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 Tout vient à point à qui sait attendre

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- Rayon X-tra lucide - Charbre Carnivore.

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Signalement : Hûme d'un peu moins de 20 ans, 182cm, musculature sèche, plutôt maigre. Peau hâlée, tignasse brune, cicatrices en bandeau, oeil gauche laiteux et borgne, oeil droit d'un bleu profond mais inexpressif. Piercings à l'oreille. D'autres cicatrices de part et d'autres.


MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   18.08.09 4:16

Dans son « Moi primal » a écrit:


    Enfermé en une tour, faîte d'obscurité, sans aucun moyen d'en sortir... le moindre imprévu, la moindre intrusion, paraît fasciner son prisonnier. Il tournera d'abord en dérision, puis cherchera à affirmer cette nouvelle présence, comme pour en vérifier l'essence, la tester. S'assurer qu'elle est bien réelle... qu'il n'est... plus seul.

    Parfois, cet échange, ce jeu de passe-passe, inverse les rôles. Celui qui se pensait de passage, capturé entre les griffes sales de l'être longtemps tenu en cage, ne pourra qu'attendre que le roi d'un royaume insalubre termine cette introspection. Que sa fascination ne se lasse d'elle-même...

    Alors, si le clandestin est des plus étranges... Il sera difficile, de l'éloigner d'un regain d'intérêt, pour ce qu'il a l'heure de croire... d'avoir capturé.

    Le sourire de l'avatar s'agrandit. Comme si le moindre contact l'électrisait, ramenait un peu de vie, un peu de chaleur en cet isolement glacé.
    Le papillon n'en est pas à sa première prison, le papillon semble bien loin, bien loin... de ses terres originelles :

    « Pour que j'accepte que tu me prennes, il faudra aussi te donner. On a rien sans rien, toi la première, tu le sais bien. »

    Sa tête se frotte nonchalamment sur son épaule, si sa main est désormais sous l'enclave d'une autre, il ne peut que resserrer d'avantage son emprise, savourant le parfum d'une captive, lui susurrant des mots doux, des mots rassurants, des mots tendres... si dissonant de ce qu'il n'a jamais cessé de montrer.
    Des mots parfois d'usure, d'autres spontané, des formules et envoûtements dont il paraît... l'habitué.

    Des murmures plaintifs se font entendre. Sont-ce vraiment des plaintes ? Non, attendez. Il s'agirait plutôt de soupirs, de cris rauques, parfois éclats de rire étonnés par une sensation nouvelle. C'est l'univers de l'actuel Asphodèle, fait de luxure, d'impudeur, de sexe.
    Mais étrangement, dans toute la violence qu'on aurait pu attendre d'un gamin si sauvage... Il se révèle attentif, cajoleur... sensible aux moindres réactions... de ses partenaires d'un soir. D'une paie.
    Aucune image n'apparait, seules les sensations s'insinuent, pernicieuses, dans chaque pores de la peau, dans chaque recoins des entrailles, en chaque souvenir des sens...
    Est-ce que Vincent fut aussi, ainsi ? A-t-il toujours été transpirant de sauvagerie, de sensualité ? A-t-il toujours boue, au moment de... passer à l'acte ?

    Le cerbère humecte ses lèvres, il n'a plus besoin de répondre – ni même de préciser, et laisse courir ses lèvres et sa langue, insidieuse, sur sa peau nue. Il susurre enfin :

    « Là... pour prendre... Je te donnerai. »


    Au front de l'aveugle, perlent quelques gouttes de sueurs, il ne cesse d'avaler sa salive, de déglutir péniblement.
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   20.08.09 22:42

Plutôt que de répondre à la remarque de la maquerelle, Kaiden choisit de lui tourner délibérément le dos. L’ironie de la jeune femme lui passait bien au-dessus de la tête. Anxieux, il ne l’était certainement pas, mais la transe se prolongeait et il commençait tout doucement à devenir impatient, au point où il songea un court instant à les séparer définitivement. Mais cela signifiait jouer à pile ou face avec l’état psychique d’Eliade, et ça, il ne pouvait pas le permettre. Comme elle semblait paisible, simplement endormie sur ce vaste lit. Un léger froncement de sourcil, un tressaillement des paupières sur lesquelles ses yeux s’agitaient, preuve qu’elle était entrain de rêver, ou quelque chose d’approchant. Elle était tout le contraire du garçon dont les plaintes à peine audibles finiraient par alerter Talula. Ce n’était pas lui en tout cas qui raviverait sa flamme en lui faisant part de son inquiétude concernant son jeune ami. Pour ce soir, il avait eu sa dose de remarques acerbes.

« Le…gosse a des aptitudes. »


On y était. Le regard curieux, désireux d’en savoir plus, Kaiden l’invita en silence à continuer. Le don de ce garçon pouvait jouer en la faveur de l’Oracle, ou représenter un véritable danger.  Mais pour l’instant, il jouait avec le feu. Un regard un peu trop scrutateur, une parole maladroite, et elle pouvait à nouveau se braquer. Ce qui n’était pas dans leurs intérêts. Prudemment, il s’avança d’un pas pour lui répondre, engageant ainsi une véritable discussion. Et puis, dans le meilleur des cas, ça leur ferait simplement passer le temps.

- Dans sa mémoire, je l’ignore. Mais elle est en lui, d’une certaine manière. Même si j’ai passé du temps à ses côtés, je ne comprends pas toujours tout en ce qui concerne son pouvoir.


Une simple hésitation à peine perceptible.

- En vérité, c’est sans doute la première fois qu’elle rencontre quelqu’un comme lui.


*Et elle doit prendre son pied*, pensa-t-il avec une certaine amertume.

Elle courrait trop de risques, mais ça il le lui avait déjà répété. Des rencontres avec des Versatilis et maintenant une transe en plein milieu d'un bordel. Elle cherchait à ne pas l’exposer au danger mais ne pouvait s’empêcher d’assouvir sa curiosité. Car au fond, elle restait une jeune femme curieuse de tout possédant les capacités nécessaires pour enfin savoir. Et voir. Des choses qui n’appartenaient qu’aux gens et cela le révoltait quelque part. Mais jamais il ne se serait permit de lui en faire la remarque. Eliade avait toujours une excuse en poche, cela ne servirait à rien.

- Elle ne merde jamais…
Marmonna-t-il par simple réflexe.

Bien que distrait par ses pensées, il avait comprit l’essentiel. Le don de double vue avait mille apparence, et Eliade avait trouvé un autre voyant à sa manière. Les gens influençaient l’avenir. Eliade pouvait prévoir les changements mais ce garçon là pouvait aller directement au fond des gens, les sonder. C’était grâce à cela qu’il avait su pour leur nature de vampire. Et qu’il devait savoir tout sur tout le monde. Enfin, peut-être pas tout, corrigea-t-il mentalement, mais assez pour poser les pieds dans le plat. Et cela allait le rendre très antipathique aux yeux de Kaiden.

- Les vampires clandestins, voilà la raison. On dit en ville que vous auriez quelques informations... Voire même une adresse.


Ce on si commun qui voulait tout et rien dire.

- Eliade est revenue à Secaria pour les aider.

Kaiden s’était montré volontairement direct. Même s’il approuvait tout à fait les actes de l’Oracle, il demeurait naturellement méfiant à l’égard de cette ville maudite. Mais surtout, c’était à Eliade de s’expliquer. Dès qu'elle reprendrait conscience en tout cas. Et c'est la priorité de Kaiden, qu’importe les petites idées de la maquerelle. Car oui elle en avait certainement. En 20 ans, c'était devenu quasi quotidien bien que Talula se soit montrée plus fine dans sa manière de présenter les choses. Tout le monde en avait à l’égard d’Eliade. Même le plus puritain des hommes ne pouvaient s’empêcher de se montrer curieux concernant l’avenir, ou quelque chose de bien plus égoïste. Si Eliade avait besoin d’elle, alors la jeune femme poserait sans nul doute les conditions, Oracle ou pas. L’enjeu était beaucoup trop énorme pour qu’elle lui donne cela gratuitement. Et Kaiden s’en voulait de ne pas en avoir discuté plus tôt avec la vampire, bien que cette dernière soit assez futée pour y avoir pensé toute seule dans son coin. Elle avait toujours deux coups d’avance sur lui, et l’idée le fit sourire.

Le point final étant placé, il revint de nouveau au couple d’inconscients, s’attardant sur Eliade.  Il aurait aimé lui prendre la main pour la soutenir, mais ne pouvait qu’observer, impuissant, sachant par avance que ce geste malheureux pourrait avoir des conséquences. Et laisser Talula seule face à une telle situation n’était certainement pas des plus galants. Toutefois, il tendit légèrement la main pour effleurer le bras de la vampire, évitant consciemment celui où le non voyant s’accrochait.  Il descendit, retraçant le contour de son poignet avant de caresser de l’index les doigts pales. C’était une princesse sur laquelle il se devait de veiller, que cela soit en tant que garde du corps mais aussi en tant qu’homme. Leur proximité lui arracha un léger frisson, et il se pencha légèrement, effleurant de son souffle le front de son amie. De dos, Talula ne pouvait que deviner son geste et sans doute imaginerait-elle qu’il cherchait à profiter de son absence pour l’embrasser. Il s’en foutait.

- Je suis là Eliade…


Un simple chuchotement et il se redressa tout aussi lentement, s’attardant sur sa main avant de croiser les bras pour reculer. Il espérait simplement que cela puisse l’aider, même un peu. Mais évitait toutefois de croiser le regard de la maquerelle. Cela ne la concernait pas.


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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   20.08.09 23:51

Citation :

La main a cessé de bouger. Cette caresse n'avait pas de raison d'être. Il veut jouer, juste ça. Et Eliade ne veut pas de ce rôle de proie. Les murmures s'amplifient, vont et viennent, plus sournois que jamais. Mais par-dessus ces voix, celle du maître des lieux s'impose sans mal. Il veut donner ses condition, comme on ferait signer un droit de passage. Seulement ici comme ailleurs, Eliade n'est qu'un passager clandestin, qui échappent aux règles élémentaires d'un certain équilibre. Bien sûr, la théorie du "on a rien sans rien" est très connue de l'Oracle, mais elle sait aussi passer outre quand ça l'arrange. La seule chose qu'elle a alors à payer sont parfois quelques remords. Rien de bien lourd ni d'irrémédiable en fin de compte.
Elle dévie la tête, alors qu'il semble chercher plus de contact, à défaut d'avoir sa main libre pour ça. Mais il l'enserre toujours, plus encore. Il faut qu'elle s'en défasse rapidement, pour qu'il comprenne qu'elle n'est pas ce qu'il pense, qu'elle s'octroie des droits et que personne ne peut s'y opposer, pas même lui. Mais il la tient, sans qu'elle ne sache réellement pourquoi. Le jeu semble changer vicieusement de règles, petit à petit. Il ne défend plus son territoire, il envahi sciemment celui de la vampire.

D'abord des mots doux, susurré au creux de l'oreille. Le genre de mots auxquels elle ne croit pas. Des illusions dont se jouent les beaux parleurs. Elle aussi sait très bien jouer avec les mots comme ça l'arrange. On peut leur confier le pouvoir que l'on désire s'ils sont bien choisit. Et un artiste de la verve se doit de ne pas céder à sa propre arme. Elle reste indifférente à cette variante, mais la proximité la gêne, l'échauffe.
Non, ce n'est pas la proximité. Pas que. Il y a ces murmures, des plaintes qu'Eliade comprend immédiatement pour les avoir souvent entendues dans d'autres songes. Les cris de ceux qui savent profiter de la vie. Un concept qu'elle reconnait sans le connaître vraiment. Elle ne voit rien, mais ressent tout, progressivement, de plus en plus fort. Il s'amuse, joue avec elle sur un plan où elle peut difficilement riposter. Pourquoi lui impose-t-il toutes ces sensations nouvelles? C'est désagréable. Non. C'est bon en vérité. Trop pervers, trop délicieux, trop... Eliade crispe sa main sur celle de Vincent, elle perd pied, ne maîtrise plus grand chose. C'est un cauchemar pour elle qui se doit d'avoir le contrôle absolu. Si seulement elle avait la force de détester suffisamment ça pour le repousser...

Elle a un mouvement pour s'avancer, se dégager surtout, mettre de la distance quand il pose ses lèvres sur sa peau devenue brûlante. Réagirait-elle comme une hume dans ce monde-ci? Elle doit le repousser tout de suite. Mais elle n'arrive pas à donner suffisamment de force dans son geste. Il lance encore cette phrase, comme une promesse d'un échange qu'elle n'a jamais connu, qu'elle refuse de connaître dans ce genre de circonstance.

"Non..."

C'est plus une supplique qu'une opposition. Sa voix se fait chevrotante, incertaine. Elle veut pourtant être assurée mais s'y perd entre sensations envahissantes et proposition indécente.
- Je suis là Eliade…

Une voix salvatrice vient s'ajouter aux autre. Kaiden... Jusqu'ici il veille sur elle, lui offre quelque chose à quoi se raccrocher. En a-t-il seulement conscience? A peine quelques mots et elle repousse les émotions envahissantes pour s'y rattacher comme à une bouée de sauvetage. Elle rejette, une à une, ces sensations délicieusement malsaines.

"Je n'en veux pas."

Son opposition se fait plus ferme, l'hésitation à disparu. Elle incline la tête, tourne le visage vers Vincent, lui offre un regard aussi déterminé que provocateur. Ce petit jeu avait assez duré. Qu'il la lâche, ou elle le forcerait à la lâcher.

Étendue sur ce lit, Eliade offre sa première réaction. Un soupire, étrange pour une morte. Un tout petit soupire de soulagement alors que ses joues rosissent légèrement. Les morts pouvaient-ils avoir un coup de chaleur?
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- Rayon X-tra lucide - Charbre Carnivore.

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   21.08.09 4:25

Toujours « en lui » a écrit:


    Elle le défie, comme s'il n'était qu'une mouche à écraser. Moue d'une enfant capricieuse habituée à ce qu'on lui cède. Petite bourgeoise en crise, loin de son nid protégé, s'échinant en ce monde qui ne fonctionne pas vraiment... comme elle l'ordonnerait.

    L'avatar esquisse un sourire, ses yeux s'abaissent quelques secondes devant cet air farouche. Ce n'est pas par signe de respect, il aurait peut-être simplement du mal à contrôler les civilités d'usages s'il croisait l'arrogance défiante de ses deux orbes noires.
    Le sourire disparaît, le visage soudain soucieux, semble attentif à autre chose, perdu dans le lointain, les yeux totalement clos, il n'a pas lâché son emprise. Comme paraissant méditer ses derniers mots – gifle retransmise. Sonder en elle, et être... hélé ?
    Oui, c'est bien cela, quelque chose qui s'ébroue, qui communique, quelque chose de peut-être plus grand que leurs frêles existences. Fatalité ? Destin ? Il semble que d'autres voix gouvernent son monde, des voix, des histoires... un honneur bien dissimulé, qui ne pourront blesser cette créature...
    Car toute Vendetta a ses codes... sa justice.

    Mais il ne s'avoue pas pour autant vaincu, ses prunelles tempétueuses s'ancrent en elle, un rictus se forme progressivement...

    L'espace tout entier se trouble un instant, un court laps de temps où cette conscience s'élève en face de l'Oracle, à quelques centimètres d'elle. Les murmures ont redoublé, l'intensité des cris rauques, la moiteur de l'atmosphère devenant quasi étouffante...

    Il approche sa main de son visage, geste délicat sans plus d'agression.

      « Je n'ai jamais rien pris de force. Et on a jamais cessé de me prendre, trouves-tu cela juste... Eliade ? Feras-tu comme tous ces autres avant toi ? »


    Sa tête se penche légèrement sur le côté, la mine facétieuse. Comme s'il pouvait s'envoler au moindre coup de vent, l'avatar s'accroche à la nuque de l'intruse.

      « Peut-être que ce ne sera pas si mauvais pour nous. Peut-être bien. Mais puisque tu veux absolument voir, je te volerai quelque chose à mon tour.
      Prends ça... comme... un cadeau. »


    Il n'y a plus un bruit. Plus un écho. Ils sont les acteurs... et le silence couvre la scène.

    L'entier de son corps s'élève, il n'y a plus que sa tête à proximité du vampire. Son regard ne laisse plus percevoir le moindre jeu, ni la moindre moquerie. Comme s'il s'était soudainement, et tristement assagi. Fugace étincelle qui l'éclaire... et cette énergie primaire plonge vers elle, accrochant ses lèvres aux siennes comme l'on scellerait un pacte. Baiser fugace au prolongement d'une langue inquisitrice, jusqu'à qu'enfin, elle réagisse... trop tard.

    Son ébat l'aura mené à un tout autre endroit. Où seuls les yeux lointains de Vincent sont encore perceptible, et disparaissent peu à peu, ne laissant qu'un murmure... semblant provenir de partout... et nulle part :

      « Tu es Princesse en un étrange Royaume. Et comme toutes les princesses, tu agis sans prendre en compte les dégâts que tu vas causer. Pour le bien des tiens ? _ il ricane
      Plutôt pour te trouver une raison de poursuivre, sans quoi... tu ne serais plus rien, n'est ce pas ?
      N'exister que par les autres... est-ce agréable ?
      Je ne pense pas que tu trouveras en nous quelque chose d'utile à ta quête. Mais peut-être nous révéleras-tu la notre... Parcours ces terres que tu as cru violer, tu l'as choisi...

      … mais ne me fais pas regretter... de t'avoir laisser entrer. »


    Au silence, s'élève peu à peu d'autres tumultes, une nouvelle aube se lève, dans ses abysses... les couleurs se diffusent progressivement, laissant apparaître... d'anciens événements.


    L'adolescent semble s'être calmé, un sourire en coin qui s'esquisse subrepticement sur ses traits, comme la triste ironie... d'un sort.
    Il ne tardera pas à s'agiter.



[ HJ: Gnihihihi. Voilà ma « marque » posée. A toi de décider, ce que tu veux voir apparaître devant toi, désormais. Et quand je parle d'aube, il s'agit juste de lumière, or dans l'obscurité, toute petite éclaircie, paraitrait solaire. Le paysage pourra être nocturne ou diurne, à ta guise. Désormais je ne réagirais plus qu'en tant que réceptacle émotif.)
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- Les sensations pures... -

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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   21.08.09 22:55

- Elle ne merde jamais…

« Tu en as l’air bien sûr » répondit-elle doucement. Pas besoin de mentir. La vampire avait capté la distraction évidente de Kaiden. « C’est le genre de connerie auxquelles seuls les idiots veulent bien croire. On finit tous par faire des erreurs. Le plus souvent parce qu’on s’est posé trop de questions. Les gens devraient boire un bon coup de gyn avant de se mettre à philosopher. Ils se rendraient compte qu’ils ont des tas de choses plus marrantes à faire. Commander un autre gyn, par exemple.»

Elle détailla d’un regard perçant la physionomie du garde du corps. Talula avait certes la langue acérée, mais elle n’en serait pas à sa place si elle n’était pas aussi fine psychologue. Assez pour dérouter les gens et en venir à des conclusions avant eux, en tout cas. Parfois anticiper leur prochaine réaction et voir clair là où les autres restaient dans le flou. Le fruit de l’expérience, de longues années passées à côtoyer toutes sortes de personnes. Au bout du compte, on en retirait que ce monde était un putain de drôle de monde, et qu’effectivement, le gyn était trop cher. Ne parlons pas des relations qu’on pouvait y tisser. L’exemple du couple tragique….

Ça se finissait souvent mal. Pas que ce soit son problème, mais comme la plupart du monde, Talula aimait les histoires qui se finissaient bien.

« Les clandestins ? A vrai dire, je m’en doutai. Je ne reçois pas assez souvent des visites de mes chers potes amoureux de la jugulaire pour les reconnaître à première vue, mais bon. Certains m’envoient des fleurs.
Le dernier que j’ai vu est reparti de Sécaria y a pas longtemps. Pour le moment, c’est assez calme. Vous savez bien que nous sommes vraiment très peu sur Tyr, maintenant. Les nouveaux arrivants seraient très cons de se diriger vers un piège à rat pareil. Ça grouille de Balayeurs. »


Elle fit un signe vers Asphodèle. Elle n’avait pas trop l’air de se soucier de l’état agité des deux endormis. Comme elle l’avait théorisé plutôt, ça lui paraissait logique. Et eux deux, bien ancrés dans le monde réel, les pieds sur terre et certainement pas dans la conscience d’un autre, ne pouvaient rien y faire.
Ou peut-être que si.

« Courageux de sa part, de nous aider. Elle peut prédire le prochain résultat des courses de chevaux ? Ça m’aiderait beaucoup, ça » fit-elle avec une fausse pointe d’espoir dans la voix.
Effectivement, elle n’aurait pas craché sur un bon moyen d’améliorer son commerce. Et avec sa passion des jeux…Un court instant, elle se plût à imaginer la tête de ses compagnons de poker si elle ramenait quelques centaines de carats sur la table.
Ça vaudrait le coup d’œil.

Mais, pas plus que la scène romantiquement ridicule qui s’ensuivit. Interdite, Talula se demanda qu’est-ce que le garde du corps foutait. Il se pencha au-dessus de la vampire…son visage s’approcha du sien…Il lui roulait un patin ? Maintenant … ? Bon sang, il les aimait plus froides que froides, celui-là !
Plus drôle encore, fut le rouge qui naquit sur les joues d’Eliade. Talula cligna des yeux, perturbée par cette réaction. Enfin, Asphodèle décrocha un sourire dans le vide, visiblement content de lui-même, ceci sans aucune raison.

A ce stade, la maquerelle baissa les bras. Elle se retrouvait entourée d’une bande de cinglés qui parlaient dans leurs âmes, et le seul capable de communiquer avait dû recevoir un coup de hache dans la cervelle avant d’être transformé en mort-vivant.

« N’importe quoi. » Elle fit une pause. « Je vais aller chercher des serviettes et de l’eau fraîche. Envie de quelque chose ? Je dois avoir du Maltas dans le coin. »
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   22.08.09 17:33

Le sourire satisfait du garçon l’était même d’ailleurs un peu trop selon Kaiden. Mais un autre détail vint perturber ses pensées. Depuis quand exactement Eliade rougissait ? Quelque chose lui disait que cela n’avait presque rien à voir avec sa petite phrase. Certes, il avait cherché à l’aider. Mais avait-il cru sincèrement pouvoir y arriver simplement en lui parlant ? Leur lien était-il assez solide pour cela ? Il n’ignorait pas que sa position envers Eliade avait changé en 20 ans même si cette dernière demeurait très discrète à ce sujet. Un oracle ne se laissait pas enlacer sans raison par son garde du corps. Mais Kaiden n’était pas assez idiot pour ne pas relier l’expression qu’arborait à cet instant le non-voyant et cet étrange coup de chaud. Il était perdu, partagé entre l’idée de bouder comme un gamin sans rien y comprendre, ou en faisant très bien semblant, et secouer Eliade par les épaules pour obtenir enfin des réponses. Talula l'éveilla aussi brutalement que si elle l'avait giflé.

« N’importe quoi. »


Tout à fait. C’était du n’importe quoi à ce stade. L’autre qui osait lui donner quelques petites leçons  de vie (ha ha ha),  survolait avec insouciance le sujet des clandestins en y faisant référence comme d’une quelconque famille éloignée qui passerait de temps en temps histoire de la saluer (courtoisie quand tu nous tiens), et terminait en lui demandant très aimablement si Eliade pouvait lui fournir le jackpot dont rêve tout les parieurs en courses de chevaux (du pur délire). La migraine allait bientôt lui vriller les tempes à ce rythme et il songea sérieusement à aller choper une fille du bordel histoire de se défouler. Les crises d’angoisse à son âge, il préférait vraiment éviter. Ainsi quand Talula proposa aimablement une bouteille de Maltas pour accompagner cette discussion pour le moins foireuse, il n’eut qu’un temps de latence. La réponse qui lui était venu automatiquement à l’esprit ressemblait à un: Non merci, je ne bois jamais en service. Mais la nuit promettait d’être assez longue pour user sa patience.

- Deux bouteilles, enfin... si possible
, précisa-t-il simplement en la regardant quitter la pièce.

Juste pour la forme. L’alcool lui allait très mal, surtout quand il avait faim et il n’avait pas eut le temps de se rassasier depuis un petit moment. Une putain ferait-elle l’affaire ? Nul doute que la maquerelle s’y opposerait farouchement mais rêver ne lui coûtait rien. Lorgnant avec une certaine avidité la chaise délaissée, il s’y effondra en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, croisant les bras sur son torse musclé tout en se positionnant de manière à pouvoir contempler les deux faciès endormis de l’Oracle et du garçon.  Ce qu’il voyait lui déchirait le peu de cœur qui lui restait.  Talula ne tarda heureusement pas et il tendit simplement la main pour prendre la bouteille, ne se préoccupant pas de sa dignité en avalant une bonne lampée au goulot.  Il n’avait jamais été assez riche pour se payer une bouteille de Maltas, et dorénavant c’était une autre liqueur qu’il chassait, parfois la mort dans l’âme (humour quand tu nous tiens).  Mais il savoura la brûlure de l’alcool avec un claquement de langue appréciatif.

- Vous avez du goût
, murmura-t-il en caressant du regard l’étiquette de la bouteille avant de se tourner vers Talula. Et pour les clandestins, je comprends que la situation ait changé en 20 ans. Nous craignons tous une nouvelle... chasse.

Une autre gorgée, pour calmer sa gorge soudain sèche. Avant de continuer.

- Mais si vous pouviez nous tenir au courant concernant certaines allées et venues. Ce genre de choses. Eliade en serait certainement ravie.

*Assez pour procéder à quelques échanges d'informations en tout cas. Aussi futiles qu'elles soient* Soupira-t-il mentalement.

Mais il ne tarda pas à chasser ses idées noires. Etait-ce la situation ou bien autre chose ? Cette soirée était assez tout assez foireuse sans qu'il en rajoute avec son propre comportement dépressif. Il se permit de lui sourire avec un peu de plus de franchise. Qu’importe la blessure qu’elle avait rouverte en lui parlant des balayeurs. Qu’importe même son intérêt pour le pouvoir d’Eliade comme il l’avait si bien deviné. Il s’affala un peu mieux contre le dossier de la chaise, et demanda tout en pointant le col de la bouteille en direction du lit:

- Vous le connaissez depuis longtemps ? … Sans vouloir être indiscret.


Le lien entre le garçon et cette femme le surprenait quelque peu. Les seuls hommes que l’on croisait dans les bordels étaient le plus souvent des clients, ou bien des putes pour quelques femmes aisées, le plus souvent veuves, mais Kaiden ne s’y connaissait pas suffisamment pour pouvoir tout résumer en une phrase. C’était un ami, certes, une grande gueule, ça c’était certain, mais pas un vampire. Et des amis des vampires, il n’y en avait pas beaucoup à Secaria. Au vu du caractère emporté du petit, Kaiden se demandait même ce qui l’avait empêché de se faire quelques sous en allant dénoncer Talula, et ainsi débuter une autre chasse. Il ne savait rien de lui, mais était tout disposé à faire sa connaissance même si l’envie de lui tordre le cou agitait ses mains en des tics nerveux. Rien de mieux que l’alcool pour assommer une colère montante, surtout chez lui qui avait toujours tendance à somnoler après quelques verres.  Il se jura mentalement de boire avec parcimonie, histoire d’éviter quelques fâcheuses surprises à son éveil.

Prudence exacerbée par le fait qu’il se trouvait dans un bordel. Tout, absolument tout pouvait arriver.


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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   24.08.09 1:59

Citation :

Il finirait par la lâcher, elle en avait la certitude à présent. Son culot peut jouer contre elle pour la réputation qu'elle se ferait dans l'esprit encore double d'Asphodèle, mais peu importe. Elle doit jouer sur son assurance, parce que dans cet environnement très différent, c'est tout ce qu'elle a. Une assurance peut-être arrogante, mais qui avait l'avantage de repousser encore ces sensations qu'elle n'avait jamais connu elle-même malgré l'amplification des cris, des gémissements et d'autres choses encore derrière qu'elle ne voyait pas pour le moment mais qu'elle irait fouiner sans le moindre remords pou presque. Le hasard n'existait pas pour quelqu'un comme elle. Alors elle tirerait profit de son passage ici et verrait s'il y avait quelque chose dont tirer profit une fois de retour dans son propre corps.

Elle n'eut pas le moindre mouvement de recul, quand il vint effleurer son visage. Elle n'avait pas peur, plus maintenant. Elle peut le contrer, avec plus ou moins de succès, mais elle le peut. A présent, il allait devoir si ce n'est se retirer, au moins la laisser faire ce qu'elle était venue faire par mégarde. Il connaissait son nom? Normal, elle s'était présentée avant... Avant d'être happée, emportée par son pouvoir. Et non, rien n'était juste. Jamais. C'était juste pour une petite paysanne de devenir l'Oracle de toute une bande d'immortels? Cette nuit où des crocs avaient plongés dans sa gorge, ce n'était pas l'avenir de Tyr qu'elle avait entrevu, juste le soulagement éphémère de mieux accompagné les derniers instants d'une mère mourante. Et maintenant? Encore aujourd'hui elle savait beaucoup de chose, en voyait beaucoup d'autre, mais ne posséderait jamais vraiment sa propre vie. Non, le monde était injuste, pour ceux qui possédaient des dons qu'ils ne pouvaient ignorés. Lui le comprends aussi bien qu'elle peut-être. Rien n'est jamais juste. Pas même la mort.
Alors elle non plus n'est pas juste. Tout comme lui ne l'était pas. C'est juste de percevoir ce que les gens ressentent ou désirent? Ce qu'ils projettent? C'est juste d'abuser de son don pour se jouer de l'innocence d'une jeune fille même centenaire?

Et tout s'arrête brusquement. Il n'y a plus ni cri ni gémissements. Juste les paroles de Vincent qui se joue encore d'elle, comme s'il savait ce qu'elle aurait pu ressentir au bout de... De quoi? Des plaisirs qu'elle ne connaît pas? Elle ne veut pas savoir, pas comme ça en tout cas. Que compte-t-il lui offrir? Ou lui prendre plutôt? Elle n'a même pas le temps de se poser la question que déjà il s'élève, prêt à disparaître, s'attachant à ses lèvres sans le moindre avertissement. Troublée et surprise, Eliade ne peut même pas reculée, prise au dépourvu par un geste qu'elle ne connais pas assez, par un échange étrangement agréable quoique déplacé. Quand enfin elle a la présence d'esprit de reculer, incertaine à nouveau, ce ne fut que pour le voir disparaître. Elle tournoie, le cherche, mais il s'est éclipsé, ne laissant plus que sa conscience relâcher quelques mots.

Les lèvres d'Eliade tremblèrent légèrement, elle tourna la tête, puis s'immobilise à nouveau, reprenant son expression neutre d'un sommeil sans rêve.

Citation :
Il ricane, lui jette ses excuses. Pour le bien des siens? Pour son bien à elle. Pour avoir encore une excuse quand elle se demande si son existence possède une quelconque raison d'être. Pour se dire qu'elle sert à quelque chose, qu'elle n'a pas besoin de disparaître. Pour se dire aussi que peut-être sa vie ne s'est pas arrêté avec un incendie qu'elle avait pourtant prédit. Exister pour les autres, c'était exister quand même un peu.

Et tant pis si elle ne trouve rien d'utile. Sa présence ici n'a peut-être pas pour but de la servir elle. Peu importe à qui cela doit servir, mais ça servira, elle en est certaine. Quant à savoir s'il regrettera de lui avoir laissé le champs libre... Elle ne peut que murmurer un faible "je ferais de mon mieux". Elle n'a rien de plus. Le reste... Tout doit commencer à présent. Elle ne souhaite qu'une chose, que le pouvoir d'Asphodèle se limite, qu'il ne lui impose pas scène après scène la moindre douleur, le moindre ressenti trop intense, trop pénible, trop joyeux. Elle n'a pas à ressentir la vie d'un autre. Certains traumatismes sont plus violents que d'autres, certains la hantent encore aujourd'hui alors qu'elle ne les a jamais vécu. Asphodèle à travers Vincent pouvait lui infliger peut-être bien pire que ce qu'elle avait pu "voir" jusqu'à maintenant. Elle reprend son souffle, comme un plongeur préparant une descente en apnée, et trace du bout du doigt une arabesque pour brouiller ce décor incertain, l'obliger à prendre une forme plus certaine, dans un passé lointain, là où tout a commencé, là où Asphodèle est né. Où Vincent est né.

Une femme, qui n'a plus que ses avants-bras pour caresser son nouveau-né, un jeune homme qui reçoit l'enfant comme une offrande qui le trouble, le perturbe profondément. L'image est floue, elle balance. C'est un passé qui n'a qu'un souvenir basique, une mémoire vide qui vient au monde. Elle n'entend pas les mots, ne voit que les images, ne ressent que que les cris de souffrances d'une mère qui pourtant enserre son bébé comme la chose la plus précieuse au monde. Eliade sent sous ses pieds un plancher incertain dans cet espace aussi exigüe qu'indésirable pour accueillir une nouvelle vie. Tout ne fait que commencer...

[Je laisse un peu de vide pour laisser à Aspho l'occasion d'agir ou de réagir, voire les deux.]
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   24.08.09 11:01

    Sur sa chaise, l'adolescent s'est soudainement redressé en une posture rigide, tout son visage semble s'être crispé, figé dans l'attente... Consterné et attentif à un invisible que personne ne pourrait discerner... pas même lui.
    Asphodèle a tressauté, palissant brusquement, ne parvenant pas à saisir ce qu'il se produisait en lui. Comme greffé à ses ressentis à elle, sentant intuitivement que quelque chose de grave... d'important se produisait... s'était produit ?

    Sans ne pouvoir percevoir autre chose... que des cris, les cris d'enfant, les pleurs d'un bébé... d'un nouveau-né.

    Asphodèle gémit...

    Pourquoi... Pourquoi... Lui impose-t-on ça ? Son poing libre se crispe à en blanchir les phalanges, sa main prisonnière se fait pressante, inquiète, il halète, comme s'il étouffait... d'avoir trop... hurlé ?

    Et sous ses yeux, des larmes naissent, les battements de son cœur accélère... Il a... le mal de mer.

    « Non... »

    C'est un murmure.

    « Ne fais pas ça... »

    Ne fais pas quoi ? Il l'ignore, il veut juste que cela cesse... avant que tout ne commence réellement... Intuitivement, Asphodèle a senti, que son passé n'était pas à remuer, qu'il y en avait bien trop... à oublier.
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   27.08.09 9:31

« Deux bouteilles, enfin, si possible » répéta-t-elle d’un ton aigu et désagréable. « Mais oui, bien sûr, je n’ai que ça à faire : regarder un abruti se saoûler en se lamentant sur le sort de sa dulcinée. L’a qu’à les séparer si ça le dérange tant que ça. Ou lui rouler une pelle une bonne fois pour toutes, ça les réveille toutes ! »

Heureusement pour tous, Talula était en ce moment un étage plus bas, à fourrager dans sa cave à la recherche des précieuses bouteilles. Injurier tout le monde ? C’était facile et discret – et globalement, tout le monde y passa : le couturier, le temps, Riker qui avait encore mis la main sur un de ces clients, les Balayeurs juste parce qu’ils étaient des Balayeurs– et, en plus, elle pouvait boire en même temps. Bref, le pied, si ce n’était pour la poussière, les toiles d’araignée et le fait qu’elle radotait toute seule comme n’importe quelle grand-mère hume. Hmmm, pas bon pour son ego, ça.

En remontant, elle paraissait plus détendue, en tout cas moins préoccupée par la situation qui, malgré son habituel agacement, avait plus que piqué son intérêt : la passionnait. Pour rien au monde elle n’aurait échangé sa loge de spectatrice contre la soirée normale qu’elle avait prévue. Certes, elle avait une petite idée des conséquences de cette terrible rencontre. Une idée qui lui disait que ça n’allait pas marcher, du tout. Elle offrit la bouteille à Kaiden et retourna à sa place, près de la fenêtre. L’air rafraîchissait ses tempes et sa nuque.

Elle ne laissa rien paraître au mot de chasse que l’air écœuré que partageaient tous les survivants à cette mention. Comme eux tous, elle se rappelait clairement des procédés de la dite chasse. A l’opposé, elle n’en avait tiré qu’une joie profonde. La traque ? Une fois que les nettoyeurs en avaient fini avec les cadavres, cette fois-ci vrais, de ces deux *précepteurs*, Talula avait été plus qu’heureuse de s’envoyer en l’air et de passer une excellente soirée entre amis. Ses pouvoirs innés lui avaient permis, depuis longtemps, d’être immunisée aux soupçons des nettoyeurs. Enfin…

….jusqu’à maintenant.

« C’est d’accord. La plupart des clandestins qui ont séjourné ici sont repartis vers le Sud ; ils sont tous joignables. Ceux qui viendraient à passer, je vous en préviendrai. Je suppose que vous ne faites pas parti de ces idiots qui, même morts, continuent à bander en entendant le mot ‘ambition’ et rêvent de fédérer leur race autour de leur nombril pacificateur …?»

La question suivante de Kaiden ne manqua pas de la surprendre. A ce stade, elle en avait presque oublié l’ambiguïté de ses liens avec Asphodèle. Elle sourit, amusée par la question, mais alors qu’elle ouvrait la bouche pour répondre, le concerné se releva brusquement sur sa couche.
Ça la surprit. Vraiment. Elle écouta avec attention les quelques bribes, les minuscules indices que leur donna Asphodèle. Des pleurs, des mots, une pâleur soudaine…

« Il vaut mieux éviter de le toucher… » fit-elle d’une voix sourde. (alors qu'elle n'en avait aucune idée, mais ça ne l'avait jamais arrêté avant.)

Pas qu’elle pensait Kaiden particulièrement enthousiasmé à cette idée, mais la surprise et l’inquiétude pouvaient le forcer à faire un mouvement vraiment peu souhaitable. Et le tumulte naissant dans la position crispée de l’adolescent n’était que le signe précurseur…que la nuit allait être longue.
Elle profita du calme nouveau pour répondre à sa question.

« Quelques mois. Il est…gigolo ici. Ses talents ont leur utilité. »

Mais tandis qu’elle répondait à Kaiden, toute son attention était focalisée sur un seul point : Asphodèle. Chaque mot, chaque geste…elle tenterait de les analyses, de les graver dans sa mémoire.
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   29.08.09 18:50

[Pas fameux, désolée TT]

***

Eliade allait être folle de joie. Bien que cette dernière soit étrangement douée pour obtenir ce qu'elle désirait, quel que soit le prix à donner (et encore, elle savait marchander pour en ressortir gagnante), il ne pouvait s’empêcher de ressentir un certain soulagement. La nuit était décidément trop étrange pour qu’il laisse l’amertume le gagner quant à l’inconscience d’Eliade qui tardait à reprendre le contrôle. La participation de Talula dans sa quête était une bonne nouvelle comme une autre et il lui sourit, sincèrement reconnaissant. Il se savait maladroit, surtout quand il devait exprimer une quelconque gratitude malgré son apparente sociabilité. Et puis de toute façon, certaines réponses se passaient de mots. Inutile donc de se défendre suite à ce qui n’était en vérité qu’une boutade comme une autre. Il n’ignorait cependant pas la présence de quelques leaders potentiels au sein des vampires qui seraient ravis de combattre au nom de la race pure des anciens. Et déclencher ainsi une nouvelle catastrophe.

Eliade ne voulait qu’aider. Même si, telle Cassandre, on avait ignoré ses avertissements. Une autre gorgée d’alcool et il passa à autre chose comme on chasse une mouche. Immortel ou non, le passé demeurait le passé.

Ce fut à cet instant que le garçon se décida à réagir. Sous la surprise, il manqua de lâcher sa bouteille mais se reprit bien vite, reposant cette dernière au sol avant d’amorcer un mouvement dans le but plus qu’évident de lui venir en aide. Un instant, il cru qu’il était sortit de la transe, et qu’Eliade ne tarderait pas à le suivre. Mais au vu de ses yeux éteints, et de ses paroles décousues, ce n’était qu’une autre conséquence. Légèrement effrayé, il resta crispé dans l’attente jusqu’à ce que Talula l’enjoigne à se rasseoir, lui déconseillant de le toucher.

Il cilla pour observer son visage.

La maquerelle en  savait autant que lui sur le sujet (c’est-à-dire pas grand-chose) mais son inquiétude était clairement palpable. Néanmoins, elle préférait agir avec prudence, et ce malgré la souffrance de ce garçon. Eliade était-elle responsable ? La nervosité le gagna et il se leva brusquement, les bras croisés, perdant patience. Qu’importe que son attitude soit puérile, voire même disproportionnée (Il entendait déjà l’Oracle le gronder avec une étrange tendresse maternelle). Il voulait qu’elle revienne, là tout de suite, comme un gamin tapait du pied pour avoir des bonbons. Kaiden inspira longuement, hésita avant de reprendre la bouteille. Boire n’avancerait à rien, mais il devait s’occuper. La faim le tenaillait et ne l’aidait en rien à reprendre son calme apparent. Il avala deux gorgées avant de reposer la bouteille sur la table cette fois-ci.

- Un gigolo donc…


Ici. Cela ne voulait peut-être rien dire mais Kaiden s’y attarda. S’approchant de la fenêtre, il s’adossa au mur histoire de profiter d’un peu de fraîcheur et contempla la maquerelle avec une attention presque dérangeante. Instinctivement, il savait qu’elle ne lui disait pas tout. Mais elle pouvait très bien lui cacher une relation plus intime avec le garçon. Rien de bien utile en somme.

- Un tel don pourrait s’avérer dangereux… pour nous. Je me doute qu’à vos yeux il est digne de confiance mais…


Il était jaloux.

Kaiden avait parfaitement conscience que cette jalousie était à l'origine de sa méfiance, et possédait sa propre technique pour calmer sa migraine naissante. Par cette phrase, il cherchait avant tout l’assurance de Talula, la confiance qu'elle avait placé en ce garçon. Et il préférait encore se prendre la jeune femme en pleine tronche plutôt que de rester sur un doute pareil. Cette espèce de grande gueule était entrain de partager quelque chose de très intime avec la seule personne dont il avait suffisamment d’estime… Oh et puis merde non qu‘il soit franc ! Il avait suffisamment d’affection envers Eliade pour lui donner envie de briser la tête à l’inconscient qui oserait poser un doigt sur elle. C’était pour cela qu’elle en était venue à le protéger.

Un effort de sa part ne serait sans doute pas de trop.

- Excusez mes questions… Eliade peut merder,
ajouta-t-il en grinçant des dents, et je ne sais pas ce qui se passe.

Mais ce n’était pas à la vampire de calmer ses tourments. Kaiden refusait d’être un poids pour quiconque (bien que le terme le boulet soit à cet instant plus approprié). Se fustigeant mentalement, il tourna le dos à la jeune femme pour se rasseoir sur sa chaise, le dos raide et la mâchoire crispée. Attendre, attendre… Voilà déjà deux soirs qu’il attendait, deux soirs où Eliade jouait avec ses nerfs mais son aveu avait au moins réussit à le libérer d’un poids. Même si sa confiance envers l’Oracle commençait à être ébranlée.


Dernière édition par Kaiden le 23.10.09 21:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   14.09.09 10:33

Citation :

L'enfer ne faisait que commencer. Des images se succèdèrent à une vitesse folle, dans une tangage à filer la nausée. La mer, toujours, et l'autre mère qui dépérit, qui s'offre pour espérer survivre, et un petit enfant qui ne peut que regarder ce que la vie est en train de lui montrer, de lui faire subir. Elle sent cette colère qu'il éprouve. Un exemple honteux qui n'est pourtant que le reflet d'une misère humesque un peu trop fréquente au goût d'Eliade. Dans ce fouillis de sensations plus écoeurantes les unes que les autres, elle recule une seconde, secoue la tête, et reprends. Il ne veut pas, elle sent qu'il ne veut pas tout à fait, qu'il souffre de revoir ça. Il voit tout avec elle. Pire, elle sent un lien, comme si tout se revivait, comme si tout n'était que le recommencement d'une souffrance étouffée. Il aurait tout nié pendant des années? Elle n'en sait rien, il vaut mieux qu'elle avance: Elle sent derrière ce passé une demande et de la peine, un mal de mer qui s'impose. Elle ne veut pas lui faire de mal, mais il lui en fera quand même, malgré elle. Pourquoi voyait-il avec elle? la plupart des gens ne voyaient pas ça avec elle.

Sensiblement, les doigts d'Eliade se resserrèrent sur la main d'Asphodèe. Une étreinte brève, mais douce. Sans doute cherchait-elle à le rassurer?

Citation :
Elle ne sent plus la femme, la mère, celle qui voulait donner tant d'amour à ce petit mais que l'existence à vider de tout espoir. Mais la colère est toujours là, entêtante, et se reflète dans le quotidien de cet enfant qui grandit, et subit l'existence plus qu'il ne la vit. Maisons de correction, punissions, elle entend des cris, des reproches, des plaintes, mais toujours pas de main tendue, pas d'aide réelle, rien à quoi se raccrocher.
Et le mal de mer revint s'imposer, mais plus léger pour elle. Et pour lui? Eliade impose un ralentissement. Tout va trop vite. Sans qu'elle sache pourquoi, elle patiente. Le mélange de sensation est violent pour elle, mais ce n'était pas ça qui l'obligea à s'arrêter temporairement. Jamais un passage de vie ne lui avait causé autant de perceptions à la fois. L'environnement pouvait avoir son importance, avec parfois l'émotion intense d'un protagoniste, ou encore l'émotion dominante et unique d'une foule. Mais jamais un mélange de tout. La colère reste présente, depuis le début. Il ne la chasse pas, elle la sent toujours. Mais le reste vient s'ajouter. Tout le reste, de la moindre personne croisée, de la moindre petite sensation. Elle peut l'endurer, mais...
ça non plus, elle ne l'avait pas ressenti ainsi depuis longtemps. Le remords. Elle faisait du mal à quelqu'un en lui montrant malgré elle les pans de son passé oublié.
Elle est essoufflée, sans sans rendre compte. une réaction qu'un cadavre ne devrait pas avoir pourtant. Elle avance encore, juste un tout petit peu, pour contrôler ce qui se passe, pour essayer d'en finir en épargnant au maximum Asphodèle, mais là encore, elle finit par tout figer. Une ombre s'ajoute à la scène, une ombre menaçante, mortelle.

Eliade bougea sensiblement, sa tête roulant sur le côté.


[Désolée, je fais court, pas beaucoup de temps et ça laisse Talula et Kaiden s'amuser un peu. XD]
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   04.10.09 1:07

    C'est un froid glacial, c'est un blizzard. Et il n'est qu'un pantin, aux membres désarticulés, un pantin que la fatalité ne cessa d'agiter. Et lui, orageusement inconscient, coupit les fils qui l'y reliait. Car il ne pouvait appartenir qu'à ce qu'il décidait, car le gamin ne pourrait jamais accepter de n'être qu'un simple jouet, qu'un simple coup... du sort.
    Préférant briser, arracher; quitte à affronter encore le givre et la violence d'un vent polaire, quitte à se dresser contre lui, tremblant et solitaire...
    ... Que des griffes acérées avaient pétrifié.

    Sait-il ? Est-ce qu'un aveugle peut-il réellement voir ? C'est enfoui, là, confusément. Des immondices putréfiés, ce sont ses lambeaux de mémoire encore à vif, qui pourissent là, empestant son âme d'effluves nauséabonds. Ils sont là... Ses morceaux d'histoire. Ils sont bien présent, il les sent. Il ne faudrait pas grand chose: un simple courant d'air, pour les ramener en pleine lumière. Il ne faudrait pas grand chose... Peut-être d'aussi violent que ce qu'il habitait. Une autre blessure à lui infliger.

    Alors, plus rien ne pourrait lutter contre la pestilence qui le rongeait, il ne pourrait plus qu'accepter de recevoir, peu à peu, ses bribes désesperées...

    Mais pour l'instant, cette existence atrophiée, cet ersatz de vie se cambrait, s'insurgeait et refusait de comprendre, d'assimiler. Rejetant brutalement ces vérités, claquant les volets...

    Fermant les yeux.
    Oublieux des ombres, de la lumière.
    Anesthésié aux réalités de chaque couleur.
    Vincent s'obstinait à l'obscurité, Vincent préférait encore, que ce noir le broie.
    Que ce noir l'entoure, que ce noir l'isole de cette insupportable douleur...
    Qui à chaque fois, à chaque fois un peu plus, lui amputait une part de coeur.
    Dans cette solitude où il n'aurait rien à perdre... Que ce dont on l'avait déjà dépossédé.

    Dans les limbes inconscientes a écrit:


      Il a réapparu. Aussi soudainement qu'il s'en était allé. Aussi étrangement que leur main s'étaient liées. Mais l'adolescent était différent, bien différent. Le visage résolument fermé qui se tournait vers elle, offrant une amertume nullement contenue, ce visage... était marbré de cicatrices où brûlait un oeil unique, comme s'il allait bientôt jaillir de son orbite et transpercer l'impénétrable ébène.

      La voit-il ?
      Est-ce le même ?
      C'est autant de hargne et de rancoeur qui se dresse devant elle. Devant ses images qui défilent, devant cette ôdieuse douleur qui, de nouveau, lui empoisonne les veines.

      « Assez.»

    Aussi sec que ce qui lui opprime le coeur. Asphodèle n'en a pas conscience, mais ses paroles ne sont pas seulement mentales... Elles explosent, glaciales sur ses lèvres, animant son visage livide d'une vie dérangeante...

    Dans les limbes inconscientes d'une mémoire a écrit:


      Il a refusé... Ce jour-là, il avait refusé d'ouvrir à nouveau les yeux. Ce jour-là, cette nuit effroyable où il avait rencontré bien plus dangereux qu'il ne serait jamais.. Ce jour fatidique... Il avait fébrilement désiré... en finir.

      Sur ce monceaux de cadavres, de chairs sanguinolentes, où son corps avait répondu malgré lui, pour sa survie, où les attaques mortelles furent esquivées... malgré ses yeux blessés.
      La magie avait pour la première fois opérée, faisant de l'animal acculé... un vent inssaisissable... Défiant encore, devinant et dansant contre l'ennemi, en un ballet morbide... Et mortel.

      Qu'est ce qui l'avait animé ? Pourquoi ce regain alors qu'il avait enfin abandonné ?

      C'était encore la colère. C'était aussi sa fierté.
      Quitte à se bousiller, quitte à se détruire, autant l'être... en entier.
      Ne plus rien laisser derrière, plus aucune trace... de ce qu'il avait été.

      La créature ? L'avait-il seulement distingué ? L'avait-il seulement reconnue ? Pour lui, elle n'était plus qu'une lueur immonde, nimbée d'atroce... et d'ironie.
      C'était par ironie, qu'elle l'avait laissé pour mort. Peut-être par curiosité aussi ? Avait-elle compris ce qu'il voulait ? Avait-elle voulu se moquer encore plus, en lui refusant même, de le libérer ?

      Partie, laissant pour seule signature ces marques qu'il porte sur le visage. Elle était partie, et Vincent l'avait entendue rire... avant de sombrer complètement.

      Cet abandon avait été une mort. Qu'il ne pouvait supporter. Quelque chose s'était détraqué, en même temps que ses yeux scarifiés.
      Survivre ?
      ... si absurde. Que tout s'était évanoui, envolé. Ne laissant qu'un âcre fumet pour tout souvenir.
      Ne restait plus que ce corps ballant et vidé, ce corps qui pleurait le venin trop de fois ingéré. Ce gouffre insupportable qu'un vieil homme; péniblement, transportait.

      Les images derrière lui, continuaient de défiler, comme des déflagrations brutales refusant d'être saisies. Martelant les témoins de flash aveuglant, ne laissant pas le temps de les interpréter.

      La voix chevrottante d'un vieil homme, l'énumération de pas comptés, des hésitations, des tremblements d'une main qui apprend à voir... à imaginer. La lente narration, et ce savoir qui doucement, le remplissait. La découverte de l'insoupçonné, de ses connaissances, de ses livres qui par cette voix, par ses nuances si particulières amadouait l'écorché, pansant peu à peu ses plaies, l'amenant sur des rives qu'il n'avait jamais approché...

      Et puis il y avait les cauchemars, cîmes de ses abysses, qui tentaient parfois, quelques trouées masquées. Et cela tanguait, et tanguait encore. Là ! Un regard brun, un regard chaleureux et plein de promesse, un regard terni pourtant, par l'horreur, le malheur. Un regard... hanté.

      Ce ne sont plus que des bruits, des échos, des sensations. Une voix qui s'éteint, une promesse. Des halètements, des jouissances, des mots qui envoutent, qui figurent.

      C'est une violence, ce sont des zébrures, c'est quelque chose qu'il a senti, quelque chose, qui, malgré la brûme et ses pylones... Ressurgit dans son esprit.
      C'était un rire.

      ...qu'il devait nettoyer.


      Il est toujours devant, dans cette confusion qu'il ressent, qui le heurte. Le brouillard reste opaque, et si tout s'accèléra derrière... il n'a pas cillé devant.

    Les larmes ne cessent de couler sur son visage, et sa tête se redresse soudainement, se tournant vers l'endormie. Sa main presse celle qu'il tient, sa main aussi glacée que l'onde qui s'écoule. Le pantin reprend vie, la voix semble cassée, l'adolescent fourbu :

    « Ch'ais pas ce que tu voulais Eliade... Et en fait : j'm'en fous.»

    Il se redresse, ses jambes lui paraissent aussi molles que du coton.

    Comme s'il s'était brûlé,
    Sa main fuit l'emprise.

    Il se retourne, chancèle, se rattrape de justesse :

    « Cette race est vraiment minable, Tal'.»

    L'aveugle tente de se diriger. Sortir. Retrouver l'air, la liberté, loin de cette puanteur, cette puanteur qu'il peut encore sentir... Sans toutefois en distinguer l'effroyable matière. Oublieux de son arme, complètement saôul, sonné par l'insoutenable, il ne pense plus... qu'à se tirer.
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   24.10.09 3:05

« Kaiden » commença Talula.

Son ton abrupt trancha avec le silence qui s’était imposé dans la pièce, de plus en plus austère. La tension rendait la discussion difficile voire pénible, et c’était avec effort que la maquerelle utilisait un tact précieux et qu’on ne lui connaissait que peu.

« C’est vivre dans un monde idéaliste que de croire que des gens puissent être dignes de confiance. Mais si jamais Asphodèle venait à nous trahir…et par nous, j’entends notre race….ne vous ne demandez pas où irait mon allégeance. »

Sentant qu’elle se devait de préciser ses pensées, Talula se racla la gorge et remua, mal à l’aise à l’idée de s’exprimer aussi clairement sur le sort du gigolo avec qui elle s’était tant liée. Ce n’était pourtant pas faute d’y avoir pensé ; oh, combien de fois l’avait-elle fait, auparavant, retournant la question dans sa tête, profondément angoissée à l’idée que la confiance qu’elle accordait au délinquant pouvait bien être une erreur. Il est trop jeune, songeait-elle alors, observant la silhouette musclée et insolente du balayeur, les marques abruptes de sa virilité adolescente sur son corps, et les cicatrices qu’il arborait comme des armoiries de guerre. Mais Talula savait bien que, de près, ses cheveux s’ébouriffaient comme ceux d’un enfant et la forme sobre et affirmée de son torse était bien celle d’un adolescent.

Elle y repensa encore, en le voyant couché dans son lit, sa tête fiévreuse roulant sur le côté, la main jointe à celle d’un Oracle unique et trop puissant pour lui.

« Je le tuerai moi-même » continua-t-elle. Mais même à ses oreilles, les mots sonnaient creux et vides. Elle se tut pendant quelques temps, se sentant ridicule, et sachant bien qu’elle n’avait rien de convaincant. Quoi ? Promettre de tuer un gigolo aveugle, s’il venait à répéter son secret aux balayeurs ? Pour une femme qui venait de dévoiler sa nature au propriétaire du D-Bar, il n’y avait rien de plus ironique. Le visage de Caleb s’imposa à son esprit, ses yeux noisette éclairés par un sourire. Elle se revit dans ses bras, et la honte et la rancœur se mêlèrent à son désarroi. La maquerelle reprit vivement la bouteille de Maltat. Comme si l’alcool pouvait encore la tirer hors des limbes. Ne pas penser à lui.

« Notre race ne devrait pas vivre cachée. »
Sur ces derniers mots, elle tourna la tête vers Kaiden, regardant ses traits anguleux et tranchés, sa peau qui lui semblait si pâle comparée à la brillance de la sienne. Avait-elle cette même teinte, sous le fard et les paillettes ?

« Nous nous tuons à petit feu à jouer les clandestins. Nous avons tous perdu des proches lors du nettoyage. Nos naissances ont été baptisées dans le sang et la souffrance, pas celle d’une mère, mais bien la nôtre. Nous sommes traquées comme des bêtes, incapables de nous défendre ou d’être acceptés. J’ai aidé les autres comme je l’ai pu. Je vous aiderai comme je pourrai, Kaiden. Mais dis-moi une chose. Une simple chose. »

La maquerelle chercha les yeux du vampire. Elle se doutait de la réponse à la question qu’elle allait poser. Et elle n’attendait pas de Kaiden qu’il réponde, pas vraiment, en tout cas.

« Que feriez-vous, si le pouvoir d’Eliade la menait sur le mauvais chemin ? »

Sa réplique ne pouvait que rappeler celle du garde du corps, quelques instants plus tôt, à l’encontre d’Asphodèle. L’ironie aurait fait sourire Talula si elle avait eu l’esprit à la raillerie. Mais elle était on ne plus sérieuse, comme le prouvait son expression attentive.

Toutefois elle ne put attendre la réaction de Kaiden car, peu après, c’est la voix faible et éraillée du gigolo qui s’éleva du corps. Presque aussitôt, des larmes se mirent à rouler sur ses jours et la respiration du gamin se fit haletante et difficile. Comme un enfant en proie à un cauchemar duquel on ne pouvait se réveiller, les pleurs lui venaient de plus en plus fort. Talula n’avait plus de cœur au sens propre du terme, mais elle crut le sentir tout de même se serrait devant ce piteux spectacle. Et alors ? Que faire ? Se lever, arrêter là l’expérience ? Elle ne pouvait s’y résoudre ; il fallait aller jusqu’au bout.

Mais malgré le récent transfert magique, et contre toute attente, Asphodèle se réveilla, brisant le lien qui le retenait à Eliade, encore endormie. Talula se sentit quelque peu soulagée : au moins n’avait-elle plus à faire un choix difficile. L’état fébrile et borné du garçon eût tôt fait de la détromper. Elle détourna le visage lorsqu’il cracha son dédain pour sa race et qu’il se rattrapa de justesse au bord du lit. Ses jointures se serrèrent et pâlirent lorsqu’elle serra les poings.

« Crétin » siffla-t-elle en réponse « tu crois donc que tes petits amis et toi valaient quelque chose ? Vous êtes des menteurs et des lâches » dit-elle, un peu trop vivement à son goût.
Qu’est-ce qui m’arrive ? se demanda-t-elle silencieusement. Les mots ne venaient pas à ses lèvres, et en se rendant compte qu’elle était en train de laisser l’adolescent affaibli aller droit au prochain mur, elle entreprit d’aller à sa rencontre. Elle le saisit à bras le corps pour le redresser.

« Là. » Sa voix se fit basse et sensible sur cette syllabe, puis, comme frappée par la foudre, Talula récupéra un ton dur et froid, camouflant ses émotions aiguisées. « Où est-ce que tu comptes aller ? »
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   06.11.09 21:29

Bien qu’ayant le dos tourné, Kaiden n’en demeurait pas moins attentif aux réponses de la maquerelle.  Ses pensées tournées vers Eliade, toujours endormie, il tressaillit toutefois à l’entente de son prénom et inclina légèrement la tête en avant, les sourcils froncés. Instinctivement, il sentait que la vampire n’était pas moins troublée par cette étrange soirée que par ses propres pensées. Il n’osait cependant pas l’exhorter à s’exprimer plus librement. Lui-même se bornait à un professionnalisme frôlant le dénie de soi. Si Eliade possédait les rennes de son existence, il avait lui-même placé les œillères qui le maintenaient sur cette route escarpée où elle le conduisait. Kaiden ne se sentait simplement pas le droit de la trahir, bien que ce retour à Secaria l’eut emplit de terreur. Eliade devait forcément avoir raison. Ou bien il n’avait plus qu’à mourir, de nouveau, car tout cela, la disparition de Sophia, sa propre quête, n’auraient servit à rien.

Alors, sincèrement, qu’est-ce qu’il en avait à foutre de son allégeance ?

Dans le fond, n’était il pas seulement un égoïste ?

Son regard se voilà un instant, le front marqué par le soucis. Non, il ne se pensait pas véritablement égoïste mais force était d’admettre que la quête d’Eliade avait pour but de convaincre une majorité de Vampires à rejoindre sa cause, si ce n'est la totalité. Le pourrait-elle seulement ? Nombreux avaient été ceux qui avaient ignoré ses avertissements, et encore aujourd'hui les vampires refusaient de croire à un proche malheur. De là à les blâmer, il n'y avait qu'un pas, mais Kaiden s'y refusait. Fuir, ou se faire reconnaître. Ou bien combattre. Quelle était véritablement la meilleure solution ? Dans ce monde, l’ignorance n’était-elle pas leur chance de survie à tous ? Mais Eliade voulait vivre. Et lui-même voulait vivre.

« Je le tuerai moi-même »


Le pourrait-elle seulement ? Ce n’était même plus une question de trahison ou d’allégeance. Cela dépassait ce en quoi ils avaient cru jusqu’alors. Morts, ils n’en demeuraient pas moins incapable de ressentir. Talula était attachée à ce garçon, cela ne faisait aucun doute, peut-être à s'y perdre. Mais Kaiden hésitait à juger cette promesse. A juger la maquerelle. Stupide ? Courageuse ? Effrontée ? Il ne la sentait pas incapable de tuer. Mais le tuer serait sans doute au-dessus de ses forces. La cause des Vampires n’avait pas à justifier un assassinat, que ce gamin les trahisse ou non.

Kaiden tendit la main pour attraper la bouteille d’alcool, portant le goulot à ses lèvres avant de se raviser. Le maltat n’était pas non plus une solution et il se résigna à affronter les choses en face, pour une fois. Que ferait-il si Eliade déconnait ? La maquerelle avait une fois de plus frappé en plein dans le mille et la question méritait une sérieuse réflexion. Non entachée d‘amertume si possible, songea-t-il en chassant le visage de Sophia. Ce même visage qu'elle lui avait offert en déclarant avec fermeté qu’ils ne quitteraient pas Secaria. Il avait déjà commit l’erreur de se taire, de suivre son cœur par amour. Mais l’amour n’était aucunement présent dans sa relation avec Eliade. Il lui était dévoué, et n’hésiterait pas une seconde à lui obéir.

Toutefois, cette confiance ne l’empêcherait pas de lui venir en aide si Kaiden se rendait soudain compte que le but d’Eliade était voué à l’échec. Il ne permettrait jamais qu’elle commette une si grande erreur, sans pourtant craindre son assassinat, car son devoir était de la protéger de divers attentats. L'erreur ne pouvait concerner que son statut au sein de la communauté vampirique. Elle avait conscience de son importance, de cette place enviée de prophétesse, de faiseuse de miracles, mais si cela la poussait à agir avec plus de fermeté envers les Vampires, sous couvert de vouloir les aider, Kaiden se sentait prêt à la retenir, d’une main sur l’épaule, comme il l'avait toujours fait. Ils possédaient le choix de la suivre ou non, libres de s’entêter à demeurer dans l’ombre jusqu’à ce que l’un d’eux, affamé de reconnaissance, se fasse attraper et signe leur perte. Libre d'en être les seuls responsables. L’idée de les soumettre était aussi stupide que la promesse d’assassiner un jeune garçon.

Bien évidemment, ce n’était pas à Kaiden d’en décider. Il demeurerait simplement présent, à agir de son mieux. Comme il l’avait toujours fait.

Mais il n'eut le temps d'exprimer cette pensée clairement (doutant d’ailleurs de pouvoir le faire, malhabile à l’oral), qu'il fut interrompu par le réveil d’Asphodèle. La voix du garçon, quelque peu enrouée, le fit sursauter et Kaiden perdit un instant son masque de neutralité pour se précipiter sur le lit, sans une once d’hésitation. Le lien étant brisé, il n’avait plus à craindre de blesser involontairement Eliade mais prit place à ses côtés avec prudence, sans oser toucher ses mains. Laissant Talula s’occuper de son ami, il se pencha sur le corps de l’Oracle, cherchant un moyen de lui faire sentir sa présence et ainsi la guider vers la réalité.

Bordel mais que s’était-il donc passé, et pourquoi cela avait-il duré aussi longtemps ??

En appui précaire sur le lit, Kaiden vint effleurer le front de la jeune femme qui tardait, beaucoup trop d'ailleurs, à reprendre conscience. Il se sentait capable de l’emporter jusqu’à cette demeure impersonnelle qu’elle avait réussit à acquérir, et cela à la force de ses bras. Le bordel n’était pas un lieu sur, surtout au vu de la présence désagréable de cet avorton qui ne cessait de grommeler. Son échappée semblait d'ailleurs fortement compromise par l'entêtée maquerelle.

Bien fait.

- Eliade… réveillez vous Eliade…


Et que cet imbécile arrogant dégage avant que le garde du corps ne se décide à lui tirer les vers du nez. Tout en douceur, naturellement.


Dernière édition par Kaiden le 24.02.10 1:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   08.11.09 3:59

Citation :

Elle l'a vue. Fugace, rapide, mais clairement distincte. Un regard qui ne saisit pas l'étendue de l'horreur. Non... Un regard qui conçoit l'horreur et la souffrance comme quelque chose de vital, de bon. Une créature fine, merveilleuse, aux cheveux pâles, et un sourire qui aurait sans doute arrêté le coeur d'Eliade si elle n'était pas déjà morte. Mais à peine l'image était-elle apparue qu'elle se noie, comme si elle n'était jamais passée, comme si Eliade l'avait imaginée, importée. Ou comme si elle devait nécessairement être cachée.
Elle veut avancer, voir, rechercher cette chose qui se terre dans l'inconscient, mais à peine un pas était fait qu'il apparaît devant elle.

Eliade se ravise, incertaine. Il n'a pas l'air de le voir, mais son oeil valide la transperce, l'accuse. Elle fait du mal, et elle le sait. Mais elle ne s'arrête pas. Elle ne veut pas s'arrêter ainsi. Il y a quelque chose d'autre qu'elle doit savoir, par précaution. Quelque chose qui ne se cache pas dans le passé, mais dans le présent. Alors elle le défie presque du regard. Il se montre ferme, glacial, et ordonne, mais elle l'ignore.

"Non... Les plaies doivent être exposées pour être soignées. Et je n'ai pas encore terminé."

Les paroles étaient à peine prononcées qu'elle les regrettait déjà. Rien ne s'arrêtait, au contraire. Le reste fut soudain, les images défilèrent trop vite pour s'arrêter. Et lui, il restait immobile, comme anesthésié, comme s'il ne voyait pas, ne ressentait pas ce qui se déroulait derrière lui.

Mais Eliade le sentait, elle. Le désespoir, l'abandon, la colère, l'incertitude, la peur, quelque chose qui voudrait rassurer mais qui ne peut réellement soigner l'âme. Elle n'arrive plus à remettre de l'ordre dans ce qu'elle aperçoit. Les émotions se cumulent à une telle vitesse qu'elle ne gère plus rien. Pire, elle s'y perd, se fait totalement submerger. C'est trop, beaucoup trop. Elle chute, à genoux sur ce sol instable, quand tout s'emballe encore plus autour d'elle.

L'Oracle aurait pu paraître si paisible si elle ne s'était pas mise brusquement à trembler, ses traits se troublant peu à peu, comme prise dans un cauchemar pénible, trahissant une douleur inconnue. Le contact fut brusquement brisé, Asphodèle se releva, Eliade ne bougea pas.

Citation :

Elle est recroquevillée au sol, les mains enserrant ses tempes, incapable de prononcer le moindre mot. Sa hargne est trop violente pour elle. Elle ne peut la contenir, l'affronter ainsi. Il disparaît brusquement, les ténèbres s'imposent, comme si quelqu'un avait simplement pressé sur le bouton off. Mais elle le ressent encore, et ça l'épuise. Elle gémit, perdue, et cherche encore. Mais ce n'est plus une réponse qu'elle veut. LA réponse, elle l'a. Cette réponse qui annonce les activités actuelles d'Asphodèle, cette réponse qui le dit balayeur, même si l'oeuvre qu'il accomplir ne correspond pas à ce qu'elle a ressenti. Il n'est pas une menace, mais il peut s'avérer dangereux.
A ce stade, elle néglige cette réponse. Il lui faut trouver quelque chose, n'importe quoi. Une chose à laquelle lui permettre de se raccrocher, peut-être pour se faire pardonner son erreur, son agressivité. Mais surtout quelque chose qui, en apaisant les souffrances du jeune homme dans un quelconque future, fera cesser celles qu'elle ressent encore maintenant et qui la piège entre deux mondes.

Tremblante, elle sent ses forces l'abandonner, alors qu'elle se concentre sur ce lien qui la torture encore, et à partir duquel elle peut se projeter. Seules quelques secondes s'écoulent, mais pour elle, c'est des heures qu'elle encaisse. Mais elle trouve, enfin, cette chose salvatrice. Enfin, la douleur cesse son ascension pour retomber peu à peu, comme elle est tombée sur ce sol inexistant qui enfin ne bouge plus. Mais il fait si froid dans les ténèbres...

Mais soudain, elle sent une caresse, si proche.

- Eliade…


La main de l'Oracle se mit à bouger, dans un geste précis, allant s'agripper à celle de Kaiden, comme pour se raccrocher à quelque chose de tangible. Mais elle n'ouvrit pas les yeux et ne répondit que par un faible gémissement, sans encore ouvrir les yeux.

Citation :

Il fallait bouger, émerger. Si elle se terre dans cette obscurité encore trop longtemps, qui pouvait savoir ensuite les heures qu'il faudrait attendre pour qu'elle récupère les forces nécessaires à son éveil?

réveillez vous Eliade…


Il ne doit même pas avoir conscience de la sauver une fois encore. Sa voix la guide, elle ne peut pas être perdue grâce à lui. Elle se relève, chancelante, lentement.

Et elle émergea enfin. Elle fut prise d'un sursaut, puis rouvrit enfin les yeux, difficilement, comme s'il y avait trop de lumière dans la pièce. Elle s'agrippait toujours à Kaiden, tournant vers lui un regard de soulagement et de reconnaissance, murmurant d'une voix brisée.

"Merci..."
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   19.11.09 9:18



    Tempêtes et slaves empoisonnées, les mots, les mots surgissent de ses lèvres. Ne sont encore que quelques bruits qui lentement s'élèvent, le ramenant peu à peu vers l'instinctif, ce familier. Cette verve qu'il n'a jamais pu complètement oublier.

    « Moi ? » un léger sarcasme hautain, lors qu'il sent ses mains à elle -la seule du genre, qu'il respecte vraiment- le redresser, comme on le ferait d'un gosse hésitant encore à marcher.
    Il essaie de se débarrasser de l'emprise, mais sa dernière aventure l'a littéralement vidé, il ne peut que s'agripper un peu plus à elle. Pour ne pas complètement flancher, trahissant cette faiblesse qu'il n'avait jamais montré.

    « … mais voir 'mes petits amis'. Comme un lâche et un menteur. Ah ! Non. Je viens de l'avouer. Alors c'est la vérité. » Il ricane.

    « Tu veux pt'êt que je les appelle ? Mes nouveaux copains et moi, c'est qu'on s'entend tellement, qu'une ptite fête ici ferait plaisir à tout l'monde, hin ? »

    L'animal blessé se ruera contre l'arme qui l'opprime. L'aveugle pas tout à fait remis s'en voulait. Oh oui. Froidement en colère pour ne serait-ce qu'avoir un instant, pensé qu'une toute autre sorte de lien les unissait. Du genre à se foutre de race, des étrangers. Qui étaient les menteurs à présent ? Cette vampire -sa patrone, celle qu'il considérait presque comme amie- qui ramenait de ses êtres bien plus dangereux, bien plus dérangeants. De ceux prêts à mutiler ceux dont on était proches ?
    Il n'avait pu le percevoir autrement, comme un morceau qu'on lui arrachait, comme une plaie purulente qu'on voudrait cautériser. A la flamme ardente de ses révélations, qu'il ne voulait pas entendre.

    Et p'tit con, t'as au moins capté un peu ce qui t'entourais ? Ptêt bien la première fois que tu la sens aussi ébranlée, la maquerelle. Ses tours de passes-passes ne marchent pas avec toi. Toi, tu sais très exactement ce qu'elle est, ce qu'elle ressent. Quand ses doigts qui te tiennent toujours et se crispent sur ta chair. Toi, toujours maintenu à elle, la défiant sauvagement.
    Tu sais, tu sais qu'à toi... elle tient vraiment?

    « Qui ment, Tal' ? C'est qui le lâche là ? J'te fais si peur que t'as b'soin de sorcière pour vérifier que je vais pas te crever ? »

    Une intonation pleine d'amertume.

    « Mais t'as raison. J'f'rais bien d'appeler 'mes copains', 'stoire qu'ils nous débarrassent d'autres crétins voraces de vot' genre. »


Dernière édition par Asphodèle le 01.12.09 1:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   23.11.09 4:27

Les mots claquent. Et touchent leur cible.

S’enfonçant en son cœur comme autant de balles. Talula se fige. Ses épaules, imperceptiblement, se carrent, son menton orgueilleux se redresse. Tout chez cette femme est position de défi, position d’attaque.

D’ailleurs, elle redresse son bras à la peau suavement dorée. Tes mots claquent, Asphodèle ? Voyons comment tu apprécieras…l’ironie de la situation.

Ses prunelles se sont dessinées, (enchantement ? bizarrerie ?) Ses yeux blancs sont assombris par un ciel d’orage...au sens propre. L’air, dans la pièce, semble se consumer à toute vitesse, comme aspiré par un siphon. Il règne une sensation centrifuge, une sensation de mouvement implosif, difficilement contenu. Il n’y pas vraiment de bruit à proprement parler, mais il y a un son, oui, le son d’un vent qui battrait la toundra à plusieurs kilomètres par heure, un son aigu et continu.

Puis, plus rien. Le bras retombe, les épaules s’affaissent.
La Rough est partie, la maquerelle est de nouveau en contrôle.

**

Talula n’était pas en colère. Non. Elle avait dépassé ce stade. La trahison, marquée au fer rouge, lui avait d’abord fait mal. Avec l’hume de la dernière fois, et maintenant Asphodèle…Asphodèle. Puis, la magie Rough l’avait consumé quelques secondes, apportant de la chaleur dans son corps, engourdissant son esprit de terribles tourbillons, épuisant les fibres mortes vivantes de son être. Elle n’avait aucune idée de ce que les autres avaient pu voir, ressentir ou entendre – chacun avait sa vision des choses – et ne désirait aucunement le savoir. Elle était fatiguée, voilà, la magie l’avait épuisé, et il lui restait à peine la force de maintenir son apparence. Non, perdre la face, perdre le masque…était de trop ce soir.

Elle reprend la parole d’un ton glacial et désappointé.

« Tu me déçois, gamin. »

Sur ses lèvres, et Talula le savait, c’était une insulte. Tout le monde surnommait Asphodèle ‘gamin.’ C’était une habitude qu’on prenait vite en sa présence. Mais elle, la grande pute, avait préféré l’appeler autrement. Elle n’avait jamais vu en lui un gosse. Elle y avait vu un semblable. Pauvre conne.

Elle recula, se détournant de la masse affaiblie du nettoyeur.


« Ce n’est pas la peine de revenir. »

Son regard, encore parcouru de gangues de lumières bleuâtres, aux reflets troubles, glissa sur les deux vampires. Eliade et Kaiden, Kaiden et Eliade. Elle manquait de force pour les considérer, pour jouer son rôle de mégère princière. Leur retrouvaille serait presque touchante.
Mais Talula n’a plus envie d’être là. Et eux, par contre, sont dans sa chambre, cette pièce sacrée où la vampire se retranche et lèche ses plaies, ou parfois, comme des ombres, des clients passent, payant le prix fort pour le gros lot du bordel. Cette pièce où elle a tant besoin de méditer en ce moment même.


« Vous allez bien, Eliade ? » finit-t-elle par demander.
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   27.11.09 1:30


    - Chuuut, se contente-t-il de lui répondre, Tâchez de vous reposer Eliade…Kaiden demeure présent, se foutant bien de ses merci tandis qu'il se repaît de ses yeux grands ouverts. Cela lui suffit. Eliade est là, Eliade n’a pas abandonné. Eliade ne l’a pas abandonné. Il n’ose pas encore caresser sa main, mais se contente de son front, des cheveux fins qui le parsèment, humides de sueur. Dans l'immédiat, la prophétesse n'est pas en état d'aller où que ce soit, alors il lui laisse le temps, pour tout. Les réponses viendront. En attendant il n’y a qu’eux.Et ce crétin de balayeur qui les menace.Il lui suffirait de quelques secondes pour anéantir cette menace qui pèse sur Eliade. Mais Kaiden n’est pas con, et il se permet de douter. Car derrière ces mots se cachent sans doute tout autre chose, et ce n’est pas le chasseur mais bien un gamin qui parle. Un gamin. Mais aussi et avant tout un gosse sous la responsabilité de Talula. C’est son bordel, c’est son espèce, c’est son ami. A elle donc de régler ce problème. La maquerelle est assez grande pour se démerder seule, et Kaiden se voit mal lui apporter un quelconque soutient sans se faire aussitôt renvoyer dans les buts. Elle est forte, elle le montre, et Kaiden retourne à l’Oracle sans plus hésiter, bien qu’il demeure à l’écoute de la dispute naissante, et de ses propres pensées parasites. Une balle, juste une balle suffirait. Il a confiance en son don, il sait où le garçon se trouve, et même si ce dernier |i]voit[/i] tout, il lui restera l’effet de surprise, quelques précieuses secondes à peine, juste le temps de lui loger une balle en pleine tête. Fatale, si possible. Mais ses mains demeurent là, l’une d’entre elle inerte reposant sur le lit, en appuie, et la deuxième qui passe et repasse dans la chevelure blonde de celle qu’il doit à tout prix protéger.Bien sûr, laisser à Talula le soin de régler cette affaire comporte un risque. Le risque qu’elle perde définitivement son calme et à cet instant, elle n’en est pas loin. La magie feule, comme un félin au dos arqué qui se prépare à attaquer, et sans doute ce morveux l’aura-t-il bien cherché. Mais presque aussitôt, son courroux s’apaise, elle reprend le contrôle. Et la main de Kaiden se décrispe sur les draps. Juste une balle, ou deux, pour calmer sa terreur naissante parce que merde il ne contrôle plus rien. La déception pointe dans la voix de la maquerelle, et Kaiden cille, vaguement coupable d’avoir foutu en l’air quelque chose d’important, même si c’est sans doute loin d’être aussi simple. Et loin d’être terminé. Le gamin semble décidé à partir, ce qui est une bonne chose en soi, mais quelque part, il n’en a pas finit avec lui, et lorsque son regard accroche le bâton délaissé près du lit, il sait qu’il n’aura qu’une chance pour lui faire comprendre qu’il y a des enjeux plus importants qu’une simple amitié, qu’une rencontre fortuite dans un bordel. Il se relève, offre un sourire à Eliade, car elle n’a pas à s’inquiéter, il revient vite, et se veut rassurant. A regret, il délaisse la main qui l’accroche encore pour attraper le bâton. Un simple coup d’œil à la maquerelle avant qu’il ne la dépasse et ne barre la route au non voyant qui s’apprête à sortir.Il ne dit rien. Il n’a pas besoin de mots. Il se contente juste d’entraver sa route, de lui faire comprendre qu’il oublie quelque chose. Quitte à ne plus revenir, autant qu’il ne laisse aucune trace de son passage, aucune excuse, n’est-ce pas ? Kaiden le regarde. Il sait très bien qu’Asphodèle n’a pas besoin de voir, ou même d’entendre pour comprendre ce qu’il a à lui dire alors il se contente de ressentir. Ressentir cette affection qu’il porte à Eliade, ce besoin de protéger son rêve, si flou parfois, qui se perdra peut-être, car après tout, rien n‘est décidé d‘avance. Mais ce rêve existe, aspire à se concrétiser, et continuera d’exister quoiqu’il arrive, parce qu’ils œuvrent pour le bien de toute une communauté. Et dans le fond, Talula doit bien y croire pour avoir accepté de les aider. Se mêle alors ces sentiments nouveaux pour la maquerelle, cette confiance qu’il vient de placer en elle. Talula veut les aider, va les aider, comme elle a déjà aidé le gigolo. Qu’il s’en rappelle ! Et son regard se fait féroce sous le besoin qu’il ressent de lui faire comprendre que cela le dépasse, que cela les dépasse tous, mais qu’il n’y a plus de place pour l’égoïsme. Ressentir ce doute qu’il porte au non-voyant, parce qu’il vient de vivre quelque chose dont Eliade ne lui parlera peut-être jamais. Mais parce qu’il vient de la croiser, quelque part dans ce monde qui n’appartient qu’à lui, alors ils sont liés, et il ne doit pas l’oublier. Il ne doit rien oublier mais au contraire tout ressentir. Et lui-même le ressent comme un hume le ferait, lui qui n’aspirait sans doute qu’à vivre comme un bienheureux, ce que doivent parfois rêver les personne comme Asphodèle.  Mais il n’est pas à sa place, encore moins dans sa tête, et lui laisse le droit de partir en leur crachant dessus, parce que merde c’est son droit.
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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   01.12.09 4:30

Des paroles virulentes qu'elle n'écoutait qu'à peine. Kaiden était là, rassurant, comme toujours, l'apaisant par sa simple voix. Elle voudrait bien l'écouter, se reposer, le sachant juste là, ce serait tellement simple, tellement apaisant. Mais elle ne peut pas. Elle se redresse, péniblement d'abord, clignant plusieurs fois des yeux. A croire qu'il y avait décidément trop de lumière dans cette pièce. Le décor inquiétant et sombre qui l'oppressait, la houle qui lui soulevait le coeur, tout ça s'en était gentiment allé à présent. Mais il restait encore comme un relent de vague, un bourdonnement qui allait et venait dans sa tête, et s'estompait lentement comme si l'océan fuyait la terre. Mais c'était encore là et l'étourdissait. Elle s'était assise à présent, repliant ses jambes sur le côté. Où était-elle? Ce n'était pas la pièce dans laquelle elle se trouvait au moment où son pouvoir l'avait emporté malgré elle. Mais c'était sans importance finalement. Elle se savait étrangement en sécurité ici. Non pas uniquement grâce à Kaiden, mais aussi à la maquerelle.

Quoiqu'un étrange doute la traversa et elle se mit à frémir alors que le pouvoir de Talula se manifestait, hors contrôle. La sensation d'un mouvement supplémentaire lui rappela celui du navire, le cri d'un nouveau-né revint l'espace d'une frêle seconde lui vriller les tympans, ses mains remontèrent pour se plaquer contre ses oreilles. Mais à peine le geste était achevé que tout s'en était allé. Et Kaiden ne tarda pas à suivre le mouvement, pour se redresser, barrer la route à l'aveugle. Non, il ne s'agissait pas de menace, juste d'avertissement. Eliade se glissa lentement vers le bord du lit pour se relever. Finalement non, elle restera assise encore un peu. Le sol lui donnait encore parfois l'impression de tanguer. La voix de Talula lui fit redresser un peu plus la tête, elle croisa son regard, vit sans mal l'étendue des dégâts qu'elle avait elle-même provoqué. L'Oracle se voulait rassurante, comme l'indique son sourire à présent. Elle a repris contenance, mais derrière sa réponse implicite offerte à Talula, le regret était perceptible.

"Ne lui en voulez pas. Il ne fait que se protéger."

En mordant la main qui s'était tendue vers lui, mais ce n'était qu'un réflexe, n'est-ce pas, Asphodèle? Le regard noir se reporta sur le non voyant, pour passer à Kaiden et faire à nouveau le chemin jusqu'à Asphodèle. Il y avait quelque chose encore, une chose qu'elle devait partager, qu'elle devait dire.

"Je t'ai blessé, j'en suis désolée. Mais je t'en prie, écoute juste ce que j'ai à dire. Je ne te demande pas d'y croire, juste d'en tenir compte."

Moui, comme si après ce qu'elle lui avait imposé elle avait la plus petite chance d'être écoutée. Mais il fallait quand même qu'elle le dise, ne serait-ce que pour faire un tout petit peu pencher la balance. Un changement infime, mais à Sécaria plus qu'ailleurs, un détail insignifiant pouvait changer pas mal de choses.

"Il existe un personne qui pourra te sauver. Une femme, aux boucles claires, au sourire d'ange. Mais sois prudent, celle aux yeux d'or qui rit... Elle va revenir, elle te cherche. Ne la laisse pas te faire du mal, contrairement à ce que tu penses, il y a dans cette ville des gens qui tiennent à toi. Et certains dont tu ne soupçonne sans doute pas encore l'existence."

ça y est, elle peut se relever à présent, prenant appui contre le mur, près du lit. ça allait, ses jambes la soutenaient, la houle s'en était allée.
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Signalement : Hûme d'un peu moins de 20 ans, 182cm, musculature sèche, plutôt maigre. Peau hâlée, tignasse brune, cicatrices en bandeau, oeil gauche laiteux et borgne, oeil droit d'un bleu profond mais inexpressif. Piercings à l'oreille. D'autres cicatrices de part et d'autres.


MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   01.12.09 9:59

    Comme si soudainement, deux mains l'étranglaient. Comme si on l'avait secoué de toutes parts , qu'il expulse ses dernières goulées d'air. Comme un noyé, l'aveugle s'asphyxiait. Une pression sur le cœur, sur tout le corps, il pèse en un instant... plusieurs tonnes de ressentiments.
    Mais c'est son odeur à elle -sa marque- qu'il sent tout autour. De lui, du paysage, de cette atmosphère portant son empreinte, son aura ensorcelée qui se diffusait, pleine de morgue viciée, fouettant à ses oreilles un hurlement striant et glacé.

    Il a déjà cillé. Il a même redressé son bras, comme pour parer une attaque... avant que la tempête ne se calme aussi vite qu'elle venait de naître. A moins qu'il ne s'agisse de l'œil du cyclone. La maquerelle était plus touchée encore que l'aveugle n'aurait pu le comprendre, jamais, elle n'avait perdu autant de sang-froid (ha-ha!) devant lui. Jamais craquer. Il n'y avait jamais eu que ce qu'il devinait. Jamais d'émotions aussi ouvertes, aussi déchaînées, mais...
    Asphodèle n'en avait cure, la douleur rend sourd et... aveugle. Il se foutait bien de ce qu'il lui parvenait, de ce qu'elle avait laissé... filé.

    Il n'y avait pour l'heure, que cette rancœur qui le rongeait. Vicieuse et tortueuse.

    « Tu me déçois, gamin. »

    Silence. Tu ne l'écoutes déjà plus, tu sais déjà ce qui vient après. Tu sens que c'est pas la première fois que tu entends ce genre de litanies-là. Alors non, de toute manière, tu n'y comptais pas. Et même la tentative de l'Oracle n'y pourra rien. Silence. Tu le gardes encore, quand ton amie s'éloigne et déchire ce lien si frêle. Plus de colère, de l'amertume que tu sais déjà devoir noyer en tes abîmes oubliés.

    C'est à peine si t'effleurent ses envies meurtrières à lui, ses menaces tues qui t'assaillent pourtant, revenant, insistantes en rafales. Comme le ferait une myriade de balles, qu'un flingue aurait tirées.

    Une moue dédaigneuse qui apparaît. Asphodèle paraît s'être déjà remis de ce qui vient de le brûler, après tout, l'important : il l'a déjà oublié. Et le masque insolent d'une morgue qui ne s'apprend plus, s'est de nouveau incrustée dans le moindre de ses pores. Il ricane face aux démonstrations du vampire. Mais le ton de la divinatrice ? Sa mâchoire se crispe.

    « Comme si j'en avais quelqu'chose à foutre. »

    Fy-rex semble s'animer dans cette main étrangère, comme rejetant cette emprise indésirable. L'adolescent bien vite a arraché l'arme, en caressant soigneusement la moindre aspérité, défiant cyniquement le garde du corps à l'aura si brune. Le gamin veut partir, le gamin n'a plus qu'une seule hâte et toutes les excuses cadavériques du monde ne sauraient le retenir. Mais le bâton toque trois fois, une foutue prédiction est lancée lorsqu'il s'élance déjà, s'orientant grâce aux balancements réguliers de son arme raclant le sol.
    Il se fige. Sourire. Sans se retourner.

    « Vraiment..., c'est un murmure.
    Vraiment, Eliade, les charlatans font tous des erreurs... minables. Si tu savais vraiment. Si tu savais. Les gens se foutent bien des étrangers, et même, au cas où tu l'aurais pas pigé, j'serai incapable de les reconnaître, tu vois. »

    Il se gausse encore, acide.

    « Conneries de femelles aux dents longues. Qu'on cherche à me blesser ? Ha-ha-ha ! Est-ce qu'il faut être voyant pour l'deviner ? Ou simplement déjà savoir comment on fait, hin ? »

    « Vous me dégoûtez. »

    Il a mis encore un temps à trouver la poignée, suffisamment pour percevoir dans son échappée, d'autres paroles qui pourraient être lancées. Mais pour l'instant, rien d'autre ne compte que :
    Sortir, sortir vite. Et ne plus jamais revenir.

    Plus jamais.



=> Une dizaine de jours plus tard, sous une lune pleine : la rencontre.
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- Les sensations pures... -

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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   02.12.09 5:09


Sans rien dire, la maquerelle est retournée s’asseoir. Son expression est absente, éteinte, elle porte une main pâle à son visage. Quelques mèches délavées se sont libérées de leur carcan noueux, camouflent ses pommettes orgueilleuses et ses lèvres boudeuses.

Les paroles de l’Oracle la laissèrent d’abord coi. Le grognement que Talula émit ensuite n’avait rien de bien humesque, mais les mots ne franchirent toujours pas ses lèvres.

*Ne pas lui en vouloir ? A ce chien ! Bien sûr que je lui en veux ! *

Un sourire railleur se forme sur le visage d’ambre, un rictus perfide et haineux. Ce ton, plein de remords : commisération. Elle ne le méritait pas – mais sur le moment, étrangement, elle l’appréciait. Toutefois, elle relève le visage, observe sans rien dire la scène, muette comme une tombe. Ses doigts se crispent le long de ses genoux dénudés.

Citation :

‘Qu’est-ce que tu as fait, hein ?’ s’exclame sa mère adoptive.
Alexandrine baisse la tête, fixe ses pieds. Elle cherche ses mots, n’en trouve pas.

‘Sale petite gamine, jamais je n’aurais du te sortir de ton bousier. J’aurais dû te laisser crever. Quelle idiote ! Je t’offre l’immortalité, la survie, et tu cours offrir tes fesses au premier hume venu ! Quand est-ce que tu comprendras que tu n’es plus comme eux, Alexandrine ? Tu es morte. Décédée. ’

La jeune fille s’agrippe aux rebords de sa jupe à rubans comme s’il s’agissait d’une planche de survie. Ses mâchoires blanches se crispent. La rage le dispute à la peur. Quelques boucles sales tombent devant son visage.

‘….mais je l’aime’ bafouille-t-elle. ‘ Il a toujours été là pour moi ! Il…il s’est occupé de moi ! Il m’aime !’

La vieille vampire soupire, puis ricane.
‘ Bien sûr. Il t’aime. Sûrement pour ça qu’il s’est enfui en voyant ta jolie couleur cadavre. Nécrophile, ton ami ? Ah ! Tu te berces d’illusions, Alex. La vie est cruelle. Si je t’ai adoptée, c’était justement parce que je pensai que tu le savais déjà. La semaine dernière, lorsque tu étais allongée au milieu des immondices pour te réchauffer, est-ce que ce petit copain s’est ramené pour te sauver ? …réponds !’
‘….Et qu’est-ce que tu en sais, connasse ?!! Tu ne sais rien de lui ! Ne prononce même pas son nom, ou j’te…je te… ’
‘ Comme tu voudras, Alex. Comme tu voudras. Tu te rendras compte bien assez vite que j’ai raison. S’il lui arrive quelque chose, il n’y a que toi qui pourras t’en vouloir. Au fait, prépare tes affaires. Nous partons dès demain pour Lespure. ’ *


Elle n’allait pas oublier. Elle n’oublie jamais rien.
C’était deux monstres de rancœur et de mensonge qui se faisaient face – qui se fuyaient.
Talula ne dit plus rien. Renfermée dans son silence, elle contrôle la situation et récupère son sang froid. Elle ne se l’avoue pas, mais cet exploit, elle ne le réalise que par la présence de la prophétesse et de son garde du corps, dont les maladroites tentatives la raccrochent à la réalité qu’elle serait bien tentée de couper ici. Leurs voix, aussi éthérées soient-elles dans son épuisement, la gardent présentes. La prophétie particulièrement résonne une dernière fois dans ses tympans, comme un avertissement – mais de quoi ? Pourtant, la vampire n’a pas pour le moment la force ou l’envie de se poser des questions et laisse couler la scène.



[hrp = désolée pour la platitude de la réponse >.< ]
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre   02.12.09 13:30

[hrp: Désolée aussi. J'ai essayé de boucler ce topic le plus vite possible. Si y'a un truc qui gêne, hésitez pas ^^]

***

Ainsi, Eliade avait une prophétie à lui offrir. Tout ceci, pour une simple prédiction. Une vision non pas apocalyptique mais la venue d’une femme dans sa vie. Une femme soi-disant capable de l’aider. Non, vraiment, Kaiden demeurait pour le moins perplexe. Il arrivait souvent qu’Eliade entre en transe mais jamais pour une prédiction aussi… simple. A moins que ça ne soit qu’une pièce dans l’engrenage. A moins que cette prédiction ait le pouvoir de lui faire changer d’avis sur les vampires. Une femme vampire ? Si c’était le cas, alors il lui souhaitait bien du courage. Rien n’était pire qu’une relation entre hume et vampire. Car l’un d’eux vivait, et l’autre se contentait de le regarder vieillir, sans avoir d’autres possibilités que de le tuer pour que leur amour résiste au temps. Tuer. Pour mieux renaître dans une vie immonde où ils n’étaient rien. Où ils devraient fuir. Kaiden en avait fait la demande, car Sophia n’aurait jamais eut la force de le lui proposer. Peu de vampires la possédait. Peu de vampires tombaient amoureux d’un hume. Peu de vampires croyaient encore à l’amour.

Kaiden s’ébroua. Il n’était pas l’heure aux pensées romantiques, dramatiques, et il savoura le départ du gamin avec l’ombre d’un sourire aux lèvres. Égoïste, stupide, et foutrement orgueilleux. C’était dangereux de le laisser partir, mais Eliade avait confiance. Revenant à ses côtés, il observa le visage de la maquerelle, perdue dans ses pensées. Glissant un bras dans le dos de l’Oracle pour la soutenir, il la jugea apte à affronter le retour. Tant mieux, il lui tardait de rentrer dans leur petite maison et de retrouver le confort de son lit même si l’aube mettrait encore quelques heures à venir. Se raclant doucement la gorge pour attirer l’attention de Talula, il murmura avec douceur:

- Nous allons rentrer maintenant…

Plus de prophéties, plus d’évanouissement. Rien, juste eux deux et le repos qu’ils avaient amplement mérité. Son regard se fit reconnaissant à l’égard de la maquerelle, mais il se refusa à la remercier. Leur venue avait fragilisé l’amitié qu’elle partageait avec ce balayeur et il valait mieux partir avant que Talula ne décide de rester à l’écart de leur quête. Il laissa néanmoins le temps à Eliade de s’exprimer avant de la guider vers la porte.  Il sentait la vie juste derrière, sans doute deux ou trois prostituées qui, trop curieuses, s’étaient approchées dans le but de surprendre un morceau de leur « conversation ». Beaucoup de bienheureuses sans doute et Kaiden tâcha de se préparer à affronter leur semi nudité, leur peau parfois si pâle qu’elle laissait entrevoir le réseau bleuté de leurs veines… et la pulsation assourdie de leurs artères. Il mourrait de faim. L’alcool brûlait encore au fond de son ventre, sans pour autant le griser. Seule la présence d’Eliade à ses côtés le forçait à se concentrer pour ne pas l’abandonner. Elle aussi se trouvait dans un piètre état.

Prudemment, il ouvrit la porte et ne rencontra que trois filles, le regard curieux, qui passèrent avec lenteur dans le couloir jusqu’à rejoindre leur propre chambre. Elles n'avaient rien à foutre là mais c'était à Talula de les virer, même s'il mourrait d'envie de leur hurler de dégager. A croire que les humes possédaient le don de sentir les problèmes à trois kilomètres. Un regard d’ensemble lui apprit que l’aveugle n’avait pas jugé bon de s’attarder. Bon point. Cela leur évitait à tout les 3 un dernier esclandre en public dont ils n'avaient nullement besoin. Ne perdant pas plus de temps à se montrer avenant, il glissa son autre bras sous les genoux d'Eliade, la portant en princesse, et se dirigea vers les escaliers. Pour une fois, il allait ignorer ses faibles protestations. Si l'Oracle savait se montrer têtue, Kaiden possédait assez d'expérience pour l'affronter. C’était son job de veiller à ce qu’elle aille bien, point. Quelques gloussements les accompagnèrent, des petits sourires gourmands, mais déjà ils étaient dehors, loin de toute cette vie alléchante.

Un seul objectif désormais: dormir.
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