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 Tout vient à point à qui sait attendre

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- Les sensations pures... -

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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Tout vient à point à qui sait attendre   06.07.09 15:31

« L’eau est froide » murmura Talula. « Ça me gêne. » Elle attendit, mais personne ne vint répondre.

Elle était entrée dans cette même baignoire il y a deux heures, curieusement de bonne humeur, avait humé l’air d’une chanson populaire et s’était plongée dans les remous de l’eau glacée – splash, et le corps ambré s’était troublé et replié, si indolent, contre la paroi rêche et métallique. Maintenant, elle ruminait ses pensées, et celles-ci la ramenaient perpétuellement à sa toilette lacérée. Elle écrasa sa cigarette consumée dans le cendrier d’ores et déjà plein, et renfonça son visage de marbre sous l’opacité liquide, les yeux grand ouverts. Elle ne vit rien d’intéressant.

De l’autre côté de la porte elle captait la rumeur active dont elle avait l’habitude. Des paroles échangées, des froissements de robe – couturier de mes deux pas foutu d’arriver à l’heure – et un air de Soveyur Hotel à la radio. Un groupe dont elle n’avait toujours pas appréhendé les limites de la connerie et dont elle s’étonnait d’apprendre qu’ils étaient encore vivants, leur talent musical généreusement diffusé à travers Tyr. Pas de quoi faire un saut de joie. Elle pariait que Dahlia oublierait d’allumer la lanterne rouge, et aussi que durant ces deux heures de répit une catastrophe quelconque se serait déclarée quelque part. Tout était normal, rien à signaler.

Que faire, que faire, que faire…

Voyons, elle devait toujours s’acheter un nouveau miroir pour son bureau. Racheter des livres. La peinture mériterait d’être retapée- couleur horrible, pas assez de monnaie. Elle avait deux malades sous les bras – mettre la radio à vapeur dans leur chambre-, un gigolo dans la nature et un marché à remplir. Il lui manquait un escarpin, qu’est-ce qu’elle avait fait avec ses escarpins ? Oh et puis, elle ferait mieux de trouver une solution pour arranger la forme de son cou. Elle le trouvait vraiment trop grand, trop…Bah, les autres ne remarquaient pas de toute façon, alors. Si seulement elle comprenait ne serait-ce qu’une infime partie de cette joyeuseté qu’on appelait communément « magie Rough » …ses désordres, ses fantaisies, ce genre d’absurdités.

Nouvelle cigarette. Par caprice, elle la plaça entre son majeur et son annulaire. Par distraction, elle la laissa tomber dans la baignoire. Elle venait de penser que…

Est-ce qu’elle venait vraiment de penser à… ?...noooon !...N’importe quoi. Parfois, elle se surprenait elle-même.
Bon sang, si elle se mettait à avoir des idées pareilles…vite, faire semblant de se noyer. Penser à la robe déchirée. Parfaitement. Mauvaise chasse, mauvaise proie, éventail en lambeaux, si elle avait prévu le canif un peu avant aussi, une grande fille comme elle, rater une cible pareille ! Une superbe robe bustier, sa préférée, une vraie, de Malengha. Sa couleur fétiche. Une grosse déchirure tout le long du flanc. Stupides humes, incapable de discerner un objet précieux lorsqu’ils en voyaient un. Toujours à convoiter, désirer, tant de temps passé à mentir et avoir peur, et attaquer des passantes. Le vaurien avait bien mérité sa saignée. Ou sa tranchée. Ou quel que soit le nom qu’on pourrait attribuer à l’état de ses tripes maintenant. L’avoir attaquée, elle… ! Mais où en était Sécaria si Talula ne pouvait plus y déambuler sans se faire agresser par le premier dealer venu ? ça ne lui était pas arrivée depuis...longtemps.

Alexandrine ? Alexandrine c’est un bien joli nom pour une fille comme toi
Alexandrine non mais tu te rends compte c’est que maman et papa devaient bien t’aimer ces cons pour te donner un nom aussi pompeux ma poulette, moi je vais te donner un vrai nom d’amour
Qu’est ce que tu penses de Là
Parce qu’Alexandrine couche toi là hahaha


Fais chier.


Elle se releva hâtivement, et le corps trempé ouvrit la porte de la salle de bain d’un coup de pied sonore – des bruits de bracelets qui retentissent, une porte qui claquent, des pas hâtifs. Passant par son bureau, elle ignora le miroir en morceaux sur le mur et les bouquins qui s’entassaient n’importe comment, préférant enfiler un peignoir qui traînait innocemment par là. Avantage d’être une pute, l’indécence lui allait bien. Avantage d’être Talula, son charisme coulait dans ses veines. N’importe comment, même en peignoir elle paraissait princière. Reine nocturne. Sa course ne s’arrêtant pas à l’univers limité du bureau, elle se hâta jusqu’à la rambarde de l’escalier où elle se pencha pour avoir une vue dégagée de la salle. Ça allait être bondé cette nuit, jugea-t-elle. Elle ferait mieux de ne pas tarder, les filles la trouvaient un peu bizarre ces derniers temps, autant ne pas les renforcer dans leurs idées.

« Eh, Elena ! Ce chien n’est toujours pas arrivé ? »

« Il ne viendra probablement plus ! » répondit l’intéressée, virevoltant vers la fenêtre ouverte pour observer la rue et vérifier ses dires.

« Couturier à la con !» feula la maquerelle, exécutant de suite un demi-tour inhabituellement violent. Si jamais elle remettait la main dessus… ! « Il se fout de ma gueule ! ça fait trois jours qu’il l’a, cette robe ! »

Elle allait replonger dans son bain et savourer l’étrangeté de ses idées impromptues en bonne et due forme, loin des voies aigries de Soveyur Hotel et des flirts humesques lorsque la voix d’Elena attira son attention. Autant pour les monologues pensifs et son retranchement en solitaire.
Nouveau demi-tour, posé cette fois.

« Quoi ? »

« Je dis, Madame, qu’il y a deux personnes qui se dirigent ici, je ne les ai jamais vu avant, c’est peut-être des employés de votre homme ? »

« Ah, tiens ? On va voir ça. »

Talula n'y croyait pas une seconde, mais elle se décida à descendre. Parce que l’eau était froide, et c'était extrêmement dérangeant.
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- Irma Omnichiante - "Allez-vous mourir un jour ? Appelez au 3627."

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   06.07.09 20:20

Et le soir fut. Encore une chose inévitable et tellement commun que plus personne n'y prêtait la moindre attention, sauf peut-être pour râler sur la déclinaison de la lumière. D'ailleurs, c'était cette même déclinaison qui avait poussé Eliade à entrouvrir les yeux sur ses volets qui ne laissaient à présent plus passer le moindre rayon étouffé. La nuit tombait, il était temps de se lever. D'abord un étirement, étalant encore plus ses cheveux en bataille sur l'oreiller, puis la motivation. Elle avait assez rêvassé à présent. Le calme était revenu, la tempête était loin, et dans la pièce d'à-côté, il y avait un garde du corps qui commençait à manquer de munition. Sans compter le fait que décidément, elle irait bien rendre visite à cette reine des dames du trottoir avec chambre fixe. Qui plus est, maintenant qu'elle contemplait le vague assise dans son lit moelleux, la curiosité et aussi l'appréhension commençait à l'effleurer. Chaque chose en son temps. D'abord, sortir du confort du lit. Voilà.

Le passage par la case salle d'eau s'imposait, ne serait-ce que pour se débarrasser des dernier restes de somnolence encore persistants. Étrange ironie, pour un vampire, d'avoir de la peine à émerger de ce qui n'était même pas vraiment du sommeil. Sans doute un effet secondaire de ses pouvoirs. Mais l'eau courante allait vite faire changer tout ça. Lavée puis séchée, ce fut un passage obligé par la case maquillage qui suivit. C'est que, voyez-vous, quand on était morte, il fallait faire un peu plus d'effort que la plupart des humes pour avoir bonne mine. Puis une petite coiffure en règle, tresse sur le côté, pour ne pas être gênée, avec quelques mèches laissées au vent, dans une étude très certainement poussée du style (quitte à se laisser aller dans la frivolité, autant se donner de la peine). Et enfin, choix vestimentaire (passage préféré d'Eliade).

Tout d'abord, sous-vêtements. Oui, il fallait aussi faire un choix coordonné, bien sûr. Puis un chemisier gris perle, en soie, aux manches larges et amples. Vient ensuite le corset, réhaussant la poitrine, à la bordure rose pastelle, nouée de rubans dans ce dernier même ton. Puis la jupe, mi-longue, achevant sa course sous les genoux, évasée, anthracite également, avec quelques broderie de cette même teinte pastelle. Des bas (parce qu'une dame se devait de porter des bas, avec le sommet en dentelles of course) noirs. Enfin, les bottes montantes, noires également, et à talons (parce qu'on avait beau dire, quand on était petite, c'était parfois mieux de compenser). Les lacets noués, il ne manquait plus que la dernière touche en la présence d'un discret collier de perles et les boucles d'oreilles assorties. Rien de bien clinquant, Eliade était moins portée sur les bijoux que sur les vêtements. Et elle était prête! Il ne lui restait plus qu'à ouvrir les volet, et la fenêtre pour aérer la pièce. Elle refit le lit, choisit une paire de gants qu'elle enfila, et elle sorti purement et simplement de sa chambre, offrant un sourire de satisfaction à Kaiden.

Après les saluts d'usage, il était temps de se mettre en route. Heureusement, l'heure de pointe était passée et les transport furent aussi calme que ponctuels. Eliade profita d'un moment de tranquillité dans le métro pour se repoudrer le nez, et accessoirement voir quelques détails sur ce qui les attendaient. Ah, les filles de joie et leur reine ne seront pas les seules. Enfin rien ne semblait menaçant, alors mieux valait laisser le reste au bon sens. Le quartier nord et son décor moins enjôleur fut vie rejoint. Il ne leur restait plus qu'à faire quelques minutes de marche et la maison close apparu. Les prunelles noires se fixèrent en chemin sur une fenêtre, avec une certaine insistance, avant de se reporter sur Kaiden pour dire, sur un ton amusé.

"On nous a repéré!"

Oh, rien de bien méchant. Au moins ils allaient être reçu un peu plus facilement sans doute. Il semblait à Eliade que le tintement de bracelets lui parvenaient. Une simple anticipation. Après avoir rejeté le capuchon de son manteau, elle pénétra dans la maison close, non sans avoir au passage salué d'un joli sourire les premières dames croisées. Puis elle posa directement ses prunelles sur la personne qu'ils étaient venu voir de prime abord. Long peignoir, l'allure d'un maître sur son domaine, rien ne pouvait laisser planer le moindre doute. Retirant ses gants, Eliade prit tout de même la peine de détailler les lieux. Il y fallait y mettre les formes pour accéder à la maîtresse de maison, et pour se faire, il fallait passer par un intermédiaire, non? Mais il aurait été malvenu et certainement très peu malin pour l'Oracle de trop jouer sur les qu'en dira-t-on, surtout avec un congénère. Se reportant à nouveau sur Talula, elle s'avança, ses talons claquant légèrement sur le sol alors qu'elle inclinait poliment la tête en s'arrêtant à une distance respectable de la dame.

"Bonsoir, Madame. Veuillez pardonner mon manque de courtoisie, mais auriez-vous du temps à accordé à deux étrangers?"
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   07.07.09 11:17

Kaiden ouvrit les yeux à peine le soir tombé, d’une meilleure forme déjà qu’en ce début de matinée. Il prit le temps de savourer le confort de son lit à défaut de sa chaleur, son corps n’étant plus assez vivant pour réchauffer les draps, et s’étira avec langueur, craquant ses vertèbres cervicales et étirant ses muscles. Un simple sourire satisfait ourla ses lèvres et il sut d’instinct que la soirée allait bien se passer. Malheureusement, l’instinct chez lui n’était quand même jamais fiable à 100% mais plutôt que de remettre cette affirmation en question, il préféra y croire les yeux fermés. La dispute d’hier avait laissé une trace dans sa pauvre tête malmenée mais il s’était assez reposée pour la bâillonner jusqu’à ce qu’elle se décide à disparaître définitivement. Et puis la perspective de passer une deuxième mauvaise soirée ne l’enchantait guère, chose bien naturelle. Kaiden finit par quitter son lit pour se diriger vers sa propre petite salle de bain, histoire de savourer une douche brûlante. Évidemment, elle ne dura pas des heures histoire de ne pas perdre trop de temps. Il en sortit près de dix minutes plus tard mais ses muscles en furent satisfait et il se sécha vigoureusement les cheveux en sifflotant joyeusement.

Pour un peu, il en paraitrait presque humesque.


Dans le miroir embué, ses tatouages marbraient sa peau d'une manière presque dérangeante et d’un doigt effleura le Dragon qui dévorait son cœur. Mal à l'aise, il se détourna aussitôt pour aller choisir ses vêtements. La nuit, bien que belle, promettait d’être chargée. Tout d’abord, ils allaient devoir impérativement trouver un dealer pour faire le plein de munitions. Puis Eliade avait sans doute quelque chose de prévu concernant sa mission à Secaria. Avec un peu de chance, ils feraient d’une pierre de coup et Kaiden eut une moue songeuse avant d’ouvrir son placard pour choisir ses vêtements. Un simple coup d’œil sur les costumes dont il disposait et il choisit un pantalon à bretelles ainsi qu’un veston, tout deux noir, avant d’accompagner le tout d’une chemise bordeaux. S’habiller lui prit tout aussi peu de temps et il sortit en faisant claquer les semelles de ses mocassins de cuir sur le sol, passant une main dans ses cheveux qu’il ébouriffa un brin, histoire de se donner un peu plus d’allure. Eliade était toujours dans sa chambre mais il entendait des bruits significatifs qui prouvaient que cette dernière était elle-même entrain de se préparer. Il l’attendit calmement en rangeant le verre sale ainsi que la bouteille délaissée sur la petite table du savon et se tourna vers l’Oracle dès que cette dernière poussa la porte. Par pur réflexe il lui rendit son sourire, un brin fascinée par sa beauté féminine qui n’allait certainement pas avec l’idée qu’il se faisait d’elle.
A ses yeux… et bien Eliade était l’Oracle, le messie des vampires, celle qui allait leur donner le jour, une existence. Pas une femme aux formes attrayantes sur lequel son regard pouvait s’attarder. Il se tourna bien vite, un peu gêné et l’invita d’un geste à sortir, attrapant au passage une veste un peu plus élégante que celle qu’il avait attrapé en début de matinée histoire de se calmer les nerfs par une simple promenade. Pendant le trajet, qui fut tout de même assez court, son amie et employeur lui expliqua le programme de la soirée. La visite d’un bordel en gros, pour y croiser celle qui d’après les informateurs d’Eliade possédait un stock de munitions ainsi que quelques renseignements sur les clandestins vampires de Secaria. Une aide à ne pas ignorer pour Eliade et Kaiden lui offrit un simple hochement de tête satisfait, peu inquiet. Ce n’était pas une maquerelle et ses putes qui allaient mettre en péril l’existence de l’Oracle mais là aussi, Kaiden fut un peu trop prompte à fermer les yeux, effleurant à peine sous le revers de sa veste l’un de ses revolvers. Extérieurement, il se donnait un genre tandis qu’ils avançaient dans la rue où le bordel se profilait déjà sous leurs regards, mais intérieurement, Kaiden était assez mal à l’aise.

De tout les endroits de Secaria, il fallait qu'Eliade l'entraine... là.


Il n’avait jamais pensé à aller dans un bordel pour satisfaire ce que Charles appelait autrefois la fougue de la jeunesse. Les putes lui semblaient des créatures aguichantes mais un peu trop aventureuses pour un pauvres gars bourrin et sensible comme lui. Des femmes trop poudrées, trop parfumées et au sourire un peu trop rouge, un brin sanglant, qui avaient le don de le ratatiner sur place par leurs rires un peu trop maniérés. Mais Kaiden s’assura de rester droit, le regard fixe, histoire de ne pas faire honte à Eliade. Elle n’avait certainement pas besoin d’un garde du corps de plus de 70 ans agissant comme un puceau lors de sa première visite aux putes. Ainsi, quand sa voix claire l’avertit que certaines donzelles venaient de les remarquer, il se contenta de rester aux aguets, les sourcils un peu froncés. Il ne tenait pas particulièrement à se faire surprendre. Ils entrèrent finalement et le garde du corps prit tout de même le temps de détailler la maison close, tout de même un brin curieux. La maison semblait bien tenue, enfin quand on évitait de poser le regard sur une jeune femme dénudée. Pas de fumée de cigarettes dans l’entrée, pas de jeune femme venant accrocher votre bras pour vous entraîner loin de votre priorité… propriété ?
Non Eliade ne lui appartenait pas mais tandis que cette dernière s’avançait vers la maquerelle, il se permit de poser une main sur son épaule. Un geste qui ne dura que quelques secondes avant qu’il ne recule à un pas derrière elle, fixant la maîtresse de maison qu'il salua d'un signe de tête poli, remarquant tout d’abord son étrange beauté avant de se faire la réflexion que cette dernière traînait tout de même en peignoir, devant un homme, devant tout ces hommes quand même ! Une pute certes mais ne pouvait-elle pas plus décemment se vêtir ? Facile de se poser la question quand les autres putes affichaient sans vergogne leurs atouts féminins. Kaiden pensa un instant à cette pauvre fille de la ville qui l'avait dépucelé, une jeune femme habituée déjà à s'occuper des garçons de sa ville sans que les autres femmes aient pu la qualifier de Marie couche toi là. Détestable première fois et son sourire un brin moqueur... Non, il n'avait jamais été doué pour ces jeux de l'amour, ces corps à corps charnels. Il cilla, se racla très discrètement la gorge et pria soudain pour qu’ils sortent d’ici au plus vite. Ses capacités ne seraient pas optimales s’il commençait à rougir.
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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   07.07.09 16:20

Lueur moqueuse au coin des yeux opalins.

Le visage doré se leva, fléchit sur le côté, mensonger et séducteur, insolent et appuyé. Superbes lèvres qui se retroussèrent en un sourire de chien arrogant, un sourire de côté qui dévoilait une rangée de quenottes agressives et immaculées. Elle se foutait bien de leur gueule, au bord de ses lèvres et de ses yeux, mais au centre c’était une autre histoire, une once d’intérêt, pas de quoi en faire un brasier mais un intérêt paresseux, lascif, juste porté là par hasard, par le côté décalé de la courtoisie de la jeune hume. Pas que sa vanité fût flattée par les nobles paroles, la vampire se moquait bien des acrobaties de l’étiquette, mais Talula trouvait cela amusant. Un clochard des quartiers nords aurait compris son enthousiasme. Lui aussi, il se serait dit qu’on lui faisait une mauvaise farce.

« Tsss, ma mignonne. Ton copain et toi, vous pouvez vous détendre, personne ne va vous bouffer, vous savez. »

Elle laissa échapper un rire de gorge à son étrange plaisanterie, avant de laisser tomber son attention sur le corps musclé du camarade de l’attrayante demoiselle. Pas mal, pas mal. Elle lui dédia mentalement son sarcasme. Clin d’œil mordant à ce qui ne pouvait être qu’un de ces chevaleresques garde du corps de conte de fées. Si tendre pour sa protégée, prêt à la protéger d’une malheureuse bande de prostituées – ou se protégeant lui-même ? Enfin bref, c’était un jeune homme touchant, tout ça, tout ça.

Talula était bien placée pour savoir que la politesse et les grands sentiments, ça se faisait bien, mais hors du lit. Une fois dans la couche, par contre… Elle rebascula le regard vers la partie femelle du couple. Ah, elle comprenait bien le chevalier ! Brusquer une si belle chose…ou la laisser se faire harasser par la masse infecte des mâles en mal de baise…oui, impensable, inimaginable, hors de question. Ensuite, faire comme tous les autres, avec plus d’ardeur peut-être, mais sous l’excuse de ses émotions indigentes.

Talula croisa les bras sous sa poitrine, toisant curieusement ses invités. Bien sûr, qu’elle allait leur parler, que croyaient-ils ? C’était évident. Enfin, pour elle, en tout cas. Le couple devait venir de loin, et elle n’était pas aussi sauvage que ça. Ça pouvait très bien être des couturiers incognito. Ou ces éternels fonctionnaires à la noix qui venait vérifier qu’elle n’était pas dans l’illégalité. Des copains de Riker. Oh, elle en avait vu, des gens bizarres, passer par son bordel. Elle allait les caser là en allant ch- ses yeux !

Des prunelles abyssales, monstrueusement sombres, des yeux splendides, des yeux d’ébène et de velours, des yeux de…Pas de simple jeune bourgeoise. Un regard de dieu centenaire encastré dans des orbites blafardes et frêles.
L’exact antonyme de ses propres iris.
Ok, peut-être qu'elle y était allé un peu fort sur les préjugés.

« Charmant duo de globes oculaires que vous avez là. On dit que les yeux sombres sont marques de forte volonté intérieure… Vous comprendrez, ma belle, que je me méfie un peu de ce proverbe là. Mauvais pour moi, vous voyez. Bon, du temps, du temps, du temps à accorder. Je dois avoir ça quelque part, laissez-moi vérifier.»

Talula leur tourna le dos pour mieux se diriger vers son divan préféré, au centre de la pièce, faisant signe à ‘ses invités’ de la suivre.
Lorsqu’ils furent tous installés à leur convenance, c'est-à-dire que Talula laissa balancer ses jambes sur l’accoudoir et croisa les bras derrière la tête, et qu’elle pût récupérer un reste d’eau insalubre avec lequel rafraîchir l'humesque salive, elle reprit :

« Bien installés ? ...bon, bon, j'en suis ravie. Mettez vous à l'aise surtout. Enfin, si vous le pouvez sur ces fauteuils, ils ne sont pas grandioses mais - oh, j'y pense ! Vous vouliez me dire quelque chose, non ? Surprenez-moi. »
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- Irma Omnichiante - "Allez-vous mourir un jour ? Appelez au 3627."

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   07.07.09 18:58

Serait-ce une pointe de malaise qu'Eliade sentait dans cette main qui lui serrait l'épaule? Kaiden ne devait pas être habitué à ce genre d'environnement. En quelques dizaines d'années, jamais elle ne l'avait vu fréquenter de bordel. Une chose étonnante, même pour un vampire. Les hommes ne sont pas tous censés avoir des besoins basiques physiques? En apparence, pas Kaiden. Eliade mettait ça sur son expérience passée douloureuse. Non, elle n'a pas été fouiner dans les premières fois de son garde du corps. Mais les peines amoureuses sont toujours celles qui sont le plus difficile à oublier, si tant était qu'il soit possible d'oublier un jour. Pourrait-il tenir dans ce nid de demoiselles pleines d'avantages certains? D'ailleurs quelques regards féminins se perdaient en direction de Kaiden. Eliade imaginait trop bien ce qui pouvait passer par la tête de ces donzelles. Jolie garçon, vivement qu'il s'éloigne de la petite blonde... Haha! Si Eliade avait pu se laisser aller à éclater de rire... Mieux valait éviter. Déjà qu'il n'était clairement pas très à l'aise...

Alors elle préféra se concentrer sur la maîtresse des lieux et maîtresse tout court. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle imaginait volontiers Talula sans ce peignoir, plutôt vêtue de cuir, armée d'un fouet ou quelque chose du genre. Sans doute l'environnement qui prêtait à la petite vampire ces pensées inquiétantes. Ce devait sans doute être dû au sourire un brin mensonger, qui s'affichait basiquement devant toute personne inconnue et qu'on ne voulait probablement pas connaître de toute manière. Talula devait être brillante pour ça. Une manipulatrice de tout premier ordre. Exactement ce qu'Eliade recherchait! Mais déjà elle lui répondait. Son copain.. Son preux chevalier correspondait indéniablement mieux. Mais elle n'était pas vraiment venue pour parler relationnel Oracle/garde du corps.

"Oh, je ne suis pas inquiète, les prédateurs ne sont jamais ceux que l'on croit."

Et ici, il y en avait une sacrée quantité. Et Eliade ne pensait pas qu'aux vampires. Il existait tellement de sortes de prédateurs, après tout! Quant aux manières d'Eliade... Il s'agissait sans doute d'un défaut, à vouloir se montrer toujours très respectueuse face à quelqu'un qu'elle ne connaissait que peu. Une manière de passer pour une petite chose charmante et souvent pompeuse. Mais c'était mieux ainsi, pour elle comme pour sa réputation. Puis le regard de la vampire revint sur elle, non sans avoir pris la peine d'observer Kaiden. Quoi de plus normal, il était un mâle dans un environnement régit principalement par des femmes. Puis vint un simple proverbe, une croyance sans doute dépassée. Eliade elle-même n'y croyait pas du tout. Pour elle, il ne s'agissait que d'une bizarrerie qui avait échappé à son passage dans le monde des morts. Cependant elle ne fit pas de commentaires et se contenta de remercier Talula en la suivant, jetant au passage un petit coup d'oeil à Kaiden pour s'assurer que tout allait bien de son côté
Elle prit place sur un fauteuil, sagement assise, lissant le dessus de sa jupe pour déposer son sac à main sur ses genoux. Le fauteuil était tout de même confortable, mais elle n'était pas venue pour estimer le mobilier.

"Oui, nous sommes venus pour deux choses principalement. Je sais déjà que vous faîtes partie de ces gens très bien renseignés qui survivent à Secaria. A vrai dire, il nous faudrait un moyen de trouver certaines marchandises qui ne sont pas vraiment accessibles sur le marché commun."

Pour commencer. la suite viendrait plus tard.
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   08.07.09 2:04

Mal à l’aise, ah ça pour sûr Kaiden l’était. Immobile aux côtés d’Eliade, il sentait sur sa nuque les regards brûlants des putes les plus curieuses. Il valait mieux pour Eliade qu’il soit sans cesse aux aguets mais sa soudaine raideur musculaire ne devait rien à un pseudo professionnalisme. Ces femmes dévêtues l’intimidaient assez pour qu’il évita de croiser leurs regards gourmands posés sur sa silhouette, chose dont heureusement il n’avait que peu conscience. Il n’aurait sans doute pas manqué de bafouiller quelque chose de stupide, histoire de mettre l’Oracle dans une position des plus embarrassantes. Le garde du corps se contenta donc de fixer obstinément un point au-dessus de l’épaule de la maquerelle, le visage impassible et le regard tentant vainement de camoufler sa gêne. Plus que jamais, il ne regrettait pas le fait que son cœur soit aussi silencieux qu’un tombeau sinon ce dernier n’aurait pas manqué de le trahir en s’agitant follement dans sa poitrine. Vous pouvez vous détendre, leur conseilla alors la jeune femme et Kaiden manqua de sourire, dévoilant ses crocs, amusé mais aussi embarrassé. Facile à dire quand on a des péronnelles en chaleur qui gravitent autour d’eux.


Et puis mince elles allaient donner des idées étranges à Eliade...


Kaiden commença à prier pour que la dame de maison les conduise au plus vite dans une pièce réservée où les putes auraient interdiction d’entrer. Le grand vampire capable de tirer un lapin à 100 mètres se sentait aussi idiot que le premier crétin venu avec ses amis pour son enterrement de vie de garçon et il laissa Eliade répliquer pour eux deux, incapable de toute façon de sortir quelque chose d’intelligent. Et parler pour dire quoi de toute façon ? Vanter le style architectural de la maison ? Autant écrire sur son front qu’il n’était qu’un con finit incapable de discourir avec des putains. Le rire de gorge de la maquerelle lui arracha cependant un vague froncement de sourcil. La moquerie était innocente ou bien cachait-elle une véritable critique ? La jeune femme semblait sincèrement se foutre d’eux, mais aussi des manières d’Eliade. Ne connaissait-elle donc rien à la politesse ? Ou alors avait-elle l’habitude des demandes grossières de ses clients ? Un instant, Kaiden lui en voulu de réagir ainsi mais décida de se la fermer. Eliade avait plus d’une fois démontré qu’elle était capable de se défendre toute seule. Quelle idée tout de même de la surnommer ma mignonne… Cette jeune femme ignorait vraiment à qui elle avait à faire. Mais la découverte ne fut pas longue.
Talula sembla tiquer légèrement sur le regard d’Eliade, ces yeux noirs si particuliers et Kaiden sut aussitôt ce qu’elle ressentait. La même chose qui l’avait bouleversé la première fois qu’il l’avait rencontré, lors de sa prophétie. Ces deux yeux qui semblaient déjà tout connaître et vous exhorter à faire attention, très attention, presque suppliant, pour que vous l’écoutiez enfin, pour que quelqu’un, même une personne, la croit. Le reste désormais ne concernait que l’Oracle mais il se rapprocha un instant d’elle, se fichant désormais des catins pour contempler à nouveau le visage de son amie. Peu importe les propos de la maquerelle, seul comptait le fait qu’elle la prenne désormais au sérieux. Eliade n’était certainement pas ici pour batifoler. Quelques instants suffirent à décider la jeune femme légèrement vêtue à les conduire jusqu’à une pièce un peu en retrait, loin des rires des autres filles de joie. Rassurant l’Oracle d’un sourire tendre tout en effleurant son bras d’un doigt, il détailla aussitôt la pièce, tandis que son amie s’installait sur un fauteuil.
Talula pouvait bien dire ce qu’elle voulait, il se devait de garder sa place de garde du corps au lieu de se détendre comme un simple invité.


Un thé peut-être ? Un alcool ? Et puis quoi encore !



Croisant les bras, il s’adossa au mur. Le fait qu'il soit intimement persuadé que rien de fâcheux n'allait arriver dans un tel endroit ne changeait rien, Kaiden ne se permettrait jamais de se relâcher et ainsi de se laisser prendre par surprise, bordel ou pas bordel. Ils étaient à Secaria, et chaque endroit où ils demeuraient plus de 5 minutes devenait à ses yeux un potentiel coupe-gorge. Et puis, après tout, on ne savait jamais de quoi la seconde suivante serait faite, enfin à part Eliade et il posa son regard ébène sur elle, prêt à réagir à un signe de sa part. Surprenez moi, lança soudain la voix claire de la brune et l'Oracle entra aussitôt dans le vif du sujet, soulageant son garde du corps d'un certain poids. Les balles, c’était pour l’instant le plus important car on ne pouvait aller à la rencontre des vampires vivant en secret à Secaria sans un minimum de protection. Et non, les muscles de Kaiden ne suffiraient certainement pas. Il fallait désormais espérer que les informations d’Eliade se révèlent exactes histoire que ses chargeurs soient à nouveau pleins. Il ne lui restait pour l’instant que 7 balles, et cette apparente faiblesse avait tendance à accroître sa nervosité mais aussi sa méfiance. Ce n’était pas le moment pour qu’il arrive une calamité.
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   09.07.09 14:07

"Oh, je ne suis pas inquiète, les prédateurs ne sont jamais ceux que l'on croit."

«On devrait toujours être improbable » répondit-elle, piquée par la réponse cryptée de la jeune femme. Sous-entendait-elle faire partie elle-même de la classe des ‘prédateurs’ ? En ce cas, était-ce une menace à son égard, la recherche d’un terrain d’entente, un avertissement, ou juste une remarque spirituelle en l’air ? Elle penchait pour l’avertissement, mais ne s’en inquiéta pas. Elle avait amplement de quoi répondre. Une confrontation ? Bon sang, elle en aurait bien envie ! « Ça doit leur être égal d’être reconnus ou non. Le plus important, c’est qu’ils arrivent à leurs fins. Parce qu’avec des si, on scierait. Avec du brio, par contre… »

Languide sur le sofa, elle observa curieusement le duo. Il y avait vraiment quelque chose de louche avec ces deux là. Ne serait-ce que leur demande, pour commencer. Deux choses ? Mais la première s’annonçait déjà mal !

« Nouveaux à Secaria ? » s’enquit-elle. « Voyez, ce n’est pas pour vous vexer, mais vous vous êtes légèrement planté sur la personne à qui s’adresser. L’Ookami ou le D-Bar, ça, c’est des endroits pour dénicher le hors-du-commun, l’insensé, l’extraordinaire, enfin surtout le n’importe quoi. Tant qu’on ne recherche pas la vérité, tout y va très bien. Mais, moi ? Quoi, si les femmes ne vous plaisent pas, je peux juste vous proposer les hommes. Voilà mon marché. Alors, si ce n'est pas pour un bon gars, je ne peux rien faire pour vous. »

Parce que, derrière les rumeurs, Talula ne revendait pas grand-chose qui ne soit pas charnel. C’était peut-être ça qui les intéressait. Elle fronça les sourcils. En même temps, la jeune femme lui avait dit qu’elle était au courant de la position informative de la maquerelle. Donc, elle connaissait assez bien le folklore de Secaria. Anguille sous roche. Et ce garde du corps était vraiment trop protecteur. Donc, jeune femme importante. Pourtant, jamais vu auparavant. Il y avait une autre hypothèse bien sûr, mais elle ne pouvait se risquer à leur faire une ouverture trop directe… En ce cas…en ce cas, eh bien les tester et leur donner leur chance.

« Je ne suis pas vraiment la spécialiste de ce genre d’affaires. Mais vous aiguiller dans la bonne direction reste dans mes cordes. La sortie n’est, après tout, qu’une entrée prise à l’envers. Ensuite, c’est la rue de gauche. »

Il valait mieux prendre la température que de s’y brûler, songea-t-elle finement, se relevant pour lisser les plis de son peignoir. Elle ouvrit la porte et fit un large signe à ses invités. Soit il y avait les filles, soit il y avait la porte.
Là, la balle était dans leur camp. Soit ils sortaient…soit ils savaient vraiment ce qu’ils voulaient, et qu’elle pouvait leur donner. Ce qui ne voudrait dire qu’une chose. Allez, allez !
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   09.07.09 17:45

Un avertissement? Mais non, voyons. Juste un indice, à peine une petite lancée sur des choses que la maîtresse des lieux devait déjà soupçonné très fortement. Eliade n'était pas venue pour jouer sur la provocation, S'il y avait bien une chose qu'elle désirait éviter, c'était les confrontations. Surtout avec des semblables. Pour convaincre, il fallait d'abord mettre les autres en confiance, n'est-ce pas?

Mais l'heure n'était pas aux grandes révélations. Elle se surprit un instant à penser qu'il valait peut-être mieux se débrouiller autrement, mais ce simple contact des doigts de Kaiden lui fit oublier ses craintes. Elle ne pu que le remercier d'un regard. A présent, elle restait juste assez polie, presque impassible, assise comme une dame de la haute société détonant avec le décor. Mais elle n'était pas chez elle, et ne voulais surtout pas laisser penser à Talula qu'elle se prenait pour autre chose que ce qu'elle était.

Et déjà la dame était sur la défensive. Oui, vendre du corps, mais pas du matériel autre. Eliade la fixait, droit dans les yeux, sans hésitation ni même la moindre gêne. Elle décortiquait, analysait les réactions, les mots l'air nonchalant. Elle ne s'était pas trompée, elle en avait la certitude. Mais il lui fallait clarifier certains points. Sans doute s'était-elle fait très mal comprendre, mais un simulâcre de réponse s'était déjà profilé dans les phrases de Talula et elle n'en demandait pas mieux.

"Je n'ai jamais prétendu que vous nous vendriez ce que nous cherchons, juste que vous savez vers qui nous tourner. Vous êtes une femme intelligente, Alexandrine, et à ce titre, je voulais connaître vos préférences, vos goûts, votre avis simplement. Il n'est pas bon de s'adresser à n'importe qui, vous en conviendrez."

Serait-ce une provocation de plus? Une simple appellation aujourd'hui disparue, lancée au gré d'une phrase qui se fera oublier par n'importe quel auditeur non concerné. Mais il fallait qu'elle comprenne que la demoiselle aux yeux noirs n'étaient pas du genre à demander n'importe quoi à n'importe qui.
Eliade n'exigeait finalement des autres que ce qu'ils pouvaient donner. C'était plus sûr, et moins aléatoire. Ses prunelles suivaient sans se gêner le mouvement de la maquerelle qui visiblement semblait prête à se détourner. Un teste, tout simplement. Un étrange sourire passa sur les lèvres de l'Oracle qui poursuivit, sur un ton plus léger, presque enfantin.

"Vous ne voudriez pas nous présenter votre ami? Il risque de se poser des questions en sentant la présence de deux étrangers aussi peu hume que nous... Peut-être préféreriez-vous conserver une part de contrôle sur ses interrogations."

Elle inclina sensiblement la tête sur le côté, son regard fuyant un court instant. De qui puvait-elle bien parler? C'était sans importance après tout. Sans doute un nouveau délire d'une gamine un peu trop allumée pour pouvoir se balader seule sans surveillance.
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   09.07.09 19:02

Adossé au mur et comme indifférent à leur conversation, Kaiden préféra se taire. Il possédait bien évidemment le droit à parole mais doutait fortement de son utilité dans cet échange. Le garde du corps se contenta alors d’observer avec un peu plus d’attention la jeune maquerelle alanguie sur le sofa. Contrastant avec la pâleur presque lunaire d’Eliade, il ne pouvait que reconnaître sa beauté sauvage. C’était une femme intelligente à n’en pas douter et même si Kaiden n’était pas l’homme le plus malin du monde, il devinait sans trop de peine les questions qui se bousculaient chez la jeune femme. Depuis le temps, il s’était habitué aux regards curieux qui se posaient sur l’Oracle. Cette dernière, de par son statut de vampire mais surtout à cause de son regard si particulier qui semblait vous sonder jusqu'au plus profond de vous-même, en devenait fascinante, presque dérangeante, notamment pour les humes bienheureux qui ne comprenait pas comment un bout de femme dans son genre pouvait posséder un tel charisme. Un sourire doux naquit sur ses lèvres et il retraça machinalement les courbes tentatrices de la putain avant de se détourner. Il n’était pas ici pour apprécier la vue et se reprit légèrement, croisant les bras sur son torse.

La suite pourtant parvint à l’inquiéter. Selon Talula, ils s’étaient trompés d’interlocuteur. Il eut un petit regard curieux vers Eliade, essayant de décrypter son visage. La maquerelle avait-elle raison ? Avaient-ils commis une erreur en venant au bordel ? La source de l’Oracle semblait pourtant fiable et cette dernière n’avait pas douté un seul instant à leur arrivée.  Ou alors la jeune femme les testait tout les deux pour connaître leurs réelles intentions, ce qui était sans doute plus probable dans une ville telle que Secaria où les gens en devenaient paranoïaque. Il parvint un instant à oublier le lieu incongru où ils se trouvaient pour ne garder que le potentiel de Talula en matière de dealer. Des munitions. Ni filles et encore moins des garçons. Ce n’était pas le moment pour que sa pensée s’égare à nouveau sur les plaisirs charnels. De toute façon, il était dans l’incapacité physique de s’y intéresser, et depuis Sophia, rien n’attirait plus son attention. Sauf Eliade bien sûr, mais avec elle c’était différent. Talula se leva soudain pour leur ouvrir la porte et Kaiden, par simple réflexe, s’écarta suffisamment pour observer l’entrée, stratégiquement placé entre le fauteuil d’Eliade et la maquerelle.

"Je n'ai jamais prétendu que vous nous vendriez ce que nous cherchons, juste que vous savez vers qui nous tourner. Vous êtes une femme intelligente, Alexandrine, et à ce titre, je voulais connaître vos préférences, vos goûts, votre avis simplement. Il n'est pas bon de s'adresser à n'importe qui, vous en conviendrez."


Alexandrine ? Ca par contre c’était surprenant mais il évita de tourner un regard curieux vers son employeur pour lui demander des explications. Par habitude, il catalogua cela dans les bizarreries de la voyante. La traduction viendrait après mais pour l’instant, c’était à Talula qu’elle s’adressait et non pas à lui. Ce n’était donc pas au garde du corps de poser les questions.  Mais que cherchait-elle à prouver en l’appelant ainsi, par ce qui semblait être son véritable prénom. Y avait-il autre chose que la maquerelle dissimulait aux yeux du gouvernement autre que des clandestins ? Quelque chose qui la concernait particulièrement ? Tant que cela ne déclenchait pas une réaction violente chez la jeune femme…

"Vous ne voudriez pas nous présenter votre ami ? Il risque de se poser des questions en sentant la présence de deux étrangers aussi peu hume que nous... Peut-être préféreriez-vous conserver une part de contrôle sur ses interrogations."


Ca, c’était un message indirect. Il y avait quelqu’un d’autre ici. Sa main glissa aussitôt vers l’intérieur de sa veste, le regard glacé. Sans doute pas un ennemi, sinon Eliade se serait levée aussitôt pour se placer derrière lui, ou l’aurait avertit plus franchement, néanmoins il ne baissa pas sa garde un seul instant et effleura la crosse de son arme du bout des doigts, prêt à dégainer. Il ne lui restait que quelques balles mais Kaiden se doutait bien de l’inutilité de son arme. Après tout, peut-être qu’il était un peu trop nerveux pour réfléchir correctement mais il préférait cette prudence au fait de saluer le nouvel arrivant tout sourire. Les prédictions d’Eliade était une chose, son avis personnel en était une autre.
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   09.07.09 21:37

« Et merde. L’Oracle en personne. »

Talula fixa un peu méchamment l’apparente jeune hume, désormais classifiée ‘agréable compagne’, un peu hargneuse suite à l’évocation si peu déguisée de son passée. Elle se sentait horriblement mal à l’aise à l’idée que cette femme pouvait entrevoir chacune de ses actions. Aux rumeurs, elle était capable de discerner le passé, même le futur ; accéder aux plus grands évènements, déceler les probabilités. Son ‘cousin’ lui avait autrefois expliqué qu’il était parti de Secaria à la suite d’un de ses avertissements. Charmant. C’était un atout redoutable, et profondément gênant pour la maquerelle qui, si elle n’était pas physiquement pudique, comme le prouvait son indifférence aux coups d’œil circonspects du garde du corps, ne tenait pas forcément à ce qu’on aille fouailler son avenir comme le premier haruspice venu. La conclusion était simple à tirer, et efficace. Bref, tout à fait l’effet recherché. On allait pouvoir passer aux affaires sérieuses. Qui sait, même se détendre, prendre du bon temps. Enfin, façon de parler. Les morts avaient une drôle de manière de profiter du temps qui leur était donné.

Si ce n’était la dernière remarque de la voyante bien sûr, et les questions certainement tordues qu’elle comptait lui poser au détour.

«Joli déguisement. »

C’était plus une constatation qu’un compliment, les vampires avaient souvent des difficultés à se mêler à la foule. Et avec des yeux si sombres, elle n’aurait pas douté de la nature de la jeune fille jusqu’au dernier moment. Elle referma la porte, revenant sur ses pas, songeuse et adoucie. Bruissement.

« Oh, pour la petite mise en scène... Disons que je voulais m’assurer que vous étiez vraiment ce que je supposai. Inutile de dire que vous, vous avez vu juste. »

La remarque s’adressait plus à l’homme qu’à la femme, étant donné que celle-ci était certainement déjà au courant.

Talula croisa les bras, assise de nouveau sur le rebord du canapé, et observa le regard fuyant de l’Oracle. Enfin, plutôt sa direction. Soupira, rejeta la tête en arrière, comme pour observer le plafond craquelé. Allez, qui était l’hume qui pouvait ‘sentir’ les vampires ? C’est vrai ça, elle se posait vraiment la question. La réponse était évidente, et l’Oracle l’avait sans doute voulu ainsi. Va savoir, avec une femme pareille. Elle retint un sourire de trahir ses pensées. Au fond, ça n'était pas si mal.

Une pensée attristée lui vint pour le bain qu’elle venait de quitter. Certes, elle ne versait pas dans le pressentiment, mais il n’était pas difficile de calculer que la présence d’Asphodèle-balayeur-chieur et celle d’Oracle-garde-du-corps-ne-voulant-pas-de-problèmes était justement problématique, si ce n’est incompatible. Et qui se retrouvait au milieu de la ligne de mire ? Si quelque part, elle n’était pas si dérangée que ça de l’arrivée subite et imprévue de ces étranges personnages, ça ne voulait pas dire qu’elle allait faire des bonds de joie en apprenant la nouvelle. Elle ressentait juste une satisfaction primaire et féline, de la personne qui n'en a pas grand chose à faire des possibles problèmes futurs mais qui compte bien profiter de ses invités et de l'instant présent.

Elle sifflota tout bas les premières notes de la chanson qui lui pourrissait la cervelle depuis quelques jours et reprit, la voix calme et dégoulinante de sarcasmes :
« Je vois que... Quelqu’un va fourrer son nez dans mes affaires ! Je me demande par contre qui serait assez con pour faire ça ? Hmmm, le coupable est déjà là, au moins, que je ne fatigue ma pauvre langue pour rien ?»
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   19.07.09 9:22

<= Du Downward Bar, "Merry Go-round"


Estomaqué. Et survolté. Voilà comment il en était sorti.
Déchaîné. Il s’était contenu, contenu au maximum pour ne pas éclater.
Parce que ce con avait deviné, Oh oui, il avait deviné qu’on cherchait à le faire parler. Et même avec sa méfiance accrue, il n’avait pas pu s’en empêcher : d’en dire un peu.
Parce qu’il connaissait aussi, un peu le cours du marché. Donnant-donnant. Je donne, tu donnes. J’apprends.

Heureusement, il avait peu à donner mais… Cet homme, cet homme, il sentait que, comme lui, il devinait.
Son pied était désormais correctement bandé, mais l’appui de Fyrex était bien nécessaire pour ne pas rouvrir la plaie. L'aventure s'était avérée extraordinaire, pire qu'une chasse. Ce qui s'y était passé, ce qui se devait être – à la base, une simple visite, une simple prise d'infos, s'était transformée en un périple digne des pires fléaux.
Asphodèle ne savait pas qu'en penser. Qu'en rire ou en pleurer. Il gardait encore dans sa main, une touffe de poils aux leurs d'un corail rose éclatant.
L'aveugle aurait du la jeter rageusement, mais... il se contint et rangea curieusement, cet étrange trophée, dans le creux de sa poche. Comme un talisman protecteur, comme... un porte-bonheur.

Loin de laisser filer ses pensées sur ce qu'il venait de se passer, il préféra se concentrer sur une chose qu'il lui tardait de vérifier. C'est en boitant, qu'il emprunta la rue – devenue familière. Pas tout à fait calmé, encore bien en colère, l'adolescent surgit et ouvrit violemment la porte d'entrée.

Les « piliers » (comme il les surnommait) l'avaient - bien-entendu - vu venir, et s'étaient écartés pour ne pas subir le courroux trop bien connu, du gigolo aveugle.
Mais certaines donzelles en ont vu d'autres... Et s'avèrent plus téméraires.

« OU EST-ELLE ? »
beugla-t-il sans autre forme de politesse.

- Salut honey, moi aussi, je suis heureuse de te voir.

Eléanore (Léa pour les intimes) aimait particulièrement à se heurter face au jeune-homme. Celui-ci lui lança un sourire sardonique.

- T'as pas un client à voir ? Dis-moi où elle est, j'ai pas que ça à foutre.
- Oh baby, j'aime quand tu es rude.

Asphodèle, par la force de l'habitude, s'était bien rendu compte de son petit jeu, il se tint silencieux, froidement braqué.

- Pff... Ce que tu peux être rigide. Tu sais, c'est pas bon dans toutes les situations.
- Et tu sais de quoi tu parles, la pute-lyrique.
- Ne m'affuble pas de cet horrible surnom. Je ferai pire.
- Bon t'arrêtes ? Accouche.
- La Boss reçoit, chéri. M'est d'avis qu'elle n'a pas envie d'être dérangée, vu... le gabarit de nos visiteurs. Susurra-t-elle.

Le sourire du gamin s'agrandit. Il n'y avait qu'une salle pour les « visiteurs de marque », un simple contour de la plantureuse prostituée, un nombre de pas mémorisé, les chalands évités, Asphodèle lança un vigoureux coup de pied, projetant une ouverture spectaculaire sur un personnage... qui l'était nettement moins, par son allure débraillée et son pied bandé.

Il se figea net.
Pas normal ça, les « invités » regardaient déjà dans sa direction sans éprouver la moindre surprise. Et l'adolescent n'avait pas pris le temps d'analyser ce qu'il percevait avant d'entrer.
Le temps de se couvrir le visage de ses mains, comme l'on se protègerait des rayons trop puissants du soleil et de grimacer vivement.

- Putain, Tal', tu ramènes de la famille maintenant ?
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   22.07.09 20:31

Kaiden démarrait au quart de tour! Ce n'était pas pour rien qu'Eliade était prête à lui confier sa vie aussi facilement, après tout. Même s'il n'y avait pas clairement de menace, il se tenait prêt, au cas où... Mais il n'y avait pas lieu de s'inquiéter pour l'instant. Et avant de se soucier de l'impact de ses paroles sur la maquerelle, la petite vampire se pencha en avant, tendant un bras pour effleurer celui de son garde du corps. Il pouvait se détendre. Il y aurait du bruit, du boucan même. Le future nouveau venu avait un goût prononcé pour le spectacle. Du moins pour ce qui était bruyant. Mieux valait faire comprendre qu'il n'y aurait surtout que de la poudre aux yeux, pour ne pas faire de mauvais jeux de mots. Et puis, c'était de moindre importance comparé à l'effet voulu. C'était clair à présent?

La maîtresse des lieux avait à présent la certitude de savoir à qui elle avait à faire. De fait, Eliade n'avait pas cherché à savoir où se situaient les croyances de Talula. Elle voulait juste devenir une alliée potentielle, pas une madame Irma qui distribuerait sa bonne parole. Il n'y avait aucun but particulier de convaincre la maquerelle, juste de lui faire comprendre qu'il serait préférable de se donner des coups de mains mutuels. Se rasseyant confortablement, elle croisa le regard quelque peu agressif qu'elle posa sur elle, mais ne s'en offusqua pas. A vrai dire, au court de sa non-vie. Eliade avait déjà eu droit à toute la palette de réactions possibles et inimaginables, allant du fidèle qui se prosternait sans trop savoir pourquoi au sceptique agressif qui voulait lui sauter à la gorge. Et puis, le côté méchant était justifié par l'évocation de quelques connaissances concernant Talula. Il y avait de quoi, pour ce qu'elle avait pu entrevoir. Il était plus qu'évident que quelqu'un comme elle tenait à conserver certaines choses pour elle-même sans en faire étalage. L'ennui, c'était qu'il fallait produire un certain effet pour être crédible. Et on avait beau dire, toucher une corde sensible était toujours nettement plus efficace.

Quant au déguisement... Ce n'était qu'une question de coup de chance. Eliade pouvait se vanter d'avoir conservé pas mal de caractéristiques humesques. Elle haussa les épaules pour toute réponse à cette remarque. La porte fut refermée, la vampire revint sur ses pas, plus enclin à la discussion. Parfait! Elle n'en demandait pas plus de fait. Même si elle savait déjà que la conversation aurait réellement lieu un peu plus tard, quand l'intrusion serait passée ou se sera calmée. Intrusion qui n'avait d'ailleurs pas encore eu lieu. Contrairement à la maquerelle, la rencontre paraissait nettement moins problématique à Eliade. Pourquoi? Elle ne le savait même pas. En revanche, elle avait la certitude que la rencontre à venir allait être particulièrement intéressante.

Et l'intrus se manifesta. Ce fut d'abord un beuglement lointain qu'elle entendit. Ah oui, le côté spectacle. Eliade lança un sourire amusé à Kaiden, l'air de dire qu'il n'y avait vraiment aucune raison de s'inquiéter, même quand, dans un coup sonore, la porte s'ouvrit. Et la réaction provoqua chez Eliade un regard quelque peu... Avide? Pas tout à fait. Quelque chose qui lui semblait étrangement familier plutôt, sans trop savoir pourquoi. En tous les cas, malgré un évident problème de vue, le jeune homme semblait moins aveugle que bon nombre de humes.

"Quelle perspicacité!"

Dit-elle en se relevant. Celui-là était clairement différent, et il fallait bien avouer que ça intriguait Eliade. Elle fit quelques pas, jetant un regard qui se voulait rassurant à son garde du corps, et s'approcha de l'inconnu du moment.

"N'en veuillez pas à notre hôte, nous nous sommes quelque peu imposés. Je m'appelle Eliade. Et le jeune homme avec nous s'appelle Kaiden. Vous êtes...?"

Aucune animosité. Eliade était juste curieuse alors qu'elle tendait la main vers celle du jeune homme pour le saluer. S'il ne bougeait pas de lui-même, elle mettrait ça sur le compte de la malvoyance et lui serrerait simplement la main en signe de politesse.
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   22.07.09 23:03

(Dans le genre inutile... u.u")

***

Kaiden passa volontairement sur la remarque de Talula qui en vérité ne méritait aucune réponse de sa part. Certes, sa nature de vampire était désormais claire pour tout le monde mais le garde-du-corps ne l’avait pas comprit tout de suite. Jusqu’à ce que la conversation débute réellement il n’avait vu en elle qu’une simple hume capable de leur apporter ce dont-ils avaient besoin sans trop poser de questions. Mais bien évidemment, rien n’était simple avec Eliade. Le prénom l’avait fait tiquer, et il avait eut raison de se poser deux ou trois petites questions. Ainsi la maquerelle cachait bien son jeu. Enfin, son apparence l’y aidait grandement. Curieux d’ailleurs qu’elle arbore une peau si matte alors que la nature des vampires les faisaient ressembler à des cadavres ambulants.

Mais Kaiden n’était pas du genre à réfléchir bien vite et mit cela sur le compte sur un don quelconque que la jeune femme devait sans doute posséder. Un simple instinct, peut-être une erreur, mais à ce stade ce n’était pas cela qui l’étonnait vraiment. Ni le fait que sur tout les informateurs que l’Oracle aurait pu trouver à Secaria, il fallait qu’elle leur déniche la seule vampire du coin. Un coup de chance ? Très improbable. Mais l’heure n’était pas aux probabilités vu l’arrivée sonore d’un parfait inconnu. Qui était-il ? Au vu du comportement d’Eliade, il était désormais certain qu’il n’avait aucune raison de se méfier et il délaissa son arme, gardant toutefois une immobilité propre à ceux qui sont prêt à réagir en cas de pépin. Et celui qui n’allait pas manquer de franchir le seuil de cette pièce promettait d’en être un gros.


Pourquoi ici. Il n'y avait pas assez de putes pour lui mettre les nerfs à fleur de peau ?


Kaiden n’était pas un oracle mais il ne put s’empêcher de se demander si le pouvoir d’Eliade n’avait pas une quelconque influence sur lui quand la porte s’écarta violemment pour laisser entrer un jeune homme. Un pauvre gars à l’allure dépenaillé et au pied bandé, remarqua-t-il en quelques coups d’œil, qui demeura figé sur place, apparemment surprit que son entrée bruyante n’ait pas provoqué un si grand choc chez les occupants du salon. Raté mon coco, murmura Kaiden mentalement avec un léger sourire, ton entrée fracassante était aussi inutile que ridicule. Au cours de ces quelques jours passés à Secaria, le vampire avait néanmoins apprit à ne pas sous-estimer un adversaire à cause de son apparence même si celle du garçon avait de quoi en décontenancer plus d’un.

Les cicatrices qui bardaient son visage ainsi que son regard vide tentaient de le faire passer pour un simple handicapé mais nul doute que l’inconnu avait plus d’un tour dans son sac. Une grande gueule pour commencer et Kaiden n’eut qu’un regard blasé sur la silhouette blessée. De la famille hein ? Un autre médium ? Pour un non voyant il possédait un assez bon instinct. Pas de la double vue mais quelque chose de plus profond. Kaiden s’était toujours refusé à croire en ces conneries de sens surdéveloppés, surtout chez les aveugles, mais la preuve vivante se tenait devant lui. A moins que… Oui parce que la chance ça allait un moment et Sophia lui avait déjà offert un cours assez détaillé.

Un petit coup d’œil à Talula puis au garçonnet et il manqua de soupirer. Encore un truc incompréhensible qu’il comprenait toutefois très bien. Don ou dieu sait quoi, le gosse avait un truc mais il n’allait certainement pas jouer les touristes curieux en lui posant toutes sortes de question. Au vu de l’air revêche du gamin, il risquait de se prendre quelques répliques bien salées en pleine tête. Eliade se leva soudain pour saluer plus dignement le visiteur. Le gêneur corrigea-t-il mentalement. Bon sang ils étaient ici pour récolter quelques informations, pas pour faire connaissance avec tout Secaria. C’était un bar ou un bordel ? La politesse de l’Oracle allait sans doute tomber dans l’oreille d’un sourd non voyant et il eut un petit regard attristé au vu de sa main tendue.

Les présentations étaient faites mais il doutait sincèrement de leur efficacité. Un instant, il se demanda si Eliade savait déjà quelle allait être la réaction du garçon. Sans doute, mais il s’avança d’un pas, prêt à le repousser si ce dernier se permettait le moindre geste désobligeant à l’égard de la jeune femme. Et merde ! En plus il puait l'alcool ! Sans parler de son visage dont les cicatrices étaient vraiment de moindre importance comparées aux autres blessures. Il s'était donc battu ? Toutefois, il n’eut pas l’impolitesse de montrer ouvertement sa méfiance, un peu vexé dans son orgueil masculin qu’un gamin fasse presque sa taille, le saluant d’un simple signe de tête. Il se refusa toutefois à poser une main protectrice sur l’épaule de l’Oracle, demeurant silencieusement à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   26.07.09 2:34

Talula songea que ses invités étaient bien peu loquaces. Soit. Pourquoi irait-elle alimenter leur réserve, après tout ? Renouant plus fermement son peignoir, elle se replongea lascivement dans son sofa, prenant bien garde d’avoir vue sur la porte. Après tout, si Asphodèle devait vraiment venir, elle aimerait être aux premières loges pour observer les dégâts et avoir de bonnes raisons d’adresser la parole au gigolo. Depuis le temps qu’elle l’évitait et ne l’avait pas vu traîner dans le coin… quelque part, ce n’était pas plus mal de le revoir, même si la situation était embarrassante.

Quelques cris et une porte claquée plus tard, l’impatience de la maquerelle s’était muée en une forme aigue d’envie meurtrière. Pas franchement radine, mais quand même un chouïa vénale, elle considérait que foutre en l’air une porte neuve d’une pièce neuve approchait d’un stupide si bas dans l’échelle de l’intelligence humesque qu’elle ressentit le brusque besoin de bondir sur ses pieds et de pousser une gueulante. Mouais. Mais bon, on était quand même si bien dans ce sofa.

A peine eut-elle le temps de s’interloquer sur cette dernière – et douloureuse- constatation que l’Oracle s’avança, reprenant le fil de la conversation et coupant court à tout excès de remarques juteuses. Dans un autre moment, Talula aurait sans doute observé, goguenarde, la tentative courtoise de sa comparse, peut-être animée par un brin de jalousie – dans son dos bien sûr. Mais là, son attention tomba complète sur l’état déplorable du jeune homme. Pas qu’elle fût soudain attristée ou éprise d’une compassion exemplaire – elle avait toujours vue sur la porte délogée – mais elle se demanda si ces blessures avaient à voir avec…le marché qu’elle avait passé avec Caleb. En tel cas…son éternel sourire railleur s’atténua. Elle repoussa une mèche blond cendré en arrière, laissant tomber la façade détendue pour laisser apparaître des traits plus méfiants et calculateurs.

« Tu tombes bien, loqueteux, on allait passer à l’orgie. » répliqua-t-elle sournoisement, les yeux rivés sur le visage borgne et couvert d’ecchymoses. «Tu as encore joué avec le feu, Asphodèle ? » voulut-elle rajouter, mais la douceur qu’elle cherchait était coincée au fond de sa gorge. Il y avait dans la même pièce Eliade et Kaiden. ‘Sa famille’…mon cul, oui.

Que les présentations se fassent. La maquerelle n’avait pour l’instant, pas son mot à dire.

[hrp : j'ai coupé court, hein. Y avait pas trop d'action pour le moment :p ]
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   27.07.09 12:09

Une voix. Elle est plutôt douce, quoiqu'effrontée. Un brin farouche et... assurée. Asphodèle a beau mettre les mains sur son visage pour se protéger... Réflexe stupide que chaque hûme aurait pour ne pas être ébloui, mais...

C'est d'aura qu'on parle. Et l'aura est loin de se manifester par un seul sens. Bien loin.
C'est un tourbillonnement, ce sont des vertiges, la sensation de ne plus être au bon endroit, au bon moment. Perdre pieds.

Elle s'approche. Tend la main.
Il vacille.

A reculon, comme s'il avait à faire à une pestiférée. Ses lueurs lui sont douloureuses, comme une agression, une trop importante arrivée d'information qui lui serait projetée à la face, au cœur, sur l'entier du corps.
Il se rapproche de l'entrée, s'appuyant sur son « bâton », la main toujours au visage, recourbé sur lui-même et tenant à peine debout.

« Putain ! Fais chier !»

Exclamations premières et peut être tout ce qu'il y aura à en tirer. Il faut un temps pour s'habituer, et Asphodèle avait déjà eu son lot de nouveautés... ces derniers temps. Elles ne faisaient décidément que s'accumuler, comme pour le ronger lentement, comme pour... l'obliger à voir.

Franchement nauséeux, mais jamais lâche, Asphodèle releva péniblement la tête face à elle. La source de son malaise, celle qui -par sa seule présence- flamboyait en un gigantesque incendie de formes et couleurs variées... qui n'étaient jamais stabilisées.
Asphodèle avait reconnu l'enveloppe d'une vampire, mais ce contenu... Par l'État, ce contenu, c'était bien une première !

« Qu'est ce que t'es bordel ? »

Bien peu soucieux des convenances, presque avachi sous le poids insidieux de cette aura aux multiples vies, aux multiples lieux, aux temps qui jamais... ne se définit vraiment. Comme s'il n'avait plus conscience des autres présents, jusqu'à qu'une voix familière, une voix qu'il pensait amie, le ramène... « sur Tyr ».

Si Asphodèle s'était shouté, il n'aurait pas eu une meilleure gueule que celle qu'il affichait. Se raccrochant à cette voix vindicative, il se rendît compte alors, de la proximité d'un tiers. Mêlé de brun, d'ôcre roussi et de noirs, caractéristique des Auras Vampiriques. De quoi... peut-être s'inquiéter ? Trois vampires pour un modeste balayeur, fut-il exagérément costaud... Y'avait de quoi se faire la malle, non ? En toute... logique.

Mais puisqu'Asphodèle n'en a cure.

Continuons... l'aventure.

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   27.07.09 20:57

Voilà une réaction quelque peu inattendue. Si elle se doutait clairement du fait que sa nature allait avoir quelques conséquences pour le jeune homme, elle ne pensait pas que sa réaction serait aussi violente. Il reculait, vacillait alors qu'elle pensait tout d'abord le mettre mal à l'aise, sans doute même jusqu'à ce faire franchement mépriser. Mais ça, c'était plus agressif qu'elle ne l'aurait pensé.
Par réflexe, elle s'avança encore, vint saisir le bras d'Asphodèle pour le soutenir, un court instant. Sa présence l'insupportait, ça se comprenait, mais elle n'allait pas le laisser tomber pour autant. Il pouvait essayer de reculer encore s'il le désirait, mais ce n'était pas très prudent s'il voulait tenir debout. Elle attendit, un petit moment, qu'il se soit appuyé sur son bâton, ou plutôt le truc qui lui servait d'appui vaguement stable.

Eliade le relâcha, mais ne recula pas pour autant, attendant que le nouveau venu s'adapte au choc. Il "voyait" bien plus qu'elle ne l'avait supposé. D'ailleurs, à ce stade, ne valait-il pas mieux qu'elle s'en aille tout simplement? Un moyen comme un autre de limiter les dégâts. Elle posa un court instant son regard sur Kaiden. Il n'y avait pas de menace, définitivement pas. Ou s'il y en avait, c'était plutôt elle le danger.

Elle s'en irait... Mais pas tout de suite. D'abord, il fallait qu'elle en sache plus sur lui, sur ce qu'il voyait, et surtout si en fonction de ce qu'il découvrait, il saurait tenir sa langue. Après tout, il restait un hume, et donc un danger potentiel pour un vampire. Mais pour ça, il lui faudrait le toucher, et...

Ce qu'elle était? C'était une bonne question. Elle était une hume à la base, un vampire par malchance, un guide sans l'avoir cherché au départ. C'était complexe. Eliade ne savait pas vraiment ce qu'elle était. Mais elle savait au moins ce qu'elle avait à faire et ça, c'était le plus important, non? Mais quelle serait la meilleure réponse à donner à ce hume ébranlé? Oh, ils avaient beau être trois vampires, aucun d'eux n'était présent dans le seul but de nuire à l'aveugle.

Elle s'approcha à nouveau, un peu plus près, jetant un rapide regard à Talula. Toujours aucune agressivité, aucune menace. Juste une envie de répondre à sa question. Elle se rapprocha de son oreille et murmura à peine.

"Je suis... Un tout petit peu comme toi."

Il fallait qu'elle sache, qu'elle puisse se décider sur rester et en apprendre plus tout en en disant plus, où si elle devait simplement obtenir une réponse de Talula pour Kaiden et s'en aller vite fait avant de provoquer plus de dégâts encore. Elle tendit une main, pour prendre celle d?Asphodèle, sans lui laisser le choix cette fois-ci. Mais il n'y avait toujours pas l'ombre d'une menace. Elle n'avait qu'une seule question: confiance ou pas?
La réponse l'effleura et...

"Kaiden..."

Et tout dérapa. Elle eut à peine le temps d'essayer d'avertir, que l'entier de la salle avait disparu. Était-ce la présence de l'aveugle qui avait fait dévier son propre pouvoir? Elle n'eut pas l'occasion de se poser la question. Tout était devenu subitement noir, c'était comme sis on corps ne lui appartenait plus. Son esprit bascula, Eliade fit de même au sens propre, engloutie malgré elle dans sa transe. Elle n'était déjà plus là.
Elle s'effondra, inconsciente.


[Je fais court aussi, c'est plus simple. ^^']
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   31.07.09 3:26

    Putain ! Mais pourquoi elle le colle comme ça ? Pourquoi elle s'agrippe encore ? Pourquoi s'obstinait-elle à le toucher ?
    Tout ce qu'il veut : c'est s'en débarrasser. Arrêter de subir ces vagues en panachée, ce volcan déchaîné aux lueurs qui l'agressent.
    Elle fait partie de ceux qui savent, qui n'ont pas eu le choix. Mais elle fait aussi partie de ceux qui ne le laissent pas, qui imposent, qui jonglent avec. Les autres ne peuvent plus que recevoir, sans pouvoir refuser.

    Elle est trop près BORDEL, elle est trop proche, maintenant ce sont ses autres sens qui l'assaillent. Son odeur, une odeur de propre, une odeur fraîche, étrange pour un macchabée. Une odeur de plantes et de soleil, comme si la peau avait elle aussi une mémoire. A moins que ses sens ne lui jouent des tours... avec ce qu'il pouvait voir. Elle n'en a pas conscience, ou plutôt, elle sait peut-être ce qu'elle lui fait subir.

    Sans en connaître les moindres détails.
    Si elle savait vraiment, peut-être aurait-elle agit... autrement.


    Même ses cheveux le narguent, l'effleurant avec douceur. Une enveloppe délicate, caressante... d'une énergie dévastatrice.
    Elle est... comme un volcan semblant endormi. Un volcan dangereux qui vous pète à la gueule, sans que vous n'ayez pu prévoir... son éveil.

    Il s'en remettait à peine, à peine. Il commençait à tolérer les déferlantes qu'elle causait, mais il fallait avec ça qu'elle l'approche, qu'elle s'obstine à le frôler. Bouleversant son don, perturbant le reste. A tel point qu'il ne savait plus à quoi se fier.

    Il n'y avait déjà presque plus de frontière. Un pas de plus. Son parfum l'enivre, c'est comme si elle ponctuait l'ensorcellement d'une incantation :

    « Je suis... Un tout petit peu comme toi. »

    Tu ne peux pas savoir, l'oracle, combien ce genre de phrases lui sont douloureuses. Être comme lui, si tu es comme lui, constamment à vif, écorché qui jamais ne guérit, subissant chaque fois un nouvel assaut lui heurtant l'âme, celle qui n'est plus que sanguinolente de colère, lui qui n'est que vide... et douleur.
    C'est ce miroir de détresse qui avait convaincu la maquerelle, d'apprivoiser l'animal blessé en lui. Celui qui agresse, car il n'a pas d'autre défense.

    Si tu es comme lui... Alors il te plaint, sincèrement. Car comme lui, si tu le sais vraiment, tu ne trouveras jamais la paix. Toujours entre deux routes, toujours en mouvement, sans jamais s'arrêter. Respirer, prendre du repos : serait mourir. Laisser son corps, son âme, à ce qui le pourchasse. Cette hérédité si lourde, cette histoire dont il ne veut pas se souvenir, conscient qu'elle l'obligerait encore... à lutter... ou à en finir.

    Elle est là, à quelques centimètres, et trouve encore les moyens de le décontenancer, saisissant sa main et...

    C'est l'envolée.
    Comme s'il partait avec elle.
    Comme une absurde unité, du vivant, du meurtri, de l'histoire et de l'oubli.


    Il la sent sombrer, comme un naufragé dans l'écume. Il se noie avec elle, avale des goulées d'air qui l'étouffent.

    Sa main, il ne l'a pas lâché. Il la tient ardemment. Comme il agrippe le reste de son corps, alors qu'un nom en sort.

    Le bâton est tombé, stagnant en une étrange immobilité, après la chute des âmes mêlées.
    Asphodèle, à terre, avec ce fardeau mort vibrant de vie qu'il enlace, malgré lui.


Dernière édition par Asphodèle le 18.08.09 4:27, édité 1 fois
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   04.08.09 11:50

L’orgie. La maquerelle n’avait pas pu s’empêcher de rajouter son petit mot, évidemment. Les pommettes de Kaiden s’enflammèrent à nouveau sans qu’il ne puisse contrôler sa soudaine gêne. Il en faisait un beau de garde du corps tiens à prendre avec des pincettes ce qui finalement n’était rien d’autres que hm comment dire l’une des étapes essentielles de la vie ? Ca tombait mal, il était mort. Il se racla doucement la gorge pour reprendre contenance avant de lancer un regard indéchiffrable en direction de la catin. Cette dernière ne le remarqua sans doute pas, trop occupé à dévisager le nouvel arrivant. Une exclamation particulièrement vulgaire en direction d’Eliade le rappela aussitôt à l’ordre et sa main se crispa avec douceur sur l’épaule de l’Oracle tandis que son regard prenait une teinte plus glaciale. En toute bonne foi, Kaiden ne comprenait absolument rien à cette nouvelle situation. Mais comportement étrange ou pas, le garçon avait tout intérêt à tenir sa langue en face d’Eliade. Car, même si d’une certaine manière il comprenait sa surprise, ce n’était pas une excuse pour autant. Depuis quand on s’adressait aux jeunes femmes d’une manière aussi brutale ? Et plus particulièrement, de quel droit cet avorton se permettait-il d‘insulter l‘Oracle ? Mais Kaiden ne se permit aucune remarque. Eliade n’allait certainement pas se vexer pour si peu, ni même commettre l’imprudence de lui répondre sur le même ton.

"Je suis... Un tout petit peu comme toi."

Nouveau point d’interrogation dans l’esprit du garde du corps. Il se doutait bien que cela n’avait sans doute rien à voir avec leur nature véritable de vampire. Un rapport avec le don que possédait le garçon ? Une chose était sûre: ils en savaient beaucoup plus que lui. Kaiden ne s’était jamais sentit stupide face à Eliade, se doutant bien que le pouvoir de l’Oracle jouait énormément en sa faveur. Et il y avait une différence notable en savoir et voir. Eliade possédait simplement un autre regard sur les choses. Et ce fut sans surprise qu’il la regarda prendre la main du garçon. En 20 ans, il s’était habitué à tout ce qui concernait son pouvoir et ce genre de contact n’était pas innocent. Par là, elle lui signifiait sans doute de lui faire confiance mais avant toute chose, elle voulait vérifier son impression première. Quelle était telle ? Kaiden ne voyait qu'un enfant paumé qui montrait inutilement les crocs. Mais il subsistait sans nul doute une part d’ombre. Qui n'en avait pas ? Oui, il était habitué à tout, même au pire. Ainsi, quand son regard se voila et que son nom disparu dans un murmure en un simple appel, peut-être involontaire, il fut prêt à la retenir dans sa chute, le visage inquiet mais sans hésiter plus d’une seconde. Mais cette seconde profita au jeune homme qui réceptionna aussitôt Eliade au creux de ses bras. Machinalement, il remarqua que ce dernier n’avait pas lâché sa main.

- Je m’en occupe…
Murmura-t-il enfin, élevant la voix pour la première fois.

Il ne s’adressait pas seulement au garçon dont il ne savait toujours pas le nom mais son regard ne cilla pas un seul instant de son visage. La maquerelle pouvait bien aller se faire voir, qu’elle décide ou non de les chasser. L’état d'Eliade n’était pas inquiétant mais elle avait néanmoins besoin d’un endroit calme pour s’y reposer en attendant son réveil. Le salon ferait l’affaire. Kaiden ne pouvait tout simplement rien faire d’autre et il ne lui serait même pas venu à l’idée d’enguirlander le garçon pour ses paroles, ou simplement son comportement. Ce n’était pas de sa faute. Il se contenta plutôt de lui sourire, oubliant un instant le fait qu’il soit non-voyant pour se concentrer sur le corps inconscient d'Eliade qu’il ramena doucement contre lui. Mais le garçon ne lâcha pas sa main. Kaiden en reste figé pendant un court instant où il décida finalement d’ignorer ce détail. Après tout, il avait l’air plus choqué qu’autre chose. Glissant un bras sous les genoux de l‘Oracle, l’autre dans son dos, il se releva prudemment pour ne pas la malmener inutilement, tout simplement parfait dans son rôle de garde du corps protecteur. Délaissant le garçon qui lui emboîta le pas, il la conduisit au canapé en cuir et l’y déposa avec autant de douceur, avant d’écarter d’un geste habituel une mèche blonde de son visage. C'est presque sans y penser que son regard glisse jusqu'à sa main toujours emprisonnée de celle du garçon.

- J'aurais besoin de votre aide.


Cette fois-ci, il s'adresse directement à Talula, tout simplement incapable de défaire seul cette étreinte involontaire. L'humes a l'air pour le moins absent, comme transporté dans le même monde que celui d'Eliade. Si Kaiden en a vu des choses en 20 ans, celle-ci par contre est assez unique. Généralement, quand l'un des dons de l'Oracle "merde" au point qu'elle en utilise un autre sans le vouloir, cela n'influence en rien son vis à vis. Mais cela soit doute avoir un rapport avec la particularité du petit. Il ne semble pas vraiment décidé à ne pas la quitter mais sa main emprisonne celle d'Eliade d'une telle manière que Kaiden doute vraiment avoir la capacité de les séparer. Et il se méfie un peu de ce que cela pourrait engendrer. En revanche, la maquerelle semble assez bien le connaitre pour réagir en conséquence et ainsi l'aider dans sa tâche. Rompre le lien leur permettra sans doute de reprendre pied dans la réalité, mais qu'en sait-il vraiment. Comme il se le disait plus tôt, il y a voir et savoir. Pour l'instant, il ne souhaite que retrouver Eliade en pleine forme et instinctivement, il sait que les séparer est la meilleure solution. Sauf que son instinct ne sait pas toujours tout et Kaiden est bien conscient qu'il peut commettre une erreur monumentale. Indécis, il se tourne cette fois-ci vers la maquerelle. C'est à elle d'agir désormais.


Dernière édition par Kaiden le 24.02.10 1:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   04.08.09 22:30

« Putain de merde ! »

Qui a dit que les dames se devaient d’être polies ?

« Bordel de Rough » rajouta-t-elle entre ses dents, dévisageant d’une lueur macabre la scène incongrue. « Putain de bordel de Rough, en fait. » Ces choses-là finissaient toujours par arriver. De préférence, lorsque la maquerelle était assez près dans le périmètre pour qu’elle en profite en même temps que les autres. Ça mettait un peu d’action, certes, mais quand même…insulter tout ce qui bouge était comme un réflexe, dans ces moments-là.

Oui, ce n’est pas tous les jours que vous avez un Oracle centenaire qui s’effondre suite à une poignée de main. En général, lorsque ça se passe chez vous, vous vous sentez, disons…légèrement sur les nerfs. En tout cas, stressée, ça, c’est sûr. Parce que vous n’avez pas lui le mode d’emploi de la voyance pour les nuls, alors vous avez tendance à vous demander quel genre de choses a bien pu arriver pour sonner rien de moins qu’une vampire reconnue à travers Tyr entier pour son talent et sa magie.
Retenant une ribambelle de nouveaux jurons, (ce qui était dommage. Beaucoup comportaient des références plus ou moins subtiles au travail de la mère des deux enlacés, mais en tout cas très bien choisies) la vampire bondit sur ses pieds et fit le tour de l’enchevêtrement pour demander un coup de main dans la salle.

Se retournant, elle revint près du canapé où Eliade avait été déposée. Elle avait récupéré au passage le bâton d’Asphodèle qu’elle lui rendit, intriguée par la main qu’il tenait toujours, puis le contournant pour s’agenouiller près de la blonde dont l’état l’inquiétait. Elle retira une mèche pâle de son front, les lèvres pincées et la mine songeuse.

« On va l’amener en haut » finit-elle par répondre en se relevant. « Porte la. Elle m’a l’air légère, la donzelle. » Elle s’adressait à Kaiden, qui semblait le seul être à peu près calme et en était d’utiliser ses muscles de la salle.

Une jeune prostituée était entrée, et regardait la scène d’un air pour le moins…déstabilisé. Ce n’était pas tous les jours qu’on voyait ce genre de choses. Lui adressant un sourire calme, Talula lui demanda de préparer de quoi boire et manger et ‘de dégager le passage tout de suite ou je cogne tout le monde.’ Bizarrement, la prostituée ne posa pas de questions et partit s’exécuter tout de suite. Talula reporta son attention sur les mains enlacées de l’Oracle et du jeune homme. Son intuition lui suggérait de briser ce contact qui avait déclenché cette crise. Ça lui paraissait une bonne idée, certes, mais cet entrelacs de doigts avait quelque chose de quasi-mystique. On ne savait pas ce qui s’était passé lorsqu’ils s’étaient touchés. On pouvait juste penser, dans une théorie simpliste, que les détacher arrêterait le sort. Ça pouvait très bien ne pas être le cas.

Elle fixa le corps souple d’Eliade. « Elle est dans la merde» compléta-t-elle avec sagesse. « On devrait peut-être empêcher le prince et la belle au bois dormant de jouer à bras de fer chinois pendant un moment. Vous vous lâchez la main, les enfants ? » Talula s’inquiétait un peu de ce pouvoir étrange, aussi ne faisait-elle que de vagues suppositions. Ça sentait le Rough, en tout cas, et elle ne comptait pas se mettre de la partie. Elle sortit de la pièce sur un ‘suivez le guide’ acerbe, présument tout simplement qu’on la suivrait.

Elle monta vivement les escaliers, ouvrit la porte de sa chambre. Il y avait beaucoup de bordel, beaucoup trop de bordel pour y allonger Eliade et occuper Kaiden et Asphodèle de surcroît. Talula poussa un soupir et se résigna à dégager le lit en premier des bouquins qui l’empêtraient. Tous ceux qui ont déjà été confronté à ce genre d’ennui connaissant la méthode du ‘je-pousse-tout-je-réfléchis-après.’ La jeune fille d’auparavant arriva quasiment au même moment, déposant une carafe d’eau, une recafetière et du pain là où elle put trouver de la place – c’est-à-dire sur la table de chevet. Elle avait l’air clairement intéressée par la scène, mais la présence dissuasive de la maquerelle la ramena à la réalité. Nul doute que ça allait jaser en bas, et pendant un moment.
Lorsque tous furent installés, Talula jeta un regard enflammé à Kaiden.

« Je peux savoir ce qu’il se passe ? »
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   07.08.09 16:58

    La conscience est divisée en différentes strates, plus ou moins importantes. Parfois certaines s'effondrent sur d'autres, créent un gouffre béant, aspirant tout ce qui passerait à portée... pour se remplir, pour se combler. Pour refermer cet appel d'air persistant, cet hurlement d'âme lancinant.

    Mais même dans l'âme, rien ne se perd vraiment, tout est forcément rangé quelque part, comme une chambre bordélique où la tempête aurait tout fait chuter... sans forcément briser. Chaque chose, chaque objets précieux, qu'il soit important ou non... restent présent.
    Ils ont simplement... changé d'endroit. Il faut fouiller, il faut ranger, il faut trier... délicatement, pour rendre à cette histoire, un semblant de cohérence.

    C'était la mémoire d'Asphodèle qui s'était enfouie profondément, mais elle n'avait pas disparue, elle se trouvait toujours : là.
    Quelque part, dans les abysses de son « Moi », un « moi » provocant et souriant. Un « moi » qui se balançait dans le vide sans craindre de sombrer. Un « moi » qui apparaîtrait devant celle qui avait...

    ...osé pénétrer l'obscurité de son monde.

Citation :

    Il dévisageait l'Oracle, de manière indécente, attardant son regard sur la moindre de ses formes, comme une menace. Avatar d'une histoire, d'un Cerbère. Il était l'Asphodèle, il était proche du Styx, mais il était aussi, celui qui était. Vincent. Dont les yeux, ses yeux d'un bleu intense, ses yeux orageux et douloureux...

      - C'est drôle, je n'attendais personne.

    Il tend la main vers son visage, l'effleure, comme si en lui, sa perception s'affinait encore...

      - Tu sens le soleil, les herbes folles.

    Le jeune homme soupira.

      - Tu devrais pas aller là-bas.

    Il désignait les abysses sous ses pas.

      - Il fait froid dedans. Et c'est moche, crois-moi. Asphodèle, il vaut p'têt mieux qu'il sache pas.
      Quelque part, il sait déjà ce qu'il y a. ça pue, c'est froid. Ça ne cesse de remuer, ça donne envie de gerber.



    Étrange, combien cette autre forme primitive de conscience s'avérait prévenante, protectrice... A moins que ce ne soit une menace, devant les frontières qu'elle gardait ? Garante du cimetière d'une vie passée ?

    Asphodèle lui, a du bouger. On l'y a obligé, entrainant son fardeau loin de lui, sa main toujours scellée... Il ne peut que suivre, que prendre la cadence. Tel un automate, il avance. Peu conscient des attentions du garde-du-corps, des craintes de la maquerelle. S'il avait été dans son état normal, il lui aurait probablement craché son amitié à la gueule, d'un « Garde donc ta pitié » cinglant. Il se serait enfin moqué d'elle, de ses frayeurs, de son comportement, mais il restait stoïquement... vide. Obéissant aux moindres invectives de mouvements, ne relâchant pas la main, s'y cramponnant désespérément comme s'il s'agissait de sa seule... issue. Sa seule lumière... dans le noir.

    Plus qu'une ombre, son ombre à elle, à l'intérieur. Sans le savoir, il l'accompagne, il frémit, de froid. Il tremble même, à la limite de se convulser. L'adolescent ressent, l'adolescent appréhende même, son corps entier se rebelle contre l'intrusion forcée.
    Il n'est plus que spectateur effaré, d'une représentation sur laquelle il ne peut plus agir.






Dernière édition par Asphodèle le 18.08.09 4:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   08.08.09 10:42

Kaiden connaissait peu de femmes capables de lancer une bordée de jurons tout en gardant une certaine allure. Et cela, plus qu’autre chose, lui arracha un regard clairement amusé. Le garde du corps n’était pas inquiet concernant l’état de santé d’Eliade, mais l’attitude du garçon ne rendait certainement pas les choses faciles. Il lui aurait été bien difficile d’expliquer à la maquerelle que l’état amorphe dans lequel son ami se trouvait était « tout à fait normal ». Déjà car c’était bien évidemment faux, mais jusqu’à preuve du contraire, le pouvoir de l’Oracle ne représentait pas un danger en soi. Caressant d’une main les cheveux blonds d’Eliade, il observa Talula avec calme et curiosité. Cette dernière semblait reprendre petit à petit le contrôle de la situation, et il s’écarta obligeamment quand la jeune femme s’approcha de la vampire.

En haut signifiait sans doute dans l’une des chambres libres qu’il devait lui rester et Kaiden ne put s’empêcher de grimacer que les gémissements et autres grincements hystériques du voisinage n’allait pas aider Eliade à se reposer. Enfin, c’était sans doute mieux que rien et il opina gravement avant de se saisir de son amie, faisant preuve d’une prudence qui n’avait rien à voir avec son statut de garde du corps. Ignorant délibérément la jeune putain qui venait d’entrer, il observa avec attention les mains liées, hésitant à défaire cette étreinte. Le garçon suivrait-il ? A priori oui et Kaiden se dirigea lentement vers la porte, laissant la maquerelle donner ses consignes à la prostituée qui les regarda passer, un peu interloquée. L’eau et la nourriture ne servirait qu’à son ami et par association d’idées, Kaiden songea à ramener une proie à Eliade.

Un repas copieux ne pourrait que l’aider à reprendre des forces.

Il s’arrêta à l’entrée du salon, attendant que la maquerelle passe devant pour lui montrer le chemin. Son commentaire lui arracha un simple froncement de sourcil mais Kaiden renonça à s’expliquer. Le corps d’Eliade, presque un poids mort, lui laissait une vague sensation de malaise et il lui tardait que la vampire s’éveille, histoire de chasser la sourde inquiétude qui s’était confortablement logée au creux de son ventre. Ce n’était pas un mauvais pressentiment, juste un vague instinct protecteur qui s’éveillait face à une situation pour le moins originale, mais il ne retrouverait son calme que lorsque Eliade ouvrirait les yeux. Sans se presser, il monta les escaliers à une allure calme, évitant ainsi des secousses inutile au corps inconscient de son amie, tout en prenant soin du jeune garçon. Et tant pis si cela mettait Talula en rogne.

Heureusement pour sa santé mentale, les chambres étaient relativement insonorisées et il ne jeta qu’un vague coup d’œil au décors avant de déposer Eliade sur le lit. Un simple regard sur Asphodèle, et il approcha une chaise qui devait sans doute servir de porte manteau pour certains hommes de passage, l’aidant à s’y installer en posant une main sur son épaule, prudent. Le contact ne sembla pas le gêner, ni même déclencher une réaction violente ou bien simplement son retour à la conscience, et Kaiden s’écarta de deux pas, observant à son tour la scène. Et maintenant ? Les mains liées. Il ne cessait d’y revenir dessus mais préférait encore prendre la décision de les séparer avec la maquerelle. Après tout, c’était son bordel, son ami. Le regard furieux de cette dernière lui fit comprendre qu’il était désormais temps qu’il sorte de son mutisme et il se racla simplement la gorge, le visage calme.

- Pour commencer, Eliade n’est pas « dans la merde ». Et vous devriez vous asseoir. La soirée a été rude pour tout le monde…


Un simple sourire et il l’invita à prendre place sur une autre chaise qui traînait dans le coin. Ce n’était qu’une offre comme une autre, histoire que la maquerelle puisse se calmer. Kaiden aurait aimé éviter de se retrouver dans une telle situation avec une vampire en furie le harcelant de questions sur le dos.  Laissant quelques secondes de silence pour réorganiser ses idées et recouvrir Eliade de la moitié de la couette, même si cela ne servirait sans doute à rien, il reprit d’une voix douce.

- Eliade ne maîtrise pas tout à fait son don. Je pense que cela a…


Merdé.

- … Qu’elle a simplement voulu vérifier quelque chose concernant votre ami mais que cela a déclenché une autre partie de son pouvoir. C’est peut-être lié à la capacité de… comment s’appelle-t-il ?


Comme si ça avait une quelconque importance mais Kaiden préférait encore revenir à une bonne vieille discussion humesque. Reprendrait-elle un peu de thé ? Il cilla, gêné.

- Eliade pourra vous l’expliquer mieux que moi mais vous devez comprendre que ce n’est pas dangereux pour lui. Même si, je l’avoue, son état se montre assez inquiétant. Il est juste… En transe. Et tout repose sur leur lien.


Pas la peine d’être un génie pour comprendre qu’il parlait de leurs mains.

- C’est à vous de décider pour lui. Vous voulez qu’on les sépare ?


C’était sans nul doute une grande responsabilité qu’il faisait peser sur ses épaules mais Talula semblait être de taille à faire face. Kaiden ignorait totalement ce qui allait se passer, et peut-être que c’était une très mauvaise idée. Mais pour l’instant, il n’en avait pas d’autres. Il ne pouvait se permettre de se plaquer contre un mur en murmurant qu’il ne savait rien, rien du tout, que c’était bien la première fois que l’Oracle lui faisait un coup pareil, même s’il mourrait d’envie de se laisser tomber sur le lit. Secaria ne lui réservait que de mauvaises surprises mais Kaiden était aussi curieux de savoir ce qu’Eliade était entrain de vivre, enfin de « voir ». Etait-ce simplement une question de don, d‘interférences ? Ou bien le garçon était-il simplement quelqu’un d‘exceptionnel ?  Tout ce qu’il pouvait offrir à la maquerelle, c’était un sourire confiant malgré ses propres inquiétudes.


Dernière édition par Kaiden le 10.08.09 23:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   09.08.09 17:33

[Je tape l'incruste le temps d'un post, pour Aspho]

Citation :

Elle aurait dû se sentir gênée par ce regard. Mais dans ce monde où elle venait de plonger malgré elle, elle n'était qu'un témoin distant. Un intrus de passage, qui ne devrait normalement pas être affecté par ce qu'elle pourrait voir ou ressentir.
Pourtant, il était là, le reflet intérieur, l'image d'un être sans masque. Mais il était différent. Ils sont toujours différents, mais rarement autant. C'est un autre qui lui fait face, un aspect d'une vie qui ne peut apparaître pleinement face au reste du monde. Une partie nécessairement intéressante.
Et le regard qu'elle lui rend, parfaitement décent lui, trahi cependant cette soif de connaissance qu'elle réprime un peu, par respect peut-être. Parce qu'il faut toujours respecter un esprit quand on s'y insinue sans avoir l'intention de demander l'autorisation.

S'il n'attendait personne, elle ne s'attendait pas à se retrouver ici. Pas de cette manière. Un simple incident, un dérapage. Que c'était troublant pour une immortelle de sa réputation de se planter en publique... Cependant... Elle n'éprouvait aucun remord, regret, ou honte. C'était juste... Palpitant.

Mais celui qui lui fait face était plus perceptif que la plupart des consciences qu'elle avait rencontré. Elle ne recula pas, ne pu que répondre à sa remarque. Le soleil et les herbes folles, son reflet à elle, ces choses passées qu'elle ne retrouvera jamais entièrement. Les effluves de sa propre mémoire. Mais elle n'était pas dans sa mémoire.

"Tu es le premier à le ressentir."

Un sourire peut-être amusé étira un instant le coin de ses lèvres, mais elle ne bougea pas plus, pas pour le moment.

"Il y a beaucoup de choses que je ne devrais pas faire, mais qu'il faut quand même que je fasse. Je n'arrive jamais dans ce genre d'endroit par hasard."

Elle dévia les yeux sur ce qui l'entourait, ce monde intérieur qui se révélait peu à peu. Mais c'était encore flou, parce qu'il y avait barrage. Parce qu'elle n'avait encore rien forcé.

"Je ne veux pas lui faire du mal. Mais je ne peux pas reculer, pas comme ça. Tu veux le protéger, c'est... Logique. Mais j'irai voir, quoiqu'il arrive. Tu peux choisir de me montrer, ou essayer de me bloquer. Mais sache qu'il n'y a aucune intention malsaine."

Rien, pour le moment. Sa propre présence ne se faisait pas dangereuse. Elle n'était que de passage. Un passage probablement forcé, mais pas nécessairement menaçant. Elle fait d'ailleurs un pas, dans sa direction.

"Tu peux aussi continuer à le lui cacher. Mais crois-moi, un jour tout devra remonter. Ou il se perdra à jamais."

Un pas de plus, elle le contourne. Peu importe si c'est horrible, si c'est froid. Des choses ignobles, elle en a souvent vu, et elle en verra encore beaucoup. Des existences misérables, cruelles, injustes, terrifiantes, malsaines... Il existait plus de souffrances que d'êtres vivants.
Elle s'arrête, se retourne pour lui faire face. Elle est proche, très proche. Sa main effleure la sienne.

"Je vais y aller maintenant. A toi de choisir ce que tu comptes faire."

[Et toujours dans les vapes, comme Aspho. XD]
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   11.08.09 5:09

Citation :
    Son visage semble s'assombrir, ses yeux se baissent, comme soudainement captivés par la houle que les deux protagonistes peuvent maintenant sentir.
    De la houle, des embruns, c'est l'odeur, c'est le bruit, ce sont des remous océanique. Cet avatar de conscience, cette partie incomplète, ce « Vincent » n'en est pas plus perturbé. Son invité imprévu est là, en bon hôte d'âme insalubre, il se doit de... l'assister.

    De la guider, de lui montrer. De la perdre aussi.

    Quand on a pas souvent de visite, on tourne parfois en rond. On a tant à dire, on est si peu habitué à en dire. Que les phrases fusent sans queue ni sens. Ici, ces éclats d'histoire brisée, agirait à la manière d'un reclus, d'un solitaire, d'un exilé forcé qui s'obstinerait à se taire... Et se déverserait d'un coup, tiraillé entre la joie de se confronter avec un pair...et le dérangement qu'il occasionne dans la routine de son existence.

    Un peu des deux, visiteur-qu'on-attendait-pas. Un peu des deux et puis, il est comme le chat... qui observe ce rongeur avide de découvrir... Ce que cache, ce qui est enfermé. Là, ce qui exhale un doux fumet... De putride, du florissant, des odeurs bizarres, qui s'entrechoquent, se défiant à elle. Comme pour déstabiliser, ensorceler les sens.
    Comme le chat lascif qui guette sa proie, s'étire, et s'approche presque ondulant au même rythme que les vagues qui s'entrechoquent, tout au fond de cette conscience.

    - Sentir...

    Il susurre, l'air un peu rêveur, les yeux clos, le visage tourné vers elle. Il inspire. Ses lèvres sont entrouvertes. Sa langue fend lascivement l'air, comme s'il testait l'amertume, comme s'il évaluait la température, les ondes... Il goûte carrément l'air.
    C'est son territoire. Il en connait les moindres recoins, les moindres meurtrissures. Il sait ce dont il dispose, il a en sa toile un splendide papillon de nuit, qui laisse toutes ses ramures, toutes ses failles, perceptibles... perméables à toutes... lectures. Réactives et sensibles à la moindre de ses... intentions.

    Les yeux sont à demi-ouvert, son visage s'est incliné de biais, comme s'il écoutait... par le regard. Comme s'il s'abreuvait lentement, laissant se graver en lui la moindre parole, le moindre secret dissimulé...
    Nocturale et présentation de l'animal, décidé à se libérer de ses fils invisibles pour continuer à planer, à découvrir... borné, ce que l'arachnide dissimulait.

    Le chant voilé. Il parle comme s'il savait, le volatile, trop assuré. Comme si l'histoire se construisait à ses prophéties. La moue de l'adolescent se crispe légèrement sous l'arrogante déclamation.

    - Vampire. Tu n'en portes pas que le nom.
    Tu te nourris des vies pour que ton monde vive.


    Ces phrases pourraient passer pour de simple constat, simple banalité, mais ici, en écho, elles résonnent sur l'individu, celui, avide de savoir. De connaître, de comprendre. Vampire.
    On l'est tous un peu. Mais l'Oracle l'est plus que tout autre, non ?

    - y'à toujours du malsain dans ce qu'on veut. Juste parce qu'on le veut.
    Arracher de l'autre, comme ça, égoïstement, parce qu'on le veut. Y'à ptêt des raisons derrières, mais on agit pareil : on prends, on se sert.


    Une pause, elle l'a dépassé, elle l'a défié, comme voletant à côté et sans la craindre, la créature qui pourrait la dévorer. Vincent s'en esclaffe, et soudain, il saisit son bras, se glisse derrière elle, il l'enveloppe de l'autre resté libre, son menton se poserait presque sur son épaule. Et murmure suavement :

    - Si je reste accroché, arriveras-tu à voler ?
    Pourras-tu aller plus haut, loin de cet océan putride que tu veux remuer ?


    La main droite l'enlace de manière à ce qu'elle ne puisse avancer, enroulé autour de son ventre, le coude effleurant sa hanche. La gauche remonte peu à peu ce bras qu'il avait agrippé ;

    - Et si je te montrais... Des choses dont tu préfèrerais t'éloigner ?

    La main gauche entame un lent va et vient en caresse.
    C'est une étreinte. Et c'est une capture.
    La chat. L'araignée.
    La souris et le papillon.

    Et le fil, qu'il suffit de tirer, pour voir émerger l'horizon aux balbutiements carmins... et lèvres vaporeuses.


    Asphodèle remue, ses lèvres frémissent, ses paupières clignent, nerveuses, comme si la tension accumulée le secouait, lancinante... langoureuse.


Dernière édition par Asphodèle le 18.08.09 4:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   12.08.09 20:01

[Bon, ben moi j'en profite, puisque ça n'a aucune incidence sur le rp de Kaiden et Tal. ^^']

Citation :

Tout se brouille, de plus en plus. Un amas de sensations, certaines repoussantes, d'autres moins. Elle n'avait fait que relever le visage vers le haut, sentant un balancement qui pourtant n'a pas lieu, un murmure qui va et qui vient, qui semble emporter dans ses élans des bribes de mots, de vécu, mais rien qu'elle ne puisse situer dans un contexte, rien qu'elle e puisse ordrer dans une quelconque chronologie. C'était trop incertain, trop instable. Elle ressent, comme une envie de parler, mais aussi de ne rien dire. Un mélange qui attire et repousse. Mais elle savait aussi qu'elle ne devait pas s'y fier. Sa présence ici n'avait qu'un seul but, et il lui faudrait l'atteindre avec ou sans le maître des lieux. Il perçoit tout, pire qu'elle peut-être. Ou elle n'est encore qu'en train de découvrir ce qui l'attend dans ce monde qui ne lui appartient pas. Elle n'a pas réagit physiquement à sa remarque, sauf pour murmurer sur un ton d'une parfaite neutralité.

"Il faut bien faire des sacrifices."

Il veut l'effrayer, elle sent pourtant cette menace, ce regard de prédateur, mais elle l'ignore. Elle n'est pas une proie, elle ne veut pas l'être. Pas ici. Ce n'est qu'un passage de courte durée, elle n'a rien à redouter. Il peut chercher à l'impressionner, à l'effrayer, mais concrètement... Que peut-il faire? Ce monde ne devra pas avoir d'influence sur celui plus réel qu'Eliade essaie de modeler. Ici, ce n'est qu'une étape, qui pourrait peut-être lui servir pour ses desseins, ou pas. Mais en aucun cas elle ne doit considérer cela comme un quelque chose de déterminant. Elle ignore donc, pour l'instant. Elle ne montrera pas un signe de faiblesse qui pourrait lui coûter le moindre remord.

"Ce n'est pas malsain. C'est juste... Naturel."

Qui pourrait décemment croire que la curiosité, l'envie d'absolu est quelque chose d'horrible? Tout être capable d'exister est horrible alors. La bonté, l'altruisme, les choses bonnes ne sont finalement issues que d'un apprentissage de la vie. Des principes qu'on s'impose pour éviter le chaos. Mais il n'existera jamais d'être purement désintéressé. Alors oui, elle prendrait. Juste parce qu'elle est exactement pareil à tout le monde. Il n'y aura jamais rien d'exceptionnel là-dedans.

"Mais comme je l'ai dit, je te laisse le choix sur ce que tu auras à faire des choses que j'aurai prises."

Parce qu'elle prendra, elle ne lui laisse pas ce choix-là. Même s'il l'attrape, même s'il veut jouer au chat et à la souris. Elle n'aime pas vraiment ce contact trop proche trop... Malsain? Quel étrange façon de remettre ce terme sur le tapis. C'est... Curieusement désagréable de se sentir subitement prise au piège. Mais ce n'est justement qu'une impression, sur laquelle il veut jouer, sur laquelle elle va devoir le contrer. Il veut jouer, hein? C'est exactement ça. Juste jouer avec elle. Même si Eliade s'est immobilisée, elle voudrait bien le repousser, parce qu'il ose prétendre qu'il possède le parfait contrôle de tout dans son domaine. Mais justement, elle n'appartient pas à son domaine.

"Quoique tu fasses, tu ne pourras pas me piéger. Peut-être juste vaguement m'ébranler."

Elle tourne à peine la tête vers la sienne. Il la tient bien, elle le sent, mais ce qu'elle sent aussi et qui la dérange, c'est cette caresse qu'il offre, jouant sur les contradictions. Elle ne doit pas faire de mouvements brusques, pour ne pas lui donner de sentiment de victoire. Pas tout de suite. Même s'il finira par l'avoir, très certainement.
Il veut continuer à la provoquer? Peut-être à la menacer? Des choses qu'elle préférerai éviter... Il y a tant de choses qu'Eliade aurait préféré, mais ça fait déjà bien longtemps qu'elle se contente de choisir le moins pire pour la majorité au lieu de faire ce qu'elle aurait préféré. Il veut l'effrayer, il ne fait que la déranger. Que comptes-il montrer en priorité pour essayer de l'ébranler? Quelque chose ne lui plait pas dans ce qu'elle entend et entrevois.

"N'essaie pas de me prendre pour autre chose que ce que je suis... Je suis ici pour voir, et peu importe ce que je verrai.

Sa main droite se lève, vient se poser sur celle qui entamait son va-et-vient, pour qu'il arrête de la toucher comme ça. Personne n'a le droit de la toucher comme ça.
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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   16.08.09 21:19

[hrp= Ah mais allez-y, ça ne pose aucun problème !]


Elle jeta un regard amusé sur les épaules larges du vampire qui venait clairement de lui dire ‘ta gueule’ de façon plus courtoise, tandis qu’il se penchait pour recouvrir son amie.

« Rude ? Oh, pardon. Je me souciai juste de l’état de votre protégée » ironisa-t-elle sans plaisir.

Certes, elle était inquiète. Probablement plus des conséquences qu’aurait le décès prématuré ou le coma de l’Oracle que de sa survie elle-même, ce qui ne changeait pas qu’elle lui venait en aide à son humble manière. Néanmoins, Kaiden n’avait pas totalement tort ; si elle continuait sur son caractère habituel de princesse gâtée, et qui finissait plus ou moins par faire fuir les autres avec son lot presque inépuisable de remarques sardoniques, elle n’obtiendrait rien de ces deux-là. Et Talula voyait clairement l’intérêt qu’elle avait à, au contraire, tout obtenir du couple maudit. De plus, le garde du corps lui-même n’était pas effrayé ; ce genre de scènes ne lui était donc pas nouvelle. Alors la maquerelle, entre toutes personnes, n’allait pas surenchérir. Il connaissait mieux son boulot qu’elle. Et elle pouvait clairement en profiter.

Elle alla à la fenêtre, ouvrit les battants. Autrefois, elle aurait pensé que la nuit était jeune. Maintenant, elle savait que c’était faux. La nuit était toujours vieille. Ridée d’étoiles, songea-t-elle. Elle posa le menton entre ses mains, pensive, écoutant les réponses du garde du corps. Lorsqu’enfin, il les eût toutes énumérées, elle se retourna, faisant face à la scène. Comique, d’ailleurs. Jamais elle n’aurait pensé avoir dans son lit autant de monde d’un seul coup.
Reprenant, d’une voix étrangement calme et grave :

« Le…gosse a des aptitudes. » Elle s’arrêta. Elle n’avait jamais songé à lui demander quelles aptitudes en particulier. Ou si elle l’avait fait, elle l’avait oublié. Il semblerait que son esprit soit resté coincé sur la découverte du ‘il-sait-que-je-sais-qu’il-sait-que… ‘ Et s’il le savait, c’était bien qu’il avait un moyen magique de le sentir, à défaut de le voir et de le conclure intelligemment. Comment pouvait-on sentir un vampire ? Rien dans les cinq sens, si ce n’est justement la vue, ne pouvait aboutir à ce résultat. Donc, c’était autre chose qu’Asphodèle ressentait. Ça n’avait rien à voir avec, comme Eliade, le passé, l’avenir, le temps ; ça avait à voir avec…la personne. Et ça lui permettait de se déplacer normalement. Même de se battre. Même de faire remarquer des choses que Talula elle-même ignorait, ou croyait bien caché. Un radar. Bref. « Elle est dans son esprit, non ? Enfin, je veux dire…dans sa mémoire, c’est ça ? »

Elle pointa le couple. A la surface, si paisibles.

« Je crois que le gamin peut capter des choses. Magiquement, je veux dire. Sur chaque personne. Ne me demandez pas comment. Mais l’Oracle n’a sûrement jamais vu un esprit pareil. Si elle voit le Temps et ses effets, lui voit…autre chose. La nature des êtres ? Je n’en sais rien. Dans tous les cas, les séparer est sûrement une mauvaise idée. Où que leurs esprits soient, ils doivent être si liés qu’une séparation brutale pourrait causer des dégâts à vie sur chacun d’entre eux. Je préfère faire confiance à l’Oracle. Même si elle merde de temps en temps, elle a assez d’expérience pour s’en sortir. »

Sans parler que si elle retrouvait ce pour quoi elle avait passé un marché quelques semaines plus tôt, eh bien, ça l’arrangerait drôlement. Donc, il n’y avait pas à discuter.

« La logique veuille que ça prenne du temps. Vous êtes sûrement au courant de ce qu’Eliade me voulait ? »
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