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 De la coquetterie des femmes...

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MessageSujet: De la coquetterie des femmes...   30.06.09 21:19

[Eliade est attendue, mais si quelqu'un veut se joindre à nous, il suffit de demander.]

Elle tapote du bout des ongles son verre, rejette un long voile de fumée, comme un baiser éphémère avec l'atmosphère. "N'est-il pas un peu tôt pour cela, madame?" demanderait bien le domestique qui n'ose pas, de peur de perdre ses gages sûrement. Du coin de l'oeil, la belle scrute la silhouette de ce larbin qui s'excite contre la poussière tel un chevalier embarqué dans une guerre éternelle combat encore et encore les mêmes hordes avec cette conscience aigüe du devoir.

Cela fait déjà un moment qu'a eu lieu l'accident du phalène mais bizarrement la maîtresse de maison ne semble toujours pas remise. L'Ennui de jour en jour vient étaler sa peinture sur cette jolie figure morose et la demeure semble étouffer sous cette atmosphère par trop présente dans les maisons closes.

Le valet d'ouvrir la fenêtre soudain. Et ces rais de lumière généreux qui pénètrent au sein de la pièce, voilée de noir depuis la mort de monsieur, sont tel un sort miraculeux pour éveiller l'esprit languissant de la veuve.

"Charles, mon manteau je vous prie."

Les talons enserrant sa cheville fine, elle avance à pas mesurés. La rue bruisse de milles paroles et telle quelque créature pourvue de centaines de regards qui se cherchent sans jamais se trouver, continue à pousser la foule aveugle vers les berges de son lit tumultueux.

Les Grands Axes. Mécanique complexe, paradoxalement basée sur un schéma simple. Les riches au sud, les pauvres au nord. Et pourtant, quelle est loin l'uniformité de mouvements, de comportements... Tel poète rêveur fixe le ciel, tel homme d'affaire pressé bouscule les passants, et c'est un chaos de formes et de couleurs qui prend nom humanité. Elle est loin l'humanité, tandis que le commerçant cupide chasse le mendiant venant ternir l'image de sa devanture dorée et faire fuir le client... Mais ce n'est pas Gladys qui plaindra le malheureux: s'il veut s'élever, il n'a qu'à souffrir comme elle a souffert. C'est chacun pour soi dans ce monde cruel.

Une robe. Blanche.
Sans réfléchir, elle entra dans le magasin, laissant carillonner pendant un instant le timbre cristallin des clochettes, posant sur les vêtements exposés un air tantôt satisfait, tantôt supérieur. Son immense manteau noir, cintré à la taille, vient caresser le sol et un sourire prêt à redessiner les plis de sa bouche chasse déjà le souvenir de la mine moribonde arborée ces temps derniers. La robe!
Elle se retourne, faisant virevolter l'un des pans de la lourde étoffe à l'ourlet moiré et s'approche, conquérante et fière. Ce vêtement l'appelle, semble taillé pour elle. Songeuse, elle se contente de regarder, sans toucher. Et alors qu'elle avance la main pour sentir le tissu, on ose! oui, "on" ose interrompre cet instant. La vendeuse lui propose d'essayer.

Et un instant plus tard, tandis qu'elle écarte le rideau de la cabine d'un geste ferme et sûr, une toute autre vision vient relever le coin de ses lèvres. Sauf qu'il ne s'agit pas d'une tenue cette fois...
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   30.06.09 23:12

Un vague reflet d'un visage somme toute agréable mais étrangement vide. C'était à peu près tout ce qu'avait à lui offrir le miroir de son délicat poudrier alors que, dans l'ombre de l'avant-toit d'une quelconque boutique, le bâton de rouge à lèvres faisait son office, glissant sur le contour charnu qui, osant un faible claquement, s'assurait de la perfection d'un maquillage maîtrisé mais néanmoins discret. Tout dans la finesse, pour offrir un peu de vie à ce teint d'une blancheur presque trop immaculée pour paraître réel. Puis des doigts gantés de satin glisseront entre quelques mèches d'un blond pâle, terne aussi. Peut-être qu'elle devrait envisager une coloration, un jour. Mais ce genre de détail lui paraissait tellement secondaire. Des cheveux, les doigts effleurèrent le rebord d'un capuchon qu'elle tire en avant, un tissu clair aujourd'hui, pour protéger sa peau fine de l'éclat du soleil, sans plus.

Puis le poudrier refermé vient reprendre sa place dans le petit sac à main tandis que, posant son regard sombre sur la rue qui s'anime, Eliade quitte son petit poste d'observation pour s'avancer, ses talons claquants à peine sur le trottoir bétonné. Aujourd'hui, un petit plaisir. Elle qui n'avait pu emporter que peu de choses se devait de se refaire une garde-robe un peu plus convenable, ne serait-ce que pour pouvoir au mieux se fondre dans la haute société. Les apparences étaient tellement importante! C'en était d'autant plus paradoxal dans un monde rempli d'aveugles. Mais elle ne se promenait pas pour médire du monde qui l'entourait. Sinon à quoi bon s'y mêler? Non, aujourd'hui, il n'y aurait que frivolités. Parce qu'il fallait bien l'admettre, Eliade restait malgré sa mort une femme qui avait un minimum de goût pour les choses superficielles.

Superficielles, oui, comme cette vitrine exposant avec une outrance presque inconvenante robes et autres petits assortiments textiles. Il y avait cette tenue blanche, si blanche qu'Eliade passerait probablement pour un spectre en se promenant ainsi. Mais la coupe était belle, il fallait bien l'avouer. Se cachait-il des oeuvres d'art à l'intérieur? Très probablement. Un faible sourire étira un instant ses lèvres fraîchement maquillées alors que sa main gantée poussa la porte vitrée d'une propreté digne d'une publicité pour produits nettoyants. Elle entra, et de l'autre main, repoussa le capuchon pour libérer sa chevelure à peine ornée d'un ruban de satin. L'intérieur recelait quelques autres merveilles, c'était un fait. comme cette tenue, un peu à l'écart, ce corset de pourpres et de dorures délicieusement brodées en des entrelacs compliqués mais néanmoins fascinant. La jupe accordée était aussi de toute beauté, il fallait bien l'avouer. D'ailleurs, c'est bien pour cette raison qu'Eliade s'en détourna...

... Pour croiser immédiatement le regard de l'une des vendeuses qui s'approchait le plus naturellement du monde. Oui, mademoiselle, cette tenue me plait. Alors pourquoi ne pas l'essayer sur le champs? Et voilà dans l'intimité d'une cabine, nouant d'une main experte les rubans lacés dans le dos, ajustant ce corset qui accentue ses formes autant que la finesse de sa taille. Puis la jupe, et... Ah oui. Un mètre soixante et quelques poussières, c'était peu pour une longueur pareille. Pourtant elle relèves ses cheveux, les noue à nouveau avec son ruban, et sort de la cabine. Une merveille, cette tenue, vraiment. Pourquoi ne pas l'ajuster mieux que cela? Une employée l'invite à monter sur un petit trépied et s'agenouille pour replier le bas en un nouvel ourlet qu'elle fixe de quelques épingles et l'oracle ne peut que l'en remercier, jusqu'à-ce que le son caractéristique d'un rideau se fasse entendre. Elle tourne la tête, pour tomber sur cette femme.

Une cliente, assurément. Dans la robe blanche qu'elle avait admirée préalablement. Il n'y avait pas à dire, elle allait mieux sur une personne vivante. La vampire grimée hume incline poliment la tête, lance un sourire aussi agréable que charmeur et lance sur son ton aussi doux qu'intimiste.

"Elle vous va à ravir."
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   01.07.09 2:13

"Vous m'ôtez les mots de la bouche. Vous êtes splendide dans cet ensemble."

Le sourire est plus discret mais la prunelle scintille d'un éclat étrange. Mélange d'intérêt et... d'amusement? Toujours froide et lointaine oui, mais moins que d'habitude face à cette créature au charme envoûtant et mystérieux. Oh non, oubliez la fascination des mortels face aux vampires, Gladys est bien trop fière pour s'abaisser à cela.

"Merci."

Un merci à retardement, un dernier regard vers la glace qui lui renvoie un reflet flatteur, et ses prunelles glissent vers le sol, caressant au passage l'étoffe recouvrant le corps de l'autre femme qu'elle déshabille un instant des yeux avant de se détourner pour rejoindre l'intimité de la cabine d'essayage. Le tissu est agréable contre sa peau tandis que le vêtement se coule le long de sa silhouette sculpturale. Combien de temps déjà avant de pouvoir arborer une autre couleur que le noir suite à un décès? Et ses "amies" qu'elle n'a pas pu inviter depuis que l'autre vieux débris a clamsé...

Elle se dresse quasi-nue, l'habit formant comme un îlot au sol. A nouveau cette détestable tunique noire qu'elle abhorre, quoique signe de sa fortune, et ce divin manteau... Elle relève sa chevelure et la laisse cascader contre sa nuque, chausse ses escarpins, ramasse sa trouvaille et la tendant à une employée déclare:

"Je la prends."

L'inconnue est toujours là.. Elle lui plaît cette jeune femme. Après tout pourquoi pas?

"Un verre vous tenterait-il en cette chaude après-midi?"

Elle ne se reconnaît pas. C'est brusque, impromptu, sauvage... C'est tout ce qu'elle fut mais n'est plus. Un, deux, trois, puis quatre, peut-être même 5 maris et toute leur clique eurent raison de sa spontanéité et ses pulsions. Il n'est plus temps de regretter, même cette invitation appartient déjà au passé et seul compte l'instant. Ce présent indéfinissable, cruel et délicieux comme savent l'être certaines femmes...
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   01.07.09 3:20

Un sourire, un brin intimidé peut-être alors qu'elle lui retourne le compliment. C'était qu'Eliade était une artiste de la comédie. Mais il fallait bien avouer qu'un compliment était toujours agréable à entendre, quel que soit son honnêteté. Elle ne pu que détourner les yeux, comme fuyant l'espace d'un instant le regard de l'inconnue. A ses pieds, la couturière avait relevé la tête pour saisir les traits de l'hume avant de se remettre soigneusement au travail, repliant avec un soin chirurgical, centimètre après centimètre, fixant le tout pour que la jupe soit ajustée à la taille de la petite vampire.
Le "merci" sembla l'étonner. A moins que ce ne soit son aspect tardif? Toujours était-il que la jeune fille se reporta à nouveau sur la femme à la robe blanche. Elle n'y répond que par un sourire de gratitude justement dosé, alors que le regard de l'inconnue se reporte sur son propre reflet.

Les yeux de la demoiselle suivirent le même mouvement, mais à défaut de se poser sur sa propre silhouette frêle, elle suivit plutôt le regard de la femme. Un regard porté sur l'étoffe. Une étoffe qu'elle pourrait convoiter? Son intérêt pourrait tout aussi bien se porter sur autre chose. Aussi elle prit le soin de ne pas se poser de question. Après tout, il serait toujours temps d'aller chercher des réponses par la suite. Aussi elle ne la suivit pas des yeux alors que cette jeune femme en blanc repartait dans sa cabine pour se délaisser de la tenue clair.

La voix de la vendeuse devint le centre d'intérêt d'Eliade. Oui, patienter pour que l'ourlet soit ajuster. Une heure tout au plus, l'ensemble sera prêt pour elle dans l'après-midi même. Voilà qui est plaisant, car il était clair que cette jupe, tout comme le corset qui l'accompagne, allait s'ajouter à la garde-robe d'Eliade. Quelques paroles échangée, à peine, la dernière épingle avait été placée, et la demoiselle pu descendre de son mini piédestal pour rejoindre le plancher des vaches et retourner dans sa propre cabine. Le changement fut rapide, Eliade maîtrisait l'art de l'habillement comme la couturière qu'elle avait été autrefois. Par l'ouverture du rideau, elle rend les étoffes à la vendeuse et achève de se rhabiller. Son propre corset, bleu roi dentelé d'argent par-dessus un chemisier de soie, sa jupe aux mêmes teintes et longue sur ses bottines à haut talons, ses cheveux qu'elle dénoue pour mieux replacer le ruban de satin. Et voilà que tout est prêt.

La voix de l'autre femme lui parvient. La robe est un excellent choix. Elle écarte le rideau à nouveau, son sac dans une main, son long manteau replié sur son avant-bras. Ses pas l'avancèrent vers le petit comptoir, non loin de la femme qui est maintenant revêtue de noir. Quel étrange contraste! Le blanc lui allait mieux, plus aérien, plus pur, moins austère. Elle ouvre son sac, pour régler d'avance cette tenue qui sera bientôt la sienne quand à nouveau cette voix l'interpelle. surprise, elle se retourne, étonnée de cette demande aussi subite qu'inattendue.
Chaude après-midi, si l'on a vraiment de quoi redouter la chaleur. Elle ne pouvait que redouter le soleil, si peu une fois à l'ombre. Accepter? Pourquoi pas. Après tout, elle a une heure à tuer, l'heure pour que sa tenue à elle soit prête à emporter.

"Un verre... C'est étonnant, mais pourquoi pas! Il vous arrive souvent d'inviter des illustres inconnues?"

Un regard amusé, un sourire espiègle, de quoi se conférer le masque de l'hume parfaite et charmante.
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   01.07.09 3:50

[De l'hypocrisie, ou comment rattraper une proposition hasardeuse avec des excuses de femme du monde *smile*]

"Non pas, l'Etat en soit remercié. Mais c'est que je m'ennuie depuis la mort de mon mari..."

Il était dès lors de son devoir de clarifier la situation. Une méprise pouvait si vite arriver, que l'autre la prenne pour une solitaire excentrique désirant se faire de nouveaux amis depuis la mort de son époux ou ne croie carrément qu'elle souhaitait l'utiliser afin de tuer le temps qu'elle ne passait plus au lit _si seulement elle avait su!

"J'ai moi-même été une jeune fille, inconnue de la haute société. Pardonnez-moi si je vous offense en supposant que c'est votre cas, mais je ne vous ai aperçue dans aucun salon."

Elle esquisse un pas vers la sortie, attendant de voir si l'autre la suit alors que plane un curieux silence.

"Vous me paraissez charmante et bien élevée: si votre ramage se rapporte à votre plumage, comme le dirait ce cher monsieur de La Source, il se pourrait que je vous invite à la réouverture prochaine de mon salon."

Un sourire

"C'est que nous manquons toujours d'esprits éclairés voyez-vous..."



Au revoir charmante boutique. Les odeurs et le vacarme de la rue l'agressent après ce calme si particulier aux commerces faisant leur profit de ce luxe outrancier. La ville à nouveau, telle cette pieuvre si volontiers servie comme métaphore aux Etats-unis dans notre monde actuel, agite sa tentacule des Grands Axes, sans doute dans le fol espoir d'oublier les ténèbres pesantes descendues sur la ville, et tous ces mystères qui rôdent... Comme les gens sont prompts à s'aveugler! Le plus mauvais des politiciens pourrait leur faire avaler des couleuvres, pourvu que les couleuvres fassent oublier le Jéti, le monstre du Lochi-ness ou qui vous voudrez.

Ironie du sort, il fallait que cette voyante fut tombée sur l'une des créatures les plus aveugles de Sécaria (que ne ferait-on pas pour préserver son douillet confort et ce que l'on prend, fourvoyés par notre misérable égo, pour fortune et puissance.) L'Oracle saurait-elle voir pour deux, ou la cécité plus ou moins volontaire de sa compagnie de l'instant servirait-elle mieux ses plans? Cela, seul l'avenir nous le dira, mais ce n'est pas à moi qu'il faut s'adresser pour le consulter en ces lieux...
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   01.07.09 13:33

L'ennui était une bonne excuse. Et le veuvage expliquait la tenue austère. Même de son vivant, Eliade ne comprenait pas cette coutume. Sa mère n'avait pas porté de noir à la mort de son cher et tendre. Bon, les moyens financiers y étaient pour quelque chose, certes, mais le concept d'apporter la mort avec soi dans le monde des vivant au nom du deuil avait toujours été trop abstrait. Que les vivants vivent! Peut-être qu'Eliade devrait porter plus souvent du noir, tout bien réfléchit. Enfin passons. Ce genre de réflexion n'étaient pas à l'ordre du jour. Et qui plus est.

"Toutes mes condoléances."

Un gentil mot qui se voulait sincère. Mais Eliade ne joua pas sur la tristesse. Non, elle ne voulait pas imiter ces personnes qui font comme s'ils pouvaient comprendre cette souffrance alors qu'il ne l'avaient pas connue. Et Gladys ne paraissait pas si attristée que ça de toute manière. Pour preuve, elle n'avait pas le petit mouchoir en dentelle accordé à la panoplie de la parfaite petite veuve. Mais bon, encore aurait-il fallu que le mariage ait été une réelle alliance de sentiment. Et dans la haute société, ce genre de contrat n'était la plupart du temps qu'un accord d'intérêts communs entre deux familles.

"Oh, il ne s'agit pas d'offense, mais de la stricte vérité. Je ne suis arrivée qu'il y a peu à Secaria."

Et non, elle ne s'était pas faite un nom dans la "haute" société. Du moins pas celle des humes. A vrai dire, elle n'avait fait que nouer un contact utile avec une personne bien placée pour le moment. Mais il lui faudrait bien appuyer son alibi, non? Eliade acheva son paiement et rangea son porte-monnaie dans son petit sac à main. Faisant un pas pour suivre la dame, elle jeta son manteau par-dessus ses épaules.

"Vos paroles me touchent, mais j'ignore s'il me sera possible d'être à la hauteur. Après tout, je ne connais hélas que peu de choses sur la haute société."

Juste ce qu'il fallait sur les personnes utiles et influentes. Mais ce genre de renseignement n'était pas dû à un quelconque réseau social. Franchissant le seuil, Eliade rabattu dans un geste gracieux son capuchon, pour se protéger de ce soleil si prompte à agresser la peau. Les jeunes filles de la haute société ne se devaient-elles pas d'avoir un teint pâle de porcelaine? Elle ne pu que la suivre dans ces grands axes. Un peu trop confiante, Eliade? Oh, dans une rue fréquentée, en pleine journée, il n'y avait rien à craindre à vrai dire. Néanmoins, elle pouvait jouer sur son ignorance de la ville pour se laisser promener au gré du hasard.

"Veuillez m'excuser, mais je manque à toute politesse. Je suis Mademoiselle Tales. Oserais-je vous demander votre nom?"

Ne serait-ce que pour le savoir.
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   01.07.09 14:44

Gladys préféra un simple hochement de tête à de fades remerciements. Non, elle n'allait pas jouer la veuve éplorée: éplorée elle ne l'était pas, mais les dames de la haute ne se laissent guère aller dans l'intimité, alors en public vous pensez...!

"Lady Rushworth-Whittington, enchantée."

Telle une valse, le courants de passants, promeneurs et autres acheteurs soumis aux multiples tentations les entraîne vers un bar-restaurant, cossu sans être clinquant comme le Mixam's. Un serveur avenant leur propose une table, pour deux oui monsieur; la carte, bien évidemment. Jambes croisées, elle attend que le garçon s'éloigne pour reprendre la conversation là où elles l'avaient laissée.

"Vous disiez être arrivée depuis peu... J'ose espérer que la ville vous plaira. Et que vous lui plairez."

Un fin sourire de connivence alors que la veuve noire laisse planer le doute et l'espoir d'une acceptation parmi eux. Eux les fourbes et les hypocrites qui gaspillent leur temps et leur argent en vains jeux de séduction et de pouvoir... Eux que l'inconnue ferait mieux de fuir comme la peste si elle voulait conserver un certain équilibre et une harmonie.

"Serait-il indiscret de vous demander les raisons qui vous ont menée ici?"

Aimable, polie, s'intéressant à la jeune femme l'air de rien... Gladys connaissait et maîtrisait son rôle. Restait à voir si son interlocutrice était l'une de ces détestables oies blanches dont elle ne pouvait pas même faire son quatre heures de peur qu'elles ne jasent ou d'une trempe bien plus retorse et fine.
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   01.07.09 19:05

Parlons-en, des apparences. Certains les maintenaient avec brio, mais soufraient, d'autres simulaient une souffrance sous un masque d'impassibilité, d'autre encore ne simulaient rien parce qu'il n'y avait rien à simuler. Dans quelle catégorie fallait-il classer cette Lady Rushworth-Whittington? Il serait si facile de savoir. A peine un léger regard au fond d'un verre d'eau, ou un effleurement de la main. Mais elle pouvait se permettre aussi de deviner un peu. Ou pas. Finalement Eliade avait le temps de tirer parti de cette rencontre hasardeuse.

Elle ne pu que suivre le rythme de la marche jusqu'au bar restaurant choisi par la Lady. Il aurait été grossier d'imposer une destination alors qu'elle ne connaissait cette ville qu'à peine. Secaria avait bien changée en plus de quarante ans! La gangrène économique s'était implantée à une vitesse vertigineuse. Ce genre de phénomène rendait parfois Eliade admirative. Tant de monde vivant au bord du gouffre de l'enfer sans même en avoir la plus petite parcelle de conscience. Quel gouvernement formidable! Sitôt installées, sitôt servies. Mais elles avaient bien le temps de faire leur choix sur les boissons proposées, toutes avec un prix proprement indécent. Mieux valait reprendre effectivement le fil de la conversation.

Aaash, la ville. Non, elle ne lui plaisait pas, c'était un fait. C'était dans ce genre d'environnement qu'elle regrettait la course innocente dans les pâturages, les éclats de rire emportés dans un vents respirable (quoiqu'au final, ça ne changeait plus grand chose) et le ciel si clair. Eliade aussi se doutait d'être appréciée sur le long terme. Elle espérait sincèrement n'être que de passage, pouvoir faire ce qu'elle n'avait pu faire quelques décennies plus tôt, et quitter ce continent maudit.
Mais ce genre de chose ne concernait absolument pas la Lady à laquelle elle répondit d'un hochement de la tête et d'un sourire qui se voulait teinté d'un tendre espoir sans doute un brin naïf. Elle n'était qu'une jeune fille. Et la question était plus intéressante. Elle ne pu qu'y répondre, le plus naturellement du monde.

"Principalement les affaires. J'ai eu la chance d'obtenir un héritage qu'il me faut faire fructifier à présent."

Ses yeux se reportèrent un instant sur la carte, sans trop savoir quoi choisir pour le moment.

"Peut-être auriez-vous de sages conseils à partager? Je sais d'expérience que les femmes sont plus douées en ce qui concerne les placements."

Et le serveur se tint prêt pour prendre les commandes de ces dames.
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   07.07.09 14:26

Un héritage? Tiens donc, comme c'est intéressant...
Un regard étrange, peut-être un peu glaçant. Non, elle est trop jeune pour avoir enterré un premier mari, quoique... Quel âge avait-elle déjà? Vertige.
18 années. 18 années passées à courir le meurtre et la fortune...

Un sourire. Dans ce monde il ne faut rien montrer, rien dévoiler.

Elle devrait être triste, au moins un peu, rien qu'un peu. Mais non. Sa prunelle se voile un instant mais aucune émotion ne souffle sur ce coeur sec et racorni que la vie a peu à peu détruit.

"Des placements dîtes-vous? Voyons voir..."

Elle s'interrompt, commande au serveur un cocktail fruité _sans alcool cette fois, s'il vous plaît_ et attend que son interlocutrice ait également dévoilé ses désirs gustatifs au garçon avant de reprendre la conversation. Inhaler, recracher, comme une locomotive à vapeur destinée à se dégrader avant d'être remplacée par qui sait quelle nouveauté. Recracher ce panache de volutes éthérés et se détruire un peu plus, un peu plus vite à chaque bouffée. On facilite le travail de la mort, chacun à notre manière...

"J'ose espérer que la fumée ne vous gêne pas."

Un sourire courtois, l'attente d'une réponse avant de continuer à abîmer ses poumons ou au contraire préserver l'atmosphère.

"Pour vous répondre, je vous conseillerais de placer votre argent sur les cours de l'acier puddlé, qui ne connaît jamais la crise. Il y a également les petites entreprises qui misent sur des matériaux à la mode, comme le tissu de dirigeable, où il faut surveiller un peu le cours de la bourse pour savoir quand placer son argent et quand le retirer..."

Non, elle ne lui dira pas tout. Elle-même a dû creuser son trou et tuer plusieurs maris avant d'acquérir un certain sens des affaires. Nonobstant, force est d'avouer que Gladys n'avait jamais imaginé devenir femme d'affaire. La faute à sa belle-soeur et son damné rejeton...

En était-elle malheureuse? Non, il lui faudrait pour cela avoir une réelle conscience du malheur et du bonheur. Mais elle était... perdue.
Jusque lors, sa vie s'était résumée à séduire, empoisonner et fuir. Une fois le cycle interrompu, son existence tournait en roue libre et cette liberté l'effrayait au point qu'elle ait passé ses journées à boire, enfermée dans ses luxueux appartements revêtus de noir. Pas de but, de plan ou de direction: elle s'était laissé dériver. Et soudain, grâce à cette rencontre impromptue, elle reprenait goût à la vie, se traçait une ligne de conduite et tentait de ne pas trop songer à tout ce que cela allait changer.

"Oh, mais pardonnez-moi, je manque à toutes les politesses... Mes condoléances également pour la perte de votre parent."

Politesse oui; car la mort n'est plus devenue que l'apanage d'une existence désabusée destinée à se finir tôt ou tard. Car le mot "fin" est semblable à celui qui s'affiche sur écran noir: le signal que tous attendaient pour partir et se lever, replonger dans le tourbillon de leur vie, grandis pour certains de quelques réflexions avisées. Il n'y a bien que quelques rares crétins émotifs à rester assis, abattus sur leur siège tels des oiseaux surpris par la tempête en plein vol, trop bouleversés pour avoir la force de se relever sans le secours d'une main aimante.

Gladys était seule. Ses propres parents l'avaient vendue, comme on le ferait d'une vache ou d'une traînée et depuis aucune main, aussi aimante fût-elle, n'avait réussi à gagner sa confiance afin que sa paume se glisse dans celle offerte, amie. Elle avait plongé ses mains dans la crasse et la boue pour prendre appui et se redresser, seule. Et toujours seule, elle avait regardé les autres sombrer autour d'elle, entourée de rocs insensibles qu'elle nommait selon amantes ou amies.

Ce n'était pas prêt de changer...
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   07.07.09 19:30

Quoi de mieux qu'un héritage pour exposer une vie sereine financièrement tout en justifiant des faux pas involontaires? Nouveau riche, un titre qui expliquait tout sans jamais rien dévoiler. C'était le bon plan, définitivement. Et les placements? Un moyen d'appuyer ses dires, et aussi tant qu'à faire, de glâner quelques informations sur les pensées humesques en matière d'économie. Eliade devrait peut-être se reconvertir. D'ailleurs, quel âge devait bien faire Eliade? Dix-sept? Disx-huit ans? Vingt tout au plus. Le hasard avait figé une jeunesse à peine adulte. Mais elle ne s'en plaindrait pas. Elle possédait ce que bien des femmes en manques de considérations désiraient. Une beauté éternelle, quoique dans le genre beauté, il existait indéniablement mieux qu'Eliade.

Oh, le serveur! Elle l'aurait presque oublié. Une simple boisson locale, avec de petites bulles et un mélange de saveurs subtiles, mélangée à une pointe de fruit. Pas d'alcool, il était trop tôt pour cela. Sans doute les goûts de la vampire paraitraient fades, discrets, comme elle finalement.

"Oh non, la fumée ne me pose aucun problème."

Et même si sa poitrine se soulevait dans une respiration mesurée, la fumée pourrait bien envahir ses poumons morts que ça ne lui ferait ni chaud ni froid.
Et les réponses arrivèrent. L'acier, bien évidemment. Une tendance à la mode et aux transports. Mais rien dans la technologie à proprement parler? Les humes croyaient donc si peu au progrès? Ou n'était-ce là que les pensées typiques des bienheureux? Si seulement ils soupçonnaient ce qui se passait dans l'ombre, ce que certains de leurs semblables pouvaient faire. Il y avait tant de possibilités!

Mais Eliade ne se contente que de hocher la tête, en jeune fille ayant soif de connaissances qu'elle était censée être. Une petite demoiselle à peine arrivée qui déjà voudrait jouer dans la cour des grands. Si seulement son interlocutrice savait dans quelles genre de cours elle se plait à jouer en vérité!

"Vous semblez être une experte de l'économie."

C'était dit avec tout ce qu'il faut d'impressionné dans le ton. Une flatterie qui n'en était pas vraiment une, juste une remarque avisée sans arrières-pensées.
Et la politesse qui s'installe par la suite. Des condoléances? Ah oui, l'héritage. Un héritage aussi faux que blasé. Elle pouvait toujours jouer là-dessus. Un oncle lointain, un parent qui était plus douer pourfaire fructifier un revenu que pour avoir des relations sociales.

"Merci... Mais j'ai certainement bien moins perdu que vous. Je connaissait à peine ce parent."

Pas comme la Lady qui se retrouvait sans époux. Une aubaine, n'est-ce pas? Elle avait dû souffrir, du moins sur un plan. Le noir lui allait cependant bien moins que le blanc. De fait, l'attrait pour la robe cacherait-elle un future amoureux ou lucratif? Bonne question. Mais Eliade n'était pas assez mauvaise langue pour envisager ce genre de choses. Enfin pas pour le moment. A défaut, elle ne fit que dévier les yeux un court instant avant de revenir sur la Lady.

"Quelle tristesse qu'une Lady aussi jeune que vous se trouve en deuil. La mort ne connaît pas la justice."

C'était un fait. Tout comme une jeune fille n'aurait pas dû se faire agresser dans une ruelle sombre alors qu'elle travaillait comme une forcenée pour veiller sur sa mère. Les choses étaient ainsi faites.
Et le serveur arriva, déposant les boissons.
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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   09.07.09 1:14

La mort. Grand concept intimement attaché à la vie qui ne lui faisait plus ni chaud ni froid.

"Quelle tristesse oui..."

Quelle tristesse que cette insensibilité! Gladys... Où s'en est fuie la jeune enfant sauvage dansant pieds nus sur le rivage azuré de ses rêves colorés? Quand donc est morte la pauvrette au profit de cette garce acidulée?

"Excusez-moi, je n'aime pas trop en parler."

Gêne et pudeur aristocratique face au sentiment. Lassitude à devoir feindre une souffrance qu'elle avait enterré dans cette tombe où reposaient les vertes étendues, Antipas et son passé. Une simple phrase, une bouffée et en un nuage tout cela était déjà envolé, oublié.

"Parlant d'"injustice", avez-vous entendu parler de l'incident de ce dirigeable, le Phalène?"

Un regard presque biaisé alors que la meurtrière examine la jeune femme. Dans ce monde de faux-semblants il est important de dominer: plus d'informations, plus d'argent, plus de pouvoir que ses adversaires (sachant que les adversaires peuvent devenir alliés et les alliés des adversaires.) Quel intérêt d'interroger cette héritière étrangère alors qu'elle-même figurait parmi les passagers? Allons, les rumeurs ont leur importance... En outre ce serait un moyen de tester son éventuelle future protégée et découvrir à quelle vitesse elle savait s'implanter dans une cité en tous points étrangère.
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- Irma Omnichiante - "Allez-vous mourir un jour ? Appelez au 3627."

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MessageSujet: Re: De la coquetterie des femmes...   09.07.09 16:22

Non vraiment, elle n'avait pas l'air très convaincue ni très convaincante. La tristesse ne semblait pas exactement faire partie intégrante du personnage. Peut-être une certaine lassitude, à moins qu'elle sois blasée? Pour en savoir plus il aurait fallu se repoudrer le nez, mais le lieu ne convenait très certainement pas à ça.

"Je comprends. Veuillez me pardonner."

Elle n'en parlerait plus dans ce cas. Et puis elle avait bien le temps d'en savoir plus quand ça l'arrangerait. Le hasard faisait souvent bien les choses et cette rencontre avait probablement un sens autre que celui de déguster une boisson agréablement parfumé dans un bar coté.

Et vint la question sur le Phalène. A oui, cet accident qui ne devait pas forcément en être un. Un fait divers qui cachait nécessairement autre chose. Le genre de faits divers où elle avait tout intérêt à ne pas s'impliquer au moment-même de l'accident.

"J'en ai entendu parler. Un triste accident paraît-il, mais les rumeurs s'égarent. Enfin j'avoue ne pas vraiment me fier aux simples rumeurs. Vous devez très certainement en savoir bien plus que moi à ce sujet."

Les prunelles noires qui se fixaient dans ceux de son interlocutrice, presque de manière dérangeante, avant qu'elle ne baisse les yeux pour attirer de quelques centimètres son verre plus près d'elle. Oui, elle en savait plus, c'était une certitude. Voilà un excellent point de départ pour les visions d'Eliade.
Elle se permit une gorgée, avant de poursuivre.

"A votre avis, s'agit-il réellement d'un accident? Et les annonces de la villes ont-elles été honnêtes sur le nombre de passagers? Et sur les interventions des témoins de la scène? Cette histoire me semble digne d'une excellente introduction pour un roman policier."

Puis le verre retrouve sa place sur la table, et elle pose ses mains, l'une sur l'autre, tout en délicatesse.
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De la coquetterie des femmes...

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