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 Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]

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- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   21.08.10 3:37

[pour Salem, éventuellement Rodrigue]


Cela faisait plus d'une semaine que la folie s'était abattue sur la ville, une semaine qui semblait des mois. Un silence impressionnant pesait sur les jours embrumés de Secaria, remplacé après le coucher du soleil par les rugissements des prédateurs et les hurlements de ceux qui n'étaient pas parvenus à leur échapper. Ils étaient de plus en plus nombreux à céder à la panique et à leurs instincts primaires, à chasser comme des bêtes démoniaques douées de l'intelligence hume. Le temps se faisait long et l'espoir rare.

Dans le Downward Bar aussi, la vie semblait s'être arrêtée. Personne n'avait réparé les dégâts occasionnés lors de l'attaque qui avait eu lieu une semaine plus tôt - comment faire de la maçonnerie lorsque l'on ne dispose pas de ses mains? On s'était contenté d'accumuler les débris devant la façade éventrée, en un monticule assez imposant pour combler la totalité de la brèche. On avait laissé un passage libre en lieu et place de feu la porte, que l'on obstruait le soir venu avec une poutre noircie tombée de la mezzanine en ruines. Cela n'isolait pas du froid mordant de Vanor, mais face au blizzard et aux carnivores les plus décidés, c'était mieux que rien.

La grande salle, d'ordinaire nimbée de musique, de voix et d'une chaude odeur de recaf, n'était plus remplie que d'échos et de poussière. En surplomb, le premier étage n'était qu'une armature calcinée, ornée d'un bout de balcon et d'un escalier de guingois. C'était là que Caleb s'était installé, à la jonction entre la dernière marche et la mezzanine; allongé au bord du vide, la tête mollement posée sur ses pattes antérieures, il contemplait son bar d'un œil las. Il était malheureux. Et ses cigarettes lui manquaient.

Pourtant, la situation n'était pas aussi catastrophique qu'on aurait pu le croire. Malgré son apparence dévastée, le Downward survivait toujours, c'était même devenu l'une des planques les plus sûres du quartier. Il abritait essentiellement des hommes de Caleb et leurs familles, évadés des quartiers nord devenus plus mal famés - ou affamés - que jamais.

Dans la réserve du bar, un camp de réfugié s'était organisé. Un peu de judicieux pillage avait eu tôt fait de reconstituer les stocks de nourriture, de couvertures, de charbon de bois. On maintenait une chaudière allumée pour chauffer la petite pièce. Le médecin officieux de Caleb, devenu un solennel grand-duc, s'était installé sur place pour prendre soin des blessés, et même Fred, le jeune raptor qui avait perdu un oeil et s'était brisé une patte en défendant le bar, semblait se remettre. Côté sécurité, on avait instauré un discret tour de garde grâce à quelques armes à feu sorties du coffre-fort de Caleb et à une demi-douzaine de créatures pourvues de doigts pour appuyer sur les gâchettes. Et dans le cas improbable où une bestiole mal intentionnée serait parvenue jusqu'à la porte de la réserve, elle l'aurait ouverte pour tomber directement sur un gros auroch blanc pratiquement au sommet de sa forme et très habile de ses cornes.

Les nouvelles de l'extérieur n'étaient pas si mauvaises non plus. Les indics hébergés par Caleb profitaient du calme relatif des heures diurnes pour aller enquêter en ville, plus particulièrement du côté des docks du quartier nord. Ceux qui pouvaient voler effectuaient des rondes prudentes dans la toundra, près de ce camp militaire sorti de nulle part, et lentement mais sûrement les renseignements commençaient à affluer. Des soldats d'élite, dont le comportement tranchait avec celui des habituelles garnisons de Secaria. Des laboratoires en nombre, beaucoup d'Arcanos. Des prisonniers que l'on ne revoyait pas. Des expériences. Et depuis peu, des humes en combinaisons vertes qui investissaient prudemment les docks. Des humes qui ne devenaient pas des animaux. Une solution?...

Mais voilà, tout cela, Caleb s'en fichait. Il se tenait toute la journée à l'écart des autres réfugiés, isolé du froid de la grande salle par son épaisse fourrure. Il ne parvenait même pas à se réjouir de ce que lui apprenaient ses hommes, et pourtant l'Etat sait qu'il en avait sa claque de se nourrir de viande crue et de se laver à grands coups de langue. Tout ce qui lui importait, c'était un détail, presque une blague tant cela aurait paru ridicule à une tierce personne. La raison pour laquelle Rodrigue n'était pas non plus dans la réserve, mais dehors, à arpenter inlassablement les rues de la ville. La raison pour laquelle il rentrait tous les soirs, les oreilles en berne, presque aussi abattu que son patron.

Chips avait disparu. Depuis une semaine. Dehors, tout seul, dans les froides ruelles parcourues de prédateurs, sans doute dans un corps qui n'était pas le sien et qu'il ne maîtrisait pas. Aucune trace de lui dans les containers des docks. Son destin paraissait évident.

Les autres réfugiés qui connaissaient le reptomarsupial s'étaient montrés navrés, comme on l'est toujours lors du décès d'un animal que l'on appréciait. Caleb avait accepté leur sollicitude, en disant qu'il espérait simplement que Chips n'avait pas souffert. Que oui, c'était une brave bête. Qu'il lui manquerait.

Lui manquer, tu parles... C'était un vide tellement monstrueux que Caleb lui-même ne parvenait pas à l'appréhender. Penser que Chips était mort, c'était juste... trop. Alors il n'y pensait pas. Il n'osait même pas tenter de se rassurer, de se dire que son reptomarsupial était quasiment indestructible, qu'il pouvait survivre à tout. Encore plus que lorsqu'il avait perdu ses jambes, il fuyait, il repoussait ce bloc de réalité comme il savait si bien le faire. Pour l'angoisse et la peine, il se débrouillait pour les dissimuler dans la mauvaise humeur. Et il laissait passer le temps, allongé à l'écart dans un coin du bar. A attendre la suite pour ne pas penser au présent.

Les vieux réflexes ont la vie dure.
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- La Brute (Muy Calliente) - Des p'tits trous, des p'tits trous...

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Signalement : Hûme mâle. Trentaine d'années. 1m78, quelques 71 kg de muscles rôdés, bronzé et tout en angle. Des yeux gris. Des cheveux bruns mi-long. Mal rasé. Piercing innombrables au visage.


MessageSujet: Re: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   23.08.10 22:17

Y avait comme un goût de justice divine dans l’air.

Il pouvait l’aspirer. Le sentir. Le laper. Le mordre à pleine gueule. Ouais. Partout dans les rues, entre les murs, les crissements de mandibules et les grattements de rats. Dans cette froidure, sèche et au cœur dur, qui vous prend la face et qui s’accroche aux poils. Encore là, près de son ombre, difforme, projetée sur le sol par les réverbères, qui devenait, quoi, comme un bossu obscur aux creux de lumière…C’était de cette ombre que viendrait le jugement, et d’elle encore que serait donnée, ou la rédemption ou le châtiment…Le pater, il l’aurait dit aussi sec : ‘Hanoune kesh, hanoune kesh, yohanane dioz, êl…’ Mais les croyants et les pieux, ça couraient pas vraiment les rues dans ces cités de branleurs qui ne savaient rien des légende d’au-delà des Ruines, qui ne connaissaient rien d’autre du paradis que son artificialité, et qui monnayaient leur enfer au quotidien en se noyant d’idées architecturées, là où l’homme était sable, là où l’hume était vent et gouffre et ravines et pierre dans le courant !

Feulement au bout de la rue ; traînant de la patte, une bête chemine entre les débris.
Le prochain dans son purgatoire, c’était le p’tit frimeur. Caleb Mancuso. Rah ! Caleb. Un nom de manouche, ou il ne s’y connaissait pas ! Dans tous les cas, rien à dire sur ce compère-là. Sur son dossier, on conseillait même de ne pas y toucher. Certains pontes d’la capitale semblaient fricoter avec le bonhomme. Un bon criminel, friqué et aux mains lavées, qui revendait des armes en costume cravate – même à des types comme lui, même à des groupes comme le sien. Quoi de mieux pour s’garder sa petite conscience tranquille, quoi de mieux pour se soutirer quelques grammes de contentement sur le dos des autres ? En bref : y avait là un pourri sans honneur, sans éthiques, et individualiste au possible. On pouvait s’y attendre, de la part d’un urbain…Mais il ne pouvait que s’en ravir : il correspondait au profil dont il avait pour le moment besoin.

Aussi sa silhouette d’or et de safran s’arrêta près d’une poutre noircie ; entre les interstices, Salem pouvait deviner une salle chaotique et ravagée, et apercevoir les formes animales dont il avait d’ores et déjà perçu l’odeur alléchante…ainsi que les grincements métalliques des fusils lorsque les armes se pointèrent sur lui.

Aussitôt il eût envie de bondir. De foutre cette poutre en l’air et de se projeter sur les armes de soufre et de feu, de poursuivre cette lutte continuelle qui le rendait à moitié dingue, et… -mais non. Il n’était malheureusement pas là pour le plaisir, comme l’affirmèrent les flammèches ambrées dans ses prunelles qui s’étrécissaient sous l’effet de la lumière. On ne pouvait pas s’amuser tout le temps, hein ? Fallait bien bosser, parfois.

L’immense tigre s’affaissa sur son arrière-train, l’allure – faussement- nonchalante. Les tireurs n’attendaient rien pour lui trouer le cuir. Sans doute un sursaut d’humenité les obligeait à ne pas encore tirer, à attendre que l’ennemi se démasque, que la guerre soit déclarée, pour là décharger leurs balles dans sa chair. Peut être croyaient-ils qu’il allait s’éclipser, jouer les prudes de l’air et s’évader dans les ombres. Conneries. Mais il allait falloir la jouer finaude : il ne pourrait pas forcer le passage et éviter les tireurs à la fois. Non, qu’un choix : demander à entrer. Oh, comme ils allaient regretter de l’avoir poussé à cette extrémité…
Salem ne comptait pas partir. Il attendrait patiemment derrière cette poutre, avec un rictus presque humesque sur sa gueule mauvaise. Cible parfaite. Trop parfaite.

• Hasba ! C’est le moment où je tremble de peur et où je me chie dessus, c’ça ? Au secours maman ! *

Il laissa le temps aux gardes de prendre conscience de sa courtoisie élémentaire et ricana tout bas.

• Allez les mecs, arrêtez d’vous ridiculiser et laissez-moi causer à vot’ patron d’hommes à hommes . Dites-lui qu'je viens de l'part de son vieux poto l'Coutelier qu'aimerait bien lui apporter son aide en ces temps très très difficiles.*

Mr Coutelier était un des clients nevans les plus fortunés du portfolio de Mancuso. Il ne connaissait quelques noms et n'en suspectait qu'une dizaine sur la liste des bienheureux qui profitaient de son marché, mais ce qui comptait était que Coutelier était un des trois fournisseurs des Traqueurs et un membre affluent des hautes sphères politiques. Bref, juste un titre pour attirer l'attention et éviter de se faire descendre par ces civils visiblement trop stressés par l'apparition d'un fauve au pas de leur porte.

* Et j’prendrai certainement pas ‘non’ pour une réponse.*
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MessageSujet: Re: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   12.09.10 20:04

Lorsque le balbuzard perché sur le toit du bar émit un cri d'alarme, Caleb laissa échapper un grognement agacé: quoi encore? Un énième chien errant? Un coyote, un chacal? Une saloperie du même genre, attirée par les odeurs de viande fraîche qui émanaient de la réserve du bar? Non pas que cela fût un vrai problème: quelques coups de feu tirés en l'air, éventuellement une volée de plombs dans les fesses et ce genre de raclure déguerpissait vite fait. Mais le Techie n'appréciait pas d'être ennuyé dans la morne élaboration de ses pensées dépressives, surtout pas par des bestioles sans envergure qui lui rappelaient le chef de gang à cause de qui il boitait et qui le poussaient à gaspiller de bonnes munitions pour lesquelles personne ne paierait.

Puis l'alerte se précisa, un mot parcourut les rangs des sentinelles et Caleb releva une oreille: un tigre? Voilà qui était déjà moins banal. Plus dangereux. Plus intéressant. Une robe rayée s'encadra dans la porte improvisée de l'établissement et une série de cliquetis se fit entendre dans les recoins du Downward; les gardes venaient de faire sauter la sécurité de leur arme, et Caleb se sentit obligé de reprendre la situation en main:

*Du calme. Ne tirez qu'à mon commandement.*

Le tigre se posa sur son arrière-train d'un air souverain et son rire goguenard fit tressaillir les animaux embusqués:

*Hasba! C’est le moment où je tremble de peur et où je me chie dessus, c’ça? Au secours maman!*

Il ricana. Caleb fronça mentalement les sourcils: les prédateurs assoiffés de sang ne s'annonçaient pas. Soit cette bête-là était beaucoup trop orgueilleuse et passablement conne, soit elle avait autre chose en tête qu'une simple chasse.

Le nom de Coutelier passa dans tous les esprits et les deux oreilles du Techie se mirent à pointer vers l'entrée, trahissant le fait que le fauve avait soudain toute son attention. Il se leva vivement, avec une grimace intérieur pour son dos lacéré et toujours douloureux, puis émit à voix basse:

*Baissez vos armes.*

Il sentit le scepticisme de ses hommes et regretta le temps d'un soupir la docilité aveugle de José et l'intelligente efficacité de Rodrigue: non, décidément, les bons gardes du corps ne couraient pas les rues.

*Baissez vos armes, c'est compris? Restez vigilants, mais je ne veux pas un seul coup de feu tant que je n'en aurai pas donné l'ordre. Et remettez-moi ces sécurités en place, merde!*

Manquerait plus qu'une de ses propres armes creusât un autre trou dans sa fourrure.

*Et au fait, simple précision: je serais vous, je m'arrangerais pour oublier cette conversation aussitôt qu'elle sera terminée.*

Il n'y eu aucun commentaire parmi les sentinelles. Juste le discret son des fusils que l'on désarmait. Caleb s'étira, satisfait. Il savait qu'il n'avait pas besoin de menacer ses troupes de manière plus explicite: tous ceux qui se trouvaient là étaient de proches collaborateurs, qu'il connaissait personnellement. Ils savaient tous à quel point le Techie détestait les balances et l'énergie qu'il pouvait mettre à les retrouver, elles et leur famille.

Caleb s'adressa alors au tigre, d'une voix plus forte:

*Qui a parlé de vous dire non? Entrez.*

Caleb descendit l'escalier tordu pour sauter sur le comptoir - en une semaine, il avait eu le temps de maîtriser parfaitement ce petit bond. Il s'avança le long de la surface polie avec la nonchalance gracieuse du félin qui parcourt son territoire avant de s'asseoir à l'extrémité du bar, sans se départir de son port de tête légèrement arrogant:

*C'est moi le patron. Caleb Mancuso, mais ça vous le savez déjà.*

Avec les clients, il aimait bien donner le ton dès le début de l'entretien. En l'occurrence, il cherchait avant tout à signifier que ce n'était pas parce qu'il était plus petit que ce branleur de tigre qu'il allait se laisser marcher sur les pattes. Il était chez lui. Au cas où quelque chose tournerait mal, il disposait de sentinelles armées et d'au moins trois refuges dans lesquels sa vivacité et sa légèreté le mettraient hors de portée du gros fauve. Enfin, il était Caleb Mancuso. Et il était tout à fait d'humeur à noyer sa déprime dans un entretien potentiellement un peu musclé.

*Comment se porte ce cher Coutelier? Je suis très flatté qu'il trouve le temps de s'occuper de notre... situation.*

Traduction: "qui êtes-vous et qu'est-ce que vous voulez?" Coutelier n'était qu'un étendard, cela paraissait évident. Mais peu de gens connaissaient ce nom, et encore moins savaient qu'il figurait dans les papiers de Mancuso le trafiquant d'armes. Caleb se demandait ce que l'une de ces personnes pouvait bien lui vouloir en une telle période de crise, a fortiori quelqu'un qui portait les stigmates d'un combat récent et dont la prunelle abritait une fascinante et dangereuse lueur de sauvagerie.

Il n'était pas certain d'apprécier la réponse.
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MessageSujet: Re: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   25.09.10 19:24



Il avait du panache le tcho’ chat.

J’veux dire, dans le genre nounours à peluche, il gagnerait sûrement sa place parmi les gros lots de la loterie de la petite bringue de village, avec tir à la carabine et tout et tout.
Le tigre eut un sourire fendard. Comprenez : avec les canines brillantes mises à nues, les reflets de la lumière sur les tâches écarlates qui les constellaient et l’expression complètement psychotique et réjouie de ses deux orbes gris-eau. Un improbable sourire de Cheschire… Il donna un instant la très nette impression de se foutre de la gueule du « cordon de sécurité » qui venait juste de remettre leur sécurité. Pas plus mal, d’ailleurs, Salem avait horreur de discuter avec des trouffions qui lui pointaient six mitraillettes dans le museau. C’était, disons, pas très propre à la conversation et le Traqueur avait des manières très particulières d’apprendre la politesse à ses camarades…(que nous ne détaillerons pas ci-dessous, mais qui comportaient beaucoup de moelle, de cervelle, et une cuillère. C’est fou ce qu’on pouvait commettre d’horrible avec une cuillère.)

Mais lorsqu’il se focalisa enfin sur le gros chat qui lui faisait face, monté sur le comptoir et le port extrêmement altier pour une si petite chose, il ne donna plus du tout l’impression de se foutre de la gueule de quoi que ce soit.
Oh non. A contrario.
Il donnait toute son attention au vendeur d’armes. Pas dans la moindre parcelle – sa conscience restait vigilante quant à son environnement proche – mais tout de même…toute son horrible, pesante, et imprévisible concentration…

*Ouais, j’le savais déjà. * répliqua le tigre en s’asseyant sur son arrière-train, avec sa désinvolture coutumière. Répondre à une pure rhétorique ? C’était un acte carrément barbare, mais ça ne troublait aucunement l’homme-animal. * Boulot dangereux, d’être patron, d’ailleurs. La difficulté, la responsabilité, tout ça tout ça…surtout la précarité…y a les finances, heureusement…faut des roubignoles en acier trempé pour se tenir en haut du panier à mémé. Mais vous vous en sortez très bien…*

Bien qu’il ne fût pas énoncé, le ‘jusque-là’ qui aurait dû logiquement compléter la phrase vacillait dans l’air ambiant comme une épée de Damoclès…

Salem était rompu aux exercices diplomatiques. Si par diplomatiques, nous entendons que du point de vue A, il fallait convaincre la victime à passer au point de vue B sans rien lui donner en retour. Intimidation, déstabilisation, son allure bilieuse faisait de lui un curieux ambassadeur mais un négociant sans scrupules. Ni plus ni moins. Le Traqueur n’avait pas d’autres talents particuliers de sophiste ou de rhéteur, et face à un trafiquant monté comme Caleb, il savait ne pas être à la hauteur. Il n’avait pas ce don à trouver ce que l’autre désirait et à le vendre à prix comptant. Il n’avait pas cet intérêt pour les mots. Mais son acuité à trouver les désirs enfouis, cette faculté dangereuse à monter des intrigues, ça, oui, il avait. Et combien le regrettaient !
En vérité, il ne chercherait même pas à convaincre Mancuso. Laissons aux brasseurs de vent le soin de péter plus haut que leur cul.

Lui, sa tâche, ce serait d’amener Caleb à se vendre à lui-même le produit providentiel que son réseau avait mis au point…et de s’assurer qu’il serait bien distribué. Sans expliciter même pourquoi il avait choisi le trafiquant d’armes pour sa tâche, en laissant le maximum de zones d’ombre…et en faisant en sorte que seul le vendeur reste dans la lumière du spotlight lorsque le Temps viendra. Et la seule piste qu’aurait le trafiquant à ce moment, ce serait un gros fauve et le nom de Coutelier, un ponte de l’Etat. Non, vraiment, c’était presque une telle chance d’avoir un candidat si parfait pour ses manigances de Traque que Salem était à deux doigts de ronronner sur place.

Dans l’esprit du combattant, un Salem imaginaire sortit d’un tiroir un crayon mental, tira académiquement la langue et commença à écraser sa mine noirâtre sur une feuille blanche…

* Mais Coutelier fait toujours attention à ses intérêts.

Il a, comment dire, une proposition à vous faire. Je pense que ça pourrait grandement vous intéresser.
Mais ne nous prenons pas à rebrousse-poil. Dites-moi d’abord, depuis combien de temps cet état lamentable vous accable, et comment les choses se déroulent dans le Nord ? *


Sur ces entrefaites, le tigre inclina la tête vers les corps animaux qui déambulaient dans la pièce.

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MessageSujet: Re: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   10.10.10 13:07

Caleb ne pouvait pas être certain de l'accent de son interlocuteur tant que ce dernier se tenait à l'extérieur du Downward. Néanmoins, le juron lui avait mis la puce à l'oreille. Et quand l'autre s'assit sur son arrière-train pour entamer la conversation d'un air nonchalant, le Techie ne put que confirmer son pressentiment.

Un manouche du Centre. Merde.

Caleb n'aimait pas négocier avec les gitans. Pour commencer, en bons croyants dans un monde athée, ils étaient culturellement butés et très peu disposés à la remise en question - ce qui, on en conviendra, n'est jamais propice à la négoce. Mais ce n'était qu'un détail comparé à l'inconvénient principal que le trafiquant d'armes leur trouvait: ils étaient trop entiers. Trop extrêmes. La plupart étaient des brutes impossibles à raisonner, de sombres voyous suintant l'alcool et la consanguinité (merci à la destruction culturelle programmée de l'Etat); les autres étaient féroces et fiers, atrocement conscients de la situation catastrophique de leur peuple et prêts à peu près tout pour sauver les restes de son honneur, donc encore pires. C'était soit l'un, soit l'autre. Jamais de juste milieu. Jamais de compromis.

Et à voir l'œil vif et carnassier du tigre, il était simple de deviner à laquelle de ces deux catégories il appartenait.

Caleb l'écouta attentivement, prudent, puis de plus en plus agacé au fur et à mesure que l'étrange émissaire s'exprimait: cette situation commençait à lui déplaire fortement. Derrière la première couche de compliments, au-delà de la sollicitude, il sentait traîner la menace sourde d'un entubage en règle. Peut-être était-ce le fait que le tigre ne s'était pas présenté, peut-être était-ce sa soudaine politesse si peu en phase avec son entrée en matière. Peut-être était-ce le nom de Coutelier, qui trahissait des commanditaires puissants et sans scrupules, de ceux qui avaient le pouvoir de mettre à mal le délicat numéro de funambule de Caleb, de ceux qui pouvaient avoir décidé que cette fois, c'était à sa tête de tomber. Quoiqu'il en fût, cela sentait mauvais.

Le trafiquant d'armes hésitait: devait-il le faire? Devait-il suivre son instinct, parler à cet étranger comme il en avait envie? S'il se trompait et que le type se sentait insulté, la situation pouvait devenir catastrophique, assez catastrophique pour que sa rangée de sentinelles n'ait pas le temps d'intervenir. Mais s'il avait raison, peut-être qu'il parviendrait à s'extirper du guet-apens qu'il devinait dans les paroles du grand fauve, ou au moins en réduire les dégâts.

Oh et puis merde! Déprime ou pas, s'il n'était plus capable de sentir les gens, autant changer de métier. Il se redressa légèrement, inspira profondément et lâcha d'un ton sûr, en marquant son accent twinkilien-mais-surtout-pas-un-bourgeois-du-centre:

*Ecoute mon ami, si on bazardait les fioritures? J'ai l'impression que ce n'est pas vraiment ton style, et pour être honnête, en ce moment c'est pas trop le mien non plus.*

D'un bond assuré, il quitta le bar pour gagner l'un des deux seuls tabourets encore debouts, se mettant ainsi à la hauteur de la tête du tigre. Une rumeur inquiète parcourut les rangs de ses hommes. Il l'ignora. Tout son attention allait aux prunelles flamboyantes qui lui faisaient face, au-dessus de ces crocs qui pouvaient si facilement lui briser la colonne vertébrale en menus morceaux.

*Tu veux savoir ce que je sais sur ce qu'il se passe dans le Nord? Assez pour comprendre que ça pue. Ça fait une semaine qu'on est dans une merde noire, on a cherché à pulvériser mon bar et j'ai quinze familles terrorisées dans l'arrière-salle qui se demandent combien de temps elles vont survivre dans cette ville devenue dingue. Alors non, je suis pas d'humeur à faire semblant de pas comprendre que tu viens m'annoncer quelque chose qui me fera encore plus chier.*

Le chat sauvage avança lentement la tête, assez pour que ses vibrisses aillent effleurer la truffe humide du tigre. L'odeur puissante et tenace du fauve emplit ses narines et Caleb se rendit compte avec un frisson exalté que ces entretiens suicidaires lui avaient foutrement manqué.

*Tu voulais qu'on parle d'homme à homme. Je te demande, dans les yeux, de me faire cet honneur. Laisse tomber la politique, essaie de me prendre un peu moins pour un con et de toi à moi, entre hommes, dis-moi. Dis-moi ce que tu veux.*
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MessageSujet: Re: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   15.10.10 19:50

Le coin des babines s’étirent de quelques millimètres, à la façon d’un sourire défiguré.
Le fauve apprécierait-il le caractère soudain entreprenant de Mancuso ?
Les paupières s’abaissent de manière proportionnelle et ses prunelles s’étirent en fentes fines.
La réponse est non.

Pas du tout, mais alors pas du tout du tout. Son échine en frémit d’un long frisson de rage contenue et ses muscles se tendent à n’en plus pouvoir de ne pas pouvoir bondir. Si Caleb y prête attention, il notera la terrible frustration dans ses prunelles animales : la frustration de ne pas pouvoir le frapper…

Salem se fait alors une promesse.
Lorsque Secaria sera sauve, il reviendra.
Et Caleb passerait un sale quart d'heure.

Pour parler d’hommes à hommes, faudrait déjà que t’en sois un.

Or remettons les choses au clair : je connais ton cas et si ça ne tenait qu’à moi, tu pourrirais déjà en tôle ou dans le fin fond vaseux d’une rivière. Ce n’est parce que tu les gardes au chaud et dans des gants de dandy, ni parce que t’as une bonne tronche, que t’as les mains propres Mancuso. T'as oublié ça peut être ? T’es un criminel et tu prospères sur le sang et la mort. T'es peut être encore pire vu que t'es doublé d'un lâche et d'un patron qui se mouille pas trop derrière son bar. N'empêche que tu monétises des vies au bout de tes fusils, or dis moi si je me trompe mais la vie n'a jamais eu de prix la belle salope. Tu trompes peut être ton monde, mais au fond t’as les coudes plongés direct dans la tripaille et la défécation humesque.

Tu parlais de merde noire tout à l’heure. De ces familles que t’as le cœur assez princier pour honorer de tes décombres - bravo, quelle éthique ! De ta ville qui débande plus sûrement qu’un alcoolo.

Mais Mancuso, ça, ça n’est rien, mais alors rien du tout de ce que font les hommes lorsqu’ils ont des armes en main pour pas cher. Je peux te l’assurer.

Alors yeux dans les yeux.
Tu n’es pas un homme mais une loque qui prospère sur leur pourriture. A mes yeux t'es qu’une excuse faiblarde et chiasseuse d’individu.

T’auras p’t remarqué, si t’es un peu malin, que j’ai un très fort accent que certains qualifient de manouche. Dans ma langue maternelle Caleb ça veut dire quelque chose.

Ça veut dire ‘Cœur.’ Dans son principe.

Et j’crois que dans ton cas c’est ironique.


Salem fit une pause, laissant le temps au vendeur d’assimiler ses paroles.
Il reprit, non sans difficultés :

S’il te reste un chouïa d’honneur t’auras l’obligeance de ne plus jamais, mais alors jamais, m’appeler l’ami.

La parenthèse close, je reprends où tu t’étais arrêté.

D’ici vingt-deux heures ce soir tu vas recevoir ici même de nombreuses cargaisons d’un vaccin contre cette merde noire dans laquelle vous êtes.
Ouais par là j’veux dire que vous allez pouvoir redevenir humes et j’espère pour vous que ça va vous plaire et que vous allez bien en profiter petits veinards.

Alors deux trois point vite fait.

Mr. Coutelier est bien sûr le livreur de ces caissons.

Mr.Coutelier ne souffrira d’aucune question ni remarque quant à son don. Vous remarquerez peut être dans les jours à suivre que la marchandise a une ressemblance pour ainsi dire totale avec celle qui va bientôt être distribuée par les troupes officielles dans les docks, mais sauter à la conclusion qu’il s’agit là d’un détournement séditieux serait des plus blessant pour…’l’honneur’….(crachat) de Monsieur.

Mr.Coutelier tient néanmoins à faire savoir qu’il sera des plus ravis d’apprendre que vous aurez l’obligeance de lui repayer quarante pour cent des bénéfices que vous ferez en revendant les pilules. Il pense que c’est une petite somme par rapport à ce que vous gagnerez en assurant une bonne…distribution…dans les milieux les plus officieux que vous devez connaître.

Il pense que les soixante pour cent restants devrait vous revenir pour que vous remettiez un coup de neuf à votre bazar et pour vous féliciter et vous remercier de votre discrétion et efficacité dans cette affaire. Pour finir, Mr.Coutelier t’envoie ses chaleureuses salutations et indique qu’il passera le 22 prochain à Sécaria à l’occasion d’une mission politique. Cela serait l’occasion parfaite pour renouveler de nouveaux et juteux contrats.


Une nouvelle pause dans le discours morne et ennuyé du tigre. Enfin, il s’ébroua.


Crois pas que ça m’amuse de faire ça Mancuso, mais c’est peu payé pour réparer les pots cassés et ça pourrait être bien pire.
J’te dirais pas que j’suis désolé que ça tombe sur toi parce que je pense que tu l’as bien mérité et qu'aujourd'hui que c'est ton tour de te faire entuber après des années de profit sur la question.

Maintenant t’as des questions avant que j’me casse ?
Y a mes hommes qui m'attendent et des livraisons à faire livrer.



[HRP : et je confirme que Caleb a une vraie VDM et qu'il vient d'exécuter le plus terrible échec de diplomatie...xD]
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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   16.10.10 16:39

Il y a des insultes que l'on ignore. Il y en a qui mettent mal à l'aise. Et il y en a qui font mal.

Loque, pourriture, salop.

Lâche.

Sans cesser de regarder le tigre dans les yeux, Caleb s'était rassis sur son tabouret, sa queue annelée proprement enroulée autour de ses pattes, l'air aussi souverain et froid à l'extérieur qu'il se sentait mort à l'intérieur.

Non pas que le discours du tigre le touchât beaucoup: il le connaissait par coeur, assez pour l'encaisser avec une simple lassitude un peu amère. Toujours les mêmes accusations, toujours le même mépris. Eh oui, il était trafiquant d'armes. Le genre de boulot dont tout le monde a besoin mais que personne ne veut faire, comme les éboueurs et les croques-morts. Des loques, des pourritures, des salops. Des lâches.

Caleb avait envie de lui dire, à ce tigre frémissant de haine et si sûr de ses valeurs. De lui expliquer que s'il était bien un lâche, ce n'était pas tant parce qu'il vendait des armes sans s'en servir et qu'il faisait exécuter ses ennemis par autrui que parce qu'un soir, bien des années plus tôt, il n'avait pas été foutu de dire non à un homme qu'il avait pourtant tenté de tuer. Qu'il avait su à l'instant même où il s'agenouillait sur le carrelage malpropre des douches de l'orphelinat que c'était la soumission de trop, celle qu'il trainerait jusqu'à la fin de ses jours. Celle qui lui ferait choisir un sale boulot simplement parce qu'il était doué pour le faire. Celle qui ferait que vingt ans plus tard, il accepterait de se faire insulter sous son toit par un manouche venu lui imposer une transaction maculée d'une épaisse couche de merde.

Mais ce qui touchait vraiment Caleb au cœur, c'était cette évidence qu'il s'était planté, planté de chez planté, peut-être même encore plus lourdement que la fois qui lui avait coûté son genou droit. Oh, bien entendu, ce n'était pas la première fois qu'il faisait une erreur de diplomatie, qu'il jugeait mal un interlocuteur. Mais à ce point? Rarement. Et jamais alors qu'il était déjà lui-même passablement dépressif et peu disposé à juger ses propres actes avec indulgence.

Non, vraiment. Il en avait sa claque. Même la perspective de redevenir hume ne parvenait plus à le motiver; il souffrait trop d'espérer qu'il y retrouverait ses jambes tout en sachant que cela pouvait ne pas arriver.

Le tigre s'ébroua nerveusement et Caleb vit ses muscles contractés par la rage, ses crocs en partie dévoilés par des babines frémissantes. Il comprit que le gitan mourrait d'envie de lui envoyer une droite, mais qu'il n'en avait pas le droit. Le Techie sentit un rictus désabusé passer sur son visage de chat et même s'il n'avait pas envie de répliquer, il prit tout de même la parole:

*Prends un truc en note: il faut des loques comme moi pour que des mecs comme toi existent. Il faut des pourritures dans mon genre pour que tu puisses avoir un flingue et des ennemis sur lesquels le décharger. Et au final, on sert tous les deux des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Sans blague, tu t'es regardé? Toi, ton accent, tes belles paroles et ton grand coeur de tigre? Tu t'es vu, venir ici sans te présenter pour faire le sale boulot des hauts pontes de l'Etat? Tu t'es vu te retenir de m'arracher la tête parce que je dois encore leur servir, tu t'es vu me lécher le cul en attendant que je me foute dedans tout seul comme un grand?*

Caleb avala sa salive de travers, sans savoir si la bile qui lui remontait dans la gorge avait un goût d'épuisement ou de dégoût.

*La seule vraie différence entre toi et moi, c'est que moi, je n'ai pas la naïveté de croire que pour eux je vaux mieux qu'une pute. Fous le camp de mon bar.*
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- La Brute (Muy Calliente) - Des p'tits trous, des p'tits trous...

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MessageSujet: Re: Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]   20.10.10 21:38

Pouah.
Ça chlingue la déprime cul-cul par ici.


L’animal se redressa pesamment, dodelina de la tête d’un côté et de l’autre, puis s’arrêta une nouvelle fois à l’attention du patron. Caleb n’a pas répondu directement à sa longue proposition. Si Salem l’a noté, il ne le fait pas remarquer autrement que par ce bref et ultime regard mammifère, et, peut-être, par le rot tonitruant qui s’ensuit. Car, après tout, il aurait été franchement stupide d’y répondre…

Tout ça c’est rien qu’une histoire de gros chats, lâcha-t-il mentalement. Et ses iris de s’animer d’un coup, leur allure psychotique soudain illuminés d’un trait d’intelligence, avant de se renfermer à nouveau dans leur bêtise morose.

Qui sont les chats ? Quelle est l’histoire ?
Qu’est-ce que le manouche et le trafiquant d’armes viennent y faire, et sont-ils réellement les félins en question ? Il est fort probable que non. Et qu'a voulu faire comprendre le Traqueur ?
Mais la curiosité, c’est bien connu, tue le chat…

Le fauve n’attend guère plus pour plier bagage : ne vient-on pas de lui demander de foutre le camp ? Et à l’impératif s’il vous plaît ! Cachère ! Si Klaes était là, il n’aurait pas reconnu son vieux copain, qui au lieu de poursuivre son jeu du plus malin abandonne la partie à mi-temps et se plie à l’injonction du hors-la-loi.

Faut dire que le gitan a prévu de repasser un de ces jours et il ne lâchera pas le morceau comme ça. Quelques bonds terriblement vifs, et le voilà dehors. Le temps de faire signe de la tête à ses hommes, et deux figures animales émergèrent des ombres à leur tour : les deux Traqueurs avaient pour charge de dissuader d’éventuels passants et, plus important encore, de sauter à la gorge des occupants du bar si l’affaire se concluait mal.

Yallah les gars, on s’les ait assez geler. On rentre !

Histoire qu’il se la coule douce dans la satisfaction d’avoir accompli son devoir.
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Rien qu'une histoire de gros chats [Vice Versa]

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