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 Veuillez rendre l'âme

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- La Brute (Muy Calliente) - Des p'tits trous, des p'tits trous...

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Signalement : Hûme mâle. Trentaine d'années. 1m78, quelques 71 kg de muscles rôdés, bronzé et tout en angle. Des yeux gris. Des cheveux bruns mi-long. Mal rasé. Piercing innombrables au visage.


MessageSujet: Veuillez rendre l'âme   22.10.10 16:28

[ouvert]
Ambiance

Maman ! Maman ! Regarde, un clochard !
Tais toi chérie ! Il pourrait nous entendre ! Et arrête de le pointer du doigt ! C’est inconvenant.
Qu’est-ce qu’il fait maman ?
Je…je crois que c’est de la musique…
On peut aller voir ? Steuplaît steuplaît st…


Grognement animal un peu plus loin. Le musicien de rue vient de casser une corde. S’ensuit une bordée d’injures dont on pourrait même douter qu’elles soient tyrrestres, tant elles écorchent les oreilles. Heureusement qu’il y a ‘salope de bordel de merde’ dedans pour s’assurer que le type est bien hume.

S’il y a un fait bien connu de l’Univers, c’est que partout où il y a des manouches – et il en existe dans tous les mondes, comme une figure éternelle de caravanier voleur et débauché, qu’aurait la gueule salie par le vent et les yeux ridés de liberté - partout où il y a des manouches donc, il y a de la musique.

Mais alors pas de la musique classique. Pas du Soveyur Hotel. Une musique qu’avait comme un arrière goût de désert et de sable, d’horizons et de lait de chamel. Une musique qui avait dix ans, cent ans, mille ans, parfois bien plus, et qui en avait vu du moche et du moins moche et qu’importe, cette musique avait dansé aux abords des lacs abandonnés du Centre, des cascades luxuriantes d’Adhénor, des montagnes de Twinkil et des landes rabattus par le vent de Lespure. Cette musique avait bu, fait l’amour, rit, et chanté.

Un gitan n’était pas un gitan s’il ne jouait pas de musique. Il y perdait un morceau de son âme.
Et y en avait un aux abords des quais, le cul dans le caniveau. Avec sa chemise multicolore ouverte sur son torse aussi musclé que bardé de piercings, le fût déchiré et les bottes militaires, sa tignasse obscure en désordre et son faciès en lame de couteau, mat de soleil, celui-ci n’inspirait pas confiance. Les mères éloignaient leurs enfants, les pucelles rougissaient, les pères lui lançaient des regards mauvais et les passants faisaient inconsciemment un détour pour éviter de passer juste à côté de l’hume. Faut dire qu’en plus il ne sentait pas vraiment bon. D’autres, le prenant en pitié, se risquaient à glisser de la monnaie dans un chapeau renversé que Salem avait piqué plus tôt dans une échoppe quelconque.
Malheureusement pour eux, Jérusalem Yéhouda, combien même avait-il suivi la sempiternelle tradition musicale de ses ancêtres, était tout sauf un bon musicien.
En fait, on pourrait aller jusqu’à dire qu’il était tout le contraire d’un mélomane. Cela ne signifiait pas qu’il jouait mal. Non.

C’était encore pire.

Il avait poussé la stridence et la fausse note à des extrêmes de maîtrise qui aurait rendu fou n’importe quel musicien digne de ce nom. Il barbarisait les rythmes avec un talent quasi-divin pour que les tympans ne s’habituent jamais à sa mélopée. Il bourrinait les accords avec une satisfaction de professionnel. Son instrument était torturé, abattu, le manche crachotait des appels à l’aide implorants et la caisse servait de cendrier.

C’était tout bonnement horrible, et ça ne s’améliorait pas vraiment lorsque le gitan se mettait à accompagner sa guitare agonisante de sa voix de fumeur aux portes de la mort.
Il appelait ça le ‘métal tzigane’. Il perfectionnait cet art musical depuis ses dix ans. De mémoire d’hume, aucune femme ne pouvait supporter cette musique. Ça leur était anatomiquement impossible. Quant aux couillus, ses potes, ses confrères, ses recrues, les mecs quoi, soit ils adoraient, soit ils détestaient. Jusque là Salem n’avait pas encore rencontré d’adorateur mais il ne désespérait pas de faire comprendre le message philosophique que transportait sa musique au monde. D’ailleurs il allait commencer dès maintenant en étalant ses prodigieuses compétences au monde. Ça lui ferait une belle jambe.

Ses paroles parlaient d’amours d’un soir, mais dans sa langue maternelle, et personne ne le comprenait alors qu’il chantait à tue-tête (c’est le cas de le dire) les ritournelles de son enfance.

10h du matin, on est déjà à fond…
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- Dindon de la Farce Moultipasse -

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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   24.10.10 13:20

[les portes ouvertes ça laisse pas rentrer que le froid...]
Musique maestro

Bonté marchant au pas, naïveté accrochée à son bras. Générosité boite à coté d'elles, sans savoir si elle est vraiment de la partie.

La canne d'onyx étale son lustre sur les pavés de la gare, accompagnant le bruit des talons de la demoiselle d'un troisième toc. Le pommeau s'est même offert le luxe d'être du même bleu profond que les yeux de celle qu'il soutient.
Ermesynde, encore amaigrie, encore boitante mais franchement souriante viens accueillir une livraison.
Non pas que le chef cuistot du restaurant le plus huppé se déplace généralement pour contrôler la marchandise mais celle ci n'est pas comme les autres. Et puis, elle aime bien la gare.

La même cohue qu'au marché des quartiers nord.
L'activité fébrile liée au chargements et déchargements des trains et leur tchoutchou si caractéristique.
La faune diverse ou se côtoient le matois des quartiers nord, l'immigrant sans le sous, les aventuriers et les bourgeois sur le déclins, tout ça fait fantasmer l'ingénue.
Comme un enfant bardé de ses idéaux, elle se projette à la place de ceux qui embarquent dans de fabuleuses épopées dont elle est l'héroïne, accompagnée de ses compagnons ingénieux.
La réalité n'est plus qu'une demi teinte alors qu'elle déambule et c'est autant le son discordant que l'allure de Salem qui lui saute au yeux et aux oreilles.

Ce n'est ni le premier clodo qu'elle voit , ni le premier manouche; l'un et l'autre allant souvent ensemble.

Bonté surmontant l'inconfort d'odorat la pousse.
Clairvoyance mal informée par ses préjugés, elle dépose dans le chapeau du musicien sa collation du matin, sure que ça au moins, il n'ira pas le boire. Elle arrose le tout d'un sourire dégoulinant de bienveillance.

Avec un peu de chance, le temps qu'il mange tout ça (et dieu sait que la belle a un appétit de ty-rex), il arrêtera de jouer. Et avec beaucoup de chance, il sera ensuite tellement repu qu'il aura plus envie de dormir que de jouer.
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- La Brute (Muy Calliente) - Des p'tits trous, des p'tits trous...

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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   01.11.10 18:36


Alors que la collation disparaît dans l’ouverture béante du chapeau, la musique s’arrête sur une ultime volée de fausses notes ( jouées sur deux cordes suite à la disparition soudaine d’une autre victime) et une sorte de soupir de satisfaction commun ébranle la foule.

Devant Ermesynde, le clochard gratte prudemment un téton piercé d’un bijou représentant une tête de mort. Sa figure naguère fermée s’ouvre soudainement, et un sourire égrillard vient étirer ses pommettes gitanes. Oh, la cause de ce sourire est simple : résumons la situation : Salem est assis sur le trottoir, et Ermesynde s’approche vers lui de sa stature de femme verticale. Autant dire qu’il a directement les yeux proches de certaines parties de son anatomie qui feraient rougir l’ingénue.

Ça c’est du moins la description narrative.

Petit à petit le sourire s’accroît. Si celui de la jeune fille qui lui fait face coule littéralement de bonté sans arrière-pensée, le sien a la gueule d’un petit jeunot de quatorze ans à qui on viendrait d’offrir son premier flingue. Pas lubrique, hein. Mais y a bien quelque chose qui le fait marrer. Parce que ouais, voilà que soudain il se marre le mat de peau, et avec des grands éclats de voix rauques par dessus. Il se marre tellement qu’il en perd toute contenance et s’étale en arrière, s’allongeant à moitié sur une partie du trottoir. Ses côtes sous le patchwork de la chemise font des soubresauts – de même que ses abdominaux qui se payent soudain la salsa du siècle. Il va jusqu’à étirer ses grands bras derrière la tête et les croise sous sa nuque, gardant la minette dans son champ de vision. Grand éclats de rire.

Yallah ! Qu’elle est cachère la petite ! Elle lui file sa propre bouffe !

Il en pleure et s’étrangle un peu, en profitant pour expulser un mollard jaunâtre sur une paire de talons qui passaient par là.

A lui ! Ben voyons ! Avec sa petite gueule de merdeux actuel, fallait se demander ce qu’elle avait dans la caboche pour se la ramener genre petite sainte-cul béni. Lui-même ne se serait pas approché, et pourtant il était lui. Si c’était pas preuve qu’il était craignos ! Rien à battre qu’on le prenne pour un clodoch’ : c’est un peu son but. Si on lui file de la tune c’est tant mieux. Mais jusque là, personne n’avait essayé de lui refiler de la bouffe, ou seulement bien périmée ou encore toute sanguinolente.

Puis fallait voir le mastoc ! Elle ne lui avait pas filé le petit morceau de pain triangulaire des quinqua à la tronche de bigoudis qui voulaient se donner bonne conscience. Non, la nana y avait balancé un monstre de féculent et de barbaque réunis, de quoi caler sa bidoche un petit moment. Ça tombe bien, le Traqueur n’avait pas petit-déjeuner ce matin, pour cause qu’il venait tout juste de se réveiller quelque part dans un bordel annexe.

Le gitan arrête brusquement de rigoler mais continue à se laisser aller, pas gêné le moins du monde par les dégâts qu’il provoque dans la cohue (ben ouais, il vient de s’allonger en travers du trottoir.) Un petit sourire rêveur continue à flotter sur ses lèvres. Un relent de juvénilité adolescente qui a de quoi jurer avec l’apparence littéralement défroquée de l’individu.

Les anges crèveraient d’envie s’ils voyaient ton sourire.
Sûr que même ces chieurs trouveraient rien à redire.


Petit geste de la main, étirement des jambes. Il en profite pour cogner dans la guitare qu’il envoie balader plus loin dans le caniveau.

Y a d’la barbaque dans ton truc p’tite ? Non parce que j’suis végétarien et j’veux pas planter mes crocs dans de la viandasse, larziza.


[hrp : et c'est reparti à donf la caisse Wink ]
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- Dindon de la Farce Moultipasse -

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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   04.11.10 22:45

Un soupir de soulagement s'échappe de la demoiselle au silence soudain qui s'étend sur la gare. Non pas que l'activité aie soudainement cessé au geste de la demoiselle, juste que l'absence des bruitages de Salem (il n'y a vraiment que lui pour appeler ça de la musique) est tellement reposant pour les oreilles que l'environnement vous semble aussi silencieux qu'un désert.
Cependant, le sourire qui reprend place semble un peu plus crispé que le précédent, gêné des éclats de rire du clochard. Ermesynde se demande maintenant si elle n'a pas fait un connerie. C'est pas tout les jours que le merci humble des clochards est remplacé par un rire si phénoménal qu'il vous oblige à esquiver les mollard qui pleuve sur vos escarpins fait sur mesure par la Chausserie de Neven.
Elle regarde autour d'elle, cherchant l'info qu'elle a bien pu manquer.
Mais aucune tête connue ne vient corroborer l'hypothèse de la farce, aucun écriteau qui indiquerais non plus que le bonhomme a une autre profession que clochard alcoolique.
Elle se fait donc une raison et s'apprête à s'éclipser ignorante à jamais de cet éclat de rire, persuadée que Salem fait sa sieste post-bibine au milieu du couloir quand du trefond des ses glaires caverneux ou il existe encore des poumons (ouais y paraît mais on veux pas aller voir) sort un fflux d'air et par la même un son.
Elle ne comprend pas vraiment sa jactance, mais en déduit vaguement que ce doit être un compliment. Enfin, on retombe dans le schéma connu des remerciements pieux, ou pas...
Elle lui répond, presque effrayée de contredire un fou pareil.

~ Oh,... hummm,... je suis désolée Monsieur mais.... vous devez vous tromper de personne.... Je ne m'appelle pas Larziza.

Elle ne résiste pas par contre à l'informer de ce qu'il aura bientôt dans la bouche. Bien plus sure d'elle à ce moment, des années de pratiques au sein des restaurants lui fournissant tout le professionnalisme nécessaire. Le vocabulaire reste tout de même populaire, elle se rend bien compte de la bizarrerie que ça pourrait donner si les passant savaient qui elle est.

~ C'est de l'autruche de la Toudra fumée au pamo, du pain de seigle et des fruits de Lespure confit. Un gâteau de noix de Kola caramélisées et un juteux de Lespure...
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- La Brute (Muy Calliente) - Des p'tits trous, des p'tits trous...

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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   09.11.10 18:23

Un sifflement admiratif passe la barre peu engageante des lèvres du gitan.

Sa main vient saisir vivement la collation déposée plus tôt et il jongle quelques instants avec, avant de commencer à l’examiner. Soulevant délicatement telle tranche de pain, jetant un œil à la fourniture, humant l’odeur qui s’en dégage, s’humectant les papilles à l’approche de la noix de Kola, tirant la langue pour lécher lascivement les contours du juteux…
Son estomac laisse échapper un gargantuesque tumulte. (Non, non, pas des pets. Juste qu’il a bien la dalle d’un seul coup.)

Eh ben dis donc !
De la graine de Pamo…


Salem ricane.

Première fois sans doute que j’bouffe ça sans avoir à me la sortir du cul.

Dire qu’il trouve un malin plaisir à partager ses expressions populo-vulgaires avec la mignonne est faux. Il adorerait voir sa mine se déconfire et ses talons tournaient de l’autre côté. Ou alors, elle pourrait se fâcher : ce qui ferait ronronner de contentement le boxeur avide de provocations.

Ses doigts crasseux trouvent la viande d’autruche et la jette négligemment dans le caniveau. Pas question qu’il bouffe du muscle d’être vivant. Ça lui rappellerait trop le boulot, et le boulot, il était censé l’oublier.

Salem enfourne sa première bouchée avec un appétit évident. C’est qua ça l’air tellement bon qu’il a soudainement la dalle de chez la dalle, et puis en plus, comme disait sa maman : « faut manger pour devenir grand ! »

…be seha ou bel hna !
Baz ! Wahlia !

« Que dieu t’en remercie. Oh putain ! Putain que c’est bon ! »

C’était vrai. La dernière fois qu’il avait éprouvé autant de plaisir gustatif remontait à son enfance. Les Zolnerowich étaient de très mauvais cuisiniers, en particulier Katryn ; mais ses tantes et oncles gitans, lorsque les embruns du Gestalt se dissipaient, cuisinaient du cacher et du bon. Les épices et le lait étaient à la base de leur alimentation, et l’ethnie était coutumière des repas pris sur le pouce ; il n’y avait que les jours de fête – mariage, circoncision, fêtes religieuses – que les repas se faisaient gargantuesques. Oh ouais, Salem se prit à repenser à cette époque si lointaine où, tout môme, il faisait des concours de qui mangera le plus avec les jumeaux…

Sans doute pour cela que le terrible trentenaire parle soudainement dans sa langue maternelle et sur un ton excité. Ce qui ne le dérange pas le moins du monde. Si son enthousiasme fait peur à la môme, elle n’a qu’à se casser.
Reprenant une large bouchée :

Qu’est-che que ch’est bon larchicha !
Qu’est-che qui te prend de te balader avec d’la bouffe pareille dans ton chac, hein ?


Salem déglutit. Fronçant soudain les sourcils, il a un mouvement de menton en direction de la canne à pommeau d’Ermesynde. Le traqueur a su remarqué le boitillement intempestif de la jeune femme alors qu’elle venait vers lui. Avant de goûter à ce paradisiaque sandwich, il n’en avait rien à cirer.
Mais le grand et méchant manouche est amusé par la jeune et jolie cuisinière…

C’est ton petit copain qui t’a fait ça ?
J’peux lui régler son compte s’tu veux.


S’étirant de manière suggestive, et provoquant un nouveau remous dans la foule, il finit par tapoter un bout de bitume à ses côtés.

T’as qu’à t’asseoir.
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   11.11.10 15:06

Longtemps après, elle se demanderait encore ce qui lui avait pris.
L'homme était tout sauf engageant ou poli. Il sentait le danger, le vrai et pas seulement cette chose vaguement excitante et mystérieuse. Juste les ennuis qui vous épargnent pas, des mondes diamétralement opposés.
Elle aurait du partir, elle s'est assise.
Pourquoi? Elle est bien en peine de le dire, peut être simplement parce qu'il le lui a demandé.

Elle ne passe même pas la main sur le bitume pour ôter les saletés, elle se contente de s'asseoir, jambes tendues et canne en travers. Elle lui sourit.

~J'ai été très malade; il paraît que j'ai failli mourir mais je ne me souviens pas très bien. En tout cas, le médecin a dit que je ne boiterais pas trop longtemps. Je suis désolée, il n'y aura personne à abattre.

Et si il est vrai qu'une fièvre ne provoque pas des luxations de la hanche, il lui reste difficile de comprendre ce qu'il s'est passé. La gazette a parlé de gaz hallucinogène. Elle n'a pour souvenirs qu'impressions fugaces faites de courses et de sauts, de peur et d'exaltation, de cavités sombres et réconfortantes et des arbres. Elle se souvient que les arbres ne lui ont jamais paru si beaux, et si tristes aussi de ne voir que si peu le soleil dont les rayons ne passent qu'à peine au plus fort des jours de brume. Si c'était irréel, une part d'elle n'arrivait pas à accepter que tout ceci n'avait été qu'un rêve, une hallucination. C'était bien trop différent de ce qui avait suivi.
Un frisson la parcourt au souvenirs des cauchemars provoqués par la pilule et son attention revient au clochard qui semble avoir éprouvé tant de plaisir au repas improvisé.

Ses gestes presque obscènes ou ses paroles excitées qu'elle ne comprend pas loin de la faire fuir l'attirent. L'homme est effrayant, même quand il semble retomber en enfance ainsi, peut être même plus d'ailleurs parce que tellement décalé sur une carcasse comme la sienne qu'il semble fou, capable de tout. Mais en même temps, le plaisir qu'il prend a engloutir son repas exerce une telle fascination sur Ermesynde qu'elle n'arrive pas à le lâcher des yeux. C'est trop différent des bourgeois ou des critiques dont elle a l'habitude qui s'extasient la bouche en cul de poule et dont même les enfants semblent avoir oubliés comment on pète.
En fait, en dépit de la conscience aiguë de son talent, de ce qu'elle a mis dans le sandwich, et des associations crées du goût que cela doit avoir elle ne comprend pas la réaction de Salem. C'est comme si il ne mangeait pas le plat qu'elle a fait, comme si ce qu'il mangeait était autre chose, une autre chose issue de mains un millions de fois plus talentueuse que les siennes.

~C'est vraiment si bon que ça?

Elle est même presque tenter d'aller fourrer son doigt dedans pour aller verifier si il mange bien ce qu'elle lui a donné.
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   14.11.10 15:42

T’excuse pas pour ça choupette.
J’finirai bien par trouver un type à refroidir. Tout seul. Comme un grand.
‘Fort pour ça, moi. Refroidir les gens.


Sourire tout en canines et en molaires.

Goguenardise canaille qui se contient mal de rigoler un coup. C’est qu’à ce stade là du discours, la plupart des petits futés ont déjà levé le camp et tiré les voiles loin de la présence du boxeur au noir. Alors il ne peut pas s’empêcher d’en retirer une couche. Pour voir. Expérience, quoi. Faut dire qu’il a une réputation à tenir, si ses jeunes recrues assassines le voient en train de tailler la bavette genre beau gosse mystifié à la jeune femme, c’est son blaz qui va en prendre un sacré coup. Hoooou par l'Etat, il n'imagine même pas quelles têtes tireraient le petit Ernst ou la tchiote Guvyer à le voir discutailler graines de Pamo et juteux de Lespure ! Dans la course à la promiscuité physique Salem s’était fait un sacré nom en ne donnant envie à personne de rester à ses côtés plus que nécessaire.
Sauf exceptions, bien entendu, et le débraillé manouche se demande avec un certain intérêt et une bonne dose de cynisme si la larziza en fera partie.

Ses synapses se mettent en branle et viennent alimenter le système nerveux central de petits chocs électriques. Ahaha ! Exultation mentale ! C’est que ces salauds sont pas si rouillés que ça, finalement, et qu’ils ont enfin décidé de sortir de leur gangue de mutisme pour retrouver les lumières de la scène. Probablement l’effet du sandwich, les glucides, etc.

Trop con que Jérusalem ait justement fait tout son possible pour que ces petits malins de neurones lui foutent la paix, " rien qu’une demi-journée bande de couillons c’est un ordre ", hein ?

On n'avait jamais la paix lorsqu'on faisait partie du métier.

« Elle a été très malade.
Elle ne se souvient pas très bien.
Elle a frôlé la mort. »


Récemment.

Les neurones gonflent, se font des électrochocs communs et se mettent d’un seul coup à clignoter : ROUGH. ROUGH. ROUGH.

Si la gazette de Sécaria et les médias du monde entier se sont mis à délabrer des mensonges si grotesques que la populace est bien obligée de les croire, Salem n’est pas le premier bienheureux venu et avec les cartes qu’il a en main, il relie fissa fissa la mauvaise fièvre de la passante à la prise de la pilule.
(Ouais. Pas trop au point c’te affaire-là quand même. Qui était le con sous acides qui avaient rédigé cette excuse pourrave, déjà ?)

Et puis, hein, les gonz’ Rough, franchement, ça le gonfle. Déjà, les femmes, en général, c’est pas simple-simple, mais alors, Rough avec ça ! Bien sûr c’est fichtrement attirant, parce que les élus touchés par le Rough sont en général aussi indomptables que la magie qui les habite, c’est aussi fichtrement pénible parce qu’on ne sait jamais sur quoi on tombe, pire qu’une fosse commune c’moi qui vous le dis. Celui-ci pouvait très bien être capable de devenir invisible ou de voler dans les airs, alors que celle-là avait le terrible pouvoir de vous faire pousser des boutons d’acné sur la gueule. Vous voyez le tableau ?

Rajoutez-y le fait que Salem déteste la magie. Mais alors, du fond de son cœur cramoisi, serré comme un poing, musculeux, palpitant indubitable aux sentiments pas très moraux mais très affirmés. Ça lui rappelait cette histoire, là, avec la môme…

Ermesynde n’est pas une môme pour sa part. D’ailleurs n’importe quel mâle peut s’en rendre compte et vérifier. Salem lui-même se dévouerait bien pour la cause, c’est quand même la preuve qu’il est ‘d’une nature charitable’, non? D’ailleurs il n’est que vertu et générosité, ouais, exactement. Enfin, n’empêche qu’elle est bien plus jeune que lui et son Klaes intérieur, gardien subconscient de sa retenue et de ce qui reste de son éthique, prend les choses en main en empêchant son conscient de devenir…trop charitable.

Elle a quand même une drôle de manière de parler. Avec une candeur et une pointe d'humour qui adoucit les angles brutaux et les recoins acérés de son esprit.

Le genre de voix comme avait sa sœur, la plus grande. De l’eau. A couler de la roche. Claire. Un baume.

Salem mâchonne distraitement, et son attention se fait pensive alors qu’il fixe un point au-delà des épaules de la jeune femme.

Tu seras pas la seule boiteuse de cette ville.
En tout cas la plus mignonne.


Le regard grisé du manouche retourne vivement à Emersynde. Son dialecte fait office de constatation, de loi inviolable. Ce qu’il dit se coule dans l’évidence et dans la vérité suprême.
Puis les yeux glissent vers le sandwich. Ermesynde. Sandwich. . Ermesynde.
….

Hop !

Le boxeur avachi secoue son apathie corporelle et d’un geste vif, enfourne de force le sandwich dans la bouche de la jeune femme.

A toi d’me dire si c’bon ou pas, conclut-il.

De nouveau une bonne dose juvénilité goguenarde vient éclairer les recoins sombres de son visage mal rasé alors qu'il guette, l'air de rien, la réaction de la jolie malade.


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- Dindon de la Farce Moultipasse -

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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   04.12.10 21:49

Les dents de Salem prennent une nouvelle importance. Brillantes lorsqu'elles s'exhibent sous ses rires, tranchantes lorsqu'elles déchiquètent le casse-dalle, de la ou elle est, Ermesynde a une superbe vue sur la mâchoire de Salem. Une mâchoire qui tient plus de la meule, une puissance à broyer des rocs et des sourcils fournis qui accentuent son coté prédateur. Tout ça à cause d'une simple phrase: il tue des gens.

Elle n'écarquille pas des yeux comme une carpe trop longtemps sortie de l'eau, elle ne fait pas de grands « oh » de clown, elle n'a même pas de mouvement de recul. Juste le temps qui se fige dans son incompréhension.

Les loups existent.

C'est une réalité soudaine à laquelle elle n'était pas préparée; elle qui adore se faufiler dans la salle pour voir le sourire des mangeurs, l'extase des enfants, le ravissement des papilles et les moustaches qui frémissent de plaisir. Elle aime les voir vivre ces autres, et lui il les tue. Qu'il le fasse avec sadisme ou pas n'entre pas en ligne de compte, c'est un paramètre qui ne lui vient même pas à l'idée. Que ce soit par nécessite, obligation ou quelconque autre raison non plus; elle fait bien trop partie de ces enfants gâtés pleins d'optimisme et persuadés qu'il y a toujours une solution de compromis, quelque chose d'autre, de moins violent, de plus hûme. Elle ne comprend même pas comment il arrive à ôter une vie quand elle a du arrêter de visiter les exploitations agricoles pour choisir le bétail après voir pleuré sur deux trois gigots et en avoir sauvé 4 à l'abattoir qui pâturent elle ne sait même pas ou mais en vie.

Elle reste donc immobilisée de longues minutes par ce fait, cet homme qui existe à coté d'elle et dont le mode de vie dépasse sa compréhension. Elle est comme ces papillons qui ne voient pas les vitres et s'y cognent en voulant aller voir de l'autre coté. Non pas qu'elle ignora complètement qu'il existe des meurtriers mais elle savait sans savoir, comme un mythe ou un mauvais film dont on peux douter de l'existence.
Non, lui est la non seulement bien vivant mais surtout juste à coté d'elle.
C'est tellement incongru, impossible qu'elle passe à coté du compliment qui aurait du la faire rougir jusqu'aux oreilles.Difficile par contre de ne pas remarquer le truc qui s'enfonce dans son gosier.

Elle panique d'abord, surprise et manquant d'étouffer, ses ongles entaillent la croute de crasse de Salem, laissant quatre sillons plus clair sur son avant bras. Une fois qu'elle a réussit à déglutir, elle se calme nettement, fixant son attention sur les lèvres du manouche et de sa voix grave qui n'est finalement pas désagréable. La nourriture passe un moment dans sa bouche, l'air expert. Un regard et un soupir pour le bout d'autruche recouvert de la saleté environnante, malmené par les pieds des passants, accompagnent la dernière déglutition.

~ç'aurait été meilleur avec la viande.

Mais ça correspond bien à ce qu'elle attendait. Ce qui soulève une nouvelle interrogation: que peux bien manger Salem habituellement pour qu'une simple collation soulève tant de bonheur? Rien que d'imaginer ça la remplit d'effroi.
Elle ne peux pourtant pas s'empêcher de lui sourire à s'en faire plisser les yeux.

~Je crois que vous devriez prendre une douche.
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   01.01.11 23:22

Blanc.

…qui s’étire.

Les anges ne passent pas en ce type d’occasion. L’expression ne convient pas au silence grave qui s’empare de Salem, au mouvement tendu de sa langue roulant sur ses dents, dont la forme se devine sous la chair irradiée et mal rasée des joues. Il retient de justesse et avec effort l’insulte naturelle qui souhaite dépasser ses lèvres. Automatisme injurieux ravalé de travers et qui se sous-entend dans le silence composé du manouche, de ce genre d’ambiance qui précède soit le fou rire, soit la folle fureur.

Pour le coup, ce ne sera aucun des deux.

Salem dévisage – non, mange – Ermesynde des yeux, fiche ses yeux bleu brumeux dans ceux de la bienheureuse, le faciès en couteau comme figé tant il est inexpressif. Le sourire de la jeune femme, ses yeux qui se plissent, ses jambes qui se balancent dans le caniveau – tout ça participe d’un même tableau qui...l’allèche. Grognement de fond de gorge.

Il se penche minutieusement vers elle.

- Larziza, souffle-t-il dans un son de gorge rauque.

Il l’avale toute entière, des pieds à la tête.

- Si tu m’y accompagnes, j’y vais à l’instant.

Dans sa main apparaît comme par enchantement le juteux de Lespure – quel foutu bouffon ! – et il l’amène jusqu’à sa bouche, le pourlèche dans une obscénité criarde et en arrache une pleine goulée juteuse qui gicle sur sa barbe et sur le visage lisse et clair d’Ermesynde.

- Par contre, faudra ‘achement bien m’récurer derrière les oreilles.

Il mâche, déglutit, passe un bras autour des épaules de la jeune femme pour l’attirer à lui, avec force mais sans brusqueries. Curieusement, Ermesynde sent qu’elle pourrait s’échapper si elle le voulait, que le rapt grossier du clochard n’est qu’une blague…

Ah ! Ce qu’il aimerait bien en faire, de la fille, Rough ou pas, Klaes intérieur ou non !
Qu’est-ce qu’il pourrait en faire !

- T’en veux ? demande-t-il en tendant le juteux, de sa lubricité à peine cachée.
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   12.01.11 23:54

Si Ermesynde était une machine à vapeur, elle fumerait sans doute des oreilles en criant TCHOU TCHOU. Pour l'heure, la rougeur se contente d'envahir son visage tel l'eau montant dans un vase clos. Elle a tout à coup très chaud et elle réagit instinctivement.

~ Oh! Regardez le train part!

Parallèlement, ses glandes sébacées entrent en action, accompagnée du courant rough qui ne la quitte jamais. C'est bien plus insidieux que lors de sa transformation en écureuil, le système n'étant assurément pas le même. Pourtant, petit à petit, l'odeur de la demoiselle change. C'est très léger,imperceptible sans doute à une distance normale mais Salem s'est rapproché. C'est un peu piquant, sans doute dérangeant même.
Le temps s'étire. Le silence entre eux aussi. Ermesynde toute figée dans un sourire gênée qui ne sait pas comment se défaire des bras de Salem.
Il faut dire aussi que Salem n'a rien du prince charmant. Mais il ne lui viendrais pas à l'idée de le sortir de but en blanc au manouche un peu par politesse et beaucoup parce qu'elle ne sait pas comment il le prendrait.
Elle pourrait lui faire le coup du "restons ami", elle pourrait. Mais sont ils amis?
Elle pourrait peut être lui proposer un autre gueuleton plus loin mais a-t-il encore faim?
Finalement, c'est sa main qui la sauve, alors qu'elle effectue une légère manœuvre de repli stratégique pour tenter de mettre un poil de distance avec Salem. Le contact est froid et rond, elle l'identifie immédiatement.
La bouteille de Maltat vieillie en fut pendant 18ans de la vieille Mardra. Le cadeau de fête de son père, son maltat préféré. Un léger pincement au cœur, se promettant d'aller en chercher une autre, elle brandit la bouteille.

~ Vous n'avez pas soif?

Le sourire est toujours la mais bien plus figé, presque une grimace.
Mais elle devrait arriver à se dépêtrer d'un manouche ivre mort. Et il ne pourra pas résister. Les manouches ne résistent jamais à l'alcool.
Un second pincement au cœur: dire qu'à la base c'est justement à ça qu'elle voulait eviter d'en venir...
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   31.01.11 18:26


Larguez les amarres ! Toutes voiles dehors ! La donzelle tente une sortie, cherche à l’esquiver. Pourquoi ça ? Mademoiselle aurait-elle peur de lui ? Salem fronce les sourcils, renifle bruyamment, incline la tête sur le côté. Et c’est quoi, cette odeur ? Et ce visage cramoisi ?

Il lui fout les chocottes.

P’tain. C’toi qui devrait prendre une douche, marmonne-t-il sans aucun souci pour la pudeur de la jeune femme.

Un son guttural s’échappe du ventre du manouche et se transforme en rire alors qu’il lâche, presque jette, la môme. Dans un balancement de jambes, il se retrouve debout, la surplombant de toute sa musculature et de ses dents luisantes. Le jus du juteux de Lespure – qui décidément porte bien son nom – dégouline toujours sur son menton. Ses yeux psychotiques se posent sur la bouteille de Maltat tendue par la citadine, accrochent l’étiquette, et son sourire s’élargit.
Elle a raison de ne pas vouloir rester. Elle a raison d’avoir peur. Salem ne fait aucun bien aux minettes comme elle. C’est elles qui le lui font, pour tout dire.

Ouais. L’train part, mignonne, mais nous, on l’a comme qui dirait raté.

Le fait même que la larziza pense s’en sortir en lui offrant à boire – et pas n’importe quoi, les potos, nope ! Un cul de bouteille à faire bander le poivrot moyen, un petit nom qui évoque irrésistiblement des images de gentlemen se vidant un Maltat-Bourbon en discutaillant politique – ne le froisse même plus. Bien sûr, le geste le titille, lui rappelle la réputation hargneuse d’alcooliques chapardeurs que ses frères et ses sœurs se traînent en même temps que leurs guêtres. Mais Salem ne se sent pas concerné : il n’a jamais touché à une goutte d’alcool de sa vie et ne s’y mettrait pour rien au monde. Ces hommes qui s’écroulent au comptoir et prétendent se noyer sous l’oubli le dégoûtent. Intérieurement, le traqueur sent que, s’il cède une fois à la promesse ambrée d’un verre, il ne pourra plus s’en passer.

Garde cette horreur pour toi. C’pas cachère, ça. Et j’espère bien que c’pas toi qui la siffle, larziza. L'alcool aime les femmes. Il les aide à mûrir. Et à s'ouvrir.

Il s’étire et lâche :

Si on couche pas ensemble, j’vois pas très bien pourquoi on continuerait à tailler la bavette. T’as pas un truc intéressant à dire ?


Et ouais. C’est tout Salem, ça.
Le gitan s’applaudit intérieurement. Si avec ça, elle ne pique pas une crise de nerfs...
Le gitan baisse les épaules, adoptant une de ces vingt-cinq postures négligentes préférées, et qui devrait, selon son expérience passée, provoquer un remous d'ego froissé et vexé sous peu.
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   12.02.11 17:18

La situation change brusquement pour la demoiselle. Salem quitte la proximité en même temps que la bonne humeur. Salem qui se comporte toujours si bizarrement pour un clochard.
Une chose est sure pour Ermesynde, elle l'a vexé.
Est ce de s'être fait repoussé? Qu'elle lui aie proposé à boire? Pas dit les choses franchement?
Elle ne sait pas mais s'étonne grandement, apprenant par la même que même les rebuts de l'humanité peuvent avoir de l'orgueil. A moins que la méprise ne vienne d'elle?
Et si il n'était pas ce qu'il semble?
Toujours assise au sol, elle regarde Salem la bouche ronde. Dans son esprit les hypothèses s'accumulent rapidement.
Espion, héritier déchu, joueur en déveine, tueur a gage,...
Un lueur de curiosité lui susurre que chercher pourrait être fort interessant. Elle sent l'excitation du mystère lui parcourir la colonne vertébrale comme lorsqu'elle cherche et teste une nouvelle recette.
Mais il faudrait coucher avec Salem.
Et puis se lever aussi parce que a force de regarder Salem, elle va finir par avoir un torticolis. C'est un peu laborieux, assez douloureux aussi. Sa hanche luxée ne la porte que trop peu pour ces mouvements et la canne alors remplit plus que son office. Elle se hisse presque le long du pommeau. Elle se hisse jusqu'aux yeux de Salem, grave pour la première fois de leur rencontre. Une vraie aristocrate...

~Ecoutez...
Une pause et un sourire gêné, elle sait même pas comment l'appeler.
C'est bête voyez vous je ne connais même pas votre nom. Je suis désolée...

Pour son ignorance, son refus? elle ne le précise pas.
Mais comme l'a dit Salem, le train est parti. Peut être est il temps pour elle de mettre fin à la parenthèse.
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   14.02.11 21:38


Une paire d’yeux accablés suivent avec intérêt la remontée fastidieuse d’Ermesynde. Pouah ! Quelles guibolles ! Elle va lui faire une syncope ? Lui tomber dans les bras ? Non. Juste une hanche mal au point. Pauvre fille. Dommage pour ses bras, remarque.

Salem n’éprouve aucun remords mais note, avec une pointe d’étonnement, que la môme ne réagit pas plus que ça. Elle le fixe avec de beaux yeux graves, il lui renvoie son regard : celui d’un noyé. Il se mire dans ses jolies mirettes. Il se voit sale, arrogant, mauvais, vicieux. Il se reconnaît. Elle est mignonne, la petiote. Pas méchante, au fond. Ouais, les gens ne sont jamais méchants, au fond, à se demander d’où viennent les types comme lui…
Salem laisse passer un temps. Sa posture avachie le tasse.

Ne le sois pas.

Y a pas de raisons.

C’moi qui te remercie pour la bouffe, larziza. Faudra que tu m’passes l’adresse du restau à l’occas’.

C’est important, les traditions. Fallait les faire vivre, Salem le savait bien, depuis gamin. Et ‘merci’ était la base de toute son éducation. Merci était le nom de la prière que les siens adressaient au Très Haut. Où qu’il soit. Quoi qu’il fasse.
Quelle blague.

Blanc.

Salem n’a pas lâché son nom. Son identité reste secrète. Mais celle de la fille aussi. Pour tout dire, c’est pas cachère. Le manouche aime bien avoir une longueur d’avance. Même deux. Et puis, jusque là, il n’y a pas grand-chose à redire à ses manières. Pas une once d’énervement n’a l’air de la traverser. Salem attend, fouteur de merde qu’il est, qu’elle fonce droit au mur. Mais elle ne le fait pas. Il continue d’attendre.
Il lâche :

Bon, allez, la môme. Tu vas quèque part ? J’veux bien t’aider à rentrer. Tu fais pitié, avec ta béquille.

Il se mire dans ses jolies mirettes et voit un sale type fatigué.
Il lui renvoie son regard sans ciller.
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MessageSujet: Re: Veuillez rendre l'âme   14.03.11 23:37

Elle n'aura pas le temps de lui répondre.

~ Mademoiselle!

Un employé de la gare se dirige à grand pas vers eux.

~ Je viens d'envoyer un commis vous chercher. Nous avons votre...

Son regard s'arrête subitement sur Salem, hésite. Il semble soudainement plus embarrassé, presque nerveux.Il s'etrangle presque.

~hum... colis

~ Le...


~ Oui! Mais nous avons besoin de votre signature.


Il l'interromps presque, sensiblement nerveux.
Est ce la nature du colis? Son prix, sa rareté ou simplement son statut légal?
Est ce Salem et ses regards de tueurs?
Est il tout simplement empressé; impressionné par la demoiselle?
Un peu des trois?

~Oh oui bien sur j'arrive...
Excusez moi!


Un dernier mot et un sourire en guise d'au revoir mais les yeux passent à peine sur Salem. Il vient d'être relégué au paysage par Ermesynde. Papillonnante et volage demoiselle qui suit maintenant l'employé à la casquette comme un enfant à qui l'on aurait promis un sucrerie.
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