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 Comme une charge épique [RP ouvert]

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MessageSujet: Comme une charge épique [RP ouvert]   15.02.09 9:27

Épique, héroïque, sublime... Vaillante. Oui, vaillante, ça sonnait bien, ça.

La porte du D-Bar fut poussée. Le souffle de la chaudière leva les pans humides du grand manteau de celui qui était venu se réchauffer le corps et se rafraîchir le gosier. Il inspira, relevant la tête depuis l'ombre de son chapeau, découvrant un visage sec et une barbe plus que naissante. Disons, au deuxième âge -Dents de lait en option. Quelques personnes se tournèrent vers l'individu sombrement vêtu, et...
L'effet fut immédiat. Un peu comme dans une réunion de famille, quand on voit arriver l'oncle graveleux, un peu comme au travail, quand le stagiaire dont l'incarnation précédente a probablement eu une courte vie dans la bouche d'un canon décide de vous coller pour la journée, un peu comme lorsque vous sortez enfin avec Lucile et qu'évidemment, il pleut... L'ambiance s'alourdit. Des visages se fermèrent. Certains trouvèrent qu'il était tard, ou qu'ils étaient fatigués. D'autres se passionnèrent pour les chaussures, le plafond ou le mur en face.
Lui, sortit les mains des poches de son manteau pour les glisser dans celles de son pantalon. Hanches légèrement basculées en avant, démarche rappelant un métronome. Façon "je pose un pied au sol, j'attends une bonne seconde avant de ramener l'autre".

Alonzo était revenu.

Quelques sourires complices à des gens qui tournèrent la tête ou avalèrent de travers, le sourire en coin s'agrandissait. Il se sentait chez lui, le Kaspip. Il se sentait comme un cow boy qui avait rentré toutes ses vaches, et qui avait même pincé le museau du taureau pour impressionner le petit Billy. Dans sa tête, résonnait une maxime.


    Demain est la chose la plus importante de la vie. Il nous arrive à minuit encore tout propre. Quand il arrive il est parfait, et il se blotti dans nos mains en espérant que l'on a tiré quelque leçon de la veille.


Et il était presque minuit. Alonzo le sentait: Ce soir, serait un grand soir. Encore une fois, une famille -De préférence composée d'une veuve blonde à forte poitrine et d'un orphelin pas trop braillard, nommé Billy- pourrait dormir tranquille grâce à lui, le monde aura été débarrassé de l'engeance terrible de l'au delà des piliers, et c'était ici que ce demain tout frais aller commencer.
Et par une bière toute fraîche aussi, tant qu'à faire.

C'est donc au bar qu'il s'installa, auprès d'une rousse plantureuse qui devait avoir un couvre feu à respecter, puisqu'elle sortit du bar dans la minute qui suivit. Il la suivit du regard, elle et sa fesse droite, puis sa fesse gauche, puis sa fesse droite...
On sait jamais, qu'elle aie en fait des ennuis avec un truc qui aurait senti l'approche du Balayeur.
Par acquis de conscience, il posa la main sous son manteau, pour caresser le museau de Micheline. Sa fidèle Micheline. Elle faisait pas la vaisselle, mais elle était bien gentille.

On en était au générique d'ouverture. Allez, ce soir, c'est le grand soir.

Il lâcha les quelques pièces qu'il avait prises -Une ruse établie avec soin pour contre l'animal des lieux ayant été de ne prendre dans sa poche que la monnaie d'un verre, le reste étant dans sa chaussette droite et nécessitant pour la retirer un petit passage aux toilettes- et observa sa bière avec un air inspiré de devin lecteur de houblon.

Allez, ce soir c'est le grand soir. S'il vous plait.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   22.02.09 18:20


Bien sûr, à ce moment là, Talula ne savait pas que, pire que Chips, il y avait Alonzo ; et que, pire qu’Alonzo, il y avait être à côté d’Alonzo.

C’est donc certainement pour cela que, rentrant d’un pas rapide dans l’établissement, la haute et élégante silhouette se dirigea de suite vers le bar et s’assit à la place de la rousse plantureuse qui venait de quitter la salle. Elle resserra vivement son châle blanc autour de ses épaules, jetant un regard nerveux autour d’elle pour s’assurer que ce foutu Riker n’était pas là.
Apparemment, ce n’était pas le cas. Soit il était déjà bourré, soit il était parti s’imbiber sa petite carcasse de détective ailleurs. Tant mieux !

Ça lui laissait le champ libre pour essayer de décrocher une entrevue avec Mancuso. Après tout, elle n’avait pas fait tout ce chemin uniquement pour aller boire un verre. Tssss. Vraiment, vraiment pas son genre.
D’ordinaire, elle préférait boire chez elle, pas au milieu d’un attroupement d’humes et de Balayeurs tous plus minables les uns que les autres.
Cette situation était très….inconfortable pour la fière créature qui releva stoïquement le visage et resserra ses épaules en arrière.
Sa main gantée de pourpre n’avait pas desserré son ombrelle. Oui, Talula n’était pas à l’aise, pas à l’aise du tout ; et elle avait décidé, par principe et à l’avance, de détester chaque petite seconde qu’elle passerait dans ce bar, et chaque personne qu’elle y rencontrerait.

Ce pacte tacite avec elle-même lui permettait de ravaler sa verve et sa mauvaise humeur. Elle se sentait ridicule, d’être ainsi plantée devant un bar où elle ne jouait que les figurantes. C’était peut être ça le pire ; le fait d’être dans le royaume de quelqu’un d’autre, royaume où elle savait à quel point elle n’avait pas sa place. Et où, d’ailleurs, tout le monde se foutait plus ou moins qu’elle soit là ou pas. Pas comme dans le Quartier Nord, non ; là-bas, elle se sentait chez elle, chez elle, c’était différent, pas pareil, elle était moins vulnérable, en tout cas, elle avait un meilleur contrôle…
C’était ridicule, ridicule, ridicule, Talula songeait fermement. D’autant plus qu’elle prenait sa fierté très à cœur ; ce qui aurait paru tout à fait normal à bon nombre de gens, elle le prenait comme une humiliation nécessaire.

Elle savait pourquoi elle était là. Et que lui importait, ce qu’on pouvait penser d’elle ? Ce qu’on pouvait croire ? Ah, qu’ils pensent ! C’étaient des humes, des humes. Un ramassis de mâles écervelés, comme Riker, parfaitement, rien de bien impressionnant pour elle, rien qui ne soit à sa mesure. Rien qui ne puisse percer son déguisement.
Si elle restait là, sagement, juste, se boire un verre, éviter les Balayeurs, elle finirait bien par comprendre comment ça marchait, elle verrait Mancuso, oh et de toute façon, n’était-elle pas tellement plus intéressante et puissante que ces humes dont le seul but était de se remplir les tripes de Gerety ?...

Si, bien sûr, où avait-elle la tête. Franchement.

Lentement, elle desserra sa main et posa avec soin et tendresse son ombrelle contre le bar. Elle adopta une pose plus rassurée, moins crispée, tout à fait, comme si elle avait l’habitude d’être dans un tel endroit. C’était juste une banalité humesque, après tout, rien de plus. Boire, boire, mourir, entre deux se reproduire. D’ailleurs, l’alcool allait souvent avec la reproduction. Ça, c’était son domaine. La reproduction. Elle en connaissait un rayon dessus. Dommage qu’elle n’en connaissait pas autant quant aux relations courtoises de base.

Son regard se perdit un court instant sur la silhouette amusante de son voisin.
C’était étrange car vous voyez, ce type là était un gringalet – elle l’aurait envoyée au tapis d’un seul poing – et il réussissait tout de même à arborer un petit ventre grassouillet, certainement spongieux au toucher.
Elle plissa ses charmants sourcils et fit une moue peu ravissante.


« Quelle pitié de se laisser aller ainsi. ça vous gêne, pour dormir ? Je parle de votre bedaine, bien sûr.» lâcha-t-elle.

Aaaaaah, elle avait presque oublié à quel point il était agréable de critiquer tout ce qu’elle voyait pour se rappeler à quel point elle en était différente.
Elle croisa ses jambes au galbe parfait comme pour insister sur sa première moquerie.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   24.02.09 23:29

Une apparition. Alors que le houblon lui révélait des lendemains bulleux dans lesquels ils se tiendrait un peu le crâne, il senti un mouvement d'air derrière lui. Méfiance, gringo, c'est peut être l'un de ces monstres farouches, criminels et... Et... Et monstrueux, quoi. Le genre contre lesquels ils faut des hommes, des vrais, des travailleurs acharnés de l'ombre.
Il prit une longue gorgée maltée, claqua le verre pour faire face à la chose qui s'était glissée à ses côtés, et...

Séquence en travelling arrière.
Il y a un troupeau immense de belles bêtes, parmi lesquelles il chevauche, fier gardien, sur un fier destrier, arborant sa fière Micheline, son fier cigare, et peut être même est-il suivi du fier mais petit Billy. Et là, parmi ces génisses à la cuisse ferme, il y a deux cuisses battantes qui se remuent sous son nez. Deux gigots fuselés, à la peau prête à cuire, pas besoin de la griller aux flammes pour retirer les poils. Deux gigues qui se serraient l'une contre l'autre.
Son sang ne fit qu'un tour, et il n'est pas dit que tout lui remonta à la tête.


    Olà, Alonzo, faudra voir à pas rater ton coup.


Lui souffla la voix de Wayme à l'oreille. Oui, il le voyait presque rengainer son flingue d'un air complice, accord tacite entre deux chasseurs qui savent c'que c'est d'faire parler la poudre, poulette.
La poulette dont il était question là dû faire alors face à ce "sourire qui en dit long". Un rictus en coin, alors qu'il cherchait en vain un truc à y planter au sommet, pour tenir sa lèvre. Un cure dent, un mégot, un crayon, quelque chose. Il trouva une cacahouète, qu'ilfixa entre ses canines, yeux plissés. Jaugeant la gueuse comme une pouliche de concours. Non, ça, alonzo, des cuisses pareilles, faudrait veiller à ne pas les laisser galoper trop loin.
La main quitte la bière -Pour pas trop longtemps- et se plante sur le côté du tabouret, alors qu'il se tourne lentement vers elle. C'est pour avoir l'air classe.

Il commença sa phrase, sa réplique cinglante, et le premier phonème -Quelque chose en "gue", si on en croit le bruit qu'avait produit ses lèvres- fut coupé par le saut de la cacahouète contre l'épaule de Talula, rebondissant sous son menton, dribble en touche sur le rebord du corsage et marque le panier au fin fond.
Ce qui donna donc, en lieu et place de réplique cinglante.


    "Whops."


Et il resta là, à contempler les ruines de son effet et le lieu d'atterrissage bienheureux, et bien loti -Et blotti- de l'arachide.
Y'a pas à dire, parfois, on aimerait tellement être une cacahouète.

Puis, sa cervelle additionna une paire et un élément externe huileux, et arriva au résultat de la baffe. Aussi, il leva la main qui se mourrait d'envie de revenir à sa bière pour lui présenter sa paume.


    "Heu... Désolé."


Une éloquence pareille, franchement, c'est pas à pleurer?
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   25.02.09 18:22

Sincérement, elle se foutait complètement de l’existence ou non de ce type. Il aurait pu être un poulet spatial, pour ce qu’elle en avait faire. Bon sang, elle ne connaissait même pas son nom et ne tenait pas à le connaître. Elle ignorait froidement la façon dont l’hume la reluquait, après tout c’était en quelque sorte son boulot d’être reluquée, maudissant intérieurement tout ce qui existait en ce monde.
Un « gue » lui fit tourner le visage. L’être simiesque qui lui faisait face tentait-il d’engager la conversation ou quémandait-il uniquement un verre au serveur ? Allez savoir.
Elle pensait juste que cela serait drôle de vérifier.
Elle n’était pas déçue.


Tout d’abord, ce fut la surprise ; puis, la consternation, et, enfin, la colère.
Oh, est-il utile de préciser que la phase de surprise et de consternation ne durèrent guère plus de quelques millièmes de secondes ?
Bref.

Talula fit vivement face à son agresseur, ses sourcils formant maintenant une barre mécontente au-dessus de ses yeux blancs. Son visage fier et altier restait impertubable – ah ! enchantement délicieux de l’illusion !…. – mais il était évident qu’elle n’allait pas se contenir et que Billy et sa mère allaient bouffer des pissenlits par la racine sous peu, si vous voyez ce que je veux dire.

Une part d’elle-même avait beau lui rappeler que recevoir une cacahuète dans la tronche était une chose certes ridicule mais qui ne méritait certainement pas de s’énerver, la fierté excessive et la susceptibilité de la Dame (avec un grand D) écrasait tout sens de la raison et, si elle avait pu à ce moment même creusé des trous dans la tête du simienesque hume au vocabulaire réduit, elle l’aurait fait. Sans aucun doute. Et sans aucun remords.

Bordel, qu’est-ce qu’elle détestait cet endroit.

Un spasme musculaire agita son bras gauche et, lorsqu’elle écrasa la tête de son voisin dans le plat de cacahuètes, elle entendit avec délice le chant glorieux des arachides brisées.
En espérant que le nez y soit passé.

Un court remords fit irruption dans son esprit – n’avait-elle sincèrement pas autre chose à faire que d’étaler la tête d’humes sur un bar ? - , mais elle le chassa aussitôt – c’était une question d’honneur - , et elle relâcha la pression qu’elle maintenant sur l’arrière du crâne du type.

Sa main descendit et elle tapota presque gentiment l’épaule de ce dernier.


« Eh bien dis-donc ! Il y a des jours où on aimerait être une cacahuète, n’est-ce pas ? »
annonça-t-elle sympathiquement ; mais ses yeux laiteux plissés en une mince feinte, et la proximité de sa main et du bol de cacahuètes indiquait clairement qu’elle guettait l’occasion de, si ce n’était lui arracher la carotide, au moins lui faire passer un sale quart d’heure.

Il ne lui était pas encore venu à l’esprit que toute résistance était vaine, et qu’elle perdait son temps. Ou bien, c’était que, peut être, ce sketch l’amusait quelque peu. Elle-même ne savait pas trop, tentée entre abandonner sur pied le simien et poursuivre l’expérience un peu plus.


" Mais d'ordinaire, ne pait-on pas d'abord un verre avant d'accoster les dames ?"
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   28.02.09 3:47

Le mouvement du bras de la femelle avait eu un son de disque qui déraille. La bobine défilait, s'était rompue et son film était devenu un film blanc dont la bande son faisait "blk bll blk" en boucle. A moins que ce ne soit le son qui tentait de s'extraire de sa gorge écrasée contre le zinc, ou de ses bras battant l'air. Ou de ses babines compressées.

Elle le relâcha, et il resta là, la gueule dans les billes grillées-salées, songeant à sa vie, son oeuvre, Billy, la veuve, au goût du sel, à un oreiller plus confortable. Son nez allait bien, merci pour lui. Son oreille et sa joue, par contre, s'en souviendraient longtemps, et d'ailleurs emportèrent quelque souvenirs englués dans sa peau mollasse quand il retira enfin, centimètre par centimètre -à la façon "grue de chantier en mouvement"- son visage du bol à apéros. L'oeil morne et un peu éberlué toujours fixé sur les attributs percutants autres que la main de la demoiselle. Revint à sa pensée d'oreiller confortable. La chassa de la douleur à sa nuque, de la ca'houète coincée dans son oreille.


    "Z'avez failli renverser l'mien."


Déclara-t-il du ton qui se voulait celui du grand seigneur outragé aux bottes qui font un bruit d'arme qu'on dégaine -Le cheval, le compagnon sombre et taciturne, Billy, tout ça- et qui se révélait être celui du pochard bougon. Il ramena à lui son verre, par ailleurs, avec un reniflement sonore.
Le mouvement de joue fit choir une cacahouète au sol.


    "On est quittes, donzelle."


Cette fois, le ton se voulait complice. Il était graveleux. Et alors qu'on aurait pu espérer qu'il en reste là, la bobine raccrocha un autre film, mais passa à la scène du saloon. Le compagnon d'arme bourru se révéla avoir une paire de poumon envahissante et aussi expansive que les cultures en milieu humide. Il songea un instant à aller chercher dans ses chaussettes. Puis décida d'opter pour la solution "charme" avant la solution "paie".
Il lui rendit la tamponnade sur l'épaule. Avait-il seulement percuté, ou le bol allait-il devoir le refaire?


    "Belle poit... Gneuh! En tous cas! Ca c't'une belle droite! C'est vot'papa qui vous a appris?"


Allez, le bol. Deuxième prise.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   28.02.09 17:04

Etonnamment, personne dans le bar ne sembla s'indigner de la spéléologie graisseuse d'Alonzo. Les clients continuaient à bavarder entre eux, en prenant grand soin de ne pas tourner la tête vers le bar. Le patron, qui d'habitude apparaissait comme par magie à la moindre esquisse d'esclandre, restait résolumment invisible. Même José, qui d'habitude ne se faisait pas prier pour montrer la sortie aux pochtrons un peu énervés, semblait plongé dans ses énigmatiques pensées de ghoule. Personne ne voulait avoir à faire avec Kaspip et l'inconsciente qui s'était assise à côté de lui. Oh non, vraiment, sans façon.

Sauf.

Sauf une paire d'yeux dorés dissimulée dans la pénombre des poutres du plafond, loin, très loin au-dessus de la scène. Lors du premier jet de cacahuète, celui qui avait abouti à un prodigieux panier pervers, ces prunelles voraces s'étaient mises à étinceler. A présent que les arachides cascadaient sur le sol du bar, elles semblaient véritablement brûler de l'intérieur. Une longue langue mauve passa sur des babines rosées, dévoilant de petites dents pointues de prédateur affamé. Une longue queue se mit à battre l'air, son toupet bleu allant de droite à gauche avec une excitation sans cesse réhaussée. Ouh la la, toutes ces cacahuètes tombées par terre, là où plus personne n'en voudrait, non non plus aucun hume ne voudrait de ces cacahuètes-là, Rodrigue allait les jeter à la poubelle et on ne les reverrait plus jamais, non plus jamais, et personne ne les mangerait, ce qui était vraiment dommage, n'est-ce pas?...

Une autre petite graine grillée tomba entre les pieds des tabourets, et le reptomarsupial n'y tint plus: indifférent à la bonne dizaine de mètres qui le séparaient du plancher des brahmines, Chips se mit à bondir de poutre en poutre pour rejoindre la mezzanine qui servait de bureau à Caleb. Il sauta sur un petit rebord où il avait à peine la place de mettre les pattes, jaillit jusqu'au balcon et passa par-dessus la rambarde pour descendre avec une agilité stupéfiante le long d'un pilier en bois, tête la première, ses longues griffes retrouvant naturellement les prises qu'elles creusaient elles-même dans le poteau à chaque fois que l'animal empruntait cette voie. Puis, arrivé à deux mètres du sol, le reptomarsupial sauta négligemment à terre pour se faufiler sous une chaudière, loin des regards suspicieux des habitués qui l'avait vu approcher et avaient prudemment rangé leurs objets précieux - mauvais joueurs...

Chips entreprit de ramper de table en table, glissant insidieusement vers le bar et sa pluie de cacahuètes avec de petits jappements gourmands: oh, toute cette graisse, tout ce seeeeeeel... Il y en avait trop pour les deux humes, assurément. Enfin, humes... La bestiole interrompit brièvement sa reptation pour détailler la silhouette féminine, truffe au vent et oreilles dressées. C'était une madame, indubitablement. Mais quoi comme madame? Chips cligna des yeux, un peu déboussolé: la dame lui paraissait... clignoter. Un coup elle ressemblait à n'importe quelle madame hume, un autre elle était toute pâle, comme si elle était malade. Une dame malade? Oh ça c'était pas drôle, il n'aimait pas quand les gens étaient malades: ils étaient grincheux, fatigués, et parfois ils avaient même l'air d'avoir mal - et ça c'était vraiment pas drôle.

Le reptomarsupial s'avança un peu, renifla plus attentivement. Et soudain ses oreilles se rabaissèrent, l'air soulagé: elle n'était pas malade du tout, finalement, c'était juste une Dame A Crocs. Non pas que Chips trouve les Humes A Crocs particulièrement rassurants (ils étaient un peu morts, quand même), mais pour l'instant aucun d'entre eux ne lui avait fait de mal. Aucune raison que ça change, n'est-ce pas? Pour tout dire, il préférait même ce que dégageait la Dame A Crocs que le monsieur hume qui était à côté d'elle; lui, il avait pas l'air d'un bipède très marrant. Et les bipèdes pas marrants ennuyaient toujours Chips.

L'animal quitta alors sa cachette dans l'ombre de l'escalier pour filer entre les massives jambes de José et achever son élan d'une splendide glissade qui l'amena pile au milieu des cacahuètes défuntes - Gloria, qu'il était doué! Il en goba deux d'un coup, avec un petit jappement de délice, avant de penser que c'était trop facile d'achever une proie déjà à terre: lui, il aimait quand ça volait, quand ça fusait, quand il pouvait se précipiter à la suite de la nourriture en un splendide et classieux bond de félin... Alors il se redressa sur son arrière-train et saisit délicatement le manteau de la Dame A Crocs dans ses griffes antérieures pour tirer le tissu vers lui et attirer l'attention de la bipède:

"Mdame? Kwicahouète?" ^^
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   28.02.09 19:24

« Hmmm. Ca c’t’une belle droite….» répéta-t-elle lentement, détachant chaque syllabe.

Sidération.

Pendant un moment, elle fixa son voisin, parcourant les lignes de son visage. Essayant de comprendre. Qu’est-ce que….qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?
C’est en observant cirsconspectement son voisin qu’elle comprit soudainement : c’était un désespéré.
Et la Rough venait juste de rentrer dans son jeu.

Elle avait bêtement engager la conversation avec un hume graveleux et écervelé qui, s’il était comique de loin, était exténuant de près.
Elle prenait en répugnance ces larves humesques sans intérêt. Et voilà qu’il la traitait comme si…comme si….elle était une « pote » ? Une « potentielle coucherie » ? Un « bon coup » ?
Talula n’appréciait pas qu’on ignore sa réputation et qu’on passe directement à la case des bonnes connaissances. Les blagues graveleuses – bon sang elle était maquerelle ; elle les avait toutes entendues à un moment ou un autre – mais surtout les surnoms lui portaient sur les nerfs. Le « donzelle » résonna à ses oreilles comme un affreux crissement, une atteinte personelle à son ego.

"Ma Dame. » coupa-t-elle, son ton dégoulinant d’acidité. « M-a-d-a-m-e. »

Elle croyait que cet illuminé de la Nouvelle Eglise – Brack ? Jacques ? - était un abîme de désespoir ; il était, d’une certaine manière, effrayant, paranormal, et écoeurant de gentillesse. Il avait suffi qu’elle le secoue un peu, et elle avait été tranquille.
Et maintenant, il y avait ce beauf : il était pathétique, tout ce qu’il y a de plus banal, et pourtant – pourtant il dépassait la simple limite du quarantenaire graveleux qu’on qualifie quotidiennement de « gros lourd » : elle pourrait le réduire en pulpe maintenant, ça ne changerait rien du tout. Même en bouillie, il continuerait à articuler des « donzelles » censés être, hmmm, ô combien aphrodisiaques.

La maquerelle éloigna la main du type – elle ne permettrait sûrement pas à un individu aussi grossier de l’approcher – et recula sa chaise pour profiter d’une distance plus confortable pour la suite des élèments, explosant au passage une ou deux cacahuètes.

Changement de tactique.


« Papa ? oh non ! Papa était, hmm, comment dire ? Papa était amputé. Exactement. Il lui manquait deux pouces, un fessier….et le nez. Parfaitement. Pauvre homme. Je me rappelle encore, il battait souvent des bras dans l’air : « Mes enfants, si seulement je n’avais pas perdu cette fesse, je vous prendrai sur mes genoux, et nous jouerons au dada ! »….il me manque, parfois….mais il s’est étranglé. Avec une arrête de poisson. Pauvre homme. Non, non, c’est mon fiancé qui m’a appris. Au fait, je préfère le Gerety. A ce qui paraît, il est excellent, non ? Sans doute. Un peu cher, aussi, mais excellent. Sauf quand il explose. Ce n’est pas comme si j’en avais peur, remarque. Seul mon père en avait peur, depuis que l’explosion lui a raflé le nez. Faut être un fin buveur pour apprécier le bouquet, disait-il. Sans narines, il n’appréciait plus grand chose. Heureusement, au D-Bar, c’est absolument différent ! Et des clients tellement remarquââââââbles ! »

Elle eût un éclair de rictus sarcastique.
Fallait-il qu’elle en remette une seconde couche ? ….

Crissements. Glissade affolée.
Ah. On dirait qu’elle n’en aurait pas besoin, finalement.
La mascotte du bar venait de faire son apparition. Et pas n’importe quelle apparition : une véritable entrée théâtrale, apparemment.
La vampire, un peu prise au dépourvu, baissa les yeux et découvrit la créature qui lui…avait parlé ? et qui….tenait son manteau ? Vous comprenez, elle avait entendu parler de Chips ; elle ne l’avait jamais rencontré.
A en juger par les miettes de cacahuètes sur son museau, la créature avait un but précis en tête.

Drôle de bête, songea-t-elle, toute once de pensée désagréable envolée ; exit les balayeurs, exit le D-Bar, exit le voisin lourdingue, exit la Nouvelle Eglise, exit les soucis financiers – et, hmmmm, elle voulait une cacahuète la bestiole c’est ça … ?
Sans y penser, et sans quitter des yeux la forme colorée de l’animal, elle alla saisir une cacahuète sur le comptoir, la soupesa, regarda de nouveau l’animal, sourit un peu – mais juste un peu, n’est-ce pas – se demanda à quel point l’animal était doué aux acrobaties et lança vivement la cacahuète. On verrait bien.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   01.03.09 19:32

Dans les lignes du visage d'Alonzo, outre une cacahouète, là, sous la légère bajoue, on pouvait lire quelque chose qui tenait du croisement entre le veau et l'huitre pour le regard, du bouledogue pour la moue, et de pas grand chose pour l'ensemble.
Ce type, c'était un pudding. Malheureusement animé de vie et d'une vague conscience.

Et dans son esprit, la tirade de la Donzelle lui évoquait quelque chose de l'ordre du "Plaignez moi bel homme, je suis si malheureuse." La dénomination du fiancé heurta son instinct de survie, mais y dérapa, s'englua dans la sphère de ses fantasmes, fit remuer quelque chose de l'ordre du fol espoir, et de la compassion de comptoir.
Ca tombait bien. Le comptoir, il y était accoudé, là.


    "Ah ouais, z'avez pas eu une vie facile..."


C'est à cet instant de son développement à propos du bonheur et de l'accomplissement personnel dont il était à l'évidence un Parangon que la bestiole arriva, glissa et d'un couinement, lui vola la vedette.
Le poil.
Les femmes adoraient le poil.

Le film s'enroula, la bobine retrouva le chemin de ses réflexions et en arriva au propos d'un grand singe et d'une belle blonde, ce qu'il chassa d'un clignement d'yeux. Il songea alors plutôt à son grand héros à gueule cassée, à la barbe conquérante et confirma. Les femmes aiment les poils. Voilà pourquoi cette créature avait la préférence de la Miss.
Pas d'autre explication possible.

Il se frotta la joue de la main, à moitié pour la douleur, à moitié pour en tâter la pousse pileuse.
Planta ses pieds au sol. Chips n'aurait pas la monnaie de ses chaussettes.


    "M'enfin, si vot' fiancé vous cogne, hein, faut pas vous laisser faire... J'peux ptet lui parler, hein..."


Tenta-t-il en marmonnant tout bas, dans l'espoir vague de ne pas trop être entendu, et de ne pas trop faire le héros. Enfin, sauf si son fiancé aimait vraiment trop les patates.
On se comprend.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   02.03.09 16:59

Contre toute attente, Chips était très conscient d'avoir piqué la vedette à Alonzo. Enfin, ce n'est peut-être pas l'expression appropriée: piquer la vedette sous-entend une démarche plus ou moins volontaire. Alors que le reptomarsupial, dans l'étrange organe situé entre ses deux mouvantes oreilles, était bien conscient qu'avant son arrivée l'attention de la Dame A Crocs était pour l'hume et que maintenant elle était pour lui, mais de son point de vue cela n'avait rien à voir avec la rivalité. C'était juste qu'il était le pivot central de ce monde, et qu'il était normal qu'il en soit ainsi, n'est-ce pas?

Quoique, pour l'instant Tyr tournait plutôt autour de la main que la Dame A Crocs dirigeait vers le bol d'arachides. Sous l'effet d'un véritable shoot de convoitise, Chips se redressa carrément sur ses pattes arrières, en équilibre précaire, le museau pointé avec avidité vers le comptoir: oui oui c'est ça, encore quelques centimètres, oui, oui... KWOUIIII, une cacahuète! Elle avait compris, elle avait compris!

"Kwiii!" *o*

La bestiole retomba sur ses quatre pattes, fit un tour sur elle-même qui fit voltiger sa longue queue rouge. Et la Dame A Crocs, avec cette même inconséquence suicidaire qui l'avait poussée à s'asseoir à côté de Kaspip, lança la friandise.

Vraaaaaaaooooooooooum, les griffes de l'animal dérapèrent sur le sol lisse et ses muscles soigneusement dissimulés sous ses formes dodues le propulsèrent en avant à une vitesse proprement ahurissante. Chips fila pour rattraper la gravité, ventre au raz du sol, yeux écarquillés, langue pendante, museau levé comme un joueur de rotz qui s'apprète à réceptionner une passe décisive et se concentre pour ne pas laisser échapper la balle pleine de sang. Encore un peu, encore un p... TABLE!

Une impulsion et le reptomarsupial bondit, jaillissant entre deux chaises pour atterrir avec une grâce toute relative dans l'assiette d'un client malheureux, avant de s'envoler derechef, plus haut, toujours plus haut, et la cacahuète était là, et la sauce du plat du jour faisait une gerbe d'or derrière-lui comme s'il était une comète, et à coup sûr le cri que poussait l'hume était vibrant d'admiration devant une telle beauté, une telle classe.

Chips goba la cachuète en plein vol. Triomphant, il baissa ses pattes antérieures pour atterrir sur la table. Sauf que les calculs niveau CP de la bestiole avaient un peu surestimé la longueur dudit meuble, et que là où Chips voulut poser ses coussinets, il n'y avait qu'un trou.

"Kwoups..."

Et la splendide envolée s'acheva derrière la table du client malheureux dans un grand fracas de reptomarsupial en vrac, assorti d'un "KWIAÏÏÏE!" de circonstance.

Et en plus il avait avalé la cacahuète de travers.

...

Oh nan, c'était vraiment trop pas juste, pour une fois qu'il avait un tout nouveau public... T-T

Très déçu que la table ne se soit pas montrée plus coopérative, l'animal se défroissa avec un grognement, plus très au fait de la différence entre le haut et le bas. Par pur instinct, il évita d'un écart titubant le coup de pied ingrat du client pas plus amical que sa table, avant de filer sous une chaise pour ressortir de l'autre côté et adresser un regard penaud à la Dame A Crocs, les oreilles en berne: d'habitude il faisait mieux que ça, quand même...

Toujours un peu sonné, Chips entreprit de regagner le comptoir, croisant ainsi un Rodrigue qui se hâtait d'aller réparer les conséquences de son exploit. Allez, il devait bien y avoir un moyen de revenir à quelque chose de rigolo... Le reptomarsupial s'arrêta à quelques mètres de l'improbable couple, les observant avec attention. La dame n'aimait pas le monsieur, ça il le sentait très bien. Chips non plus, d'ailleurs: depuis la dernière fois, cet hume-là cachait ses Dons dans ses chaussettes, et ça c'était de la triche. Mais... Le regard de l'animal se fit soudain plus affuté. Mais au fait, c'était un truc qui brillait ça, non? Et à sa portée en plus?...

Oh ouiii, un GROS truc qui brillait!

Un feulement, et le bestiau rubicond était déjà sur Alonzo, ses griffes solidement arrimées au vieux manteau de l'improbable Balayeur, tandis que son museau plongeait sous le grand vêtement pour s'emparer de l'objet de sa convoitise. Ses mâchoires claquèrent sur sa proie, l'extirpèrent de sa cachette, et il s'esquiva aussi vite qu'il avait attaqué, en contournant le bol de cacahuète pour galoper sur le comptoir avec ce qui ressemblait à un petit rire joyeux (sincèrement joyeux, pas ricanant pour deux sous), une Micheline dans la gueule.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   03.03.09 14:44

Il aurait été évident, en tout cas pour n’importe qui, qu’Alonzo avait désinteressé Talula et qu’elle avait reporté toute sa curiosité sur l’amusant quadrupède.
Techniquement parlant, c’était faux. Que le regard mi bovin mi huître ( chose que, jusque là, elle se serait accordée pour qualifier d’impossible et d’inhumesque ) s’y trompe ; elle avait tout à fait entendu la dernière phrase de son voisin, et la Dame l’avait soigneusement rangé dans un coin de son cerveau, dans la catégorie : « Passe-temps en cas d’ennuis mortels : envoyer m’sieur l’emmerdeur se faire décalquer par quelqu’un de plus musclé. » Ah, qui serait l’heureuse victime ? Zack, peut être ? Oh, non, quelqu’un de sérieux, par exemple.
Le genre de personne qui, comme elle, ne supporterait pas ne serait-ce que la présence à moins de deux mètres de ce boulet. Quelqu’un de…han, peut être – disons bien, peut –être – venait-elle d’avoir une idée.

Mais pour le moment, la Rough était trop occupée à….eh bien, sourire.
Oui, sourire. Et pas méchamment, en plus. On aurait même pu le qualifier de joli, son sourire, une fois que l’illusion et l’être se rejoignaient sur le même point, et que le rictus un peu cruel et sec de la Dame disparaissait.

En tant qu’entropiste convaincue, Talula croyait dans la théorie du chaos : un battement d’ailes de papillons pouvait fort bien donner une tornade, à l’autre bout du monde. Ah ! Et maintenant, elle venait aussi de prouver qu’une cacahuète pouvait, en quelques secondes, transformer un calme et paisible bar en un concentré superactif d’agitation et de problèmes ! Et ceci, uniquement grâce à un quadrupède rouge pétant.
Et ça, ça, eh bien, c’était détendant.

Elle détourna prudemment le visage et tâtonna dans ses poches pour y dénicher son usuel éventail ; tchak, un claquement de main entraîné plus tard, elle le battait lascivement. Il était blanc, bien entendu, et, par intermittence, il cachait la forme souriante de ses lèvres au monde alentour.
Et parce que l’éventail en question était doté d’adorables lames rétractables, c’était le chouchou de la maquerelle.

Malheureusement, Bestiole Rouge ne réussit pas à choper sa cacahuète avec classe, vu qu’elle s’écrasa un peu plus bas ; c’était surtout son air piteux et tout penaud qui amena la vampire à sourire de nouveau, ses yeux laiteux suivant attentivement les aventures rocambolesques de Bestiole Rouge. Non, ce n’était pas le poil qui attirait la vampire ; mais juste le caractère joueur et rassurant de l’animal.

Bestiole était tout de même assez intelligente, et plutôt bonne joueuse, enfin, bonne patte ; au moment où la vampire se demandait ce que le quadrupède allait faire – s’en retourner d’où est-ce qu’il venait, satisfait du peu de jeu qu’il avait eu ? redemander une cacahuète ? – la bête bondit sur son voisin récemment oublié pour lui voler ce qui n’était autre qu’un flingue.

L’acharnement de la bestiole eût raison des réserves de la maquerelle qui éclata de rire avant de jeter un regard en coin à la tronche du camarade et d’en revenir à la course colorée et bruyante du quadrupède.


« Et c’est ainsi que se termine l’histoire du héros. Exit. Out. Kapout. Je parie que tu ne le retrouveras jamais, ton revolver. » Voix chantante. « Jaaaamaaaiiiiissssss ! »

D’expérience, Talula savait très bien à quel point les humes étaient titilleux sur leurs armes à feux. Elle comprenait, elle appréciait les armes, et elle savait aussi très bien à quel point un flingue pouvait être important pour les humes : c’était leur virilité même, leur confident, leur ange, et accessoirement, la seule chose qui avait une chance de les garder en vie dans des situations plus complexes.
Seulement, elle était plus partisane des trucs qui découpent, déchirent, hachent en morceaux que des balles bien placées dont raffolaient la foule.

Allez, cours, songea-t-elle intérieurement, peu désireuse que le spectacle s’arrête, alors qu’il ne venait que de commencer.
Oh, et si jamais, à tout hasard, son camarade pensait à poursuvire la créature, la maquerelle avait déjà prévu le croche-pied. Petite précision, juste au cas où.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   11.03.09 17:32

Quelque chose remua dans le Kaspip. Quelque chose qui tenait encore de l'enfantin, du rêveur, de la bobine de film usée à force d'être passée. Le machin rouge faisait son show, se plantait, et ça lui avait même tiré un rire. Pas très convaincu, le rire, ce gag il l'avait entendu hier dans une émission de l'Etat, et les bruitages étaient mieux faits.
C'est qu'il commençait à désespérer que ça soit effectivement le bon soir. Déjà parce que la fille était glissante comme ce savon que vous avez oublié de racheter et dont il ne vous reste qu'un petit morceau -Et là il s'approchait dangereusement du trou d'évacuation, ce savon à forte poitrine et à forte poigne.
C'est que cette bestiole aurait presque été anodine, si elle n'avait pas commis un crime.
Un enlèvement.
Une amputation.
Un blasphème.

Dans un bruit de tonnerre et au sacrifice du bol de cacahuètes qui, bousculé, achevé de rouler et de tinter au sol, répandant morceaux et contenu, Alonzo s'était levé, et laissa s'échapper un long cri indigné et presque chouinard.

    "Micheline! Noooon!"

Et resta là, dans sa pose de tragédien, bras en croix, regardant le machin velu qui a la cote filer.

Pas Micheline! Pas son amie! Son identité!

Fi de la belle étrangère, là, c'était sa régulières qu'on menaçait, et un Cow Boy, un vrai, ne laisse pas sa régulière être enlevée par un Apache comme ça.

Remontant son pantalon d'un geste décidé, il s'écarta du comptoir avec un bond pour quitter son tabouret; lequel se ramassa au sol et tomba entre lui et la donzelle -Ce qui coupa net ses élans croch'pateux- et suivit la bestiole, en hurlant des imprécations à faire rougir un cheminot.
Il n'avait bousculé que trois personnes encore, et insulté trois icônes saintes diverses, dont deux inventées récemment par des auteurs ivres, quand il saisit une poignée d'autres cacahuètes dans un bol moins malchanceux, s'écriant avec force.

    "Olà Gringo, relâche la de suite ou tu signes ton arrêt d'mort! J'suis prêt à négocier!"



Edit misérable: Chavais zappé le croche patte x_x j'ai changé la phrase, à relecture. Sorry tout plein.


Dernière édition par Alonzo Kaspip le 21.03.09 3:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   20.03.09 23:36

Délire, délire! Voilà, ça c'était drôle! Bon, le revolver avait un méchant goût de poudre et d'huile, et il ricochait péniblement contre ses crocs à chacun de ses bonds, mais c'était si dérisoire comparé à l'éclat de rire de la Dame A Crocs, au cri enthousiaste du propriétaire légitime de l'arme... Quoi? Définir le terme "enthousiaste"? Tout haussement de voix découlant plus ou moins directement d'un acte de la bestiole rouge.

Je sais, c'est vraiment très large. Quoique, il pouvait y avoir des exceptions à cette règle, mais elle étaient tellement rares... Et que l'on se rassure, de toute façon il n'était nullement question d'exception en cet instant.

Chips freina des quatre fers pour effectuer une artistique glissade sur le comptoir, avant de quitter son perchoir d'un coup de rein. Micheline tenta alors de se défendre en rebondissant sur le sol lisse, et les crocs du reptomarsupial dérapèrent douloureusement sur le canon de l'arme, qui lui échappa en partie. Avec un grognement agacé, l'animal s'arrêta une seconde pour rectifier la position de l'encombrant objet dans sa gueule. Et ce fut à cet instant qu'il se rendit compte que, contre toute attente, le tricheur-aux-Dons-dans-les-chaussettes avait déjoué le piège mortel qu'est un escarpin de dame déterminée à lui faire un croche-pied. Damned, il était donc motivé.

L'animal baissa la tête pour assurer sa prise sur Micheline, sa longue queue ondulant férocement derrière-lui, ses yeux vert et or étincelant de plaisir. Oh voui viens joueeeeer, pour une fois sois drôleuh! Chips anticipait déjà sur la trajectoire qui lui permettrait d'échapper au plongeon prévisible de l'hume, lorsque celui-ci changea brusquement de tactique. Le reptomarsupial observa attentivement la main de son adversaire plonger dans les cacahuètes, et soudain le mot magique tomba dans ses grandes oreilles poilues.

Nan, pas "négocier". Gringo.

Temps mort: pour comprendre la suite des évènements, il est indispensable de savoir deux choses sur Chips:
- il adorait aller au cinéma avec Caleb
- il adorait encore plus aller au cinéma avec Caleb si c'était pour aller voir des films de T-rex-Boys.

Faites le lien vous-même avec les cowboys.

Les mâchoires cramoisies se desserèrent, et Micheline eut droit à un autre contact très viril et pas du tout correct avec le sol.

"Chips attend, kwhombre." -.-

Et ce fut à peu près à cet instant que la bestiole eut la plus inquiétante de ses fausses bonnes idées: sa jubilation de jouer les chasseurs de dino/ meneurs de troupeau lui monta à la tête au point qu'il en oublia l'une des premières choses que son soi-disant maître lui avait apprises, et il décida que son jeu d'acteur serait nettement plus à son avantage s'il pointait l'arme dérobée vers celui qui la réclamait. Ce qu'il fit.

Sauf que des pattes griffues c'est maladroit, et qu'un Seung-Song poissard reste un Seung-Song poissard: le coup partit tout seul.

BLAM!

"KWIIIIIIIII!!!" @.@

Le bestiau rubicond tomba à la renverse sous l'effet du recul et s'étala les quatre fers en l'air, sonné, déjà sanglotant à cause du massif hématome creusé dans son petit estomac par la crosse de la retorse Micheline. Cela l'empêcha d'assister aux conséquences directes de son nouvel exploit, pourtant autrement plus impressionnantes que celles du précédent: si la balle avait touché Alonzo, pas moyen de le dire (avec un veinard aussi ulcérant, il était raisonnable de penser que non), mais par contre elle avait fait beaucoup de mal à l'un des trois pieds du tabouret de la Dame A Crocs, alias la nouvelle ex-meilleure amie de Chips...
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   27.03.09 21:58

Crac.
A quelques décibels près, ce fut exactement le bruit que provoqua la balle lorsqu’elle passa dans le pied gauche du tabouret, vouant et l’objet et la dame qui y trônait à se vautrer au sol. Et, toute aussi élégante et maligne soit-elle, la maquerelle n’avait strictement aucune chance contre la loi de la gravité. Donc, elle tomba. Violemment, brusquement, et très peu élégamment. On aurait presque cru entendre un vilain juron typiquement nevan sortir de ses lèvres satinées, mais qui s’évapora dès que sa tête heurta le carrelage avec le genre de bruit sec qui suggérait que la miraculée venait d’échapper de justesse à la commission cérébrale.

La vampire eût le temps de penser que c’était fort heureux, car un crâne brisé était fort peu attrayant, et de mémoire, les morceaux de cervelle se nettoyaient très mal sur le carrelage. Puis, ensuite, elle fût en colère. Très en colère.

Talula réagissait de manière très simple au monde extérieur : elle agressait avant d’être agressée. En général, ça marchait. Quand ça ne marchait pas, il suffisait d’en rajouter une bonne couche et les problèmes disparaissaient. Seulement, là, elle venait d’être agressée par erreur par un reptomarsupial qui se prenait pour un gringo, et ça, elle n’y avait jamais été préparée. Le plus simple aurait été de se lever, et d’écraser la boîte crânienne de la bestiole de ses escarpins sur le champ. Ensuite, elle aurait pu saigner quelqu’un. Ou boire un verre. Les deux avaient le même effet : ça la calmait.
Ce qui était assez triste, c’est que la vampire était dotée d’une conscience. Un peu amorale, certes, mais une conscience tout de même, et celle-ci se ramena aussitôt pour lui rappeler qu’elle aimait bien la bestiole. Le principe de bien aimer quelqu’un, c’est de ne pas gueuler dessus, ni de lui fracasser le crâne, hein ? Principe é-lé-men-tai-re des règles en société, cf Le Livre de la Bonne Conduite, leçon 1 : "Tu ne tueras point."

« Bordel. » lâcha laconiquement la Rough, tout en se relevant à moitié et en jetant un œil critique autour d’elle.

Oui, « bordel » s’accommodait parfaitement bien à la situation. Pas que ça la dérangeât. Souvenez-vous, la dame croyait au chaos universel, à l’anarchie, à l’entropie, au mouvement, à l’action, et à tous ces trucs marrants et drôles dans le même goût.
Talula trouvait ça presque hilarant de scruter les expressions affolées de la salle, et sa rancœur inhérente contre les humes se réjouissaient de les voir confrontés à des situations qui sortaient de leur ordinaire. Elle croyait presque voir les petits rouages s’activaient derrière leurs visages, et elle aurait presque pu effleurer du doigt leur psychés….ou alors, elle était juste de sale humeur et venait de se frapper la tête contre le sol, ce qui lui donnait des envies de mégalomanie chaotique. C’était possible.

Son regard tomba peu après sur la forme rougeâtre du quadrupède. Ce fut un peu comme une douche froide. D’un coup, elle se rappela très précisément pourquoi elle était venue au D-Bar en premier lieu. Mancuso. Bien entendu. Ahahahaha.

Tsss, peut-être, peut-être qu’elle avait un peu trop joué avec Alonzo et l’inattendu marsupial. Peut-être.
Si ça se finissait par un quadrupède à moitié assommé et vaguement sanguinolent….elle s’en voudrait. Argh. Elle détestait s’en vouloir. La culpabilité, c’était une plaie.
Et l’inquiétude...non, valait mieux ne pas y penser. L’animal faisait certainement le con, c’est tout. Tout le monde fait ça. Tous les comédiens, en tout cas. Ouais, s’étaler sur le dos et rouler des yeux, c’était tout à fait typique de l’être basique qui fait le con. Logique.

Talula s’agenouilla près de la bête. Elle était totalement incapable de savoir comment ce ….truc – n’ayant pas de meilleur mot pour l’instant- là allait. Et encore plus incapable de s’en occuper correctement. Ça, elle le savait. La vampire connaissait très bien ses limites – celles des autres aussi, mais dans une moindre mesure.

« Eh, fouteur de merde cramoisi. Eh ! Ce n’est pas drôle. Ça ne me fait plus rire. »

Elle approcha prudemment son index du ventre du quadrupède. Nouvelle douche froide : l’animal ne réagissait pas.
Bon sang, c’était si fragile, les vivants. Nouveau coup de doigt, un peu plus virulent cette fois.
Inspiration. Expiration. Au moins, ça respirait.

« Si tu fais la comédie… »

Toujours pas de réaction visible. Après tout, la bestiole venait tout de même de tirer au revolver…en parlant duquel.
Un regard en coin lui permit de remarquer que la salle était dans un tel bordel que son voisin et son flingue avait réussi à s’éclipser sans problèmes. Pfiou, disparus.
Remarque, valait mieux, avec un esclandre pareil…
Bon, au moins, elle allait s’acquitter de deux bonnes actions. La première, ramener le pseudo-cadavre inconscient de la mascotte du D-Bar à son légitime maître. Bénéfice certain pour le quadrupède. La deuxième, elle allait en profiter pour régler son affaire personnelle. Bénéfice certain pour sa propre personne.

Talula se releva, prenant avec une douceur surprenante l’animal entre ses mains. C’était la même douceur et lenteur dont elle faisait preuve avec ses filles. Et ça collait mal avec son air altier et passablement rageur.
Repérage des escaliers. Par là !
Glissade discrète dans la foule…. – depuis quand exactement était-elle discrète ? - …. On commence à monter…
Doucement, doucement. Ce serait vraiment, vraiment bête si elle finissait par fracasser la bestiole par pure mégarde. Parfois, elle était un peu maladroite lorsqu’elle faisait des efforts d’attention.

La maquerelle eût clairement le temps d’apercevoir un homme descendre prestement. Ah oui, il venait de faire une apparition théâtrale à un balcon quelques secondes auparavant.
Mise parfaitement soignée avec cravate et odeur de cigarettes incluses, huit centimètres de moins, air pressé….ce type puait le Caleb Mancuso à des kilomètres. Même un aveugle aurait pu le reconnaître au milieu d’une foule. Même dans le métro.

Talula réduit les chances de choc frontal en se collant contre la paroi du mur. On n’était jamais trop prudente, pour peu que le boss ait l’habitude de bousculer les gens, ce serait malheureux que ça tombe sur une femme de huit centimètres de plus, et qui disposait de toute bonne volonté pour engager la conversation. Par contre, pas sûr que re-dégringoler une quinzaine de marches la remette de bonne humeur.

« Pas un pas de plus, ou je jette cette chose en purée de cacahuètes à terre ! Amènes-moi au gourou du Gerety que tu appelles ton maître ! »

Un millième de seconde de réflexion plus tard :

« Sincèrement, Mr..Mancuso, n’apprendras-tu donc jamais à tenir ton établissement ? Y a un abruti en bas qui m’a lancé une cacahuète dans…oh, on s’en fout. Tu ne saurais pas ce que je peux faire du quadrupède ? Je lui ai dit que ce n’était pas drôle, mais il ne répond pas… » ajouta-t-elle vivement en dégageant légèrement ses doigts pour présenter le visage de Chips.

« Il a fait « kwiii », puis il a tiré avec un revolver, le choc l’a sonné, je crois. Et je ne suis pas inquiète, Mr. Mancuso, je profite égoïstement de la situation parce que j’avais des choses à te demander. Et qu'est-ce que je fais de lui alors ? » Cette fois-ci, elle ouvrit entièrement ses mains anguleuses, alternant son regard entre la forme de l’animal et le charmant Mancuso dont elle attendait visiblement qu’il exécute un miracle quelconque.
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MessageSujet: Re: Comme une charge épique [RP ouvert]   29.03.09 15:40

Pourtant la nuit avait bien commencé...

Tout était calme dans le D Bar, ce soir-là. Pas de pochtron énervé, pas de jeunes bourgeois gloussants avides de sensations fortes. Il était à peine minuit, encore trop tôt pour les commandes d'armes et de contrats, et lorsque le destin décida de pimenter cette si douce soirée en laissant Alonzo passer la porte d'entrée, Caleb Mancuso s'adonnait à une activité bien moins ennuyeuse que la surveillance de son établissement. Il était assis dans son fauteuil préféré, penché en avant, les coudes sur les genoux et les doigts entremêlés. Silencieux et attentif, il dévisageait avec une fascination certaine l'homme qui se trouvait dans le siège d'en face, les yeux clos et la tête inclinée en avant comme pour faire la sieste. Un homme qui était une copie conforme de lui-même.

Le Caleb qui avait les yeux ouverts remarqua qu'un peu de sueur commençait à briller sur la tempe de son vis-à-vis, et par extension sur la sienne. Il jeta un coup d'oeil à sa montre à gousset: sept minutes trente. Pas mal, pas mal du tout. Encore un peu de travail et il dépasserait les dix minutes. Le Techie referma sa montre et fit un effort conscient pour faire sourire les deux exemplaires de sa personne, avant de penser avec une fierté certaine et une poésie virile indéniable que c'était bien comme de faire de la musculation dans sa tête: c'était fatiguant, voire douloureux au bout d'un moment, mais avec de l'entraînement et de la volonté cela devenait exceptionnellement gratifiant.

Le trafiquant d'armes était encore tout extatique devant sa propre force d'esprit lorsqu'un coup de feu déchira le silence du bar, aussitôt suivi d'un grand fracas et d'une série de hurlements qui firent faire un bond de vingt centimètres aux deux Caleb. Celui qui avait les yeux ouverts disparut instantanément, dans une grande gerbe de volutes mordorées dispersées par un vent invisible, et l'exemplaire restant fit la moue avant même de soulever les paupières:

"Quoi encore?..."

Un regard vers la porte et les lampes qui la surmontaient. L'orange clignotait de manière hystérique: le patron est demandé à l'accueil, je répète, le patron est demandé à l'accueil.

Grincheux et encore engourdi par son petit exercice, le Techie se hissa sur ses jambes, rajusta sa caravate et son gilet, fit jouer son genou gripé avec une grimace; si le blizzard se maintenait, à n'en pas douter, il allait devoir sortir sa béquille dans la semaine. De mieux en mieux. Fermement décidé à être de méchante humeur, il s'approcha alors de la baie vitrée de son salon privé pour jeter un coup d'oeil en contrebas, déjà prêt à faire une sortie théâtrale pour calmer les esprits comme il l'avait fait lors du show initié quelques semaines auparavant par Riker, Seel et Zack. Mais au lieu de la bagarre d'ivrognes attendue, il aperçut quelque chose qui lui fit l'effet d'une douche froide. Glacée même.

Chips.

Ni une ni deux, toute velléité de bouderie jetée aux oubliettes, Caleb défonça la porte de son bureau plus qu'il ne l'ouvrit pour débouler sur le balcon de la mezzanine. Rapide regard panoramique sur le bordel qui régnait en contrebas, les clients debouts à leurs tables, ceux qui profitaient de la panique pour filer sans régler l'addition. Rien à foutre. Le Techie tourna la tête et accrocha la silhouette d'une femme qui commençait à grimper les escaliers. Elle portait solennellement une boule de poils cramoisie qui pendait de partout. Le tableau aurait pu être vraiment comique, s'il n'avait pas été précédé par un coup de feu: une balle était partie, et Chips ne bougeait plus.

Non, là ça n'avait rien de drôle.

Indifférent à sa jambe douloureuse, Caleb se jeta dans les escaliers plus qu'il ne les descendit, au risque de se casser la figure et d'amortir sa chute sur la charmante donzelle, ce qui aurait enfin fourni à cette dernière le prétexte qu'elle attendait pour "se calmer" à grands coups d'éventail psychotique mais aurait privé le monde de l'un de ses plus pittoresques trafiquants d'armes. Cependant de collision il n'y eut point, vu que le cri menaçant de la demoiselle figea Caleb dans sa course trois marches au-dessus d'elle.

Gourou du Gerety?...

Instant de grâce, millième de seconde de silence au milieu du chaos. Des yeux irréels, d'un blanc laiteux, fascinants, éminemment dérangeants. Le temps de se dire qu'entre Rodrigue, Asphodèle, Seel et maintenant elle, Caleb aurait bien aimé croiser de temps à autre un regard apaisant, voire seulement normal.

Puis elle recommença à parler. Et enfin il la reconnut. La maquerelle des quartiers nords, évidemment. C'était plutôt surprenant de la voir en ces lieux, même quand on ignorait qu'elle n'était pas tout à fait hume - ce qui était le cas de Caleb, même si l'indic avait entendu plus d'une rumeur insistante au sujet de la race de la belle. Mais là n'était pas la question, du moins pas pour l'instant: ça fait ni très viril ni très sérieux, mais là, Caleb était surtout mort d'inquiétude pour sa pauvre bestiole.

"Mais qu'est-ce qu'il s'est passé?!"

Il ne répondait pas? Sans blague... Le Techie descendit deux marches pour se mettre au niveau de la maquerelle et poser la main sur le ventre du reptomarsupial toujours dans les vapes. Il se pencha le temps d'apercevoir les paupières à moitié fermées de l'animal. Pâlit. Chercha du regard un impact de balle, une plaie, quelque chose qui... pardon? Il avait fait quoi? L'hume redressa la tête pour dévisager Talula d'un air incrédule: Chips, tirer au revolver?...

...

Quoique, à la réflexion, finalement...

"Et je ne suis pas inquiète, Mr. Mancuso, je profite égoïstement de la situation parce que j’avais des choses à te demander."

Oui bon ça va, ce n'était pas ça dont il s'étonnait. Quoique, à la réflexion, finalement... (bis)

"Ne vous énervez pas, je n'avais pas l'intention de vous vexer en vous estimant capable de sentiments."

Indifférent à sa propre raillerie, Caleb souleva délicatement la tête de Chips, qui émit un "kwii" vaseux. Bien, au moins il était vivant. Le Techie appuya un peu sur le ventre dodu de la bestiole, qui cette fois lui flanqua mollement un coup de patte accompagné d'un grognement mécontent. Malgré toute sa bonne volonté, le trafiquant ne put retenir un soupir dégoulinant de soulagement:

"Je crois que ça va, il a juste l'air assommé. Permettez?"

Il passa les bras sous le corps inanimé de Chips, entre ceux de la maquerelle, tout en faisant attention de ne pas malencontreusement toucher la poitrine de la dame: il s'était déjà assez remis du choc pour retrouver son instinct de survie. Puis il ramena le reptomarsupial contre son torse, d'un geste à la délicatesse maladroite.

"Euh, Boss?..."

Caleb tourna la tête et il se rendit enfin compte que José le fixait depuis le début, incapable de définir la marche à suivre devant un tel chahut; c'est que c'était un brave type, mais question neurones, ça ne se bousculait déjà pas là-haut avant qu'il ne chope le SAINT.

"C'est bon, je m'en occupe. Rattrape plutôt ces abrutis qui se barrent sans payer."

La ghoule hocha la tête et pivota sur ses talons pour courir vers la porte d'entrée de son pas lourd et menaçant. Caleb esquissa un sourire: la prochaine fois que les fraudeurs se retourneraient dans leur fuite, ils allaient avoir une sacrée surprise. Histoire de s'assurer que tout rentrait dans l'ordre, le Techie jeta encore un coup d'oeil vers le bar pour voir ce que faisait Rodrigue. Déjà en train de nettoyer les dégâts, évidemment, aussi sereinement qu'il faisait son ménage à la fermeture. En voilà un qui en avait des neurones, mais parfois Caleb s'interrogeait sur la température du sang qui y coulait; question comportement, ce type était un véritable glaçon.

Ok, le gérant de bar n'avait plus grand chose à faire, maintenant il pouvait reprendre son costume plus officieux.

"Bon, euh, vous vouliez me parler c'est ça? On va aller dans mon bureau, ce sera un peu plus... calme. En plus il faut que j'allonge cette fichue bestiole, en espérant qu'il n'a rien."

Ben oui, il était un peu bourru en parlant de Chips, parce que lui non plus n'était pas inquiet, voyons. Qui s'en ferait pour un reptomarsupial bêtement dégommé par le recul d'un revolver un peu retors, hein? Quoi, juste avant? Simplement un peu de nervosité, angoisse devoir dégaîner le porte-feuille devant l'un de ces escrocs de vétérinaires, ce genre de trucs. Evidemment. Bien sûr.

Caleb fit demi-tour et entreprit de remonter les escaliers, Chips précautionneusement serré au creux de ses bras.


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