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 Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo

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- La Lune Rouge un mouvement tolérant et sympa !

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Signalement : Humein (Ancien sapin de la Grande Réunification)


MessageSujet: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   26.11.10 8:56

La salle de sport de la mairie....

Depuis qu'il avait quitté sa forme de scarabée pour retrouver forme humaine, le maire ne s'était jamais senti aussi bien. Il se sentait pleinement revivre. Comme si ce passage sous les trait d'un coléoptère géant avait été le prélude au réveil d'un long sommeil... Et à bien y réfléchir c'était peut-être vraiment le cas. Jamais on ne l'avait vu à la mairie s'occuper de dossier aussi vite et avec un tel brio. Il était également plus aimable avec les gens, même si il semblait toujours faire usage de corruption et de vice pour faire fonctionner les affaire de la ville...

Une fois n'était pas coutume, monsieur le maire avait décidé de faire du sport pour renouer avec l'énergie ardente de sa jeunesse passée. Il avait quitté le smoking pour une tenue plus légère, même si il ne déparait pas d'un certain style. Avez-vous déjà vu un homme dans une tenue de sport avec un haut-de-forme sur la tète ? L'effet serait sans nul doute cocasse, non ? Eh bien ne décevez en rien l'image mentale qui se forme dans votre esprit, troquant smoking contre jogging, notre bon quasi-élu municipal était vêtu de cette manière. Ce n'était ni une faute de gout, ni un toc, ni même une habitude monomaniaque, mais simplement qu'il estimait qu'on ne pouvait s'entrainer à un sport de gentleman sans en posséder les attributs essentiels.

Mais quel était donc ce 'sport' que ce lourdeau de maire pouvait bien essayer de pratiquer ? Saisissant sa canne par le pommeau, notre corpulent politicien eut tot fait de vous répondre !

- "Ne manque dans les yeux l'éclat de la noblesse ! Je vous vois là debout, comme lévriers en laisse : Tendus vers le départ. Le gibier se prépare..."

CLIC !

Fit le discret mécanisme de verrou, alors que le maire l'actionnait de son doigt.

- "Suivez donc votre ardeur et quand vous chargerez Criez : "Dieu soit avec Jean, Sécaria et le Saint État" ! "

Le bois de la canne tomba sur le sol de pierre avec un écho qui surpassa la petite provocation théâtrale de Jean. Les lois de la gravité découvrirent la lame qui se dissimulait sous la canne dont il était coutume de croire qu'elle servait au maire pour se déplacer. Il passa la poignée de sa main gauche à sa main droite, puis derrière son dos dans un étrange mouvement de moulinet combiné à une rotation artistique pour qu'elle se retrouve à nouveau dans la main de départ... A peine eut-il affermit sa prise sur la garde qu'il se mit en garde face à son adversaire imaginaire, le pied correspondant à la main qui tenait la lame légèrement en avant avec la pointe dirigé vers l'adversaire. Le buste face à l'adversaire imaginaire impliquait que l'autre bien fusse légèrement décalé et tourné vers l'extérieur. Quelle diablerie qu'il n'y ait personne en face. Il n'avait trouvé personne parmi ses employés ou ses collaborateurs pour venir avec lui en ces lieux s'amuser à échanger quelques passes. Le maire n'avait pas beaucoup d'amis : Tous avaient décliné l'invitation de peur de se faire vraiment tuer en combat singulier à l'ombre du moindre regard... Il était bien plus facile d'aller voir l'élu dans son bureau où il avait moins la place de dégainer. Qu'à cela ne tienne, son enthousiasme demeurerait aussi tranchant que sa lame !

Première parade. Choix de l'octave. Pas chassé. Combinaison inhabituelle : schéma irimi-tenkan. Pivot. Estocade. Félicitations ! Vous avez tué votre adversaire.
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-gros pas chat mais dindon non fumeur -

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Signalement : Hume Evolus, Il a un certain style, cultivé. Presque sympathique. Généralement en chemise, voir même cravate et gilet. Un faciès des gens de l'Ouest, sans le teint. Ni l'accent.Plutot brun, les yeux noirs, une barbe entretenue et délimitée par les contours droits de sa mâchoire. Une bonne carrure. Porte parfoisdes lunettes très simple, verres fins, monture légère et noire.


MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   28.11.10 20:34

Cet adversaire là était vaincu.
Un autre attendait.

CLAP CLAP CLAP!

Deux mains applaudirent lentement. Un applaudissement dont l'écho vint conclure le mouvement du Maire. Un homme se trouvait là et s'avançait déjà. Il devait être accoudé contre un des murs pendant que le sportif du jour retrouvait sa vigueur d'antan. Et l'avait sans doute observé, sans rien dire. Après tout, n'était ce point là une sorte de spectacle? Un show privé d'un homme politique portant en quelque sorte une parure de Vérité. Cette situation pourrait d'ailleurs être embarrassante. Pour les deux hommes. Mais ce n'était pas l'intention du spectateur. Le moment était choisi, calculé. Il aurait pu l'interrompre au début, ou au milieu. Il avait préféré intervenir à la fin. Dans ce moment de Gloire Retrouvée face à l'Invisible. Comme si face à un Miroir, le Maire avait tué son image. Ou peut être l'image de ce qu'il était devenu : cet homme de mot -pas forcément de parole- trop éloigné de l'action. Un évènement imprévu l'aurait il sorti de sa torpeur pour qu'il enfile son armure et s'empresse d'effacer cette ancienne vie, comme si il s'agissait d'un mauvais souvenir?

En tout cas, l'homme qui s'avançait vers le Maire n'exprimait ni amusement ni mépris envers lui. Un regard presque sincèrement intéressé devant les passes que le Sieur Aldwig venait d'exécuter. D'ailleurs, si ce n'était la cigarette coincée dans un coin de sa bouche, l'on aurait pu y deviner une moue admirative. Loin des flatteries des véritables faux-culs, il s'agissait plus là d'une manière d'indiquer...qu'il venait en paix.


Je ne suis pas sûr, mais je crois que c'est ce que l'on appelle un point gagnant, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire. Ben oui, on s'adresse avec respect à ce genre d'homme. Convenance ou pas, il y a des règles et même ceux qui ne les aiment pas, détestent encore plus qu'on fasse comme si elles n'existaient pas. Il y avait une limite entre la nonchalance et l'indifférence totale. Un fossé énorme qu'un homme rusé ne franchit jamais. Jon avait écrit un article sur une obscure histoire qui s'était déroulée plusieurs mois en arrière -cela semblait si loin maintenant- et qui concernait plus ou moins directement la Mairie. L'article ne contenait rien de bien croustillant, il donnait une version des faits. Son intention n'était pas de se faire du Maire un ennemi et peut être que ce dernier s'en était rendu compte. Du moins si il s'en rappelait. Les dernières semaines semblaient avoir tellement chamboulé la Cité.

Le journaliste s'arrêta à bonne distance et continua de mégoter.
Le Maire allait réagir, autant ne point être trop près.
La suite se jouerait peut être au fleuret.
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   15.12.10 18:00

[Avec mes plus sincères excuses pour le temps d'attente.]

Loin d'être gêné par la perspective d'avoir un spectateur, le maire partit d'un rire franc. C'était un rire de bon cœur qui n'avait rien à voir avec ces grimaces artificielles et sans autre ame que celle du démon qu'il servait habituellement à ceux qu'il rencontrait... Il était vrai que la perspective d'être dérangé l'aurait auparavant... "dérangé". Il comprenait la méfiance que pouvait indiquer le comportement du visiteur... Mais pas aujourd'hui : Aujourd'hui, était un jour qui changerait bien des choses pour les années à venir, si les choses se déroulaient selon ses plans... Il consacrerait cette heure à se détendre... Puis il passerait à l'action...

Jean afficha un sourire au visiteur. Il n'était pas fonctionnaire, il n'était pas une personne corrompue par le maire précédement, il n'était non plus un "ami politique" de ce dernier. Il n'y avait donc pas de danger à laisser éclater sa joie sans qu'on ne le prenne pour un homme politique que sa tache avait rendue cinglé. Le vocabulaire employé par l'homme et sa tournure de phrase semblaient relativement précis et possédaient un fond avec la petite référence aux règles d'escrime à l'épée. Une petite dose de culture, tout en ne se mettant pas avant et en complimentant... Fumeur... Arg ! Il ne pouvait être que journaliste ! Le maire entra automatiquement en mode interview.

La carrière politique du maire l'avait amené à rencontrer de nombreux journalistes et il savait presque les reconnaitre à l'odeur. Il ne savait toutefois pas si il devait s'inquiéter de n'avoir jamais été interviewé par lui au cours de sa carrière. Pourtant il avait quoi ? La trentaine à vue de nez ? Surement un journaliste en immersion depuis la capitale soucieux d'impressionner les locaux en recueillant une interview que même eux avaient du mal à obtenir... Après tout, le maire n'avait pas déjà rencontré tous les journalistes compétents de Tyr. Sa réponse se fit toutefois de manière quasi-0automatique. Comme si il résolvait une équation qui devait parfaitement s'équilibrer dans son rapport de force.

Et pour Jean Aldwig, le cocktail "ouverture en retrait + nomination de la fonction + informel jugement sur une base culturello-contextuelle" ne trouvait une réponse que par la langue de bois et le mélange "Je suis très touché + Glorification de la base culturello-contextuelle + Rapport à la politique + Petite plaisanterie". Ce dernier élément étant le déséquilibre mathématique nécessaire à ce que la conversation continue sur une base nouvelle :

- "Merci de vos applaudissements et de votre arbitrage favorable. Mais vous savez bien... L'épée est l'arme de la patience. Dans un duel, comme en politique d'ailleurs, les nerfs sont mis à rude épreuve. Et à l'heure où je me bat contre un adversaire inconnu, comment ne pas savoir si le coup porté n'était pas un coup double ?"

La recette serait attendue, entendue, et le journaliste, si c'en était vraiment un (ce don le maire ne doutait pas vraiment), aurait probablement déjà une réponse prévue à cet effet pour contrer ou poursuivre la plaisanterie du maire. Cette conversation semblait déjà se jouer sur une musique déjà écrite. C'était un 'petit jeu entre amis' ouvert à terme au public, et cela détendrait le maire avant de poursuivre des taches politiques plus nécessiteuses que l'opinion publique.
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Signalement : Hume Evolus, Il a un certain style, cultivé. Presque sympathique. Généralement en chemise, voir même cravate et gilet. Un faciès des gens de l'Ouest, sans le teint. Ni l'accent.Plutot brun, les yeux noirs, une barbe entretenue et délimitée par les contours droits de sa mâchoire. Une bonne carrure. Porte parfoisdes lunettes très simple, verres fins, monture légère et noire.


MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   18.12.10 22:35

Un coup double. Pourquoi pas.
En tout cas, l'idée que l'Invisible puisse vaincre ne semble pas être à l'ordre du jour.

Trois ou quatre secondes de silence suffisait. Jon observa l'acteur déguisé en athlète, tout en expulsant quelques nuages de fumée. Et bien que dans un contexte particulier, il s'était déjà paré de son masque de politicien. Il jouait. Avec les mots et les sens. Le tout avec une grande légèreté. C'était bien là ce que remarqua le journaliste en fin de compte. L'homme était sur ses gardes mais très en confiance quant à sa capacité à faire face à "la situation". Ou plus simplement : à gérer ce journaliste intrus, tout en continuant ses passes.

Ainsi soit-il.
Cela ne gâcherait pas l'opportunité. Au contraire.


C'est étrange, je me posais justement une autre question.

Et il parlait clairement du coup porté. De l'épée. De cette séance d'entrainement sans Whisky ni cigare. Ce matin là et pas un autre.

L'épée sert à couper les nœuds les plus complexes.
A agir vite pour libérer les nerfs.
A faire taire les mots et fendre les plumes.
A ne pas perdre de temps.

Et soulager l'impatience, en somme.


Le regard restait sympathique, le ton toujours très posé, avenant, presque candide. Il était le pauvre jeune journaliste qui découvrait le monde et se posait des questions fondamentales.

Une pression de ses lèvres sur sa drogue de papier et de tabac.


Je me demandais donc ce qu'un homme comme vous est pressé de trancher?

L'image de l'épée qui tranche était nette. Réaction de défense? d'attaque? Tout cela suggérait bien des possibilités. Jon aussi jouait avec les mots et les sens.
Il ne bougea pas d'un millimètre. Seulement sa main porteuse de cigarette qui continuait ses va et vient. Hormis cela, difficile de distinguer ici le cynisme ou l'innocence.

La musique prenait son élan.
Et derrière ce mouvement, il y aurait une fente.
Ou une feinte.
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   22.12.10 17:22

Le maire se baissa, ramassa le bois de sa canne, et fit un petit moulinet avec, avant d'y glisser sa lame et d'en tourner légèrement le pommeau. Un petit déclic se fit entendre, indiquant que le fin mécanisme avait de nouveau scellé la lame jusqu'à la prochaine bataille. Jean Aldwig s'appuya de nouveau dessus comme si il en avait finalement besoin pour se déplacer alors qu'il venait pourtant d'enchainer les passes d'armes avec une étrange célérité. Toutefois ce nouveau visage ne semblait pas moins jovial et enjoué que le précédent. Le maire afficha un sourire et repris la discussion après un petit silence.

Le maire sembla juger la question comme pertinente. Il y répondit sur un schéma légèrement différent de celui qu'il avait précédement choisit :

- "Les noeuds gordiens sont plus nombreux à trancher en politique que dans tous les autres domaines de la vie hume..."

Le regard du maire regarda par l'une des baies vitrées de la pièce comme si il regardait vers l'avenir. Il regrettait d'avoir posé son chapeau à l'entrée de la salle, l'aspect théâtral "involontaire" renforcé par les lumières de l'aube n'en aurait été que plus éclatant. On ne pouvait pas toujours avoir le meilleur, aussi le maire choisit le registre de l'imperfection pour continuer sa phrase.

- "Ne pouvant combattre sur les fronts à la fois, je pense que la meilleure attitude à avoir consiste à combiner approche évolutive des pratiques de la politique, mais ancrée dans un conservatisme des valeurs... Bref, comme toujours Paix et Prospérité sont mon crédo quelque soit la chose à "trancher" comme vous dites."

La contradiction sémantique qu'il y avait entre le vocabulaire guerrier et pacifiste, ainsi qu'entre les logiques à la fois progressistes et conservatrices, étaient la marque de fabrique de la philosophie politique qui animait Jean Aldwig depuis qu'il avait commencé sa carrière après l'Académie. Voici ce qu'était le visage du maire de Sécaria. On aurait pu le pensé chez nous comme la réincarnation de celui qui était surnommé "l'incorruptible" par ses pairs : Robespierre. A ceci près qu'il était de notoriété publique que le maire gouvernait d'une manière moins tranchante et arrondissant un peu plus les angles grâce à la corruption... Le maire était à la fois ceci et plus encore, il était complexe.

Selon la philosophie politique officiellement défendue par le maire et ses partisans : Si le ressort de l'État dans la paix est la progression éternelle vers ce qu'il juge comme un avenir meilleur pour l'Humenité, le ressort de l'État en crise est à la fois la progression et le conservatisme : l'évolution, sans laquelle la stagnation est funeste ; la stagnation, sans laquelle l'évolution est chaotique et nuisible. La stagnation n'est autre chose qu'une forme de 'réaction' prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de l'évolution ; elle est moins un principe particulier, qu'une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins du Saint État.

Dans ce schéma philosophique, le maire ou n'importe quel autre dignitaire n'est point l'élu défendant du peuple ; jamais il ne prétend à ce titre fastueux : Il est du peuple, il n'est jamais que cela, il ne veut être que cela et il méprise quiconque a la prétention d'être quelque chose de plus... Il est le serviteur rien de plus...

- "Et vous ? Que votre quête cherche-t-elle à trancher à l'aune de la lumière de la vérité journalistique ? Quel est l'objet de cette enquête ?"
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   05.09.11 0:21

La Quête de Jon Pace?
Ce n'était pas à proprement parler une maladresse du Maire.
Il avait ouvert sa garde pour retourner des questions à l'envoyeur.
Peut être pour détourner le sujet, ou les prémices d'un ennui pour les métaphores Et donc l'envie de revenir à la réalité. Tenter d'inverser les rôles était donc une manœuvre logique. Sauf dans certains cas. Une réaction défensive qui laissait la porte ouverte et donnait l'initiative.

Aussi, les mots sortirent tout seul du coin libre de la bouche de Jon.


La Paix et la Prospérité, Monsieur le Maire.

Des mots de politicien?
Un décalage savoureux, sans hostilité.
Les grands mots avaient des petites valeurs. Il n'apportait pas d'éclairage, ni de piste, ni de vérité. On pouvait donc les jeter librement dans les conversations. Pour noyer le poisson ou décorer des répliques. Mais à ce jeu des fausses vérités, le Maire avait une longueur d'avance. Jon ne faisait qu'imiter. Alors il revint sur un terrain plus familier.


Enfin...tout dépend le sens qu'on y donne.
Aux dernières nouvelles, elles sont rétablies.
Mais vous savez comme moi que la Vérité journalistique est faite de nuances.
Ce que l'on cherche n'est pas toujours ce que l'on écrit.


Jon relacha un épais nuage de fumée, dans un souffle long.
Le ton qu'il employait était sujet à équivoque. Est ce qu'il dénonçait ou est ce qu'il proposait des services? Il ne formulait rien de précis, ce n'était donc qu'un tissu de mot pour préparer une autre toile.

Clope à nouveau au bec, il poursuivit, les yeux plissés par le tabac qui remontait.


Si je sais ce que je dois écrire, je ne suis plus très sûr de ce que je dois chercher. Voyez vous, Monsieur Aldwig, on a beau jongler avec les mots, on entend quand ils sonnent creux.

Une même histoire...pour certains, l'élucubration d'un ivrogne. Pour d'autres, de la magie. Un accident? yen aura un pour crier au complot.

Tenez, c'est comme ce mot : terroriste.
Galvaudé, vous ne trouvez pas?
L'Etat dit qu'il n'y en a pas.
Pour l'administration, un opposant est un terroriste.
Du coup, dans les journaux, ce sont des fous ou des faits divers.


Jon parlait de l'Etat avec un grand E. Celui du Centre, l'administration de Jakata, la presse de Neven. Cet autre monde derrière la bulle vanorienne. Il replaçait donc le contexte, ressituait les acteurs, les paroles, les sens...

Souffle à nouveau nuage de fumée. Ponctuation à ses répliques, laissant profiler les intentions de Jon. Son calme, son discours posé, sa façon d'avancer, pas à pas vers quelque chose sans pour autant se bruler aux sujets risqués, étaient la preuve que le journaliste n'était pas venu menacer le Maire, et pourtant escompter quand même obtenir quelque chose de lui. Ou lui offrir. Subtile nuance.


...à Sécaria par contre, ils font les gros titres.
D'une même voix : Etat, Mairie, Presse. Tout le monde parle de terroriste.


Jon aurait volontiers rajouté "Chapeau! vraiment..." mais sa réplique était plus longue qu'il n'en avait l'habitude et il préféra tirer encore sur ce qui n'était plus qu'un mégot. Puis le jeta à terre.

Tout en l'écrasant du pieds, il conclut.


Si tout le monde l'écrit, c'est que tout le monde cherche autre chose.
Logique.

C'est là le problème.
Qu'est ce qui peut faire plus peur que des terroristes et unir toutes les voix?
Des fanatiques religieux?


Ces derniers mots, c'était comme l'attaque d'un fleuret alors qu'on pensait que le combat était terminé. Ils touchaient directement là où cela faisait mal. Et si Jon ne cherchait pas à embarrasser le Maire, il avait peut être voulu le "piquer à vif". Ou à peine. Ce n'était que des mots. Des hypothèses émises sur un ton naturel, pragmatique. Sans la moindre intention de choquer.

D'autant que son raisonnement était volontairement bancal. Il ne comptait pas rentré dans un débat sémantique avec Jean Aldwig. Simplement lui signaler qu'il avait remarqué que quelque chose de flagrant avait poussé l'Etat à agir différemment de ses habitudes. Quelque chose de vraiment inhabituel. Suffisamment inhabituel pour pousser ce journaliste à venir creuser du coté du Maire. Directement.
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   06.09.11 4:52

Paix et prospérité était la devise électorale personnelle du maire depuis qu'il s'était lancé en politique. En vérité, personne ne pouvait vraiment l'ignorer et surtout pas un journaliste, c'était un petit trait d'humour auquel le maire sourit. Joli sens de l'ironie, ce journaliste était décidément mieux que l'autre empoté de Vincent qui l'avait interviewé une fois pour un canard... D'ailleurs, ce journaliste là suivait quel canard ? Il faudrait peut-être que l'on se renseigne ?

Cependant malgré tout, cette allusion ironique signifiait que le premier jeu de passes était terminé : Et la deuxième manche commencerait bientôt. Le journaliste poserait bientôt les questions qui lui tenaient à cœur. Et si il était doué, il continuerait sans attendre de réponse du maire (D'ailleurs si l'élu était bon lui même à ce petit jeu c'était la ligne qu'il conserverait pour ses réponses). Pour le moment l'élu semblait confiant.

C'est d'ailleurs une structure équivalente que le journaliste mis très vite en place. Cherchait-il vraiment à obtenir des réponses sincères de la part du maire. La réponse était sans doute oui. Toutefois, il semblait être un homme à ne pas se faire trop d'illusion. Où était-ce jeune loup ? Kieran... Le cœur noirci du service communication ? Décidément, il n'était jamais là quand on avait besoin de lui.

Toutefois il deviendrait bientôt chef de ce service. Monsieur Aldwig devrait peut-être différer la nomination ? C'était à voir... Pour l'instant il se concentrait plutôt sur les questions du journaliste. Sans savoir à qui il avait affaire, notre élu devait la jouer avec délicatesse et sourire.

- "Par le Saint État, mon ami. Il y a seulement 400 ans, le célèbre maire, Aldebert Jenkins de Neven, a conduit quelqu'un à l’exécution pour avoir osé sous-entendre que son gouvernement municipal était différent de la volonté de l’État... Par pitié, dites moi que vous n'êtes pas comme ces gens aux idées séditieuses qui en viennent à penser que la volonté de la mairie et de l'Etat pourraient être différentes ?"

Demanda le maire, avec un air désolé.

- "Je vous assure qu'il n'en est rien, cher ami ! Sinon nous sommes en démocratie, vous pourrez voter pour quelqu'un d'autre aux prochaines élections, qui incarnera mieux (selon vous) Sa volonté et Ses valeurs. J'ai entendu dire que certains brigueraient la place." ajouta-t-il avec le sourire de l'homme qui pense que personne à sa connaissance ne pourrait accomplir son travail mieux que lui.

Le regard du maire regarda à nouveau par l'une des baies vitrées de la pièce comme si il regardait encore vers l'avenir. Il se décida à bouger et partit aller chercher son chapeau. à l'autre bout de la salle. Il remis son manteau et ce dernier devait être plus lourd que ce qu'il semblait car il paraissait désormais plus petit et massif. Le Maire, enfonça son crâne dans un chapeau et recoiffa légèrement sa barbe grise. Il prit sa canne dans sa main et ajouta à l'intention du journaliste.

- "Écoutez, cher ami, je suis un homme occupé et je manque de temps : C'est une joute verbale un peu trop déséquilibrée à mon goût. Remettons l'horloge de la mairie à l'heure ! Je ne suis pas aussi définitif que Aldebert Jenkins." Dit-il avec un sourire, le bout de sa canne alla frapper le sol dans son bruit sourd tandis qu'il refermait sa poigne sur son étrange pommeau.

- "Je dispose d'une heure. Voici ce que je vous propose..." commença le maire d'un ton joyeux.

Leçon de corruption n°1 : Faites qu'il se sente privilégié.

- "Vous n'êtes pas comme les individus de votre espèce : Les journalistes. Et je le dis sans méchanceté aucune. Mais avec tout le respect du à leur profession, je peux vous confier que la plupart de ceux d'ici sont flagorneurs, bien qu'il y ait des exceptions. Sécaria n'est pas bien servie dans ce domaine, c'était différent quand j'étais académicien à Jakata : Tenez par exemple j'ai été interviewé en début d'année par un homme dont les questions étaient si maladroitement posées que je n'ai plus donné d'interview à son journal.

C'est sans doute pour ça que les journaux vous semblent étranges d'ailleurs... En suivant les directives continentales au niveau de Vanor, les mairies de Vanor informent les journaux exclusivement par communiqués officiels ou des discours radiodiffusés. En bref, j'ai plaisir à voir que la nouvelle vague apporte une vraie bouffée d'air aux questions. J'avoue que cette situation était triste, car le contact humein avec les journalistes est la plupart du temps chaleureux et enrichissant.
"

Leçon de corruption n°2 : Lui laissez une occasion de rêve. Le maire offrit une main tendue vers Jon Pace, en proposant quelque chose que ce dernier devrait apprécier.

- "Écoutez... Bon moi ce que je vous propose..." ré-enrichit-il pour recentrer le propos. "Nous agissons comme des gens de bonne éducation. Nous sortons de ces dehors piégeux. Vous vous présentez, vous m'expliquez votre enquête, nous allons prendre un thé ou quelque boisson que vous jugerez bon à votre convenance... Prenons le temps de nous connaître l'un l'autre... Et alors... Je vous offre.. ''

Il marqua bien l'emphase sur ce dernier verbe avec un sourire séducteur avant de reprendre :

- "... Un entretien en toute exclusivité, loin des passes d'armes, où je vous donnerai les informations en ma possession sur les différents caractères de cette affaire et notamment sur l'aspect terroriste et l'aspect Étatique des moyens mis en œuvre, qui semble à ce point vous intéresser, et à raison d'ailleurs ! Les gens doivent savoir. Et entre personnes compétentes & audacieux un accord est toujours possible, non ?" Ce disant l'élu affable tendit la main vers le journaliste, attendant que celui-ci la serre.

L'élu ne pouvait être dupe quant à l'avantage qu'il offrait ainsi au journaliste. Même si ce dernier n'en tirait pas grand chose à la fin de toute manière, ce journaliste pourrait toujours vendre les droits de diffusion à des journaux. Et si il n'était pas indépendant, ceci lui vaudrait sans doute une belle prime et des budgets pour ses enquêtes futures.

D'autres cyniques observateurs dont nous tairons les noms pour protéger leurs vies, auraient pu voir le deal du maire sous une autre forme : Accepte ma proposition ou je te fais arrêter par la sécurité et porte plainte à la police pour agression. Et chez toi on trouvera de la drogue et des preuves de lien à la pègre ou aux balayeurs selon l'humeur du moment. Allons sers moi de la manière qui te sera la plus agréable : Dans tous les cas, tu me serviras. Mais le maire étant un homme de bonne éducation, un gentleman et un esthète. Jamais, il n'aurait pu formuler une telle proposition...
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   07.09.11 19:39

Le Maire était vraiment fidèle à sa réputation. Un homme de pouvoir, de persuasion, de corruption. Il ne se contentait pas d'avoir ces talents. Il les employait sans forcer, sans non plus excès de finesse, avec un naturel déconcertant. Pourquoi la jouer fin quand on sait qu'on est en position de supériorité? C'était à Jon de se montrer malin. Le Maire, lui, avait tellement de cartes en main que cette manche pouvait sembler déséquilibrée. Un pauvre journaliste de seconde zone, certes différents de la frange moutonneuse du reste de ses confrères, mais sans le moindre argument de poids face à un individu capable de balayer les mots et les idées en soufflant dessus sans scrupule.

Mais ça : Jon le savait déjà.
Un 'jeune loup' aurait sans doute été impressionné et surpris par la contre proposition, ravi d'obtenir un os à ronger. L'expression du visage de Jean Aldwig était celle de quelqu'un qui faisait une faveur à un débutant, pour l'encourager. Et le "mettre dans le bon chemin". Notre badass de journaliste ne voyait pas cela d'un mauvais oeil. Il était venu dans l'intention de faire les présentations et de piquer l'interêt du Maire. En fait il était un peu déçu de constater que son calcul avait été bon. Principalement parce qu'il estimait que sa démarche avait tardé. Il aurait du sortir de l'ombre bien plus tôt et venir voir le Maire directement. Tout ce temps perdu, toutes ces opportunités gâchées. Il pensait à l'argent qu'il aurait du se faire. Pensée maussade balayée par la perspective à venir : l'homme de pouvoir qui se tenait là allait lui ouvrir des portes, sans même en avoir l'intention. Des portes mais aussi des paires de baffes, qu'il faudrait savoir éviter en temps voulu.

La main tendue du Maire attendit.
La posture de Jon n'était pas celle du refus, simplement...il avait envie de fumer. Alors, légèrement tourné vers une des portes fenêtres, il tapota un petit d'emballage aux rebords écrasés sur le dos de son autre main, faisant sauter une petite tige de papier et de tabac, la portant ensuite à ses lèvres. Une allumette rapidement craquée, geste usé par l'habitude, tandis qu'il plissait les yeux en observant un paysage dont il n'avait absolument rien à faire.

Après quelques secondes, il se tourna enfin, sans montrer l'enthousiasme attendu. Il jaugea le politicien de ses bottes à sa barbe, sans mépris mais avec une certaine distance. Puis sa main libre vint empoigner celle d'Aldwig avec fermeté. Pas trop pour être inconvenant, mais juste assez pour froisser quelques nerfs. On excuse souvent aux gens qui ont des grandes mains d'avoir une grande force. Non, Jon Pace n'était pas une brute, mais ce n'était pas non plus un journaliste comme les autres. Le contact entre les deux paumes en dirait bien plus long que tous les mots qu'ils étaient capable de déballer.


Je suis un homme de compromis, Monsieur le Maire.
Et je sais reconnaître une bonne offre quand elle se présente.
Avec moi, un accord est toujours possible.


Sur un ton assez sérieux, malgré une pointe de désinvolture. Sans doute à cause de cette cigarette coincée à son bec. Et son sourire à peine décelable, mais révélateur d'une satisfaction inquiétante. Ces deux hommes étaient faits pour se rencontrer. Pour s'entendre, ça ce serait une autre paire de manche. Mais Jon se sentait de taille à se frotter à la clique du Maire, sans se brûler. Tout en remplissant son coffre à cara.

Jean Aldwig...
...il avait quand même repris vite du poil de la bête pour quelqu'un qui venait de perdre son meilleur associé dans sa lutte contre ce mystérieux groupuscule, Mr Johnson. D'autant que le Cabinet Leiden&Stall avait des activités bien plus étendues. Au fond, cela ne faisait qu'obliger le Maire à employer des méthodes plus expéditives. Des discours avec un fond grossier mais une forme plus violente. Ca tombait bien : Jon aimait quand ça trainait pas en longueur pour aller à la fin. Aussi, il écouta d'une seule oreille l'explication du Maire sur les directives continentales. Quand à Aldebert Jenkins...oh oh oh...effectivement, un parallèle très parlant, très concret. Direct. Le journaliste se demandait si ce n'était pas ce maire de Neven qui avait justement été reconnu complice d'un mouvement séditieux, un coup monté mettant un terme prématuré à son mandat. Aaahh, la vie politique de Neven se reconnaissait à son ironie. Personne n'était indétronable et l'Etat était devenu une créature autophagique, échappant aux espérances de ses créateurs -morts, consumés par l'Etat lui même depuis bien longtemps-. Bien entendu, Jon se garda de faire toutes formes de remarques, le message était très clair. Il fallait s'en tenir aux offres faites.

Le Maire avait parlé d'apprendre à se connaître?
Mais il avait aussi parlé d'un thé?
Moui...


...et je n'aurais rien contre un fond de Maltet.

Paroles coïncidant avec un jet de fumée grisâtre relâché d'un coin de ses lèvres. Par son attitude il indiquait au Maire qu'il était prêt à le suivre dans ce lieu plus calme et plus propice aux révélations sincères. Des confidences de premier ordre. Jon n'en doutait pas un seul instant. Jean Aldwig était très confiant, il savait donc ce qu'il allait dire. Mais lui saurait ce qu'il doit comprendre. On lui avait appris qu'un dessin ne se définissait pas seulement par ses traits.
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   08.09.11 3:54

Accord accepté : C'était ce que le Maire avait pu percevoir de l'attitude de son nouvel ami avant même qu'il ne le confirme par ses mots. Le Maire n'avait rien d’extra-lucide ou d'un psyker mentaliste. Trouver des accords, c'était simplement son job et il le faisait bien : Il avait les ressources pour ça et savait s'en servir. Rien de plus... L'accord de l'inconnu, on pouvait le voir, passait une acception qui ne revêtait pas les traits de caractère d'une personne charmée, non. Ce journaliste, quelque fut son nom, était assez compétent pour juger de l'exacte valeur de ce que lui offrait le Maire, et du prix qu'il lui faudrait sans doute payer pour ce petit cadeau... Mais c'était un jour calme, et le Maire semblait jovial de la sérénité ambiante dont les deux personnages savaient sans doute qu'elle n'était qu'apparente. L'homme avait réussi le test de la corruption : Il n'avait pas refusé, mais il n'avait pas non plus accepté aveuglément. On pouvoir donc commencer à négocier entre gens honnêtes et surtout intelligents.

Le contact entre les mains se fit, car quel-qu’aurait pu être la réponse du journaliste, c'était une réaction civilisée, de gens malgré tout civilisés, pour un environnement tout aussi civilisé. C'était un geste plus que convenu mais qui serait le premier pas d'une ouverture nécessaire à la confidence. Ce geste devait donc constituer un point de départ permettant de jauger la lucidité de chacun. Son regard insondable de politicien, au-delà du véreux, fiché dans les yeux du journaliste badass, le Maire jaugea donc la personne en face de lui. Et ce qu'il y vit lui plût !
Au dehors de toute cette petite tirade sur les notions de vérité et de terrorisme qui avait servit d’amuse-gueule que l'invité apporte pour l'apéritif, le journaliste n'avait pas certainement pas abordé toutes les questions qui lui rôdaient dans sa tête. C'était maintenant au Maire, d'être un hôte plaisant, et surtout de de servir un succulent plat de résistance tout à la fois appétissant et surprenant.

- "Je suis tout à fait certain que l'on vous trouvera ce qui vous fait envie." dit-il le Maire au Tychus Findlay journaleux de Tyr.

Ce disant, le Maire quitta les lieux d'une démarche tout à la fois souple et alerte, en un mot : "Joyeuse". Un drôle de mélange à incarner dans un colosse qui durant sa jeunesse mesurait 1 mètre 95, mais le Maire était ainsi.
Tout en déambulant, dans les couloirs de la mairie, le Maire saluait tous les employés qu'il n'avait pas déjà croisé en appelant chacun par son nom, tandis qu'il parlait de tout et de rien.

- "[...] Et si il vous manque des informations sur mon parcours politique pour votre enquête vu que je ne suis pas bien connu en dehors de Vanor" disait-il, convaincu à sa raison que sa petite réputation sur les autres continents ne se limitait qu'à son nom et à ses résultats politiques.

- "N'oubliez que j'ai commencé sur les bancs de l'Académie de Jakata. Je n'y suis pas resté assez longtemps pour obtenir une licence maître, mais je suis néanmoins diplômé en droit, en économie, en politique et en administration, j'avais aussi passé une petite maîtrise en art moderne. Ah tenez ! Il y a justement une photo de moi en académicien dans ce couloir ! Tenez ici, c'est moi." précisa-t-il avec fierté.

Le Maire s'arrêta devant ce qu'il disait être sa photo. De loin, on aurait pu croire à une image de propagande pour le culte de l’État et de ses haut-fonctionnaires. Le Jean Aldwig de la photo n'avait rien du Maire, sinon la couleur des yeux et une certaine noblesse. Le reste était beau, jeune, avait une allure de franchise terrible et d'honnêteté sans faille. Son corps athlétique était enfermé dans un uniforme du Département Bureaucratie de l'Académie. Il incarnait le bellâtre héroïque académicien, presque présidentiable. Il incarnait à lui seul ces grands sapins de la réunification Effectivement, il n'avait jamais eu de licence de grade "maître", mais il possédait, au nombre de fourragères, un grade de préfet dans chacune des quatre disciplines qu'il avait mentionné plus haut (soit toutes celles du Département). Il n'avait cependant pas mentionné les médailles dont tout un côté de son torse était recouvert.Parmi ces médailles, si on excluait l'Adosa au sommet se trouvaient quand même l'adeptus majoris, quatre prefectus majoris et la médaille du mérite...

Au-delà d'illustrer la traditionnelle affection d'un tiers de l'Académie pour des distinctions qui s'épinglent, cette photo dépeignait une image impressionnante et glorieuse. Aujourd'hui, le Maire avait vieilli, mais pas seulement : C'était un avatar de corruption décatie et les âges semblait avoir passés bien trop vite, sur un Jean Aldwig qui n'était pourtant pas si âgé que cela. En un tour de main de 20 ans, Jean Aldwig était passé du reflet de la lumière Étatique à celui de l'ombre de ce que l’État incarnait de pire. Cependant la différence avant/après ne semblait pas choquer l'élu qui se retourna et indiqua la porte derrière eux : La salle n°313.

En vérité, cela avait tout l'air d'un placard à balais vu de l'extérieur. Mais en fait, il s'agissait d'une salle de belle taille au centre de laquelle se trouvait une large table, sur laquelle trônait une maquette de l'Ussidaho, le porte avion tombé à Sécaria il y avait 44 ans.. On pouvait constaté que celui-ci avait été réparé, rénové et même aménagé par rapport à son état global actuel qui pouvait se résumer par : Officiellement en cours de travaux.

- "Bienvenue dans la Salle des projets dédiés à l’urbanisme et à l’événementiel." déclara l'élu. "J'ai pensé qu'il serait plus agréable que nous discutions autour d'un projet phare de subvention municipale pour la fin de l'année 667. Bien sur, nous n'avons encore rien annoncé... Publiquement... Asseyez-vous, je vous en prie !" dit le maire d'un ton faussement négligeant et complice. Bah quoi ? Il n'allait pas cracher sur une possibilité de déchainer une petite campagne médiatique gratuite de promotion surprise autour d'un projet de rénovation urbain d'un lieu en vogue très connu quand même ? C'était avantageux pour le Maire, et une petite exclusivité sur ce genre de sujet était toujours vendable pour un journaliste. Quand bien même la nouvelle confirmée d'une ré-ouverture totale proche ferait plaisir à toute la société sécarienne.

C'est sur ses paroles que sans qu'ils aient rien demandé, on vint leur servir les rafraichissements dont il avait parlé tantôt : Le thé du maire et le maltet de son invité. Soit la mairie embauchait des magiciens, soit les conversations du bâtiment étaient surveillées ? A vous de voir qu'elle était la possibilité qui vous semblait la plus crédible. Profitant de la distraction offerte par la livraison, le maire s'assit et en profita pour prendre un dossier intitulé "T.E.C." posé devant lui pour le planquer ranger négligemment dans une pile d'autres documents & dossiers et avoir le champs livre. Avant de poser ses mains sur la table et de se reconcentrer sur son invité.

- "Alors ! Maintenant que nous sommes à l'aise.. Commençons par le commencement, comment vous nommez-vous ? Et, surtout, comment puis-je tenter de vous apporter mon aide ?" demanda-t-il avec un sourire.
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   12.09.11 15:49

Une 'petite maîtrise' en art moderne.
Cette information resta dans un coin de son esprit.
La fausse modestie était aussi un art. Celui d'éclabousser par son humilité. Le journaliste écouta cependant attentivement la remarque du Maire et se figea quelques instants devant la photo de ce jeune étranger fringuant et taillé. Il resta là -clope au bec-, l'oeil à la recherche d'un détail, un réflexe plus qu'une volonté de trouver quoique ce soit. Jon, s'il s'était fait une idée assez précise de ce qu'était désormais Monsieur le Maire, n'avait pas poussé plus loin ses recherches sur ce qu'il avait été : un brillant potentiel de l'Etat, un pur produit des Capitales. Un coup d'oeil sur son torse suffisait à remarquer toutes les distinctions, non dissimulées, qu'il avait obtenu. D'ailleurs cela activa quelques méninges dans l'esprit soupçonneux de Jon Pace. Qu'est ce qui avait conduit un tel homme loin de la Capitale? Car il y avait toujours une raison. Quelqu'elle soit cependant, Jean Aldwig avait su employer ses compétences et sans doute sa vision aiguisée de la politique pour faire son chemin. Un chemin avec des détours -ou des raccourcis, ça dépend le point de vue- à en juger la différence entre l'avant et l'après. Le journaliste devinait ce parcours.

Guidé jusqu'à la salle 313, Jon resta calme et silencieux. Et déjà se retrouvait installé à un siège, un maltet en main, le regard d'abord attiré par la grande maquette, puis par le premier geste qu'avait eu le Maire en se plaçant à son bureau. "T.E.C.", cela évoqua un acronyme assez simple et qui collait avec la contexte. Même si bien d'autres abréviations correspondaient. Rien d'extraordinaire cependant dans ce geste, les gens avaient tendance à en avoir de ce genre en présence d'un journaliste fumeur et fouineur. Après un rapide "...Jonathan Pacéphalloculos, mais appelez moi Jon, Monsieur Aldwig", le journaliste sortit un carnet de sa doudoune, à présent ouverte, ainsi qu'un crayon. Un comportement plus "professionnel" et classique, que le Maire trouverait plus familier. Ah oui...le nom que Jon venait de sortir était la première mouture d'un des nombreux noms qu'il avait testé dans la Cité depuis son arrivée, il y avait un peu plus d'un an. Très facile de remontait jusqu'à lui, sauf pour les véritables idiots -y compris ceux qui pensent que ce nom recèle un sens caché-. C'était finalement plus une mauvaise blague qu'un parefeu. Rien de rocambolesque donc là derrière, simplement un petit jeu que Jon pratiquait régulièrement. Ce nom précis correspondait d'ailleurs à celui qu'il avait laissé sur les registres d'une chambre délabrée qu'il avait gardé dans un rade à la lisière des quartiers Sud et de la voie centrale. Une des premières piaules qu'il avait habité et qui lui servait toujours de vitrine. Evidemment, Jon avait passé un "accord" avec le proprio. Façon de parler.

Note importante : Jon est un genre très particulier de magicien.
Considérons cela comme une promesse au tour qu'il allait jouer.
Car il n'y avait aucun doute que ce qu'engageaient ces deux hommes pourrait très facilement se résumer à de la prestidigitation verbale. Voir peut être plus que cela. Chacun avait ses astuces, chacun faisait ses promesses. Qui aurait le prestige?


Le Maire réitérait sa question, n'en changeant que la formulation : "comment puis je tenter de vous apporter mon aide?" signifiait "Là, je le demande encore plus poliment, alors dîtes moi vos intentions, mon bon ami". Jon savait qu'il ne fallait pas trop non plus abuser de la patience d'un homme en position de force. L'urbanisme et l’événementiel? Bah, ce pourrait être un bon début. Même si la courtoisie restait de rigueur, les beaux discours sur le journalisme, la Vérité et la spontanéité d'un tel entretien, Jon ne se voyait pas resservir un long argumentaire. Le ton était celui de la décontraction, mais le Maire s'était mis en position défensive. C'était au journaliste de poser les questions et d'avoir l'illusion de mener la conversation par l'énoncé de quelques questions. Jouons donc ce jeu.


Si vous me racontiez ce blocus, de votre point de vue.

Il trempa ses lèvres dans le maltet, tenant le verre de la même main d'où dépassait sa cigarette. Sa main libre gardait crayon et carnet, contre sa jambe croisée. Son air avait l'air sérieux, mais nonchalant, sans doute encore une fois à cause de ses yeux plissés par la fumée qui remontait, donnant cette impression qu'il ne se souciait pas tellement de la conversation par moment, mais bien plus de sa cigarette. Le ton qu'il avait employé suggéré pourtant son sérieux, ainsi que son intention de laisser le Maire donner une version assez vaste de ce récit...sincère. Certes...c'était une question bateau par excellence. Mais il ne faut jamais négliger le pouvoir d'une question bateau. Tous les contours d'un dessin avait leur importance dans la cohérence d'une description. Y compris les traits les plus simples.

Jon jeta un oeil à son carnet, son crayon armé et prêt à attaquer.
Puis il focalisa toute son attention sur Jean Aldwig. Le journaliste avait parlé peu, mais il se doutait déjà que le mot "blocus" -pas si anodin que cela pour désigner les derniers évènements et l'attaque terroriste- avait suffi à garder son interlocuteur très attentif.

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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   15.09.11 14:49

Blocus...

Un drôle de choix de mots de la part du journaliste qui arracha au Maire une moue légèrement dubitative. La moue civilisée de l'homme qui ne comprend pas l'emprunt au vieux jargon barbare de la poliorcétique. Avions-nous vécu une guerre ?! Avions tant reculé dans l'histoire ? Voila qui était étonnant ! Si ce monsieur parlait de la petite intervention paramilitaire mystérieuse (TROP mystérieuse pour ne pas être officielle) sur laquelle le maire devait encore mobiliser ses propres forces pour savoir de quoi il retournait, il donnait néanmoins l'occasion d'éluder partiellement la question. Si il parlait de Leiden & Stall le mot pouvait aussi trouver quelque sens aiguisé que le maire aurait déjoué.

Par contre, si on parlait des explosions avant le gaz ou de la disparition de la délégation Végétalis en visite officielle depuis quelques temps ; cela n'avait plus strictement aucun rapport. Enfin bon... De tous les mots délicieux de ce registre tels siège ou embargo, il avait choisit cet idiotisme blocus. Un mot à la fois rempli et vide de sens dans le contexte actuel... Bon, eh bien il fallait faire avec.

- "Blocus ? Mon point de vue sur le blocus ? Mais quel blocus ? Nous parlons bien d'une opération militaire visant à couper les communications ou le circuit commercial ordinaire d'une zone ? Bon puisque vous me parlez, j'imagine que nous parlons de l'éventualité fantasque d'un blocus sur Sécaria. Mais j'avoue avoir du mal à me représenter l'identité de l’évènement sur lequel vous voulez porter notre aimable discussion..."

Le Maire précisa sa réponse au sujet d'un blocus. Dans le but de montrer qu'il faisait mine de ne pas comprendre le vrai sens de la question.

- "D'ailleurs... Historiquement depuis la naissance de la Ville, il n'y a jamais eu de volonté politique en tant que telle d'empêcher la circulation des mots ou des biens en dehors de nos murs. Au contraire, en tant que grande ville industrielle du Nord dans un contexte concurrentiel, les activités commerciales sont notre pain pour vivre. Nous ne tolérions jamais de voir la perle de Vanor ainsi sclérosée. Et c'est d'ailleurs tout aussi vrai pour les communications entre la Mairie et la Capitale qui n'ont jamais cessée, même en temps de crise."

C'était partiellement vrai. En fait les communications avaient connu une baisse de l'ordre de 50% au cours de la dernière crise sanitaire connue par la ville et ses habitants. Mais cela était du en grande partie en fait que (sous l'effet du fameux faux gaz hallucinogène) l'opérateur principal était alors engoncé dans l'exosquelette d'un trilobite. Étant donné sa forme d'arthropode marin, ceci n'était pas pratique pour saisir le téléphone et joindre le Saint-État pour les assurer que tout allait bien. Heureusement, il put sauver sa vie en se réfugiant dans un évier de la cafétéria des visiteurs.

Cela permit, en outre de conserver un bon élément pour la Marie, d'expliquer à son second prénommé Kévin comment faire pour contacter Miridia. Mais son rôle majeur dans cette crise, qui assura le salut (et le moral) de tous fut d'apprendre au stagiaire Herfiel devenu un crabe du Kamtchatka, le fonctionnement de la machine à café. Et CA c'était un acte pour lequel il serait cité. Non parce que tant d'héroïsme administratif, dans une situation si imprévisible et irrésistible, ça n'a l'air de rien, mais c'est ce qui vous raccroche à la réalité...

Au-delà du discours, plutôt que de laisser le journaliste reformuler une troisième fois sa question, le maire redevint plus sensé et raisonnable : Il décida de clarifier le débat en faisant un appel à l'orientation de ce dernier. Il n'avait pas toute la journée non plus. Que ce journaliste prenne bien plus que ce qu'il veuille lui-même et s'en aille sans faire trop de vague était l'objectif principal de cette entrevue. Même si le but lui était différent pour chacun des deux participants.

- "Bien je suppose que nous parlons de faits précis et je crains de pas avoir le temps de vous faire un récit biographique de ces derniers jours. J'ai des journées tellement occupées que cela me prend trois fois plus de temps pour les raconter que pour les accomplir. J'identifie plusieurs raisons à votre présence, à vous de me dire sans détour quelle est-elle. Nommez votre sujet, je vous donnerai toutes les informations que je possède dessus de la manière la plus transparente qu'il m'est autorisé par la loi. Cela vous convient-il ? Alors donc c'est qu'est-ce que c'est pour vous que ce blocus monsieur Pacéphalloculos ? De quoi parlons-nous exactement ?" dit l'élu avec une diction parfaite.

Oui, le paradoxe de l'homme politique qui se retrouve soudainement parangon de la lutte contre la langue de bois (mais juste pour une seconde). Jean Aldwin lança au journaliste un regard interrogatif dans lequel brillait la sincérité et la même interrogation que celle d'un enfant de huit ans avec les cheveux gris, un léger surpoids, plus de barbe que son père et un langage soutenu en plus.
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   19.09.11 18:50

Jean, tu tournes autour du pot.
Un simple mot avait suffit à lancer une tirade très évocatrice de la part du Maire. Il aurait très bien pu dire "Non! il n'y a pas eu de blocus" et expliquait simplement sa version de cet incident terroriste. Au lieu de cela, il cherchait à mieux comprendre comme si c'était sujet à compréhension, et employait une nouvelle pirouette historique. L'affaire lui était donc embarrassante d'une certaine manière et il n'en parlait pas l'esprit libéré. Jon n'escomptait pas en apprendre plus sur le 'blocus' -et les évènements étranges autour de Sécaria-, mais la réaction à laquelle il assistait aurait presque troublé ses raisonnements. Jusque là, il avait mis les zones d'ombres sur le compte d'une intervention de l'Etat, avec la participation de la Mairie. Mais là...il était presque incité à croire que cela n'avait absolument pas été du ressort du Maire.

Certes, ce n'était pas une simple histoire que l'on donne et redonne parce qu'il n'y a qu'une seule façon de l'analyser. Non, ici, il était bien question de point de vue entre-croisés, de sujets délicats et complexes, d'interprétations périlleuses. Dans l'esprit de Jon, les répliques du Maire avaient eu un écho amusant. Dans un premier temps, il devait poser les questions. Une fois qu'il les posait, le Maire lui disait "Euh...non, finalement, laissez moi reformuler la question pour vous". Un léger sourire vint se caler dans un coin de ses lèvres, tandis que ses yeux fixaient Aldwig.


Nous parlons des évènements qui ont touché la ville.
Une attaque terroriste.
Des séquelles matérielles dans tous les quartiers.
Sécaria coupée du reste de Tyr pendant une longue période.
La Mairie a sans doute un regard aigu sur tout cela. Vous particulièrement.
Vos locaux n'étaient pas immunisés au gaz. Sinon vous auriez pu informer le Continent Central. Cependant, il y a bien eu un début et une fin. Des rapports inquiétants, des décisions prises, des solutions à trouver. Et des indices permettant de conclure à la piste terroriste.

Une brume envahissante, hallucinogène et de nature inconnue, ce n'est quand même pas anodin, surtout quand elle parvient à stagner pendant des jours, comme si elle était alimentée par une source...infinie.?


Mélangeant remarque journalistique, technique et chronologique, Jon espérait jouer la carte du "Ok, je me résous à être plus précis, j'arrête les doubles sens". Une manière de mettre le Maire dans de meilleures dispositions et permettre à la conversation d'avancer. Parfois, il fallait savoir ouvrir les vannes, même si l'on savait que cela ne ferait que noyer l'information. Chose que le politicien ne manquerait de tourner à son profit.

D'un geste un peu hasardeux, il indiquait qu'il cherchait un cendrier. Le sempiternelle dilemme du fumeur : bruler ses poumons sans réfléchir à l'endroit où déposer ses cendres.
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MessageSujet: Re: Whisky, cigare, no sport ! NO SPORT ?!?! Oo   25.09.11 6:58

Sans mot dire, le Maire sortit un cendrier d'un des tiroirs de la table (comme si cela avait été prévu) et le tendit à Jon par dessus la maquette d'urbanisme. Quand cela fut fait, il reposa ses fesses sur la chaise. Ce petit geste sembla avoir apporté un petit temps de réflexion à l'élu qui entama sa réponse sans même prendre une seconde pour peser son vocabulaire.

- "Alors ceci est une question très intéressante et je vous remercie d'avoir eu l'idée de la poser... Parlons donc de cette épineuse question de terrorisme..."

Le Maire ramena ses mains devant lui comme si cette question épineuse n'était pas transversale et complexe, et que lui, élu de l’état pouvait tout régler en quelques mots. A tout bien réfléchir, c'était effectivement l'image que la Mairie devait toujours donner. Et ce quelque soit le Maire en poste. Après tout sur Tyr, une Marie n'était pas limitée à la gestion communale de la salle des fêtes. Mais c'était bien une puissance administrative, politique mais aussi commerciale à une échelle semi-continentale. Un Maire était tout autant Maire que préfet. Il incarnait l'Etat. Et même si c'était Jean Aldwig, un homme corrompu jusqu'à la moelle. Il tentait quand même de bien faire son travail de Maire. Une gestion alambiquée mais qui réussissait l'exploit inique d'être efficace : Le Maire était l'image de la Bureaucratie huilée (Peut-être un peu trop d'ailleurs).

- "Eh bien monsieur le journaliste c'est très simple ! Ce que les journaux ont un peu librement qualifié d'organisation terrorisme, voire d'attentat séditieux pour les plus extrêmes" et nous les avons bien aidés pour ça, mais maintenant on va dire que c'était exagéré, car c'est ce qui est écrit dans notre plan de communication extrêmement bien rôdé et les présidents des journaux n'auront d'autres choix que de confirmer."... tient en réalité plus d'une aggravation accidentelle d'un délit grave mais qui n'avait pas forcément une dimension politique en soit..."

Et voila, le maire pouvait dire ce qu'il voulait. Il était dans la posture de l’État rassurant. Quoique Jon écrive, l'idée de terroristes étaient désormais dans l'esprit des gens. Et la suite des propos étayeraient cette thèse tout en précisant et minimisant l'emploi des termes de manière à paraitre plus rassurant. C'était assez tiré par les cheveux. Mais c'était une routine de manipulation et de désinformation classique qui se fondait sur la lettre des communiqués officiels à la virgule prêt, que les journalistes ne reprenait que par petits bouts dans les articles de leurs torchons. Et sans Internet, il n'était pas forcément consultable dans la masse de documents que la Mairie émettait chaque jour. Facile, à ce compte là de poser la critique. Mais avant cela, il fallait poser le contexte. Bref, faire comprendre à la personne que l'on sait de quoi on parle.

- "Comme vous le savez, la majorité de notre ville est alimentée grâce à la fameuse électricité. Bénéficiant par la Grâce Présidentielel des nouvelles directives énergétiques du Saint-Etat, comme toutes les villes industrielles de Tyr. Nous sommes autorisés à offrir la possibilité à nos entreprises la joie d'une énergie mi-conventionnelle. Autrement dit, comme vous le savez d'une énergie à 50% arcanotechnologique. Je m'excuse de répéter des lieux communs, mais je pense que cette mise en contexte est importante pour la suite."

Technique machiste d'échange commercial puissance 15 : 'Écoute, on y connait rien nous-mêmes. Je le sais. Tu le sais. Moi je n'ai pas étudié les trucs arcanos, toi non plus. Mais faisons les gens qui s'y connaissent vachement et qui sont nés avec une tétine arcano dans la bouche et de l'énergie du voile dans le biberon. Comme ça nous aurons tous deux l'impression d'avoir bien travaillé'. Et n'oublions jamais que quand un hûme mâaaale fait quelque chose. La seule chose importante pour lui c'est dans le pire des cas de trouver à s'auto-complimenter, et dans le meilleur de se faire complimenter par quelqu'un d'autre.

- "Il semble que le gaz qui nous a TOUS affectés plus ou moins directement a été produit par un mélange complexe de vapeurs issues d'une explosion au sein de plusieurs lieux provoquées par des surtensions générales dans le réseau électrique sécarien. Une inspection des services de l’Équipement et l'Urbanisme conjointe avec une enquête des forces de l'ordre a révélé un sabotage d'une centrale en périphérie de la ville. Je suis d'accord avec vous c'est un acte grave. Mais bon en réalité deux expertises ont pu démontrer que la composition du gaz ne pouvait être qu'accidentelle vu la complexité du mélange. Toute la population de Sécaria étant touchée à des degrés divers, il est plus que normal que nous ayons bénéficié d'une aide étatique pour cette crise. Sa Sainte Egide nous protège tous."

Et on termine par la super confidence d'un observateur étranger sur le propre métier de son interlocuteur et qui sera reprise par la gens de la même profession, dans un pur masochisme journalistique.

- "Enfin si je peux vous confier quelque chose en toute discrétion bien sûr, je suis d'accord que ce terme de "terroriste" ne se fonde que sur le fait que priver d'énergie des bâtiments publics est effectivement un acte de terrorisme au sens du droit. De là à l'étendre à toute l'affaire, je reconnais que c'est un peu fort de la part des journalistes, vu que nous parlons d'une dramatique conséquence accidentelle d'un sabotage d'une compagnie privée. Mais techniquement, c'est un terme fondé. Et notre Saint Capitalisme ne saurait reproché aux journaux d'avoir voulu grossir leurs titres." conclu-t-il avec un clin d'oeil.

- "Mais bon moi après, j'estime que les concitoyens sont assez intelligents pour lire au delà de cette dimension marketing. On est pas là pour faire un mauvais procès. Les journalistes sont quand même des gens qui font leur métier. Je sais bien qu'ils n'adhèrent pas tous aux politiques de surenchères."
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