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 Petite fumerie entre amis

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- Hohoho ! Géééant vert -

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MessageSujet: Petite fumerie entre amis   12.10.10 19:55

Les derniers jours avaient été tumultueux. Oui, tumultueux, c'était le mot. Jeanne n'aimait pas ce qui était tumultueux, d'abord parce que c'est un adjectif qu'on associe rarement aux plantes, ensuite parce que les plantes - sauf cette forme bizarre de Chondodendron Anacondosum particulièrement virulente qui n'aimait rien plus que de pousser dans les grandes tempêtes - aimaient rarement les choses auxquelles on pouvait coller cet épithète.
Il lui fallait un peu de repos, et comme toutes les femmes d'age mur, elle aimait le retrouver dans une petite causerie entre amis. Sauf qu'elle n'avait pas d'amis, enfin, rien qui y ressemblât vraiment, en tout cas, et dieu merci, elle n'en avait jamais eu besoin. D'abord, elle aurait forcément du avoir des amiEs, qui auraient voulu boire du thé, et le thé, cette plante banale, n'intéressait pas Jeanne.
Ce qu'il lui fallait, c'était... c'était Sertürner.

Jeanne se leva brutalement de la paillasse devant laquelle elle s'était assise. Ce sale type de Sertürner. Pas le moment de revenir sur sa décision, de toute manière, elle avait déjà lancé les invitations pour sa "tea party", il ne lui restait plus qu'à disposer les napperons.
Elle enfila des bottes en caoutchouc et troqua sa blouse blanche contre un grand tablier d'un noir brillant qui lui donnait un peu l'air d'une chauve souris ; elle glissa dans la grande poche un sécateur et sortit de sa salle à vivre. Elle traversa une première aile de ses serres avant d'arriver à une petite porte, fermée hermétiquement par deux grandes barres de métal d'un bronze terni fendu de cinq anneaux crantés qui composaient un code de symboles. Jeanne tourna les cinq molettes jusqu'à ce qu'un déclic satisfaisant retentisse ; des rouages, sur le bord de la grande porte, se mirent en action, et la fermeture céda.
La serre était, aux yeux d'un profane, exactement semblable à ses soeurs, mais il régnait dedans une odeur un peu entêtante que n'importe quel toxicomane aurait reconnu. Les grandes fleurs colorées qui poussaient là n'en étaient pas responsables, en revanche, le petit laboratoire aménagé semblait émettre des effluves compromettantes.

La botaniste jeta un oeil à ses plants de pavot, désherba quelques pieds d'une main experte, puis s'en détourna pour remplir un petit coffret d'une préparation de son cru, un genre d'opium plus raffiné, plus puissant, plus entêtant, qu'elle glissa dans sa poche, à coté du sécateur.
Après un dernier coup d'oeil à ses champs de pavot, elle sortit de la pièce, repoussant avec désinvolture la porte derrière elle qui se referma en douceur, les deux barres de bronze se verrouillant dans un cliquetis rassurant.

De retour dans le coeur de ses serres, Jeanne abaissa une manette, à côté de la tuyauterie destinée à réguler les micros-climats des différentes ailes du bâtiment, et un escalier se détacha silencieusement du plafond. Elle les emprunta et déboucha dans un minuscule fumoir aménagé entre le plafond et le dôme central des serres ; des coussins, au sol, appelaient à la paresse, et deux grandes pipes en argent ciselé n'attendaient que leurs deux habitués pour fumer de nouveau. Wilanders ouvrit son petit coffret, détacha un peu de la pâte élastique qui s'y trouvait, la travailla en deux petites boules qu'elle enfonça précautionneusement dans les pipes à opium. Il ne restait maintenant plus qu'à attendre cet abruti de Sertürner, qui, comme d'habitude, serait en retard...

Le professeur redescendit, et s'installa de nouveau derrière ses rangées d'éprouvettes. Son camarade de fumerie ne devrait plus tarder...

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MessageSujet: Re: Petite fumerie entre amis   13.10.10 3:21

La salle était plongée dans l’obscurité. On n’avait pas allumé la lumière, par flemme, par économie, par envie, ou peut être parce que le propriétaire des lieux n’était pas là. Un mobilier sobre mais confortable, une carafe d’eau sur la table, un verre à côté de celle-ci, à moitié plein. Ou à moitié vide, tout dépend de votre philosophie. Un soupir dans l’ombre.
Non la pièce n’est pas vide, une des ombres s’anime, une main se tend vers le verre, un petit plouf et le liquide se teinte de vert. Vlaad avale la mixture d’un trait avant de se lever.
Il n’allume pas la lumière, c’est un hume qui se trouve à l’aise dans la pénombre, et il ne tient pas à subir le choc d’un brusque retour de la luminosité.

Bon, plus question de flâner, il était invité à un petit « thé » et cela peinerait sa nature de gentleman d’arriver une seule minute en retard chez la dame. D'autant que ce n’était pas n’importe quelle dame, et il prit le temps d’un arrêt devant le miroir pour vérifier sa tenue. Pas question d’arriver débraillé, même si elle n’y prêterait pas la moindre attention.
Le doc enfila tranquillement son manteau préféré, attrapa un chapeau, des gants, et quitta sa calme retraite pour les serres bouillonnantes de vie du Professeur Jeanne Wilanders, femme brillante et acariâtre, unique en son genre et infréquentable pour la plupart des hommes.

A chaque fois qu’il débarquait dans l’antre du professeur, Vlaad ne pouvait s’empêcher de s’arrêter pour remplir ses poumons. Les effluves que l’on sentait là étaient uniques, un cocktail raffiné de plantes exotiques dont certaines qu’il n’avait croisées qu’en Adhénor avant que la dame ne parvienne à les faire proliférer dans ses serres. Il prit soin d’enfiler une paire de grosses bottes pour traverser le terreau jusqu’à l’escalier qui menait au salon de thé de Jeanne, il ne tenait pas à sortir de là avec ses propres chaussure maculées de terres. Il ôtait toujours son chapeau avant de passer les portes, peut être en signe de respect, peut être par habitude.

Il découvrit la scientifique penchée sur ses éprouvettes, dans ses serres et attendit qu'elle ait finit pour ne pas perturber ses manipulations par une intervention intempestive.

- Bonsoir Professeur.

Sa présence ainsi signalée, il monta l'escalier pour s'installer confortablement au fumoir, sachant que la professeur passerait la porte peu après lui.
Il retira la grosse paire de bottes avant de monter l’escalier, et poussa la porte de la salle vide.
Le jeune hume se défit de son manteau, et retira bottes et chaussettes, lent strip- tease qui le mettait en condition pour savourer ce que la dame lui avait préparé. Il aimait sentir le sol sous ses pieds, et plus encore sentir ses pieds quitter le sol lorsqu’il planait. On a tous nos petites manies. Vlaad suspendit son manteau à la patère, et s’installa confortablement parmi les coussins. Sa première question concerna les chéries de son hôte:

- Comment se porte vos plantes ? J’espère que leur santé n’a pas trop été affectée par le chaos ambiant.

Cette question n’était pas désintéressée. Il comptait sur la botaniste pour trouver de nouvelles substances hallucinogènes extraites de plantes adhénorienne à tester l’hume pour en analyser les effets évidemment.
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- Hohoho ! Géééant vert -

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MessageSujet: Re: Petite fumerie entre amis   13.10.10 22:40

Le moindre son inhabituel sautait aux oreilles de Jeanne comme un puceron sur une orchidée rare ; la serre n'était pas en soi silencieuse, entre la tuyauterie et les gouttes d'eau qui dégoulinaient des feuilles, résonnant dans la vaste cathédrale de feuillages, il y régnait un bruissement constant. En revanche, les sonorités humaines se faisaient rares. L'entrée de Vlaad sonna comme une explosion.
Jeanne frissonna ; non parce que le docteur lui plaisait, la chose était inconcevable, mais parce savoir que quelqu'un arpentait les allées de terre soigneusement aérée par ses soins lui collait des sueurs froides. Mais elle avait invité Sertürner, elle ne pouvait pas décemment lui dire qu'il lui flanquait la migraine. Enfin, pas avant deux ou trois pipes de son opium sur-raffiné et tellement parfumé...


"Bonjour, Professeur" déclara l'intru, comme pour se signaler.

Jeanne eut un grognement qui signifiait qu'elle avait constaté sa présence, mais ne lui répondit pas et ne leva même pas la tête de son erlenmeyer.
Quand le liquide qu'il contenait vira du vert au rouge sur son bec bunsen, elle eût un nouveau grognement, de satisfaction, cette fois, et reposa son matériel. Peinant comme une vieille femme - instinctivement, elle adoptait cette attitude d'anti-séduction dès que Vlaad se pointait quelque part, histoire de lui rappeler que ce n'était même pas la peine d'insister - elle grimpa les escaliers qu'elle avait si lestement escaladés quelques minutes plus tôt. Elle s'allongea à son tour sur sa pile de coussins attitrée - un rien moins épaisse et confortable, sans doute, elle n'aimait pas oublier les réalités physiques lorsqu'elle "décollait" - et tendit sa pipe à son invité.


"Vous ne devriez pas vous sentir obligé de manifester ainsi votre arrivée, docteur. Je vous aurait entendu même par temps orageux, vous reniflez comme aucune plante n'aurait l'indécence de le faire..."


Elle défit sa blouse de chimiste et la déposa derrière son matelas, comme elle en avait l'habitude ; puis elle pris son coffret d'opium et le tendit à Sertürner :

"Nouvelle composition. J'ai réussi à majorer la Papavérine et vous verrez... c'est assez explosif. Mes plantes, je le regrette, n'y sont pour rien, seules mes éprouvettes sont l'auteur de ce changement. Mais je teste actuellement un nouveau croisement qui devrait faciliter le raffinement du produit. "

Elle se tût de nouveau, sortit un long briquet, d'argent lui aussi - ce petit fumoir renfermait en fait les seules traces de luxe que le professeur se permettait - qu'elle alluma ; une flamme d'un vert étonnant en jaillit, et elle la présenta selon un angle bien étudié au fourneau. Portant le tuyau à ses lèvres, elle aspira brièvement, et une fumée acre tout à fait satisfaisante s'éleva de sa boulette d'opium.
Elle n'offrit pas le briquet à son hôte, ils avaient chacun le leur et tenaient à respecter ce rituel. En fait, les recherches de Jeanne sur le sujet - de loin les plus éloignées de la botanique qu'elle se fût permises - lui avait apporté une connaissance immense qui codifiait chacun de leurs actes pendant leurs tea party régulières. Evidemment, elle se gardait bien de diffuser son savoir à ce sujet.


"Alors, Doc. Vous me paraissez bien peu débordé pour vous accorder cette pause dans mon humble fumoir... ça ne vous ressemble pas. Vous seriez vous déjà lassé de toute la faune féminine de notre belle contrée ?"
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MessageSujet: Re: Petite fumerie entre amis   14.10.10 23:07

Certains pensaient que Vlaad était masochiste. Il était vrai que rien qu’à l’idée de fréquenter Jeanne Wilanders, la plupart des hommes frémissaient. C’était une véritable harpie à la langue acérée, sans aucune concession envers les êtres masculins, intolérante et horripilante à souhait. Mais que voulez-vous, elle exerçait sur le psychologue une fascination dont il n’avait pas l’habitude d’être le jouet, et il se complaisait dans sa situation de martyr. Cela l’horrifiait quelquefois de se rendre compte que cela lui serait désagréable de ne pas pouvoir la voir plus encore que de subir ses remarques acides.

Il supportait très bien de ne pas être admiré par le professeur, et même que ses talents ne soient pas reconnus par elle, car il n’avait aucun doute sur ses capacités et son ego lui permettait de résister à toutes ses attaques, mais quelques fois, quelquefois seulement, il espérait qu’en réalité elle reconnaisse en lui si ce n’est un égal au moins un être digne d’intérêt et pas seulement un compagnon consommateur de produits illicites.

La petite comédie à laquelle se livrait la demoiselle le faisait souvent sourire. Elle oubliait – à ce qu’il lui semblait - qu’il l’avait connue alerte et désireuse de plaire en Adhénor. Le pauvre hume persécuté ne chercha même pas à se justifier de manifester sa présence lors de ses arrivées. Il le ferait toujours, elle le lui reprocherait toujours…

- On ne sait jamais, peut être qu’un jour j’arriverais à vous surprendre. Mais il est vrai qu’étant animal, mon entrée dans ce monde végétal est de toute manière remarquable.

Jamais – du moins il l’espérait – il n’aurait à utiliser ses capacités de discrétion phénoménales envers Jeanne. Peut être serait ce là l’unique fois où il désobéirait, peut être apprécierait il d’être celui qui s’en occuperait… Allez savoir. Il attrapa le coffret qu’elle lui tendait, humant avec un plaisir non dissimulé les effluves qui s’en échappaient. Le docteur extirpa d’une pochette en cuir qu’il portait plaquée contre ses côtes un petit briquet en métal, très simple, du genre de ceux utilisé par les soldats, résistant et inusable. Ce fourre- tout, il l’appelait affectueusement « ma droguerie » et n’en montrait jamais le contenu.


- J’ai une totale confiance en vos capacités en matière d’amélioration. En parlant de nouveauté, je suis en pleine fabrication d’une drogue, totalement chimique à mon grand regret, qui supprimerait les poussées d’adrénaline, le problème étant qu’elle s’accompagne pour le moment d’un effet comateux indésirable…


Vlaadimir s’arrêta, le temps de savourer une bouffée de sa pipe et de ranger son briquet. Il se laissa aller contrer les coussins avec un soupir de satisfaction.

- Comme je vous l’ai déjà dit, vous êtes de loin la plus intéressante de cette « faune féminine », j’ai donc perdu pour le moment le peu d’intérêt que j’accordais à cette partie de la population. Que voulez vous… Une – le mot pipe lui paru curieusement inapproprié – un moment enfumé en votre compagnie me détourne même de mes patients !
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MessageSujet: Re: Petite fumerie entre amis   03.11.10 19:02

Jeanne aspira une longue bouffée d'opium, sa pipe élégamment coincée entre ses serres - fumer était à peu près la seule chose qu'elle sache faire élégamment - et laissa les volutes bleuâtres envahir son esprit. Foutre dieu. Ce qu'il pouvait être agaçant. Ce qui expliquait sûrement pourquoi elle ne supportait sa compagnie qu'à condition d'avoir préalablement tassé un peu de sa meilleure gomme d'opium dans le fourneau de sa pipe.
Le docteur avait de bons côtés. Le reconnaitre aurait pu lui écorcher la langue si elle l'avait fait à voix haute, mais dieu merci, cela n'arriverait jamais. Simplement, quand il lui parlait à elle, il devenait... pas sirupeux, non, c'était aller trop loin que de dire cela. Disons qu'il faisait trop de concessions. Il avait l'air de marcher sur des oeufs avec elle. Comme tout le monde, en fait, et cela avait toujours eu le don de l'agacer prodigieusement.
Encore une bouffée...
Voilà. C'était mieux.
Etrangement -pour une intellectuelle, s'entend - l'opium n'aiguisait pas ses sens, comme beaucoup de savants, de grands drogués et autre beaux parleurs aiment à le prétendre. Elle la plongeait dans cette bonne vieille torpeur qu'on attend lorsque l'on s'adonne à ce délicieux péché, et pendant un instant, elle eût l'impression d'être une fougère arborescente. C'était du moins ainsi qu'elle interprêtait la primitive mollesse que lui procuraient ces instants en compagnie du docteur.

"C'est amusant comme je vous supporte mieux une fois toute clairvoyance chassée de mon esprit, mon cher ami. Vos remarques en deviennent moins irritantes. Ou bien mon esprit s'adoucit, ou bien le votre s'aiguise."


Sa tête bascula en arrière et son chignon négligé se défit, répandant sa chevelure d'un brun terne, presque gris, sur les coussins orientaux de sa couche. Elle aurait presque pu être séduisante, s'il n'était cette raideur que même les entrelacs de la fumée ne pouvait adoucir, ces angles impossibles à briser.

"Et bien, allez-y, racontez moi donc comment va la ville. Vous êtes mon seul lien avec la civilisation, ainsi que vous vous plaisez à me le rappeler constamment, jouez donc votre rôle..."
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MessageSujet: Re: Petite fumerie entre amis   08.11.10 22:07


Ces moment étaient agréables. Pas à cause de la drogues, il n'était pas rare qu'il s'octroie de quoi égayer ses journées lorsque son vieil idéalisme ressurgissait et qu'il devait lutter contre la médiocrité ambiante et la vacuité de l'existence. C'était peut être la brève illusion que Jeanne lui paraissait plus accessible, ou tout simplement le fait de partager cette cérémonie à laquelle il s'étant tant adonné en solitaire.
L'opium enroulait son cerveau dans un bienheureux cocon. C'était un de ces rares moments ou il ne regrettait pas d'être devenu ce qu'il était. Tout lui paraissait plus optimiste. Il n'y avait aucun sourire crétin sur sa figure, évidemment (Et puis même un sourire crétin aurait parut sur lui incroyablement attirant, cela n'ayant aucun effet sur le Pr Wilanders) mais il lui arrivait de concocter des projets à longs termes, ce qui en disait long sur son état d'esprit;
Il se posait moins de questions existentielles, et pour un esprit comme le sien c'était très reposant.

Pendant leurs petites séances, leur dialogue était fréquemment interrompus. Chaque réflexions devait traverser les méandres de la fumée d'opium, disperser le brouillard de la drogue pour atteindre l'autre, et toute nouvelle phrase demandait un temps certain pour être composée et projetée à son tour.


- Je vois mal comment un esprit comme le mien pourrait devenir encore plus aiguisé. Je vais atteindre des records

Parfois la torpeur opiacée le rendait honnête.
Vlaadimir s'allongea presque complètement sur le sol, un léger sourire aux lèvres.


- Votre seul lien avec la civilisation... Il s'avère que non, et vous en savez sans doute bien plus que moi sur les derniers évènement. Qu'est ce qu'il vous a prit d'accepter de collaborer avec des humes?

Une nouvelle bouffée, un silence.


- Bien sûr il fallait créer un remède, mais je ne pensais pas qu'ils réussiraient à vous convaincre.
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MessageSujet: Re: Petite fumerie entre amis   15.12.10 23:02

La drogue avait quelque peu anesthésié le cerveau du professeur et elle ne réagit pas tout de suite aux paroles de son partenaire de fumerie, sans quoi, elle aurait sans doute fait un bond, ce qui ressemblait fort peu à un personnage aussi digne. Elle se contenta néanmoins de garder sa pipe en suspension dans les airs, contemplant la fumée bleuâtre et acre, avant de demander, lentement :

"- Mais de quoi parlez vous, très cher ?"

Jeanne mentait très mal, de manière générale, sûrement parce qu'elle ne voyait pas l'utilité de balancer à ses interlocuteurs la vérité toute crue, et le plus souvent désagréable. Ainsi, n'importe quelle personne la connaissant un tant soit peu aurait deviné que ce simple "très cher" cachait un complexe engrenage de cause et d'effets, le tout à l'avenant, dans le cerveau embrumé de Jeanne Wilanders. Elle le savait bien et ne sous estimait pas le docteur, aussi réfléchit-elle immédiatement à une solution de repli.

"Je me demande d'où vous parvenez à tirer vos informations, mais elles sont... comment dire... partiellement fausses. On a fait appel à moi, j'ai dit non, l'histoire s'arrête là."

Froncement de sourcil a peine caché par les vapeurs enivrantes du pavot. Et là, elle mentait, ou non ? Elle même aurait été bien incapable de le dire. Faire appel à elle... pourquoi, déjà ? Maintenant qu'elle y songeait, il y avait bien eu une histoire louche quelque part.
Jeanne posa sa pipe en bois sur un cendrier aussi luxueux que le reste de la pièce et se redressa. Elle chancela jusqu'à un buffet en marquèterie et en tira un vaporisateur tout ce qu'il y a de plus commun, puis s'aspergea le visage de la substance qu'il contenait. Aussitôt, les brumes de la drogue se dissipèrent et son cerveau redevint ce miracle de biologie qu'il était d'ordinaire. Sans lui demander son avis, elle fit subir le même traitement au docteur, rangea leurs pipes respectives, puis elle s'assit de nouveau sur ses coussins, dans une pose nettement moins alanguie, et demanda d'un ton sec de femme d'affaires :


"Maintenant vous allez me dire tout ce que vous savez, ou croyez savoir, sur ce que vous pensez me raconter."
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MessageSujet: Re: Petite fumerie entre amis   21.02.11 14:26



Le psychologue fut un peu peiné par la question de Jeanne. Elle savait pourtant qu’il était doué pour tirer n’importe quoi de n’importe qui. Il fallait juste appuyer sur le bon levier, même si ce levier se trouvait parfois être une drogue, la violence, ou une promesse d’ébats futurs.

- Partiellement fausses ? Si ce n’est pas vous qui avez réussit à créer pareille pilule, je me demande qui a prit le relais…

Il fixa un instant le plafond, pensif, se tapotant les lèvres du tuyau de sa pipe. Il aimait bien l’exactitude, il aimait comprendre, et il finirait bien par connaître le fin mot de l’histoire. Il pensait s’adresser à la bonne personne… Enfin, ça n’était qu’un passe temps.

- En tout cas cette histoire me semble… Brouillée.

La scène suivante fut fort peu agréable. Déjà parce que Vlaad n’appréciait pas qu’on lui mente, ensuite, il appréciait encore moins que Jeanne lui mente, et enfin, réaliser qu’elle ne lui faisait pas assez confiance pour discuter de certains sujets avec lui aurait pu le blesser sérieusement. S’il était du genre à pouvoir être blessé.
Mais enfin, être brutalement tiré d’un trip à l’opium est de toute façon très désagréable. Non seulement on ne lui avait pas demandé son avis, mais se prendre un jet dans la figure n’était pas ce qu’il espérait de la part de la professeur.
Il se redressa en grimaçant, mais ne fit aucun commentaire. Jeanne n’avait encore jamais interrompu une de leur séance, et l’affaire devait être d’importance. Réfléchir sous opium lui était toujours agréable, mais peut être valait il mieux qu’il possède toutes ses facultés dans le cas présent :



- Ce ne sont que des rumeurs professeur. Des rumeurs qui ont circulées, vite étouffées évidemment, elles sont en contradiction avec la version officielle actuelle sur les derniers événements, mais je n’oublie jamais rien d’intéressant.

A vrai dire, tout ce qui s’était passé restait flou dans sa mémoire et disparaissait peu à peu. Il croisa lentement les doigts et les fixa.

- A vrai dire, je commence à avoir des doutes sur ce que j'ai vécu, et j'aurais besoin de vos services. croyez bien que ce n'est pas par facilité, j'ai tenté avec mes propres et modestes moyens de faire revivre à des patients, et à moi même, les semaines écoulées mais aucune drogue ne m'a donné satisfaction.
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