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 A la croisée des chemins

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- Aéro-propulsé -

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Signalement : Grosse bête rouge et dodue d'environ 7kg, toupet de la queue et pointe des oreilles bleues, mâchoire de reptile pleine de dents pointues, griffes aiguisées capables d'escalader n'importe quoi y compris votre jambe


MessageSujet: A la croisée des chemins   17.11.10 20:06

=> Des voies.


Chips était heureux.

Il courait le long de la rue, caracolait dans le caniveau, sautillait sur place, slalomait entre les passants de plus en plus nombreux puis revenait sur ses pas en riant, dépassant dans l'autre sens le loup qui l'accompagnait d'un air grincheux. Chips virevoltait autour du taciturne animal et courait une nouvelle fois vers l'avant, en enfant increvable qui effectue deux ou trois fois plus de distance que ses parents qui pourtant suivent le même itinéraire que lui. Il n'était pas fatigué. Il n'en avait pas assez.

Il rentrait à la maison, et c'était tout ce qui importait.

Plus ils approchaient du Downward Bar, plus le reptomarsupial se faisait enjoué et plus il devenait laborieux pour Asphodèle de les garantir des patrouilles militaires encore suspicieuses qui tentaient de faire le tri dans la foule hétérogène d'humes et d'animaux qui commençait à peupler les rues. Chips était régulièrement coupé dans son élan par un rappel hargneux ou un coup de tête qui l'obligeait à plonger derrière une poubelle, et si cela l'avait amusé dans un premier temps de jouer à cache-cache, cela commençait à sérieusement l'agacer: il voulait rentrer, keuwa! Ce n'était pas le moment de jouer - et si lui-même disait cela, vous imaginez à quel point c'était vraiment pas le moment.

Mais comme Chips savait bien au fond de lui que c'était important pour Asphodèle, il obéissait tout de même.

Après d'innombrables alertes et un certain nombre de détours pour éviter les artères les plus encombrées, ils arrivèrent enfin dans la rue du D Bar. Cette fois, Chips n'y tint plus: il se mit à galoper de toute la puissance de ses longues jambes, gagnant dans sa hâte un équilibre et une maîtrise de sa course qui jusqu'à présent lui avaient fait cruellement défaut. Il courut, joyeux et impatient, à peine troublé par l'état délabré de la façade dont il s'approchait, un peu plus embêté par les relents de mort que son instinct animal sentait encore en ces lieux; la mort, c'était normal dans la jungle, pas dans sa maison.

Chips s'arrêta en titubant devant la porte de fortune du bar, essoufflé et titubant. Par un simple réflexe d'enfant enthousiaste qui veut partager sa joie, il se retourna pour sourire à Asphodèle, qui s'était laissé distancer. Et ce faisant, son regard accrocha une petite silhouette, au-delà du loup, guère plus qu'une tache noire sur le trottoir. Le reptomarsupial fronça les sourcils. Puis il ôta ses lunettes de vue. L'étrange forme devint une loutre, et Chips ne put s'empêcher de faire un petit bond de joie, avant de revenir sur ses pas en courant:

"M'dame! M'daaaaame!"

Elle avait tenu sa promesse. Elle allait tout arranger, il le savait. Caleb accepterait de marcher de nouveau. Rodrigue sourirait enfin. Et Afo arrêterait d'être gris.

Alors oui, Chips était heureux. Il ignorait juste qu'en cet instant, il était bien le seul à l'être.
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- Les sensations pures... -

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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   19.11.10 23:07

Ce qu’il faisait froid… !

La cité n’était plus qu’un conglomérat de trottoirs grisâtres, de tuiles et de caniveaux dans lesquelles Talula filait ventre à terre. Son arrogance naturelle n’arrivait plus à redresser cette petite nuque hautaine, à faire plisser ses grands yeux outremer. Son état se résumait à : sale. Epuisée. Coupable.

Oui, coupable. Elle le déclamait haut et fort !

Sous la chitine d’os de son crâne Talula elle-même s’accusait, pointant son doigt de proxénète assurée dans sa propre direction. ‘Coupez-lui la tête !’ ordonnait-elle. ‘Indigne ! Cruelle ! Stupide ! Pas foutue d’aimer correctement : virez-moi ça, Votre Honneur, qu’on en finisse ! Si on la laisse en liberté, je peux vous dire qu’il y aura de la casse !’

Dans ce tribunal mental, l’accusée se redressait, toute pâle et offusquée. ‘A en croire vos accusations, je devrais être condamnée sous prétexte que j’ai un cœur et suis sujette à mes émotions ? Je refuse d’entendre cette plainte ! ’

‘Non, Accusée ; je vous accuse au contraire d’avoir un cœur et des émotions, mais de n’en faire aucun usage productif !’

‘Pardon ?!!!’

‘Prenons plutôt les dossiers de vos nombreuses victimes. Tenez, le cas Mancuso, chez qui vous êtes justement en train de tenter d’entrer par effraction – point important à souligner, Votre Honneur – je disais donc, Mancuso, vous êtes une indécrottable de la victime, vous avez pour ainsi dire passé ces dernières semaines à cracher sur son nom et à salir sa réputation. Pour quel motif, je vous prie ? Son absence prolongée ? Avez-vous jamais songé à le recontacter de vous-même ? Non, bien sûr que non, car la coupable est incapable de s’abaisser à la tâche de se soucier d’autrui avant soi-même ! Et voilà que c’est l’intérêt, oui, l’intérêt personnel qui vous faisait ramper au D-bar aujourd’hui même !’

‘Objection, Votre Honneur, je… !’

‘Quoi ? Qu’allez-vous dire ? Que c’est un cas particulier ? Bah voyons. Prenons le cas Asphodèle, en ce cas !’

‘ Suffit ! Asphodèle lui-même est un sale petit c….’

‘Ahaha ! Voyez, Votre Honneur ! L’Accusée est prise en flagrant délit de Rancœur Sans Fondement ! D’ autant plus que le dossier Asphodèle est le plus juteux de toute votre carrière d’insupportable créature. Vous avez pour le garçon de grands sentiments, hein ? Vous y tenez ?’

‘Je ne vois pas en quoi je devrais répondre à ça. Bien sûr que j’y suis attachée. C’est un de mes employés.’

‘(Soulignons l’euphémisme accordé au lien que vous entretenez avec le dit gigolo.) Et pourtant, il y a peu encore vous l’envoyez droit en enfer sans même un sourcillement.’

‘…’
‘Sans parler du fait que vous l’ayez viré à plusieurs reprises.’
‘….’
‘Vos insultes répétées à son encontre, dans le but avoué haut et fort de le blesser.’
‘….’
‘Ai-je mentionné que vous avez même, Accusée, trahi son affection en marchandant sa biographie derrière son dos, avec justement la précédente victime ? A croire que vous aimez emmerder votre monde.’
‘ ….’
‘ D’ailleurs, j’ai un peu trié votre dossier et étudié les profils de vos victimes. La plupart ont été agressées par vous-même avec Indifférence et Mépris, vos armes préférées depuis ces vingt dernières années. Suffit de voir le cas Ange Sheldon : oubli total de vos responsabilités. D’autres ont subi les affres de votre Courroux, dont un certain Zack, pourtant pacifiste introverti. Parmi les hommes que vous avez aimé, vous avez fait régner la Discorde ; et que pensez de votre Egoïsme perpétuel dans la société ? Quant à votre Misanthropie, vous ne vous êtes jamais privé sous prétexte que vous, vous connaissiez le fond du cœur des hommes. Vous n’avez aucune excuse pour votre sale caractère. Qu’en pense le jury ?’

‘Coupable.’
‘Coupable.’
‘Coupable.’

‘Attendez ! Je…’

‘ Ouiiii ?’

‘ J’ai fait des choses bien dans ma vie. Non ? Je veux dire – mon rôle de passeuse, ma manière de gérer ma maison close…’

‘Pas récemment. Et vu la taille de votre dossier, la cour vous condamne pour non-usage de vos vertus, tempérament inflexible et défauts en pagaille. Veuillez maintenant bien subir la condamnation, j’ai nommé : la solitude et le regret. J’ose espérer que votre expiation commencera par une sérieuse remise en cause de vos actions et un peu plus d’indulgence de votre part. La séance est levée ! ’

Ce qu’il faisait froid…

Oh, Asphodèle. Comme elle s’en voulait ! Elle avait pensé chaque mot qu’elle avait dit. Elle avait voulu le voir partir. Elle avait voulu s’en débarrasser.

Mais voilà, elle l’aimait.
Son employé, le gigolo, le borgne, le Rough, le sale crétin qui avait damné son âme avec une sombre voyante immortelle qui lui avait fait elle ne savait trop quoi, sous ses propres yeux. Cette grande gueule dont elle était pourtant ravie d’entendre l’insolence sauvage. « L’insolence est l’arme des personnes bien nées, Asphodèle », lui disait-elle souvent en refaisant son chignon. « Vérifie ton arbre généalogique, à l’occasion. Tu dois être grand prince. »

Il était un amnésique orphelin. Et parce qu’elle-même ne se souvenait plus que vaguement de sa propre enfance – qu’étaient devenus ses parents si aimants, avant que les maquereaux des rues nevanes ne viennent les remplacer et faire valoir leur droit sur elle ? – Talula avait frayé avec le diable, le grand squale de l’information et du trafic, l’immaculé à qui il suffisait de pointer un doigt sur le grand échiquier du négoce clandestin pour que Sécaria en soit modifiée.
Caleb Mancuso.

Et le destin avait voulu réunir ce triangle de damnés de la première heure.

Oui, elle était ‘indécrottable’ (l’adjectif était parfait) de ce nom qu’elle avait fait sien. Sien, dans le sens où le nom propre était devenu injure quotidienne, argot courant. « Fais pas ta Caleb », disait-elle à ses putes, ce qui veut dire : arrête de mentir.

Et tout le monde qui riait.

Indécrottable. Incurable. Phase terminale de la bêtise affective. Elle était redevenue pucelle pour ce type. Pas effarouchée le moins du monde mais bête comme une putain de pucelle. C'est dire. Car elle n’avait jamais trahi sa promesse d’un soir : ‘languis-toi bien.’ (Ça, c’était de lui, pour le coup.) Oh, oui, elle s’était languie. Elle s’était languie de Caleb comme on se languissait des photographies, des souvenirs, des nostalgies du passé : elle l’avait désiré comme on désire les choses perdues. Avec la ligne distincte : perdue, donc irréalisable. Irréalisable…donc négligeable : avec un peu d’effort…

Oui, de l’effort. Elle était sacrément douée pour faire des efforts, Talula. Elle passait sa vie à en faire. Grande classe. L’athlète de l’effort à négliger les choses ! C’était une bricoleuse perpétuelle, une héroïne sur le champ de bataille qu’était le monde, une vigie de la souffrance et de la misère humesque, une mécanienne de l’auto-destruction soigneusement appliquée à faire péter les rouages de tout ce qu’il pourrait rester de non-souillé dans son être qui n’avait été que le réceptacle de toutes les souillures de Tyr. Il lui semblait que l’univers se vidait de toute sa cruauté sous ses yeux. Depuis sa carrière de pute jusqu’à sa mort, et par-delà sa mort, tous les malheurs de Tyr semblait vouloir la prendre comme épicentre et spectatrice de sa cruauté.

C’est ça : elle était l’épicentre de la misère, l’épicentre fatigué et anesthésié et coupable lui aussi de ne pas être assez fort pour regarder autre chose que la merde. Elle était la spectatrice qui assistait au viol de la pureté. Le monde en voulait à son dernier gramme d’empathie, voilà tout. Et elle, ras-le-bol, qui virait Asphodèle, qui virait tout le monde, qui pensait en finir, qui se condamnait bien seule à perpète dans sa propre petite tête. Quelle idée. Quelle idée ! Elle voulait jouer les finaudes, hein, elle en avait eu pour son compte….
Si le malheur tenait tant à elle, qu’il vienne la prendre, là, tout de suite ! Elle était prête, elle était consentante, pourvu qu’on en finisse pour de bon.

Mais si Dieu il y avait, ce n’est pas le malheur qui lui envoya.
Ce fut sa dernière chance de rédemption.

La dernière pureté, l’ultime lumière avant l’abîme. La vigie implacable qui gardait la joie et l’espoir.

« M’dame ! M’daaaaaame ! »

En d’autres termes : Chips.
Talula sursauta et regarda bêtement derrière son épaule.
A qui s’adressait ce grand échalas maladroit, ce type aux frusques virevoltantes et criardes ?
Lorsqu’elle comprit qu’il s’agissait de Chips – mais n’était-il pas à la maison close, où elle l’avait consignée… ? – et lorsqu’elle assimila la forme du loup comme celle d’Asphodèle – alors Talula sut qu’elle venait d’arriver au D-bar. La tête tellement dans le cul qu’elle ne s’en était pas même rendue compte. Bon sang. Elle avait un sacré paquet de chance d’arriver ici sans se faire repérer…

Chips ! Asphodèle ! Je n'aurai jamais cru que vous puissiez arriver avant moi.

Dingue comme elle s’illumina d’un seul coup. Un cri de gamine, tout droit sorti des tréfonds de son cœur. Un accent clair comme le velours. Pffff ! Ils étaient vivants ! Et indemnes !
Elle était tellement épuisée par sa séance de camouflage Rough qu’elle tituba bêtement, arrachant un sourire à sa mâchoire animale.

Chips ! répéta-t-elle. Porte-moi, s’il te plaît…

Puis son regard se porta derrière l’hume et le loup.
Sur un mur délabré, défoncé, barricadé, brûlé.
Brûlé.
Elle capta l’odeur aigrelette de la mort.
Et alors, Talula sut : rien ne s’arrangerait. Elle n’arrangerait rien.
Il n’y avait peut être rien à arranger.

Chips !

Cette fois-ci, c’était comme si on avait voulu étrangler ses mots dans sa gorge.

La fatigue nerveuse, expliquerait-elle plus tard avec un sourire gêné (gênée, elle ? La putain ? ben tiens…)

Chips !

Mais en réalité, ce n’était pas Chips qu’elle appelait ; c’était le souvenir d’un hume souriant jouant avec un vieux briquet soi-disant porte-bonheur.
Talula était une femme d’ambre et de cuivre. Elle ne ressentait pas la douleur. Elle ne la craignait pas.
Mais qu’une de ses filles se coupent le doigt en épluchant des patates, et elle se faisait infirmière inquiète et anxieuse.
Alors, un bâtiment d’où s’échappait de façon si évidente l’odeur de la mort et du brûlé…

Chips : il a gardé le Kwi brille, hein ? Dis moi qu’il a gardé ce putain de Kwi brille !
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- Rayon X-tra lucide - Charbre Carnivore.

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Signalement : Hûme d'un peu moins de 20 ans, 182cm, musculature sèche, plutôt maigre. Peau hâlée, tignasse brune, cicatrices en bandeau, oeil gauche laiteux et borgne, oeil droit d'un bleu profond mais inexpressif. Piercings à l'oreille. D'autres cicatrices de part et d'autres.


MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   20.11.10 8:59

=> Des voies.


Bien loin des délires mystico-dramatiques de la Maquerelle, le loup aux aguets tentait vainement d'apaiser les battements de son cœur.
C'était sans doute la piste la plus périlleuse qu'il ait jamais emprunté. Plus terrible encore que la traque des Extra-tyrestres recherchés. Plus terrible encore que... Non, faut pas exagérer non plus.

Ceux qu'ils avaient croisés, c'était ceux-là qui l'inquiétaient le plus. A son habitude, Chips s'était montré des plus insouciant au point que le canidé lui sauta parfois littéralement dessus pour le dissimuler aux patrouilles suspicieuses.

Il n'aimait pas ce qu'il ressentait. Ces soit-disant "officiers de l'État" étaient beaucoup trop organisés, beaucoup trop 'régentés' par une hiérarchie scrupuleuse.
Oh bien sûr, il y avait aussi des équipes réelles de volontaires à aider au rabattement. De simples civiles ou fonctionnaires zélés dont l'animorphe leur conférait une certaine utilité.

Mais les leaders étaient généralement toujours de ces hûmes autoritaire et sans doute. De ces hûmes habitués à déguiser leurs véritables personnalités mais qui ne pourront jamais grimer la véritable essence qu'Asphodèle percevait.

L'aveugle avait entendu et perçu beaucoup trop de choses déstabilisantes et certaines rumeurs qui se propagèrent bien avant que Chips ne puisse s'en rendre compte, à sa truffe de limier.

Une odeur de brûlé (l'odeur du sang étant répandue dans à peu près toute la ville), une odeur de mort, de calciné.
Une odeur d'explosion, porté par l'air d'une effroyable mélopée.

Le jeune hûme n'avait strictement aucune attache pour le Downward bar et son personnels (si ce n'est des inimitiés) mais il n'avait pas vraiment envie de se retrouver avec un Énième fardeau dans les pattes si l'actuel propriétaire de l'humemorphé était mort (car il le savait déjà, Chips le suivrait - encore qu'il ignore la raison de cette affection et confiance inattendue).

Sa colère s'était bien vite affadie face à la méfiance, aussi était-il complètement calme quand la présence de Talula se fit sentir.
Il prit soin de revêtir un masque d'indifférence lasse avant qu'elle ne survienne réellement mais ne pu retenir une remarque narquoise qui irait probablement calmer certains de ses tourments:

* Ton ami est vivant.
Son barman et videur le sont aussi*
, dit-il en grimaçant, la gueule béante.


Aucun mur, aucun obstacle n'aurait pu empêcher l'aveugle de sentir les auras de chacun. A partir du moment où il les avait déjà croisé, il était en mesure de les reconnaître. Et pour son plus grand malheur, il avait déjà rencontré les principaux protagonistes.

La fausse légèreté de Talula ne le trompait pas. Elle avait beau tenté de sauver les apparences, elle ne pouvait pas non plus bloquer tous ses sens. Il n'arrivait pas à comprendre ce qui l'unissait à l'indic' malgré tous les risques que cela comportait. Et encore une fois, il n'aimait vraiment pas ça.

Le loup se plaça soudainement entre eux et l'entrée à quelques mètres, freinant toutes impulsivités d'un air méchant :

* Faut qu'j'vous prévienne.*

Parce qu'il n'avait pas envie de gérer une crise à l'intérieur, qu'il ignorait si les blessures et handicaps avaient été causées avant ou après...

* Ils ont tous morflés.*

Une légère pause, un peu d'hésitation. Bon sang, c'est pas comme s'il s'y intéressait vraiment !

* Mancuso... Mmmh... est réellement... déglingué.*

Pour se hâter de confirmer vivement :

* Mais il survivra.*

(Ce qu'il ne voulait surtout pas, c'est un Chips incontrôlable en pleurs, cela aurait été si pénible qu'il aurait probablement pensé ensuite à l'euthanasie)

* Par contre, j'suis pas sûr pour son barman (ce qui n'est pas une mauvaise chose)*, se retint-il de préciser.

* Et ils sont tous sur les crocs, alors on va éviter de se faire buter (surtout après tout ce que j'ai du subir sans rien y avoir à gagner)*


Et le loup - pas discret pour un sou- se mit à hurler d'abord mentalement, puis suivi d'un son guturral typique - ce qui ressemblait à une complainte laconique et se traduisait en pensée par :

* MANCUSO SORS TON PUTAIN DE CUL ATROPHIE DE TON CLAPIER *

Oui, bon. Il y avait sûrement des annonces plus diplomatiques, voir moins dangereuse.
Mais Asphodèle ne connaissait que celle-là.

Et si l'insolence était d'un domaine royal, il n'avait jamais appris les nobles convenances.
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   28.11.10 21:06

Chips avait eu droit à quelques secondes de bonheur supplémentaires lorsque la Dame à Crocs avait demandé à ce qu'il la prît dans ses bras. Il s'était exécuté avec un glapissement ravi, très fier de pouvoir montrer à la maquerelle les résultats de son entraînement avec Miky Joli Chat.

Puis Talula avait vu le D Bar. Et plus que son cri, c'était l'inquiétude acide qui avait filtré à travers ses illusions roughs qui avait effacé le sourire du reptomarsupial.

"M'dame?"

Il croisa le regard du petit animal, ce regard qu'il avait toujours connu d'un profond bleu marine. La maquerelle eut une unique question, rapide, maculée d'une appréhension à l'arrière-goût de regret. Une question qui n'avait pas de sens et qui pourtant fit passer une étincelle dans les prunelles vert et or de Chips. Peut-être qu'il avait compris de qui elle parlait, qu'il savait à quel kwi brille elle faisait référence. Peut-être que c'était plutôt sa sensibilité animale qui lui dictait quoi répondre. Quoiqu'il en fût, il sut qu'il lui fallait hocher la tête. Une fois. Avec tout l'immense sérieux qu'il pouvait parfois rassembler.

"Kwi sûr. L'a gardé."

Et comme s'il avait dit tout ce qu'il y avait à dire, Chips prit la direction de l'entrée du bar d'un pas si décidé qu'il faillit trébucher par-dessus le loup qui s'était soudainement interposé. Le faux hume émit un "kwiii" plaintif, déjà prêt à contourner cet obstacle impromptu qui osait se mettre entre lui et sa maison. Asphodèle le fusilla du regard. Chips s'immobilisa; il n'avait cure de l'air méchant que le loup se donnait, mais il restait sensible à la demande muette de cet oeil clair, celui qui proclamait que c'était important. Celui qui restait fixé sur Talula.

* Faut qu'j'vous prévienne.*

Il prévint. Et son avertissement ne plut pas à Chips. Trop de mots inconnus, dont on ne devinait le sens qu'à l'intonation d'Asphodèle. Trop de prudentes hésitations. Et beaucoup trop de crispation dans le corps menu que le reptomarsupial tenait contre son torse. Il resserra insensiblement sa prise sur la maquerelle, rassurant. Comme s'il n'était pas troublé par la fausse note qui se glissait déjà dans ses propres perceptions: quelque chose était différent chez Caleb et José, il le savait sans même avoir besoin de passer la porte du bar. Et pourquoi ne devinait-il que si peu la présence de Rodrigue?...

Le loup se détourna pour hurler son appel. Chips secoua la tête d'un air désapprobateur (désapprobateur de quoi, telle était la vaste question), contourna l'animal et pénétra dans le Downward aussi solennellement qu'il pouvait le faire en marchant sur ses jambes trop longues et en abritant une loutre sous un revers de son manteau rouge vif. Et José se matérialisa sur sa route, pectoraux à hauteur de son nez.

"C'est vous qui Foutez le Bordel?"

On sentait bien les majuscules dans le ton du videur, décidé à châtier ce qui était visiblement l'un de ses Sept Péchés Capitaux personnels. Chips leva la tête pour croiser le regard de la ghoule. Très sérieusement, il proclama:

"José."

Puis il sourit. Le videur cilla, une ombre de compréhension passa dans ses yeux voilés par le SAINT.

Alors une autre voix, rendue râpeuse par la toux, se fit entendre dans le bar.
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   28.11.10 21:17

"Tu sais que je commence à en avoir sérieusement ma claque de tes conneries, Pimprenelle?!"

Caleb apparut derrière les étagères à présent vides qui jouxtaient la colonne de refroidissement du Gerety et s'arrêta à l'angle que formait le comptoir, en bras de chemise, l'air aussi furieux qu'exténué. Aussitôt il sentit les regards se tourner vers lui, ces regards autrefois séduits et impressionnés qui le contemplaient dorénavant avec une curiosité malsaine, teintée de gêne et de pitié. Cela le brula comme de l'acide. Il parvint à n'en laisser rien paraître.

Ses yeux encore troublés par sa dernière quinte de toux se posèrent sur le grand échalas roux qui faisait face à José, notèrent à peine la petite forme sombre qu'il portait. Puis ils glissèrent vers le canidé pelé qui venait d'entrer dans le D Bar d'un pas traînant. Caleb rencontra ses prunelles aveugles et sauvages. Il reconnut Asphodèle avec une telle certitude que c'en était presque effrayant.

Le même. C'était le même que ce matin-là, des siècles auparavant, sur les quais du métro. Jeune. Chieur. Sans espoir. Et prêt à mordre. Le genre de branleur pour lequel Caleb aurait presque pu éprouver de la sympathie, au final, si seulement il lui avait évoqué autre chose qu'une grande femme installée jambes croisées dans son canapé, cigarette à la main, en train de sourire aux facéties de Chips. Pour cette raison encore plus qu'à cause de tous les ennuis que le garçon lui avait rapportés pour l'instant, Caleb n'avait aucune, mais alors aucune envie de le voir ce jour-là.

"Ben alors ptit con, je te savais pas du genre clébard. Tu schlingues encore plus que quand..."

"Caleb!"

Interrompu net, comme par une claque. Quelque chose en lui comprit instantanément, mais cela paraissait trop fou pour que sa raison l'acceptât. Lentement, son regard revint se poser sur le jeune hume qui se tenait près de José. Guère plus qu'un gamin, en fin de compte, un de ces adolescents un peu androgynes qui ont grandi trop vite et se retrouvent avec un corps immense et des membres trop longs sans perdre leurs traits de petit garçon. Caleb s'attarda un instant sur ses vêtements bariolés. Sa chevelure, extravagante, tellement rousse qu'elle en était rouge. Son sourire radieux, ses yeux pétillants.

Non. Impossible. Tout simplement impossible.

Le gamin se baissa pour déposer délicatement son chargement à terre, chargement qui s'avéra être l'une de ces bestioles que Caleb qualifiait indifféremment de martre, marmotte ou loutre. Elle n'avait rien dit. Elle se contentait de le regarder, avec une intensité qui mit le Techie très mal à l'aise. Mais contrairement à ce qu'il s'était produit avec Asphodèle, Caleb ne la reconnut pas. Il était trop loin pour voir correctement ses yeux, trop absorbé par la présence du jeune hume qui l'accompagnait. Trop convaincu qu'il ne reverrait jamais Talula.

Soudain l'hume se précipita vers lui. Caleb sursauta, son bras droit partit en avant et avant même qu'il eût pu réaliser ce qu'il faisait le couteau qu'il dissimulait toujours dans sa manche se retrouva dans sa paume. Un agresseur ordinaire se serait empalé sur l'arme. L'inconnu s'immobilisa tout aussi brusquement qu'il s'était élancé, à dix centimètres de la lame pointée vers sa gorge. Il contempla le couteau d'un air surpris:

"Kwi?"

Pour la première fois, Caleb fut heureux d'être assis.

Pâleur. Chaleur. Une joie tellement inouïe, tellement étourdissante qu'elle en paraissait invraisemblable. Le doute, tenace, qui s'accrochait à la conscience avec ses lambeaux de deuil pour mieux être balayé par un sourire, par un regard de ces yeux d'opale. Le bras droit de Caleb retomba mollement sur son accoudoir. Il lâcha son arme. Et le faux hume émit un cri de joie avant de se jeter sur le Techie avec une telle énergie qu'il faillit renverser son fauteuil en cherchant à se pelotonner dans ses bras.

L'image même de la stupéfaction, Caleb contemplait sans pouvoir parler l'étrange créature qui se recroquevillait sur ses genoux, les mains solidement agrippées à son gilet, le visage enfoui au creux de son épaule. Il leva les yeux vers José, comme pour lui demander de l'aide. La ghoule hocha la tête, aussi sobre qu'à l'accoutumée.

"C'est Chips, Boss."

Caleb inspira difficilement. Il s'empara précautionneusement de la tête du gamin qui se cramponnait à lui et l'obligea à se redresser assez pour le regarder en face. Le visage juvénile lui sourit et le Techie parvint enfin à lui retourner son expression joyeuse, même si lui donnait plutôt l'impression qu'il allait fondre en larmes:

"Oui. Oui, c'est Chips."

"Kwi! Caleb! Caleeeeb! Cal... urgh!" @.@

Une fois n'est pas coutume, c'était le trafiquant qui venait de couper la parole à son reptomarsupial en le serrant contre lui assez fort pour l'étrangler. Chips ne songea cependant pas à se plaindre et il se contenta de rendre à Caleb son étreinte tremblante, trop heureux de retrouver enfin un Hume Copain avec des pattes assez grandes pour lui faire un vrai Gros Crâlin.

"Oh mon grand, tu m'as foutu une de ces trouilles... Je croyais... Mais où..."

Une nouvelle quinte de toux lui coupa la parole et Chips eut un mouvement de recul. Caleb eut le temps de noter son expression dégoûtée avant que sa gorge au supplice ne l'obligeât à fermer les yeux: quelle merde... Il ne pouvait même pas goûter tranquillement à cet instant, non? Il ne pouvait....

Une main se posa sur sa poitrine et la toux s'arrêta. Instantanément. Si ses bronches n'avaient pas été en train de brûler, Caleb aurait juré avoir rêvé.

Il rouvrit les yeux. Chips l'observait d'un air critique, sourcils froncés.

"Mauvais rough. Pas bien. Pas bon. Chips aide."

Le Techie le contempla un long moment. Il baissa les yeux vers sa poitrine, puis son regard se perdit dans le vide, songeur. Finalement, il revint au reptomarsupial pour poser une main sur sa joue glabre et murmurer:

"C'est bien, c'est très bien. Va aider Rodrigue, mon grand. Il est dans la réserve. Allez, vas-y."


Chips hocha vivement la tête, trahissant par un grand sourire son délice de se voir confier une missiooooon (gloria alléluia ça faisait longtemps). Il se releva maladroitement, fit un signe de la main à ses deux accompagnateurs (qui allaient forcément rester un moment, donc il pourrait leur faire des crâlins de merci et d'au revoir plus tard, kwi sûr) et se faufila derrière le comptoir pour gagner le dortoir de fortune. Caleb le suivit du regard, avec la crainte aussi stupide que terrible de le voir disparaître aussitôt qu'il aurait tourné la tête.

Mais non. Chips était vivant. Chips était rentré vivant.

Le Techie expira à fond et se passa les mains sur le visage pour tenter de se reprendre: pendant quelques minutes, il avait complètement oublié le bar et l'existence de tous ceux qui l'entouraient, et le retour à la réalité était pénible - il n'était déjà pas dans ses habitudes d'exposer autant de sentiments au tout venant, alors à Asphodèle...

Il prit le temps de rajuster sa coiffure et sa tenue, toutes deux mises à mal par l'enthousiasme de Chips. D'un geste qui se voulait tout aussi machinal, il remit sur le marchepied de son fauteuil celle de ses jambes qui n'y reposait plus. Ensuite seulement il releva la tête vers Asphodèle, le regard minéral, comme pour le mettre au défi de lui faire la moindre remarque.

Hésitation. Puis très bas, presque à contrecoeur:

"Je suppose que je dois te dire merci de l'avoir ramené."

Silence. Un regard pour l'autre animal, cette petite créature d'apparence inoffensive qui pourtant le troublait au plus haut point: qu'est-ce qui clochait chez cette bestiole? Quelque chose, assurément, mais quoi?

"... Qu'est-ce que vous voulez?"

Sous-entendu, "en échange", bien sûr: depuis quand Asphodèle et ses acolytes faisaient-ils dans la charité?


Dernière édition par Caleb Mancuso le 07.09.16 19:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   05.12.10 20:03

• Bravo, mon grand, t’avais encore raison…!* fit-elle, dégoulinante de sarcasme, à l’attention d’Asphodèle.

Diablement raison, ça, oui, rajouta-t-elle pour elle-même.

Les capacités de l’adolescent l’avaient toujours surprise, quoiqu’elle n’en montrât rien. Mais elle le trouvait de plus en plus…affûté. Etait-ce son expérience avec l’Oracle qui l’avait ainsi aiguisé ? Avait-il toujours bénéficié de cette clairvoyance rôdée et perspicace ? Que pouvait-il percevoir d’elle-même ? Elle considéra le loup d’un coup d’œil en biais. Curieusement, la maquerelle retrouvait de l’aplomb aux côtés d’Asphodèle ; son agressivité ravivait sa propre combativité et son assurance immuable. Parce qu’il était impensable, n’est-ce pas, que l’un comme l’autre se laisse aller à une écœurante faiblesse alors qu’ils avaient du pain sur la planche ? Oh, oui. En guerre contre le monde, et contre eux-mêmes. Un moment, Talula voulut sourire, de ce sourire carnassier et moqueur qu’elle affectait tant. Ce qui aurait été possible,…si seulement elle n’était pas transposée dans un corps de loutre.

Puteborgne.

Son regard revint sans accros balayer le corps brisé de Caleb. Elle aurait aimé pouvoir se dispenser de ce dégoûtant voyeurisme qu’elle devinait blessant, mais quelque en elle l’en empêchait : elle n’arrivait tout bonnement pas à y croire. Elle dévorait du regard cet hume qui n’était plus que sa propre épave, l’ombre raturée de lui-même, et, lorsqu’enfin elle se fût assez abreuvée de l’image, lorsqu’enfin elle intégra à quel point la situation était réelle – Caleb ! En chaise roulante ! - alors, son regard dévia sans tressaillir vers le visage tiré de l’indic.
A la recherche de ces yeux félins et rusés qui l’avaient séduit.
Dont le lustre avait été remplacé par un tain morose et minéral.

Putentraille.

Le départ de Chips provoqua un froid dans la salle. Elle suivit avec une attention particulière les mouvements de l’hume qui réajustait sa tenue, comme si, d’un coup, il allait se relever, s’exclamer : ‘C’est une blague ! Un peu de recaf mes amis ? Tiens au fait, j’ai découvert le truc pour redevenir hume, ça vous intéresse chers compagnons ?’ mais, il fallait bien s’en convaincre, ce ne serait pas le cas.
La maquerelle ressentit une vive pointe de colère.
Elle n’avait aucune idée de qui était ce ‘Rodrigue’ (bien que ce nom éveillât en elle une vague réminiscence, l’impression vague et curieuse d’une silhouette derrière un bar…) mais elle maudit résolument toute sa généalogie jusqu’à au moins son arrière grand-père par son cousin germain, histoire de se défouler. Merde ! Elle avait besoin de Chips ici ! Pas dans une réserve avec un abruti d’inconnu !
Chips aurait pu faire quelque chose, elle en était sûre !
Et puis...c'était lui qui était à l'origine de tout ça !
C'était sa faute !
Il avait fait exprès !...

Elle re-maudit une nouvelle fois ce pauvre Rodrigue pour la forme et se força au calme. Elle savait ses pensées futiles et infondées, il fallait mieux passer à autre chose.

• Pimprenelle et moi…*

Fit-elle finalement, prenant les devant d’un ton calme et sûr.

*…on veut…*

Les renseignements.
Les renseignements.
On est venu pour ces putains de renseignements, Tal’, rappelle-toi, ma belle…

*…on veut…*

Troublée, la pensée de la maquerelle s’échoua sur la grande rive des non-dits.
Elle a trouvé les yeux de fauve de l’hume et n’y a pas vu grand-chose. Même pas de la reconnaissance.
Merde.
Caleb !
En chaise roulante !
Hume !
Mais qu’est-ce qui clochait ?!
L’animal agita vainement ses moustaches, à la recherche de ses mots. Elle ne parvenait pas à détacher ses yeux de l’hume, comme magnétisé par cet improbable centre de gravité.
Enfin, faisant un pas ridicule vers lui, et s’écriant brusquement :

*…merde, Caleb, mais qu’est-ce qui s’est passé ?!*

Tout aussi soudainement, elle reprit, l’air à nouveau calme :

• Non. Laisse tomber. Dis nous d’abord comment ça se fait que tu sois hume, qu’on continue cette discussion dans des conditions plus favorables.

On a pas mal de choses à se dire.*

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Signalement : Hûme d'un peu moins de 20 ans, 182cm, musculature sèche, plutôt maigre. Peau hâlée, tignasse brune, cicatrices en bandeau, oeil gauche laiteux et borgne, oeil droit d'un bleu profond mais inexpressif. Piercings à l'oreille. D'autres cicatrices de part et d'autres.


MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   09.12.10 17:41

Le loup renifla méprisant - on aurait presque pu deviner l'adolescent qui s'apprêtait à cracher ce gros molard désapprobateur par terre - ouvrant largement la gueule, laissant deviner l'étrangeté d'un sourire à crocs. Nul besoin de s'attarder sur les nuances rosées et cet or pailleté qui entouraient les deux compères. Ses oreilles suffisaient à lui décrire une scène qu'il vomirait volontiers. Pas besoin de parler pour comprendre. Hûme, l'aveugle avait toujours brillamment réussi à faire suinter son dédain. Sous forme animale, son expressivité devenait encore plus flagrante.

*T'vas m'faire chialer, Bouhouhouhou* ricana-t-il, comme pour confirmer 'Eh non, tu t'es pas planté : je me fous outrageusement de ta gueule.' Au cas où perdurerait le moindre doute.

Puis il inclina légèrement sa tête impérieuse vers le petit animal, ne s'adressant qu'à lui, narquoisement :

*Des fois, j'dis même du vrai.*

Il ne releva pas le sobriquet, le relever n'aurait fait qu'encourager l'hûme tuméfié à sauver un peu de sa superbe en salissant celle d'un autre. Mais pour Asphodèle, cette épave n'aurait jamais été en mesure de le toucher.
Il renifla de nouveau, mécontent.

Parce que le gars du métro avait été plus intéressant. Le gars du métro s'était extirpé de lui-même -et il ne parlait pas de Caleb le Techie - mais de sa rage, de cette énergie qui en était sortie; qui l’avait surpris bien plus que sa magie.
Il ne restait là qu'un grand vide, qu'une sauvegarde minée et grise, s'assombrissant de plus en plus. Ses babines de loup se mirent à frémir.

ça ne lui plaisait pas non plus sa réaction à elle.
Non, vraiment pas.

Ses paupières se closent :

* Même déguisée, la pitié chlingue d'avantage que la reine des putains* (cette remarque aussi, n'était adressée qu'à la maquerelle)

Et son œil unique vint se planter dans le regard ambre du marchand d'arme:

*C'qu'il est chou, "Papa-Caleb"* - Singeant le prénom d'un ton mièvre, car les nuances de ce dernier avait soudainement pris l'éclat de la tourmente, au moment où Talula avait pris la parole.

* *On a l'impression qu'il s'cherche une 'Maman'. Ooooh merde, j'ai pas d'violon. Mais si j'gueule, ça fera trémolo*

AHOUUUUUUUU !



Il se dirigeait déjà à la poursuite de Chips, préférant s'éclipser (et pourquoi pas tenter d'empêcher le repto-marsupial de soulager le barman) que d'assister au sirupeux... Ou à la pitié.


=> Vers la réserve.


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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Re: A la croisée des chemins   30.12.10 19:17

S'ils s'étaient trouvés tous les deux seuls, Caleb n'aurait pas permis à Asphodèle de gagner la réserve. Il lui aurait coupé la route d'un bref élan de son fauteuil roulant, ou lui aurait taquiné les jarrets d'une balle de révolver bien placée. Pour l'empêcher d'approcher Rodrigue, Chips et les dernières réserves de pilules. Pour le punir de ses railleries, se venger du gros sel que le jeune vagabond s'était plu à jeter sur les plaies à vif de son interlocuteur encore confus d'avoir exposé tant de sentiments en public. Il y aurait eu d'autres insultes, une bagarre peut-être, et Caleb aurait dégusté chaque coup avec le masochisme du moribond qui jouit qu'on puisse le maltraiter comme s'il était encore pleinement vivant.

Mais il y avait un troisième témoin, n'est-ce pas? Quelqu'un qui rendait Asphodèle négligeable. Un regard qui faisait plus mal que n'importe quel autre, dissimulé derrière l'improbabilité de sa présence et le faciès inexpressif d'un petit mammifère. Caleb sentait le poids de sa surprise et de sa consternation, le subtil malaise suscité par sa trop grande familiarité. Et pourtant, il n'osa pas comprendre de qui il s'agissait avant d'entendre l'inconnue l'interpeler d'un cri.

"Talula..."

Pas de panique dans ce constat. Pas d'horreur, pas de détresse. Rien que ce même désespoir abrasif qui avait transformé les paroles de Rodrigue en remarques atones.

Non, on n'a rien à se dire. Je ne veux pas te parler. Je ne peux pas. Je ne peux pas!

Caleb passa une main aux doigts tremblants sur son visage humide de sueur, harponné par la vision démente de ce petit être posté au pied de son fauteuil. Non, ce n'était pas possible. Autant il croyait volontiers au loup pelé que lui avait présenté Asphodèle, au renard dans lequel s'était incarné son barman ou même au gigantesque auroch qu'était devenu José, autant il lui paraissait inconcevable que cette chose fût Talula. Enfin quoi, Talula. Son sourire d'acier, sa voix aux accents mordants. Ses cuisses d'ambre. Ses quelques murmures, sur l'amour et la confiance. Ses yeux de lait et leurs fugitifs éclairs bleus.

Ses yeux.

Ces yeux.

Non. Si?...

Une réflexion, comme cela, pour rien: "qu'est-ce qui s'est passé"... Il la connaissait bien cette question, aussi bien que tous les autres souvenirs douceâtres qu'il avait ressassés au cours du dernier mois. C'était la première chose qu'il lui avait dite, ce jour où il l'avait rencontrée dans son escalier. Elle avait une cacahouète coincée dans son corsage et un Chips comateux dans les bras.

Une loutre.

Papa-Caleb et Maman-Talula. Ahoooouuuu...

Oh, pitié...

Le Techie laissa échapper un rire nerveux, qui lui laissa la très désagréable impression qu'un gros paquet de verre pilé était resté coincé dans sa gorge; oui, à croire qu'ils ne pouvaient pas se croiser autrement que dans des circonstances ridicules. Mais ce n'était pas si mal, tout compte fait, que la situation fût un peu irréelle. En cet instant, c'était la seule chose qui empêchait Caleb de se rendre compte à quel point il avait envie de mourir.

Talula. On n'allait vraiment rien lui épargner, hein?

... Qu'est-ce que c'était l'autre question, de nouveau?

"Pourquoi je suis... ? Ah oui, c'est vrai."


Son regard éteint se porta machinalement vers la porte de la réserve.

""On" nous a procuré une cargaison de pilules miracles soustraite à l'attention de notre bon gouvernement. Sacrément efficace, comme remède, tellement que..."

Talula n'attendit pas la fin de sa phrase pour prendre la même direction qu'Asphodèle. Caleb la regarda passer, interloqué. Puis son cerveau tuméfié accepta de se remettre à fonctionner pour lui fournir un constat des plus alarmants: "parler dans de meilleures conditions"? Elle voulait...

"NON! Attends!"

La pilule est mortelle pour les roughs. Il aurait suffit de le crier pour interrompre la maquerelle dans son élan.

Mais Caleb hésita. Parce qu'il était entouré de potentiels acheteurs de cette satanée pilule. S'il claironnait haut et fort qu'il vendait une marchandise potentiellement mortelle, et pire, qu'il le savait, ce n'était pas seulement son entreprise qui était fini, c'était sa vie.

Cela ne dura que deux secondes, le temps pour lui de réaliser qu'il cédait à un réflexe d'égoïsme pur, qu'il cherchait à préserver ce qui n'existait déjà plus, au mépris de la vie de quelqu'un d'autre - non, au mépris de la vie de Talula. Belle preuve d'amour. Bravo Caleb, carton plein.

Puis, jurant, le Techie fit pivoter son fauteuil pour se précipiter à la suite de la vampire aussi vite qu'il en était capable.
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