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 La maison triste

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- Dindon de la Farce Moultipasse -

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Signalement : Cheveux blanc poivre-sel, yeux bleus, menue, gracieuse presque fragile empli d'une énergie vive, féroce.


MessageSujet: La maison triste   06.10.10 0:17

Depuis que le monde avait repris forme, l'élégante villa des quartier sud semblait morte, portant comme seules les nobles et vieilles demeures de famille savent le faire les stigmates des drames qui se déroulaient au dedans.
De fait, les deux maitres de maison étaient au plus mal.

Mademoiselle, frappée dont ne sait quel coup du sort alternait les périodes de coma et les crises de hurlements. Astrid, la plus vieille des employés de maison avait naturellement tenté de prendre contact avec le médecin mais ce dernier semblait lui aussi très affaiblit et obligé de garder le lit. En désespoir de cause, elle n'avait trouvé qu'un soigneux qui avait une petite réputation dans les bas fond. Elle l'avait aussi rapidement mis dehors à coups de pied au cul quand il avait voulu pratiquer une saignée.
Depuis, toute la maisonnée attendait, suspendue aux souffles et aux cris de la jeune fille.

Monsieur n'était pas beaucoup mieux.
Les yeux hagards, le regard presque fou, il refusait de quitter la chambre de sa fille, toute sa volonté utilisée à maintenir assez de conscience pour observer l'évolution du mal de sa fille. Il ne cherchait pas de solution; il savait que personne ne pouvait rien faire pour sa fille; tout comme il en avait compris l'origine.

Quelques étourdissements ou nausées étaient possibles avaient ils dit.
En même temps comment aurait il pu protester? Des envoyés de l 'état ça ne se contredit pas.
Surtout quand ça se comporte comme une meute en chasse de la moindre incartade, de la moindre raison de transformer le patient en cobaye. N'avait il pas été comme ça lui même? Non pas exactement, mais il reconnaissait la fièvre du chercheur dans les yeux des hommes qui distribuaient les pilules. Il l'avait vue et vécue; à l'époque, quand il faisait encore partie de cette élite Nevane, elle occultait presque les yeux de Magda.
Il s'en voulait encore de l'avoir forcée à prendre cette pilule. Toute sa raison pourtant lui criait qu'il n'y avait pas de meilleur choix, mais la vie oscillante de sa fille et ses cris déchirants ravivaient toujours plus sa culpabilité.
Elle ne voulait pas la prendre.
Instinctivement, son pouvoir déployé en avait perçu la non-existence. Cette chimie réductrice à la précision destructrice, cette négation de la force qui joue avec toute chose sur Tyr.
Elle ne voulait pas la prendre mais lui l'en avait convaincu. L'inquiétude fébrile qu'il avait mis à le faire avait sans doute été le plus convaincant: son père était trop rarement inquiet pour que ce ne soit pas vital. Comprenant que le plus important n'était pas la pilule qu'on lui faisait avaler mais les hommes en combinaison, elle avait lutté pour ne pas laisser paraître plus qu'un léger flottement.

Et puis rapidement, les premières peurs, et les questions. Les mots raisonnaient encore à ses oreilles.

~Papa papa qu'est ce qu'il se passe?
Papa papa le monde est gris.


Et puis elle s'était effondrée. Évanouie.
Depuis elle alternait les veilles et le coma.
A chaque réveil, elle semblait perdre pied un peu plus. La réalité se mélangeait, perdait substance et consistance. Elle voyait et entendait mais ne comprenait plus. Elle criait; elle appelait son père mais lorsqu'il se penchait sur elle et lui parlait elle ne le reconnaissait pas. Elle se débattait lorsqu'on tentait de lui faire ingurgiter quoi que ce soit, son corps tout aussi absent que sa raison. Et puis, brisée, harassée, elle retombait dans le coma, le teint gris, la respiration courte et faible. Grelottante parfois sous la fièvre qui jouait elle aussi au yoyo.

Et puis, en désespoir de cause parce que monsieur refusait qu'on aille chercher les hommes en combinaison, c'est à Niko qu'on avait confié la tache de s'occuper de mademoiselle. Niko c'était fils d'Astrid; un grand gaillard qui servait de palefrenier à la société de cab la plus huppée du quartier sud. Il avait un vrai don (non magique) pour s'occuper des animaux malades et il avait eut droit à ce titre quelques enseignements avec le vétérinaire. En fait, de toute la maison, c'était le seul qui ait quelques connaissances utiles sur les êtres vivants.
Réactif et débrouillard, il avait réussi à adapter les techniques de gavages animales sur Ermesynde et en usait à chaque fois qu'elle retombait en léthargie. Il s'occupait aussi de la baigner pour tenir la fièvre au plus bas, et tenta même un ou deux cataplasmes et un sirop pour les chevaux.
Sans apporter d'amélioration nette dans l'agonie de la jeune fille, cela avait sans doute assez retardé son affaiblissement.
Aucun ici ne savait d'où c'était venu mais Monsieur le premier en avait ressenti les effets.
Plus de nausées matinales, plus d'hallucinations; sa faiblesse encore présente n'était plus que celle d'un convalescent qui sort d'une grosse grippe.
Les délires de mademoiselle avait cessés pour laisser la place à sommeil presque mortel mais bien moins inquiétant que tout ce qui avait précédé. La fièvre avait disparue presque instantanément et elle se ré-alimenta enfin. Faiblement, difficilement, encore marquée physiquement et mentalement et dormant énormément, la jeune femme récupérait.
Le médecin enfin rétabli put enfin passer la voir, plus par politesse que par réelle utilité.
Et puis, elle avait finit par récupérer assez de force pour supporter l'intervention chirurgicale qui remettrait son articulation en place. Jugée non vitale au vus de ses ennuis précédents, l'opération était essentielle si elle voulait remarcher, même si elle devrait s'aider d'une canne pendant quelques temps sans doute.

Ce soir la enfin, la cuisine « chez camelotte » retrouvait son chef.
Encore chétive, les joues encore creuses et la marche vacillante, elle avait débarqué en cuisine et poussé la gueulante du siècle. En fait, ce soir la, la gérante se félicita sans doute que le restaurant soit presque vide parce que la seule table occupée attendit plus d'une heure entre chaque plat. En cuisine, c'était branle bas de combat, chaque plat passé au crible, elle faisait recommencer chaque geste parfois plus de dix fois et ce même aux cuisiniers les plus confirmés.
Polo le commis fondit en larmes, et Gero le cuisinier embauché pendant l'absence de la demoiselle donna sa démission le soir même.
En fin de service le personnel était au bord de la crise de nerfs et en même temps aucun d'eux n'avait été aussi heureux depuis leur embauche.

Si mademoiselle est restée amaigrie de sa maladie et boite encore, elle semble avoir repris pied. Elle s'est lancée dans une collection de cannes, qu'elle assorti chaque jour à sa tenue comme d'autres le font avec leur sac à main ou leurs parures de cou. Être passée aussi près de la mort ne semble pas l'avoir assagie même si son regard semble plus grave, empreint parfois d'un éclair d'angoisse folle qui ne rappelle que trop à Astrid ces soirées d'angoisse.
Monsieur de son coté n'est plus pareil.
Devant sa fille et la société il donne le change, le reste du temps il semble plus anxieux, presque paranoïaque. En secret, il a fait rajouter un compartiment secret dans son bureau et un autre dans le jardin d'hiver. De temps à autre mais toujours le soir quand sa fille est absente, il s'éclipse pour aller rencontre on ne sait quel gusse pas très clean.
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