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 Premier contact.

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MessageSujet: Premier contact.   18.08.09 14:54

Deux jours.

Deux jours qu’il était arrivé à Sécaria, après un voyage de quarante huit heures depuis Neven sur le dirigeable Apothéosis, un transport de passagers de moyen tonnage qui faisait la ligne intercontinentale. Bien sur, à bord, tout le monde parlait de la récente catastrophe aérienne à Sécaria, le Fallen, qui s’était cassé la gueule à la sortie de la ville.

Dès sa descente, la ville lui avait paru hostile, lui soufflant à la gueule son haleine glaciale et lourde de brume, de fumée de charbon et de smog, comme pour l’intimider. A l’œil, ce n’était pas mieux : le complexe mairie-aérogare-gare centrale dominait la ville, surplombant l’immense croix des axes principaux, tentative dérisoire de masquer la jungle urbaine labyrinthique qui grouillait dessous, véritable dédale de passerelles, de ruelles, de bâtiments empilés les uns sur les autres comme un jeu de construction démentiel. Un vacarme assourdissant, rumeur monstrueuse faite de tous les vacarmes de toutes les usines, toutes les machines, montait de ce conglomérat de cauchemar comme un ressac mécanique, le pouls monstrueux de Sécaria.

Il avait quitté Neven, la capitale mondiale, vaste cité horizontale, s’étendant à perte de vue dans toutes les directions pour cette ville verticale, crasseuse, étriquée, s’élevant comme un récif de béton et de fer puddlé au milieu de la toundra. Et c’était dans cette fourmilière humaine qu’il allait jouer le reste de sa carrière.

La coutume voulait que tout fonctionnaire de l’ORACLE de haut rang se présente au maire, et ce dès son arrivée. En théorie, cela conservait les Observateurs et les Régulateurs, mais il était de bon ton pour un inspecteur jeune et ambitieux, sur d’un avancement rapide, d’en faire autant.

Il s’en était abstenu.

Sécaria n’était pas un pas de plus vers une carrière vertigineuse, c’était un cul de sac, en ce qui le concernait. S’il avait de la chance, il finirait, en léchant quelques bottes, Régulateur de la ville, à un ou deux ans de la retraite. Une poire pour la soif, quoi. Et il resterait dans les mémoires comme le raté qui avait fusillé une carrière prometteuse. Et ça, c’était l’hypothèse optimiste. Autrement dit, il n’était plus en position de frimer.

Quand il s’était présenté dès son arrivée au QG de l’ORACLE, dans les bâtiments de la mairie (une hérésie à ses yeux, mais bon, passons), sa hiérarchie avait clairement annoncé la couleur quand à ce qu’elle attendait de lui : absolument rien. Il était tout simplement prié de s’asseoir sur son cul et de se tourner les pouces, on le sifflerait à l’occasion si on n’avait vraiment aucune autre alternative, mercenaires, intérimaires et renforts extérieurs inclus. Bref, il se retrouvait en pré-retraite, mais absolument libre de ses mouvements.

Erreur fatale de la part du sale fils de putain qui avait rédigé son ordre d’affectation.

Il avait donc déjà pris la décision de ne pas loger ni travailler au même lieu que ses « petits camarades » de l’ORACLE. D’abord pour ne pas les avoir dans les pattes. Ensuite, parce qu’ils étaient situés dans le pire endroit de Sécaria pour savoir ce qui s’y passait réellement : dans cette espèce de gros monolithe central symbolisant sans doute le pouvoir du maire et de l’Etat, véritable tour d’ivoire complètement coupée des réalités du terrain, aussi surement qui s’ils étaient à l’autre bout du pays. Habitant et travaillant là dedans, ils étaient complètement dépendant du maire pour ce qui était des informations, et donc réduits à gratter de la paperasse sur la base de chiffre qu’on leur donnait à la becquée. Un coup de maître de la part de ce M. Lemaire, qui avait ainsi réussi, sans coup férir, sans tuer ni corrompre personne, à museler un des rares organes capables de mettre son pouvoir en danger.

Il s’était quand à lui trouvé la planque idéale, un hôtel discret mais confortable à la lisière entre quartier sud et quartier nord, l’Excellence. Un ancien palace qui avait connu des jours meilleurs et qui accueillait les magouilles des deux cotés : rupins disparaissant en « conférence » pendant quelques jours avec leurs maitresses, accords occultes, pactes entre gangs, contrats clandestins, putes de luxes pour bourgeois décadents souhaitant se dévergonder, fonctionnaires corrompus vendant infos et passe-droits à des particuliers, bref, toutes les magouilles nécessitant sécurité, discrétion et un certain standing. Un vrai bouillon de culture, mais c’était là qu’il se sentait bien. Comme les poissons des abysses dont les yeux presque aveugles ne supportaient pas la lumière des eaux claires près de la surface, Kurr n’était pas à l’aise dans les beaux quartiers, leurs rues propres, leurs demeures bien entretenues et leur hypocrisie mielleuse.

Il s’était donc installé à l’Excellence, dans la suite du dernier étage, un de ces lieux qui, sans en avoir l’air, sont de véritables bastions : un étage ou deux au dessus des autres bâtiments, cette suite offrait un angle de vue absolument dégueulasse pour tout sniper situé sur un toit proche, obligé de toute façon de tirer à l’aveuglette sur des fenêtres aux vitres obturées par d’épais rideaux. L’ascenseur ne montait que jusqu’au troisième étage, la suite occupait tout le quatrième. Il fallait donc passer par les escaliers, pour se retrouver face à une porte massive dont seuls avaient les clefs le locataire et un room service suffisamment habitué à ces affaires louches pour ne pas faire n’importe quoi.
La suite elle-même était une sorte d’appartement vieillot au plancher et aux lambris foncés, au papier peint rouge sombre plus de la toute première fraicheur et aux stucs défraichis. Un salon, un bureau attenant, deux chambres avec penderies et salles d’eau. Un style qui avait bien trente ans, des tapis usés et des fauteuils au cuir patiné, mais tout plutôt propre. Le temps de ranger rapidement le contenu d’une malle et de trois grosses valises (tout ce qu’il possédait tenait là dedans), et il était reparti faire quelques achats. De quoi remplir le bar : malté, gyn blanc, Nymphe bleue, pas de gerety par contre, le bar n’était pas réfrigéré. De quoi manger : la suite ne comportait pas de cuisine et les cheminées n’étant que des trompe-l’œil d’un gout douteux, il se nourrirait surtout de soupe en cube, de conserves et de recaf, faisant sa vaisselle dans le lavabo de la salle d’eau et faisant cuire le tout sur un petit réchaud de voyage à tablettes d’alcool solidifié. Ça suffirait, de toute façon c’était « pour dépanner », il comptait bien profiter du petit restaurant de l’hôtel, à la décoration prétentieuse et à la cuisine médiocre, mais à peu près mangeable pour assurer sa pitance. Autre achat important, une machine à écrire. Il préférait taper plutôt qu’écrire ses rapports, même s’ils lui serviraient surtout d’archives personnelles ici. Il se décida pour un modèle haut de gamme, une Brownington à 150 caras, véritable chef d’œuvre d’ingéniosité mécanique pesant dans les huit kilos et dotée de tous les raffinements que pouvait fournir la sténographie tyrienne.

Et voilà qu’après avoir ramené sa machine à écrire (qu’il avait d’ores et déjà surnommé « le monstre » pour reprendre l’expression enthousiaste du blanc-bec boutonneux et binoclard qui la lui avait vendue), il lui était venu l’envie de tâter un peu le terrain. La rumeur de son arrivée avait du se répandre comme une trainée de poudre, il n’avait pas pris la peine de dissimuler son appartenance à l’ORACLE, à dessein : il allait maintenant voir qui allait réagir, et comment. Autre raison, il savait d’expérience qu’un agent de l’ORACLE qui se faisait discret passait forcément pour un agent infiltré, donc dangereux, alors que s’il s’affichait au grand jour, c’était soit un croisé solitaire, soit un pourri. Dans les deux cas, quelqu’un avec qui on pouvait discuter, voire même faire du business, plutôt que de chercher à le liquider d’office. Sans hiérarchie derrière lui, il n’allait pas avoir d’autre choix que de se faire des alliés sur place. Déjà, il le devinait, des liasses de dix caras avaient du circuler pour que des copies de son dossier se retrouvent entre les mains des gros pontes locaux. Caïds, trafiquants, truands, ils allaient tous chercher à savoir par quel bout le prendre pour mieux s’en servir, et ils allaient tous tomber dans le panneau : un dossier bidonné par la haute hiérarchie elle-même, évoquant un pervers cinglé, un psychopathe capable de tuer une pute pour le seul plaisir de ses petits jeux tordus, absous par un obscur non-lieu et expédié à l’autre bout de Tyr. Et personne ne se douterait qu’il avait juste été victime d’une conspiration. On le croirait esclave de ses vices, et il comptait bien jouer dessus à fond.

Il avait trouvé cet espèce de pub, le Downward Bar, en se baladant dans les rues du coté du quartier sud. Il était tard, il caillait, et cette saloperie de brume limitait la visibilité à quelques pas, alors il était entré. Plutôt une bonne surprise, d’ailleurs : la déco était cossue, mais sans prétention, les prix décents, le choix d’alcools suffisant à son gout et l’ambiance garantie par la garde vigilante de l’espèce d’armoire à glace qu’il avait entendu appeler José. S’approchant du bar, il resta un moment songeur face au panneau à coté de la carte. Reptomarsupial ? Qu’est-ce que c’était que ce truc ? Le surnom d’un pilier de bar à tendances kleptomanes, une mascotte, une private joke entre habitués ? Il haussa les épaules et commanda une Nymphe Bleue on the rocks, histoire de commencer en douceur. Avec sa plaquette rouge et noire agrafée au revers de son manteau, il était sur à 90% que quelqu’un était déjà en train de prévenir le patron que l’ORACLE venait faire une visite surprise dans son établissement, et que ledit patron allait surement vouloir vérifier ça lui-même. Ou peut être que quelqu’un d’autre irait lui causer avant…


[A qui veut !]
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- Inspecteur Labiture - Fait très bien le cygne

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Signalement : Hume


MessageSujet: Re: Premier contact.   19.08.09 1:54

Une journée comme les autres qui s'achevait pour Riker, encore une filature d'un soi-disant fonctionnaire de la Mairie. Un autre pourri qui passait le plus clair de son temps à tromper sa bonne femme dans le tripot de Talula... C'est dingue comme les affaires se ressemblent ces derniers temps...

Fin soit le privé avait décidé de passer par le D-Bar pour se décontracter (en espérant que cette pourriture de Chips allait pas encore lui déguelasser son pardessus), les verres de Maltat s'enchaînant il n'en tenait plus les comptes, de toute façon Rodrigue le faisait très certainement pour lui.

Après la journée c'était la soirée qui ressemblait aux autres, José fidèle à son poste même s'il restait toujours aussi suspect aux yeux de l'ex-flic. Les mêmes types autour du zinc, Rodrigue avec son air rêveur en direction de l'escalier, le seul truc qui clochait c'était ce bon vieux Mancuso qui n'avait pas montré un signe de la soirée. Bah après tout j'm'en cogne...

La porte s'ouvrit pour se refermer peu de temps après comme elle le faisait si souvent. Un type est rentré, rien d'extraordinaire me dirais-vous? Mais là si un détail avait frappé (pas trop violemment heureusement, avec tout le maltat dans l'sang j'vous laisse imaginer...) un plaque officielle, savez, ce truc qu'on appelle aussi badge ou macaron.

Là elle était rouge et noire, le symbole de l'ORACLE, cette bande de fouineur qui sont pourri jusqu'à la moelle, arrosé par les pots de vins en veux-tu en voilà...

Le type s'installa au comptoir pas très loin de Riker et commanda une Nymphe Bleue... S'il y a bien un alcool que Riker déteste c'est celui là, il vous fait perdre votre discernement entre réalité et delirium tremens. Comment mener à bien ces investigations en devenant barjot?

Bref, Riker se contenta d'observer le type un instant avant de lui adresser la parole, si on peut dire, il lui a plutôt balancer ça à la gueule.

- "Qu'est-ce qu'un agent de l'ORACLE peut bien foutre ici? Le Caleb a oublier de payer sa taxe professionnelle?

Puis il lançât un rire sonore et grave, digne d'un alcoolique. Après tout c'est ce qu'il est...
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MessageSujet: Re: Premier contact.   25.08.09 16:57

Tiens, le premier contact avec Sécaria se fera avec un habitué, on dirait. Une espèce de poivrot, à moitié déchiré au maltat. Pardessus en cuir brun, stilton de même teinte, regard gris bleu passablement... flou, et air à peu près aussi amical que le reste de cette foutue ville, c'est à dire franchement hostile. Il avait lancé une vanne à propos d'un certain Caleb sur un ton qui tenait plus de l'aboiement que de la parole, avant de lâcher un gros rire aviné à sa propre blague...

Super, décidément, cette ville est super.

Il finit sa Nymphe Bleue doucement, à petites gorgées, sans se presser avant de pivoter sur son tabouret vers son interlocuteur. Hum, alcoolo, mais pas épave, le mec. Même si le visage était marqué, il semblait en forme physique pas trop dégueulasse. Un flic peut être? La police et l'ORACLE pouvaient pas se blairer, c'était notoire. Alors, ça expliquerait son attitude. Expliquerait, pas excuserait. Pour l'instant le type n'était pas insultant, mais Kurr ne le tolèrerait pas, quelle que soit son opinion sur ses collègues. L'ORACLE, c'était sa famille, et il avait appris tout petit qu'on ne disait pas et qu'on ne laissait pas dire de mal de la famille, même si on était brouillé avec elle.


- Je ne suis pas en service.

Sec, net et froid. Avec une seule Nymphe au compteur, il était pour ainsi dire sobre. Et ce type l'irritait. Et toute cette foutue ville avec lui. Il était venu prendre la température, pas se prendre la gueule avec un gonze qui avait un problème avec les services fiscaux étatiques. Mais d'un autre coté, il était en train de la prendre, la température, même (surtout) maintenant. A Neven, l'ORACLE inspirait la crainte, dans certaines autres villes, une véritable terreur panique. Il connaissait des coins dans les continents centraux où sa seule entrée dans le bar aurait jeté un froid craintif et déclenché un silence total d'au moins cinq minutes. Et d'autres où sa venue aurait été accueillie par un concert de gâchettes qu'on arme, de lames à cran d'arrêt qui claquent et où même le barman aurait sorti le jak-jak de sous le comptoir pour lui faire exploser le citron. Les faubourgs les plus glauques des petites villes de la périphérie n'étaient pas tendres avec le fisc. Ici, ça semblait manifestement osciller entre l'ignorance, l'indifférence et une pointe de gouaille. Pas mal. On s'emmerdait dans les villes où il suffisait de brandir sa plaque pour déclencher un mouvement de panique. Ici, il aurait surement l'occasion de faire du rappel à l'ordre sur les petits rigolos qui voulaient se la jouer avec lui.

Il se leva tranquillement, repoussa son verre vide vers le barman avec un petit sourire.


- Remettez m'en une autre, j'en ai pour une minute.

Et il se mit en marche, tranquillement vers le plaisantin, et s'arrêta à une trentaine de centimètres de lui. Le type avait dit ans de plus que lui et était déjà bien entamé. Même s'il était flic, ça allait être de la tarte s'il décidait de la jouer musclée. Mais après tout, peut être qu'il allait se débiner...

- Vous m'avez l'air d'un vrai comique, dites moi... Alors, vous avez quelque chose à me dire? Vous pensez que ce... Caleb a un problème avec l'ORACLE?

Allez, fais marche arrière, maintenant, dis moi que non, que ya aucun problème, que Caleb est parfaitement en règle, comme ça, quand je lui collerais un controle fiscal demain matin à la première heure, je caserais ton nom vite fait, histoire qu'il sache à qui dire merci. Histoire que tu te fasses proprement foutre dehors la prochaine fois que viendra te siroter ton maltat dégueulasse ici. Kurr savait que le meilleur moyen de se faire respecter, c'était de se faire craindre. Et pour ça, il fallait faire des exemples. Son ton néanmoins était parfaitement neutre. Il aurait aussi bien pu lui demander s'il pensait qu'il ferait beau demain. Mais derrière ses lunettes noires, ses yeux le toisaient avec amusement.

- Mais au fait, nous n'avons pas été présentés... Inspecteur fiscal Verrik Scipion Kurr, enchanté de faire la connaissance d'un brave et honnête citoyen de Sécaria.

... Et bienvenue dans mon monde, mec. Il sentait d'avance qu'il allait s'amuser comme un petit fou dans cette ville de merde.
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MessageSujet: Re: Premier contact.   06.10.09 13:31

Attablée non loin de nos protagonistes, se trouvait une petite brune aux cheveux courts. Artemisia Stahl, la grande arcanotechnicienne, l'avenir de la science! Tu parles. Son projet était tombé à l'eau, la chromatigraphie ne verrait pas le jour sous sa direction, et sa défaite lui laissait un goût amer. Ca faisait un moment qu'elle essayait de le faire passer à coups de Gerety. Trop mal dans sa peau pour vouloir faire autre chose, mais trop sage pour s'assommer réellement, elle n'en était qu'à un verre et demi, qu'elle assumait pourtant assez mal malgré son cursus et les bons gueuletons étudiants qu'elle s'était déjà payé. La pièce tournait pas mal.
Jetant un regard vitreux dans le fond de son verre, elle comprit en partie pourquoi l'alcool lui avait tapé sur le crâne. Elle le leva pour vérifier scrupuleusement, et finit par demander à un serveur:

-Barman. Ce verre est vide, non? »


L'intéressé s'approcha et le fixa à son tour consciencieusement.


-C'est bien ce qu'il me semble, madame.
-Ben ça ne va pas du tout, ça, mon vieux. Remplissez-le. »


Puis, sa bonne conscience lui soufflant que ce ne serait vraiment pas classieux de finir dans le caniveau, elle ajouta:
-Non, en fait, mettez-moi de quoi passer ça. Un café, tiens. »


Oui. Un café. Après tout, ça contrebalancerait peut-être les effets du Gerety. En un clin d'oeil, elle se retrouva avec une tasse en face d'elle. C'est ce moment que choisit une petite bête en partie mécanique pour se mettre à ramper juste devant.
Il s'agissait d'un genre de coccinelle dont les hélitres étaient en étain. Elle produisait, en marchant, un bruit qui s'apparentait au tic-tac d'une horloge.
Là où un client habituel se serait étonné, Artemisia se sourcilla même pas et empocha la bête. Elle siffla son café encore brûlant d'une traite et se leva sans même vaciller.
En fait, c'était un coup de bol.
Elle se rendit alors compte qu'elle faisait face à un sternum. Étrange. Elle avait bien l'habitude de parler aux clavicules des gens, mais là, c'était un peu fort. Y avait-il des géants, dans le pays où l'avait entraîné l'éthanol?
Elle leva la tête et aperçut, loin là-haut, une barbiche. Avec un peu de recul, alla put distinguer la tête de son interlocuteur. Et cesser de lui écraser les chaussures, accesoirement. Elle ne se rendait même pas compte qu'elle venait d'interrompre une altercation entre lui et un détective, situé juste derrière son dos. Soit dit en passant, c'était maintenant les chaussures dudit détective sur lesquelles elle marchait.


-Oups. Pardon. »

Elle s'assit sur le siège de Verrik Kurr, inspecteur fiscal et nouvelle trouvaille de notre scientifique égarée, sans s'attendre à ce qu'il y trouve à redire.

-Je ne pensais pas à mal. Mais bon, quand y'a rien qui va, hein? Fait chier...s'ke t'sais ce que c'est, toi, de travailler sur un truc comme un dingue et de te faire jeter comme si tu étais un malpropre? J'espère pas, Dame non. Ce projet, tu vois, c'était mon bébé, ils avaient pas le droit de me l'enlever. Des années que je travaillais dessus...et merde. »

Artie poussa un profond soupir et sembla se reprendre, du moins dans la limite de ses moyens. Elle tendit la main à Kurr et se présenta:
-Artemisia. Stahl. Je t'offre quelque chose? »
Puis, avisant Mike, elle jugea qu'ils devaient être amis et ajouta:
-Pour ton pote aussi, si tu veux. »
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MessageSujet: Re: Premier contact.   06.10.09 20:03

- C'est pas mon pote.

La tension avait monté de quelques degrés entre les deux hommes, jusqu'à ce qu'une jeune femme un rien pompette débarque de façon impromptue sur les chaussures de l'inspecteur fiscal prêt à en découdre. Ouf. D'habitude, Kurr n'aimait pas qu'on piétine ses pompes. Il n'aimait pas non plus qu'on l'interrompe. Il aimait encore moins qu'on l'interrompe alors qu'il était en train d'emmerder un flic (à tous les coups ce gueulard était flic), mais là... Était-ce le légendaire effet "peace and love" de la Nymphe Bleue? Était-ce la maladresse sympathique de ce petit bout d'arcanotechnicienne? Ou, plus probablement, était-ce son allusion à ses mésaventures passées, qui faisait qu'ils étaient en quelque sorte frère et sœur dans cette vaste famille que sont les paumés, les ratés, les brillants à qui la vie avait tout promis, avant de tout reprendre d'un coup?

Toujours est-il que Kurr resta un moment comme une andouille, à regarder cette petite brune piétinant sans vergogne (et sans s'en apercevoir) les chaussures de Riker qui lui tendait la main et... l'attrapa doucement pour plier sa grande carcasse en deux pour y déposer un baisemain, comme il l'avait appris du temps où il était fils de bourgeois. Inspecteur fiscal, peut être, sans scrupules, peut être, mais galant quand même, que diable!

- Enchanté, mademoiselle Stahl. Verrik Scipion Kurr, pour vous servir... Et j'ai déjà un verre.

Il attrapa au passage sa deuxième Nymphe on the rocks sur le comptoir, que le barman venait gentiment de lui remettre. Avec un petit regard du genre "on se reverra" à Ryker, il entraina doucement l'arcano un peu plus loin du bar, vers une table, il y a déjà eu assez de collisions pour la soirée.

- Et si on s'asseyait, Artemisia? Ce bar est sympa mais ça doit tanguer un peu, non?

Il attira à lui un fauteuil en cuir et en désigna un à la jeune femme.

- ça fait plaisir de voir qu'il y a quand même des gens sympathique dans cette ville, je commençais à me demander où ils étaient tous cachés... Je suis arrivé il y a deux jours, et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'hospitalité n'est pas une des vertus cardinales de Sécaria...

Il but une gorgée de Nymphe Bleue. Hum, le verre n'allait pas faire long feu, mais une bouteille, c'était risqué. La Nymphe Bleue avait tendance à le rendre un rien trop affectueux, et il n'avait pas particulièrement envie de faire fuir à toutes jambes la première personne sympathique qu'il croisait depuis son arrivée dans le Nord. Bouteille, pas bouteille? Question existentielle. Il décida de couper la poire en deux, à la Nevenoise, en commandant au barman une demi-bouteille de Nymphe Bleue, une cafetière de café avec deux tasses, et un truc à grignoter, allez, au hasard, des chips?

Il ne le savait pas encore, mais il venait de commettre l'un des actes les plus risqués qui puissent se commettre en ces lieux.

Il tourna de nouveau son attention vers Artemisia.

- Chercheuse, si j'ai bien compris? A ma façon, j'ai un peu connu, se crever à la tache pour rien... C'est vrai que c'est moche... C'était sur quoi?

Il les aimait bien, les arcanos, un peu à l'ouest, un peu dans leur monde, dans leurs machines bizarres et leurs plans délirants, déconnectés de la réalité, dure, sale et froide, mais du coup souvent idéalistes et un peu candides. ça le rassurait de savoir qu'il y en avait encore des comme ça, ça prouvait que l'ORACLE et les autres gardiens de la loi et de l'ordre faisaient leur boulot. Et là, il se retrouvait dans ce bar, face à une arcano bien entamée, qui semblait être tombée plus ou moins par accident de sa confortable tour d'ivoire... ça faisait bizarre. Un peu comme de ramasser un oisillon tombé du nid. Bien sur, la comparaison n'avait pas lieu d'être, cette fille ne l'avait surement pas attendu pour se débrouiller toute seule, mais ça l'attristait, tout en le mettant en pétard. Un peu d'innocence et d'idéalisme en moins sur cette terre. Pour un peu, il aurait limite eu envie de retrouver le responsable pour lui coller le plus traumatisant des controles fiscaux qu'il avait en reserve, même si c'était pas juste, comme ça, pour se passer les nerfs.
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