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 /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)

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Lilia Guyver

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MessageSujet: /! Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   13.09.10 18:04

La course. Le sang qui bat à ses tempes et la merveilleuse douleur dans son corps tout entier, dans ses muscles bandés qui se contractent, la poussent en avant, toujours plus loin à travers cette toundra glacée qui blesse ses pieds. La course, et le sang qui s'échappe des écorchures créées par la glace parce qu'elle n'a pas prit le temps d'enfiler les chaussures mises à sa disposition. La course, et le vent qui frappe chaque parcelle de sa peau dénudée, plaque le tee-shirt large sur son corps amaigrit, essaye d'arracher le pantalon militaire, mord la blessure dont la cicatrice ignoble marque son cou. La course, ressentie non pas par le Grizzly, mais par ELLE, son corps d'hume enfin retrouvé.

La course, la vie bon dieu. La vie !

Elle ne peut pas s'empêcher de vivre.

Avec ce rictus douloureux qui se découpe sur ses lèvres gercées, qui envoie ses cheveux bouclés en arrière. Qui lui fait serrer les poings sous l'effort. De vivre. Et c'est juste bon, terriblement bon, à la terrifier. C'est une course, pas une fuite, et elle laisse derrière une porte de prison entrouverte pour dieu sait quelle raison. Elle est juste libre, après des jours de pénombre, dans ce désert qui entoure Secaria. La ville se dessine dans les rafales de neige, et elle court plus vite encore, même si elle trébuche souvent, même si ses bras s'écartent pour lui faire retrouver un équilibre de plus en plus précaire. On dirait qu'elle peut voler.

Elle court, elle donne un sens, un son à la vie, parce que loin en elle il y a comme un lourd silence qu'elle a encore du mal à comprendre.

Elle met des heures, de longues heures qu'elle ne sent pas passer, à revenir vers ce qu'elle a décidé être son foyer. Elle met des heures qui la brisent, qui la tuent. Elle met des heures à enfermer les souvenirs - les visages camouflés, et ce froid, son corps nu, le souvenir d'un regard avant l'évanouissement sous le coup de crosse quand là encore elle se débat, et combat et tente de tuer, de se faire tuer pour en finir - tout ces souvenirs, dans un coffre, et il sera toujours temps de le rouvrir, plus tard, quand sonnera l'heure au clocher de la vengeance.

Pour l'instant elle rentre chez elle. C'est terriblement fou, comme l'est la pensée de revoir Leto, celle qui tourbillonne en elle, un véritable ouragan d'amour. Comme l'est celle de retrouver Jack Jack, de le serrer entre ses mains. Elle sait qu'ils vont bien, ça ne peut être autrement.

Le froid n'arrive pas vraiment à l'atteindre, quand elle s'abat contre un mur, à l'entrée de la ville. La buée que forme son souffle court l'aveugle un instant. Mais elle n'a pas besoin de voir. Lilia connait le chemin.

Alors elle rampe, lentement mais sûrement. Elle se traine jusqu'à ce quartier misérable où des humes hagards reprennent leur quotidien, avec dans ce regard comme des questions inconscientes qui ne trouveront de réponses que lorsqu'ils décideront d'abaisser les mains qui dissimulent leurs yeux. Elle manque de s'écrouler sur le perron de cet immeuble de guingois et gravit, comme on gravit une montagne, les marches jusqu'à la poignée de porte. Et après la poignée, un escalier poussiéreux qui gémit sous son poids. Et après l'escalier, le numéro de leur porte. Et après

Après elle n'aura pas le clé mais toquera trois fois. Et tire la bobinette, le reste suivra.

Après, il n'y aura qu'un tremblement de terre dans sa cage thoracique, un sanglot soulagé quand elle entendra les pas. Des pas lourds, feutrés. Un frottement contre le plancher. Et elle, hume dans toute sa splendeur, qui gratte à la porte, murmure, coasse un prénom maintes fois murmuré, un appel. Une voix rauque, brisé, qui vibre dans ce silence, ce foutu silence terrifiant au fond d'elle. On dirait que quelqu'un est mort. Et Lilia n'est encore au courant de rien.

Maintenant, elle chuchote juste.

- Ouvre, c'est moi.


Dernière édition par Lilia Guyver le 23.11.10 23:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   13.09.10 20:01

C'était long. Un long moment à se terrer dans les ombres de l'appartement. De longs jours à lécher ses plaies qui commençaient enfin à cicatriser correctement. Des jours sinistres à jouer la morte pour ignorer ce qu'il se passait dehors. Les brouhaha animaliers de panique avaient cédé la place à des silences inquiétants. Certains traquaient leurs semblables, mais il ne s'agissait plus d'une chasse instinctive. Certains avaient disparu, des membres de la Lune, des camarades de l'assaut du bar dont elle ne cherchait rien à savoir. Mais les rumeurs se propageaient, à coup d'insectes et de volatiles. Elle fuit un jour son appartement, alors qu'une bande de chimpanzés s'était permis d'entrer pour tout retourner, cherchant les locataires absents. Parfois elle s'égarait à l'extérieur, le temps de se trouver une proie, de se repaître de viande chaude et tremblante de terreur, juteuse à souhait, sans se soucier du fait qu'en un sens, elle trahissait sa parole puisque ces bêtes avaient été des humes. Mais tout ça n'avait plus le moindre sens à présent.

Ses rares mouvements au sein de l'appartement consistaient à aller du lit, à sous le lit, puis au canapé, pour prendre le temps d'une toilette toute instinctive. La forme animale avait du bon. Son seul regret, c'était Erèbe, couchée à même le sol, contre un mur, qu'elle ne pouvait plus saisir entre ses mains pour fendre l'air et trancher les chaires. A défaut, elle avait des griffes, pouvaient se servir de ses crocs puisque la nature des choses le voulait ainsi, et ses pouvoirs... Dévastateurs, toujours aussi efficaces quand elle en ressentait le besoin. Elle avait pris plaisir à écouter les côtes d'un pitbull craquer sous la violence de son DTG, puis à lui déchirer la panse de ses griffes, pour plonger ses crocs dans la cage thoracique, et déguster un coeur qui lui semblait sentir encore palpiter sur sa langue. Un prédateur qui, à l'inverse d'elle, avait pleuré comme une pauvre proie. Pitoyable.

Mais à nouveau seule dans l'appartement, pendant ces longues heures à somnoler, à reprendre des forces, à passer une langue râpeuse sur la marque laissée par ce fichu raptor, elle reprenait conscience que même sa sauvagerie commençait à lui échapper. ça lui faisait du bien, mais ça allait nuire à tout ce qu'elle était devenue, tout ce qu'elle devait rester pour arriver à ses fins. Alors ces trois derniers jours, elle n'était plus sortie. Seule l'absence de poils et une traînée rouge témoignait encore du coup de griffe qu'elle s'était prise. Un vague boitillement d'une patte arrière en témoignait. Mais elle n'avait plus mal, depuis longtemps. Et une seule chose combattait plus férocement son instinct, l'obligeant à revenir encore et toujours entre ces murs pour chercher autre chose que la sécurité.

Lilia...

Qu'était-elle devenue? Devait-elle partir à sa recherche? Elle l'a songé, maintes fois. Mais les odeurs se mêlaient trop, et la traque rendaient les explorations difficiles. Une seule chose lui paraissait évidente: Lilia était vivante. Et elle vivante, elle reviendrait, tôt ou tard, dans leur foyer de Sécaria. Et là, étendue sur le canapé, la tête posée nonchalamment sur l'accoudoir, elle semblait dormir. Juste semblait. Ses oreilles tournaient, retournaient, guettant le moindre son, le moindre changement autour d'elle. Le moindre souffle. Depuis quelques jours, des humes refaisaient leur apparition dans les rues, elle percevait les voix. Mais elle ne les écoutait pas, pas tant qu'aucun ton n'était reconnu comme familier.

Puis il y eut cette approche. Une nouvelle attaque? Qu'ils vienne, le léopard les accueillerait avec force écrasement, vols planés et coups de griffes dans des gerbes de sang! Silencieuse et prédatrice, Leto quitta son piédestal, se glissant jusqu'à la porte, cette porte derrière laquelle elle ne perçut étrangement aucune odeur ennemie. Juste une créature perdue, affolée, qui cherchait son abri, qui cherchait une sécurité bienveillante, qui avait fuit quelque chose d'affreux. Et cette voix, qui fit pivoter les oreilles toutes attentives en direction de cette porte.

Lilia...

Leto s'avança, huma l'air, renifla le bas de la porte, voulu s'assurer que ce sont avait atteint ses oreilles. Qu'il ne s'agissait pas d'un mirage. Elle était là, derrière la porte, et dans ce chuchotement décisif, le léopard se dressa contre la porte, fit pivoter le verrou qu'elle avait mis pas mal de temps à réapprendre à maîtriser. Puis elle recula, laissant le battant s'ouvrir. Lilia... Sa Lilia de retour, mais dans quel état? Et comment prendrait-elle la forme agressive de son amie? Leto n'osa s'avancer. Mais dans la tête de Lilia, elle envoya des mots, qu'elle avait appris à partager.

*Tu m'as manqué...*

Pourrait-elle l'entendre ou la reconnaître ou allait-elle hurler et la chasser? Elle n'en savait rien. Pourtant, elle se décida à faire un pas en direction de la balayeuse.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   17.09.10 20:31

C'est un cliquetis sourd qui annonce l'ouverture de la porte, et à cet instant précis, Lilia est prête à s'effondrer contre elle. Sa meilleure amie. Celle dont le visage s'est gravé à l'intérieur de ses paupières, une photo, si vivace, un trésor précieux que ces foutus bâtards n'ont pas pu lui voler. La seule berceuse efficace lorsque, quelques heures par nuit, elle se décidait à fermer les yeux. Leto, sa combativité, celle qui l'a poussé à courir plus vite alors qu'elle n'en pouvait tout simplement plus. Leto, et l'éclat ambre de son regard, qu'elle retrouve enfin, pendant quelques secondes. Mais la silhouette à contre-jour est bien plus massive. Bien plus dangereuse.

C'est une créature qui n'est que meurtre et souffrance. Des griffes camouflées dans ces pattes de velours. Un animal bien plus sauvage que la fille qu'elle connait et dans son mouvement de recul, il n'y a que de la terreur brute. Elle se fracasse comme du verre contre le mur d'en face, glisse contre la paroi, et sent avec horreur une sueur glacée lui parcourir l'échine. Les fois où elle a ressentit ça pourraient se compter sur les doigts d'une seule main.

Mais comme à chaque fois, cela disparait, remplacé par un gargouillement immonde aux creux de son ventre, et elle tend la main vers le léopard, avec une grande prudence, pour finalement murmurer:

- Le...to ?


Elle connait déjà la réponse avant que l'éclat mental ne se transforme en un filet de voix familier, si tendre que la balayeuse en sanglote nerveusement.

- Oh par l'Etat tout puissant... Oh merde Leto....


Et elle bondit sur elle, dans un souvenir de ce qu'elle était il n'y a pas si longtemps, une battante, un soldat, la fierté de son père, pour renverser l'animal au sol. Et nicher enfin son visage dans l'encolure de la bête, pour l'embrasser, l'agripper de toutes ses forces. Une étreinte salvatrice qui fait exploser son coeur de joie.

- Oh t'es là, t'es enfin là. Je t'ai cherché partout, j'étais si inquiète. Je croyais plus te revoir, je ne savais pas ce qu'ils te feraient s'ils t'attrapaient... ......... Ma Leto...


Elle la caresse, la dévore de ses lèvres, de son amour, l'emprisonne et lui fait mal, roule au sol pour se laisser submerger par elle, car il n'y que Leto dans cet avatar qui l'écrase de ses muscles, l'étouffe de ses poils. Il n'y a que Leto et c'est foutrement logique, alors Lilia rit, éclate de rire et lui tire les oreilles, lui souffle dans le museau, et plaque sa bouche contre les babines noirâtres du félin jusqu'à heurter ses crocs proéminents.

- Je t'aime. Je t'aime tellement, et je te l'ai jamais dis...


D'un amour qui ne peut souffrir d'aucune comparaison. D'un amour qui lui fait oublier l'arme qu'elle a laissé dans cet appartement, cela lui semble des années plus tôt. Et dans toute cette folie, la métisse prend le temps de la regarder, de la couver, de la peloter, de la bichonner, doucement, tendrement, examinant ce corps inconnu à la recherche de stigmates. Qu'elle finit évidemment par trouver.

- Toi non plus, tu n'as pas été épargnée... Mais ça va se terminer maintenant. Ca va se terminer,
martèle Lilia avec sa rage coutumière.

La bonne vieille Lilia Guyver de retour.
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   17.09.10 22:27

Un monstre, oui. Une chose qui pousse les gens avec un tant soit peu de logique à reculer, à fuir loin. Elle y était habituée pourtant. Tant d'années à voir les autres la fuir, même sans savoir, juste parce qu'elle avait l'air différente, un peu trop pâle, n peu trop inquiétante avec ses yeux qu'elle finissait par camoufler derrière des lunettes de soleil. Elle s'en fichait, ça avait toujours été ainsi, depuis son plus jeune âge, et elle avait apprit à l'ignorer, à se dire que de toute manière, elle n'éprouvait aucun intérêt sincère pour ce que le bétail pourrait bien penser d'elle.

Mais pas avec Lilia. Jamais. Et ce simple recul, pourtant si naturelle, qui la laissait pourtant si indifférente, lui fit étrangement mal. Un peu comme si quelque chose venait de lui traverser le poitrail pour charcuter un coeur qu'elle n'était pas censée avoir. Mais ce qui lui fait plus mal, c'est cet instant de détresse dans le regard de celle qu'elle voyait toujours si forte, si combattive. Qu'avait-elle bien pu vivre à l'extérieur pour arriver ainsi, dans un tel état physique et émotionnelle? Il y avait des coupables. Il ne pouvait en être autrement. Et ils allaient payer, oui. Du sang, des membres qui volent, des hurlements d'horreur, et... Et il fallait se calmer. La bête parlait plus souvent que la raison depuis plusieurs jours. Sans doute sa nature de versatilis la rendait... Comment dire... Plus faible face à ces instincts qu'elle avait appris à refouler. Mais ainsi, dans un corps de brute, difficile de lutter contre ce sauvage rappel à sa nature profonde.

Elle devait choquer, c'était certain. Dans une ville où les gens semblaient peu à peu reprendre leur forme d'origine, Leto restait une bête. Aucun signe d'amélioration. Etrangement, elle ne le regrettait pas, elle n'éprouvait pas de hâte particulière à retrouver son corps bipède, ou à retrouver le contact rassurant de la garde d'Erèbe. Après tout, elle avait toujours des armes sur elle, et ainsi elle était tellement plus... Plus elle-même en un sens. Seule le regard de Lilia venait à lui faire regretter d'être aussi lente à céder à un retour plus humein.

La peur et l'incompréhension céda vite le pas à un retour d'affection somme toute très Liliesque. Leto ne chercha même pas à résister, trop heureuse si tant est que ce soit possible, de retrouver un peu de sa Lilia, peu douce, mais si expressive. Un peu trop peut-être, se permettant des gestes qu'elle n'aurait pas eu si Leto avait été dans son corps d'origine sans doute. Elle les entends, ces "ils" qui la dérangent. Ceux qui avaient attaqué? Ceux qui avaient tiré sur les civils de Sécaria? Des prédateurs, comme elle. Mais nombreux et entraînés. Plus efficace que les balayeurs, sans le moindre doute. Et surtout totalement inconnus.

Leto préféra reprendre le dessus, apaiser cet excès de tendresse du poids de son corps sur celui de son amie, donnant d'un coup d tête tendre une caresse, visage contre visage. Il y avait des mots dont elle connaissait l'existence, mais que Lilia n'aurait jamais prononcé si la situation n'avait pas été extrême pour elle, si elle n'avait pas été poussé aux frontières de sa force et de son courage.

*Qui sont-ils, et que t'ont-ils fait pour que tu ne rentre que maintenant?"

La langue râpeuse émerge, passe sur la joue de Lilia, puis le museau renifle, avidement le cou, glisse sur l'épaule, effleure la marque laissée là par un agresseur. Celui-là aussi allait devoir payer, si tant est qu'il soit encore en vie.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   03.10.10 19:13

- Ce qu'ils m'ont fait ?

Elle se recule juste assez pour passer ses mains sur la large gueule de sa compagne, glissant ses pouces sous la ligne noire de ses pupilles. Ca lui va quand même foutrement bien.

- Tu devrais demander ce que je leur ai fais. Pas dit qu'ils aient gardé un super souvenir de moi là bas. Après... après je sais pas vraiment pourquoi ils ont ouvert la cage.


Elle se mordille la lèvre inférieure, signe chez elle d'une réflexion qui se heurte à des murs invisibles. Il lui manque des éléments, même si le souvenir d'un regard attentif demeure au premier plan dans la foule de détails qu'elle a enregistré - pour mieux les retrouver, les repérer, tous autant qu'ils sont, et les tuer. Un regard attentif qui lui a hérissé les cheveux sur la nuque, l'a terrifié au delà des armes, au delà des rires de ces putains de soldats, au delà de la glace, de sa solitude et des heures qui s'écoulaient lentement comme le goutte à goutte insupportable d'un robinet mal fermé.

- J'étais aux docks, dans leur espèce de campement à la con, là où ils ont parqué tout le monde.


Pas plus de précisions, Leto doit savoir. Elle a réussie à échapper aux tirs groupés, aux embuscades, à ces groupes d'hommes vêtus de vert qui ont parcouru la ville, et qui la parcourt encore maintenant. La base aux docks n'est plus un secret pour personne, alors pour une balayeuse d'élite comme elle...

- Et ma petite rébellion leur a pas plu. J'ai aidé deux p'tits candides à quitter le nid y'a... y'a je sais plus quand. Même qu'un des petits il était du genre cousin pas trop éloigné de toi ma vieille. Mais tu me connais, pas de prime touchée, bah prime emportée par personne héhé.


Les poils soyeux glissent entre ses jointures et cela la fait sourire, doucement sourire tandis qu'elle se pique le bout des doigts aux moustaches raidis de Leto, qu'elle sent frémir.

- Sshhht... c'était une mission de Mancuso et ces connards m'ont devancé... prétendus balayeurs à la cons... foutrement mieux organisés tu peux me croire
, marmonne-t-elle, bref. J'en bute un sur le terrain, quelques autres dans les docks, donc la haine. Et là leurs putains de balles, j'crois bien que c'est ça, me font faire un black out total. Je me réveille à poil dans la neige avec des enfoirés qui se marraient. Puis, l'attente.

Et elle a froid. Elle ressent la morsure de la glace sur sa peau et se blottit contre le corps effroyablement chaud du félin. Une fièvre, une rage qu'elle sent pulser. Elle l'embrasse encore au niveau de la gorge avant de chuchoter:

- Maintenant que je m'en suis tirée, ça te brancherait pas d'inverser les rôles du chasseur et de la proie jusqu'à ce que tu retrouves ton p'tit cul moulé en cuir ? ... Moi, j'ai un Jack Jack à saluer. Et à ce propos...

Terreur. Terreur et supplique, pupilles dilatées et les mains qui tremblent violemment sur le corps du léopard.

- J'veux vérifier que'que chose....
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   03.10.10 19:59

Ce qu'ils lui ont fait... Et ils lui en ont fait, de toute évidence. Les docks. A cette simple appellation, Leto retint un frémissement. Non pas celui d'une personne inquiète ou menacée. C'était plus profond, viscéral. Un instinct qui l'en avait tenue éloignée sans qu'elle ne sache trop pourquoi. La bête et la versatilis même aux pensées humes en étaient toutes deux venues à la même conclusion. Il ne fallait pas, sous aucun prétexte, se faire prendre. Ils étaient doués, entraînés, et près à en découdre comme s'ils avaient attendu cet événement. Comme s'ils savaient ce qui pouvait se passer. C'était un groupe beaucoup trop organisé, beaucoup trop préparé pour n'être qu'une défense citadine. Le Maire ne l'avait pas évoqué quand elle avait reçu ses derniers ordres. Il s'agissait donc d'une intervention non pas de Secaria, mais de l'extérieur de Secaria. Cette simple constatation suffisait à rendre n'importe qui méfiant. Leto ne croyait pas en l'Etat, surtout pas en l'Etat tyrien. En soi, la lune rouge était une option plaisante dans ce dédale de manipulations qui se prétendaient bonnes qui au final était corrompue, rongées de choses répugnantes jusqu'à la moelle. Voilà aussi pourquoi Tyr toute entière devait être purgée par la mort. Une méthode extrême, bestiale, sanglante comme elle les aimait. Une méthode radicale que Leto ne trouvait qu'inévitable.

Le résumé de Lilia lui faisait du bien. Un bien fou. La tête imposante du léopard se laissait manipuler sans la moindre objection. La métisse pouvait bien se vanter d'être la seule personne à pouvoir dompter un monstre qui se terrait comme Leto. Elle fermait les yeux, imaginant une Lilia en furie démembrer, éviscérer des soldats qui auraient eu l'impudence de la retenir prisonnière. Une Lilia qui avait libéré même un de ces monstres que toute personne consciente de leur existence voulaient détruire. Elle s'imagina la tête surprise, déboussolée de ces quelques fous qui se permettaient de traquer tout un chacun comme de bêtes proies. Et surtout la rage de se dire que si une mission Mancuso n'avait pas été donnée, Lilia n'aurait pas été prise par ces fous furieux. elle ne regrettait même plus l'alcool, le bar qu'elle avait sciemment fait détruire par une bande de larbins de la lune rouge. Fin de l'histoire. Bonne chance pour relancer les affaires, Caleb.

Puis imaginer Lilia, seule et nue, dans le froid glacial, soulevait comme une nouvelle sorte de rage, renforcée par l'idée même que d'autres se seraient délectée du corps tremblant et exposé. Et c'était ceux de sa race qui étaient des monstres. La bonne blague. Un grondement sourd lui échappa. Elle Poussa sa tête en avant, contre le front de Lilia, témoignant tout son soutient, toute sa révolte face à cet épisode qu'elle ne pouvait qu'imaginer, mais qui la répugnait au plus haut point. Elle leur fera payer. Et aux centuple. Ils allaient ramper, hurler à la mort, la supplier de les achever, puis sombrer dans la pure folie destructrice avant qu'elle ne les achève, en prenant son temps. Cette perspective apaisa sa rage, calmait sa fureur. Elle se laissa aller, enroulant sensiblement son corps autour de celui de Lilia, pour lui partager sa chaleur, pour faire fuir le froid qui pouvait bien la prendre, quand elle évoqua un changement de situation. Leto à la maison pendant que Lilia veillerait au grain avec Jack Jack? Peu envisageable pour son instinct de prédateur décuplé par cette forme. Mais le baiser dans son cou fit taire toute opposition à venir. Elle redressa la tête, suivit Lilia des yeux.

*Vérifier quoi? Lilia... Quelque chose d'autre ne va pas?*

Elle se releva à son tour, souplement, referma la porte d'entrée, puis exécuta un demi-tour gracieux pour emboîter le pas à son amie, la regardant empoigner Jack Jack sur lequel Leto avait veillé, tout comme pour son Erèbe, n'attendant que le retour de Lilia.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   12.10.10 11:37

Quelque chose ne va pas ?

Cette question l'avait poursuivit, depuis le container à cet appartement, et bourdonnait dans ses tempes, au rythme de sa respiration trop rapide. Jack Jack était là, à la place où elle l'avait laissé en partant, sur la commode de la chambre, l'étui de protection ouvert. Elle s'arrêta, à un pas de lui, tendant l'oreille dans l'espoir d'avoir été victime d'une hallucination passagère. Mais c'était toujours ce même silence.

Quelque chose ne va pas.


- On va le savoir tout de suite
, marmonna-t-elle entre ses dents.

Et ses mains attrapèrent Jack Jack, avec toute sa douceur habituelle, son amour, caressant le métal froid, savourant son poids. En silence. Elle prit le temps de le saluer, de lui faire savoir à quel point il lui avait manqué. En silence. Avant de se tourner vers un verre d'eau qui trainait près du lit, et de l'armer. Toujours dans cet effroyable silence. Ses yeux se plissèrent, à peine et Lilia se concentra, amenant dans cette arme un flux.

Inexistant.

Pas d'étincelles, pas de fourmillement, aucune énergie magique. Rien. Rien d'autres que sa chaleur à elle qui réchauffait l'arme inerte.

Elle tâcha de ne pas trembler, de ne pas blêmir, fixant le verre d'eau avec incrédulité. A comprendre ce qui ne pouvait être accepté, même si ça ne tenait qu'en une phrase. Trois mots.

Alors c'était vrai.

Dégageant la sécurité de l'arme, elle prit à peine le temps de viser avant d'exploser le verre en un seul coup de feu, éparpillant les débris et l'eau sur le lit, la table de chevet et le sol, creusant un trou profond dans le mur et l'assourdissant pendant quelques secondes. Le sifflement dans ses oreilles fut semblable à celui d'un feu qu'on arrose, les braises humides succombant enfin.

- ........ Ils m'ont tué.

Jack Jack retomba le long de son flanc, suite logique de ses bras, épaules voutées. Et Lilia tomba à genoux dans l'appartement, eut un seul grincement de dent avant de se mettre à hurler. Hurler comme elle n'avait jamais hurlé dans sa prison. Hurler pour que le monde entende, que ces pourritures sachent. Hurler pour ne pas devenir folle, d'une folie meurtrière. Et sangloter.

- Ils m'ont tué. Oh non. Oh non !!


En complet état de choc, serrant Jack Jack contre elle, à chercher une explication, se rassurer, sans rien trouver d'autres que ce silence monstrueux en elle, et ce froid. Ce froid mortel.
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   12.10.10 12:27

Quelque chose n'allait pas. Pour Lilia tout du moins. Si tant est qu'être restée sous forme animale était en soi quelque chose qui allait bien. Leto s'était glissée en silence jusqu'à l'entrée de la pièce, puis avait posé son postérieur sans autre sur le sol, sa queue derrière elle battant mollement l'air, trahissant le seul signe d'inquiétude qu'elle pouvait bien ressentir. Qu'est-ce qui pouvait ne pas aller? Lilia était revenue. Hume qui plus était. Mal en point, mais vivante. Prête à prendre une revanche. Prête à aller dans le sens de Leto et faire payer à ceux qui l'avaient séquestrée toute la douleur qu'ils avaient infligé à la balayeuse. Ce n'était plus qu'une question de temps, avant que l'une d'entre elles n'en attrappe un et le mette en pièce au seul nom d'une vengeance bien méritée.

Jack Jack était à sa place. Il l'avait toujours été. Sauf quand Leto l'avait déplacé, pour éviter qu'un fouineur ne se serve. Tout comme elle avait caché son Erèbe, sans même savoir si elle aurait un jour l'occasion de la reprendre en main. Puis elle l'avait remis à sa place, avec un soin tout particulier. Les affaires de Lilia ne devaient pas être touchées autrement que par Lilia elle-même. Sauf dans des cas exceptionnels. C'était bien pour ça que l'arme avait repris sa place initiale. Pendant un instant, Leto se demanda si par mégarde elle n'aurait pas abimée l'arme, laissé une trace de son déplacement. Non. Impossible. L'arme avait été soigneusement protégée par son étui. Elle ne l'avait pas directement touchée, ni avec ses pattes, ni avec ses crocs. Un soin religieux pour un objet d'une importance capitale pour son amie, même si l'origine même de l'arme en faisait un truc que Leto elle-même ne pourrait pas regretter si Jack Jack venait à être "égaré".

Les prunelles de Leto dévièrent, nonchalantes, en direction du verre d'eau. Ce qui devait arriver arriverait, comme toujours. L'eau se mettrait à bouilloner, à s'évaporer. Un phénomène aussi évident que le jour et la nuit. Mais que faisait Lilia? Pourquoi ça tardait autant? Elle se reporta vers son amie, réalisant alors le problème. Un soucis majeur qui lui fit hérisser le poil. La magie... La magie avait disparue? lLeto eut à peine le temps d'aplatir ses oreilles au son de la sécurité décrochée que le coup de feu partit, réduisant le verre en miettes, étalant son contenu, explosant le mur. Le bruit se répercuta sur chaque parcelle du cerveaux dzu léopard qui émit un grognement de mécontentement, tant à l'encontre du coup lui-même qu'au fait que la magie avait disparue. Non, impossible. Leto fixa quelques débris de verres qui glissèrent imperceptiblement sur le sol. Elle, ça fonctionnait encore parfaitement. Elle sentait le flux la traverser, agir sur ce qui l'entourait. La transformation en hume y serait-elle pour quelque chose?

Le choc des genoux de Lilia, le cri déchirant qu'elle poussa, fit à nouveau se coucher les oreilles de Leto qui se prostra au sol, déboussolée. Lilia était en train de péter un cable. De céder au désespoir, à la colère. Hors de question de laisser ces pourritures lui infliger ça en prime. Le léopard se ramassa, s'élança, et avec une douceur quelque peu retenue, renversa assez brusquement Lilia sur le sol, la plaquant de son poids pour la forcer à reprendre pied avec ce qui l'entourait. Pour qu'elle ne se laisse pas aller. Et la voix de Leto se mit àà gronder dans la tête de son amie.

*Reprends-toi! Rien n'est perdu. Tu n'es pas morte! Ce n'est probablement que temporaire. Ne cède rien à ce qu'ils t'ont fait. Rien en pourra t'empêcher d'être la meilleure balayeuse que je connaisse. C'est clair?*

Son ton sonnait presque comme une menace, la part animale encore un peu trop présente pour lui permettre de mesurer parfaitement la moindre intonation mentale. Mais il était hors de question, absolument hors de question que Lilia se laisse abattre par ça. Jamais.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   06.11.10 13:36

Elle voudrait se défendre contre ce poids qui l'oppresse, faire comprendre à Leto qu'il n'y a plus d'espoir, qu'elle est déjà autre chose. Que Lilia Guyver ne sera plus jamais la même, pas seulement une balayeuse, pas seulement une femme. Juste elle-même. Elle ne comprend pas le mot temporaire, ne comprend pas que le temps passe, ne le sent pas. La métisse demeure au sol, sur le flanc, à regarder Jack Jack, sa crosse qui repose au creux de sa paume comme une main amicale sur son épaule. Une main désolée. La magie qui liait son corps a disparue, éradiquée par la haine gratuite, sadique, et il ne reste sur le sol que quelques morceaux que Leto rassemble de sa voix, patiemment, déterminée. Des morceaux dans le réceptacle que forment ses mains, qu'elle refuse à lâcher. La recrée. Un marionnettiste qui démêle les fils, la soulève. La protège, mieux que Jack Jack, mieux que son père. L'aime.

- .... Toi, tu ne me laisseras pas. Tu ne le feras jamais.


Sa voix est rauque, douloureuse, lui écorche la gorge, fait tressaillir les marques encore fraiches qui se révoltent. Comme une envie de vomir qui la font hoqueter. Le sol froid sous sa joue arrache à ses entrailles une crispation douloureuse. Le contraste avec la masse du félin est encore plus saisissante. Lilia se laisse submerger. Immerger. En apnée dans cette fourrure qui l'étouffe, au coeur d'une bulle dont elle ne veut pas s'échapper. Pas cette fois.

Qu'importe qu'elle soit la monture boiteuse de ce couple. Qu'importe qu'elle laisse Leto tirer sur les sangles pour mieux la faire obéir, blesser sa bouche. Qu'importe que le cavalier la brise de ses talons pour la faire avancer. Elle s'ébroue et recommence, au pas, à affronter sa vie. Pas le choix. Et au moins est-ce encore la vie.

- Et tu as raison. Je me suis pas tirée de là pour perdre. Je ne suis pas née pour perdre.


C'est un relent de Guyver, une éducation qui revient dans son regard, la fait se relever pour de bon, en repoussant le léopard en même temps qu'elle l'étreint. En le lui jurant.

- On va devoir les tuer Leto. Je refuse de me laisser humilier... et je veux me venger.


Une vengeance, une vendetta criminelle qu'elle a pourtant refusé à Leto il y a des années. Qu'elle s'est toujours refusée, au nom d'une justice personnelle, certainement pas approuvée par le plus grand nombre, mais tellement droite, tellement militaire, et si rassurante. Mais il n'y a plus de justice, plus de logique. Et de toute façon, c'est ça où elle demeure prostrée sur le souvenir d'une magie, comme on ressent la présence d'un bras arraché.
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   06.11.10 16:26

Pourquoi la laisserait-elle? Ce n'était pas dans les plans de Leto. Du moins ça faisait partie de ces choses à éviter. Non, elle ne l'abandonnerait pas. Le contraire, en revanche, c'était une autre paire de manches. Lilia l'abandonnerait, si elle savait. Elle la haïrait, la tuerait aussi, si elle lui en laisse l'occasion. C'était ainsi. Mais tout ça était encore trop loin pour être imaginé. Trop loin pour y penser. Il y avait plus important, à présent. Plus primordial. Il y avait Jack Jack, une partie d'elle qui criait victoire à la mort de ce lien créé par un hume qui l'avait définitivement séparé de Lilia, en un sens. Plus d'idéaux communs, mais un masque qui le laissait croire, pour la préserver elle tant que c'était encore possible. Mais pour combien de temps? La force de Lilia s'effritait. La transformation, l'isolation, la perte de ce lien magique honteux pour des balayeurs et pourtant si indispensable pour remplir des contrats plus poussés. Il ne restait plus qu'un léopard pour essayer de retenir ces forces qui fuyait dans un courant d'air. Alors non, elle ne l'abandonnerait pas.

Enfin elle se reprenait. Un peu du moins. Chassant la fatalité pour un relent de combattivité. Mais la conviction n'était pas encore parfaite. Elle était trop instable pour l'instant. Il allait falloir du temps, pour accepter, pour faire avec, en espérant illusoirement que tout sera revenu à la normale avant qu'il n'y ai eu besoin de se faire une raison. Il restait encore une solution temporaire, bestiale et impulsive. Une vengeance pure et simple. Le juste retour des choses pour ceux qui avaient osé lui faire subir ça. Le sang pour expier ce qui ne pouvait qu'être un crime. L'idée plaisait bien à Leto. A vrai dire, elle n'attendait que ça, l'autorisation de massacrer, parce qu'au fond, c'était justifié par Lilia. Un voile qui lui permettrait de cacher le fait que, vengeance ou non, elle se ferait toujours un plaisir d'ôter une vie. Elle voudrait pouvoir lui rendre cette étreinte, pour lui faire savoir qu'elle sera là, en première ligne, pour la venger, sans retenue. Elle aurait voulu lui dire qu'elle se ferait un plaisir de leur faire payer, de l'aider à faire payer. Elle aurait voulu...

Mais même les pensées s'étaient brusquement figées. Leto sentit quelque chose couler, glisser sur elle. Un voile qui se levait, qui s'éloignait. Une part de fauve qui se faisait emporter, et se débattait furieusement pour conserver sa place. Le pelage se hérissa, le corps tout entier pris de tremblements compulsifs. Elle bascula en avant, dans l'étreinte de Lilia, cherchant dans un réflexe purement animal à retenir sa chute, mais les pattes glissèrent sur le sol, dans un grincement désagréable. Les griffes lacérèrent le plancher, elle s'effondra purement et simplement, ne lâchant qu'une sorte de grondement, un râle qui mourra subitement, le souffle coupé. Les yeux grands ouverts, les pupilles dilatées, elle paraissait incrédule, incapable de comprendre ce qui lui arrivait. La fin tout simplement? Sans raison apparente? C'était brusque. Les paupières se refermèrent lentement, le flanc ne se souleva plus pendant quelques secondes.

Et la transformation opéra enfin. Le pelage tacheté, doré, s'effaça sous une peau grisâtre. Les muscles se modifièrent, les membres s'étendirent, ou se raccourcirent. La silhouette féline mua avec une régularité déstabilisante, quitta les airs de fauves pour les formes féminines qu'elle avait avant. Les oreilles arrondies se noyèrent dans la masse de cheveux qui recouvrirent visage, épaules et dos. Les pattes cédèrent la place aux mains, chaque cicatrice d'une vie mouvementée reprenait sa position sur la peau, et celle plus récente, qui s'étendait de son flanc à sa cuisse se referma, ne laissant qu'une trace rougeâtre, pas encore pleinement intégrée dans les teintes maladives de ce corps. Immergée dans un puits sans fond, d'une noirceur absolue, Leto ne sentait que la chute. Une longue chute sans fin, sans paroi auxquelles se rattraper, quitte à s'y arracher les ongles. Et le sol, glacial et inattendu qui la heurta brusquement. Elle sursauta, aspira une bouffée d'air, comme si on lui autorisait un dernier souffle avant de la noyer à nouveau. Ses mains agrippèrent la première chose qu'elles avaient à leur portée, pour ne plus couler. Et le froid, violent, la ramena sans crier gare. Adieu fourrure épaisse et rassurante. Un nouveau tremblement la saisit, naturel celui-là. Alors que ses prunelles, toujours identiques à celles du fauve, s'ouvraient à nouveau sur ce qui l'entourait, déstabilisée, incertaine, et gentiment, comprenant à peine ce qui venait de se produire, elle les leva sur Lilia.

Leto était pleinement de retour.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   06.11.10 16:43

- Leto ?

La tension du corps en face d'elle, les pupilles dilatées, yeux écarquillés par la surprise, presque de la peur, une expression qu'elle n'avait lu qu'une seule fois sur le visage de sa compagne. Une expression qu'elle ne voulait jamais revoir, mais encore une fois, la vie la forçait à faire face à des choses éprouvantes. Terrifiantes.

- Leto ?!!!


Lilia en oublia ses malheurs pour mieux plonger sur la versatilis, entourant ses épaules, l'obligeant à se relever, et assistant impuissante à la retransformation. Il était encore trop tôt pour qu'elle en soit soulagée, se rappelant sans peine de sa propre douleur, des craquements assourdissants de ses os remit en place, semblables à des explosions.

Les ongles de Leto s'enfoncèrent douloureusement dans ses épaules à travers le tissus fin et la métisse ne pu retenir une vague grimace de souffrance avant de la plaquer contre sa poitrine, l'étreignant sans faiblir. Et Leto lui rendit son étreinte, sans la voir, le corps à demi tourné vers le mur, reprenant peu à peu conscience. Retrouvant son humenité comme un enfant vient de naitre, sans cris, sans pleurs, avec juste des halètements courts, et de la sueur sur ses tempes.

Sa Leto, son corps. Sa beauté, violente.

- Ca va aller, j'suis là. Moi aussi j'suis là... Putain de journée hein ma vieille ? Mais j'crois bien que c'est que du bonheur au final. ... Respire. Lentement ma belle. Respire bien.


L'une de ses mains parcouru son dos en une esquisse de caresse maladroite, pour la réchauffer, avant de plonger dans sa chevelure ébène au niveau de sa nuque et commencer un léger massage. Le lit était à peine trop loin pour qu'elle arrache la couverture et l'y emmitoufle alors la balayeuse se contenta de se blottir contre Leto, répondant à son regard par un sourire canaille.

- Je te préfère de loin comme ça...

Avant de se pencher pour l'embrasser.
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   06.11.10 17:37

La douleur. Tellement omniprésente, tellement constante dans chaque muscle, dans chaque os, qu'elle en venait à faire partie intégrante de ce corps redevenu tel qu'il avait toujours été. L'incompréhension de la situation était tellement dominante qu'elle aurait pu brûler vive avant de ressentir la moindre chaleur. Même le froid n'allait pas jusqu'à atteindre ses réflexions logiques. Tout était vaporeux, incertain. Elle ne savait même plus où se situaient ses prises avec la réalité, si une réalité avait jamais existé. Pourtant, elle sentait sa prise, sous un tissu de piètre qualité, qu'elle agrippait désespérément pour qu'on la ramène à la surface. Elle qui ne comptait pas sur qui que ce soit, qui ne voulait pas compter sur qui que ce soit, se retrouvait dépendante de la bonne volonté d'une Lilia qui seule était capable de la tirer de là.

Les sens reviennent peu à peu, les sensations aussi. D'abord les sons, qui ne s'étaient pourtant jamais tus. Un cri indigné au dehors, le craquement du bois, la voix de Lilia. Les mots se noient dans l'incompréhension, l'esprit peine à en traduire le sens. Le retour à la normal est aussi dévastateur que déstabilisant. Mais les dernières phrases trouvent un écho, une traduction. Respirer, lentement. Il y avait trop d'air soudainement. Beaucoup trop. La tête lui tournait affreusement, faisait battre un son irrégulier et douloureux dans ses tempes. Lentement. Reprendre son souffle. Elle essayait, suivant les indications, puisqu'elles étaient la seule chose qui pouvait la guider dans un océan inconnu. Elle cherche de l'air, plus... Non, moins. Elle ne sait plus. Elle essaie d'apaiser le flux qui entre dans ses poumons, de calmer les battements violent d'un coeur qui a dû endurer un changement de forme, de positionnement. Le calme revient peu à peu, péniblement, douloureusement, et sans régularité, mais il revient.

Les mains calment les autres sensations désagréables. Le frisson dans le dos trouve un soulagement au passage d'une main qui se réchauffe. Les tensions dans la tête s'éloignent avec le parcours des doigts dans la nuque. C'est peut-être peu en apparence, mais dans les faits, ça l'aide à revenir entièrement à présent. Elle referme les yeux, reprend une longue inspiration, les rouvre, et au lieu d'un amas de luminosités différentes et inconnues, c'est un bout de mur, de plafond qui se dessine. Les droites familières d'un appartement. La silhouette qui la domine et la maintient, sans quoi, elle serait recroquevillée sur le sol froid. Lilia, qui prenait le rôle de celle qui rassurait, qui détendait. ça changeait. N'était-ce pas son rôle à elle d'habitude? Peu importe. Elle reprend pied. C'est bien suffisant. Elle reprend pieds et réalise qu'elle n'est plus la bête. Une sensation insidieuse de regret l'étreint. Elle se sentait si bien, si vraie sous cette fourrure qui l'a maintenant quittée. Elle se sentait si vivante, si puissante. Maintenant, elle est frêle, tremblante, et soulagée de voir sur les traits de son amie un sourire dont le sens n'est plus celui de la tristesse ou du désespoir.

Elle aussi voudrait sourire, répondre puisqu'elle saisissait à nouveau le sens des mots. Lancer une boutade, puisqu'elle n'était pas si bien, pas assez hume, trop pâle, trop peu colorée, trop versatilis. Tout ce qui n'avait jamais plu à qui que ce soit, cette différence qui avait fait d'elle ce qu'elle était devenue. Mais tout ça ne franchi pas ses lèvres, sauf pour un gémissement incrédule en sentant celles de Lilia venir au contact. Elle n'y croyait pas. Lilia, qui se laisse à aller à un geste qu'elle condamnait assez pour avoir choisi d'oublier. Et pourtant, à présent, elle le sentait à nouveau, le goût de ses lèvres, leur douceur, et le plongeon brusque et inévitable dans le passé.

Est-ce que la réalité qu'elle pense avoir rejoint était la bonne? Où est-ce qu'elles n'étaient encore que ces deux adolescente en mal de vivre, vautrées dans un lit, avec Soveyur Hotel en fond sonore? Non. D'autres choses se sont passées depuis. Lilia n'en voulait pas. Elle n'en avait jamais voulu. Jamais ouvertement. Ne devrait-elle pas la repousser, pour lui rappeler le choix qu'elle avait fait le lendemain de cette nuit-là? Mais une infime part souhaite tellement retourner à cette nuit-là justement. Quand il n'y avait qu'une nouvelle expérience à découvrir. Quand sa crainte majeur était que sa mère vienne ouvrir la porte et les engueule pour ce qu'elles étaient en train de faire. Quand il existait un avenir, une vie à vivre, même si ce n'était qu'à deux. Une main s'agrippa au col du T-shirt, tira, chercha encore plus le contact alors qu'elle appuyait ce baiser, cherchant à le prolonger, à rester encore un peu dans cette chambre d'adolescente. Une illusion à laquelle elle cède, trop faible pour que le bon sens ne reste dominant.

Pourtant il revient. Il n'y a pas de musique de Soveyur Hotel, pas de décor de chambre d'adolescente. Il n'y a que Lilia, ce maudit jack jack pour seules similitudes. Et Lilia elle-même n'était plus tout à fait pareil à celle qu'elle avait poussé à bout cette nuit-là. Ce n'était qu'une illusion, qu'elle regretterait et prétendrait oublier, comme la précédente et unique fois. Elle reprend pied, parce qu'elle n'a pas le choix. Parce que les reproches d'une mère choquée n'arriveront jamais. Parce que tout était parti en fumée, sous prétexte qu'elle n'était pas de la même race. La réalité est autrement plus blessante, malgré tous les sacrifices et les acceptations possibles. Sans crier gare, sans même savoir si c'est bien, si c'est la meilleur chose à faire, Leto se défait brusquement de l'étreinte, coupe court au baiser. A quoi bon continuer quand tout est toujours voué à être détruit? A présent, ce serait comme la trahir, la tromper, si elle cédait à ses pulsions pourtant plus animale que hume. L'instinct la poussait plutôt en avant, dans les bras de Lilia, parce que ça ne serait jamais qu'une deuxième fois, au final. Mais non. Il n'y en aurait pas. Pourquoi Lilia changerait-elle subitement? Parce qu'elle était aussi ébranlée, parce qu'elle était devenue aussi faible que Leto à cet exacte moment? Et quand elle serait pleinement forte à nouveau, elle en ferait quoi? Un souvenir de plus à nier? Des regrets? Elle ne lui en laissera pas.

Le souffle court, Leto était à genoux sr le plancher froid, sans même prendre conscience que sa nudité était certainement déplacée. Elle s'était habituée à ne plus avoir de vêtements, après tout. Elle reste là, hors de l'étreinte de Lilia, relevant les yeux sur son amie, ne cachant pas à quel point elle était perdue à présent. Qu'est-ce que Lilia attendait d'elle exactement? Qu'elles revivent la même chose pour l'oublier? Qu'elles soient plus unies que ne le voulait déjà leur vécu respectif? Qu'elle lui revienne? Non, elle ignorait que Leto s'était trop éloignée. Mais dans ses yeux, elle montrait qu'elle attendait un geste, une parole, pour savoir quoi faire. Qu'elle attendait la volonté de Lilia. Retourner sur ce chemin-là ou poursuivre sur celui qui les séparaient? Les lèvres tremblantes, elle voulu mettre des mots. La voix était rauque d'avoir dû rester si longtemps sans la parole. Mais elle demanda, quand même.

"Qu'est-ce que tu veux, Lilia?"

Ce n'était ni un reproche, ni une accusation. Juste une demande sincère. Qu'est-ce qu'elle voulait? Assumer ses sentiments ou juste faiblir face à une impulsion qu'elle regretterait et noierait dans l'oubli?
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   19.11.10 21:37

Au contact de ses lèvres, le flash back ne se fait pas attendre. De douces retrouvailles, quoiqu'un peu dérangeantes, qui lui chavirent le coeur et le ventre. Et tandis qu'elle l'embrasse, elle se surprend à noter les différences entre les deux souvenirs, tâchant de les supposer. Sans y parvenir. Ce n'est pas seulement une question de lieu, ou de musique. Le corps lui-même qui lui fait face a un attrait nouveau, plus sauvage, plus féminin. Les cheveux qui glissent entre ses doigts parfument sa peau autrement. Et sa bouche, qui la mord, qui l'embrase, est tellement plus sexuelle qu'avant. L'acte passe seulement par la danse de leurs langues. Quand Leto se sépare, la déchirure est telle que Lilia hoquette. La métisse n'a même pas eu conscience de retenir sa respiration.

C'est un duel de regard, deux positions semblables, parées pour l'affrontement. Elles sont là, à attendre que l'une d'elles fasse le premier pas. Lilia espère que Leto trébuchera dans ses bras. Des regrets, elle n'en souffre pas encore, et ne cherche pas cette fois ci à se trouver des excuses. Elle contemple avec faim la perspective qui se taille au couteau dans le tronc d'arbre solide que forme leur relation. Une amitié à la vie à la mort. Et l'amour alors ?

Parce qu'elle l'aime, ça c'est clair. D'une passion qui ressemble à un crime.

Le corps nu de Leto l'appelle doucement, pour un peu de chaleur. Et de la chaleur, Lilia est née pour en donner, pouvoir étouffé ou pas. Elle sent les braises qui couvent dans sa poitrine, la flamme hystérique qui danse à la place de son coeur.

"Qu'est-ce que tu veux, Lilia?"


Lilia ne trouve pas les mots. Le feu qui crépite en elle assourdi ses pensées. Elle se déplie avec lenteur, sans la quitter des yeux, et attrape d'une main le manteau accroché à la porte, ce lourd manteau de cuir qui porte sa marque, pour en recouvrir Leto. Et elle respire l'odeur de sa peau, de l'ambre, de la terre, tellement plus sombre que la sienne, enivrante comme le meilleur des Gyn blanc de Gorsk. Tellement plus dangereuse aussi.

- Toi ?


Elle sourit, puis ajoute dans un murmure:

- Tu peux gueuler au foutage de gueule. La dernière fois je n'ai pas manqué de te perdre.


C'est peut-être seulement une question de survie, peut-être une connerie, mais l'avoir dans ses bras lui semble primordial, et si c'est un voeu égoïste, si c'est vraiment la meilleure blague qu'on lui a jamais faite, alors Lilia tâchera de convaincre Leto. Après tout, elle a toujours su trouver les arguments. Et puis, la versa le veut aussi, le veut même depuis plus longtemps qu'elle.

- Vas-y gueule. Je suis pas bourrée. Je suis là, je te fais face. Je contrôle rien du tout. Tu peux même me filer une baffe.


Mais tu n'as pas le droit de partir. Je t'interdis de me laisser. Toi tu es plus sincère que ma magie. Toi tu n'es pas qu'une arme comme Jack Jack. Tu n'es pas seulement quelque chose d'unique, encore moins ma marionnette. Voilà ce que lui dit le regard de Lilia. Voilà ce que signifie le pli amer de sa bouche qui sourit toujours. Voilà la faim, la peur, la supplique. Leto a toujours eu le contrôle, le possédera toujours. Car Lilia n'est rien sans elle.
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   20.11.10 1:36

Depuis quand les choses avaient changé? Depuis quand c'était elle qui se trouvait là, figée dans l'incertitude, face à une Lilia au regard aussi décidé que sobre? Lilia qui, quelques temps plus tôt encore, noyait son désespoir dans le gyn en se disant que de toute manière, Leto serait là pour la ramener. Qu'elle serait toujours là pour ça, sans qu'il n'y ait finalement rien d'autre à donner. après tout, elle avait déjà donné, non? Dans ce foutu incendie. Tout avait été donné. Il ne restait qu'une complicité viciée par des choix qu'elle avait fait délibérément, à l'insu de son amie. Des choix qui finiraient forcément par l'éloigner. Il fallait parfois faire des sacrifices, non? Et celui de perdre la seule hume qui l'air jamais accepté malgré sa race était bien assez cher payé. Devrait-elle payer plus encore? Et surtout faire payer à Lilia? Le regard ne se détacha pas non plus, les yeux dans les yeux, alors que Lilia se relevait. Elle lisait, elle percevait à travers chaque pore de sa peau retrouvé des sensations qui pourtant avaient toujours été refoulés jusqu'ici. Quelque chose d'un peu nouveau. La transformation était-elle en cause? La longue séparation qui en avait découlé? Ne serait-ce qu'un besoin de rapprochement bref, le temps de se rassurer, pour mieux tout chasser ensuite?

Accepter, simplement. Lilia l'avait-elle fait?

Et Leto? Elle qui ne partageait ce besoin que parce qu'il n'y vait toujours eu que Lilia, pouvait-elle accepter? Elle le sent, cette chaleur diffuse, cette envie purement animale, difficile à réprimer, comme si la bête n'était pas si loin finalement. Un appel des corps, ni plus ni moins. Mais ce serait la trahir, non? Les temps avaient changé. Et si Leto faisait tout son possible pour protéger Lilia, c'était aussi pour la protéger d'elle-même et de cette trahison dont elle ignorait tout pour l'instant. Les pensées se combattent. Céder, et regretter? Céder et ignorer le regret? Céder parce qu'après tout, elle se contre-fichait de ce qui pourrait arriver juste après?

Elle réprima à peine un sursaut, un mouvement de recul quand la veste se dépose sur ses épaules, rappelant la proximité de Lilia, son odeur, la chaleur de ses bras, le goût de ses lèvres qu'elle fixe quelques longues secondes. Les mots, ces simples mots, semble toucher quelque chose qui n'avait pas lieu d'être. Quelque chose que Leto avait pourtant fait disparaître avec les années. Etait-elle donc si faible qu'elle aurait échoué? Ou le trouble de la situation l'étreignait-il trop fortement pour qu'elle se rappelle la raison, le bon sens, la justesse de ses décisions précédentes? Cette nuit d'adolescence avait été la dernière. Rien n'avait suivit. Rien n'avait été tenté. Il avait fallu simplement oublier. Juste ça, et tout a pu continuer, malgré les crimes, malgré la fin d'une vie, et surtout malgré la fin d'une amitié aveugle et sans concessions.

Oui, c'était du foutage de gueule. Dans un sens comme dans l'autre. Un revirement subit d'un côté, une hypocrisie latente de l'autre. Tout ça n'était qu'un ramassis de conneries sur des sentiments qui n'avaient pas lieu d'être, sur une attirance qui faisait tâche, que ce soit dans les espèces, dans les genres, ou dans la moralité. Une vaste comédie aux accents dramatiques. La sincérité n'était qu'un jeu. C'était à celle qui serait la plus vraie. Lilia avait déjà gagné. Leto, elle... Déstabilisée. Pas d'alcool, pas de faux-semblant, juste un désir, même plus, un besoin qui se montre, qui s'affiche sans pudeur. Il avait fallu un choc de cet envergure pour tout reconsidérer? Le temps amoindrirait ça. Et l'alcool reprendrait ses droits. Parce que Lilia sera finalement et irrémédiablement déçue, humiliée, trahie. La gifle, oui, c'est une très bonne idée. Un geste brutal qui chasserait le moindre doute. Qui ramènerait Leto dans le droit chemin aussi. Par l'État, elle n'était plus une adolescente en mal d'expérience!

Ce n'est pourtant pas de la colère qui éclate, alors que dans un élan aussi surprenant qu'inattendue, elle s'élance et renverse Lilia sur le sol. Comme sous sa forme animale. Le fauve n'est pas loin, c'est lu qui guide, encore. Les traces sont profondes, et dans un grognement rauque, elle met un terme au babillage, aux justifications, aux arguments percutant de Llia.

"La ferme!"

Le contrôle, elle l'a. Elle l'a toujours eu. Elle s'en est servi, honteusement, pour faire taire les craintes et les méfiances de Lilia. Ce contrôle, elle doit le garder. Elle doit s'en servir, pour la protéger. C'était bien de se lancer quelques justifications pour accepter cet envol, ce tournis incessant, cet affolement des sens trop sollicités. Elle fond littéralement sur sa proie, agrippe les lèvres entre les siennes, force le contact. Ses gestes ne portent plus la maladresse de quelques années plus tôt. Elle est assurée, fiable, et agressive. Les doigts saisissent le t-shirt, les poings se serrent sur le tissu, le relève, le déchire même dans une hâte qu'elle ne retient pas. Cet obstacle doit disparaître, impérativement, C'était vital. Et déjà les mains repartent à la conquête du corps.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   23.11.10 23:21

C'est une chute profonde, un saut qui n'en finit pas. La meilleure défense de Leto sans doute, sa vengeance. Le coup s'abat sur ses lèvres, et Lilia trouve en elle-même un lit de coton où elle se délasse en ronronnant de plaisir. Oubliant l'inconfort des carreaux dans son dos, oubliant le froid qui arrache des hoquets à sa poitrine affolée, dénudée. Elle lui répond, lui mord la bouche pour tester son envie, la pousser à bout, cherchant un peu de douleur, de réel dans cet espèce de rêve brûlant qui l'étreint toute entière. Et c'est tellement mieux que tout ce qu'elle a pu rêver pendant ces années, tout ce qu'elle s'est forcée d'ignorer qu'elle gémit, et gémit encore. Elle sait qu'elle gémira toujours pour elle.

La main de Leto, sa jumelle qui renchérit à chaque geste, à chaque esquisse d'un dessin qu'elle travaille sur la métisse, cette main là semble fouiller ses entrailles, agacer la boule de chaleur qui ne cesse de grandir. La main, et le reste de son corps nu. Sa cuisse surtout, le grain de sa peau, le sel qui coule, les griffes, les murmures. Lilia sent le feu comme elle ne le sentira jamais, et elle souffle dessus tendrement, souffle sur la bouche humide, le regard joueur, heureuse. Avec des joues rougies d'une connerie dont elle se délecte. Avec des tremblements qui la font aller et venir contre l'autre. C'est brutal, c'est parfois maladroit, aveugles qu'elles sont, amnésiques inconscientes qui retracent leur première fois, en découvre une autre. C'est totalement fou.

Complètement déplacé.

Il y a des marques sur son cou, des marques dans son dos, des bleus sur ses hanches, des halètements sur sa poitrine, du sang qui lutte contre ses tempes. Y'a une tempête dans sa tête, dans sa cage thoracique qui se fait soudain berceuse. Ses doigts qui frôlent et retracent la longueur des cheveux de Leto. Y'a un orgasme qui embrasse l'intérieur de ses cuisses en des baisers humides. Y'a tout ça qui lui semble trop loin d'elle pour qu'elle en savoure les secondes. Elle ne se le permet pas, s'attarde sur Leto. Et le rire qu'elle entend, assourdit par les battements de son coeur, c'est le sien. Euphorique, même pas crevée, et pourtant avec la décharge d'adrénaline qu'elle se paye, avec les mauvaises nouvelles qui se succèdent, tout ça aurait du l'achever. Mais Leto possède bien plus que le contrôle. Alors Lilia la réveille d'un baiser appuyé, frotte son nez contre le sien et sa paume de main recouvre la courbe délicieuse de ses fesses, pour la pousser contre elle. Encore et encore. C'est ce qu'elle lui murmure. Encore. Encore...

Pour passer la nuit, la vie. Allez, l'éternité. Partout dans cette chambre, là où il le faudra, là où il y aura besoin, autant de fois qu'elles le voudront. Ca sera ainsi désormais, et Lilia compte bien ne rien changer. Oh non, surtout, que rien ne change.
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   25.11.10 19:32

Il n'y a plus rien de vraiment comparable avec le passé. Là où elle avait été hésitante, presque honteuse, là où elle avait commencé par rester passive, Lilia réagit différemment. Une provocation, des lèvres qui se heurtent à une morsure, et un surenchérissement. Même l'alcool n'est plus présent pour justifier cette mutation. Avait-elle un jour connu Lilia aussi libre? Aussi impulsive pour ce genre de chose? Jamais. ça dépasse tout ce qu'elle avait pu espéré, tout ce qu'elle avait pourtant voulu quelques années plus tôt, dans cette chambre mal rangée. Tout ce qu'elle aurait voulu sentir, voir, entendre. Et maintenant qu'elle l'a, des vieux sentiments chassés reprennent le dessus.

Le plaisir. Pourquoi se voiler la face? S'il y avait bien une chose que Leto adorait faire, c'était bien satisfaire ses plus bas instincts, quels qu'ils soient. Et elle le faisait à présent. Trop fort, trop enivrant pour ne serait-ce qu'imaginer s'arrêter. Leto ne se cache jamais ses désirs, ses envies. Elle peut aussi en montrer une partie. Ce qu'elle fait, aussi bestiale qu'attentive, se laissant guider par l'épanouissement de Lilia, traçant chaque caresse, chaque baiser dans un but précis. Elle écoute, cède parfois à la tentation trop forte de mordre. Redécouvre le corps, parcourt de nouvelles cicatrices qu'elle embrasse, se jurant de faire payer à ceux qui avaient laissé les plus récentes. Ils paieront. Mais d'abord, c'est Lilia qui va payer, pour toutes ces années de silences prudes, de mensonges pour ne pas avoir à assumer ce qu'elle avait toujours voulu. Elle allait payer de ses cris, de ses gémissements, encore et encore, jusqu'à-ce qu'elle n'en puisse plus.

La douleur. Entendre son rire, la voir sourire, emportée par leur danse, leur duel. Elle se libère, semble si heureuse que ça fait mal. Mal de la voir se libérer, ne plus être emprisonnée par les regrets et le désespoir, en sachant que tout ce qu'elle est en train d'acquérir enfin après tant d'années de peine lui sera forcément repris. Mal de ne pas pouvoir l'empêcher. De ne même pas vouloir l'empêcher, après tout. Juste une garce. Lilia le savait, pour l'avoir dit cette première fois. Le pensait-elle encore? Probablement pas. Mais ça reviendra. Immanquablement. Et à nouveau le regret d'avoir cédé son corps, de l'avoir même demandé. Si faible, si simple à satisfaire quand elle le voulait bien. Si fragile alors qu'elle joue les fortes. Mais la peine s'estompe dans cette union viciée.

Les gestes sont impudiques, gênant, sans retenue. Les doigts glissent, s'agitent, vont et viennent encore. Les lèvres aussi, la langue, les jambes qui s'entremêlent. Parfois plus brutale, plus directe. Elle sait ce qu'elle veut, et l'obtient, par la force ou la douceur. Ici et ailleurs, dans chaque recoins, jusqu'à épuisement et même au-delà. Quand le froid avait-il cessé de la gêner? Quand avait-elle commencé à bouillir de l'intérieur? Elle finit par céder elle aussi, tremblante, relançant les hostilités, sans retenir le moindre de ses cris haletants. Sans se soucier des murs certainement trop fins qui ne cachent rien de ce qu'elles font. Sans réaliser que les ténèbres complètes ont noyé la ville, que le ciel pâlit ensuite. Le temps n'a plus d'importance. Plus rien n'a d'importance. Jusqu'à-ce qu'elles n'aient plus qu'à s'écrouler, réduites à néant par un plaisir trop violent d'avoir été retenu si longtemps.


≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈

Quand est-ce qu'elles avaient fini sur le lit? Leto serait bien incapable de s'en rappeler. De fait, la première chose dont elle se rappelle, c'est qu'elle a un corps. Endolori. Pas pleinement reposé. Exposé au froid par la sueur qui avait séché, et la couverture partiellement arrachée. Et surtout, elle a faim. C'était d'ailleurs cette première considération très basique qui avait forcé ses paupières à se relever. Immobile, à plat ventre sur le lit, un bras entourant les hanches de Lilia, elle a la tête tourné vers la pièce et contemple, vaguement lointaine, l'état de la chambre. Les débris de la table de nuit, du verre, du plâtre du mur. Jack Jack, toujours au sol, là où Lilia l'avait abandonné. Le t-shirt déchiré et le pantalons trop grand retroussé gisaient comme deux cadavres oubliés là. Ses paupières s'abaissent quelques secondes, puis se rouvrent. La position n'est pas particulièrement confortable.

Elle défait son bras, avec lenteur, pour ne pas réveiller Lilia qui, pour la première fois depuis qu'elles ont emménagé ici, ne dormait pas sur le canapé du salon. Elle s'étire, toujours avec lenteur, laisse les couvertures glisser un peu plus sur ses fesses, tourne la tête dans l'autre sens pour contempler quelques minutes les traits reposés d'une Lilia en plein sommeil réparateur. Lilia sereine. Mais pour combien de temps? Aucun sourire ne fleurit sur ses lèvres. A la place, elle détourne une nouvelle fois le visage, se redresse lentement sur les coudes, reporte son regard dans la pièce. Elle doit se lever. Mais elle hésite. Salle de bain ou cuisine? Le choix est dur. Elle s'extirpe des draps, sans se soucier de sa nudité. Elle n'a plus vraiment froid à vrai dire. Elle reste assise, quelques secondes sur le bord du lit. Il va falloir se décider... Bientôt.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   17.12.10 19:35

Leto ne se décide pas assez vite.

Le poids sur ses reins a à peine disparu que Lilia gémit dans son sommeil et la cherche à tâtons, sa main caressant le drap encore chaud, sans rencontrer sa peau. Pourtant elle est là, proche, la balayeuse peut la sentir qui vit, qui respire. Elle a une petite grimace tandis que la faible clarté du jour, cette lueur pâle caractéristique de Secaria l'éblouit se dessine sous ses paupières. Avec prudence, elle entrouvre les paupières pour mieux situer sa compagne. Lentement, après quelques clignements d'yeux, ses pupilles se rétractent, le flou se dissipe et il y a le dos de Leto, la masse noire de ses cheveux, son corps dénudé - sublime - assit sur le lit. Un corps qui porte la marque de ses griffes en estafilades rougeâtres, ses morsures aussi, là, sur son épaule.

Un corps qui tremble déjà sous le mouvement qu'a l'extratyrrestre pour se lever. Lilia ne perd pas de temps et franchit les quelques centimètres qui la sépare encore de la Versa en rampant lentement sur le lit.

Ses lèvres effleurent le creux de ses reins, remontant le long de sa colonne vertébrale tandis qu'elle se redresse à son tour. Et vient enlacer la poitrine de Leto, la bouche contre son oreille, ses mains reposant sous ses seins. Délicieux bonjour.

- Je rêve ou tu fuis ? Murmure-t-elle d'une voix encore rauque, chargée de fatigue.

Elle se sait capable de la faire retourner au lit, de ramener la couette sur leur deux corps pour une autre matinée merveilleuse. Mais elles ne peuvent pas se permettre de lézarder au lit trop longtemps, surtout quand des équipes militaires patrouillent encore la ville. Il doit être à peu près dix heures, un jour quelconque d'une semaine quelconque. Seule l'année lui semble une donnée fiable, le mois demeurant un à peu près. Son corps surtout geigne contre l'inactivité, la course d'hier n'étant que le résultat d'une poussée d'adrénaline et non pas de la chasse. La vengeance ronronne encore comme un félin qui s'extirpe de sa tanière après un long mois de somnolence.

Il est donc temps d'agir, mais la jeune femme en elle, qui ne s'attendait certainement pas à se réveiller comblée par sa meilleure copine après des années d'attente dans la frustration la plus extrême, cette jeune métisse au teint frais, au sourire éclatant et quelque peu gêné soupire de lassitude et tente de se cacher sous le corps de Leto.

Et ses mains à elle, ses mains conscientes déjà remontent et caressent avec lenteur ce qu'elle a découvert à tâtons dans une quasi obscurité. Le jour lui permet de voir, rajoutant un sens dans l'équation du plaisir. Même si la réalité s'en mêle, avec un peu d'humour:

- Tu sens le fauve...


Un rire dans la voix, elle mordille le lobe tendre de son oreille avant de reculer, de la contempler avec une adoration assumée.

- J'te préviens, le bain c'est ensemble, ou rien du tout.


C'est un matin précieux, un radeau qui flotte sous les eaux calmes de la normalité, et s'il n'y avait pas l'urgence qui clignote dans un coin de sa tête comme une alarme, elle pourrait juste se laisser aller à l'aimer pour encore quelques heures, voire quelques jours, un kidnapping amplement mérité.


Dernière édition par Lilia Guyver le 05.02.11 19:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   30.01.11 18:41

Le gémissement ne la fait même pas bouger. Elle sent, derrière elle, les mouvements de Lilia. Il faudrait peut-être qu'elle se lève, qu'elle impose de la distance pour s'en aller, peu importe où. Peut-être sous la douche pour commencer. Mais ce serait un peu trop brutal, non? Lilia avait certainement besoin de vivre un peu. Encore un tout petit peu. D'oublier que tout ne doit pas aller toujours vite. Que pour une fois, une première fois depuis si longtemps, elles avaient le temps. Leto réprime une envie de plus de s'étirer. Par delà les muscles mis à l'épreuve au court de la nuit, elle ressent les marques laissées sur son épiderme. ça picote un peu, mais ça ne fait pas vraiment mal. La seule douleur qui reste est vaporeuse, pernicieuse. La seule qui lui dit qu'en fait, ce n'était pas elle qui allait souffrir de tout ça. Elle, elle s'en fout de toute manière. Un bon plan, du plaisir volé sans scrupules. Lilia, elle, n'allait certainement pas s'en remettre plus tard et une envie aussi malsaine que fugace lui traversa l'esprit.

Elle était nue, sans défense, sans pouvoir, à sa merci. Il aurait été simple, tellement simple de couper court à tout cet avenir déplaisant. Il lui aurait suffit de se retourner, de la retenir, de lui offrir un sourire délicieusement pervers qui aurait suggéré un instant que les hostilités nocturnes allaient se poursuivre jusqu'à la nuit prochaine, et d'appeler dans l'air ses petites chéries, qu'elles viennent trancher la chaire. Lilia aurait eu certainement une incrédulité totale dans le regard en se faisant trancher la gorge. Dans un élan de survie, elle aurait même pu rendre un coup à Leto. Lui faire une belle plaie en retournant contre elle la lame d'une de ses étoiles. Puis elle aurait parfumé tout leur appartement de son sang, qui se serait répandu sur les draps, aurait imbibé leur lit. La mort l'aurait emportée et la seule douleur morale à subir aurait été celle de ne pas comprendre pourquoi sa Leto lui faisait ça, là, comme ça, alors qu'elle était prête à tout lui donner. Ce serait monstrueux, ignoble. Mais bien moins pire que de la briser une fois encore. D'ailleurs son regard s'attarde un peu plus loin, sur la porte de la chambre. Elle distingue à peine là-bas la forme de sa ceinture abandonnée sur le sol, la silhouette allongée d'Erèbe reposant dans son fourreau, le reflet d'une étoile rattachée par une épaisse lanière de cuir. ça aurait été d'une telle simplicité. Tellement facile...

Mais les bras, les lèvres de Lilia chassent immédiatement cette éventualité. Ce n'était pas à elle de décider. Pas comme ça. Détruire la seule personne qu'elle considérait avec des sentiments un peu plus sincères... Non. Mieux valait repousser cette option pour le moment. Un frisson de dégoût la parcourt. Tant pis. Cela passera certainement pour un mélange de désir et de froid. Elle avait osé y penser. Autant ce genre de scénario lui provoquait comme un plaisir insoupçonné que dans le cas présent, elle se répugne elle-même. Affreux. Leto hausse les épaules, sent les mains de Lilia sur sa poitrine, son souffle dans son cou. Reprendre les hostilités, hein. Pourquoi pas? C'était tentant en y repensant maintenant. Elle incline la tête, pose son regard un peu trop bestial sur le sourire réel, le visage épanoui, merveilleux dans la lumière qui a envahi la pièce. Détruire une si belle chose, c'était du gâchis. Fuir, c'est pas si faux. Fuir la tentation de faire pire qu'elle ne l'avait déjà fait. Mais ce serait injuste pour Lila. Mieux valait jouer le jeu. Un sourire lui échappe, un brin amusé. Oui, elle sent aussi le fauve. ça craint.
Leto se retourne, libérée par cette petite distance mise par Lilia, Elle rampe un peu sur le lit, rapproche son visage de celui de la métisse, effleure ses lèvres dans un murmure.

*Et si j'optais pour rien du tout?"

Rien du tout et ne pas sortir de ce lit. Rester encore un peu. Ce serait peut-être mieux, non? Faire un peu comme si le reste du monde n'avait pas de raison d'exister encore. C'est ce qu'elles peuvent faire de mieux, pour l'une comme pour l'autre. Alors Leto l'embrasse, en douceur, retenant comme une envie encore de céder à la tentation, à la sauvagerie. Sa main remonte glisse contre l'épaule, le cou de Lilia, griffe la nuque en une caresse un peu trop prometteuse puis...

Elle cesse tout et se relève, encore un peu chancelante, pour abandonner le lit.

"Je vais faire couler l'eau."

Bouahahaha... Hem.
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Lilia Guyver

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   05.02.11 19:45

Oh bon sang. C'est ce genre de truc chez Leto, ce putain de charisme animal foutrement extratyrrestre, cette saloperie de tension sexuelle qu'elle rallume d'un coup genre y'a un bouton dans sa cervelle et pas seulement au dessus de son vagin, bref cette caractéristique mentale (et physique y'a pas à douter) qui a toujours su la mettre hors d'état de nuire en trois secondes et six dixième. Tout les entrainements de son père, toutes leurs aventures côte à côte à chasser la saloperie de psychopathe n'y changeront jamais rien: Lilia sera toujours offerte à Leto. Et je vous passe les détails au pieu (comme quoi parfois, céder, ça a du bon). Mais évidemment, Leto est peut-être une bombe sexuelle en puissance, elle reste sa meilleure amie, ce qui lui donne sans doute le droit de l'emmerder grave à la moindre occasion. Adieu baiser, adieu caresse, adieu option lit sexe et grasse matinée, la voilà déjà qui file vers des lieux où la métisse ne s'y trouve pas. Damned.

-  Leto, bon sang où tu vas ?!

"Je vais faire couler l'eau."

Ha ha ha !!!









….... ….................. ….................... Non mais, sérieux ?!


- … TU T'FOUS D'MOI ???


Que dalle. La silhouette de Leto a déjà passé la porte et elle l'entend qui s'active autour des robinets de la baignoire. Pas que fêter leurs retrouvailles autre part que dans le pieu ne lui convienne pas hein, mais sérieusement, vous avez déjà tenter de faire ça dans une BAIGNOIRE ? Surtout la baignoire d'un appartement misérable dépourvu d'une deuxième chambre. Surtout au vu du caractère quand même un brin échauffé des deux demoiselles en question. Et inutile de demander à Lilia de rester calme pendant la phase récurage. Vous agitez pas une patate sous le nez d'un Rhazal pour le faire patienter à moins de perdre vos doigts dans la seconde (ou de déclencher une guerre inter-galactique).

- Leto ! …. Nom d'un chien.


Dans un envol de draps et de couverture auparavant confortablement installés autour de ses jambes (oh bordel mais il caille en fait), Lilia se lève et se précipite à la salle de bain pour rattraper la sale petite garce qui a décidé en se levant de se la jouer allumeuse. Bien voyons, deux ans à patienter pour se faire mettre au régime le lendemain de leurs « retrouvailles ». Oui non, parce que parler de mise en couple à ce stade ça serait. Heu. Ahum. Bref, passons.

- Reviens ici toi
, Lança-t-elle quasi méchamment en l'attrapant à la taille, se collant dans son dos tandis que la Versa vérifiait (apparemment) la température du bain. Je crève la dalle et y'a que ton merveilleux petit cul à bouffer. Que tu pues comme les restes d'un Hume Lupus trois jours après le passage d'un Ty-rex je m'en cogne la pommette avec Jack Jack à m'en faire un bleu. De toute façon, on schlingue pareilles. Alors tu vas me faire le plaisir de retourner au lit fissa avant que je....

La suite des réjouissances fut noyée sous trois violents coups de poings assénés à la fragile porte de leur appartement.

Toute étincelle d'amusement disparue aussitôt du regard de Lilia et elle se redressa, sur le qui vive, visage fermé, muscles bandés.

SCHBLAM SCHBLAM SCHBLAM (bis)

« OUVREZ ! »


Amis, ennemis, colporteurs ou quoi, c'était pas assez aimable pour que Lilia s'en approche, ou daigne seulement répondre.

Apparemment, leur petite pause dévergondée était terminée.
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   05.02.11 22:56

Démarche tranquille, aisance naturelle. Ce ne sont que quelques pas, pour atteindre la salle de bain miteuse mais fonctionnelle. Les murs sont fissurés, les joints auraient besoin d'un coup de neuf, le robinet n'est pas parfaitement étanche. Mais c'est leur salle de bain, et ça suffit bien à Leto. Quoiqu'elle ne pense pas vraiment à la salle de bain, non. Dès que son premier pied s'est posé sur le carrelage glacé, elle compte. Instinctivement. Naturellement. Cinq... Quatre... Trois... Deux... Un...


- … TU T'FOUS D'MOI ???

Un sourire d'une profonde perversité vient tout doucement prendre place sur son visage, entrouvre ses lèvres sur une rangée de dents pointues. Elle s'en amuse. C'est si facile. Presque trop d'ailleurs. Si facile de la rendre dingue. Surtout avec ces choses-là. Maintenant qu'elle a cédé, ce doit être même plus simple encore. Non, pas tout à fait. Maintenant qu'elle assume, il n' aura pas de détournement du regard, de réaction agressive, ou de prétexte foireusement alcoolisé. ça rend service à Leto. Maintenant, elle n'est plus tenue de partir à la chasse au perdu en manque de plan cul pour satisfaire certains bas instinct afin de contenir d'autres aspects plus meurtriers de sa nature. Le sexe a un petit quelque chose de rassurant tout de même. C'est l'acte autorisé où il était possible de laisser ressortir tout ce qui en elle fait plutôt peur au genre humein. Même si là, elle a l'étrange impression d'un peu trop mener le jeu. Oh, elle ne va pas s'en plaindre. Lilia soumise à sa bonne volonté a un petit quelque chose de particulièrement jouissif. Surtout quand elle est allongée, gémissante, incapable de retenir ses cris. Mais ça, c'est une autre histoire.

Alors elle la laisse jurer, sortir du lit en quatrième vitesse. De toute manière, Leto est occupée, attentive. Une main sur le robinet, l'autre sous l'écoulement de l'eau, elle éprouve la température. Celle de l'eau, donc. Hem. Elle laisse couler un peu. C'est froid. L'eau chaude a toujours un peu de peine à venir. C'est normal pour un taudis pareil. Mais elle sait s'en contenter. La baignoire n'a pas servi depuis un bail. En même temps, en léopard, la toilette lui paraissait bien plus simple. Maintenant... Elle sent les mains de Lilia sur sa taille, son corps qui vient contre elle, contre ses fesses. Elle se redresse, sent son corps contre son dos. Elle tourne à peine à la tête, baisse les yeux sr une Lilia qui n'arrête pas de de déblatérer des grossièretés. Oui, bien sûr. Au lit. Pour recommencer. Encore et encore. L'idée est intéressante. Mais Leto ne l'écoute qu'à moitié. Elle est bien plus intéressée par ses mains, mouillées d'eau chaude, qu'elle glisse derrière elle, contre les hanche de Lilia, pour les descendre lentement, en direction de ses fesses pour les lui agripper lentement mais sûrement, en pressant les siennes en arrière. Lilia aura-t-elle seulement l'occasion d'atteindre le lit avant de crier de nouveau? Un sourire vicieux vient étirer ses lèvres qu'elle entrouvre une fois encore, pour parler, et alors qu'elle allait lâcher la première syllabe d'une provocation obscène...

SCHBLAM SCHBLAM SCHBLAM!! (première version)

Mhu? Incédule, Leto se demande si elle a bien entendu ce bruit. Quelqu'un frappait? Chez elles? Quelqu'un était venu chez elles? Lilia s'était aussi figée dans son monologue. Elle aussi a entendu. Donc il y avait bien quelqu'un derrière la...

SCHBLAM SCHBLAM SCHBLAM (bis)

« OUVREZ ! »

"Merde..."

Y'a pas moyen d'être tranquille dans ces moments-là, hein? Faire comme s'il n'y avait personne? Leto reste calme. Pas comme Lilia, muscles bandés, prête à en découdre. La voix n'est pas amicale. Clairement pas. Mais il avait la décence de frapper à la porte. Pas comme ceux qui avaient crocheté la serrure pour entrer, armes en mains, quand Lilia n'était pas là. Pas comme ceux que Leto avait fuit quelques jours plus tôt.

« OUVREZ!! JE SAIS QUE VOUS ÊTES LA!! TOUT L'IMMEUBLE LE SAIT! »

Oups. Air blasé. Lilia faisait vraiment trop de bruit pendant l'acte. Bon, d'accord, il y avait une énorme part de mauvaise foi dans cette pensée. Leto quitte la salle de bain, s'engage dans le couloir. Pas de maquillage. Bon, l'éclairage de l'appartement est suffisamment pourri pour la faire passer pour juste maladive. Elle attrape son long manteau de cuir, le jette sur ses épaules, le referme sur sa nudité.

«VOUS PENSEZ PEUT-ÊTRE QUE LE LOYER SE PAIE PAS LES MOIS OÙ LE TERRORISME S'AFFICHE A SECARIA? C'EST DOUBLE TARIF POUR LES RETARDATAIRES, VOUS DEVRIEZ LE SAVOIR SI VOUS AVIEZ LU LE REGLEM... »

La porte s'ouvre. Le manteau est juste refermé pour cacher 'essentiel, les cheveux coulent partiellement devant son visage. Leto affiche un sourire adorablement hypocrite face au logeur.

"Vous l'aurez demain, glissé sous votre porte."

Mais le gros couillon libidineux a les yeux rivés sur ce qu'il peut voir de poitrine. ça lui file une douche froide. Enfin pas tout à fait. C'est à son tour d'afficher un sourire pervers.

"Mais y'a toujours moyen d'avoir une petite réduction concernant es retards de paiement..."

Abruti...
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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   06.02.11 0:06

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   09.02.11 23:37

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   15.02.11 22:50

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   17.02.11 12:38

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MessageSujet: Re: /!\ Il parait que c'est là où tout a commencé (Leto)   17.03.11 23:16

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