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 Entretien d'embauche (Talula)

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Kaïden

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MessageSujet: Entretien d'embauche (Talula)   12.01.11 0:54

Il fait face à la maison close, sur ses deux pattes, un reste de collier accroché à son cou, et le regard éteint d'un zombi affamé. Kaiden est parfaitement conscient de quémander un su-sucre à la mauvaise personne, mais sa nouvelle vie de célibataire est devenue un poil compliquée. Voire infernale. Un homme seul qui vit dans un appartement, passe encore. Un mendiant au comportement bizarre, ça attire un peu plus l'attention. Voilà deux semaines que les patrouilles ont finalement désertées les rues, apportant une paix incertaine. Deux semaines que les gens sont revenus, ramenant dans leurs valises un quotidien rassurant. Deux semaines qu'il couche dehors, deux semaines que son nouveau critère de chasse a été une pointure taille 44. Deux semaines que le chien a laissé sa place à l'homme, et avec son corps est apparu un besoin pressant de retrouver une vie digne de ce nom. Après avoir écarté le scénario pitoyable où il suppliait l'Oracle de le garder à son service, le premier nom qui lui est apparu est celui de la maquerelle. Ce qui en disait long sur le tempérament suicidaire de son subconscient.

Mais Kaiden ne pouvait que lui donner raison. Une vampire pro Eliade suffisamment riche pour pouvoir l'embaucher, ça ne court pas les rues.

Alors il a attrapé une mine de charbon, un morceau de papier graisseux. Il a rédigé son cv, comme un flash back douloureux. Enfoncé sa vie dans la poche de son pantalon rapiécé. Refermé les boutons survivants de sa chemise plus brune que blanche. Et prit la direction des quartiers nord en pariant sur ses chances de se prendre une balle avant d'avoir atteint la porte d'entrée. Ironie du sort, quand tu nous tiens.

Et le voilà donc, sur le trottoir d'en face, à essayer de se recoiffer, à croiser les doigts, si ça peut aider. Puis il traverse enfin la rue, guette un signe quelconque qui lui prouvera qu'on l'a remarqué. Ce qui ne se fait pas attendre. Les rideaux du rez de chaussée s'agitent comme sous une bourrasque particulièrement violente. Et aux fenêtres apparaissent quelques paires d'yeux curieux. Le soir vient juste de tomber, il n'est pas encore l'heure des clients. On commence à aller et venir, et le bourdonnement des conversations lui fait monter la bave aux lèvres. Nourriture. Elle est proche, il ne fait plus de concessions. Attaquer une fille de Talula ne l'aidera pas à trouver un boulot, c'est certain, mais bordel (et c'est le cas de le dire), qu'est ce qu'il a faim !

C'est carrément n'importe quoi, voilà la pensée du jour qui juge son comportement d'un oeil colérique. En voilà des façons d'aller mendier dans ce taudis. Et puis quoi encore, il compte se prostituer peut-être ?

Toc toc toc fait sa main tremblante sur la porte. On fait coulisser un rectangle de métal, et un morceau de bouche peinte en rouge au pli méfiant demande:

- Qui c'est ?

- Je viens voir Talula. Dites lui que c'est Kaiden, elle me connait.


On le fixe, on le juge, on referme la lucarne  putain mais j'suis pas la concierge, d'autres choses à foutre, les pas s'éloignent. Les minutes passent, les plus longues de toute sa putain d'existence. Il ronge son frein, range ses crocs, croisent les bras et n'hésite pas à taper du pied impatiemment. Le gentil petit Kaiden obéissant pour l'instant il est allé pioncer. Dans sa tête il se remémore les grandes lignes de son petit discours visant à attendrir Talula. Si elle ne l'embauche pas, peut-être pourra-t-elle lui offrir une couche pour quelques nuits. Il n'est pas difficile, il dormira sur le tapis s'il faut. Mais au chaud. Un verre de sang ?

Enfin la porte s'ouvre, et une blonde à la mine renfrognée lui fait signe d'entrer. L'ex garde du corps ne se fait pas prier et jette à peine un regard désabusé sur le corps dénudé de la fille qui referme son peignoir. Pas de pudeur, juste de la prudence, le nouvel arrivé a l'air d'un vrai taré.

- El' va vous r'c'voir,
lui dit-elle en mâchonnant ses mots. 'tendez là.

Kaiden hoche la tête, le parfum des femmes, lourd, celui du maquillage, du fond de teint, de l'alcool un peu aussi. Ce truc ambré qui étouffe sa gorge fait gronder son estomac bruyamment. La fille ne peut pas s'empêcher de sourire avant de se tirer au salon principal où d'autres lui demandent ce que veut le gus à l'entrée. Pas baiser en tout cas, il m'a même pas maté, et encore heureux, il est peut-être mignon mais vous avez vu sa gueule ?


    Quoi ma gueule, qu'est ce qu'elle a ma gueule ?


Un parfum, et des voix qui lui font tourner la tête, et le vampire échappe aux lumières trop vives, quoique tamisées, en fermant les yeux. Vivement que Talula arrive, c'est pas le moment de rejouer la nuit des morts-vivants.
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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   12.01.11 18:01

La soirée tombait doucement. Assise sur un tabouret, vêtue en tout et pour tout de fine lingerie, un porte-cigarette fumant aux lèvres, la maquerelle tressait avec patience et douceur les longs cheveux bruns d’une jeune prostituée qui, les yeux clos, se laissait aller sans rien dire.

Ce fut le moment que choisit Titi Comment-ça-je-parle-mal pour ouvrir la porte d’un air bougon qui s’effaça aussitôt qu’elle pénétra dans la pièce.

Les clients de Titi n’étaient pas les clients les plus riches du bordel. C’étaient en général des hommes démunis, rustres et qui se fichaient bien de la poésie. Titi, parce qu’elle était d’un physique somme toute banal et rondelet, avait toujours été assigné à la satisfaction primale et brute de ces mâles-ci. Ça ne la dérangeait pas outre-mesure : un homme comme-ci ou un homme comme ça...tant qu’elle avait de quoi payer la nourrice de son fils, vous savez… Elle affectait un mauvais accent des docks et une humeur exécrable permanente qui lui permettait de tenir tête aux plus ignobles brutes, mais toutes les filles ici savaient bien que Titi était d’une grande culture et d’une élocution parfaite lorsqu’aucun homme ne traînait près d’elle.

- Il y a un homme en bas qui vous demande. Il s’est annoncé comme un certain Kaiden, et a laissé entendre que vous vous connaissiez. Il me semble que c’était le monsieur qui est venu la dernière fois, mais je ne saurai pas dire…dans tous les cas, il est dans un sale état, confia-t-elle en s’allongeant contre le chambranle de la porte pour reposer ses muscles las.

Talula ne put retenir un sourire. Les filles du bordel avaient une bonne mémoire. Trop bonne pour leur propre bien.

Elle tira une longue bouffée du porte-cigarette et poursuivit sa séance de coiffure sans rien dire. Kaiden ? Ici ? Titi n’avait pas fait mention de jeune femme l’accompagnant. Dès lors, Eliade n’était pas avec lui. Talula ne pouvait qu’en déduire des mauvaises nouvelles. Le garde du corps allait-il lui annoncer quelque chose de grave concernant l’Oracle ? Venait-il lui transmettre un message ? Ou – mais elle écarta rapidement cette hypothèse – venait-il ici…pour son propre compte ? Quoiqu’il en soit, ça pouvait attendre que cette tresse soit terminée. Une fois sa tâche accomplie, Talula lâcha :

- Titi, appelle Mikael. Je veux qu’elle et toi vous occupiez de la gestion de la clientèle. Ça la reposera un peu, et je suis sûre qu’elle s’en sortira assez bien. Je risque d’en avoir pour longtemps. S’il y a un problème, je serai à la cave. Si n’importe qui me demande, prends leurs noms et fous-les à la porte. Ah, et si ce n’importe qui se révèle être Asphodèle…dis-lui de me chercher là où son soleil ne brille jamais et trouve un moyen de le virer. J’aimerai éviter un massacre.

Titi opinait de la tête, enregistrant les consignes. Talula enfila une longue veste de soieries fines et vaporeuses, rajusta son chignon et prit quelques secondes pour se composer un air narquois dans le miroir du corridor. Puis, elle descendit les escaliers qui menaient à l’entrée où se trouvait Kaiden.

Le pauvre ne payait vraiment pas de mine. Lorsque la putain avait qualifié son état de sale, elle était restée dans un doux euphémisme.
La maquerelle croisa les bras, fixant son regard lactescent sur la tenue pauvrette du vampire. Son visage s’éclaira d’un sourire en coin lascif et sarcastique. Elle se foutait de sa gueule, pour sûr. Mais il y avait des signes sur la figure du vampire qui ne trompaient pas. La crispation de sa mâchoire, le tremblement de ses mains…

Tout cela trahissait la faim du vampire, ce que n’appréciât nullement la maquerelle. Le garde du corps avait l’air malade, complètement illuminé, et son odeur corporelle était la même que son hygiène : déplorable. Dans quel pétrin était-il allé se mettre ? Et plus important : comment pouvait-il être assez imprudent pour venir ici, alors qu’il vacillait sur place tant il avait… faim ?
La faim vampirique n’est comparable en rien à celle qui anime les tripes des humes. Le vampire est un éternel supplicié, un compagnon d’infortune de Tantale. Leur race était une race faible, née de l’improbable, et larvée dans l’impensable : le besoin étrange de se nourrir à même la gorge humesque, et ceci parce que – c’était du moins ce qu’était venue à penser Talula – le sang des hommes était la seule réalité connue qui pouvait stabiliser leur essence profondément magique et paradoxale. Les vampires suintaient la magie. N’avaient-ils pas dans leur camp le plus grand Oracle qui n’ait jamais foulé les terres de Tyr ? Et n’étaient-ils pas des sorciers par nature, bien plus intuitifs et proches de l’essence brusque de la sorcellerie tyrienne que tout autre être vivant ?

Dépourvus de sang, les vampires s’affaissaient, s’éteignaient, et perdaient leur individualité, trop absorbés par le chaos intérieur qui les avait crées.
La voix des sirènes, dans ces cas-là – rares, au demeurant, puisque la race était prévoyante, mais pas impossible, comme le prouvait l’imprudent Kaiden – devenait tentante…Et Talula n’avait aucune envie de voir Kaiden sauter à la gorge d’une de ses filles.

Aussi ne perdit-elle pas de temps en parlottes et présentations. D’un geste brusque, elle agrippa l’avant-bras de Kaiden et le tira sans ménagement vers l’arrière-salle où ils avaient déjà discuté, le jour de ce désastreux épisode entre Eliade et Asphodèle. Elle déverrouilla tout aussi abruptement la porte de la cave.

- Tu m’expliqueras plus tard. D’abord, on te requinque, lança-t-elle en guise de justification. Je ne veux pas d’emmerdes ici.

Puis elle l’entraîna au sous-sol, où les lumières, tamisées, dévoilaient des ensembles de fûts et des rangées de boissons, de bassines, de serviettes et autres provisions diverses. Il suffit à la maquerelle de déplacer une des armoires pour dévoiler une porte dérobée, qu’elle déverrouilla à son tour.

La salle attenante était une pièce large, sobre mais confortable, comportant de quoi vivre en petit format. Une des pièces où elle accueillait des clandestins à l’insu des autorités locales. Et une de celles où elle entreposait parfois le résultat de ses saignées. Talula était vampire depuis plus d’un demi-siècle ; aussi répugnant cela soit-il, elle avait dû finir par accepter sa condition et plus encore, les tâches anatomiques qu’elle demandait pour survivre.

Et, malheureusement, certaines consistaient à voler des poches de sang libre à l’hôpital.
Elle désigna la bouteille en verre sur une petite table entourée de deux sofas, et s’adossa au mur, tirant indolemment sur sa cigarette. Elle était en forme, et n’avait aucun plaisir à goûter à l’hémoglobine plus que nécessaire. En réalité, cela l’écœurait profondément, quand même les années passaient.

N’y avait-il aucun moyen de survivre sans cette dégradante et horrible bassesse ?

Elle se renferma dans un silence pesant, suivant des yeux chaque geste de Kaiden avec une fixité assez surprenante.


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Kaïden

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   14.01.11 20:23

Il commençait tout juste à perdre la notion du temps quand Talula apparue, fidèle à elle-même, et Kaiden n'avait plus Eliade derrière qui se cacher.

Son regard vacilla jusqu'à tomber au sol et il exhala un râle de souffrance, un avertissement comprit par la maquerelle qui sembla se précipiter vers lui pour le trainer tout aussi vite loin de ces gorges appétissantes. La vitesse qui gouvernait ses gestes lui sembla soudain démultipliée et il trébucha plusieurs fois, sans reconnaître les pièces, sans savoir où il s'engageait. Étirée à son maximum, la seconde suivante disparue en compagnie de ses consoeurs, jusqu'à ralentir encore le rythme, et lui donner la nausée. Il commençait déjà à douter de la nature de sa nouvelle bienfaitrice - peut-être juste, le bras là, offert, les veines qu'il pouvait distinguer, une simple morsure ne pourrait pas lui faire tant de mal elle semblait si merveilleusement hume - quand un éclat carmin lui apparu.

Kaiden n'y réfléchit pas à deux fois avant d'empoigner la bouteille au goulot, se foutant bien des verres et des conventions, y plantant les dents, et les crocs, jusqu'à l'explosion. Les entailles profondes dans sa bouche déversèrent dans son estomac son jus à demi coagulé, gâchant le précieux liquide qu'il engloutit en quelques rasades affamées.

Boire, boire encore, et sentir sa magie redevenir une boule lumineuse au fond de son être, sans l'aveugler.
Boire, et les plaies disparurent, et les éclats de verre dans son estomac furent digérés, oubliés.

Il était rassasié, et ça n'était en rien une satisfaction d'hume, comme ça n'avait pas été une faim d'hume, ça Talula l'avait bien comprit. Chaque Vampire avait sa propre comparaison pour décrire cette sensation unique d'avoir l'estomac plein.

Pour Kaiden, c'était semblable à un bain chaud parfumé à la résine de sapin après une pluie battante.

Il reposa la bouteille, son corps entier se détendit et il se tourna enfin vers Talula. Quoiqu'il puisse se passer maintenant, il aurait une dette envers la jeune femme.

« Merci. »

Avec sa raison, il sentit la honte peser sur sa nuque jusqu'à lui faire courber l'échine et il la chassa d'un geste vif, carrant les épaules, relevant le menton. Effaçant les dernières traces de sang sur sa peau il baissa la voix pour murmurer, avec un sourire de travers.

« Vous devez vous demander ce que je fous aussi. Ne vous inquiétez pas, je n'apporte pas de mauvaises nouvelles. … Pas pour vous en tout cas. »


Pendant un instant, il fut tenté de lui demander des nouvelles d'Eliade, car assurément elle avait du en recevoir. Peut-être que l'Oracle avait elle-aussi retrouvée forme humesque, peut-être avait-elle changé d'appartement. Il n'avait pas osé trainer dans son ancien quartier sous forme canine et avait évité de seulement y penser lorsqu'il était redevenu ce bon vieux Kaiden sur deux pattes. Mais le regard curieux de Talula sur sa silhouette, quasi méfiante, lui fit comprendre qu'elle ignorait sa situation actuelle. Peut-être même jusqu'à son renvoie.

« Eliade a décidé de se passer de mes services. Avec mon consentement. »


Lors d'un entretien d'embauche, autant éviter de casser du sucre sur le dos de son ancien employeur alors Kaiden passa sous silence la description amère de ses véritables fonctions aux côtés de l'Oracle, ainsi que son ressentiment. Après tout, ne lui avait-il pas pardonné lorsqu'elle lui tournait le dos, là bas dans les égouts ?

Assez naïvement, il se confectionna un visage plus aimable, humesque, redressant son sourire dans le but assez absurde de gagner la confiance de la maquerelle (comme si cette dernière faisait conscience en qui que ce soit, sérieusement).

« Alors je suis venu proposer mon aide à la cause, étant donné vos activités vampiriques au sein même de ce bordel. Je peux sans doute servir à quelque chose »


A traduire: Quelque chose de plus concret que de vous accompagner faire les courses.
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Signalement : Grande, bronzée, cheveux châtains blond mi-longs, raides, fringues de princesse, bijoux. Bonne poitrine sans être exagérée, grandes jambes et musclée. Epaules larges. Visage un peu carré. Yeux lactescent.


MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   31.01.11 18:03


Talula observa un silence compassé. La vitesse avec laquelle le diaphane garde du corps s’était rué sur la bouteille, la sauvagerie qui avait accompagné ses gestes l’avait laissé muette. C’était…immonde. Une part d’elle-même ne pouvait retenir un geste de recul, une torsion instinctive de dégoût, face au spectacle de cet homme ingurgitant un mélange de vieux sang et de verre pilé, avec l’euphorie et la rapidité que possède un rescapé du désert. Cette part là considérait Kaiden avec aversion ; et il lui fallût quelques secondes pour se détacher de cette impression qui lui montait à la gorge et se rappeler que le vampire n’était ici qu’une victime de leur condition commune, et que les rôles auraient bien pu être inversés.

Elle claqua sa langue contre ses dents, et se redressa lentement, avant de se diriger vers un petit sofa qui reproduisait, avec son jumeau, un ersatz de salon. Sous ses pas, crissèrent les monceaux de verre qui se brisèrent avec un bruit sec sous le passage de ses escarpins. Languide, elle passa ses jambes par-dessus l’accoudoir, écrasa le mégot de cigarette contre la table et le déposa sur la table. Elle indiqua d’un geste de la main le fauteuil voisin, invitant le vampire à s’asseoir.

Ainsi donc, tu t’es fait viré par l’Oracle. Je vois qu’il ne suffit pas de passer sous le bureau pour gagner sa sécurité de travail,
lâcha-t-elle férocement.

L’anecdote la faisait sourire. Elle n’aurait jamais imaginé que le duo classieux que formaient Eliade et Kaiden puisse être brisé. Il lui avait bien semblé percevoir des tensions au sein de leur petite union la dernière fois, mais, eh bien, à l’époque, elle avait autre chose à penser.

Je me demande quelles étaient les motivations d’une voyante extra-lucide pour te renvoyer, vraiment… ?

Enfin, bref. Je vais d’abord tâcher de répondre à ta proposition.

Premièrement. Tu peux bien évidemment rester ici. Comme tu le vois, mon bordel est bien équipé et tu devrais te sentir à l’aise ici. Te loger ici ne me pose pas de problèmes.

Deuxièmement. Le fait que tu proposes toi-même de retrousser tes manches et de bosser pour moi est un plus non négligeable dans mon estime pour toi.


Ben, oui. C’était plus facile de faire faire le ménage à des gens qui ont au moins le bon vouloir de le faire. Lorsqu’ils l’avaient mauvais, le vouloir, ça donnait lieu à toutes sortes de complications. Talula avait déjà accueilli dans cette même chambre une espèce de pimbêche vampire tout bonnement insupportable, du genre tellement montée sur ses grands chevaux qu’il n’y avait plus aucun moyen de la faire redescendre. Elle en gardait un mauvais souvenir d’histoires d’eau chaude, de mains baladeuses, et de torchons passés avec mauvaise humeur sur des meubles poussiéreux.

Sache que tu peux rester ici sans avoir à travailler pour moi, même si une participation financière est bien vue. Néanmoins, puisque tu le proposes toi-même…j’ai effectivement un boulot pour toi. Une très grande aide que tu pourrais m’apporter, et qui ne devrait pas dépareiller avec tes compétences de garde du corps.

J’ai toujours besoin de videurs supplémentaires,
susurra-t-elle. Et qui, bien entendu, ne touchent pas aux filles. Tu as déjà du en voir dans les maisons de passe : baraqués comme des tonneaux, ils se chargent de surveiller les clients et de s’assurer qu’ils payent. Si une fille a un problème, ils s’en occupent. Si un client s’introduit dans des endroits où il n’est pas censé aller – comme dans cette cave – ils s’en occupent. Si un client avec des allures de flicailles Rikeriennes entre, ils le foutent dehors. Petite parenthèse : les détectives privés sont la plaie de mon économie. Aussitôt repérés, aussitôt jetés. Fin de la parenthèse. Si j’ai envie qu’on aille me chercher une robe au fin fond du quartier, ils y courent. S’il y a de la vaisselle brisée, ils la nettoient. J’ai déjà un videur, mais c’est un compte assez léger pour gérer la maison. Le deuxième s’est fait égorger en rentrant chez lui la semaine passée.

Ah, oui, la règle numéro un, c’est : pas de questions. La règle numéro deux : on ne touche pas aux filles. La règle numéro trois : on fait son job - ce que j'dis, quoi. C’est bien entendu rémunéré. Si tu comptes loger ici, je déduirai ce que tu consommes de ta paye.

Alors ? Qu’est-ce que tu en penses ? Tu pourrais le faire ?

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Kaïden

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   03.02.11 13:11

A la remarque carrément déplacée de la maquerelle, Kaiden tiqua mais se contenta de garder le silence en s'installant sur le fauteuil, répondant ainsi à l'invitation. Si une quelconque information quant à son renvoie devait parvenir aux oreilles de Talula, cela viendrait de l'Oracle. Pas de lui. Mais la vampire se re-concentra rapidement sur les raisons de sa venue et Kaiden n'eut même pas à changer de sujet.

Si le sang l'avait aidé à retrouver une forme quasi olympique, l'autorisation claire et nette de Talula quant au fait de vivre au Bordel fut l'effet d'un rayon de soleil dans sa pauvre tête envahie par la brume. Pendant quelques secondes son corps vint s'affaisser sur le dossier du fauteuil et son regard, brillant, trahit son profond soulagement. Cela marquait définitivement la fin de son errance.

Mais le meilleur restait à venir.

La participation financière seule allait bien évidemment poser problème, et chercher du travail ailleurs lui causait là aussi quelques soucis. A qui se présenter ? A part Talula, il ne connaissait aucun autre vampire, il était absolument hors de question d'aller frapper à la porte d'un patron hume lambda où il finirait par éveiller sa méfiance. Après tout, Kaiden n'était pas seulement louche (ce qui à Secaria était devenu une caractéristique inévitable de la main d'oeuvre pas chère): Kaiden était anormal.

Néanmoins, ses sourcils se froncèrent légèrement à la proposition de Talula. Videur, rien que ça. Évidemment un garde du corps se devait de posséder une forme physique irréprochable en cas de rapprochement physique avec l'adversaire (quitte à servir de bouclier humain à son employeur), mais Kaiden avait préféré tout miser sur son pouvoir, ainsi que sur le don de voyance d'Eliade, en cas d'attaque surprise. Ca ne serait pas la même chose au Havre de Joie. Qu'un client pose problème, soit, mais de là à le descendre à la moindre bévue... Et Kaiden n'aurait plus cette impression de posséder deux coups d'avance sur la menace. Malheureusement pour lui, il allait devoir apprendre à faire avec.

La liste de ses futures (potentielles) tâches n'en était pas moins terminée.

Si j’ai envie qu’on aille me chercher une robe au fin fond du quartier, ils y courent.

Oh non, pas encore pensa Kaiden tel un pot de géranium chutant du sixième étage.

J’ai déjà un videur, mais c’est un compte assez léger pour gérer la maison. Le deuxième s’est fait égorger en rentrant chez lui la semaine passée.

Tiens, ça, ça lui disait vaguement quelque chose - odeur de sang dans une ruelle déjà coagulé inintéressant dangereux même pas bon poison se tirer de là avant que quelqu'un pousse un cri d'alerte.

Ah, oui, la règle numéro un, c’est : pas de questions. La règle numéro deux : on ne touche pas aux filles. La règle numéro trois : on fait son job - ce que j'dis, quoi.

Un poste de larbin, qui pourrait néanmoins lui accorder deux trois avantages. Il y avait des rumeurs qui couraient sur la maquerelle. Dont une qui avait capté son attention.

- Je pense que je pourrais le faire. Jouer au larbin ne me pose pas de soucis tant que ça reste une caractéristique de ma panoplie de videur et non pas mon job principal. Par contre, je suis loin d'être "baraqué comme un tonneau",
commenta-t-il avec un sourire crispé.

Et ça risquait de lui prendre des mois pour ressembler de près ou de loin au second videur de Talula (si cela était seulement possible, Sophia était passée rapidement sur le possible développement musculaire des cadavres).

- Il faudrait sans doute que je m'entraine au corps à corps, même si je possède déjà de solides bases. Ca devrait faire l'affaire sur une grande majorité des gêneurs mais autant se préparer à affronter le petit pourcentage restant, et éviter qu'un autre de vos videurs se fasse... latter la gueule..


Ca aussi c'était différent, ce vocabulaire un peu plus riche et ce ton pince sans rire qu'il prenait pour lui parler, non pas pour se foutre de la gueule de la maquerelle, loin de là, mais plutôt pour porter un regard critique sur ses propres capacités. Douter de soi avait finalement du bon, il se remettait plus facilement en question. Pour mieux apprendre à se connaitre et régler ses défauts.

- Je n'aurais pas à utiliser mes armes ici, je le sais, mais je préfère être paré à toute éventualité.
(... Et ne pas perdre la main)

On en arrivait au point épineux qui pouvait lui valoir un coup de pied au cul dans les dix prochaines secondes.

- On dit que vous avez un contact avec le propriétaire du D-bar. Faire mes courses au marché noir pourrait m'apporter  certaines emmerdes, et à vous aussi. Ce n'est pas une menace, Se hâta-t-il de préciser, Je veux juste savoir si c'est possible de me fournir en munitions chez cet homme, quitte à payer ce qu'il faudra. Je ne me suis pas approché de lui auparavant car... enfin vous savez pourquoi.

Discrétion vampirique oblige.

- Néanmoins si vous avez vraiment un lien avec lui, ça pourrait nous être utile à tout les deux. Et je ne parle pas simplement de mon poste en tant que videur. Si vous m'offrez l'occasion de vous aider en tant que vampire, pour les vampires, pour l'Oracle, je le ferais. Sans hésiter.


Car il restait fidèle à la cause, cet abrutit de Kaiden, fidèle au Prophète. Eliade était une personne différente.
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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   09.02.11 21:30

Talula ouvrit de grands yeux de chouette réveillée en plein après-midi, et ses globes oculaires effectuèrent un terrible roulé-boulé sur eux-mêmes. C’était d’autant plus effrayant que, rappelons-le, ses yeux étaient blancs (cassé, pour être précis) ; le spectacle qu’elle offrait à son homologue devait valoir le détour, à défaut de faciliter le sommeil des enfants en bas âge…
Le coin de sa bouche se retroussa, dévoilant des quenottes alignées au garde-à-vous, éclatantes de santé.

Le vampire était d’un guindé ! Oh, il n’avait pas à s’en vouloir, c’était après tout une marque très…répandue chez les siens. Ce besoin des tirades pseudo-héroïques, franchement… ! Talula se fit la promesse de profiter de l’incursion de Kaiden dans sa demeure – voire, qui sait, comme employé – pour faire de cette petite langue droite et bien formée la plus grande rivale des poissonnières du quartier. Déjà, sa simple présence semblait porter ses fruits : Talula avait relevé quelques gros mots dans le phrasé sinon solennel du vampire. Mais bientôt, très bientôt, sa fréquentation forcée ferait aboutir le garde du corps à un langage qui ferait rougir un charretier ! Talula se prit à visualiser la scène : Kaiden, l’ex-garde du corps de l’Oracle, bras croisés, alors qu’une poignée de filles à demi nues agitent leurs fanfreluches et leurs dentelles autour de lui : « Eh ! M’sieur le garde du corps ! Gardez-moi, gardez-moi encore ! » « Dites, v’savez pas danser ? Allez, quoi, tant qu’on a pas encore pris le service ! » « Ah non, n’allez pas me dire que vous ne buvez pas, m’sieur… »

Elle manqua rire à haute voix. C’était tellement…décalé ! Kaiden paraissait être le genre de personne qui souhaitait toujours faire bien. Une qualité prodigieuse, mais prompte à être moquée. Autant dire qu’il avait bien mal choisi sa patronne, qui avait élu le sarcasme mode de communication de l’année, comme elle tâcha d’en faire la preuve aussitôt :

Tu ferais ça ? Vraiment ? Pour les vampires ? Pour moi ? Oh, Kaiden, c’est très généreux de ta part, évidemment, mais surtout, ne te sens pas obligé…ricana-t-elle. Enfin, si tu considères que virer un homme d’affaire d’une chambre sans même lui laisser le temps de remettre son pantalon est une tâche des plus utiles à la cause d’Eliade, je t’en prie, ne te gêne pas !

Elle lança un regard aussi bref qu’aiguisé à son adresse, puis laissa retomber sa tête au creux du sofa. Oh, oui, elle allait faire du séjour du garde du corps ici-bas un véritable enfer pour les bonnes mœurs et la sagesse. Et d’abord, elle allait commencer par essayer de le rendre fou. Et, à ce jeu-là, tout est permis…

Une longue jambe ambrée s’étira par-dessus l’accoudoir, laissant apparaître la forme dentelée d’une jarretelle.

Se payait-elle sa tête ?
Ou n’avait-elle vraiment rien compris à ce qu’il venait de lui dire ?

Ecoute, Kaiden, puisque tu vas bosser ici – Monsieur Mancuso…

Elle insista sur la marque de civilité. Puis passa un doigt songeur et léger sur les contours de la jarretelle.

…et moi-même avons un accord de bon aloi. Ce dernier est indicateur, comme tu le sais, pour de mauvaises fréquentations, en général…Il n’a pas voulu déchoir à cette réputation et me fournit donc quelques informations. En échange desquelles, je monnaye les propres secrets qui éclosent sur les oreillers des chambres de ce bordel…

Certifie lui donc que tu viens de ma part : ça ne l’empêchera pas d’essayer de te rouler, néanmoins, et je préfère te prévenir. Etre…prudent s’impose. Tant que son bar est détruit, la clique des Balayeurs ne se réunit plus chez Mr. Mancuso aussi souvent. Mais sait-on jamais…


Elle s’étonna elle-même de la voix ferme et assurée qu’elle avait prise. En réalité, elle portait de nombreux doutes sur la fiabilité qu’on pouvait octroyer à Caleb (dans le domaine commercial, Caleb, dans le domaine commercial). Mais il était désormais trop tard pour revenir en arrière : ce dernier était irrémédiablement au courant de la survivance des vampires. Un mot de travers pouvait être fatal à leur race.

D’un autre côté, il pouvait aussi être fatal à celui qui le prononce. Et tous les accords de paix mondiaux ont été conclus parce que deux nations aux intérêts divergents, n’ayant pas réussi à bombarder l’autre en premier, finissent par signer un armistice de mauvaise grâce et uniquement parce qu’ils savent qu’une morte ridicule et idiote les attend s'ils poursuivent leur guérilla. La paix dans le monde politique n’a souvent rien à voir avec l’envie de faire des bébés et de s’essuyer le derrière avec des feuilles d’arbre.

Elle passa du coq à l’âne, évitant ainsi de rester dans les eaux troubles que représentait le sujet « Caleb » à ses yeux.

Quoiqu’il en soit. Faire le larbin n’est évidemment qu’une de tes apparences de videur. Je ne tiens pas à te voir te décérébrer au fur et à mesure que le temps passe en guettant mes ordres. En dehors de tes horaires, tu n’es plus mon employé ; et lorsque tu travailles, tu restes…eh bien, un être humesque avant tout. Je ne te demanderai rien de vraiment extravagant, quand bien même ça me ferait sacrément bicher de t’envoyer régler mes dettes et parier sur les courses de chevaux à ma place. Mais…eh bien…pour les vampires…

Pour les vampires, c’est différent.

J’ai quelque chose à te demander qui n’a rien à voir. Si tu peux aider là-dessus, ça serait une très bonne avancée pour nous.

Il y a peu, j’ai trouvé une femme dans la rue ; une rouquine, qui s’appelle Ange, Ange Sheldon. Je l’ai accueillie ici : elle était blessée. C’est là que j’ai remarqué que c’était une Versatilis.

Ce qui était curieux, parce qu’elle…ne connaissait rien au monde extérieur. Rarement vu quelqu'un d'aussi bête et naïf.

Elle m’a parlé de son père, un certain docteur.
Je l’ai raccompagnée là-bas, pour en savoir plus. J’y ai trouvé des documents…bizarres. Très bizarres.
Le docteur s’appelait Klaus Sheldon.
Le même qu’à Radio Sécaria, oui.
Nous avons été attaqué par…quelqu’un, dans la maison. Et en fuyant, je l’ai perdu de vue.

J’aimerai beaucoup la retrouver.
Mais au vu des documents que j'y ai trouvé - et dont il me faudrait expliquer la teneur à Eliade - il est tout bonnement impossible de mettre un hume sur le coup...
Disons pour faire court que quelqu'un a payé le professeur Sheldon. Pour qu'il fasse...des expériences spécifiques sur...des bébés Versatilis.


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Kaïden

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   10.02.11 10:27

Kaiden fit l'effort de ne pas répondre au sarcasme, attendant poliment que la Talula réponde à ses questions. Apparemment la maquerelle se devait d'atteindre un certain quota de moqueries pour être de bonne humeur, et si sa présence au sein du bordel devait être officialisée par un contrat à durée indéterminée, il allait devoir apprendre à la supporter, elle et ses petites manies. Et puis, mine de rien, cela faisait partit du charme de la maquerelle. Une ombre de sourire aux lèvres, le regard concentré, le vampire fut tellement enchanté qu'elle retrouve enfin un certain sérieux dans ses réponses qu'il ne remarqua pas tout d'abord son changement, subtil, de position. Mais ses yeux accrochèrent soudain l'esquisse de caresse sur la dentelle, la peau pâle, et l'esprit de Kaiden se mangea un mur particulièrement solide, le stoppant dans ses réflexions. Mancuso – qui ?

Ah oui, le D-bar, les courses, résister à l'envie de vider son chargeur dans la tête du premier balayeur venu oui oui. Ses yeux firent un dernier aller retour et revinrent s'ancrer à ceux de la maquerelle. Il n'était pas assez con pour croire cette position, et cet allumage, involontaire, mais décida de ne pas en faire la remarque. Cela ne pourrait que l'encourager.

Pendant quelques secondes, il eut envie de lui demander si la rumeur disait vraie, si le Downward bar avait bien été détruit par des balayeurs, si monsieur Mancuso était vraiment mal en point mais le changement de sujet de la maquerelle instinctivement lui mit la puce à l'oreille et sans bien comprendre pourquoi, il prit la sage décision de fermer sa gueule.

Et Talula parla de la Versatilis.

Kaiden n'était pas un lâche, loin de là, mais la simple mention de cette race lui arracha un léger frisson de terreur. Ca se répétait encore, à croire qu'il cherchait vraiment les employeurs casse-cou(illes). Il se mordit la langue douloureusement, décida de croire la maquerelle quant à la naïveté de celle qu'elle avait ramassé dans le caniveau, et se pencha en avant, mains croisées sous son menton, sourcils froncés, pour l'écouter attentivement. Après tout, on lui offrait un rôle important dans cette mission et non pas celui du parano de service enfermé dans l'ignorance.

Ange Sheldon. Sheldon. Ca lui disait vaguement quelque chose.

- Le docteur s’appelait Klaus Sheldon., précisa presque aussitôt Talula

Kaiden écarquilla sensiblement les yeux.

- Vous voulez dire....

- Le même qu’à Radio Sécaria, oui.

Le garde du corps prit quelques secondes pour digérer l'information. Ah ouais, c'était quand même d'un autre niveau que les missions d'Eliade. Des caves et des cadavres, c'était ce qu'ils avaient dit à la radio. Des caves, des cadavres, dans la maison d'un scientifique. Il n'y avait pas mieux placés que les deux vampires pour comprendre le danger d'une telle situation.

- Disons pour faire court que quelqu'un a payé le professeur Sheldon. Pour qu'il fasse...des expériences spécifiques sur...des bébés Versatilis.

Et par l'Etat, les humes n'iraient jamais assez loin.

Kaiden leva les mains, exigeant une pause, les yeux clos, ses pensées se succédant à toute vitesse. Oublié le comportement de Talula, la main sur sa cuisse, ses sarcasmes, et presque son besoin de munition (oh que oui, il allait vraiment en avoir besoin). Les mots étaient une alerte, formaient un danger concret. La femme avait disparue, bien, mais pour où ? Avait-elle trouvé d'autres Versatilis ? Avait-elle été capturé par d'autres scientifiques complices de Klaus Sheldon ? Et si elle avait parlé ? Si elle avait dit quelque chose ? La panique lui serra la gorge mais il refusa de se laisser prendre au piège et releva la tête, les narines palpitantes. Oui, s'il avait été hume, Kaiden en aurait haleté.

- Bon. Alors oui ça a son importance...


Il se racla la gorge.

- Elle est au courant pour votre condition de vampire ou... ?


Il ajouta presque aussitôt.

- Je veux bien enquêter sur cette femme, et la retrouver pour vous. Mais je dois vous dire, même si je pense que vous y avait déjà réfléchit, vous risquez gros. Des humes scientifiques, des expériences sur des Versatilis... je pense comprendre le but de ces expériences et si les extra-tyrrestres l'apprennent, cela risque de déclencher... une guerre.

Kaiden n'arrivait pas à nommer ça autrement. Et dans un coin de sa tête il y eut un trait rouge entre Ange Sheldon et Eliade. Eliade, l'Oracle, corrigea-t-il mentalement. Voilà, l'Oracle.

- Et si cette femme est prisonnière et qu'elle parle de vous, à n'importe qui, vous pouvez avoir des gens qui vont venir frapper à votre porte, pour régler les comptes.


Une autre pause, un peu plus courte.

- Il faut avertir l'Oracle ça je suis d'accord, enfin, si elle n'est pas déjà au courant (le ton se fait plus amer). Elle pourrait nous aider à retrouver cette Versatilis.

… Ces documents, je pourrais les voir ?
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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   14.02.11 21:15

Talula observa les réactions de son compagnon. Et elle sut, aussitôt, qu’elle venait de faire un bon choix en acceptant Kaiden dans sa maison, et parmi ses employés. Plus encore en lui demandant son aide. Premièrement, il ne remit pas en question sa parole. Deuxièmement : il mesurait l’importance de l’information.

Mais elle prit bien garde à ne rien laisser paraître de sa satisfaction. Talula n’était pas le genre de femmes promptes aux compliments. D’autant plus qu’il ne fallait pas que Kaiden s’enorgueillisse trop vite, et s’amollisse sur ses lauriers ; le travailler, le laisser dans le doute, lui laisser une ouverture à l’initiative…combiné à sa stratégie de débauche, cela ne pourrait que consolider le cœur pâle et mort du garde du corps. N’est-ce pas ?

…Tu penses comprendre le but de ces expériences ? répéta-t-elle, un peu surprise par la formulation du vampire.

Celui était-il au courant de choses…Qu’elle ignorait ? Après avoir côtoyé si longtemps l’Oracle, cela était bien possible. En ce cas, Kaiden allait devoir l’illuminer…

Tu peux les voir, oui. Enfin, pour cela, il va falloir monter dans ma chambre.

Un sourire aguicheur vint aussitôt rayonner sur la figure ambrée de la maquerelle. Elle se redressa sur les coudes, prenant son temps pour balancer ses longues jambes athlétiques au-dehors du sofa. Rien dans son attitude ne suggérait qu’elle accordât ne serait-ce qu’un millième de son attention à Kaiden. Elle était sublime d’indifférence, mais le roulement de ses reins était celui d’une prostituée de longue haleine, d’une fleur de nuit – fleur du mal - aux effluves de trottoir, aux allures de guerrière de l’amour.

Viens, lança-t-elle derrière son épaule, l’entraînant à sa suite parmi les escaliers et dans les dédales du Havre de Joie. On en profitera pour faire un tour des installations, pour ton boulot.

…Elle n’est au courant de rien sur ma situation. Elle sait où j’habite, elle connaît mon nom ; ceci dit, elle n’a jamais remis les pieds ici, et je n’ai pas entendu parler d’elle.

C’est quelqu’un d’assez discret, une jolie fille, selon moi, mais du genre effacée. Comme toi, quoi,
fit-elle un ton plus bas, le regard en biais.

Ils venaient de déboucher sur le hall principal. Là, la jeune femme rondelette qui avait ouvert tantôt à Kaiden, Titi Comment-ça-je-parle-mal, leur lança un regard interrogateur ; elle était en train d’accueillir deux jeunes humes à la coupe bohème.

Certainement ces indécrottables poètes. Jamais le sou, mais toujours à chercher la muse.
Talula lui fit signe que tout allait bien. Titi laissa traîner un regard suspicieux sur Kaiden, probablement surprise de voir ce dernier affichait une mine…si décontractée au vu de son entrée…théâtrale.

Le hall principal, que tu connais déjà. A gauche, les cuisines. De là où on vient, deux salons différents. A droite, grand salon, lieu des rencontres et de la détente par prédilection. On y joue, aussi, on peut y boire, et il n’est pas rare que quelques paumés y passent leur soirée à regarder les filles les yeux brillants ; mais, trop pauvres pour s’en payer une, ils se contentent de boire en parlant de leurs mères qui leur a envoyé une lettre de Lespure. Je te préviens, ils ont tendance à vouloir absolument engager la conversation avec les videurs.

Les escaliers mènent au premier étage, tout en longueur. On y trouve les chambres. Une salle d’eau commune. Quelques pièces particulières, que je te laisserai la joie de découvrir. Ah, et mon bureau et ma chambre, juste là.

J’en étais où ?

Ah, oui.
Donc, la donzelle n’est pas revenue. Personnellement, j’ai bien peur qu’elle soit morte ou qu’elle ait connu des problèmes durant…les évènements…


Talula laissa sa phrase en suspens. Elle gardait des souvenirs assez salés des « évènements. »

Mais j’ai bien décortiqué l’actualité, et personne ne fait mention d’un corps qui correspondrait au sien. En discuter avec l’Oracle me paraît le recours le plus fiable et le plus efficace pour mettre l’affaire au clair.

Les documents sont dans ma salle de bain.


Passant devant son bureau, la maquerelle en profita pour réinstaurer une longue cigarette blanche dans son porte-cigarette, qui après tout était fait pour ça.

La salle de bain en elle-même était assez petite, mais confortable. Talula déplaça sa chaise de bureau à l’intérieur, y monta et entreprit de faire coulisser une pièce de faux plafond. Puis, y tâtonnant, elle en ressortit un paquet de documents ficelés qu’elle jeta, non sans une pointe de cruauté, vers Kaiden.

Attraperait ? Attraperait pas ?
Quoiqu'il en soit.

Les documents officiels et écrits de Klaus Sheldon, très cher Kaiden, retracent toute l’aventure du projet Ange vus par ce dernier : ses annotations au fil du temps, ses commentaires, ses recherches, ses études, jour par jour.

Tu verras ensuite les factures. Apparemment, il recevait de l’argent d’une certaine dame Foane. Il le dépensait en divers produits locaux et en importations extra-Vanoriennes, comme tu peux le voir : des produits assez variés…j’ai souligné l’alimentation. Il m’a paru intéressant de constater que Sheldon achetait plus de nourritures qu’il n’en fallait pour deux personnes.

Je me suis renseignée sur Mme Foane ; c’est une aristocrate nevane, très proche de l’Académie. Elle subventionne nombre de recherches scientifiques.

De mon avis, c’est bien sûr une couverture. Un des hommes qui nous a attaqué portait une arme, du genre qu’emploient les forces armées.

J’y vois deux pistes.


Elle s’adossa contre le mur, laissant le temps à Kaiden de prendre connaissance des papiers, la cigarette grésillant au rythme de ses inhalations. Elle continuait à commenter d’une voix atone, désirant être bien comprise et synthétiser le plus efficacement ses doutes et impressions.

La première est bien entendu celle de l’armée étatique. Mais, tu en conviendras, c’est trop…évident.

La seconde mène aux Balayeurs. Après tout, ce groupe prétendument disparate en sait et en fait peut être bien plus que nous le supposons. Rien n’empêche Mme Foane ou ses petites copines de faire partie des Nettoyeurs…je penche plutôt pour cette hypothèse.

Mais ceci sont des questions à poser à une Oracle ou à un trafiquant d’armes expérimenté.
…ah, et puis, les lettres et les correspondances que je n’ai pas su ranger. Ce sont le genre de papiers qu’on s’attend à trouver dans un bureau normal : de l’administratif.

Voilà.

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Kaïden

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   14.02.11 23:47

…Tu penses comprendre le but de ces expériences ?

Kaiden hocha doucement la tête, et prit quelques secondes pour organiser ses pensées avant de préciser:

- Ce qui pose soucis, ce que les balayeurs essayent de régler à leur manière, c'est le caractère violent des Versatilis. Ils ne sont pas connus pour faire dans la douceur. Les expériences sur ces enfants (Le mot lui déplaisait) visent très certainement à contrôler cette violence, voire à l'annihiler. Études sur le cerveau extratyrrien, éducation humesque, traitement hormonal, je ne sais pas ce qu'ils font mais ils essayent sans doute de détruire les fondements de cette espèce par un moyen plus... acceptable selon leurs critères.

Qui n'étaient pas les siens, quoiqu'il puisse penser de cette race de psychopathes assoiffés de sang. Après tout, la preuve avait faite il y a déjà un moment, dans des études qu'il avait lu avec attention malgré son dégout évident: Les Versatilis formaient des familles presque bienveillantes à l'égard de leur descendance.

- Que ces fondements soient innés ou acquit par contre...
, ne put-il s'empêcher de rajouter, pariant involontairement sur le succès d'une telle entreprise. Mais ce n'est qu'une théorie, et le mieux encore est de chercher des preuves. Et pour cela, nous avons vos documents, si bien entendu vous me donnez l'autorisation pour...
- Tu peux les voir, oui. Enfin, pour cela, il va falloir monter dans ma chambre.

Kaiden ignora plus ou moins volontairement le sourire de sa nouvelle patronne et se leva aussitôt, lui emboitant le pas non sans froncer des sourcils aux ondulations vénéneuses de ses hanches.

Ne pas mater, se fustigea-t-il mentalement en relevant les yeux pour les ancrer à la clavicule de Talula sans répondre au compliment, ni au regard en biais (pas d'encouragements)

Rebroussant chemin jusqu'à revenir au hall, il prit note rapidement des indications de la maquerelle, l'esprit essentiellement centré sur le dossier Ange Sheldon. Il verrait plus tard pour la visite guidée du Hâvre de Joie (de préférence en solitaire car au vu du comportement de la patronne - un comportement pour le moins déroutant -  le vampire ne pouvait s'empêcher de se montrer passablement terrifié en songeant à celui qu'auraient ses filles à son égard)

- (…) mon bureau et ma chambre, juste là, continua Talula sans se douter des pensées de son employé, J’en étais où ?
- Ange Sheldon, qui ignore donc votre rôle au bordel si j'ai bien compris.
- Ah, oui. Donc, la donzelle n’est pas revenue. Personnellement, j’ai bien peur qu’elle soit morte ou qu’elle ait connu des problèmes durant…les évènements…

Ce qui ne serait pas surprenant. S'arrêtant à l'entrée de la salle de bain (trop petite pour eux deux au vu de la carrure de Kaiden), le vampire attendit qu'elle fasse une pause pour rajouter:

- L'Oracle saura nous dire si elle est vivant ou non en tout cas, et si nous avons choisis la bonne piste à suivre.


Hm, commenta la part hume et virile de son subconscient tandis que Talula grimpait sur la chaise pour récupérer les documents dans une cache secrète du plafond, offrant une vue complète sur sa chute de rein.
SCHBLAM répondit le-dit paquet de documents contre son torse et il le réceptionna à moitié, reculant d'un pas pour garder son équilibre.

Aïe.

- La comptabilité est la plus importante.
Bredouilla-t-il en remerciant sa condition de vampire (un afflux de sang au visage l'aurait trahit plus efficacement qu'un lapsus).

J'espère que monsieur Sheldon s'est montré assez intelligent pour mettre à jour toutes ses finances, qu'elles soient légales ou non. La nourriture, c'est un bon début, mais je suis curieux de savoir ce que cet homme a utilisé dans ses expériences. Des médicaments peut-être... des instruments, de type arcano allez savoir.


Grâce à vous en tout cas nous avons un point de départ solide, je vous félicite, rajouta-t-il après quelques secondes, sans se rendre compte de la portée de ses paroles. Kaiden n'était pas un hypocrite, encore moins un cireur de pompes.

Il revint au bureau, fouillant vaguement dans le paquet, mais sans oser s'assoir à la place réservée à Talula derrière son bureau, ce qui ne l'empêcha pas de déballer les documents sur le meuble vernit de très bonne facture. Une oreille toujours attentive sur le débit de paroles de la jeune femme, il commença à faire deux tas, l'un de factures (déjà bien ordonnées), l'autre de lettres (les correspondances administratives, même codées, réservaient bien souvent son lot de bonnes surprises - ou de mauvaises selon le point de vue).

- Bien que trop évidente, la piste de L'Etat ne doit pas être écartée. Il doit forcément y être mêlé, c'est beaucoup trop important pour qu'une branche ne soit pas impliquée. Les balayeurs ne sont pas aussi organisés, ni même assez intelligent pour se lancer dans une opération pareille... néanmoins ces derniers temps mes certitudes quant à ces fous de la gâchette ont été un peu chamboulées.


Il délaissa les papiers pour se tourner vers la maquerelle, sourcils de plus en plus froncés.

- Ce qui serait fantastique serait d'amener cette madame Foane à rencontrer l'Oracle, sous couvert d'une séance privée, pour que l'on puisse avoir des preuves, voire des liens avec une quelconque organisation. Car je doute sincèrement pouvoir retracer sans aide une confrérie scientifique telle que celle qui subventionnait Klaus Sheldon pour ses petites expériences. Et tout ça sans mettre en danger les vampires. Ange Sheldon ne doit pas savoir grand chose, surtout si, comme vous l'avez dit, elle voyait en cet homme un père de substitution...


Un soupir lui échappe, un soupir de vide, une imitation presque ridicule pour se donner contenance et il prit appuie sur le bureau en baissant la tête.

- L'Oracle est un point de départ. Elle pourra travailler même à partir de vos souvenirs. De mon côté je chercherais dans les bas-fonds la trace de cette jeune fille. Si elle est toujours vivante, et si elle n'a pas été kidnappé, il faudra l'aider. Pas en la ramenant ici mais au moins en la plaçant à l'abri. Ça évitera qu'elle tombe entre de mauvaises mains définitivement. Si elle a été kidnappé, je trouverais des pistes que l'Oracle pourra travailler.....


Kaiden émit un petit rire sans joie et leva les yeux au ciel.

- En sommes, la participation de l'Oracle est plus que bienvenue... essentielle même.




Mais si Kaiden, un jour tu pourras travailler sans elle, et peut-être même vivre qui sait.
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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   19.02.11 16:30

Se faire féliciter par son employé avait quelque chose de déroutant. Tous les manuels du type « Comment fonder une entreprise » ou bien « Entretenir de bonnes relations avec votre équipe de travail » faisaient montre d’un certain talent d’hypocrite pour encourager le lecteur à se faire mielleux avec autrui. Apparemment, la clé d’une bonne réussite sociale était de placer l’autre au cœur de son existence, et d’afficher clairement à quel point l’on s’intéressait à son cas, à son existence, à ses avis et à ses moindres sautes d’humeur. Les bouquins mentionnaient l’importance du lien patron/salarié, celui-ci devait être construit « autour d’un pied d’égalité » (mais pas au niveau du paiement) et d’un « respect mutuel. » (C'est-à-dire que l’employé se la fermait lorsque le patron l’engueulait.)

Talula avait vite repérer la faille dans tous ces discours prétendument humaniste. Ils partaient sur le postulat que le patron était un être pouvant aimer autre chose que son nombril et que l’employé était un hume intelligent et dynamique.

Grave erreur.

Non, Talula était une patronne dure et sévère et elle ne voyait pas de raison de changer de tactique. Aussi sourcilla-t-elle bizarrement lorsque le garde du corps se mit à divaguer comme s’il adressait la parole à une collaboratrice dans une enquête criminelle « rondement menée. » Quelle réponse devait-elle apporter à ce genre de remarques ? Il y avait un côté amusant au sérieux guindé du garde du corps, mais hors de question de le laisser paraître.

Grâce à moi, vous avez un point de départ tout court, corrigea-t-elle avec une pointe d’acidité feinte, juste histoire d’embarrasser Kaiden.

Elle laissa Kaiden prendra place dans son bureau, avant de s’y installer à son tour. Oh, pas derrière, sur la magnifique chaise sculptée que lui avait offert un mécène amoureux (la chaise était une illustration du ‘Sama-Cul-de-rat’, et représentait diverses scènes peintes avec une précision...hilarante.) Non, non, non. La maquerelle posa son postérieur galbé sur le rebord du bureau, tout à côté de Kaiden, et croisa délicatement les jambes.

Madame Foane ?
interrompit-elle. On peut l’attirer ici, oui. Il suffira de concocter un piège en se nourrissant des informations fournies par les documents. En se renseignant sur sa personne, nous trouverons sûrement un membre de sa famille, un ancien élève de l’Académie, ou une connaissance quelconque pour qui nous pourrions nous faire passer afin de l’attirer à Vanor.

Elle écouta la suite de l’intervention de Kaiden avec intérêt. Il avait de la suite dans les idées, à son grand plaisir.
L’idée de laisser l’Oracle vadrouiller dans ses souvenirs arracha une grimace à la maquerelle. Elle ne devait pas être la seule à afficher cet air contrarié à l’idée d’une autre conscience s’immisçant dans sa mémoire ; mais il faudrait bien rester stoïque et y passer, si elle souhaitait contribuer à mener cette affaire à terme.

Très bien.
On dirait que tu n’as plus qu’à la chercher et à étudier la paperasse, alors.

Bon, je te le fais, ce contrat de travail ?
fit-elle en désignant son bureau, où un discret encrier semblait attendre qu’on se saisisse de lui.
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Kaïden

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche (Talula)   21.02.11 0:21

- Grâce à moi, vous avez un point de départ tout court.

Très légèrement, le nouveau garde du corps de la maquerelle haussa un sourcil et cilla en direction de cette dernière, sans sourire, sans faire mine seulement de trouver sa remarque (ainsi que son ton) amusant. Ça ne l'était pas, mais il n'y eut rien dans son comportement qui prit ombrage de cela. Après tout, chacune sa manière de le rabaisser. Il ne savait pas si Talula était sérieuse ou si tout ceci n'était qu'une farce de plus destinée à, pourquoi pas, le faire tiquer (peut-être avait-elle décidé que sa manière de fonctionner jusqu'à présent était bien trop douce, en ce cas Kaiden ne souhaitait aucunement l'inciter à fouiller dans sa malle aux trésors de tenancière de bordel - fouets menottes et autres joujoux divers et variées, trop d'ailleurs). Que voulez vous, il avait des goûts sobres en matière de sexualité. Néanmoins, il prit compte de cette petite pique assassine et écarta le « nous » de toutes ses futures phrases. Larbin il était, larbin il resterait. En vérité, l'idée même d'être un larbin ne le dérangeait pas plus que ça.

Puis elle bougea, encore, avec cette indolence si caractéristique des prostituées mais qui chez elle semblait être une nonchalance non feinte, une véritable sensualité ancrée dans ses gènes, et non pas un allumage en règle d'un goût douteux, voire vulgaire. Il sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque comme répondant à une douce électrocution, une vibration dans l'air qui ne pouvait provenir que d'elle, évidemment. Cela avait-il un rapport avec sa magie ? Machinalement il garda la question dans un tiroir central de son bureau psychique.

Sans s'écarter (cela aurait été une réponse physique trop satisfaisante), il contempla les pages du dossier avant de relever la tête pour planter son regard au sien, les yeux fixes, les lèvres à peine pincées: concentré. Il pouvait jouer le jeu lui aussi, même si Kaiden se sentait légèrement rouillé

(Et puis Sophia n'avait jamais tenu aussi longtemps avant de lui sauter dessus mais il doutait sincèrement que cela soit le but final de la manœuvre. Nan, Talula était du genre à chambrer, pas à séduire. Et puis, vous l'avez bien regardé ? Kaiden Morshes, être séduit par... ça ou elle ou dieu sait quoi - un dieu du sexe très certainement)

- Très bien.
On dirait que tu n’as plus qu’à la chercher et à étudier la paperasse, alors.

- Je m'y mets dès demain soir
(une légère hésitation, comme s'il plaçait discrètement un point d'interrogation à la fin de sa phrase). Je pense trouver des réponses rapidement du côté de cette madame Foane, après tout ses liens sociaux et potentiellement affectifs sont de l'ordre du publique, par rapport au cas d'Ange Sheldon. Je parierais pour un dossier plutôt détaillé vers la fin de la semaine, si je ne me surestimes pas trop. Cela vous permettra d'agir le plus tôt possible, et je ferais en sorte que ça soit le cas.

Sous entendu: Et je vous laisse contacter l'Oracle, et non s'il vous plait faites semblant de ne pas avoir remarqué ce message caché sinon je sais très bien ce que vous allez me répliquer dans les dix prochaines secondes, un truc auquel je répondrais par « ha ha ha je l'aurais parié ».

- Bon, je te le fais, ce contrat de travail ?

Un lent sourire éclaira son visage (satisfaction - reconnaissance ), mieux qu'une lumière crue sur sa face de craie. Il hocha la tête, attrapa le dossier pour un former un bloc uni qu'il tapota deux fois sur le bureau avant de l'écarter. Et ne put s'empêcher de remarquer:

- J'aime beaucoup votre chaise sinon.


Difficile de ne pas s'attarder sur les silhouettes qui copulaient avec entrain dans des positions que seul un athlète de haut niveau (ou même carrément un invertébré) pouvait reproduire. Mais soit, ça devait sans doute enthousiasmer les victimes mâles gracieusement invités à entrer dans ce bureau (Non, Kaiden ne se sentait absolument pas visé).
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