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 Errances [Talula]

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- Hamtaro blafard -

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MessageSujet: Errances [Talula]   06.12.09 22:01

hrp : voila, je voulais juste commencer le rp sous forme humaine. Je posterai sous forme animale ultérieurement. Oook.

La douleur était intolérable. Insatiable et assidue, elle venait la torturer à chaque pas. C'était à se demander comment Ange arrivait encore à marcher. Elle progressait doucement, entre les lumières éparses des lampadaires. Elle qui avait toujours rêvé de voir le monde progressait les yeux baissés, portant sur ses épaules son immense fardeau de souffrance. Son épaule gauche l'élançait plus que jamais.

Sur le coup, elle n'avait pas eu mal. La lutte pour sa survie avait occupé toute sa pensée et manipulé un corps qui ne lui appartenait plus. Un corps habité par la peur, la soif de vengeance et au delà l'envie de tuer, la haine à l'état pur. Elle n'avait repris le contrôle qu'une fois allongée par terre, à coté du savant. Du moins, ce qui avait été le savant. Il lui manquait la moitié du visage. Le reste semblait avoir été mâché, arraché à coups de dents. Le cou quant à lui semblait avoir été ouvert à coups de griffes. Le reste du corps n'était plus qu'un dégradé de coups et de coupures diverses. Elle avait vomi sur le cadavre. Un peu à cause de son forfait. Plutôt à cause de la douleur qui s'était brusquement éveillée dans son épaule gauche. Une douleur intense qui avait envahi tout son corps.

Le cœur au bord des lèvres, elle avait tenté de se relever. Sa tête lui avait tourné et elle était tombée à genoux. Elle avait vomi à nouveau, sur la tête du savant, noyant le sang se répandant autour de lui en une funeste auréole. Mais elle s'était redressée.

C'est alors qu'un vide intense s'empara d'elle. La vie du scientifique, la seule personne qui la reliait au monde venait de s'achever. Et il l'avait trahie. Elle était donc seule. Sans trop savoir pourquoi, elle s'était approchée à petits pas de la porte d'entrée. Fermée à double tour. Prise de panique, elle était partie dans l'appartement à la recherche des clés. Fébrile. Elle avait fini par les trouver dans la veste du scientifique.

Doucement, elle s'était approchée de la porte. Un frisson d'excitation s'était emparé d'elle. Ce n'était pas simplement la porte d'un appartement qu'elle allait ouvrir mais les portes de Secaria, et au delà les portes du monde. Un tour de serrure et elle sortit sur le pallier. Sans qu'elle le remarque, son sang goûtant de son épaule perlait à présent de ses doigts, formant des petites éclaboussures sur le parquet lustré.

Ange s'était redressée et pour la première fois avait humé l'haleine mystérieuse de la nuit. ç'avait un goût entêtant, fait de vapeur et d'oubli, d'horreurs et de merveilles. Alors, elle avait marché et s'était enfoncée dans la nuit, sous le pâle halo des deux lunes.

C'est alors que la douleur l'avait rattrapée, et avec elle la sensation de froid. Pas un froid naturel. Une torpeur plutôt, émanant tout droit de son épaule engourdie et poisseuse. Et tout allait de mal en pis. Peu à peu, elle sentait sa vue s'obscurcir et ses forces décliner. Sous peu, il allait falloir qu'elle dorme. Elle s'enfonça dans des rues étrangères et sans visages, sans remarquer les bâtiments qui l'entouraient. De plus en plus faible.

Elle heurta un passant. Un haut de forme au col blanc qui se retourna outré. Il tressaillit en voyant son regard posé sur lui. Un regard menaçant de prédateur. Il recula apeuré et lui tournant le dos partit aussi vite que ses jambes le lui permettaient.

"C'est ça imbécile, va-t-en"

Le nom d'oiseau la fit sourire et le son de sa voix, interpellant le monde la plongea dans une curieuse ivresse. La douleur et peut-être de la fièvre qui gagnait du terrain peu à peu, engourdissant ses membres. Elle se serait même allée à rire si ses jambes avaient tout à coup refusé de la porter.

A bout de forces, elle avait tenté de se redresser. En vain. Alors, elle avait rampé. Là, devant elle, un porche salvateur qui, devant elle, semblait lui tendre les bras. Elle s'y glissa, se lova tout contre la porte, les genoux entre les bras. Alors, tout doucement, elle ferma les yeux.

Alors, c'était cela mourir ? Ce n'était pas si effrayant ni douloureux. C'était tout simplement dommage.

Elle perdit doucement connaissance ...
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- Les sensations pures... -

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MessageSujet: Re: Errances [Talula]   07.12.09 4:47

Elle revenait.

Elle, la belle de nuit, maîtresse du clair des lunes – la caressante reine qui, chaque soir, recouvrait un royaume d’orgie et de cris jouissifs. Qui arpentait les ruelles du Quartier Nord d’un pas de propriétaire. Parfois, quelqu’un se retournait sur son passage et la saluait. De temps à autre, la dame s’arrêtait, pivotait son bustier vers une silhouette et lui ordonnait d’aller se faire foutre…geste à l’appui. Vêtue d’une robe de soie parme seyante et de talons clinquants, elle a arrangé un châle émeraude autour de ses épaules où dormaient quelques mèches endormies. Un bruit de grelots l’accompagne. Une sorte de perpétuel… dlring-dlring. Des bracelets battent ses chevilles découvertes.

Elle revenait. Chez elle.

Depuis l’épisode malheureux de la semaine dernière, elle avait multiplié ses sorties nocturnes, battant le pavé avec célérité, enfonçant à chaque coup de talons un peu plus la colère profonde qui ne cessait de la ronger. Mélange écœurant de rancœur et de culpabilité non avouée. L’altière maquerelle avait l’habitude de sortir en ville. Depuis quelques jours, elle le faisait avec un mélange d’inquiétude et d’expectation – elle craignait et espérait à la fois, recroiser un certain aveugle, à un tournant de rue. Mais de la grande gueule, il n'y avait aucune trace.

L’absorbée passante fut frappée dans l’épaule par un quidam au grand chapeau. Contrariée de sortir si âprement de ses réflexions, Talula serra les dents et repoussa violemment l’individu. Elle poursuit son trajet sans même se gausser de la tenue désormais encrassée de pisse de rat du bourgeois. Sûrement un petit pervers lubrique venu se vider les bourses chez une tapineuse. Peut être même à mon bordel, songea-t-elle, mauvaise.

Le bordel. C’était ça, 'chez elle', à défaut de mieux. Mais ça ne durerait pas. Non. Elle avait déjà commencé les préparatifs. Une autre fille reprendrait sa place. Ça la chagrinerait, mais elle ne voulait plus traîner dans cette ville. Il n’y avait plus rien à en attendre. Plus rien à en tirer. Elle avait déjà préparé ses valises. Le prochain vaisseau pour le continent central l’attendait dans une semaine. De là, le choix serait vaste : elle pourrait se retrancher à Lespure, ou retourner à Adhenor. Prendre un dirigeable. S’inventait une nouvelle vie. Elle avait déjà travaillé à se moduler un nouveau visage. Mais ce qu’elle avait vu…ce qu’elle avait fait…

Elle serra ses poings gantés de dentelle et frappa contre un mur, retenant un cri au bord de ses lèvres. Ses muscles se contractèrent, ses omoplates se resserrèrent. Elle donna un deuxième coup, puis un troisième, et un quatrième. Sa force vampirique imprimait des marques sur le mur.

« Qu’il crève ! Qu’ils crèvent tous !!! »

C’était le visage d'Asphodèle qu’elle avait pris. Avec des yeux parfaitement bleus et clairs. Des yeux vivaces, qui dans son reflet, avait imprimé sa déception. Avant de virer au blanc nuageux.

Talula laissa glisser ses mains sur ses côtés, fulminante de rage et d’amertume, puis se laissa glisser le long du mur, s’abritant sous le porche.

Où dormait déjà une invitée.

La vampire soupira. Une nouvelle clocharde, sans doute. La position l’intrigua. La fille, d’apparence banale, avait attiré ses genoux contre sa tête. *Désolée, ma grande, il n’y a pas de place pour deux, ici. Tu vas vite dégager.* Elle étira le pied et allait frapper la tête de l’importune lorsqu’une effluve, sanguine, l’en dissuada.
La vampire suspendit son geste. Elle parut, pendant un instant, reniflait l’air. Puis, lentement, elle se redressa, observa le corps lové contre la pierre, l’épaule blessée, le visage inconscient. Une expression d’écœurement et d’envie se mêlait à son visage ambré.

Alors, Talula ? On dirait que tu as une seconde chance de réparer ta mauvaise conscience…Tu la bouffes ou tu la sauves, la clodo ?
Elle se pencha au-dessus de la jeune femme, passa ses bras sous son torse et la souleva avec aisance. Sa tête dodelina comme une poupée de chiffon et de paille, son corps ne pesait presque rien. Son épaule dégoulinait de sang, de sang frais, pour lequel la vampire frémissait, mais qu'elle laissa goutter au sol. Qu'il y crée des rigoles l'importait peu.
Tout le monde savait que Talula était réputée pour venir au secours des oiseaux blessés. C'était d'ailleurs, le seul geste de bonté gratuite qu'on lui connaissait.

Une dizaine de minutes plus tard

Elle avait installé la jeune femme sur un lit et, aidée d’une employée qui se dévouait aux soins médicaux dispensés dans le bordel, elle l’avait déshabillé et avait nettoyé la plaie, découvrant sans surprise les marques de liens sur ses poignets. Une échappée, une fugitive d’un noble aux pulsions sadiques ?

L’infirmière avait pansé la blessure et déposait un torchon mouillé sur le front de la rescapée, prise de fièvre. La balle, extraite, traînait sur la table de nuit, encore rouge de sang et de morceaux de chair. La chambre était petite, mais luxueuse et décorée avec excentricité et féminité. Les teintes roses chair et rouge prédominaient, mises en valeur par une lampe à volutes. En arrière-plan, un transistor passait la musique langoureuse d’une chanteuse à la voix rocailleuse, qui racontait en long et en large ses histoires d'amour.

'Quand il me prend dans ses bras,
Qu'il me r'garde tout bas,
Je vois la vie en rose....'

Talula s'assit au bord du matelas et passa une main maternelle dans les cheveux de la rouquine. Du bout des lèvres, elle reprenait le rythme de la chanson. C'était sa préférée. Pourtant, ses gestes restaient automatiques.

En voyant la nouvelle blessée, une troupe de biches à longue jambes étaient venues lui rendre visite, s’exclamant des ‘oh’ et des ‘ah’ intempestifs, racontant les rumeurs du quartier à tout va. Le regard respectueux et reconnaissant qu’elles jetaient à Talula ne lui échappa pas non plus.
Ses filles ne savaient pas qu’elles allaient obtenir leur indépendance et qu’elle comptait les quitter. Elle détourna le regard.

Elle avait fouillé les vêtements de la jeune femme sans y trouver aucune pièce d’identité. Rien d’étonnant. Pourtant, elle n’avait pas vraiment l’allure d’une bête clandestine. La vampire avait toutefois des doutes, trouvant son apparence quelque peu…grisâtre ? Elle n’était pourtant pas vampire et des options qui en découlaient, Talula préférait la présumer hume. Pour le moment.

Quelques heures passèrent. Lorsqu’Ange s’éveilla, Talula était à ses côtés. Assise en tailleur sur un coussin de soie, elle lui tournait le dos et observait avec attention le mur opposé. Au transistor, un journaliste débutait ardemment une critique virulente sur la hausse de la criminalité à Sécaria. La Mairie, bien entendue, s’en défendait et rappelait la chance des habitants de la ville. Les nouvelles s’égrenaient, et c’étaient ce qui paraissait tant accaparer l’esprit de la dame au port fier.
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- Hamtaro blafard -

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MessageSujet: Re: Errances [Talula]   07.12.09 10:08

Elle n'avait pas ouvert tout de suite les yeux. D'abord rassembler les lambeaux de réalité, recoller un à un les morceaux. Apprivoiser une à une les sensations. Tout d'abord une chaleur moite qui était venue la hanter dans les limbes de l'inconscience. Puis la douleur ou plus exactement, la capitulation de la douleur dans son épaule. De mordante, elle s'était faite sourde, laissant ses membres engourdis. Il y avait aussi la fatigue, la faiblesse. Une sorte de chape de plomb s'était déposée sur chacun de ses membres, ralentissant chaque mouvement. La fièvre aussi. Toujours prégnante malgré les soins dispensés par l'infirmière. Elle se souvenait de cette sensation, de cette sorte d'anéantissement. Petite, elle était tombée malade, une fois. Des maux de tête, des frissons, une vilaine toux et une forte fièvre. Le scientifique, voulant préserver le secret de son expérience avait refusé de la montrer à un médecin. Elle était restée une semaine dans un état de semi-conscience, à délirer durant des heures, prononçant des mots sans suite. Elle avait eu l'impression de flotter dans la cave, de perdre toute substance et disparaître. Mais elle avait lutté, éperdue. Plus tard, le scientifique lui avait avoué qu'elle avait failli mourir. Était-ce encore le cas, cette fois-ci ? Avait-elle parlé ? Si sa survie dépendait de son silence, elle s'était peut-être déjà condamnée.

Non loin d'elle, elle entendait parler. Une voix qui lui était plutôt familière. Monsieur Lemaire s'épanchait à grands cris sur la sécurité que sa présence conférait à Secaria. Le scientifique l'écoutait assez souvent. Étrangement, la radio avait sur lui un effet lénifiant. Dans ces moments là, il souriait et lui tapait sur la tête en l'appelant "bonne petite". Elle en profitait souvent pour lui mordiller les doigts, ce qui le ramenait souvent à la réalité. S'il lui avait demandé ce qu'elle pensait des discours - ce qu'il ne faisait jamais - elle lui aurait répondu que tout n'était qu'un ramassis de foutaises. Dans ses livres, elle avait entendu parler de la liberté. Ce n'était pas en l'annihilant totalement que les citoyens se sentiraient plus libres. Mais cela, il n'aurait jamais voulu le savoir. Il aurait préféré se faire couper les oreilles que de reconnaître que Monsieur Lemaire se trompait royalement.

Elle ouvrit tout doucement les yeux. Une fraction de seconde, la pièce sembla se contorsionner, perdre ses contours. Une mouvance en chair et rouge. Elle fronça les sourcils. Où était-elle tombée ? Elle perçut une présence avant de la voir. Là, assise non loin d'elle. Une personne qui lui tournait le dos. Peut-être la personne qui l'avait emmenée ici puis soignée. Elle sentit son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Pour la première fois, elle rencontrait une autre personne. Une vraie personne de chair et d'os. Pas une pâle héroïne de romans.

Mais pourquoi l'avait-elle fait venir ici ? Était-elle une amie du savant et voulait-elle continuer son œuvre. La détruire ? Cette pensée la fit gémir de terreur comme un animal traqué. Quoi qu'il se passe, elle était incapable de se défendre. Son sort était entre les mains de l'inconnue qui lui tournait le dos.

Elle se redressa doucement sur ses coudes, se rendant soudain compte de sa nudité. Frileuse, elle remonta les couvertures sur sa poitrine. Le mouvement lui arracha une toux douloureuse, comme si ses poumons avaient voulu tout d'un coup remonter à la surface.

L'inconnue l'avait entendue bouger et tousser, elle en était sûre. Et elle n'allait pas tarder à lui faire face. Peut-être allait-elle lui parler. Ou peut-être pire ... Elle la regarda apeurée.
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MessageSujet: Re: Errances [Talula]   11.12.09 5:41

Un gémissement, tout d’abord – une plainte mouillée, celle d’un animal blessé. Suivi d’une quinte de toux.

Talula continua à fixer le transistor. Le son se brouillait maintenant. On entendait désormais une femme se plaindre que la brume des piliers rentrait jusque dans sa maison. Un pêcheur commenta la prise qu’il venait d’obtenir au large – un seiche-chevaux de trois mètres, soit le double de la taille adulte d’un spécimen normal.

Talula laissa volontairement quelques secondes passaient, se doutant que la nouvelle arrivée aurait du mal à ordonner ses pensées et à assimiler son nouvel environnement. Puis elle quitta le refuge moelleux du coussin pour se diriger vers l’appareil qu’elle éteignit d’un geste sec et précis. Les cris d’excitation et d’enthousiasme cessèrent aussitôt, pour ne laisser place qu’au silence, pesant, entrecoupé de chuchotements et de voix d’arrière-fonds.
L’horloge indiqua alors sept heures du matin. Pourtant, derrière la fenêtre, aucun rayon de lumière n’atteignait la chambrée rose.

« La belle au bois dormant se réveille. »

L’affirmation n’attendait pas de réponses. Pas vraiment. D’ailleurs, la vampire se retourna vers son hôte aussitôt, sans lui laisser le temps de répondre ou de poser une quelconque question enquiquineuse (qui aurait certainement concerné sa localisation dans l’espace, de toute manière. Les gens qui retrouvaient la conscience avaient une vilaine manie de demander à tout bout de champ où ils étaient, d’où ils venaient, qui vous étiez et bon dieu qu’est-ce qui s’est passé ?!!!)

« Pas de questions. On t’a trouvé hier dans la rue. Tu étais blessée. Le Nord n’est pas clément avec les nouvelles venues. »

Sur cette dernière remarque, elle détailla sa convive d’un œil acéré, inquisiteur.

« Un de mes employés t’a ramené et j’ai accepté de t’héberger pour la nuit. Comme tu le verras sur la table de chevet, princesse… »

Signe de main vers la balle.

« …tu n’es plus en danger pour le moment. Jusqu’à ce que ton agresseur te retrouve, bien sûr. S’il est trop bigleux pour viser le cœur la première fois, il réussira peut être à la seconde… »

Sourire entendu, grinçant. La maquerelle ne prenait pas même de plaisir à asséner ses remarques blessantes à l’humour douteux. C’était un automatisme.

« Je suis Talula. Si tu es de Sécaria, j’ose espérer que tu auras entendu parler de moi. »

Nouvelle pause entendue. Puis, soudainement, la vampire se détourna – dling-dling firent les bracelets- et se dirigea vers un plateau qui jusque là avait été caché par un torchon jeté au-dessus. Elle le ramena près du lit, le posant sans pudeur sur le ventre de la jeune femme. Maintenant qu’elle la regardait de près, c’est vrai qu’elle avait quelque chose d’étrange. Elle la trouvait plutôt jolie, aussi.

« C’est – c’était - du lait chaud et des biscuits » expliqua-t-elle « rien de dangereux. Tu dois avoir faim. Mange et nous ferons les présentations plus tard. Tu m’expliqueras comment tu es arrivée à traîner dans les rues sans que je ne te connaisse. »

Le ton devenait un peu plus chaleureux. Mais vraiment juste un peu. Talula retourna s’asseoir sur le coussin, visiblement pas du tout décidée à quitter la pièce et peu affectée par la nudité de la demoiselle.
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- Hamtaro blafard -

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MessageSujet: Re: Errances [Talula]   11.12.09 11:46

Elle avait cillé en voyant les yeux de la femme. Désespérément blanc. Pas le dessin rassurant d’iris et de pupilles. Ce n’est pas que cela l’impressionnait et encore, peut-être un peu. Car le paysage immaculé qu’offrait le regard lui rappelait celui des murs de la cave. La mort. Le blanc, c’était la mort qui se cachait. Elle ne détourna pas les yeux, du moins pas pour le moment, le temps que l’autre lui parle. Elle semblait parler beaucoup, comme pour meubler le silence. Après l’isolement de ses années de vie, cela lui fit tout drôle. Qu’elle parle encore. Qu’importe le ton, qu’importe ce qu’elle disait. C’était une voix, une vraie.
Elle la regarda un long moment sans lui répondre, savourant ses intonations, ses enchaînements, ses silences. C’était si agréable quand quelqu’un parlait. Le savant s’adressait si peu à elle, à part quand il y était forcé. Et encore, les mots étaient pesés, mesurés scientifiquement.

L’inconnue – non, Talula, elle avait dit qu’elle s’appelait Talula – avait déposé un plateau sur son ventre, l’avait invitée à se servir. Elle avait remercié d’un simple signe de la tête, sans pour autant se décider à manger. Ce n’est pas qu’elle n’avait pas faim, au contraire. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de se méfier. Peut-être que si elle ne cherchait pas à la tuer, elle chercherait simplement à l’endormir, peut-être pour l’enchaîner de nouveau … Elle ne savait pas trop. C’était dur de juger quelqu’un de prime abord, surtout quand il s’agissait de la première personne rencontrée. Après tout, elle l’avait soignée. Elle décida que non, elle ne lui voulait pas de mal. Elle croqua dans le biscuit en signe de bonne volonté.

Puis ses yeux se reportèrent sur Talula. Elle lui avait posé des questions sans vraiment l’interroger. Si elle ne la connaissait pas – ce qui était plutôt normal compte tenu de son isolement – elle, en revanche en avait entendu parler. Le savant parlait parfois après avoir bu. Dans ces moments là, elle lui faisait office de confesseur, de dévidoir à mauvaise conscience. Il se rendait fréquemment dans un bordel pour s’y vider de son trop plein de virilité mensuel. Et il avait choisi pour cela la meilleure maison close. Il payait bien, choisissait les passes classiques dans lesquelles il aimait être dominé. Il est vrai que chez lui, il avait une « patiente » enchaînée dans sa cave. Il fallait bien changer un peu. Il lui avait souvent parlé de la patronne qu’il croisait parfois, et qui se riait de lui. Oh, pas ouvertement, quand il avait le dos tourné. Et il entendait aussi le gloussement des autres. Ange l’écoutait patiemment, en hochant la tête par intermittences. Mais elle s’en fichait royalement.

Par contre, ce qu’elle n’aimait pas, c’est qu’il la regarde, la scrute en tout circonstance, même quand elle se lavait. Même s’il ne l’avait jamais touchée, elle se sentait violée par ses yeux. Ils lui avaient fait l’affront de rester ouverts, même après sa mort. Elle lui avait arrachés avec dégoût, et les avait jetés dans un coin de la pièce pour ne plus les voir. Et là, l’autre continuait de la fixer de ses yeux sans couleur. Ils s’étaient donné le mot ou quoi ? Elle releva ostensiblement le drap sur sa poitrine histoire d’exprimer un tant soit peu sa gène.

Elle prit tout son temps pour répondre. Les mots avaient du mal à affluer, comme toujours. Quand ils franchirent ses lèvres, ils étaient hachés, débités de manière lente, presque atone.

« Talula maquerelle de Secaria. Oui, j’ai entendu parler de vous. »

Elle ne voulait pas en dire plus, du moins pas pour l’instant. Pour qu’elle parle, qu’elle parle encore … Sans trop savoir pourquoi, ses yeux vinrent se porter sur la balle. Elle la saisit dans sa main, la soupesa, pensive. Dans son épaule, elle lui donnait l’impression d’avoir envahi tout son corps, comme un prolongement du savant. Elle était tout de même assez volumineuse. Oui, heureusement qu’il avait été trop bigleux et sûr de lui pour ne pas avoir visé la tête ou le cœur. A bout portant, elle aurait eu moins de chance. Le salaud.

Et elle ajoute, dans un accès de confiance soudaine, comme pour braver la mort de nouveau.

"Pour mon ... agresseur, il est mort ... un petit peu"

Elle sait que ses paroles ne veulent rien dire. Qu'un observateur même pas très versé en science remarquerait que l'homme n'est pas un peu mort, mais tout ce qu'il y a de plus mort. Mais tant pis. Maintenant, c'est dit ... Elle s'en fiche.
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MessageSujet: Re: Errances [Talula]   14.12.09 4:36

Talula ne semblait pas avoir prêté attention au geste pudique de la rescapée. Si elle ignora la première phrase de celle-ci, la seconde la fit par contre sourire. Un sourire railleur et intrigué. Si tant est que son expression illusoire manifestait de réels sentiments.

« Oh, ce sont des choses qui arrivent. »

Son regard se fit curieux, puis se détourna. Elle réfléchissait.

Elle ne lui avait pas livré son nom. Elle ne s’était pas inquiétée d’où elle était ou de ce qui s’était passé. Elle n’avait même pas marqué une quelconque crainte par rapport à sa récente attaque. Non, elle avait de suite, instinctivement, parlé de la mort de son agresseur. Et ça, c’était mauvais signe.

Pour commencer, ça voulait dire qu’elle venait de recueillir une meurtrière plutôt qu’une gentille fillette blessée. La belle au bois dormant s’était défendu becs et ongles : ou elle n’aurait jamais été blessée à l’omoplate. Pourtant, il n’y avait pas de corps près de l’endroit où gisait la jeune femme. Celle-ci avait donc fui la scène de crime – puis, la perte de sang avait causé son inconscience. Ce qui faisait un plutôt long trajet.

Oh oui, maintenant, la maquerelle était sûre que la demoiselle était une extra-tyrrestre. Intéressant. Mais qu’est-ce que foutait une SDP dans la rue, allongée au sol, plutôt qu’à déguster son plat de chair fraîche ? Décidément, même si vampires et versatilis appréciaient la même nourriture (à peu de choses près), ils n’avaient pas les mêmes valeurs. Gâcher un bon plat, par exemple. Talula se trouvait plus économe que ces niaseux de pirates de l’espace.

Mais quelque chose continuait à la perturber. Elle n’avait montré aucune agressivité. Elle agissait comme une hume, pudique et peu rassurée, alors qu’elle venait juste de tuer un homme. Etait-elle folle, par-dessus le marché ? Amnésique ? Ce serait bien sa veine. (façon de parler.) Dans tous les cas, elle allait tirer ça au clair.

« Pour tout te dire, même s’il n’est mort ‘qu’un peu’, je suis sûre que sa fin sera définitive. Ce qui est, pour toi, déjà un point rassurant. Ceci dit, de lui, je m’en moque. » poursuivit la maquerelle.

Incapable de rester immobile plus de quelques secondes, elle avait entrepris de défaire son chignon, en ôtant d’abord le voile de résille puis chaque minuscule pince qui le constituait. Ses cheveux châtain, lâchés, retombèrent sur ses épaules. La lame de couteau qu’elle avait l’habitude de camoufler dans l’amalgame de ses cheveux aussi, avait disparu. Ceci dit, qui aurait pu la voir, lorsqu’il suffisait d’une impulsion Rough pour la faire passer pour une autre épingle ?

Elle reposa la lame pour l’instant sous illusion près de sa cuisse. Elle ne comptait pas s’en servir, pas vraiment. Mais c’était aussi la première fois qu’elle se trouvait près d’une SDP. Talula n’avait aucune crainte, juste une grande curiosité.

« En fait, ce qui m’intéresse plus, c’est de savoir pourquoi une jolie Versatilis comme toi se balade dans les rues dans aucun maquillage. Je sais que le gris est à la mode en ce moment, mais quand même. Les nettoyeurs adorent traîner ici. Ils raffolent littéralement des tripots. Surtout après une bonne chasse. »

Son ton était badin, mais elle ne s’était pas fatiguée à faire dans la dentelle ou dans le sous-entendu. Pas de menace non plus. Juste une vérité crue, sale et nue : soit elle était très, mais alors vraiment très bête, soit....
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- Hamtaro blafard -

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MessageSujet: Re: Errances [Talula]   14.12.09 16:15

Ange avait hoché vaguement la tête presque sans voir Talula défaire son chignon, ni dissimuler son couteau. Tout ce qu'elle avait dit, elle le savait. Et le fait que Talula lise clairement dans son jeu la touchait à peine. Le choc peut-être. Ou peut-être qu'elle ne savait pas simplement quoi penser. Quelques heures à peine auparavant, elle s'attendait à passer une vie paisible au milieu de ses livres. Bien sûr, elle aurait voulu un peu plus d'espace, mais après tout ce qu'elle en avait vu, le monde lui paraissait soudain hostile. C'était avant qu'il ne cherche à la tuer. Là, le carcan confortable de ses convictions s'était déchiré d'un coup et avait fait place à une vérité nue. Elle était un monstre, et les monstres n'avaient pas le droit de vivre. Et Talula n'avait qu'un mot à dire pour la condamner à mort. Mais curieusement, elle ne ressentait aucune appréhension. Un je ne sais quoi lui disait qu'elle pouvait avoir confiance. Du moins jusqu'à preuve du contraire. Aussi, elle ne bougea pas. La tête lui tournait un peu. Sans doute à cause de la fièvre. Elle finit par rassembler ses pensées, doucement. Chercha ses mots. Finalement.

"Je ne voulais pas sortir. Pas comme ça. Je ... je pense qu'il faut que tu voies pour comprendre. Qu'on retourne là-bas. Ou moi ... J'ai trouvé des documents. Les ai oubliés là-bas."

Elle parlait maintenant sans pouvoir s'arrêter, en un flot presque ininterrompue. Etait-ce la panique qui commençait à poindre ? Ou la fatigue qui baissait ses inhibitions. Difficile à savoir. Mais elle abattait ses cartes comme une débutante. A vrai dire, elle ne savait pas mentir. Ou peut-être voulait-elle que l'autre sache et soit le témoin. Elle aurait pu s'en foutre qu'elle la craigne, qu'elle la méprise. Mais pas elle. Pas la première personne qu'elle rencontrait. Après, elle pourrait tuer, effrayer, donner libre cours à ses instincts. Mais il fallait que Talula la croie, comprenne, voie. Après, Talula pourrait faire ce qu'elle voudrait. Même la détruire. Cela n'aurait plus aucune importance. Après tout, elle avait vécu. Un peu ...

"Il m'a dit qu'il était désolé. Qu'il ne pouvait pas me garder. Que ça ne ferait pas mal. Que je n'avais qu'à me tenir tranquille ..."

Il avait pointé l'arme sur elle. Ce qu'il ignorait, c'est qu'un pressentiment insolite l'avait fait se préparer. Elle avait dessiné sur ses liens. Jamais elle ne l'avait fait auparavant, même pas pour s'enfuir. Par esprit de contradiction peut-être. Ou peut-être parce qu'elle attendait tout simplement le bon moment. Et là ... Elle avait bondi au moment de l'impact, évitant de justesse que la balle atteigne le cœur. S'en était suivi un moment de confusion.

"Je ne voulais pas. Pas comme ça. Il n'avait pas le droit, non ?"

Les mots s'étaient refaits hachés. Une sorte de logorrhée entrecoupée de sanglots.

"Je me suis enfuie parce que j'avais peur. Peur qu'il me regarde encore. Et que d'autres me regardent aussi."

Elle prit sa tête dans ses mains, comme pour tenter de se protéger, le corps saisi de tremblements.
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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: Errances [Talula]   16.12.09 20:32

Les mots s’entrecoupaient, se déchiraient aimablement, s’ensuivaient sans aucune logique et ça, Talula ne pouvait rien y faire, que chercher à comprendre, à recoller les pièces. Du bout de ses longs doigts dorés, elle caressait la lame inquisitrice et menaçante, la mine impassible. Elle écoutait.

Ecoutait ce discours décousu, ce soliloque haché menu, qui à la longue ne voulait plus rien dire – en apparence. Car, au-delà des mots, Talula sentait – l’appel d’une sirène accrochée à la terre. L’appel d’une noyée qui tout juste ouvre les yeux, d’un enfant qui vient de naître et qui déchire le voile gluant qui emplâtre ses mouvements.

Cette jeune fille était pleine de maladresses et de contre-entendus. Elle manquait d’assurance et tirait de son monde particulier les paroles qu’elle connaissait. Talula, en l’écoutant, avait l’impression étrange que, là où ses mots se bousculaient, c’était leur intonation et leur musicalité qui parlait à leur place. Et la vampire comprit le message.

Elle comprit les mots ‘gardés’, ‘documents’, ‘enfuie’, ‘peur’, ‘regarder’. Elle n’avait jamais rencontré de Versatilis personnellement. Mais ils ne parlaient pas comme ça.
Et au fond, étaient-elles si différentes, les deux monstruosités qui se faisaient face ? Toutes les deux portaient les crocs et toutes deux avaient tués.

Suffisait de voir jusqu’où pouvait aller la petite.
La maquerelle marqua un silence, plutôt long. Elle pesait le pour et le contre, réfléchissait aux conséquences. Finalement, elle dit :

« Très bien. Oui, très bien. Nous allons voir ces documents. »

Elle se leva, arpenta la pièce, ouvrit la garde-robe, pleine de fanfreluches et de sous-vêtements de dentelle. Rapide, elle en jeta quelques-uns sur le lit, suivi d’une tenue chaude et d’un manteau chaud et large. Une écharpe et des chaussures. Au-dessus, la boîte de maquillage.

« Vas-y fort sur le maquillage. Tu as dû remarquer ta différence par rapport aux humes. Et couvre-toi bien. Lorsque tu seras prête, avance dans l’entrée. Je t’y attendrai. »

Sur ce, Talula tourna les talons et sortit de la chambre, laissant la jeune femme à son intimité personnelle.

Bientôt, Ange vint la rejoindre à l'entrée du bordel. Il était temps de partir.

Suite : Errances, Quartier Nord, Zone d'habitation
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Errances [Talula]

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