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 Kaiden Morshes (Vampire Garde du corps)

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MessageSujet: Kaiden Morshes (Vampire Garde du corps)   29.06.09 23:59

I. Identité:

Nom : Morshes
Prénom : Kaiden
Surnom : Aucun connu
Sexe : Masculin
Age : 58 ans, mais en parait 25 (Il a été mordu à 28 ans)
Race : Vampire
Idéologie : Sans idéologie, c’est un clandestin
Métier : Garde du corps de l’Oracle


II. Conscience du monde et Magie:

Conscience : Initié
Source : Lever le voile
Technique : Psyker
Spécialisation :

Spécialiste des armes à feu, il peut influencer la balle et ne manque pour ainsi dire jamais son tir.

En agissant sur son tir il peut:


* Atteindre une personne, peu importe la distance tant que cette dernière demeure dans son champ de vision (sous couvert que sa vision demeure nette sinon la cible risque d'être atteinte à des points non vitaux. Mais il ne la ratera pas)
* Atteindre une personne qui n’est pas dans son champ de vision sous la condition que cette dernière soit à moins de 50 mètres.

Ce n’est pas la balle qui voit
, mais bien lui qui l’influence en la guidant pour qu'elle atteigne sa cible (sous certaines conditions). Dans son esprit, la balle fait partie de lui jusqu'à ce qu'elle stoppe sa course ou que la distance trop grande effrite l'énergie dont elle dispose.

Une balle est 'renforcée' quand:

- Kaiden possède une bonne connaissance des lieux (Il entre, et repère aussitôt les points importants, ceux qui lui serviront de repères dans le cadre d'une attaque avec tireurs embusqués)
- Quand la personne se trouve être dans son champ de vision (Cf plus haut: la couverture est plus grande tant que la vision demeure nette.)

Les obstacles:
La cible peut très bien se mettre (ou être) à couvert. Kaiden aura alors deux possibilités:

1- Il a vu la cible se cacher

La distance de 50 mètres s'étirent jusqu'à 60, voire 70 mètres. Plus le souvenir est net, plus l'influence sur la balle sera solide. Il aura 80% de chance de toucher sa cible mortellement dans les 5 secondes qui suivent son tir. Au delà, il ne pourra plus diriger la balle sur des points vitaux mais sur la cible dans son ensemble. Au delà de 15 secondes, le souvenir ne sert plus à rien, la distance revient à 50 mètres, et les balles risquent plus d'atteindre l'obstacle que la cible.

2- Il n'a pas vu la cible se cacher mais quelqu'un (Eliade ?) lui indique la position de la cible.

Cette dernière doit se référer à des points que Kaiden aura déjà repéré en arrivant sur les lieux (clos ou non). Il tire. La distance de 50 mètres est de mise.
La balle contournera l'obstacle si la victime est à moins de 40 mètres. Entre 40 et 50 mètres, elle passera l'obstacle pour toucher la cible à des points non vitaux, ou effleurera l'obstacle (pouvant même être déviée).
A plus de 50 mètres, son pouvoir n'est d'aucune utilité et il assurera la couverture d'Eliade plutôt que de chercher à atteindre sa cible.

L'énergie de la balle:
Cette emprise sur la balle diminue s'il doit en contrôler plusieurs à la fois. 3 balles tirées sur une cible placée à 50 mètres risquent de vaciller jusqu'à devenir inutiles dès 30 mètres. Ainsi, Kaiden préfère n'en tirer qu'une seule, attendre un cri (Toujours efficace) et continuer ainsi jusqu'à ce que la fatigue prenne le pas sur sa concentration (Kaiden ne peut assurer un tir régulier plus de 10 minutes d'affilées sans ressentir les premiers symptômes d'une migraine épouvantable - comparable à une monstrueuse gueule de bois).

Mais, cette énergie peut être contrôlée pour renforcer une balle sur les trois.

Son don ne concerne que les armes à feu. Il est donc à la limite de la nullité avec les armes blanche, sauf si la personne se trouve à portée de lame.

III. Descriptions:

Description physique :

Kaiden est un beau garçon, ce que sa condition de vampire n’a pas vraiment changé. Ses cheveux sont d’un noir de jais, coupés court et la plupart du temps assez ébouriffés dans un style assez soigné même si certains matin il manque de temps pour se pomponner. Du haut de son mètre 80, il surplombe le monde de ses yeux bleus perçant et pétillant d‘une douceur étrangement malicieuse, ma foi juste un peu trop clairs ce qui pourrait évidemment le trahir quant à sa véritable nature. Mais rien n’est plus flagrant que les deux crocs qui effleurent ses lèvres à peine souriantes.
Sa peau est bien trop pâle, lui qui avait arborait un teint presque hâlé, et c’est sans doute cela aujourd’hui qu’il regrette le plus. Sa musculature est des plus appréciables bien qu’il ne soit pas capable physiquement d’assurer un corps à corps plus de 10 minutes sans commencer à flipper - contre plusieurs adversaires, il lui est impossible de gagner.
Il a un style vestimentaire des plus sobres mais tâche de ne pas faire honte à l’Oracle en ayant une allure négligée. Il fait comme il peut, avec ses moyens, et cela lui confère un style assez classique sans être chic qui lui permet d’être discret tout en restant joli garçon. Kaiden a l’allure de l’homme assuré et assez sociable, ce qu’il est réellement, mais c’est aussi, et surtout, un atout pour passer inaperçu: en effet, on remarque moins les gens aimables que les boudeurs qui se planquent en vous jetant des regards noirs, l’air de se méfier de tout.

Description morale :

C’est un homme sûr de lui qui réfléchit toujours deux fois avant d’agir. Souriant et très doux, il peut attirer la confiance bien que subsiste de par son état de vampire un certain malaise. Il est sûr de ses capacités mais pas au point de se surestimer, ce qui mettrait l’Oracle en danger. Kaiden est très tactile et ne cache jamais ses sentiments aux personnes auxquelles il tient. Il aime le contact au point de le chercher chez les personnes avec qui il se sent en confiance. Une main sur l’épaule le plus souvent, bien qu’avec Eliade il préfère son visage, caressant ses joues du bout des doigts.
Bien que tendre, il peut parfois se montrer colérique par crainte, notamment quand l’Oracle décide de sortir sans lui rencontrer un Versatilis sans le prévenir. Il semble garder le deuil de son ex fiancée au point de ne pas chercher à rencontrer d’autres femmes, ce qui serait plutôt difficile vu son état vampirique. Bien qu’il ait accepté sa disparition, il refuse désormais de faillir à sa tâche qui est de protéger l’Oracle et sera capable d’agir avec obstination, quitte à désobéir aux ordres de son employeur, s’il juge cela moins risqué.
Il n’aime pas vraiment les combats et choisira toujours de ne pas exposer l’Oracle en se débarrassant des attaquants le plus rapidement possible, quitte à fuir s’ils sont en trop grand nombre. Kaiden, avec les années, a laissé ses sentiments pour Eliade renforcer sa volonté de la protéger, bien que cela soit risqué d‘être aussi impliqué dans ce genre de métier, devenant ainsi un véritable ami pour la jeune femme.
Le vampire en lui recherche avidement le sang, mais bien que 30 ans aient passé depuis sa transformation, il se répugne à attaquer les humains. Kaiden préfère ainsi s’attaquer aux animaux qu’il rencontre bien que cette nourriture soit moins « saine ». Il ne se nourrit de vagabonds seulement quand il est blessé, la protection de l’Oracle passant bien avant ses derniers sentiments humains.
C’est d’ailleurs cette humanité, ce besoin de croire en la vie malgré son décès qui a attiré l’attention d’Eliade. Il ne cesse d’être surprit par les dires de cette dernière, mais se montre toujours prêt à l’écouter même si le plus souvent il remet en question ses prophéties. Son grand jeu est d’ailleurs de la taquiner au sujet de son pouvoir en lui demandant chaque nuit combien de doigts il cache derrière son dos. A priori, il ne s’est toujours pas lassé, et Eliade non plus.



IV. Précisions supplémentaires:

Style de combat :

Au vu de ce don, sa spécialité serait surtout liée à ses armes à feu donc. Très peu de corps à corps, il essaye même d'éviter pour ne pas vite se retrouver en position de faiblesse. Il utilise parfois les armes blanches quand il y est vraiment obligé mais préfère que l'attaquant soit à portée de lame pour porter l'estocade finale avant de filer en douce, Eliade en sac en patate sur l'épaule. On l'aura comprit, le monsieur préfère finir ça vite et bien histoire de mettre la belle en lieu sûr. Et vraiment, qui pourrait le lui reprocher ?

Talents particuliers :

La discrétion commune à tout les vampires, mais il dispose aussi d'un atout majeur dont il ne se sert généralement qu'avec les jolies filles: Un charmant sourire. Il apparait du genre sociable et donc n'attire pour ainsi dire jamais la méfiance de ses interlocuteurs, à moins que ces derniers ne soient particulièrement perspicaces et aient découvert sa véritable nature.

Signes particuliers :

Aucun handicap, aime l'alcool mais sans plus, n'est pas très porté sur les cigarettes ou les médicaments. A une vue excellente, un corps en bonne santé tant qu'il a un quatre heures à portée de crocs, de préférence animale merci sauf pour les gros besoins.


Dernière édition par Kaiden le 19.11.10 23:50, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Kaiden Morshes (Vampire Garde du corps)   30.06.09 0:04

V. Histoire:

Partie I


Assit sur sa chaise, comme un pauvre nigaud de presque 18 ans, il la contemple de loin et n’ose même pas en parler à ses amis qui, à ses côtés, bavardent bruyamment. Lui, il n’est qu’un pauvre bûcheron qui peine dans cette petite ville proche des côtes de Vanor. Il peinera sans doute encore longtemps avant d’approcher une fille aussi belle, se dit-il en avalant une gorgée de cet alcool si fort qu’il en devient douteux. Il a la tête qui tourne de rires et de chants, on fête une bonne saison, peut-être quelque chose d’anodin mais ici, dans cette petite communauté où tout le monde se connaît cela mérite bien qu’on s’y attarde un soir, peut-être même jusqu’à l’aube si les femmes ne râlent pas trop. Son père est de l’autre côté de la salle, il se tape la cuisse signe d’une ivresse déjà bien avancée mais Kaiden ne se décide pas à aller lui faire la moral devant ses amis. Après tout, Marx Morshes n’est jamais venu le ridiculiser depuis qu’il a l’âge de l’accompagner au bar et il a bien le droit de penser à autre chose ce soir. Sa mère est couchée au lit depuis la veille avec une fièvre qui tarde à descendre. On chuchote que le mal s’est abattu sur la ville mais Kaiden n’y croit pas. Cette fille lui sert d’alibi pour oublier le pâle visage de sa mère et ses pauvres yeux éteints.

- Tu vas la rejoindre ou je dois t’y emmener en te traînant par le cul ?

Surprit, il se tourne vers ses compagnons de beuverie qui ont cessé leurs conversation pour le contempler, un sourire narquois aux lèvres. Celui qui a parlé est son ami d’enfance, le seul qui se permet encore de le traiter comme un vague gamin intimidé et bredouillant. Les yeux de Kaiden pétillent et il arbore l’air angélique de celui qui ne sait pas exactement où l’autre veut en venir. Évidemment, cela pourrait marcher sur d’autres que Charles.

- Elle est plutôt jolie, je lui offrirais bien un verre.
- Eh la, et pourquoi ne serait-ce donc pas mon tour pour une fois ? Il me semble que tu as déjà des vu sur Giselle.
- Une nouvelle fleur dans un champ déjà labouré doit être cueillie par un professionnel, répond Charles.

Son air est si digne qu’un instant, les trois autres le prennent au sérieux avant d’éclater d’un rire. Seul Kaiden semble un peu ailleurs, soucieux de laisser cette jolie oie blanche à son meilleur ami. Ce dernier ne ressemble pas aux autres hommes du coin, les cheveux blonds et les yeux clair. Mais Charles ne semble prêter aucune intention à l’étrangère qui s’est aventuré dans ce bar il y a déjà une heure sous le regard curieux du bûcheron. Il se contente d’attendre, et Kaiden ne se demande même pas quoi. Un soupir lui échappe avant qu’il ne se tourne de nouveau vers son ami.

- Je risque de me faire envoyer promener.

- C’est un risque à prendre.
- Elle est assez jolie pour t’envoyer promener en tout cas
- Et encore ! On ne discerne pas très bien son visage. Si ça se trouve elle est tellement belle qu’elle t’enverra promener d’un regard.
- Donc…
- Vas-y, le coupent bruyamment ses trois amis.

Qui ne tente rien n’a rien, se dit-il en se décidant enfin à se lever. Il n’est pas du genre défaitiste ordinairement mais les étrangères se font rare, surtout les jolies dans le genre de celle qui attire immanquablement les regards curieux du barman. Les épaules basses, la tête penchée en avant, elle semble rechercher la solitude et Kaiden craint surtout de la déranger dans quelques songes. Il inspire finalement un bon coup, se tourne une dernière fois vers ses amis et se dirige vers le bar, évitant les tables, le cœur battant la chamade.

- Et il nous quitte le traître.
- Adieu Kaiden, on t’aimait bien.
- Je pourrais reprendre ta hache ??
- Enfoirés, Siffle-t-il entre ses dents, plus amusé que vexé.

Il sent sur sa nuque la brûlure des trois regards combinés et il lui semble presque que tout le monde l’observe en silence même si ce n’est que son imagination. Kaiden s’installe au bar, sur la chaise haute, juste à côté de la sienne et remarque machinalement que personne n’a osé prendre place à ses côtés. C’est une petite ville, pense-t-il, alors on se méfie de tout et de rien, on devrait changer cela. D’un geste, il commande un autre alcool au barman qui se contente de hocher la tête tout en leur jetant des petits coups d’œil intrigués. Au bout de quelques secondes où semble peser un certain malaise, il se racle la gorge et se tourne vers elle. Il n’a que le temps d’apercevoir l’éclat vert de ses yeux, avant que cette dernière ne le devance.

- Que veux-tu ?
- … Euh…


Un instant déstabilisé, il fixe le comptoir et reprend son sourire habituel.

- Et bien saluer une jolie étrangère, et peut-être même lui offrir un verre…

- J’ai déjà un verre.

Le compliment fait tout de même mouche au vu de son regard qui revient sur lui, cette fois ci nettement plus curieux.

- .... Alors offrir un autre verre à la jolie étrangère quand elle aura terminé le premier…

- Tu n’as rien à faire d’autres ?
- Ca fait une heure que je me demande comment t’aborder…


D’une moue un peu chagrine, il semble presque s’en excuser et prit intérieurement pour qu’elle lui laisse au moins une petite chance. Kaiden finit par se redresser un peu et lui sourit avec plus de douceur, sans doute pour la charmer. Est-ce de la chance, ou bien autre chose ? En tout cas cela semble fonctionner. Elle se tourne plus franchement vers lui.

- Un verre… Et après ?
- Après, peut-être un autre verre ?

- Tu ne comptes pas m’enivrer j’espère.
- Ah non ! … On pourrait discuter.

- Discuter ?
- Oui, faire connaissance.

- Tu fais souvent ce genre de numéro aux étrangères ?
- Jamais. Mais elles ne sont pas toutes aussi jolies que toi.


Ce n’est pas le rire clair qui le charme à cet instant, mais bien son geste un peu coquet de cacher sa bouche derrière sa main gantée. Kaiden hausse vaguement une épaule mais ne semble pas regretter ses paroles, se contentant de la dévorer doucement des yeux en silence. Elle est plus jolie de face que de dos, ça c’est certain. Peu importe qu’on le regarde, le monde entier pourrait bien l’observer qu’il s’en foutrait, perdu dans les yeux de la jeune femme à qui il tend soudain la main.

- Je m’appelle Kaiden Morshes.

- … Sophia Lay.
- Enchanté Sophia.


C’est à cet instant que le temps semble s’enfuir entre ses mains, comme de l’eau qui lui échappe. Il y aura des verres, d’autres rires et surtout leurs regards qui se croisent. Ses amis quitteront le bar ainsi que le reste des hommes qui chanteront dans les rues à faire râler la commère de la ville qui ira sans doute se plaindre au maire demain matin. Les secondes s’accélèrent dans un manège, deviennent heures puis jours tandis que l’étrangère devient Sophia, puis une amie, avant qu’un premier baiser ne les lie. Il y a aura toujours cette tristesse dans son regard, cette ombre sur son visage, le malaise qu’elle inspire aux autres femmes. Il n’y aura que des couchers de soleil, des jours de pluie où elle daignera sortir avec lui jusqu’à lui prendre la main.
Des arbres seront coupés, d’autres naîtrons au creux des forêts tandis qu’ils s’aiment. Il y aura toujours cette main pour cacher son rire, pour ne laisser voir que ces deux yeux magnifiques pour lesquels il se damnerait. Sa mère ne se remet pas de sa fièvre, son père finit par ne plus chanter, mais les heures continuent de défiler sur la vieille horloge de la cuisine jusqu’à ce qu’elle s’arrête un jour étrange où Charles lui demande gentiment d’arrêter de voir Sophia. Ils ont trouvé des chats, quelques chiens, au creux des bois, vidés de leur sang. On parle du décès de sa mère, de la fièvre qui s’abat désormais sur les enfants, du médecin qui ne comprend pas. Charles lui chuchote des ragots au sujet d’une potentielle malédiction, d’une certaine étrangère. Kaiden s’en amuse, s’en inquiète et commence à douter.
Les humes Lupus ne tuent pas ainsi, ils ne sont pas responsables de la maladie, les malédictions ne sont que les affaires des bonnes femmes. Sophia est innocente, il pourrait en jurer mais on ne la laisse plus entrer dans le bar. Alors il vient la retrouver dans les bois une nuit où les propriétaires de la petite auberge où elle loge se sont enfin décidés à la chasser, en s’excusant bien évidemment mais vous comprenez, avec toutes ces rumeurs. Elle est assise là avec une valise, elle semble attendre quelque chose de lui.

- Je pars, Annonce-t-elle simplement.
- Oui… je vois ça.

- Les gens d’ici ne m’aiment pas.
- Ils sont un peu idiots… tu es une étrangère et ils préfèrent croire aux malédictions plutôt qu’aux hasards…

- Parfois, il n’y a pas de hasard.

Kaiden ne sait que répondre et préfère s’installer à ses côtés, sur la souche un peu moisie qui supporte leurs poids sans craquer.

- Où comptes-tu aller ?

- Je vais remonter de villes en villes vers le nord de Vanor avant de me diriger vers Miridia.
- Et nous ?

- Quoi nous ?
- … Et bien je pensais que c’était du sérieux nous deux…

- Je ne t’ai pas interdis de me suivre.

Surprit, il la contemple dans la pénombre et un instant la craint, comme si elle pouvait à tout instant se jeter sur lui pour le tuer. Ce n’est qu’une idée qui disparaît bien vite mais le malaise se niche au creux de son ventre.

- Je ne connais que cette ville. J’y suis né, comme mon père, comme mon grand père. Je n’ai pas d’autres choix que de vivre ici, d’être bûcheron.

- On a toujours le choix. C’est toi qui décide de toute façon, pas moi.

Un instant passe où Kaiden fixe les deux chemins qu’on lui propose.

- Si je te suis… c’est parce que je t’aime et que je crois en nous. Mais je ne veux pas laisser mon père.

- Ton père est déjà parti. Il a disparu le jour où ta mère est morte.
- Dis pas ça Sophia.
- J’ai tord ?

Il baisse la tête.

- … Moi aussi je crois en nous tu sais… Chuchote-t-elle soudain. Mais il y a des choses que tu ne sais pas sur moi.
- Je veux tout connaître de toi, peu importe le temps que ça prendra.

- Je sais.

Et malgré ce malaise, il aime la savoir à ses côtés.

- Donne moi ta main.

Et c’est sans hésiter un instant qu’il la lui tend. Il ne doutera pas d’elle-même quand son index effleura ses lèvres, puis la pointe de ses canines tandis qu’elle ouvre la bouche, comme un odieux sourire. D’une certaine manière, il l’a toujours su et se contente de hocher la tête, la gorge trop nouée pour répondre. Kaiden ne se sent pas capable de lui mentir, de lui dire que cela n’a aucune importance car cela fait partit de Sophia, ce mythe qui accompagne les cauchemars des enfants, ce sang qui a dû couler dans les bois pendant que ces pauvres bêtes - le chat de la commère a disparu hier matin et les enfants chantent, la maudissent, et s’enfuient quand elle hurle - agonisaient sous ses crocs. Il ne retire pas sa main de la sienne et embrasse simplement le coin de cette bouche, une simple promesse.

Le lendemain matin, sa hache trouva d’autres mains.


Dernière édition par Kaiden le 30.10.11 19:31, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Kaiden Morshes (Vampire Garde du corps)   30.06.09 0:07

Partie II


Cette nuit semblable à tant d‘autres, il n’y a ni vaisselle cassée, ni cris hystériques. Ils sont juste là, à se contempler avec comme de la haine dans le regard. Sophia a les crocs en avant, sur la défensive tandis que Kaiden lui expose son avis point par point. Il ne tarde pas à laisser tomber puisque la jeune femme ne semble même pas vouloir l’écouter, hochant négativement la tête.

- Nous pourrions peut-être simplement y réfléchir ensemble si tu veux bien !

- Il n’y a pas à réfléchir, la réponse est non !
- Mais enfin Sophia ! Elle… elle a peut-être dit la vérité !!

- Et quoi ? Tu es prêt à la croire sur parole ??? Ce n’est qu’une prophétesse de bas étage ! Qu’elle rende les autres paranoïaques si ça lui chante, il est hors de question que je craigne un ennemi invisible !

Ce n’est pas leur première dispute, mais c’est loin d’être la moins grave. Face à elle, les poings serrés et le teint blême d’une colère qu’il tente en vain de retenir, Kaiden a marqué les années. Voilà déjà dix ans qu’ils sont ensemble, installés à Secaria, petite ville sans prétention qui ne cesse pourtant de s'agrandir chaque jour. Kaiden a changé, passant du jeune homme à l'homme, trouvant des petits boulots jusqu'à atterrir sur un chantier. Ils vivent depuis peu, chez une vieille dame du nom de Martha qui s’est prit d’affection pour ce jeune couple. Martha, du haut de ses 70 ans ne voit malheureusement plus très bien mais comme elle le dit si bien, elle comprend bien des choses. Ces deux jeunes gens n’avaient besoin que d’un coup de pouce quand ils sont venus frapper à sa porte, répondant à une annonce qu’elle avait finit par oublier. Elle les a installé bien au chaud dans l’ancien appartement de son fils qui a finit par la quitter pour rejoindre un autre continent, et dans son fauteuil, tandis que ses mains s’acharnent à confectionner un pull bien chaud pour la jolie demoiselle, elle écoute les éclats de voix sans rien y comprendre. Et puis, de toute façon cela ne la regarde pas.

- Ce ne sont que des racontars !
- Peut-être bien, mais je suis prêt à les prendre au sérieux pour te protéger !

- Tu n’as pas à me protéger d’une malédiction de cette prophétesse à la noix ! Elle se prend pour dieu sait quoi, une folle issue de la magie… Notre race n’a rien de divin ou de démoniaque ! Nous sommes les créatures de la science, des monstres que le gouvernement n’osera JAMAIS chasser ! Jamais !
- Et qu’en sais-tu ?? Peut-être qu’il finira par réparer son erreur avec ses propres méthodes !
- Tu t’en fous bien toi, tu es humain, Crache-t-elle soudain.
- Mais je t’aime ! Et je ne veux pas qu’il t’arrive quoique ce soit !


Essoufflés, ils se contemplent un instant en silence et Kaiden sait que Sophia est déstabilisée. Cela se remarque dans la manière qu’elle a de fuir son regard tout en croisant les bras. Il pense l’avoir convaincu mais elle lui lance un regard buté avant de se diriger vers leur chambre à coucher, d’un pas décidé. Elle ne compte pas quitter Secaria, sans doute lassée de ses propres errances et son fiancé ne peut que s’effondrer sur le fauteuil, les mains crispées sur ses tempes où une soudaine migraine vient de faire son apparition. Ce n’est pas qu’ils croient aux diseuses de bonne aventure, mais la prédiction de l’Oracle, comme certains vampires semblent la surnommer au sein du groupe qui vit à Secaria, l’a terrifié. Kaiden n’a jamais été du genre impressionnable mais sur le visage de cette femme, il a vu la catastrophe arriver et les vampires se cacher dans les ombres pour éviter les chiens du gouvernement lancés à leur recherche. Mais Sophia ne le croit pas, elle préfère ce petit appartement sans prétention, ses débuts de soirée avec Martha où elle contemple la nuit tandis qu’il tâche de ne pas s’endormir. Il aimerait trouver un boulot de nuit pour qu’ils puissent vivre en même temps. Sans y penser, il renonce à l’idée de quitter Secaria et vient la rejoindre dans le lit. Tant d’années les séparent mais quand sa main se pose sur son ventre, il ne peut que sourire tout contre sa nuque. Il a envie de lui faire un enfant.

C'est un soir où la menace gronde, où les prédictions de l'Oracle ne cessent de retentir à ses oreilles. Il a beau fermé les yeux, il sent le danger s'approcher, sans savoir quand il frappera. Il est distant, froid, irascible. Sophia le rejette bien souvent, l'obligeant à coucher dans la chambre d'ami de Martha. Mais ce soir, alors que le crépuscule vient de tomber et qu'il attend simplement qu'elle s'éveille, Kaiden la contemple, savourant la beauté de cet amour éternellement jeune, avant de la déranger d’un baiser sur la joue. D’un doigt il vient effleurer ses lèvres comme un souvenir nostalgique et se contente de sourire quand ses paupières s’ouvrent tandis qu’elle baille à la manière d’un chat perdu dans un rêve qui tarde à se déchirer.

- Je t’aime…


Elle semble surprise et se contente de lui sourire, dévoilant ses crocs dont il ne se méfie pas. Kaiden n’est pas friand de ce genre de déclarations, préférant les gestes, les baisers. Elle se niche tout contre en lui en soupirant de bonheur, profitant de sa chaleur alors que lui frissonne à peine sous sa peau glacée.

- J’aimerais devenir comme toi Sophia.


Elle se fige, méfiante. Attendant presque un coup, une autre attaque.

- Tu veux bien ? … Je… j’ai envie de demeurer à tes côtés le reste de ma vie.

- Tu dis n’importe quoi. Si je te mords, tu n’auras plus de vie.
- Mais j’existerais avec toi…

- Non Kaiden.

Glaciale, elle se relève et s’apprête à quitter le lit quand il la retient avec douceur.

- Ce choix m’appartient… je veux être un vampire.
- Tu ne sais pas ce que c’est !!! Tu ignores toute la souffrance qu’on endure ! Nous sommes morts ! Tu aimes une morte ! Vas-tu enfin comprendre que ce n’est pas un jeu ?!
- Je le sais Sophia. C’est pour cela que tiens à être avec toi dans ce monde là… Je vois bien que parfois tu es malheureuse… que tu aimerais autre chose. Que tu envies les humes…

- Arrêtes.
- Que tu m’envies.

- Arrêtes Kaiden !
- Nous pourrions juste être ensemble.

- Nous le sommes déjà.
- … Ensemble pour toujours…


Elle fond en larmes dans ses bras et il chuchote que tout va bien, qu’il sera toujours là pour elle. Des mots qui n’existent pas dans ce monde où tout va mal en ce moment mais auxquels elle veut croire, croire à en mourir. Alors elle se blottit contre son torse, et lui demande une dernière fois s’il est sûr. Oui, murmure-t-il en caressant son dos dans un geste apaisant, circulaire. Il ne l’a jamais autant aimé qu’à cet instant.

Après viendra la douleur, cette sensation de déchirement qui lui est insupportable. Il résiste à peine quelques minutes avant de hurler et elle l’étouffe d’un baiser, caressant son visage et son torse, laissant des gouttes de sang comme un écœurant chemin de mort sur sa peau qui ne cesse de pâlir. C’est un sacrifice dont elle n’a jamais rêvé mais Sophia ne se serait jamais douté que l’idiot qui lui a offert un verre ce jour là allait se révéler être son âme sœur, à elle qui n’avait jamais eut de chance. Elle aurait voulu lui donner un enfant, une vie meilleure où ils n’auraient pas eut à craindre le gouvernement. Elle ne peut que le tuer tandis qu’il se tord et s’évanouit sur le sol, sa poitrine cessant enfin de se soulever, affolée. Même si elle comprend, même si c’est le rituel, rien n‘arrête ses sanglots. Sophia le secoue, doucement, Kaiden je t‘en prie, et le supplie en silence, non, ne meurs pas. Je ne peux pas vivre sans toi, gémit-elle, je ne peux pas vivre dans la mort sans toi, et elle comprend soudain ce qu’il a voulu dire. La mort n’existe que pour les autres, ce qui pleurent dans les ténèbres, ceux qui sont seuls, ceux qu‘on finit par oublier. Eux ils existent à leur manière, main dans la main, souriant malgré les crocs.

Kaiden se réveille.

- Comment te sens-tu ?
- … Je suis avec toi…

- Oui, Dit-elle et elle rit à travers ses larmes, caressant son visage.
- Je ne te quitterais pas... jamais...

C'est une promesse qu'il doit tenir. Nous sommes en 636.


Dernière édition par Kaiden le 30.10.11 19:32, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Kaiden Morshes (Vampire Garde du corps)   30.06.09 0:10

Partie III



Le temps défile encore, et les années passent, dix années sombres et pourtant douces. La prédiction d’Eliade s’est finalement réalisée mais Sofia a refusé de revenir dessus, prétextant qu’ils avaient leurs habitudes ici, qu'ils avaient gagné le droit de vivre. Kaiden n'ose rien dire. Elle est heureuse, plus épanouie que jamais même si elle se berce certain soir, les mains posées sur un ventre qui ne s'arrondira jamais. Kaiden s'en fiche, aveugle. Stupide. Il a finalement quitté son emploi sur les chantiers tandis que Secaria gronde et bouffe les humes par centaine, s'étendant toujours plus loin, toujours plus haut. Il s'est trouve un emploi de gardien de nuit assez rapidement et se permet désormais de longues journées en compagnie de Sophia où ils rêvent ensemble, se foutant des vampires qui disparaissent mystérieusement, de plus en plus nombreux. On parle de balayeurs, de démons, d’extra-tyrrestre, et Kaiden craint chaque jour d’entendre frapper à la porte d’une manière plus violente que d’habitude. Mais malgré cette méfiance qui gagne les habitants de Secaria, il ne songe qu’à donner le change, avec Sophia.

La pluie éclabousse son visage comme un gosse malicieux qu’il ne peut attraper. Nous sommes en 646, un soir d'octobre, et la nuit est étrange. Kaiden essuie vaguement ses lèvres où subsiste le goût métallique de son dernier repas. Sophia doit l’attendre à la maison et un petit coup d’œil au ciel lui fait comprendre que l’aube ne tardera sans doute pas. Kaiden ce soit a décidé de reprendre contact avec la vie et c’est avec empressement qu’il a répondu à l’invitation de ses anciens collègues de chantier qui n’avaient plus aucune nouvelle de lui depuis 10 ans. Pourtant, il a changé. Il se sent capable de soulever le monde. Sophia l’entraîne presque chaque nuit dans des chasses auquel il prend goût peu à peu. Kaiden s’est découvert un don étrange pour les armes à feu. Dans leurs placards se cachent désormais un attirail plutôt respectable pour ce couple de vampire qui reste sur ses gardes même si la chance semble veiller sur eux en leur épargnant la visite des balayeurs. Malheureusement, Kaiden ne se montre pas aussi talentueux avec le corps à corps et se laisse parfois dépasser par la rapidité de Sophia qui maîtrise le self défense depuis déjà de longues années. Mais rien n’est plus fascinant que de se concentrer pour faire déferler entre eux cette magie qui laisse courir d’étranges picotements le long de sa colonne vertébrale.
Malheureusement, il y a aussi certains inconvénients à la vie de vampire et ce soir, il vient d’en faire la cruelle découverte. En compagnie de ses anciens collègues, tandis qu’il savourait un cocktail en essayant de ne pas dévoiler ses canines à trop rire, l’un d’entre eux a laissé échapper son verre qui s’est explosé au sol. En se penchant pour le ramasser, ses doigts se sont coupés sur la lame et le parfum a envahit le petit bar comme s’il les lui avait placé sous le nez. Kaiden s’est alors rendu compte à quel point il avait faim. Il ne lui aurait fallu qu’un seul instant pour planter ses canines dans la gorge de l’homme mais il s’est retenu, fixant toutefois sa main avec une fascination morbide que les autres n’ont pût que remarquer.

- Eh Kaiden… tu te sens bien ?
- Oui je… je supporte mal la vue du sang…


Comme ils avaient eut l’air soulagés d’entendre ces quelques mots. Ils l’avaient trouvé bien trop pâle, un peu plus musclé certes mais seigneur regarde moi les cernes que tu te payes, ta femme ne te laisse pas dormir ou quoi ? Ils avaient rit de ce sous-entendu, et l’un d’entre eux lui avait demandé pour l’enfant. Non pas d’enfant… Ce n’est pas qu’on ne veut pas Eric. Ils ont baissé les yeux en faisant semblant de comprendre, mais comme avides de détails croustillants. Alors il est partit, prétextant être décalé, un tas de conneries métaphysiques et ce malaise au cœur de se savoir si mort face au vivant. Il n’appartenait plus à ce monde, alors qu’il avait tant rit à leurs côtés. Il se sentait différent, sans savoir si cela était bien ou mal et quand il avait vu le chat, à sa merci, il n’avait pût résister à l’envie de le dévorer. Kaiden avait prit soin de camoufler le cadavre dans une benne à ordure, regardant de tout côtés de crainte de s’être fait surprendre. Mais il n’y avait rien eut que le silence et il avait culpabilisé avant de regagner sa rue.
En grimpant les escaliers, il eut le réflexe de prendre ses clés en ne voyant aucune lumière allumée dans la cuisine. Ce n’était pas dans l’habitude de Sophia de sortir sans le prévenir deux jours à l’avance mais cette dernière pouvait bien penser à elle de temps en temps, quitte à le surprendre. En parlant de surprise, peut-être que cette soudaine obscurité dissimulait quelque chose de beaucoup plus agréable que le souvenir des rires gras de ses anciens amis. Kaiden eut un sourire malicieux qui s’effaça bien vite quand il remarqua que la porte d’entrée était entrouverte.

Et il eut peur.

- Sophia ?


Aucune réponse, juste ce silence pesant et il ne sut que sa main tremblait qu’au moment où il rata pour la deuxième fois la poignée de la porte pour l’ouvrir dans un grincement sinistre. Cette même main qui tâtonna à la recherche de l’interrupteur. Et la lumière blafarde le blessa tandis que sous ses yeux se dévoilait une scène de crime.

- Sophia ??


Les draps arrachés, les meubles renversés, le placard grand ouvert. Un cadre explosé à terre et les lames de verre lui rappelèrent le sang sur la main de, comment s’appelait-il déjà, Roger ? Il s’avance, les yeux hagards, incapable de comprendre, et contemple l’apocalypse. Dans la cuisine, la table est renversée et les placards semblent avoir été fouillés. Un cambriolage ? Ou pire encore ? Il la cherche des yeux, une forme recroquevillée, gémissante, blessée, même inanimée mais prie pour la trouver, car Sophia doit être ici, c’est impossible sinon, ce n’est pas réel ! Mais il n’y a rien d’autres que le vide, et ce silence que brisent ses pas en marchant sur le verre qui craque, comme des petits os.


Je vous en prie ! Laissez moi par pitié ! Kaiden .... KAIDEN !!!


Il y a comme un espace dégagé qui part de la salle de bain jusqu’à la porte. Un espace comme un corps que l’on a traîné. Et c’est comme marcher sur une tombe, il y a ce frisson qui l’écoeure, qui chavire son estomac et qui le pousse à vomir le sang à côté du meuble auquel on a arraché les tiroirs. Il a l’air pitoyable ce meuble, comme un mec aux yeux arrachés qui essaierait de lui montrer la cruauté de la scène qui s’est déroulée là… quand ? Il y a quelques heures ? Peut-être quelques minutes à peine avant qu’il ne rentre. Juste quelques précieuses perles de temps qui lui ont échappé des mains pour rouler, pour couler jusqu’au sol, comme du sang, le sang de qui d’ailleurs ? Dans la pièce subsiste le parfum des violeurs, ceux qui ont sans doute défoncé la porte pour lui voler sa femme. C’est une odeur aseptisé et il tombe à genoux.

- Oh non… non…


Il tente de repousser cette pensée là parce que ça serait tellement injuste, tellement cruel qu’il pourrait en devenir fou et tenter de les retrouver pour leur arracher la gorge, pour les tuer. C’est mieux de ne pas comprendre. Il veut sa femme, il veut Sophia mais il n’y a rien dans sa petite chambre, rien que regard d‘écorché de ce tiroir, le parfum et le sang qui goutte le long de son menton. La porte grince derrière lui et il se tourne, vif, félin, jusqu’à s’approcher à un pas trop rapide pour un humain, la main prête pour le coup mortel, les yeux agrandit d’un fol espoir. Est-ce eux qui sont revenus le chercher ? Est-ce elle qui de son regard vert lui demandera ce qui vient de se passer. Ils riront sans doute de cela un peu plus tard mais avant tout ils quitteront la ville et puis…

Ce n’est pas Sophia.
Martha, la pauvre femme en chemise de nuit, le contemple d’un air épouvanté.

- Kaiden… je… je suis tellement désolée… je n’ai rien pu faire…
- Où est-elle ?? Que s’est-il passé ???

- Ils sont venus… ils étaient tellement nombreux… Ils ont tambouriné à la porte et quand je suis sortie, j’ai entendu Sophia crier ton nom… Je ne pouvais rien faire… ils m’ont dit de rejoindre ma chambre…
- Sophia…

- … que se serait bien vite terminé… Kaiden… elle ne bougeait pas quand ils l’ont emmené…

L’aube le brûlera qu’il la cherchera encore dans les rues, appelant parfois comme si on pouvait lui répondre. Il rejoindra les vampires qui baisseront les yeux en lui conseillant de ne pas poser de questions, d’oublier, et de quitter Secaria. Il manquera de se faire tuer en les frappant, en ne comprenant pas pourquoi elle et pas lui. Il ne pensera à rien ce jour là, enfermé au sein de l’appartement tandis que Martha sanglote à ses côtés. Il tient la photo entre ses mains, contemplant simplement le visage de Sophia sans se décider, ne sachant quoi faire. C’est simplement injuste, tellement injuste, murmure-t-il en caressant son visage, sa joue si douce, ses doigts s’en rappelle encore. Il ne pourra pas pleurer mais gémira mille fois avant que Martha ne se décide à préparer son sac, chuchotant qu’il doit partir, qu’il doit se protéger, qu’ils finiront sans doute par revenir quand ils sauront pour lui aussi. Oui, dit-elle, je suis presque aveugle mais je comprends vite, je savais bien pour elle, qu’elle était différente, la pauvre petite, si gentille, incapable de faire du mal non non, je lui attrapais des chats quand elle avait faim, qu’elle ne voulait pas de ma liqueur. Mais Kaiden demeure là, à contempler la photo pendant des heures et des heures. Quand il s’éveille, la nuit est déjà bien avancée mais le cauchemar n’a pas disparu. Il se relève alors, tire de dessous du lit une simple mallette et en sort deux armes. Il agit avec un automatisme qui terrifie Martha mais cette dernière ne dit rien, vaincue. Oui elle est presque aveugle mais elle comprend si vite, tellement vite…

- Pars… Rejoins ta famille… éloigne toi de cette cité pourrie. Je ne dirais jamais rien.

Il se doute bien pourtant qu’on ne l’accueillera pas si bien que ça dans son ancienne petite ville mais se contente de hocher la tête pour la rassurer, embrassant ses deux joues rondes avant de lui sourire, sans prendre garde à cacher ses canines. Elle lui parle de son fils qu’elle n’a jamais eut, qu’elle l’aime, qu’elle a toujours adoré Sophia, qu’il doit continuer à avancer. Elle lui donne un vieux gilet, le couvre bien avant de lui tendre un petit encas d’un air gêné car elle ne savait pas quoi préparer. Pas de chats dans le quartier ces temps ci. Kaiden sort dans la nuit, observe la ville qui s’agite dans sa propre bulle et se décide à fuir. Ce n’est pas sa famille qu’il retrouvera, son père ayant quitté ce monde depuis déjà de longues années. Il traverse les terres de Vanor, et partout où il va Kaiden demande où se trouve l’Oracle. C’est la seule piste qu’il détient pour l’instant et il s’y accroche, même si le fil est si mince qu’il le perd parfois. Il ignore si elle est déjà au courant de sa venue, se fiche bien du futur qui déjà s’aventure sous ses pas.

Quand il la trouve, il ne voit en elle qu’une fragile jeune femme.

- Toute aide est bienvenue. Néanmoins, j'aurais une question. Voulez-vous vraiment aider? Où êtes-vous venu pour pouvoir être aidé ?
- Je veux aider. Je n'ai pas réussis à sauver Sophia... Mais avec vous, j'aurais une chance d'aider ceux qui restent… Personne ne mérite le traitement qu'on nous inflige.

- Vos motivations vous honorent. Il serait très inconvenant de vous dire non. Cependant tout dépend du type d'aide que vous désirez apporter. Et je suppose que si vous êtes ici c'est que vous avez déjà pris une décision, n'est-ce pas ?
- ... Je.... je ne sais ce que je peux faire. Je me sens impuissant... Si vous me donnez l'occasion d'agir, je le ferais Eliade. Je ne veux pas que d'autres vampires subissent le sort que l'on a réservé à Sophia... Quel qu'il soit...

Juste la convaincre, il faut juste la convaincre...


- S'il vous plait, donnez moi une chance J'ai cru en vous ce jour là... même si ça semblait fou... Et je continue de croire... dans le fait qu'on puisse changer quelque chose. Nous méritons d'exister aux yeux des gens, dans nos propres yeux !

- … Les gens comme vous sont si rares... C'est d'accord. Pour autant que la perspective de risquer votre existence ne vous pose pas de problème.
- Je... si ça peut aider notre race, alors je le ferais sans hésiter.


Le temps file encore, laissant en paix son visage qui retrouve le sourire même si au fond de lui se cache une rancœur, un désir de vengeance. Kaiden avance parfois le dos courbé, simple garde du corps désormais mais se jurant chaque jour de protéger Eliade, quelque soit le prix qu’il devra payer au final. Ainsi, près de 20 ans après la disparition de Sophia, quand l’Oracle lui exprime son désir de retourner à Secaria, il se contente de hocher la tête, et d’avancer sur cette route où il a tant de fois trébuché. Dans la caresse qu’il offre à sa joue pâle, c’est une promesse au nom de celle qu’il ne retrouvera jamais, et il se sent capable de la tenir. Il les aidera, les autres qui attendant dans les ténèbres obscures de Secaria, chassés comme des bêtes, ne comprenant pas cette haine alors qu’ils ne sont que le fruit de ce monde, que ce soit de la Science ou de la Magie. Pour tout eux, pour Eliade, il continuera d’exister, et d’y croire.


Dernière édition par Kaiden le 30.10.11 19:33, édité 4 fois
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~Et encore un schizo sur le forum.~

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Signalement : L'autre main du Destin (probablement la gauche) Compte PNJ réservé à la validation des fiches. NE PAS MP.


MessageSujet: Re: Kaiden Morshes (Vampire Garde du corps)   24.09.11 21:39

29 Juin 2009, Zack a écrit:
Voici une bien belle fiche et une lecture fort agréable. Je ne vois rien à redire (d'autant que tu sembles t'être concerté avec Eliade concernant votre histoire commune) so, je n'ai plus qu'à valider et te souhaiter la bienvenue (mais cette fois dans le rp)

Si quelqu'un est contre cette alliance, qu'il se lève et parle ou bien se taise à tout jamais!

*a fait son office, et repart boire son sirop de violette*

(il va de soi que Seel et Caleb sont invités à s'exprimer s'ils trouvent quoi que ce soit à redire, mais cela m'étonnerait fort...)
Spoiler:
 


NB: Les fiches ont été nettoyées de tous les post non rp. Désormais, l'auteur du topic est le seul habilité à poster.

Ce topic vous servira à la fois d'étendard, comme de journal intime ou fourre-tout, tant que cela concerne Kaïden.
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MessageSujet: Re: Kaiden Morshes (Vampire Garde du corps)   21.02.12 0:27

Spoiler:
 


Toujours ce même son lorsque les morceaux de verres craquent sous ses semelles, un peu comme on marche sur des petits os. Toujours ce même courant d’air glacé sur sa nuque trempée de panique. Toujours cette odeur aseptisée. Kaiden reconnait la vision avant qu’elle n’arrive concrètement jusqu’à lui, se sait dans un rêve avant que l’information ne lui transmise, cette abjecte impression de déjà-vu, de cauchemar. Cela fait trois mois qu’il n’a plus rêvé de cette pièce, de leur appartement. Il fallait bien pourtant que cela revienne, toujours au pire moment, jamais quand il s’y attend. C’est un fait, il n’a jamais réellement guérit.

Mais l’homme qui franchit la porte, l’homme qui marche sur les morceaux de verre d’un cadre fracassé, qui observe le lit débraillé, les meubles éventrés, le chemin tracé par leur lutte (par elle), cet homme-là est neuf. Nouveau. Il rêve mais n’a jamais eu les idées aussi claires de toute son existence. Kaiden a les mains qui tremblent, le souffle court, des gouttes qui roulent sur son visage, mais son cœur est calme, car tout cela n’est qu’un souvenir, une réponse corporelle incorporée au rêve. Ce ne sont pas les siennes. Il va bien. Pas très bien, mais mieux qu’avant, et moins bien que demain.

Il parcourt le même chemin que dans le passé, pose ses yeux aux mêmes endroits. Laisse ses souvenirs gouverner le rêve, mais le regard qu’il pose sur les choses de sa vie, son ancienne vie, a lui aussi changé. Il y a une tendresse particulière dans la manière dont son regard s’attarde sur une robe pâle, sa préférée, plutôt que sur l’armoire grande ouverte, massacrée. Au lieu de voir les combats, il rassemble mentalement les effets personnels qu’il a omit d’emporter avec lui cette nuit-là. Il observe avec amour ce qu’il reste de leur couple, sans violence pour les hommes qui lui ont enlevé Sophia, sans regrets pour le temps qu’il a perdu avant de rentrer chez lui. Sans culpabilité. Il emporte dans ce rêve les meilleurs éléments de ce cauchemar, le transforme doucement en quelque chose de meilleur.

Quand la porte s’ouvre derrière lui, il sait que ça sera Martha. Et malgré l’annonce qu’elle va lui faire, le Kaiden de ce rêve est heureux de la revoir, une dernière fois. Car elle l'a aidé. Elle lui a sauvé la vie.


Mais ce n’est pas Martha. La vieille femme épouvantée a laissé place à une jeune femme, presque une jeune fille, avec des yeux verts comme des bijoux, un sourire timide qu’elle camoufle de sa main – une vieille habitude. Kaiden tourne la tête, l’embrasse dans son ensemble, stupéfié par le hasard (il ignore si c’est de son fait, s’il a nourrit ce rêve de cet espoir de la revoir, ou s’il était seulement temps pour lui de la re-rencontrer). Il se fiche bien de l’irréalité de cette vision. Il se contente de tomber encore amoureux.

- Coucou, lui dit Sophia. Sa voix est la même, veloutée, musicale. Les intonations sont rigoureusement exactes, jusqu'à son souffle, son parfum. Kaiden a un petit rire heureux.

- Est-ce que je suis en retard ?
- Non, répond Kaiden à mi-voix. Tu arrives au bon moment.

Il ne la touchera pas, n’essaiera pas de l’enfermer dans ses bras. Il se contente de se mordre la lèvre, d’empêcher ses yeux de se brouiller, pour la regarder encore quelques secondes. Juste encore un peu.

- Qu’est-ce que ça sera mademoiselle ? Une petite balade ? Un au revoir ?
- Oui.

Il a un râle un peu douloureux, comme une expiration trop longtemps contenue, mais hoche la tête. C’est bien. C’est ce qui doit arriver.

- J’ai le temps de te dire merci j’espère.

Sophia éclate de rire.

- Ce n’est pas à moi de le faire ?
- Peut-être. Remercions-nous.
- Excellente idée monsieur Morshes. Je commence ! Merci Kaiden, pour m’avoir proposé un verre il y a longtemps.

Kaiden se gratte la nuque avec embarras, dans une parodie de ce gamin qu’il était alors lorsqu’il l’a abordé. Sophia en rougit presque, avant que la voix de son mari ne prononce, hésitante :

- Merci à toi Sophia, d’avoir traversé ma vie, de t’être arrêtée au comptoir de bar. Et de m’avoir laissé une chance, parce que je n’étais pas bien doué, il faut bien le dire.
- Même si ce n’est pas la fin qu’on avait espéré toi et moi, et je comprendrais que tu m’en veuilles tu sais…

Kaiden s’approche de quelques pas, mains en avant, refusant de la laisser continuer.

- Je ne t’en veux pas, la corrige-t-il avec douceur. Et la fin était un peu ratée c’est vrai, mais ce n’est pas grave. On a vécu de belles choses ici. C’était vachement bien.

De nouveau son rire, un peu comme écho.

- Oui, c’était vachement bien.

Un moment de flottement se glisse entre eux, avant que Sophia n’appuie sa main au chambrant de la porte, se détournant à moitié. Il prête à peine attention au pincement hystérique de son cœur qui tente par-là de la retenir, la laissant se profiler dans l’ouverture, faire un pas un arrière, ses cheveux noirs nimbés par la lumière du clair de lune. Lentement, avec sa grâce et sa discrétion qui n’ont eu de cesse de le séduire, elle recule hors de leur monde.

- Je t’ai entendu, toutes ces années. Quand tu croyais que je ne te répondais pas, que je t’ignorais. Que tu pensais que j’étais encore quelque part, et tu n’avais pas tort. J’ai toujours été là.
- Je sais.
- Et même si c’est un au revoir, ce n’est pas un adieu. Je resterais toujours là.
- Mais je n’attendrais plus.
- Tu n’auras plus besoin d’attendre. Il y a une place vide à tes côtés qu’il faut que tu combles. Tu me le promets ?
- Ça sera difficile, mais oui je te le promets.

Elle agite lentement sa main, immortelle.

- Alors au revoir.
- Au revoir Sophia.

Le prénom lui file entre les lèvres, et il n’y a plus que la porte ouverte, l’appartement dévasté, les souvenirs éparpillés, et son odeur.

Il ferme les yeux, creusant des rides plus profondes autour de sa bouche.

Et à son tour s’en va, en prenant soin de refermer à clé derrière lui. Pas comme les autres fois.
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