous le nez, dans le cendrier, devant, alors qu’il aurait pu le saisir et le ramener à lui. Ah ouais, c’était comme ça ?

Seel n’avait jamais eu conscience de l’effet qu’il avait sur les gens. Juste une simple connaissance mais personne n’avait jamais été assez précis, pour décrire ce froid, cette ambiance, cette absence totale de détails, lui qui n’avait ni souffle, ni odeur, ni grain de peau. Il se savait effrayant, mais jusqu’à quel point ? Il ne perdait jamais une occasion de reculer les limites de l’horreur qu’il pouvait inspirer aux gens.

Oh bien sur qu’il aurait aimé insister. Il n’avait jamais réellement testé Mancuso qu’il savait doué de plusieurs facettes. Il était ce genre de type qui sursaute, toujours avant les autres, s’éloigne du danger bien avant les autres ; repère tout bien avant les autres et s’en inquiète bien plus vite. Mais surtout, il avait cette formidable capacité, de sang froid, réussir à passer sa frayeur humaine première, qui était absolument fascinante. Bien sur qu’il avait peur, ça se voyait. Mais là où les gens continuaient d’hurler, Mancuso semblait reprendre pied. C’était normal dans ce genre de job, il était toujours déconseillé de paniquer face à un client décidé à tester son arme sur le revendeur. Mais quand même… jusqu’où ce talent pouvait-il s’étirer ? Mieux … à quel moment lâcherait-il ?

Seel éclata de rire – d’une manière un peu brusque et qui était surtout motivée par les questions qu’il venait de se poser – avant de sortir la cigarette du cendrier, la lisser et la ranger de nouveau dans la poche intérieure de sa veste.

« Mais tu as des tas de choses Mancuso. Surement certaines que je ne t’ai jamais demandé et que je pense tu refuserais de me vendre »

Un regard en coin, juste quelques secondes. Décidé à entretenir son petit effet jusqu’au bout, il poussa le vice jusqu’à demander un verre d’eau à Rodrigue – qui s’exécuta bien vite, surement sous l’appui implicite de Caleb – et le vider d’un trait.

« Tu vois Mancuso, j’ai discuté avec un de nos ennemis.»

Nouveau sourire. Qu’il était lent, méticuleux, dans sa manière de dérouler les choses. Avec autant d’années au compteur, on se lestait de cette sorte de parcimonie couteuse. Surement était-ce pour ça que Seel devenait aussi impressionnant quand il se décidait enfin à bouger.

« Enfin pas un des tiens, tu es tellement neutre. Mais le genre de personne que les balayeurs ne supportent pas »

Raclement de tabouret, il déplia sa longue silhouette et avança jusqu’au tableau de liège près de la porte d’entrée. Illisible à tout profane, il y avait en fait des listes de noms, des adresses et parfois même, quelques rares fiches complètes sur les notables SDP de la ville.
Un en particulier.
Daje, ou Aleister Vargitimmen.

D’un geste souple, il arracha la feuille de sa punaise et la balaya du regard tout en revenant à sa place. Sans même s’asseoir, il la tendit à Caleb.

« Tu vois. Il parait que quelqu’un s’intéresse particulièrement à ce cher Monsieur Barbelé – il savait le surnom autoproclamé du versatilis – et te demande de renouveler régulièrement cette annonce. Histoire qu’il soit gardé à l’œil »

Cette fois si, le démon planta directement le regard dans celui de Mancuso. Ce n’était ni plus ni moins que de l’intimidation.

« Et si tu oubliais de l’afficher à partir de ce soir ? Histoire que ce brave antiquaire n’ait plus besoin de claquer du talon chaque fois qu’un humé entre dans sa boutique ? A fortiori si le dit hume est un balayeur. Après tout … les antiquités n’ont jamais fais de mal à personne. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://night.darkbb.com

- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

avatar

Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   28.02.09 0:57

Toutes ces provocations, ces regards biaisés, ce sourire pervers... Oui, Seel savait qu'il faisait flipper toute personne normalement constituée, et il savait tout aussi bien qu'il venait de flanquer une sacrée trouille à son voisin de bar. Mais paradoxalement, à présent, plus il insistait, plus Caleb retrouvait son assurance. Enfin, retrouver son assurance... Formule toute relative. Disons en tout cas qu'il se faisait plus attentif que terrifié, et qu'il commençait à avoir davantage à l'esprit le geste simple qui lui permettait de faire jaillir le poignard dissimulé dans sa manche droite. Caleb avait peur, mais il détestait, il haissait que l'on joue avec lui. Il ne donnerait pas ce plaisir à Seel - et comme ce n'était pas le courage qui le menait à cette réflexion, mais de l'orgueil à l'état pur, c'était une résolution très puissante.

Aussi le rire de Seel le fit-il tressaillir, mais ce fut plus un frisson nerveux dut à une vigilance trop soutenue qu'un tremblement de peur. La phrase qui conclut ce rire, cette phrase que Caleb trouva particulièrement gluante de sous-entendus, le fit même grincer des dents, mais cette fois c'était ouvertement de colère. Non, décidément, il ne laisserait pas ce connard se foutre de sa gueule. Prunelles vertes et choses qui rampaient dans le noir n'y feraient rien.

Fort de cette toute nouvelle détermination, le Techie supporta sans mot dire les longues pauses du Balayeur qui ménageait ses effets. Laisser venir ses interlocuteurs, ça, Caleb savait le faire. S'il avait bien appris une chose au cours de ses innombrables négociations, c'était que les gens n'étaient pas redoutables pour ce qu'ils disaient, mais pour ce qu'ils faisaient juste après l'avoir dit. Seel était menaçant lorsqu'il parlait, il inquiétait par sa simple existence; qui pouvait savoir de quoi il était capable lorsqu'il décidait d'agir?...

Réponse: commander un verre d'eau dans l'établissement qui servait le meilleur Gerety de Secaria. Caleb ne put retenir une grimace devant une telle démonstration de violence.

"Tu sais, si tu veux de l'eau froide, j'ai un abreuvoir pour les chevaux derrière le bar."

Sourire en coin. C'était agréable de crâner. En tout cas, si c'était fait correctement, cela donnait l'impression que vous étiez bien plus sûr de vous qu'en réalité. Sans compter que l'instinct d'indic de Caleb lui soufflait que le fait que Seel ne boive pas d'alcool ce jour-là n'était pas tout à fait négligeable. Etait-ce parce qu'il était seul avec le Techie, sans Calliope? Et même lorsque la femme au chapeau était là, ne restait-il pas à la bière, d'habitude? Alors quoi, Seel la Légende ne tenait pas l'alcool?...

L'étrange Balayeur fit alors une réflexion qui tira brutalement le trafiquant de ses considérations sur l'éthylisme. Caleb se redressa sur son tabouret comme un félin dresse les oreilles à l'approche d'une menace: l'un de leurs ennemis, vraiment? Incrédule et encore plus méfiant que précédemment (si c'était possible), l'hume suivit son interlocuteur du regard jusqu'à ce que les clients du D Bar appelaient le Tableau de Chasse. Seel retira l'une des fiches de son emplacement et revint la lui confier. Le Techie s'en saisit en fronçant les sourcils.

"La Daje?..."

Il releva les yeux, pour tomber en plein dans le regard étincelant de Seel. Et à nouveau, le Techie fut pris à la gorge par un malaise tellement violent qu'on ne pouvait le qualifier de peur. C'était au-delà de la peur. C'était froid, c'était profond, au niveau de ses os, de son coeur malade. C'était... de la répugnance. Une répugnance comme celle que l'on peut éprouver devant une araignée, un serpent, des asticots, des hyènes, une répugnance tellement vive qu'elle rejoignait la phobie. Seel faisait peur, oui. Parce que Seel était quelque chose qui n'avait rien à faire sur cette terre, Caleb ne savait pas quoi, mais quelque chose. Et il avait l'immonde sensation que ce quelque chose avait l'intention de lui faire du mal à lui, à lui en particulier.

Il ne pouvait pas savoir que tous ceux qui avaient quelque chose à se reprocher et qui croisaient le regard du démon pensaient la même chose.

"Oublier?..."

Caleb sentit sa propre voix virer au murmure étranglé, et il ne maintint son ton que de justesse. Seel voulait l'intimider, et c'était réussi. Un hume moyen aurait cédé sans discuter. Mais le Techie n'était pas un hume moyen. Au fil du temps, il s'était forgé une véritable carapace, une armure d'arrogance et de défiance qui l'avait coupé des autres. Sachant que dans les autres en question, il y avait de potentiels amis, ce qui était regrettable; mais il y avait aussi des Seel. Et si Caleb ne supportait pas ces yeux verts qui le vrillaient jusqu'à l'âme, il était ainsi assez fort pour s'arracher à leur douloureuse attraction. Ce qu'il fit.

Et immédiatement, il se sentit beaucoup mieux. Vraiment beaucoup mieux. Il esquissa même un vague sourire, tandis qu'il avalait une autre gorgée de Gerety tout en consultant à nouveau l'avis de recherche. Quelques gouttes de sueur perlaient à ses tempes, mais ce n'était rien, absolument rien face à l'enivrante puissance qu'il tirait de son petit exploit: il tenait le choc, et il le tiendrait jusqu'à la fin de cette conversation à l'acide. Que Seel lui flanque la trouille, soit. Mais qu'il essaie d'en jouer pour mieux l'entuber, ça, c'était hors de question, absolument hors de question. Ses iris de vampire donnaient peut-être l'impression de fouiner dans les secrets des gens, mais visiblement il ne pouvait pas le faire assez pour comprendre à quel point Caleb était déterminé à ne plus jamais, jamais se laisser faire simplement parce qu'on lui faisait peur.

"Tu as l'air d'avoir très envie que je m'avère distrait à ce point, on dirait... D'habitude, tu ne me fais ces yeux-là que quand tu es en manque de dope, Seel."

Son sourire s'accentua et il redressa la tête, juste assez pour regarder son interlocuteur sans vraiment le fixer dans les yeux. Il jouait avec le feu, et il en était vaguement conscient, mais comme à chaque fois qu'il marchandait avec un client, il se sentait en position de force. C'était Seel qui avait besoin de lui, pas l'inverse. Et il comptait bien le faire sentir au Balayeur, même si celui-ci s'avérait être un parfait psychopathe.

"J'aimerais bien savoir quelle "innocente antiquité" il t'a dénichée pour que tu lui offres l'un de mes rarissimes trous de mémoire."

Caleb doutait que Seel lui confie les termes de son marché avec le présumé SDP, mais c'était son rôle que de le demander. Il n'était pas devenu le premier indic de la ville en faisant preuve de tact et de discrétion. Mais le terrain était glissant, et le Techie savait déjà que s'il se cassait la figure, il aurait très très mal: Seel non plus ne devait pas apprécier que l'on joue avec lui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

- Très surfait - PATATE royale avariée

avatar

Signalement : Fragment de l'Etrange, 1m90, cheveux noirs, yeux très verts, peau pâle, yeux cernés de rouge par la fatigue, la maladie et la dépendance. La lumière est comme déviée de lui.Élégant en noir, porte toujours des gants. Charismatique de par son statut de démon, voir même beau. Mais finalement plutôt effrayant et dérangeant. On ne cherche pas sa compagnie. Aura glaciale : La température chute au fur et à mesure que l'on s'approche de lui. Le contact de sa peau nue dépose une pellicule de glace sur les objets et la chair, gèle et coagule tout à long terme ( Peau à environ -15 degrés ). On peut le toucher à travers le tissu.


MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   06.03.09 13:22

Silence.

Un mutisme de regard étonné, de créature qui ne s’était pas attendue à ce qu’on lui résiste. Comment, le vert de ce regard n’aurait-il pas suffit à faire plier quiconque ? Oui, monsieur Seel, c’était comme si c’était fait. Oui, monsieur. Mais dans ce monde, les choses avaient tendance à lui résister de plus en plus. Et un monde où les gens faisaient preuve de courage ne pouvait se concevoir.

Ça le mettait dans une colère. Rage bouillante, ou froide infamie cristallisant dans son sang noir, transformant pétrole en charbon.
Tu devais céder Mancuso.
Tu pouvais avoir cette aura différente de tous les autres, tu ne pouvais pas te permettre de faire jouer cette différence face à moi. MOI.

Un long soupir, plus un râle et le regard qui se perd dans les bouteilles alignées au delà du comptoir. Se justifier, comment ? Quelles paroles attendait-il ? Cette enflure de Daje était un danger public, il fallait le tenir à l’œil. De ceux qui buttent dans une ruelle sombre pour un regard de travers.
Mais c’était un type comme lui, ce versatilis. Seel n’avait jamais rien eu contre cette race qu’une simple antipathie de contrat. Tout ce qui avait une âme à ses yeux avait cette beauté mourante, chaque chose qui se précipitait vers la pourriture l’attirait autant que le repoussait. Tout ce qui pouvait se détruire.

Le regard vert s’était fait plus sombre, les sourcils fins presque inexistants s’étaient froncés. Sa main gantée de noir s’était alors faufilée dans la poche de sa veste, en avait sortit une plaquette de morphine avant d’en détacher un comprimé pour le porter à sa bouche. Plusieurs autres d’ailleurs, l’overdose n’était pas une chose qu’il craignait à moins qu’un imbécile de flic ne les lui explose dans le ventre.

Qu’il regrettait toute cette chair, toutes ces conventions sociales. Toutes ces échines courbées, pourquoi ne pouvait-on pas simplement exploser des têtes, tapisser un endroit de viscères, de corps éclatés à l’image de son enfer grouillant.
Non, il fallait savoir se faire comprendre, même aimer.
Seel n’avait jamais été doué à ce jeu là.

Et quoi, Mancuso allait-il refuser ?
Tu voulais être convaincu.

« Ah. Tu veux voir »

Vois Mancuso. Vois. D’un geste leste, Seel dégaina le Mongoose qu’il braqua sur le directeur du bar. Un instant, juste de nouveau le silence, alors que tous les verres de la pièce se posaient d’un coup et que les regards se tournaient vers eux.
Le démon avait le sourire, de ce genre de sourire fendu jusqu’aux oreilles, découpé en dents de requin.

« Qu’est ce que vous regardez »

Hurla t-il à l’attention de la salle. Aussi tôt tous les regards se détournèrent. Alors vraiment. Personne ici n’aurait été braver Seel pour sauver leur plus précieux indic. Bande de larves. Alors Mancuso, tu voulais du spectacle, le voila. Tu voulais être convaincu. Je te sers tout sur un plateau d’argent, tu ne me croiras jamais mais je t’en pris sers toi.

L’arme tourna autour de l’index, quitta le torse du techie pour se diriger vers Seel. Le démon plongea deux doigts dans le canon et en sortit une aiguille. Celle de Daje, finement ouvragée mais bien plus épaisse que ses congénères. En fait, il était évident qu’elle était creuse.
Seel laissa le Mongoose sur la table pour s’approcher de Caleb, l’aiguille tenue à la verticale à quelques centimètres du nez du techie. A cette distance, le démon pouvait même compter toutes les mauvaises actions de l’hume, en savourer toute l’innocente horreur.
Non, je t’assure, je t’aime bien Mancuso.

Mais je n’aime pas me justifier.

« Voila. C’est ça qu’il m’a donné. »

Il l regardait fixement l’objet alors qu’il aurait pourtant pu tenter un nouvel harassement vers les prunelles brunes du techie, forcer une intimidation qui le troublerait davantage. Mais il avait prouvé qu’il était capable d’y résister.
Seel n’avait été de ce genre qui abandonne. Quand on continuait à dépasser de sa ligne droite, à ne pas s’aplatir, il s’évertuait à enfoncer le clou.

« Tu te souviens de l’emplumé. Là. C’est un danger. »

Il avait les yeux exorbités, ouverts au maximum.

« Et avec ça, je vais le bousiller. Je vais nettoyer. C’est mon job Mancuso. »

De cette distance, Mancuso devait même sentir l’aura glaciale qui émanait du démon. De celle qui gelait tout sur place s’il ne portait pas ses gants sur-épais. Son sourire se fit moins méphistophélique, le regard dériva vers les autres clients qui ne pouvaient s’empêcher de regarder la scène.

« Tu ne peux pas me faire mentir Monsieur Mancuso. J’ai promis à cette saloperie de psychopathe qu’il serait tranquille, qu’en aidant à nettoyer … il rachèterait son existence. Empêcherais-tu quelqu’un de racheter son âme, Mancuso ? »

Il ferma les yeux, puis se recula jusqu’à revenir s’asseoir. Là, il regarda l’aiguille de longues secondes avant de la replacer dans son arme qu’il remit dans son fourreau, sous le bras.
La main proche de sa morphine, il s’en autorisa encore une dose.

« Mais bien sur. Je conçois que ta bienveillance sur le pardon ait besoin d’un quelconque prix. Si tu as une peau de banane à poser. Même si tu veux savoir quelque chose. »


C’était fini, il ne le regardait plus. Ses prunelles dirigées ostensiblement vers le mur de bouteille en face, dérivant un peu vers Rodrigue qui était parti dans l’arrière boutique tout le temps de cette scène et qui venait juste de revenir.
Alors, Mancuso, le spectacle était-il à ton goût ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://night.darkbb.com

- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

avatar

Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   15.03.09 20:57

Caleb ne pensait pas que Seel lui répondrait. Non, vraiment; il avait posé la question par principe, sans envisager une seule seconde que son interlocuteur pourrait tout lui expliquer, et encore moins qu'il puisse lui dire la vérité. Vu l'ambiance fort sympathique de leur petit dialogue, le Techie s'attendait bien davantage à un autre regard assassin, voire carrément à une agression. N'importe qui en déduirait que lorsque le Balayeur décida de rompre le silence, Caleb était prêt à faire usage de toutes les armes laissées à sa disposition, du verre de Gerety à moitié plein qu'il tenait de la main gauche à son revolver, en passant par son pouvoir.

Eh bien non. Pas dès l'instant où il vit cette lueur glacée dans les iris verts de Seel. Glacée, ou glaçante.

Le Balayeur dégaîna son arme aussi ésotérique que dangereuse. Caleb savait ce dont elle était capable, il avait déjà vu les cadavres qu'elle laissait derrière elle. Mais quand le canon de l'arme se braqua sur sa poitrine, le Techie ne fit pas le moindre geste pour se défendre. Son générateur arcan resta inactif. Son poignard resta dans sa manche. On aurait pu prendre cela pour de la nonchalance, un excès d'orgueil, de confiance en soi, et ce fut sans doute ce qui vint à l'esprit des témoins répartis dans le bar. Mais ils faisaient erreur. Cet homme élégant qui se tenait bien droit sur son tabouret, cet hume pâle dont les yeux soulignés de légères cernes restaient braqués sur le visage grimaçant de son assaillant, ce célèbre trafiquant d'armes qui semblait jouer de sa propre superbe... En cet instant, il était persuadé que Seel allait presser la détente. Il allait mourir.

Il n'en avait rien à foutre.

Le Balayeur hurla, les regards se détournèrent. Caleb quitta des yeux celui qui était pourtant en train de le menacer de mort, pour promener un regard étrangement froid sur la salle de son bar. Rodrigue n'était pas là. José restait pétrifié, incapable de déterminer la conduite à tenir. Et eux, tous autant qu'ils étaient, qui fuyaient son regard pourtant guère incisif. Aucune expression sur les traits du Techie, simplement un creux un peu plus profond dans sa poitrine: quel dommage que Zack ne fût pas là, il aurait eu la preuve de ce que l'hume lui avait expliqué l'autre fois. Les gens étaient ingrats. Ingrats et lâches.

Il n'était pas déçu par ses clients; pour être déçu par quelqu'un, il faut en avoir attendu quelque chose.

Les prunelles noisettes du Techie, aussi ternes qu'elles étaient habituellement pétillantes et vives, revinrent se poser sur le visage de Seel. Alors, tu tires? Ou pas?

Le Mongoose pivota sur son axe, le canon se détourna de lui, et ce fut comme si quelqu'un avait remis le courant dans l'esprit de Caleb. Son coeur, jusque là presque trop lent, partit en flèche pour exploser le rythme qui l'avait fait lâcher six ans plus tôt. La bouffée d'horreur qui lui monta à la tête fut si violente qu'il en eu un vertige et qu'il dut se cramponner au bar pour ne pas lamentablement s'écraser à bas de son tabouret. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris, putain de merde?! Il aurait pu se faire descendre! Et il n'avait pas bougé le petit doigt?! Le Techie dévisageait toujours Seel, mais à présent il ne le voyait plus, trop stupéfait et glacé par sa propre attitude pour réfléchir au monde qui l'entourait - enfin quoi il avait failli se laisser tuer! Lui! Lui, qui s'acharnait à survivre depuis ses premiers jours sur cette foutue planète! Ce n'était pas normal, ce n'était même pas possible!

...

Ca ne venait pas de lui. Impossible. Il n'avait jamais été du genre suicidaire. Mais les précédents regards de Seel étaient menaçants, brûlant dans leur gel. Ils n'étaient pas... ainsi. Ils n'évoquaient rien d'aussi triste, d'aussi désespérant, il ne donnait pas cette impression diffuse de perdre l'être qui avait le plus d'importance dans ce monde, et de se perdre soi-même à travers lui. De perdre toute raison de vivre. Alors d'où ça venait?...

L'hume ne savait pas à qui il avait à faire, il ne savait pas ce qu'était réellement Seel. Mais quelque chose en lui le devinait, de plus en plus vivement à chaque seconde, quelque chose qui s'était pris un sentiment toxique en pleine face pendant le bref instant où le démon avait vacillé entre la surprise qu'on lui résiste et l'envie de faire payer cet affront. Là, dans cette fraction de seconde, quelque chose était passé à travers ses yeux d'émeraude, un sentiment, un souvenir peut-être... Une autre résistance inhabituelle? Une admiration inavouée pour une telle conduite? Une rancoeur? En tout cas, quelque chose de douloureux et de terriblement las.

Seel extirpa quelque chose de son arme, quelque chose qu'il vint afficher à quelques centimètres du visage de Caleb, tirant celui-ci de son état de choc. Il battit des cils pour préciser sa vue et ses pensée, revenir au monde réel. Qu'est-ce que... une... aiguille? Ou autre chose? Un peu déboussolé, l'hume leva machinalement la main avec l'intention de se saisir de l'étrange objet sculpté, mais une vague de froid aussi soudaine que pénétrante l'arrêta: allez savoir pourquoi, il avait la vague impression que Seel n'apprécierait pas qu'on touche à sa possession. Alors Caleb reposa sagement sa main sur son genou engourdi pour se contenter de toucher avec les yeux. Du moins, jusqu'à ce que Seel reprenne la parole.

L'emplumé? Un... danger? Zack, Zack, un danger?...

Caleb laissa échapper un rire nerveux tandis que son regard glissait vers le visage du Balayeur. Il devait déconner, c'était la seule explication possible. Mais l'expression de Seel lui fit promptement ravaler son sourire et le trafiquant eut l'impression que la température venait encore de dégringoler de dix degrés, au point qu'il s'attendit presque à voir sa propre respiration former un nuage de buée au sortir de sa bouche. Son esprit prit son temps pour assimiler ce qu'il voyait, enregistrer ces traits déformés par la haine, ces yeux hallucinés de convoitise pointés sur l'aiguille sculptée. Le Techie se remémora les paroles du soi-disant ange, qui accusait Sell d'être un démon, et il se crispa de manière perceptible: un démon, peut-être pas. Mais c'était sans conteste un sacré psychopathe.

"Zack... tu veux nettoyer Zack..."

Le Techie avait parlé lentement, comme s'il avait du mal à comprendre ses propres mots. Pour son esprit encore embrumé par son atroce début de nuit, tout ceci était tellement surréaliste qu'il n'était même pas la peine de dissimuler le fait qu'il connaissait un peu l'emplumé en question. Enfin, peut-être un peu plus qu'un peu. Et une fois n'est pas coutume, celà mettait à mal sa parfaite absence de convictions. Au cours de sa carrière, Caleb avait déjà eu envie d'aider une cause plus qu'une autre. Mais là... là...

"Dans mon bureau. Tout de suite."

Il acheva son Gerety et se leva sans laisser le choix à Seel, comme s'il oubliait déjà que ce cinglé avait manqué le trucider quelques secondes plus tôt. Il ne sentait pas vraiment ses jambes, mais elles acceptèrent de le maintenir debout. Trop de choses à la fois dans cet entretien, trop de ressenti et d'implications. Il lui fallait un lieu familier et intime pour réfléchir, un lieu où il ne se sentirait pas dévisagé par tous ces lâches qui sirotaient leur Recaf à quelques mètres comme si de rien n'était. Un lieu où il pourrait mettre une table entre lui et ces foutus yeux qui lui mettaient l'esprit à l'envers.

"José? Monte avec nous. Tu resteras à l'extérieur."

Le trafiquant eut un ultime regard pour Seel, avant de l'inviter d'un signe de tête à le suivre au premier étage.


[ Arrow Salle VIP ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Désolé, j'ai oublié mon porte-feuille [Caleb]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Pluie d'hiver [PV Elim]
» Coucou, j'ai volé ton nez (et ton porte-feuille dans la foulée).
» Qu'y a-t-il dans votre....porte-feuille ?
» Désolée...
» Porte étendard orque
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Longest Night -
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Signaler un abus | Forum gratuit