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 Merry-go-round

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- Un dernier verre ? Mmh ? - Innocent perverti

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Signalement : Hume, la trentaine, carrure solide, 1m85, cheveux noirs, yeux bleu pervenche, cicatrice sous l'oeil gauche.


MessageSujet: Merry-go-round   05.07.09 14:24

Ça tourne, ça tourne.


Rodrigue versa le Gerety dans un verre, d’un mouvement souple et manifestement rodé à force de pratique. Le liquide s’écoula, froid, gorgé de reflets lumineux, creusant dans son flot mince des cisailles curieuses, des torsades qui se brisaient en boucles confuses au fond du tumbler. La bouteille émit un tintement sec lorsqu’il la déposa sur le zinc ; il releva la tête, adressa un sourire au client et fit glisser la boisson du bout des doigts vers lui.



Ça tourne. Tout valse, tout est embrouillé. Je suis le seul à ne pas bouger.



Le barman du D-Bar vaquait comme d’ordinaire à ses occupations. Il servait les Balayeurs, les habitués, les quelques clients de Caleb auxquels un seul regard appuyé suffisait à faire comprendre que « le Patron ne recevrait personne aujourd’hui ». José était à son poste, mais davantage par un mécanisme trop ancré dans son crâne en décomposition que par réelle nécessité. Aujourd’hui, personne ne monterait les escaliers. Personne n’en descendrait non plus. C’était probablement le seul détail qui avait changé depuis la réouverture du bar. Le seul que les clients du bar étaient en mesure de relever. Ça, et l’absence bien saluée de Chips dans le bar.
Rodrigue s’accroupit derrière le comptoir, ouvrit un placard pour en extraire machinalement diverses bouteilles d’alcools et de jus qui lui manquaient pour ses cocktails. Il marqua une pause de quelques secondes, le regard dans le vague. L’idée d’être ici à travailler ne lui plaisait pas. C’était Caleb qui lui avait demandé d’assurer le service, pour éviter que de seulement inhabituelle, la fermeture du bar ne devienne suspecte. Pour une fois, Rodrigue avait attendu que son patron se répète – avec mauvaise humeur – pour obtempérer. Et c’était toujours avec une certaine réluctance nauséeuse qu’il officiait au bar, et souriait, et badinait avec les clientes qui s’amusaient à imiter son accent. Le Lespurien se releva, plaça les bouteilles sur le présentoir. Puis il glissa une main dans la poche de son gilet, extirpa un cigarillo de son étui, et l’alluma sans empressement. Les escarbilles du briquet jetèrent des étincelles moroses dans son regard. Il siffla un filet de fumée fleurant le miel, et s’accouda au bar en observant les quelques clients dispersés sur les tables et les banquettes. Personne ne lui avait posé de questions, et pourtant, il avait senti dans tous les regards qu’on avait levés vers lui, une envie un peu grivoise de savoir – parfois adoucie d’inquiétude, quand le regard en question était souligné de khôl.




Ça tourne. Comment on appelle ces jeux, déjà ? Un Merry-go-round ?





Rodrigue ôta son cigarillo du bout des doigts, pensif. Cela faisait deux semaines déjà que Caleb et lui étaient revenus du laboratoire. Moins de dix jours que Caleb était cloué à un fauteuil. Moins de dix jours que Rodrigue était hanté par un tournoiement continuel de bouts de phrases : par la voix désolée du médecin, ou celle lointaine de Rufus, ou celle de Caleb qui lui demandait de le laisser seul. Des mots qui dansaient dans sa tête sur un fond de musique cassée, aux couleurs brouillées, sans visages, presque anonymes. Mais là, toujours. « C’est ma faute » ; ça aussi, ça revenait souvent, de façon incongrue et obsédante. Ce jour-là, Caleb avait rebroussé chemin pour venir l’aider – non, pour le sauver d’une mort certaine. L’explosion avait réduit le clone en charpie sanguinolente. Il avait vu, lui, les jambes sectionnées, l’éclat pourpre de cette éclaboussure démesurée sur la neige et la cendre…






« Interroger l’adolescent aveugle qui allait certainement venir », hm ? Il soupçonnait Caleb de lui avoir relégué cette tâche inédite dans l’unique but de l’empêcher de tourner en rond indéfiniment sur cette histoire – il n’avait que très maladroitement réussi à cacher son trouble, tout le temps où il avait secondé son patron en « convalescence ». Rodrigue ne s’en plaignait pas. Il avait réellement besoin de s’occuper, et les menues tâches quotidiennes au D-bar n’y suffisaient plus.
Le Lespurien jeta un regard circulaire sur le bar plongé dans une réconfortante pénombre. Il allongea mollement le bras de côté, là où se trouvait l’éternelle radio qui crachotait vaillamment sa musique. Il tourna un peu la molette du son, et la voix d’une chanteuse inconnue s’éleva plus distinctement dans l’atmosphère.


[Réservé à Asphodèle Ahein... ]
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   06.07.09 16:20

<= Quelques semaines auparavant, la rencontre "Fracassante" avec Caleb, au métro nord.



Une forme accroupie.
Un pied nu.
Des doigts de pied en éventail que des mains malhabiles « scrutent » et palpent.

Un cri râgeur, et un semblant de chaussure qui vole sur un passant – celui-ci proteste ! Mais l’aboiement furieux de l’aveugle l’encourage à fuir.

C’est vraiment très con. Les gens sont vraiment très cons.
Il lui manquait plus que ça, tiens.
Comment font-ils pour laisser des objets tranchants à terre ? Ô bien sûr, le commun des mortels l’évitait soigneusement. Un objet inanimé… aiguisé. Se voit de loin.

Asphodèle pesta encore. Ça n’avait pas été une bonne idée non plus, de jeter sa chaussure.
Il avait fini, bon gré, mal gré, par extirper l’objet qu’il n’identifiait pas clairement, et qu’il mettait soigneusement de côté, dans un large sac bariolé. On ne sait jamais.
Ce serait très con, de repasser au même endroit, pour se blesser à nouveau.

Quel idée stupide, aussi, de se décider à y aller sans connaître le coin ! Non-content de ne cesser de se faire bousculer, ses allures de loqueteux n’attirent que ricanement et regards pathétiques.
Ça l’énerve.
A un tel point qu’il en est distrait et… CRAC ! Juste l’endroit où il ne fallait PAS marcher.
Le quartier sud… Il crache à côté. Peu concerné par le sort du pantalon qui vient d’écoper. Le jeune homme a l’allure suffisamment dissuasive.
Il se bande le pieds, un bout de tissu arraché de ce qui lui sert de manteau fera l’affaire.

Quand il a une idée en tête, rien ne sert de le distraire. Ça faisait un moment que des bruits étranges couraient. Lui, n’était à l’affût que d’une aubaine, mais non, même pas. Des rumeurs sur l’autre frustré, ce « Mancuso ». Comme quoi, il y avait un moment que personne ne l’avait vu, ce pilier de comptoir. Drôle de méthode pour le "Roi de l’intox’".
Asphodèle avait tilté. Asphodèle était intrigué. Asphodèle voulait savoir ce que foutait la corneille. Alors, c’était un bon prétexte, pour se rendre à son bar.

En ayant actuellement l’air d’un mendiant, aveugle, clopin-clopant, un pied maladroitement bandé, une chaussure envolée.
Heureusement pour lui, la glue à poils du gérant, était avec son propriétaire. Mais ça, il l’ignorait.

C’est une entrée fracassante, qu’il fit, les dents serrés, excédés d’avoir ouvert plusieurs fois « la mauvaise porte » et s’être fait traité d’un peu tout le jargon inhospitalier des bourgeois du sud.

« LE DOWNYARD ? »
beugle-t-il sans aucune autre forme de politesse.



Dernière édition par Asphodèle le 08.07.09 10:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   07.07.09 17:58


Walking away from a jealous feeling
Hoping the distance will tear through healing



Rodrigue passa lentement sa main droite sur le col de sa chemise, juste assez pour que l’extrémité de ses doigts effleure le croisement des gazes au creux de son épaule. Il tapota la matière un peu rêche du bout de l’index, faisant pulser presque machinalement sa peau brûlée sous l’ombrage diffus des antalgiques. Ce qui lui fit serrer les dents ne fut pas l’élancement plus vif de sa blessure, mais l’image fantomatique – en vague daguerréotype froissé – de Caleb dans son fauteuil, le col défait et le regard délibérément détourné. Sa main glissa hors de son col, se cala sous son menton qui s’appuyait déjà sur son autre main. Il observait le bar, son calme ouaté, et il regrettait presque que Chips ait préféré rester auprès de son maître au lieu de venir semer sa traditionnelle zizanie au rez-de-chaussée du D-Bar. José s’était déplacé d’un pas lent de son poste pour venir prendre son recaf, qu’il sirotait avec une délectation rare à l’autre bout du comptoir. Rodrigue le regarda du coin de l’œil terminer sa tasse, la déposer après l’avoir remuée au-dessus de sa bouche ouverte, et repartir sans un mot vers son escalier. Le Lespurien détourna la tête avec l’intention manifeste de professer son ennui par un profond soupir, lorsque la porte du bar s’ouvrit à la volée, battant le mur dans un « GONG » métallique retentissant.

« LE DOWNYARD ? »


La totalité des clients braqua un regard interloqué, sinon ulcéré, vers l’origine de ce soudain tapage. Rodrigue haussa les sourcils, et se redressa de toute sa hauteur pour mieux dévisager le nouveau venu, à l’affût du moindre signe qui rendrait l’intervention de la Ghoule nécessaire. Le garçon qui se tenait dans l’entrée béante était grand, et trop mince pour avoir l’air en parfaite santé ; l’œil pervenche du Lespurien glissa sur la chevelure noire en bataille, emperlée de quelques traces de bruine, sur la mine sombre, légèrement inclinée, et balayée de mèches un peu trop longues. De loin, il ne voyait pas très distinctement ses yeux, mais il devinait les traces sombres qui lui dessinaient un loup de cicatrices ; et le Lespurien plissa ses propres yeux, ses mains posées à plat sur l’étain du comptoir. Ses épaules se décontractèrent sensiblement. Le reflet de braise diminua au coin de ses pupilles dilatées tandis qu’il expirait une indolente et pâle fumée.

I left you dancing in cold, blue water…


Curieux comme son apparition pour le moins fracassante s’accordait bien avec la voix mélancolique de la radio. Ce gamin avait l’aspect d’un mendiant. Des fripes informes, élimées, et aux couleurs délavées, un sac, un manteau déchiré. Un Balayeur qui se tenait debout, non loin de l’entrée, lui adressa un rictus clairement agacé.

« P’tit con. »

…Comme si cette seule insulte marmonnée suffirait à corriger l’appel du vagabond. Le client se détourna avec mauvaise humeur, mais d’autres paires d’yeux restaient chevillées sur le jeune homme. Rodrigue étira un sourire amusé, tout en délogeant son cigarillo de ses lèvres pour l’abandonner au cendrier du comptoir. « Downyard » ? Que la méprise fût réelle ou le seul signe d’un mépris insolent de la part du gamin, elle semblait avait attisé l’animosité des quelques piliers de comptoir du bar. Comme souvent, il ne suffirait de pas grand-chose pour que l’atmosphère irritée ne bascule dans une franche ambiance de guerre civile – Rodrigue avait eu le temps de constater à quel point les Balayeurs étaient prompts à la bagarre, quelque soit le lieu, l’heure, la cible et le motif profond.
Le Lespurien contourna pourtant le bar sans empressement, en rajustant machinalement le pli de sa manche au niveau du coude.
Les chapelets de lumière mordorée au-dessus de leurs têtes jetaient des ombres mornes sous son front penché. Rodrigue s’approchait de l’entrée d’un pas tranquille, sans lâcher du regard le nouveau venu. Il lui trouvait un air de chat sauvage, à ce gamin. Une férocité toute en griffes sous la pelisse paresseuse du vagabond égaré. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, le barman ploya doucement sa nuque comme pour mieux observer le visage du « félin » en question ; un visage déchiré de multiples cicatrices. L’œil gauche, mort et blanc ; l’autre, bleu de rêve, voilé d’absence. Mais sous le bandeau de blessures, la peau hâlée, une moue décidée, moqueuse aussi. Une ridule qui commençait à se creuser à la commissure de ses lèvres – signe qu’il avait peut-être senti sa présence, ou le poids de son regard scrutateur.

« …Tu cherches quelque chose ? »

Le Lespurien inclina légèrement la tête, les paupières presque baissées. Il était assez près du jeune homme pour que sa voix se réduise à un vague murmure, afin que l’aveugle soit le seul à l’entendre. Il continua d’un ton plus bas, qui ne ressemblait pas vraiment à un soupçon purement rhétorique, mais sonnait plutôt comme une pensée égarée à voix haute :

« Ou quelqu’un, peut-être. »

Rodrigue releva légèrement la tête. Il avait formulé sa phrase en laissant en évidence le fait qu’une réponse claire n’était pas attendue – pas encore, pas ici. Son regard tomba sur le pied maladroitement bandé du vagabond. Il y avait un peu de sang sur le sol, quelques gouttes sombres mouchetées par les pas du jeune chat blessé. Cette image aurait du le laisser indifférent, sans doute ; ou tout au plus intrigué. Rodrigue amorça pourtant un mouvement de la main, dans l’intention probable de lui toucher le bras ; son geste s’essouffla à mi-chemin, immobilisé par un frisson intérieur. Sa main retomba, inerte ; il resta interdit l’espace d’une seconde, puis son visage réintégra son habituelle neutralité, et sa voix, une tout aussi habituelle douceur.
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   08.07.09 10:20

C'était le bruit. Le bruit assourdissant de l'effroyable mécanique engorgée d'auras. Ou peut-être un léger accent de Mancuso ? Ou bien, la fatigue, alliée à sa mauvaise volonté. Il s'était malencontreusement planté dans ce foutu nom.
Et loin de s'en excuser, Aspodèle lança un regard goguenard en direction de l'homme qui venait de l'insulter :

« Dans l'genre gros dégueulasses, j'pues bien moins qu'toi. », à demi-mot, lancé en l'air comme du pipeau. L'ambiance est devenue fébrile, si l'insulteur s'est levé, il est vite devancé. Le barman fait son office.
L'adolescent sent sur lui, un essaim de regards. S'il pouvait piquer, lacérer, il le ferait probablement. Et sous la menace, le gamin se redresse, fièrement.

* Attaquez, attaquez : je vous attends. Je n'attends que ça. Rien à foutre d'en baver. Vous souffrirez plus que moi. * c'est ce qu'il se dit, observant avec hauteur le reste de l'établissement.

Il n'a pas fait attention à la musique. Il sent juste une voix en sourdine, ce n'est pas à elle qu'il est attentif, mais... à ces nuances étranges qui lentement, à pas feutré, à lueurs entortillées, s'approchent, précautionneusement.
C'est une présence qu'il sent à la fois dérangeante et dérangée. Quelque chose d'instable, de dormant, quelque chose toujours sur le point d'exploser. Il suffirait d'un rien, pour que se déchire... cette apparente sérénité. D'un rien... attention, d'un rien, d'un phénomène profond, mais sans doute d'un « petit rien » pour le commun.
Il se sent dévisagé, analysé. Sera-t-il rangé dans la catégorie inoffensive ou bien... celle dont il faut se méfier ? L'adolescent n'a jamais été autant sur ses gardes qu'il ne l'est en chasse. Ce qui veut se cacher, c'est parfois: ce qui jaillit en premier.

« Tu cherches quelques choses ? »

Là maintenant ? Peut-être bien à se barrer, tourner le dos à cet endroit sordide peuplé d'hûmes pas comme les autres.
La voix est neutre hin ? Doucereuse même. Si calme, comme cherchant à passer au travers, pour s’apparenter à un quasi-inanimé. Celui dont on ne peut se méfier. Celui qui, peu à peu, amadouerait.
Sa voix ne correspond pas à ce qu’il dégage.

« Ou quelqu'un, peut-être. »

Le gamin tressaillit, il est encore effaré par ces formes alambiquées qui semblent... l'épier. Il faut se ressaisir. Penser à autre chose. Par exemple à ce pied douloureux.
Aïe.
Ah oui, effectivement. Il est vraiment douloureux. S'accrocher à quelque chose de tangible, ne pas être hypnotisé par l'imperceptible.

Celui dont il se doute, être un employé, entame un mouvement.
L'aveugle en a les poils qui se hérissent. Bien heureusement, l'homme a suspendu son geste, en une stase colorée qui... qui prit étrangement de drôles de couleurs, comme des reflets... comme les scintillements d'une lumière extérieure.
Asphodèle fronce les sourcils, il n'a jamais été confronté à une telle aura. Il sent bien que c'est humesque, les principales caractéristiques y sont, mais...
C'est dérangeant vraiment. Ce violet, ce jaune souffre et ces tâches bleue clair, tout cet amas emmêlé, qui virevolte sans cesser. Et cet effet argenté, cet effet métallique mais spongieux...
Asphodèle connaissait ce bleu ciel, le désir d'un meilleur, d'un rêve, des choses que l'on sait inaccessible (Ica est couvert de cette couleur), mais ce violet, ce violet aux secrets affichés, aux ténèbres suintants... et ce jaune... Ce jaune inconstant... coupable.
Était-ce son don qui s'affutait ? Ou bien l'écho de celui de Rodrigue qui lui était renvoyé ? L'empathie de ce dernier, réceptacle aux émotions de tous, laissait cette énergie grande ouverte pour ses yeux aveugles.

Il déglutit, franchement mal à l'aise. Les « reflets » ont soudainement pris une couleur plus flamboyante, d'un rouge vif assombri de noir, et de gris, éclairé soudainement d'orangé rosie. Asphodèle ne sait pas, qu'il s'agit là, d'une infime partie de lui, que son vis à vis, vient de ressentir.

* Ressaisis-toi. *

Il incline légèrement la tête, les yeux fermés, expire longuement :

« … Apparemment, on m'attendait. »

Encore un temps avant de se redresser, de ne plus se laisser impressionner par cette masse écrasante d'énergie insidieuse :

« J'pensais l'endroit plus "classieux ", mais d'ici, je sens les puants... Vous les attirez avec quoi, vos clients ? »

Regard transversale, et sourire soudainement "radieux" : « Salut aux futures tripes grouillantes ! » lance-t-il à la cantonade, avant de redevenir sérieux.

« Clair. C'est pas l'genre d'endroit où on s'tient tranquille. Alors le vieux, t'as un truc à me proposer ? », le ton a changé, moins de fierté, mais tout autant d'agressivité.

C'est que le gamin se demande, s'il n'est pas directement venu se fourrer, dans le clapier aux fauves.


EDIT SEEL : CLAPIER TOI-MÊME
[Edit la méduse] SALE PATATE !
[Edit Caleb] José? Fous-les dehors avant qu'ils salopent le RP.
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   12.07.09 20:54

En une fraction de seconde, il avait cru entendre quelqu’un crier.

C’était lorsqu’il avait abaissé sa main, en renonçant à toucher le vagabond. Le cri, c’était un hurlement de douleur, mais lointain, diffus, et comme voilé des chuintements pluvieux d’une bande enregistreuse. C’était peut-être la radio. Mais les sons artificiels ne trouvaient jamais d’écho au creux de son empathie. Ce cri fantôme, si. Il eut mal, comme si on avait trouvé soudainement très amusant de lui planter une fine aiguille en plein cœur.

Et Rodrigue recula d’un pas, le regard envahi d’une nuée écarlate aux teintes indéfinissables. Les impressions. En couleurs. Au milieu du néant, du noir froid de l’inanimé – de tout ce qui n’a pas… d’âme.

Il cilla ; sa vue et le monde étaient revenus. Son visage qui s’était crispé l’espace d’une seconde se détendit, et il étira même un sourire bienveillant sur ses lèvres. Aveugle ? Il porta furtivement une main à son front, se massa l’arcade sourcilière du bout des doigts, puis répondit d’une voix posée :


« Apparemment, oui… »


Le barman se tut tandis que le gamin invectivait hargneusement les clients. Il porta son regard fixe et attentif sur les quelques Balayeurs présents, qui levaient les yeux de leurs verres d’un air courroucé, mais finissaient toujours par les détourner, de mauvaise grâce pour la plupart, lorsqu’ils notaient la présence du Lespurien aux côtés d’Asphodèle.

    Le cri qui trompe. Qui ressemble à un rire – et c’était peut-être ça depuis le début : un rire de déflagration, ou d’un chat qui mord, le rire du chargeur qui se vide ou du sang qui gicle d’une plaie béante au visage. Un rire de chasseur en pleine course.
    Le chasseur, frêle sur ses longues jambes, qui court. Pour fuir le gros loup noir dans sa tête. Le petit chasseur en larmes qui tourne en rond. Oh so merry.
    Et ils sont deux.


Rodrigue cligna encore des yeux, et regretta la distance soudainement déchirante de son cigarillo, qui agonisait dans un cendrier au bout du bar. Il y avait ce bruissement dans sa tête, comme un amalgame de mots sifflés qui ne voulaient rien dire, mais qui avaient le parfum mouillé d’un souvenir.
Mais le gamin revêche s’était déjà retourné vers lui, incisif, mordant ; alors Rodrigue releva la tête comme pour soutenir son regard absent. Chasseur blessé. Le barman laissa filer un rire léger, malgré le mal de tête qui incendiait sa tempe gauche. Ce garçon avait bien cerné l’ambiance moyenne du D-Bar : lui-même s’était déjà lassé de compter le nombre de bagarres, de fusillades et de menaces armées qui pouvaient y avoir lieu en l’espace d’une semaine.

« C’est vrai, personne ne se tient tranquille ici. »

Nous sommes tous fous, ici ; bienvenue, ma chère petite Alice.

« Suis-moi. »

Rodrigue éleva une nouvelle fois sa main, et effleura le dos d’Asphodèle en se tournant lui-même vers le bar. Sans le toucher. Sans qu’il puisse se l’expliquer, ce garçon résonnait d’impressions de façon presque tangible. C’était effrayant, cette espèce de cathédrale vide logée au creux de cette poitrine trop mince.
Lorsqu’ils atteignirent le bar, Rodrigue conduisit Asphodèle jusqu’à un haut tabouret laissé derrière le comptoir, presque à l’angle du long zinc étincelant. En le contournant, Rodrigue lui fit signe de s’asseoir en tapotant sur le cuir du tabouret, presque négligemment – presque convaincu que le garçon comprendrait sans indication superflue. Il glissa un regard circulaire et habituel vers l’ensemble du bar, retombé dans un calme morose de début de soirée, puis vers les quelques buveurs à l’autre bout du comptoir, déjà ivres et affalés sur le zinc pour la plupart. Rodrigue inclina légèrement la tête, le visage allongé par les ombres stalactites des plafonniers emperlés en chapelets au-dessus de leurs têtes. Il s’accroupit, et se mit à fouiller dans un tiroir coulissant, tout en s’adressant à Asphodèle :

« Au fait, je suis Rodrigue – le barman. Je sais que tu devais voir monsieur Mancuso, mais… »


Sa main se figea dans l’ombre du compartiment.

« Mais c’est impossible, pour le moment. Il m’a demandé de t’accueillir en cas de besoin. »


Caleb dans son fauteuil, dans l’ombre. Immobile ; ses yeux d’ambre éclairés dans la braise accusatrice de ses Minotaurus. Ce garçon est-il si important pour que tu sortes de ton silence et me demandes d’aller lui parler ?

Impossible.

Les doigts de Rodrigue effleurèrent la surface glacée d’une boîte métallique. Il se releva en la tenant entre ses mains d’un air rêveur. Il l’ouvrit, et piocha presque immédiatement un flacon de verre fumé contenant des comprimés. Il en déposa deux au creux de sa paume, et les avala sans eau. Le Lespurien resta quelques secondes immobiles, à fixer le nécessaire de premiers soins qu’il avait sous les yeux. Il le devinait par avance ; il ne saurait pas gérer parfaitement cet interrogatoire.
Son regard glissa ensuite vers Asphodèle. Qui avait le menton haut, avec sa mine altière et revancharde de jeune chat.

« Ah... Je dois pouvoir faire quelque chose pour ta blessure. Tu permets ? »
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   19.07.09 4:11

Sans le toucher, peut-être. Une vague d'électricité, un magnétisme glacé qui effleure son dos. Le gamin habituellement si souple en aurait presque eu, une rigidité... cadavérique.
Comme si le moindre mouvement du Lespurien était grandit, grandit. Un écho qui s'écrasait en ses abysses inertes. Malgré toutes ses couleurs, malgré ses sensations, malgré toutes ses douleurs... et cette clarté en ce miroir d'émotions, Asphodèle se met en branle et s'oblige... à avancer.
Alors il le suit, devine chacun de ses gestes, de ses attentions (qui en d'autres occasions l'auraient mis hors de lui) trop occupé à fixé l'émanation colorée, comme le ferait presque une proie, un frêle papillon aux ailes tuméfiées, de la flamme glacée des crocs prédateur.

Le gamin s'assit. Il n'y avait rien de plus étrange, de plus dangereux dans ce bar, que l'homme affairé en face de lui.
La voix contenue, la voix pleine de calcul, d'étude et d'exercices, la voix rôdée à enrôler le moindre doute qui s'élève. Mot magique « Mancuso » qui soudainement déchire la danse hypnotique.
Un lent sourire se dessine. Le gamin a perçu l'hésitation, un vague remous, quelques ersatz de violet et de gris. Un mensonge qui se cherche, mais un mensonge établi.
Ce ne doit pas être la première fois que tu sors cette connerie, Rodrigue, pas la première, mais peut-être la première... que tu hésites tant à la prononcer.

Jaune – violet – gris.

Trois couleurs intimement mêlées, qui s'entortillent lors que le barman se perd dans de sombres pensées.
La conscience, le mystère, le secret, l'anxiété. Tu sais. Tu te tais. Tu déguises. Tu sembles y être habitué.
Le gamin se détend peu à peu. Sans avoir à se concentrer, c'est comme déchiffrer du braille sur un livre ouvert... Il n'a qu'à suivre les lignes qui lentement se découvrent. Il s'habituer peu à peu au rythme de l'homme, à sa cadence ombrageuse, réfléchie, ce rythme serti d'angles bizarres... et de regards.
Il n'a pas confiance, mais s'habitue, vous dis-je, à sa cadence.

Gargarisme léger, qu'une oreille aveugle perçoit, Asphodèle trop pris par l'Aura, en aurait presque oublié ses autres sens. Il n'y a pas que sa lueur d'irrégulière, il y a … son corps. Quelque chose qui le gène, qu'il calme. Une grande douleur ? Les choses les plus simples, deviennent les plus complexes en cet homme. Il est doué, oh oui, il est particulièrement doué pour dissimuler.
Quand Asphodèle l'est... à voir.

Est-ce en lien avec ce mystère attendu ? Ou n'y en a t-il aucun ? L'aveugle sent l'excitation croître comme pendant une chasse. C'est la première phase. Celle où il rassemble, étudie, toutes les informations en main. Ce qu'il a perçu. Avant... la localisation.

Soudainement, il s'approche. Le regard exorbité d'Asphodèle montre bien sa surprise. A trop se reposer sur ce que l'on croit percevoir, on en oublie de prévoir. Et l'élémentaire... Asphodèle. L'élémentaire qui te rappelle que tu n'es qu'un jeune gamin dans cette histoire.

Bien campé sur son tabouret, accroché comme un chat échaudé, le gamin tente péniblement de retenir griffes et autres crachats qui jailliraient naturellement contre cette « bonne-âme » tentant de l'aider.
L'homme est lisible. Oh oui, personne ne l'a jamais été autant. Mais il n'est pas forcément prévisible. La contre-partie, suppose l'aveugle. Il faudrait, pour le deviner complètement : apprendre à le connaître.
Cette pensée aussi, le surprend. L'égoïste incarné n'est pas habitué à cette nouvelle curiosité. Le bizarre, l'inconnu, l'attire comme un aimant.
La fascination myosotis d'une ondulation reptilienne.

La blessure est mauvaise, sous son linceul de sang. Ironiquement, c'est un morceau de miroir qui en est la cause... mon lapin.
Asphodèle laisse faire, la bouche cousue de fil de fer. Il se contente de serrer la mâchoire quand le Lespurien s'applique à désinfecter la plaie.

Un drôle de couple, d'Alice devenue Cendrillon, face au Prince Lilas, aux longues oreilles blanches. Son pied frémit, et avec lui, c'est tout le corps qui suit, au contact de l'alcool qui le lave.
Contiens-toi, contiens-toi. Les Hûmes sont plus bavards, quand ils pensent avoir établi un contact. Quel qu'il soit. Quand ils pensent qu'on leur ait redevable. L'aveugle laisse donc ce fil avoir son pied, bien décidé à en décimer ensuite la toile.

« Mancuso... il a vraiment des trucs rough. »

Bon, c'est raté pour l'amabilité. C'est qu'il ne faudrait pas en demander trop non plus. Et le gamin est tellement troublé, qu'il jongle volontiers avec ce qu'il est venu chercher, sa nature d'enquêteur et... l'impulsivité caractérisée.
Tout son être semble rouillé, quand il se force à exécuter certains gestes. Se penchant vers le lespurien accroupi, retenant presque ses membres de trembler, haïssant cette pseudo-vulnérabilité, simple trahison d'une fatigue ouverte à ce don trop employé :

« ' En cas de besoin ', hin. C'est vraiment bizarre, comme ça sonne faux. »

Et d'ajouter doucement, presque menaçant, distant de quelques centimètres du visage Lespure :

« Comme c'est bizarre qu'un mec comme lui joue aux absents. Ch'uis pas devin, mais, hey, vieux. Les trucs Rough, tu sais ? Je les sens. »
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   21.07.09 19:09

Rodrigue scrutait avec une attention calme le visage du jeune aveugle – encore un peu captivé par les circonvolutions brûlées le long de sa peau, mais surtout par le voile laiteux sur son œil gauche. Le Lespurien sourit. A sa proposition, le jeune vagabond n’avait pas opposé un franc refus, ce qui devait certainement s’apparenter à une marque d’assentiment.
Il gardait les lèvres serrées, le gamin, et ses doigts fins étaient ancrés sur le bord du tabouret – le chat sur la branche un peu trop haute pour lui. Rodrigue s’agenouilla sans empressement, déposant au sol la trousse de premiers soins ouverte. Il ôta avec précaution la bande de tissu déchiré et à la propreté douteuse, effleurant le moins possible la peau du jeune garçon de ses doigts. Pas vraiment pour ne pas irriter sa blessure. Plutôt pour ne pas trop capter l’amas criblé d’échos qu’il percevait chez lui.
Toujours sans se presser, il prépara une compresse imbibée d’alcool médical, cala d’une main tranquille la mince cheville d’Asphodèle, puis s’attela à nettoyer la plaie. Elle n’était pas bien profonde, mais un sombre agglomérat de poussière et de sang séché lui donnait un aspect somme toute inquiétant. Le coton glissa, nettoya la plaie avec une prudence dénuée de maladresse – mais Rodrigue le sentait trembler, et se tendre graduellement à force de vouloir le cacher. Il releva un peu la tête, fixa en une contre-plongée le visage figé du garçon, durci par un clair-obscur qui n’ôtait pourtant rien à l’éclat océanique de son œil scarifié. A bien y regarder, c’était un beau garçon.

« Mancuso... il a vraiment des trucs rough. »


Le barman haussa les sourcils, et ses mains se figèrent dans leur besogne. L’aveugle avait parlé d’un ton âpre, sans le plus petit accent de respect qui nimbait ordinairement l’évocation du nom « Mancuso ». Rodrigue le considéra avec encore plus d’attention. Il était jeune, ou du moins il gardait l’air d’un adolescent à peu près comme les autres ; mais son visage et son infirmité témoignaient d’une existence marginale et d’un passé très probablement douloureux. Et pourtant, sa gouaille, son port de tête altier…il donnait d’autres signes, d’une force plus intérieure. Et peut-être réelle, qui reposait dans l’éclat furieux de cette émanation pourpre qu’il avait entraperçue. Rodrigue étira un sourire posé, un tantinet moqueur aussi, tandis que le jeune homme approchait son visage du sien. Lorsque Asphodèle acheva sa phrase sur le roulement acéré d’un murmure, le sourire de Rodrigue se mua un rire aussi léger que bref.
Il libéra sa main droite, et l’éleva au niveau du visage d’Asphodèle, comme dans l’amorce d’une caresse sur sa tempe dévorée de cicatrices. Il n’effleura que les mèches noires qui voilaient presque totalement son œil blanc, et recula bien vite sa main – redoutant peut-être un coup de griffe du chat, ou juste dans un jeu de simple taquinerie. Lorsqu’il rétorqua, son ton à la fois badin et tout aussi menaçant que l’avait été la remarque de l’aveugle :


« Tu les sens ? Ça tombe bien, moi aussi… »


Il laissa une seconde de silence filer, puis il inclina la tête et s’attela, comme si de rien n’était, à appliquer une compresse propre contre la blessure, puis à ceindre le pied blessée d’une bande de gaze.
Tandis qu’il achevait de fixer le pansement, il ajouta de but en blanc :


« On m’avait dit que tu étais aveugle. Mais ce n’est pas entièrement vrai, je me trompe ? »


Il était bien conscient d’esquiver sans vergogne la question de l’absence de Caleb ; mais, plus qu’un simple souci de s’informer sur l’individu qu’on lui avait désigné, c’était une réelle curiosité qui l’animait. Il remplaça la boîte estampillée d’une croix rouge dans le placard, puis se releva en tenant dans sa main la charpie souillée de sang. Là où ils se trouvaient, à l’écart, les autres clients du bar ne pouvaient pas entendre le sujet de leur conversation ; la radio diffusait encore sa musique sur le comptoir, et couvrait ainsi leurs voix. Le barman s’éloigna de quelques pas, le temps de se débarrasser du lambeau de tissu qui avait servit de pansement à Asphodèle, et de laver ses mains, mouchetées d’un peu de sang. Son regard se fixa sur le jeune garçon tandis qu’il se séchait les mains consciencieusement. Lorsqu’il se rapprocha à nouveau de lui, il reprit d’un ton plus bas, mais aussi plus amène :

« Ces couleurs que tu vois… – C’est bien ce que tu vois, non ? – Ça, c’est ce que j’appellerais un "truc rough"… »
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   21.07.09 23:38

Même la plus petite plaie, placée sous la plante des pieds, peut vous faire longuement souffrir. Comme pour rappeler, que l'insignifiance de la taille n'enlevait jamais en rien, sa dangerosité.
La douleur titille, ravive, insupportable, lorsqu'on voudrait se reposer, l'oublier un peu. Sans jamais le pouvoir.
C'est un peu comme la colère, celle en fond, en « back-ground », qui ne transparait pas tout de suite, qui est toujours : là. Prête à surgir quand on l'oublie. Prête à exploser sans réflexion... à la moindre provocation, peu importe les conséquences.
Une bombe à retardement, une bombe attisée, une bombe tellement instable que la moindre étincelle suffirait...

L'autre l'observe, le jauge, l'autre sourit, se gausse. Semble même... s'amuser. L'autre prend son pied à attiser... le craquement brûlant d'une mèche sur le point de s'enflammer.

Tu l'as touché Rodrigue. Même si c'est une partie insensible. Il n'y a que deux occasions où il n'en a rien à foutre : quand il baise, et est payé pour et... quand il se bat.
Dans sa logique à lui, il n'y a aucun autre choix, aucune autre circonstance, que ces deux situations. Si l'une ne correspond pas ? Autant l'a mettre en branle, mais... Non, tu n'es pas son genre de femme.

L'adolescent frémit, ses yeux sont à la limite de jaillir, comme si son regard, dard impitoyable, pouvait lui transpercer le cœur. Comme cette nuit, deux ans plus tôt, qui lui avait arraché... tout ce qu'il était. Ou pensait être.
Laissant un cocon insalubre... inflammable... prêt à se déchirer... pour libérer : ce qu'il serait.

Tu joues carte blanche. C'est peut-être mieux. Les deux protagonistes se sont bien trop flairés pour faire semblant plus longtemps mais... pour lui, ce n'est pas l'important.
Disons, que dans son ordre des priorité, c'est carrément... secondaire.

Une provocation ? Un bar débordant d'hostilité ? Un endroit inconnu ?
Qu'attendons-nous ?!

Oublieux pour un temps du motif originel, l'adolescent s'investit en ce qu'il excelle... et se projette, les pieds en premiers sur ce qui lui sert de tabouret, pour se propulser au-dessus du bar, accroché à la gorge du Lespurien, l'excitation à son maximum, proférant des insanités :

- Et encore, si tu savais... ce que je peux vérifier.

Son visage et si près, si près, l'aveugle serait prêt à le bouffer. Il n'a fait que le plaquer contre le mur où les bouteilles s'écroulent, l'une après l'autre, comme un gigantesque feux d'artifices aux effluves pestilentiels. Peu importe qu'on se jette sur lui. Oh oui, peu importe.
Si l'asphodèle se fout des mémoires, elle n'apprécie pas vraiment qu'on cherche en elle... à y voir.




[Go-go gadjeto ! J'ai commencé le chantier que tu puisses dévier _mais pas avec des trucs lubriques, je te prie.]
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   24.07.09 13:05

[MYU MACHO !]


Rodrigue eut un mouvement de recul – mais pas assez rapide, pas assez alerte pour repousser l’assaut soudain du jeune vagabond. Son dos heurta les étagères ; il sentit les mains d’Asphodèle sur sa gorge. Les bouteilles se mirent à tomber, comme une pluie qui se démultipliait lorsqu’elles se brisaient sur le sol. Le Lespurien leva brusquement le menton, le souffle coupé autant par la charge de l’aveugle que par sa brûlure soudainement ravivée. Les reflets dansants du verre translucide tremblaient au creux de ses iris levés vers le ciel. L’alcool et le verre brisé riaient en s’écoulant autour d’eux.

…Il aurait dû le deviner ; rien qu’à son allure de chat nerveux, qui rentrait ses griffes de mauvaise grâce. Il avait vu l’éclat indigné dans son regard mort, lorsqu’il avait effleuré ses cheveux ; c’était aller trop loin, n’est-ce pas ?
Mais il n’y avait pas que ça.

Rodrigue crispa ses mâchoires. Son regard retomba avec la lourdeur de gouttes de plomb sur l’aveugle. Ses mains mordirent les poignets solides d’Asphodèle, l’obligeant progressivement à lâcher prise sur sa gorge. Malgré ses allures d’adolescent mal nourri, il avait de la force – cela se sentait, il était habitué à se battre ; et sa hargne semblait décupler ses capacités physiques. Le barman jeta un bref coup d’œil par-dessus l’épaule du chat sauvage, et vit avec une certaine contrariété tous les regards tournés vers eux ; José s’était avancé de quelques pas, la mine sombre mais hésitante, et d’autres Balayeurs semblaient également impatients de pouvoir intervenir.

Non. Certainement pas. Ils avaient encore à discuter, tous les deux – quitte à ce que cela se fasse entre deux coups de poings. Rodrigue repoussa soudainement Asphodèle contre le comptoir. L’épaule du jeune homme heurta le poste de radio, qui tomba sur le zinc en émettant un grésillement particulièrement aigu et décousu. L’aveugle parut déstabilisé par cette déflagration sonore, et Rodrigue en profita pour élever autoritairement la main en direction de José. Le message était clair et sans appel : Il s’en occupait, seul.

« Viens par là. »

Rodrigue empoigna sans ménagement le col d’Asphodèle, tandis que celui-ci semblait encore un peu sonné par la débâcle bruyante de la radio, et le traîna en quelques pas rapides vers la réserve. La porte s’ouvrit brusquement, et il y poussa le vagabond avec une rudesse presque exagérée. La pièce était assez grande, mais l’espace était grignoté aux trois-quarts par des caisses de bois solides. Lorsque Rodrigue pénétra à son tour dans la réserve et referma la porte derrière lui, il prit soin de tourner la clef dans la serrure, et de la laisser sur une étagère proche – inutile de la cacher davantage, si le gamin était vraiment aveugle, non ? Cette précaution ne lui prit pas plus de quelques secondes ; lorsqu’il se retourna, l’autre paraissait toujours aussi disposé à lui arracher les yeux. Rodrigue ne put s’empêcher de sourire devant une antipathie si spontanée à son égard.

Eh. S’il voulait tellement le frapper, qu’il se fasse plaisir. C'était ce qu'il méritait, certainement. Puisque l'autre ne le ferait jamais.

Le Lespurien s’avança dans la pièce réfrigérée, et se contenta d’encaisser les nouveaux coups du jeune vagabond, sans autres ripostes que des bourrades aussi superflues qu’insultantes. Mais plus il recevait des coups, plus la douleur dans ses côtes le laissait pantelant de satisfaction, et, inexplicablement, la fureur inscrite sur le visage d’Asphodèle le rassurait et lui donnait envie de rire aux éclats, ou de pleurer - il ne savait plus très bien faire la distinction.
Ce gamin savait ; il voyait la vérité aussi bien que ce Rufus qui l’avait décrit comme une entité maléfique.


Tu vois, j’en suis sûr. Mieux que tous les autres, petite fleur des morts.



Rodrigue laissa échapper un rire léger, presque fébrile, sans cesser de dévisager Asphodèle dans la pénombre de la réserve. Un énième assaut du chat sauvage le recula contre un empilement de caisses. Il resta immobile l’espace d’une seconde, transi par la lame chauffée à blanc plantée en travers de son omoplate ; puis il releva son regard ombragé d’un entremêlement de mèches noires, et il saisit vivement la main levée d’Asphodèle.


« Qu’est-ce que tu peux bien voir, quand tu me regardes …? »



Sa question n’était pas menaçante. Pas même colérique ; mais sa voix vibrait d’une fascination lugubre, une sorte de résignation navrée et exaltée face à ce qui confirmait ses plus vieilles terreurs.
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   25.07.09 14:09

[ Taggle ! è.é]


Un bruit infâme de grésillement trompeur, une putain d'explosion -mineure- mais quand votre ouïe est plus affutée que la moyenne, tout ce qui est « mineurs » prend des proportions irréelles. Asphodèle se doutait bien qu'il ne s'attaquait pas à une crevette, ce n'était pas la première fois qu'il s'en prenait à plus gros gabarit qu'il ne l'était.
Pas la première non plus, qu'il se faisait foutre une raclée. Mais l'un de ses gros atouts était sa propension à encaisser, une résistance travaillée depuis l'enfance, pour endurer... n'importe quelle souffrance. Et toujours attaquer, attaquer encore, attendre patiemment que sa proie se fatigue avant lui, en ne cessant de la harceler.

Ce qui était étonnant, c'est que « sa proie » ne laisse pas intervenir les autres de sa « meute ». ça c'était curieux.

La radio, ce chant auquel il ne faisait plus attention, désormais, il se rendait bien compte de son absence et de ce nouvel éclat qui déroutait ses sens... déjà bien embrumé par les relents d'alcool qui avaient sombré sur eux.

Il se sentit soudainement quasi-soulevé, être traîné sans rien pouvoir y faire, sans réussir à réagir, ses réflexes, un temps, anesthésiés. Pour être balancé rudement dans une autre pièce qu'il n'avait pas soupçonné.
Si Asphodèle avait pu se repérer au sein du bar, c'était aussi grâce aux positionnement logique des clients. Mais là... Il n'y avait quasiment que de l'inanimé : une forte odeur de bois, et son dos avait heurté suffisamment violemment une des caisse entreposée pour qu'il réalise l'endroit où il se trouvait :
« Une réserve », oui, mais une réserve inconnue où il ne pouvait se guider qu'à l'odeur, au toucher et au déplacement de celui qui venait de le jeter à l'intérieur.

Pas très logique, cette réaction. Il aurait été nettement plus naturel de lui foutre d'emblée une raclée.
L'adolescent s'est bien vite remis sur pattes, et si la chute lui avait causé un mal de chien, il n'était pas prêt à en montrer... le moindre signe.

Un bruit de porte qui claque, de fermeture enclenchée. Visiblement, tu es prisonnier Asphodèle. Le gamin fronce les sourcils. Bon sang, mais qu'est ce que l'autre lui veut réellement ?

* Mon gros, je ne me laisserai pas avoir si facilement *

C'est ce qui transparaît dans son expression et puis : la meilleure défense reste encore l'attaque. Même si rechercher une aiguille dans une botte de foin... Bah, suffirait de la défoncer.
Non, Asphodèle ne sur-estimait pas ses capacités, il envisageait juste les solutions les plus radicales.

D'abord : se débarrasser du gêneur. Les questions, on les poserait ensuite. Sauver sa peau : la priorité du moment. Ne pas avoir envie de savoir ce qui se passe dans la tête de l'autre _ probablement un de ces malades qu'il vaut mieux éviter_ dont il avait déjà pressenti l'instabilité.
Ce n'était peut-être pas une bonne idée de l'attaquer sans préambule. L'aveugle haussa les épaules. Il s'était sorti de situation bien pires, alors bon. Il faisait confiance... en... « sa bonne étoile ».

Nouvelle charge, le gamin se jette en rafale sur l'homme bien mieux loti qu'il ne l'est mais... bien plus blessé aussi. Pervers, il s'acharne là où il décèle la douleur. On a plus d'honneur quand il s'agit de ses tripes. Y allant force de coups de poings et de jeux de jambes.

Mais...
L'impassibilité de sa cible le laisse perplexe. Un masochiste ? Pourquoi ne réagit-il pas ? Il l'a bien fait tout à l'heure ! Pourquoi ces répliques ridicules ? Asphodèle a bien perçu sa force, il sent bien que l'autre pourrait l'envoyer boulet par quelques gestes bien sentis !
C'est pour se laisser frapper ? Pour se laisser...

Du jaune souffre qui jaillit, nuancé de noir et de gris.


Cette perception le laissa tellement perplexe qu'il ne réalisa pas que l'autre contrait un nouveau coup de poing, lui empoignant la main de manière à ce qu'il soit suffisamment proche pour sentir leurs haleines respectives.

Une question enfin. Et une ruade violente du gamin qui s'extirpe des griffes de ce nouveau Cheschire. Un reculons vif, immédiat stoppé par l'une des caisse.
Il grimaça, secoua la tête comme pour chasser toutes ces couleurs. Un mauvais rictus qui naît, une expression dégoûtée. Sa colère a soudainement chuté. Il soupire ironique :

« Si t 'as des trucs à régler, te sers pas de moi pour payer . »

ça ne le dérange pas, qu'on l'utilise. Tant qu'à service rendu, il obtient : argent comptant. Mais qu'on se serve délibérément, à détourner sa hargne : ça l'agace. La visible culpabilité de l'affronté, qu'il ne comprenait que mal, mais qui voulait visiblement, se laver par le sang et... Ces nouvelles volutes obscures nuancées d'orangé. Il n'aimait vraiment pas, mais vraiment pas, ce qu'il pouvait distinguer.
C'était comme un prédateur qui attendait d'être réactivé pour être mis en condition.
Et perpétrer de nouveau... ses exactions.

Mais... Est ce que tout ça le concerne vraiment ?
Nouvel haussement d'épaules dédaigneux :

« Ce que tu caches, je m'en branle. Ça me regarde pas. Tes délires, ils sont à toi. Tes responsabilités aussi. Si tu veux que je te tabasse pour les enlever : faudra me payer.
Je sais pas ce que tu cherches d'autre. »


Il fait référence à la porte verrouillée :

« Ni pourquoi tu agis comme ça. Et en fait, j'm'en fous. Mais j'aime pas qu'on m'utilise vieux. Et non seulement t'es Rough, mais t'as aussi un truc qui t'intéresse. J'ai peut être l'air d'un p'tit con, mais j'ai pas forcément besoin de voir, pour comprendre ça. »

Le calme est revenu maintenant, froid et hautain, comme le serait le jugement venu de plus haut. L'adolescent persiste :

« Et t'as pas répondu. A moins que tu sois comme ça à cause de lui. »

Dernière réplique en suspens. L'autre fera les déductions nécessaires.
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   27.07.09 22:42

[Quoi ma gueule ? Keskelamaggle ?]


Ah, il parlait !
Rodrigue avait laissé filer le chat entre ses doigts, et le scrutait avec une attention quelque peu abattue, les épaules basses et le dos calé contre les caisses. La première réplique d’Asphodèle, aussi cinglante que ses coups de poings, le laissa stupéfait. La surprise glissa comme un voile trop léger pour demeurer sur son visage : ses traits se lissèrent graduellement et s’assombrirent d’une indifférence complètement artificielle – et sans doute inutile en présence d’un aveugle. « Des trucs à régler » ? Il avait visé juste. Un peu trop, même. Alors c’était ça, son pouvoir : deviner l’état par le biais de ces couleurs vivantes… ?

Rodrigue se redressa, une main crispée sur ses côtes, l’autre appuyée sur une caisse à hauteur d’épaule. Le vagabond parlait encore, ses lèvres mordants ses propres mots, drapé d’une pénombre glacée. Et à mesure qu’il sifflait ses mots avec un dédain évident, le Lespurien sentait distinctement la douleur devenir diffuse, s’estomper mollement – devenue insuffisante pour sa faim – trop faible pour ce qu’il attendait. Et la stupeur repassa furtivement sur son visage. Asphodèle laissait entendre qu’il se battait juste…pour expier quelque chose ? Le barman cilla, refusant instinctivement cette explication insensée. Mais l’évidence revint, éclairée par le regard sans merci de l’Asphodèle. Non, pas insensée. Inédite et incongrue, c’était certain ; mais l’aveugle disait vrai. S’il le laissait le frapper si facilement…S’il se jetait si volontiers dans une bagarre puérile et irréfléchie, ce n’était pas pour rien : parce qu’il agissait encore selon un mécanisme bien rôdé, un enchevêtrement d’effets sur des causes et des objectifs atteints ou manqués. Toujours selon une stratégie non pas pensée mais engendrée de ses blessures – comme une mandragore folle. Plante de sang, hideuse entre toutes, qui rêve… de devenir humaine.

« A cause de lui …? »

La voix de Rodrigue résonna à peine dans la réserve. Il laissa échapper un soupir atone, et un fugace nuage de vapeur se forma au bord de ses lèvres. Sourire. Volontiers dégoûté et maussade.

    Lui ? Il ne veut même plus me regarder. Normal, je l’ai tué, je l’ai entraîné dans un piège qui m’était destiné. Normal. Je veux qu’il me regarde, Asphodèle, comme toi. Avec hargne et rancœur, ou avec dédain peut-être. Mais qu’il arrête de détourner le regard. J’ai l’impression d’être mort, mort d’avoir été trop vivant. Et personne ne m’aidera, cette fois. Pas vrai ?


Le barman passa une main dans ses cheveux, afin de les repousser en arrière. Il se redressa de toute sa hauteur, même si ses épaules restèrent voûtées par les élancements qui quadrillaient continuellement son torse. Une grimace déforma brièvement la ligne pincée de ses lèvres, puis il étira un nouveau sourire. Son murmure fut presque inaudible :

« L’intérêt que vous vous portez m’échappe totalement, je dois dire... »


Le Lespurien s’approcha du jeune homme de quelques pas, juste assez pour l’observer avec attention malgré la faible luminosité. Non, il ne comprenait pas : et le fil anonyme qui reliait Caleb et Asphodèle l’agaçait et l’intriguait tout à la fois. Cet œil laiteux était beau, pourtant. Rodrigue inclina légèrement la tête de côté, et il murmura tranquillement, comme s’il parlait à lui-même plutôt qu’à l’adolescent en face de lui :


« Caleb Mancuso ne joue pas aux absents. Et oui, j’ai mes responsabilités, parce qu’il se trouve que je suis un mauvais garde du corps. Je te laisse deviner le reste… puisque tu es si doué pour ces choses-là. »


Le barman laissa flotter un instant de silence, goûtant à sa propre amertume du bout des lèvres. Il inspira longuement l’air froid – à s’en faire mal – puis reprit dans l’ombre vacillante d’un rire amusé :


« Mais pour les indices, il faudra aussi payer. Et si tu m'en disais un peu plus sur toi, Feu Follet ? »
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   31.07.09 6:08

[Optiiiiiique deux miiilleuh ! ]



L'ambiance a changé, comme si l'homme emmagasinait... se rechargeait.
Trop de nuances, trop d'incohérences pour l'adolescent encore inexpérimenté à l'analyse appuyée. Pourtant acculé à cette exploration... minutieuse.

C'est la première fois qu'il observe les ondulations d'une aura aussi... sérieusement. Il sait que beaucoup dépendra de ce qu'il a compris, de ce qu'il pourra prévenir. Viser. Toucher. Et enfin couler.
Alors il distille, il se concentre, se fatigue, ne laisse passer aucune variance mais... Il manque d'expérience, il ne peut tout démêler. Ce qu'il flaire d'instinct n'a pas forcément d'explications logique, alors, il suit son intuition, attentif à ce qu'il perçoit, tentant de retenir ces changements sournois. Pour y revenir, une fois au calme et comparer, essayer de comprendre.

L'autre bouge, semble reprendre contenance, se donner une nouvelle allure, replacer un masque de placidité dont son aura... n'aura cure.

Un murmure, l'aveugle fronce les sourcils. Encore une provocation ? Encore un jeu, des griffes qui se dévoilent et brillent. Grincent pour intimider. Il préfère faire semblant, de ne pas avoir entendu. Prostré alors que l'homme se rapproche, dangereusement près.

Asphodèle ne bronche pas, les muscles bandés, près à bondir à la moindre nuance suspecte. Conscient de l'irritation et de la curiosité qu'il suscite... sans toutefois la comprendre.

Une vérité lancée. Bien plus importante qu'il n'attendait. L'aveugle balançait toujours des généralités, comme rôdé à la « bonne-aventure », aux balivernes enjôlées, aux perches qui révèlent.
Il n'avait jamais pensé avoir viser si juste, dans sa logique, bien trop de choses avaient forcément rapport à la violence, aux plaies, aux mauvaises conséquences.

Une absence prolongée ne pouvait révéler que deux choses :
- Une disparition, une convalescence ou une mort.
- Une fuite dûe à une culpabilité.

Mancuso était donc vivant, le barman ne mentait pas, ce n'était pas le genre de coups qui marcheraient dans son cas. Et ce type louche avait quelque chose à avoir avec son absence, soit un trop mauvais état pour qu'un homme tenant autant aux apparences que lui, puisse simuler et confier ses « affaires » à un homme de main « si peu doué », pour avoir parlé de celui... qu'il « attendait ». A moins que ce ne soit qu'une absurde coïncidence.

S'il était flatté de cette attention, il demeurait surtout perplexe. Mancuso avait paru intrigué, décontenancé, mais pas au point... d'être aussi « prévenant ».
Curieux, vraiment curieux.

Les pièces de l'enquête se rassemblaient doucement en un puzzle impressionniste, qu'Asphodèle aurait bien envoyer valser d'une main.

Puisqu'il était coincé là, il n'avait pas d'autre choix que d'accepter ce « marché », attendre que l'autre se lasse à tenter d'obtenir ce qu'il avait oublié. Chercher à comprendre la cause de l'absence, en apprendre sur la source qui l'intriguait, mais d'abord, il fallait... « donner », c'est bien ça ?

- Tu vas être déçu « Rodrigue », j'suis pas c'qu'on pourrait appeler « une mine d'infos », c'est avec ça que ton patron gagne son fric, non ? Alors vas-y, pose tes questions, on verra bien si j'suis capable de répondre. Et... Le plus drôle forcément, c'est qu'on peut pas mentir, hein ?

Tu veux savoir quoi ? Si ch'uis dangereux ? Non, ça, tu sais déjà.
Si je vais te faire chier ? Ça, c'est pas la peine de demander.
D'où je viens ? Si tu trouves, t'auras qu'à me le dire. Et toi, t'es quoi ? Un bar-man ? Un protecteur ? Tu es dans ses magouilles ? T'as quoi à gagner dedans, c'est ce que je pige pas.Tu veux te taper un aveugle ? Un truc de refoulé ?


Jusqu'à que le bar-man se lasse... Et le libère. A moins qu'un phénomène imprévu ne bouleverse « l'interrogatoire ».

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MessageSujet: Re: Merry-go-round   20.08.09 17:51

Attention mesdames et messieurs, Chips avait une mission.

Ouais, encore, on sait. Sauf que cette fois c'était une mission d'importance, car non seulement elle lui avait été confiée par Caleb Mankwuso himself, mais en plus elle s'incarnait dans un élément bien tangible, un objet de la réalité. Chips était habitué à se rendre d'un point à un autre pour délivrer des messages qui tenaient en trois mots, c'était amusant mais n'avait plus rien d'extraordinaire. Prendre soin de quelque chose qu'on lui aurait confié, par contre...

Le Trésor. Il l'avait coincé entre ses robustes petites mâchoires, en faisant attention de ne pas serrer trop fort pour ne pas l'abîmer, mais en insistant bien quand même pour éviter de le faire tomber. Puis il avait quitté l'appartement sis sous les combles pour descendre jusqu'au bar, empruntant pour ce faire son itinéraire favori: celui qui commençait par une latte de plancher facile à soulever et descendait dans le mur du fond du bar avant de déboucher au-dessus du comptoir.

Le reptomarsupial s'élança avec enthousiasme à travers la poussière et les toiles d'araignées. Il adorait serpenter à toute vitesse dans ce petit espace, tête la première, en esquivant au dernier moment les divers obstacles que l'architecte avait mis sur sa route: une pirouette, quelques lacets, une roulade, un petit bond. Attention capitaine, obstacle droit devant! Virez de bord!

"Kwiiiiivraaaooouum!"

Chips effectua un virage à quatre-vingt-dix degrés avant de continuer à courir le long du mur, totalement insensible au caractère odieusement vertical de ce dernier. Puis il effectua un nouveau changement de direction, pour finalement émerger d'une fissure entre deux poutres, au niveau du plafond. Il sautilla le long d'un gros madrier, avant de bondir négligemment dans le vide pour atterrir au sommet de la colonne réfrigérante du bar. Et là, attentioooon...

"Kwiii!"

Salto arrière!

"Kwiiioooouuuu!..."

SBLAF!

"Ah putain, ma bière! Saloperie de bestiole!"

"... oouuuiiiaïe..."

Bon, quelques petites choses à revoir concernant l'atterrissage... Secrétaire, prenez note:
1) ne pas rater la surface devant faire office de réceptacle, ici le comptoir
2) faire dégager au préalable toutes ces choses gênantes que l'on appelle verres (heureusement seul la perte d'alcool était à déplorer, aucun des récipients ne s'était brisé)
3) faire également évacuer la salle, vu que le public n'était vraiment pas coopératif ces derniers temps (heureusement bis, le propriétaire légitime de la bière défunte était un habitué et il savait ce qui arrivait à ceux qui osaient s'attaquer à Chips)
4) tapisser de guimauve le sol en béton ciré, au cas où le point 1 devait ne pas être rempli
5) ...

...

Ne pas lâcher le Trésor!!!

"Kwi paniiique!" @___@

La bestiole se remit sur ses pattes et tourna fiévreusement la tête à la recherche de l'objet de sa précieuse mission. Quel ne fut pas son soulagement de constater qu'il avait simplement roulé un peu plus loin... Chips émit un kwissement satisfait, avant de refermer les mâchoires autour du Trésor fugueur dans l'intention de ne plus jamais le lâcher. Sauf si Rodrigue était...

Rodrigue?

L'animal rubicond releva le museau et constata avec stupeur que le barman n'était pas là. Aux toilettes? Reniflement... Non, pas toilettes. Pas dans la salle non plus. Mais où alors? Et puis, c'était quoi cette radio posée sur le côté, à la verticale? Chips pencha la tête à droite pour observer la radio dans le bon sens, avant d'en conclure que c'était un nouveau mystère hume. A résoudre après la mission.

Le reptomarsupial n'était pas bien futé, mais il possédait un odorat sans commune mesure avec celui d'un hume; il ne lui fallut que quelques secondes pour retrouver la trace de Rodrigue au sol et passer derrière le comptoir pour aller gratter à la porte de la réserve. Le Trésor toujours coincé entre les crocs, il s'efforça de glapir:

"'O'riiiigue!"

Il gémit, encore et encore, jusqu'à ce qu'on daigne lui ouvrir. Le reptomarsupial ne se fit alors pas prier pour foncer dans la réserve à travers la porte entrebâillée, balle élastique à fourrure qui poussait un petit kwi de victoire à chaque rebond. Il s'immobilisa sur une ultime pirouette avant de déposer soigneusement le Trésor au sol et de clamer:

"Chips mission! Mission Trésor! Tadaaaa!"

Et il pointa la patte vers ce qui n'était finalement rien de plus qu'un bout de vieux papier froissé et humide bave.

Kwi fier! ^^

Cela aurait pu s'arrêter là. Cela aurait pu. Mais Chips était rough, Chips vivait rough. Chips sentait le rough. Et ce fut donc tout naturellement que sa tête pivota sur son axe pour que ses yeux vert et or puissent contempler à leur guise la silhouette inconnue tapie contre un mur de la réserve. Rough.

"Kwi? Copain?"


Le reptomarsupial cligna des paupières. Puis il esquissa ce qui pour ses babines se rapprochait le plus d'un sourire, avant de s'avancer d'un pas trottinant vers cette nouvelle curiosité.
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   20.08.09 21:36

Rodrigue regardait le garçon parler avec cette fascination tranquille que l’on a quand on est habitué à regarder la mer. Asphodèle parlait, jouait entre murmures sifflants et piques acerbes lancées à haute voix. Le barman voyait son visage jeune et scarifié s’animer d’une violence maîtrisée, s’assombrir d’une amertume à peine esquissée dans sa voix. Tout un être, découpé dans un clair-obscur gelé, qui semblait investi d’une force supérieure – ou, si elle n’était pas supérieure, différente. Hors-normes. Et alors que Rodrigue trouvait beau ce qui était normal, cette « différence » le fascinait. Peut-être parce que cela lui donnait l’illusion de ne plus être parfaitement seul.
Le Lespurien cilla, attentif. Le garçon semblait suggérer qu’il ne savait pas grand-chose sur lui-même ; et il ne mentait pas. Ça se lisait sur son visage bravache, sur les balafres rouges sur son front. Pas de mensonges. Rodrigue inclina légèrement son visage, attardé dans une réflexion à vide sur ce que pouvait bien être la vie de ce vagabond. Errance ? Mendicité ? Petits boulots ? N’avait-il aucune famille pour l’aider ?
Léger mouvement de la tête. Il s’était rarement posé autant de questions sur quelqu’un – même Caleb, qui faisait partie intégrante de son infernal quotidien, ne soulevait pas autant d’interrogations. Rodrigue sourit, avec une ridule blessée au coin des lèvres, et répondit d’une voix posée, presque rêveuse :

« Rien. Je n’ai rien à gagner. »

Tout est déjà perdu. Je suis certain que cette impression t’est familière.

« Et ce n’est pas plutôt Caleb Mancuso qui t’intéresse, plutôt que moi ? »


Il y avait un sourire serti en fin de phrase – il s’entendait plus qu’il ne se voyait. Rodrigue porta une main à son épaule gauche, qu’il massa délicatement ; ce gamin avait décidément bien plus de vigueur que ne le laissaient penser ses petits bras. L’espace d’une moue assombrie d’élancements, il dévisagea Asphodèle tout en cherchant ses mots.

Un grattement sourd suspendit le geste de Rodrigue. Il cilla, indécis. Il fallut qu’une nouvelle fois le frottement métallique se fasse entendre pour qu’il localise son origine ; son regard se coula vers la porte, et une expression de surprise s’étala lentement sur son visage. Chips ?
Le barman jeta un rapide coup d’œil en direction d’Asphodèle, puis se dirigea à pas vifs vers l’entrée de la réserve. Le Lespurien introduisit la clef dans la serrure en se demandant par avance ce que lui voulait le reptomarsupial. Le verrou émit un claquement sonore, et la porte ne fit que s’entrouvrir : s’en fut assez pour l’élastique bestiole du patron, qui se faufila avec enthousiasme dans la pièce. La surprise laissa furtivement place à une hébétude intriguée, et le barman posa un genou au sol.

« Chips ? »


Ah ? Une mission ? Le regard pervenche du barman tomba sur le morceau de papier que le reptomarsupial venait de laisser tomber devant lui. Il ramassa la
missive vaguement mâchouillée, et la déplia avec précaution. Il faillit se réjouir de reconnaître l’écriture de Caleb, mais le sourire qui s’était instinctivement arrimé à ses lèvres s’effaça progressivement, et disparut complètement au profit d’une expression résolument plus froide.
Il froissa le papier et le fourra dans sa poche tout en se redressant de toute sa hauteur. La colère qui montait en lui était aussi soudaine qu’irrépressible. Et mal comprendre l’origine de cette fureur le rendait encore plus nerveux. Eh quoi ? Caleb voulait boire ? C’était son métier de permettre aux gens de se noyer dans l’alcool. Il tendait les verres, ramenait les bouteilles. Caleb disposait d’une bonne « excuse » pour boire. A priori, rien de saurait motiver un refus de sa part.

Rodrigue releva la tête, juste à temps pour noter l’intérêt soudain que Chips portait au « nouveau client » du bar. Sa mauvaise humeur fut amortie par l’expression très particulière d’Asphodèle face à la bestiole, si bien qu’il laissa échapper un léger rire avant de lancer à Chips :

« Merci pour le trésor, Chips. »


Peut-être que laisser un aveugle à la merci de Chips n’était pas un acte charitable. Mais après tout, Chips méritait de se divertir un peu, et Asphodèle devait apprendre qui faisait réellement la loi dans ce bar. Pour sa part, observer ce choc des titans serait sans doute divertissant.
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   21.08.09 6:27


    Était-ce de la pitié ? Cette poussière pleurant sur ses pensées ? Comme si cela pouvait importer, comme si l'on pouvait se soucier de lui. Asphodèle n'aimait pas la poussière qu'il visualisait. La pitié, plus que le reste, la pitié bien consciente, même après l'avoir rencontré tout entier, celle qui transpirait et suintait : lui était insoutenable.

    Il serra les poings un peu plus fort.

    La transparence dans le timbre de cette voix, comme si l'homme n'était pas totalement là, un peu décalé de sa propre présence, serpent dissimulé en l'ombre d'un regard pervenche. Qui paraît presque s'amuser de la situation. L'aveugle ne devenait plus qu'une vulgaire distraction dans son morne quotidien... Est-ce que Rodrigue était habitué à ce rôle prédateur ? Oui. Asphodèle en était désormais persuadé, même si aucune lueur ne venait le menacer... pour l'heure.

    « Quand t'as tout oublié, t'apprends à être curieux de tout. Tu fais parti de son monde, t'as un rôle à jouer. Et... p'têt bien que je suis intrigué -finalement- . Ce bar recèle de trucs étranges...en débordant de Balayeur. » – Il ricane.

    Un bruit. Le bruit d'une porte qui grince... non. D'une porte que l'on gratte, que des objets contondants cisèlent sans vraiment y parvenir. L'ouïe fine de l'aveugle ne le trompe jamais. Qu'est ce qui... gratterait ? Y-avait-il des choses encore pire à découvrir dans ce trou ? Comme si le gamin n'avait pas eu sa dose, et...

    Plus qu'être attentif à ce qui est devant la porte, son regard - parlons plutôt d'une projection de l'attention - , se porte sur ce qui se trouve derrière... sur ce qu'il commence à ressentir derrière, qui grandit peu à peu.
    Quelque chose de sourd, qui se contient, comme le bruit lointain des tambours que viendront bientôt saluer les trombones au détriment de toutes oreilles. Comme un geyser qui se prépare lentement... ou du Gerety sur le point de gronder.

    C'est gros. C'est très gros. Plus qu'imposant. Et ça grandit peu à peu, le marmonnement inoffensif de la bête n'endigue pas son aura, bien au contraire, des vapeurs orangées et encrées d'un noir au reflet parme traversent l'issue, prémices de nuances bien plus vives, bien plus agressives et...
    en plus.
    Ça parle.

    Asphodèle recule prudemment quand le bar-man entrouvre la porte, ce qu'il a flairé précédemment jaillit soudainement en une nuée rose-orangé mêlée de rouge vif. Voilà un trio de couleur destructeur, Asphodèle a entrevu le primitif, et distingue maintenant clairement l'énergie régénératrice, une force qui irradie de la créature. Dommage pour cette occasion « ratée » de forcer la sortie, puisqu'il ne sait pas encore à quoi il a affaire.
    Oh, ces nuances ne sont pas en un mode offensif, bien au contraire, mais Asphodèle a apprit à se méfier d'éclats un peu trop vif, un peu trop tonique...

    Rodrigue est presque devenu secondaire, tant l'essence de la créature submerge l'endroit. Pourtant, c'est bien un peu de gris qui perce à la surface de l'homme, de la cendre et quelques incandescences rouge-colère, contrastant d'avantage au fuschia de la chose. A peine le temps de le noter, encore trop décontenancé pour s'en servir, l'aveugle encaisse les données inconnues comme il le peut.

    Il ne l'a pas encore bien « en vue », mais il sent déjà qu'il va en baver, que le rose et le blanc ne lui feront aucun cadeau... Elles ne cessent pour l'instant de bouger en une danse épuisante, que l'aveugle peine vraiment à suivre...

    Il porte les mains à ses tempes, se massant discrètement, clignant des yeux comme ébloui alors que le monstre s'approche... il ne peut que se crisper d'avantage au ton goguenard du Lespurien, sentant clairement qu'on se foutait de lui.

    Oh nom de l'État...
    Ce truc parle.
    Cette chose TE parle, Asphodèle.
    Cette chose t'agresse rien que par son existence, et les ondes curieuses qui émergent ne laissent vraiment rien présager de bon.


    Ses articulations, tous ses muscles sont douloureux à force d'être tendu dans l'expectative d'une action. Et quand le rouge clair et rosie se dessine en un lent sourire qu'achève un mot innocent... Asphodèle réagit instinctivement.

    Il bondit lestement sur le caisson de bois le plus proche, ce malgré son pied blessé qui ne cesse de le lancer à chaque mouvement brusque, comme un chat qui se hérisse face à l'improbable rencontre :

      « T'APPROCHE PAS ! »


    Non. Non. Pas copain. Pas copain DU TOUT.





[HJ : ça doit être rempli de fautes et d'incohérences mais je suis trop déchiré là, jai fait au plus vite parce qu'on *regard lourd vers le truc qui dirige Chips* m'a pressé alors que... Bah suffit de voir l'heure à laquelle je viens de poster ce truc.
TANT PIS POUR VOUS. Nah.
Inhumain de me faire écrire dans cet état.]
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   21.08.09 19:14

Tu fais partie de son monde, t'as un rôle à jouer...


Tout en regardant Chips s’approcher avec curiosité d’Asphodèle, les derniers mots du jeune vagabond revenaient en écho dans l’esprit de Rodrigue. Si cette remarque ne l’avait pas faite sourciller au premier abord, à présent elle le plongeait dans une perplexité captivée. Il dévisageait sans retenue le jeune homme, guettant la moindre ridule d’expression sur son visage ravagé, comme s’il cherchait à capter la plus infime facette de son être – à garder, pour se rappeler. Comme on garde un souvenir, ou un porte-bonheur particulièrement rare.

Un sourire se dessina sur ses lèvres, bientôt teinté d’une incrédulité amusée. Il fallait dire que voir l’adolescent bondir comme un chat sur une caisse – effrayé par Chips – avait de quoi dérider. Rodrigue laissa échapper un rire bref et léger, toute colère envolée (ou plus précisément déférée), et s’approcha du reptomarsupial pour le hisser dans ses bras.

« Tu vois comme il est content de te rencontrer, mon gros ? »


Le barman gratta affectueusement la tête de Chips, puis, dans l’ombre d’un sourire qui aurait certainement pu passer pour malfaisant aux yeux d’une tiers personne, il s’approcha du refuge d’Asphodèle à pas lents.

« Je me demande ce que tu peux bien voir en Chips ; en tout cas, tu aurais déjà du deviner qu’il est inoffensif… »


Rodrigue déposa la bestiole écarlate sur la caisse, et reprit d’un ton qui se voulait neutre sans y parvenir tout à fait :

« C’est l’animal de compagnie de Monsieur Mancuso, il vient tout droit d’Adhénor. Et de toute évidence, il t’apprécie déjà. »


Sa main coula encore sur la fourrure fournie de Chips. Mais son regard pervenche demeurait rivé sur le visage d’Asphodèle. Il l’aimait bien, ce garçon. Presque aussi instinctivement que l’animal adhénorien pouvait éprouver de la sympathie pour ce rough parfaitement inconnu, lui se sentait tout bonnement… proche de lui. De par leurs dons respectifs, et peut-être aussi par la blessure à son œil ; même s’il savait que chez l’adolescent amnésique, ces deux éléments prenaient une dimension bien plus dantesque et cruelle que ce que pouvaient représenter sa cicatrice et son don rough pour lui-même. Il n'en voulait pas, de cette proximité. Elle était terrifiante. Et il s'était déjà pris - récemment - des coups à vouloir se rapprocher d'une autre personne. Mais rien ne lui interdisait d'apprécier cette teigne, ni de la taquiner encore un peu en lui jetant peu ou prou Chips dans ses bras, n'est-ce pas ?
Rodrigue poussa un soupir inaudible, qui s’étiola en un nuage de vapeur sur ses lèvres. Il éleva à nouveau la voix :

« J’imagine que notre petite…discussion peut s’arrêter là. Ah, et je t’ai sûrement insulté d’une façon ou d’une autre : je m’en excuse. »
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   21.08.09 20:45

L'hume inconnu avait bondi sur une caisse avec un miaulement dissuasif et Chips s'était immobilisé. Il cligna des paupières, puis s'assit sur son arrière-train et tendit le museau, les oreilles dressées, l'air surpris et inquisiteur: ben quoi, pourquoi qu'il criait? Il avait mal? L'animal sentait bien un peu de sang et de désinfectant sous la crasse, mais pas assez pour justifier une attitude défensive. Alors quoi? La bestiole rouge, troublée, tourna la tête vers Rodrigue qui s'approchait pour émettre un kwi mi-plaintif, mi-interrogateur: qu'on hurle après lui, c'était une chose (qui d'ailleurs l'amusait beaucoup), mais qu'on ait peur de lui, ça c'était plutôt nouveau. Les humes se méfiaient de lui, mais ils n'avaient pas peur, quoi...

Le Lespurien le hissa dans ses bras musclés et Chips s'y installa machinalement, trop occupé à dévisager l'étrange jeune homme rough pour rendre ses papouilles au barman. Tout juste eut-il la présence d'esprit de répondre d'un kwissement désappointé à la remarque sur l'accueil qu'on lui réservait. Il avait pas l'air super gentil, ce garçon. Le genre que des fois on savait pas trop si ses coups de pieds étaient amicaux ou pas. Mais il était rough, c'était évident, donc il était intéressant et attirant, même s'il était dangereux. Comme la jungle. Comme Rodrigue. Comme... comme...

L'animal était déjà bien réveillé, mais là son petit cerveau énigmatique se mit à carburer à toute allure. Il se trémoussa en grognant dans les bras de Rodrigue, qui consentit à le relâcher sur la caisse choisie comme refuge par l'aveugle - à moins que le barman ait planifié cet acte depuis le début: lui avait l'air de s'amuser, pour une fois. Chouette, depuis le temps que Chips l'avait pas vu sourire... Mais revenons à nos brahmines: le reptomarsupial lissa sa fourrure en s'ébrouant, puis il renifla prudemment les revers du jeune homme qui jouait à chat perché. Comme tout être vivant, il avait son odeur bien à lui, mélange de sa race, sa magie, son hygiène de vie, son identité propre. C'était cette dernière qui intéressait Chips. C'était comme la couleur des yeux, la teinte des cheveux, le timbre de la voix. C'était unique, mais parfois ça ressemblait à quelque chose de déjà connu. A quelqu'un.

"Kwi? Caleb?"

Les pointes bleues des oreilles de la bestiole fouettèrent l'air tandis qu'il relevait le museau. Ses prunelles dorées étincelaient d'une émotion impossible à définir. Mais Asphodèle devait y voir une éruption d'enthousiasme orange à côté de laquelle le cataclysme qui avait anéanti l'ancienne civilisation faisait figure d'aimable allumette.

"Mais kwi si, copain!!!" ^^

Et Chips, très désireux de vérifier si cette incroyable surprise formait un perchoir aussi confortable que celui qui ne pouvait être que son frère, se ramassa sur lui-même avant de bondir vers l'épaule de l'aveugle.
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MessageSujet: Re: Merry-go-round   22.08.09 3:27



    Le jeune homme, toujours figé, observait l'échange, circonspect. C'était quoi ça encore ? Ils étaient de mèches en plus ? Et même si les émotions de l'animal (émotions ? Depuis quand un animal ressentait ?) stagnait en un mélange de consternation et d'étonnement, Asphodèle ne cessait de tâtonner prudemment les alentours à la recherche d'une prise plus stable, ou d'un n'importe-quoi utile à son évasion.

    Et l'autre qui éclatait franchement de rire ? Le plus agaçant, c'est qu'il s'agissait bien de quelque chose de spontané, que l'homme n'avait pas étudié, tranchant avec son comportement usuel.
    La moquerie est évidente, et perce de ses paroles un peu de rosée, de ciel arraché, lorsqu'il s'adresse à l'indéterminé.

    Inoffensif ? Un mur l'est à fortiori.. L'objet immobile l'est aussi, quelque chose de déposé à terre est facile à contourner, pas dangereux, n'est ce pas ? Pour lui, ce peut être mortel. Alors, il a appris à se méfier de « l'inoffensif ». Mais si cette pensée est très cohérente, ce qui le pousse surtout à s'éloigner, c'est cet élan vif et rouge, cette masse d'affection.
    Asphodèle n'est pas un des habitués de ce genre d'inclination, le prix est trop élevé pour cette denrée là. Et surtout quand elle se donne, se donne sans demander, écrasant la victime de « sa bonté », obligeant presque à sa réciprocité.

    Le balayeur commence à comprendre que la mort du vieux a du détraqué quelque chose, un truc... qui attirerait les plus bizarres, les énergumènes qui normalement ne se montrent pas... aussi confiants, aussi « vrai ». Ou était-ce simplement lui ? Ica lui paraissait être l'exemple le plus singulier, et d'autres suivaient ou... suivraient.
    Le problème avec l'amour, quelque soit sa forme, c'est qu'on risque aussi d'en être prisonnier.

    Alors comment celui, qui ne s'était jamais vraiment posé, celui qui suivait le vent sans s'arrêter, sans s'attarder... Comment ce solitaire pourrait-il tolérer... une quelconque dépendance ?
    Mais Asphodèle ne pousserait pas ses réflexions aussi loin. Pour lui, il s'agissait juste d'un machin gluant et visqueux de ROSE à éviter, qui finirait accroché à ses pattes, et... qu'il serait bien incapable de blesser.

    Montrer un tel signe de faiblesse ? Jamais ! Alors la chose grouillante, APPROCHE PAS !

    « Content de l'apprendre, m'étonne pas qu'il s'entoure de trucs du genre. Adhenor, hin ? Putain de Rough. Qu'il m'apprécie à distance, alors, je ne voudrais pas qu'il ait mal. » lança t-il plus inquiet qu'aggressif, oubliant pour un temps, l'empathie du barman qui aurait tôt fait de déceler ce qu'il en était.
    L'attention rivée aux moindres gestes, absolument ahuri de contempler cette slave d'affection incohérente des deux protagonistes.

    Maso ? Bon sang, Mancuso les cumulait ! Asphodèle n'avait strictement rien fait pour cette démonstration ! Était-ce un plan pour le décontenancer ? Si c'était ça, et bien, ça marchait du tonnerre de l'État !

    Ah ? C'était fini ? Il pourrait sortir ?
    Mais attend là, pas d'accord ! Il avait pas fini lui ! Autant ne pas être venu pour rien, non ?
    Sauf que la bête aussi, continuait de le fixer attentivement.
    Se barrer serait finalement la meilleure solution.

    Il s'excusait ? De quoi ? De... ?
    Si Asphodèle n'avait pas eu ce volcan à retardement en face, peut-être se serait-il surpris à lancer une boutade d'un : « Franchement vieux ! C'était que dalle ! ». Mais le monstre venait juste d'être posé à côté, et l'aveugle ne cessait déjà de les maudire.

    L'adolescent s'agita, mais il n'y avait rien de sûr à portée, du vide, une étagère au contenu non-identifié, et donc trop risqué pour s'en accrocher (s'il était inconscient, Asphodèle n'était pas fou, dans un tel établissement, il ne risquerait pas certaines explosions). Il ne put que subir cette inspection en règle d'un museau qu'il pouvait désormais sentir, en plus d'en visualiser l'énergie.

    « Kwi? Caleb? »

    Le gamin écarquilla les yeux, abasourdi.

    Hin ? De quoi ? Il venait de dire quoi là ? Il venait... de le confondre ? En plus d'être collante, la bête était miro ?
    Il fallait peut-être le prendre pour une insulte aussi...

    Là ! Ça s'agite encore, ça s'agite même frénétiquement, et oh, par toutes les putes de Tyr, ça va lui exploser à la gueule !

    Il lève son bras, comme s'il se protégeait d'un agresseur, mais ne put parer à l'assaut de la créature que par un cri totalement surpris...
    Qui le plongea dans le vide. L'écrasant mollement à terre, la chose toujours accrochée à lui. Par réflexe, Asphodèle plongea les mains vers sa fourrure pour tirer de toutes ses forces, s'extirper de son emprise :

      - ENLÈVE MOI ÇA DE SUITE !


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MessageSujet: Re: Merry-go-round   26.08.09 20:30

C’était dans un très vieux livre qu’il avait lu une scène délicieusement absurde : une jeune fille perdue, qui se retrouvait à prendre le thé avec un chapelier pas très net et un lièvre de Ventôse. Quant à s’expliquer pourquoi ce passage obscur d’un livre oublié lui revenait à la mémoire maintenant qu’Asphodèle déraillait en présence en Chips…eh bien, il n’était pas vraiment sûr. Mais il avait sa petite idée.

« Allez, ne sois pas ridicule. Il ne va pas te manger ! »


Heureusement pour lui, Asphodèle n’étais pas en mesure de voir l’étendue soudaine de son sourire sur son visage. Le barman croisa les bras, et observa avec un intérêt pas plus dissimulé l’approche minutieuse du reptomarsupial. La panique du jeune vagabond était exagérée ; d’accord, la présence de Chips pouvait inspirer de la méfiance, du fait de sa singularité et de son affection pour les « trukibri », mais de la peur si viscérale ? C’était…hors de proportion. Et Rodrigue avait juste envie d’en rire. Lorsque Chips évoqua le nom de Caleb, le sourire presque allègre du barman se figea, et manqua de se volatiliser tout à fait ; il n’oubliait pas le mot du Techie. Il n’oubliait pas qu’il lui faudrait bientôt monter à l’étage pour endurer leurs silences, et qu’ensuite, il serait obligé de repartir. Rodrigue cilla. Asphodèle venait de tomber à la renverse, avec un Chips vraisemblablement ravi juché sur son ventre. Il n’oubliait pas, non : c’était impossible. Mais peut-être qu’il avait envie, juste pour quelques secondes, d’en faire abstraction.

« C’est bon, j’arrive… »


Juste le temps de lever les yeux au plafond, oui, et il arrivait. Le vagabond se tortillait sur le sol en fourrageant maladroitement ses doigts dans la pelisse glissante de Chips et en poussant des grognements furieux. Rodrigue s’approcha de l’aveugle afin d’ôter Chips de son ventre ; mais à peine fit-il un pas un avant que l’Asphodèle sauvage lui décocha par erreur un coup de pied, qui faucha sa jambe droite. Rodrigue se sentit avec stupeur perdre l’équilibre ; ses genoux heurtèrent durement le sol froid. Et il termina sa chute le nez dans le col d’Asphodèle.

Silence.

« … Pardon. »


Il se hissa sur ses bras, pour laisser Chips s’extirper de ce soudain « kwi sandwiich ?! » , et s’attarda l’espace d’une seconde sur le visage d’Asphodèle. L’expression passablement embarrassée du pianiste se fondit alors, progressivement, lignes par lignes, en un sourire. Il inclina légèrement la tête. Et il se mit à rire. D’abord doucement, d’une simple intonation grave roulant dans sa gorge, puis plus ouvertement, plus clairement, mais avec une douceur un peu hébétée.

Rodrigue le savait bien, lui, que ce n’était pas une réaction normale. Jamais il ne riait comme ça : car c’était là un genre de manifestation émotionnelle qu’il fallait le plus tenir en bride. Surtout maintenant. Rodrigue le savait. Mais il ne pouvait plus s’en empêcher. Comment pouvait-il rire – oser rire ? – alors que là-haut…Oui, il savait. Il ne devait pas. Mais comme c’était…réconfortant de s’en savoir capable !

« Pardon. »


Il répéta son mot d’excuse dans un souffle. Rodrigue se releva, pantelant. Il réajusta sa chemise, ses manches retroussées, puis laissa ses mains posées sur son visage. Il expira lourdement. C’était bon, il n’avait plus envie de rire – c’était passé, un vertige curieux presque aussitôt remplacé par un vide de plusieurs tonnes. Il se pencha, et captura Chips entre ses bras pour éviter qu’il ne reparte à l’assaut de la fleur tombée au sol. Rodrigue caressa la fourrure fournie de l’animal, tout en baissant un regard un peu rêveur vers Asphodèle. Dans le livre, la petite fille s’était enfuie, non ?

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Ajout LMD
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L'échange sera écourté, lorsqu'Asphodèle parviendra à trouver la sortie et à s'échapper (avec l'aide d'un Rodrigue amusé) à l'étreinte de Chips.

Il s'agira de s'y reconfronter, quelques semaines plus tard.

=> Toujours au Downward Bar, vers l'appartement de Caleb pour Rodrigue
=> Et Vers le bordel de la maquerelle pour Asphodèle
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Merry-go-round

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