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 Les cendres de Faust

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- Attachiant de service - Punching-ball adoré!

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Signalement : Hume Evolus d'environ trente ans, pas très grand (1m72) et peu épais en ce moment, cheveux châtains, yeux noisette, bel homme, vêtements de très belle facture, pas de cicatrice visible quand il est habillé à part une entaille en virgule sous l'oreille gauche


MessageSujet: Les cendres de Faust   31.05.11 21:55

[un démon est attendu à l'accueil ]

Hey you,
Out there in the cold,
Getting lonely, getting old,
Can you feel me?...





"Vous m'inquiétez, monsieur Mancuso."

Allongé sur son lit, en chemise et caleçon, Caleb était en train de lutter pour renfiler son pantalon. Il leva les yeux vers le médecin, qui lui avait pudiquement tourné le dos pour ranger son matériel dans sa sacoche de vieux cuir.

"Vous dites ça parce que vous avez parlé à Rodrigue?"

"Je dis ça parce que j'ai parlé avec monsieur Llorandes et que je viens de vous examiner. Et qu'il y a deux mois, vous parveniez encore à vous asseoir dans ce lit pour vous rhabiller."


Le médecin tourna la tête pour lui rendre son regard. Caleb le soutint pendant quelques secondes. Puis il reprit son morne combat.

"Votre fonction motrice est censée s'améliorer, pas se dégrader. Vous ne faites plus vos exercices de musculation, n'est-ce pas?"

Pourquoi tu poses la question quand tu connais la réponse?


Caleb referma son pantalon et tendit la main vers son fauteuil pour l'approcher du lit. Le médecin pivota sur ses talons et croisa les bras pour s'adosser à la commode.

"Vous vous êtes pesé, récemment?"

Est-ce que j'ai la gueule d'un mec qui va s'acheter une balance alors qu'il ne peut même pas monter dessus?


"Vous êtes très maigre."

D'une traction sans grâce, Caleb s'installa dans son fauteuil roulant. Puis il se saisit de son holster, posé sur la table de nuit, pour l'enfiler par-dessus sa chemise mal reboutonnée.

"Et vous alors, vous n'avez pas l'impression que la veste que vous portez est trop grande de deux tailles?"

"Vous savez très bien pourquoi."

"Je l'ai aussi prise, cette foutue pilule. Qui vous dit que..."

"Ne jouez pas à ça avec moi. Vous ne mangez pratiquement plus rien. Vous ne quittez jamais cet appartement et vous ne laissez personne vous aider à faire quoi que soit."

... Va chier, Rodrigue.


Le médecin lâcha un profond soupir.

"Ecoutez, vos jambes s'enraidissent de manière préoccupante, le sang y circule mal, vous avez au talon droit une plaie qui ne se referme pas et qui commence à très mal tourner. Et le reste de votre corps n'est pas franchement en meilleur état."

Pour ce que j'en fais, de mon corps...


"Qu'est-ce qu'il se passe, Mancuso? Qu'est-ce qui ne va pas?"

Ce qui ne va pas? Ce qui ne va pas?!


Caleb eut envie de répliquer quelque chose de particulièrement vulgaire et méchant, mais cette pulsion se dissipa lorsqu'il croisa le regard du médecin: cet abruti avait vraiment l'air inquiet.

Merde... Lui aussi...


Le Techie baissa les yeux et chercha à quitter la chambre. Il fut retenu par une main posée sur son épaule.

"Caleb..."

Le médecin s'accroupit à côté de lui. L'homme dans le fauteuil ne le regarda pas.

"Vous n'avez pas à affronter cela tout seul."

C'est là que tu te goures, mon pote: je suis tout seul. Je l'ai toujours été.


"Vous vous êtes déjà senti seul, docteur?"

Tu as l'air surpris par ma question. Tu vas dire oui, mais je pense que c'est faux. Oh, tu ne me mentiras pas. C'est juste que tu ne sais pas ce que ça veut vraiment dire, être seul. Avoir cinq ans, faire un cauchemar et savoir que personne ne viendra t'en consoler, que tout ce que tu risques si on t'entend pleurer c'est une punition pour avoir dérangé le dortoir. Te faire trahir par le seul adulte que tu aimais et ne pas pouvoir t'empêcher de penser, parce que tu n'es qu'un putain de gosse, que c'est peut-être sa façon à lui de t'aimer et que de toute façon tu n'auras jamais mieux que ça, parce que tu ne le mérites pas: personne n'aime les malades, hein toubib? Ils souffrent, et en souffrant, ils font souffrir tous ceux qui les approchent.

Tu veux la vérité? J'ai trente-trois ans depuis ce matin - enfin, pour ce que j'en sais. Trente-trois ans, un passé en cendres, le corps d'un vieillard sénile, une entreprise en dépôt de bilan et un contrat sur ma tête. La femme que j'aurais pu aimer ne m'adresse plus la parole, juste retour des choses de ce que je lui ai fait subir - et puis, qu'est-ce qu'elle foutrait d'une épave dans mon genre? Il n'y a qu'un hume sur Tyr qui se préoccupe de moi, et je n'en peux plus de voir sa culpabilité le brûler vif à chaque fois qu'il pose les yeux sur moi, de sentir jour après jour à quel point j'envahis toute sa vie pour mieux la foutre en l'air, comme les milliers d'autres que j'ai foutues en l'air à travers les armes que j'ai vendues. Même toi, bon sang, même toi tu souffres de ne pas parvenir à me soulager, alors que c'est moi qui suis dans ce putain de fauteuil, merde! Moi!

... Je crois qu'il est temps de mettre un terme à tout cela.


"Je vais bien."

Caleb repoussa fermement la main du médecin pour aller se poster à sa place habituelle, près de la fenêtre de la pièce principale, là où il pouvait se torturer à sa guise en observant les gens marcher sur les trottoirs. Un instant, il crut que son interlocuteur allait chercher à répliquer. Mais ce dernier n'avait plus l'endurance qui était sienne avant qu'il ne se fût empoisonné avec la pilule anti-magie: au bruit qu'il faisait, Caleb comprit qu'il renfilait son manteau et bouclait sa sacoche.

Le Techie l'observa se diriger vers la porte. L'homme allait sortir quand Caleb le rappela sur une impulsion subite:

"Je vais quitter Secaria."

"... Êtes-vous sûr que c'est une bonne idée?"

"Ce n'est pas à cause de vous, ne vous en faites pas. Vous avez fait de votre mieux. Mais il n'y a plus rien pour moi, ici. Vous l'avez dit, je ne quitte même plus mon appartement. Et ne me faites pas croire que vous ignorez que ma tête est mise à prix."

Le médecin le fixait comme si quelque chose le gênait, un détail qu'il ne parvenait pas à identifier. Caleb lui adressa une esquisse éthérée de sourire.

"Ne vous inquiétez pas, je suis toujours armé. J'ai des contacts en Adhénor, je serai en sécurité là-bas. Et je vous promets de continuer à voir un médecin."

Le trafiquant d'armes scruta l'expression suspicieuse de l'autre homme avec une curiosité un peu morbide: est-ce qu'il allait comprendre? Ou pas?

"Vous ne pouvez pas faire cela."

Caleb cilla: se pouvait-il... ?

"Vous ne pouvez pas partir dans cet état. Restez encore un mois, le temps de vous refaire une santé. Il faut que vous recommenciez à manger et à vous occuper un peu de vous. Je vais diminuer la dose de vos médicaments, pour que vous les supportiez mieux."

Mes médicaments... Mes neuroleptiques, tu veux dire. Ceux que je ne prends plus depuis longtemps.


Le médecin sourit.

"C'est bien que vous repreniez des initiatives. Je ferai de mon mieux pour vous aider."

Caleb lui rendit sa grimace: non, il n'avait pas compris. Dommage, il allait s'en vouloir, le pauvre toubib. Comme Rodrigue.

Ah oui... Rodrigue...


"Docteur? Vous pourriez me rendre un dernier service en partant?"

"Bien sûr. Lequel?"

"Essayez de voir comment va Rodrigue. Et dites-lui... vous savez... que ce n'est pas sa faute si je suis... comme ça."

"Vous devriez le lui dire vous-même."

"Je l'ai déjà fait. Il ne me croit qu'à moitié. Peut-être que de l'entendre venant de vous l'aidera à comprendre que je ne dis pas ça pour lui faire plaisir."

"Très bien, comme vous voulez. Au revoir monsieur Mancuso. A bientôt!"

"Au revoir."

Le médecin quitta l'appartement. Caleb alluma une Minotaurus en écoutant ses pas s'évanouir dans l'escalier en colimaçon. Puis il s'approcha de son bureau: le médecin allait s'arrêter au rez-de-chaussée pour caresser Chips et discuter un peu avec Rodrigue. Si le Techie s'y prenait assez vite, le Lespurien ne serait donc pas seul lorsqu'il entendrait le coup de feu. Ce qui valait mieux pour lui.

Caleb sortit son revolver de son holster, s'assura qu'il était propre et bien chargé. Il le déposa sur le bureau et ouvrit son coffre-fort pour en sortir l'enveloppe qu'il avait préparée, au nom de Rodrigue Llorandes. Celle qui contenait le titre de propriété du D Bar et une maladroite tentative manuscrite d'explication - juste parce que Caleb se doutait que son employé en aurait besoin. Il la mit dans sa poche de poitrine.

Marrant, cela lui rappelait une vieille discussion qu'il avait eu un jour, à l'orphelinat. Qui étaient les deux autres? Aaron et Elric, oui. C'était Aaron qui avait lancé le sujet. Caleb s'entendait encore répliquer que c'était une saloperie de se suicider, que ceux qui faisaient cela étaient des lâches, parce qu'ils renonçaient à se battre, et des égoïstes en plus, parce qu'ils oubliaient ceux qui devraient leur survivre. Aaron était d'accord. Elric, lui, avait juste dit de sa voix douce et posée: "la mort est justifiée quand il n'y a plus aucun espoir et plus personne à faire souffrir". Elric, le premier de la classe. Elric, qui comme Aaron et Caleb, avait une vidéo à son nom sous le lit de Kyle. Elric, qui avait tenté de se pendre deux mois après cette discussion et avait été envoyé à l'asile.

Caleb hocha la tête: Elric, qui avait raison.

But it was only fantasy.
The wall was too high, as you can see.
No matter how he tried, he could not break free.


Désolé Rodrigue, vraiment. Mais c'est mieux comme ça. Pour toi comme pour moi.


"J'espère que ce con prendra soin de Chips."

Oh, Chips... Il serra les paupières, puis soupira; allez, il fallait le faire, le toubib ne resterait pas des heures là en bas. Caleb allait refermer le coffre-fort lorsque son regard accrocha un baluchon incongru sur l'étagère du haut. Son mouchoir, toujours replié autour des cendres qu'il avait ramassées dans le laboratoire. Le Techie s'en saisit précautionneusement. Le paquet se mit à palpiter au creux de sa paume. Comme s'il était... excité.

Pris d'un dégoût intense, Caleb fit brutalement pivoter son fauteuil. Il contourna son bureau, fila jusqu'à la cheminée et y jeta les cendres comme il aurait aimé y faire brûler tout ce qu'il s'était produit dans ce maudit laboratoire, et pourquoi pas tout ce qui avait gâché sa vie au point de le pousser à décider que cet anniversaire serait le dernier.


Dernière édition par Caleb Mancuso le 23.07.11 1:01, édité 9 fois
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Signalement : Fragment de l'Etrange, 1m90, cheveux noirs, yeux très verts, peau pâle, yeux cernés de rouge par la fatigue, la maladie et la dépendance. La lumière est comme déviée de lui.Élégant en noir, porte toujours des gants. Charismatique de par son statut de démon, voir même beau. Mais finalement plutôt effrayant et dérangeant. On ne cherche pas sa compagnie. Aura glaciale : La température chute au fur et à mesure que l'on s'approche de lui. Le contact de sa peau nue dépose une pellicule de glace sur les objets et la chair, gèle et coagule tout à long terme ( Peau à environ -15 degrés ). On peut le toucher à travers le tissu.


MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   05.06.11 22:42


Ces flammes qui brulent, qui dansent comme autant de serpents dans leur âtre. Les lueurs qui s’échappent, lèchent le haut de la cheminée. Et ce feu qui devient anormalement puissant maintenant nourri de ces particules. Dans le bois crépitant résonnent d’étranges litanies, le susurrement qui rend fou, la voix que l’on croit entendre mais qui couvre pourtant tous les bruits. Comme ça crie sans le faire, lancinante plaie qui se retourne dans la brique cuivrée. On croirait des ongles sur un tableau, ou même un grincement de dent dans l’oreille, toute chose qui pourrait mettre mal à l’aise. Et sous tes doigts Mancuso, tu sens le fer de tes roulettes se réchauffer jusqu’à en devenir vivant, animal.

Les murs sont chair flageolante sans même avoir changé d’aspect et l’ombre, sur soleil couchant, part de cette cheminée pour se répandre lentement dans la pièce, comme une marée invisible. L’écume de cendre coule jusqu’au lit, noircit le parquet et obscurcit les rares fenêtres.

Comme dans un four.

C’est quelque chose qui terrifie, qui plaque au sol.
Et le froid, prenant jusqu’aux poumons. Dans cette atmosphère de tombe il se met à geler plus que de raison. Oh ce froid tu le connais bien, c’est le froid arctique du laboratoire, ce noir c’est la pièce maudite. C’est le cœur du bâtiment qui vient à toi, le cercle rouge, les reproches, tout qui s’insinue dans cette pièce fermée.

Mais s’il y avait autre chose ?

Car soudain, il n’y a plus de flamme, plus un souffle, puis un bruit, le monde n’existe plus, étouffé par ton voile opaque, ta propre litanie que tu as invoquée en jetant ces cendres. Elles te voulaient depuis tellement longtemps, elles ont couvé ta guérison depuis des mois, là, sur ton étagère, elles t’ont attendues patiemment.

Lui aussi, sans le savoir.

Car de la cheminée, il ne reste qu’un amas de brique béant aux veines gonflées, entrelacs purulents de lignes noires sur la brique vivante. CA pulse, ça brille, ça vit. Son centre n’est qu’une plaie qui coagule. On en sort.

« Je n’ai jamais aimé les entrées spectaculaires »

FROID. Dans ton dos.

Seel, appuyé sur la porte qu’il vient de fermer.

Stop

Dehors on entend le silence rassurant du vent, le bruissement d’un arbre décoratif, les voix ronronnantes de Llorandes et du docteur. Il ne fait plus nuit, les fenêtres sont de nouveaux claires et ton métal a retrouvé la froideur amicale de l’inanimé.

Il y a juste l’épine dans le flanc, qui t’observe, étouffant d’une espèce de bienveillance qu’on ne lui connait pas. Dans son costard trois pièces d’un noir absolu, on le croirait sorti du cimetière, les cheveux noirs sur le visage fatigué, les mains gantées qui sortent de ses poches et cette attitudes nonchalante d’adossé qui froisse son pantalon.

Immense face au fauteuil, il emplit encadrement de la porte de ses épaules et …
… de son putain de sourire.

Il jubile, là, en silence sur ton perron, ses yeux verts braqués sur toi, il exulte par tous les pores d’être dans cette pièce. Même si tu ne le comprends pas, même si tu ne peux pas encore tout à fait saisir tous les détails de sa carcasse, il se sait légitime face à toi.
Pour la première fois depuis Calliope.
Tu es la seule âme tu sais.

Ses gestes sont lents alors qu’il s’arrache de la porte qui grince sur ses gonds, chaque pas fait craquer le sol sans que personne d’autre que toi ne puisse l’entendre.

Seel est tout à fait différent aujourd’hui, s’il était malsain auparavant, ce soir, rien dans sa présence ne pourrait troubler ou même gêner. Chaque mouvement est distant, ni agressif ni actif, simplement déambulatoire. Et dans la chromatique de ce tout nouveau démon, se dessine le discours des siècles, toujours le même, à ce changement près.

« Vous êtes le premier monsieur, à m’appeler sans le vouloir »

Il ne sourit plus, comme d’habitude quand il perd soudainement ses expressions forcées. Son visage n’exprime ni compassion, ni pitié quand il te regarde. Lui, ne voit pas le fauteuil ni tes jambes blessées. C’est autre chose.

Lentement, il cherche du regard une chaise qu’il va chercher et traine jusqu’à près de toi (aussi près qu’il a pu se mettre sans provoquer un mouvement de recul). Assit, il joint les mains puis lève les yeux à ton niveau.


« Que souhaitez-vous le plus au monde, Boss ? »


Dernière édition par Seel le 17.07.11 3:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   07.06.11 21:17

L'erreur avait des allures d'évidence.

L'horreur poisseuse qui s'était échappée de la cheminée comme une marée de boue. L'angoisse qui l'avait écrasé, étouffé, lorsque le noir et le froid avaient envahi son petit monde, lorsque l'invraisemblable l'avait attaqué sans le moindre coup de semonce. Le bruit de déchirure humide dans ses oreilles, son propre hurlement noyé de sang, la chair en lambeaux sur la neige. La pulsation verte qui grandissait dans l'obscurité de la plaie, car tu n'es qu'un lâche. Et Seel, apparu dans une pièce où il n'avait aucune raison de se trouver, la nonchalance de son rôle qui n'en était plus un.

Caleb savait que cela n'avait aucun sens, mais il sentait bien que c'était réel. Rejeté au fond de son fauteuil, ses mains crispées sur l'acier de ses roues, il avait l'air d'un homme sous le choc, frémissant, le souffle court d'avoir été enseveli aussi brutalement dans ces ténèbres qui le terrifiaient trop facilement. Mais lorsque Seel prit la parole, affirmant un peu plus sa présence dans le bureau, un changement subtil s'amorça dans l'attitude du trafiquant d'armes. La ligne de ses épaules s'affermit, une ombre se creusa entre ses sourcils et ses yeux retrouvèrent un éclat sombre qu'ils n'avaient pas eu depuis des mois. Le regard d'un homme qui a pleinement conscience du monde qui l'entoure et qui le décrypte avec la plus haute concentration. Le regard du joueur de poker qui vient de découvrir ses cartes et cherche à deviner le jeu de ses adversaires.

Seel. Face à lui. Satisfait. Ses yeux au feu moins agressif que d'habitude. Sa peau sans odeur plus présente. Son sourire tout en pointes mais sans menace. Tout à la fois une insulte au bon sens et étrangement à sa place - parce qu'il était évident qu'il se sentait à sa place. Et plus troublant, Caleb le sentait également.

Aussi insensé que cela parût, oui, il l'avait appelé.

"Je savais que c'était toi. Le laboratoire. Je savais que c'était ta faute. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas jeté ces cendres plus tôt."

Le Techie se tut, surpris mais bien aise de se découvrir capable d'une voix aussi calme et posée. Son regard suspicieux glissa alors jusqu'à l'insulte ni minérale ni organique qu'était devenue la cheminée, puis il se perdit quelques secondes dans le vide tandis que ses autres sens exploraient la pièce. Tout paraissait normal et rien ne l'était. Le vent au-dehors était trop sourd, les voix de Rodrigue et du médecin trop lointaines, la lumière embrumée de Sécaria trop tamisée et, sans doute le plus dérangeant, Chips paraissait soudain bien trop absent. Caleb ne comprenait pas pourquoi ni comment, mais il sut que personne n'entendrait ce qu'il se passait dans cette pièce et que personne ne pourrait y entrer.

Néanmoins, cette pensée ne lui fit pas peur. Elle ne lui fit pas regretter d'avoir laissé son revolver sur son bureau, ou de ne plus avoir la maîtrise de son reflet amputé par le rough du laboratoire. Parce qu'il reconnaissait l'attitude de Seel, même s'il ne l'avait jamais vue chez ce prétendu Balayeur. Plus, il la connaissait intimement: le regard, intense, qui ne cherchait cependant pas (plus) à mettre mal à l'aise, les coudes posés sur les genoux, les mains jointes. Cette manière de l'observer crispante d'incongruité, sans tenir compte du fauteuil roulant parce que ce n'était pas ce qui avait de l'importance à ses yeux. La concentration. Le vouvoiement. Et la question, que Caleb mit soigneusement de côté pour ne pas chercher à la comprendre trop vite et en rater le sens.

Qu'est-ce que vous souhaitez le plus au monde?

Salut. Moi c'est Caleb, mais ici on m'appelle Trouvetout. Ce que tu veux, je l'ai. Si je ne l'ai pas, je le trouve.

Il se voyait dans chaque geste de Seel, se retrouvait dans chaque intonation. L'être qui lui faisait face n'était plus un Balayeur, ce n'était même plus le psychopathe qui se plaisait à lui faire peur pour lui arracher sa complicité dans la mort d'un ange. C'était un commerçant. Il avait quelque chose à vendre. Et Caleb avait quelque chose à acheter, n'est-ce pas?

Ce qu'il souhaitait le plus au monde.

"La question n'est pas ce que je souhaite, mais si tu peux me le procurer. Et si je peux me l'offrir."

Il continuait à fixer son interlocuteur avec un mélange complexe de fascination, de crainte, d'expectative, de méfiance. Il cherchait des cartes. Il trouva des yeux cernés, des articulations raides. La chair tourmentée de la gorge et les éclats de peau délavée autour de l'oeil droit au vert taché de cicatrices sombres, stigmates de brûlure qui n'étaient pas là la dernière fois que les deux hommes s'étaient parlés. Et le soulagement un peu trop perceptible de se retrouver en ces lieux - quelque part où sa présence était justifiée.

Une esquisse de sourire dans les yeux noisette du joueur de poker.

"Seelenzerstörer. C'est ainsi qu'ils t'appellent, n'est-ce pas? Râ. Et Zack."

Caleb savait mieux que quiconque qu'il n'était pas très prudent de mentionner l'ange devant Seel, mais franchement, de quoi aurait-il dû avoir peur? En cet instant, il aurait dû être en train de se vider de son sang sur le parquet avec la moitié du crâne en moins. Autant faire grimper la mise.

"Est-ce que tu es un démon, Seel?"


Dernière édition par Caleb Mancuso le 23.07.11 0:58, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   14.06.11 21:21




« Oui monsieur »

Lent reptile, Seel se redressa sur la chaise. Ses doigts décroisés couraient maintenant sur les accoudoirs de cuir brodés. Ca ne te fait pas tant d’effet Mancuso n’est-ce pas ? Depuis cette nuit, depuis la neige, tu sais qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette grande silhouette et que les ombres qu’il projette dans les ruelles de Sécaria ont tout de l’étendard des ténèbres. Malsain, infect dans sa sève. Et pourtant, ça brille dans cette pièce terne, du vert malade de la jalousie. Phare dans sa propre nuit.

Il a dit oui.
Mais tu le savais déjà.

Le démon a ce petit sourire en coin, qui dévoile les dents naturellement pointues. Et soudainement, des détails deviennent clairs. Non il n’a pas transformé son apparence, non ce regard n’est pas causé par une magie rough. C’est autre chose. Pas de plus ancien non, mais de différent. Ce sourire carnassier a toujours été, d’une naissance du cœur d’un enfer chrétien qui n’existe pas ici jusqu’à maintenant.

Si seulement tout avait pu être dégueulasse, grouillant. Mais l’horreur de ce calme frappe avec bien plus de conviction. Pas besoin de cérémonial compliqué, pas besoin de rite, de psaume. Il a toujours été là, derrière cette porte, à attendre que tu le laisse ouvrir. Et le simple déclenchement de la serrure qui tourne sur elle-même cristallise tout l’indicible de ce moment. Là, maintenant oui. Mais depuis toujours.

Seel lève sa main, puis en tire le gant qui la nimbe pour la première fois. Percée de part en part par une cicatrice violacée, il présente la paume. La peau brulée au dernier degré s'est cartonnée dans des arabesques violentes où l'on lit des traces de plumes.

« LE Seelenzerstörer, je ne suis pas un incarné ordinaire. »

Seel n’a pas conscience de la méfiance de Mancuso. Ce n’est qu’un souhait. Le récit de choses bien apprises, qu’il répète encore et toujours. Pourquoi convaincre quand tout semble déjà acquis, on l’a appelé, de toute son âme. Mais bluffe roublard, le démon ne connait pas ton jeu.

« Vous hurlez depuis des semaines. J’entendais votre souhait partout où j’allais. Il est impossible de se soustraire à vous, Monsieur. »

Il se penche en avant, Seel reprend le dessus quelques instants en le regardant par en dessous.

« Mais vous me voyez aujourd’hui sous un autre jour et je peux vous assurer que j’ai la capacité de réaliser tout ce que vous souhaitez. »


C’est comme s’il ne mentait pas. Dans sa propre confiance, Seel emporte, étreint. Ses paroles sont lois et dans le tréfonds de ta conscience, Mancuso tu sens qu’il est effectivement plus capable qu’on ne le devine. Il se cache dans le regard vert autre chose que le psychopathe malsain qui effraie pour l’amusement.
Il y a encore cette distraction cruelle mais qui est toute entière tournée vers toi.
Et ce que tu souhaites.

« Cependant, ne m’accusez pas de l’action du laboratoire. L’objet possède une conscience depuis des années et s’est protégé de votre présence. Si ma présence a donné au bâtiment une puissance et une connaissance nouvelle, je ne suis en rien dans sa réaction même si je la comprend parfaitement. »


Le démon se lève, quitte la chaise et s’approche des meubles. Comme il tranche, comme ça choque son corps dans cet environnement. Une pièce qui lui est normalement fermée, désormais close par son pur caprice. Quand il soulève une seringue posée sur le comptoir, normalement réservé à Mancuso pour son traitement, il s’affaisse légèrement.

Le clac d’une ampoule qui se fendille. Seel la tend à l’estropié. Elle s’est couverte de glace et le liquide à l’intérieur s’est solidifié jusqu’à l’explosion.

« Si je peux me permettre un avis monsieur, vous auriez du jeter ces cendres bien plus tôt. Un homme comme vous trouve toujours de quoi payer »


Dernière édition par Seel le 17.07.11 15:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   16.06.11 21:07

Pour Caleb, démon était un mot vide de sens. Il était un hume de Tyr, imprégné de culture athée, et ne savait que peu de choses des croyances de la Nouvelle Eglise, de leurs espoirs et craintes. Néanmoins, il connaissait les concepts de divinité et de superstition pour les avoir maintes fois croisés au cours de ses voyages. Il comprenait inconsciemment les tabous, le sacré, il acceptait comme un fait qu'un hume ne se résumait pas à son corps fait de chair périssable. Il avait déjà croisé ce qu'on pouvait appeler le Mal.

Il connaissait également la répugnance profonde que Seel pouvait provoquer si on l'approchait de trop près, celle-là même qui lui serrait l'estomac quand son regard tombait sur ce qu'il restait de sa cheminée; il sentait l'antique malfaisance de cet être, la menace latente de ce regard vert posé sur lui. Son amusement. Sa convoitise.

Enfin, Seel disait l'avoir entendu hurler, et à côté de cela toutes les démonstrations que le Balayeur faisait de ses pouvoirs n'étaient que des tours de passe-passe sans importance. Car Caleb savait mieux que quiconque que oui, certains souhaits se criaient en silence pendant des mois, des années. Qu'au bout d'un moment, ils devenaient une brûlure lancinante pour une âme en sanglots, le constat insupportable que personne ne percevaient ces appels à l'aide et qu'ils resteraient à jamais sans réponse, que le seul moyen de s'en sortir restait d'attaquer ou de fuir; que mourir était une manière simple et radicale de fuir.

Alors, même si Caleb ne savait pas exactement ce qu'était un démon, il croyait que Seel en était un. Il voulait le croire, parce que cela lui rendait un tout petit peu de ce qui lui avait toujours manqué dans la vie et lui faisait complètement défaut depuis l'accident: de l'espoir.

Et puis, contrairement à ce qu'il laissait croire, le trafiquant n'était pas tout à fait inconscient des enjeux de cette conversation et du prix que pouvait lui demander l'incarné. Mais cela, c'était une carte que Caleb ne comptait pas jouer face ouverte; c'est pourquoi il ne relança pas son interlocuteur sur la question du laboratoire et préféra renchérir sur la piste que lui offraient cicatrices et médications gelées.

"Je ne pense pas que ces ampoules t'intéressent. Elles ne font rien contre la douleur."

Il fit pivoter son fauteuil pour continuer à faire face au démon, avant d'enfoncer le clou d'une voix tranquille:

"C'est le paiement que tu préfères, n'est-ce pas? Le soulagement. La paix. C'est toujours ce que tu m'as réclamé, je ne vois pas pourquoi ce serait différent cette fois. Surtout que ton état n'a pas l'air de s'améliorer."

Il désigna la main brûlée du démon tout en se débarrassant du mégot de ce qu'il pensait être la dernière cigarette de sa vie. Il en piocha une nouvelle dans le paquet coincé dans sa poche de poitrine, derrière sa lettre d'adieu.

"Avoir mal, je sais ce que c'est, crois-moi. Et si tu as entendu mon vœu, je vois le tien, monsieur le Seelenzerstörer, je le vois même très bien. Et qui sait, je suis peut-être bien en mesure de l'exaucer, moi aussi."

Il alluma sa Minotaurus et en expira lentement la fumée, drapant son visage trop maigre de volutes grises. Il s'efforçait de rester le plus neutre possible, sans cependant dissimuler qu'il était tendu: il lui importait peu que Seel l'estimât nerveux - n'avait-il pas d'excellentes raisons de l'être, puisqu'il était censé négocier en aveugle, sans avoir aucune idée du prix qu'on pouvait exiger de lui? Il n'était qu'un tyrien de base, il n'y avait pas de raison qu'il en fût autrement. Il n'était pas censé jouer la partie avec un as dans la manche.

"Qu'est-ce que tu souhaites le plus au monde, Seel?"

Ne restait plus qu'à espérer que son adversaire ne le prît pas en train de tricher.


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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   19.06.11 18:44

Seel éclata de rire. De ce rire vertébral et douloureux qui nimbe l’ironie.

Et soudain, il est devant toi. Bloc de pierre brut qui saisit la flamme de ta cigarette pour la pincer entre ses doigts. Grésillement sauvage du feu qui s’éteint. Ce visage si près. Tu n’as surement jamais eu le loisir d’observer ainsi cette peau glaciale, bleutée sous les veines apparentes. Bien sûr que ça ne se voit pas quand on n’y prête pas l’attention, le monde de l’invisible se soustrait au regard des bienheureux. Ni même les mains qui se sont sur les accoudoirs de ton fauteuil et qui les enserre comme les pattes d’une araignée.

« Je vous conseille de peser vos mots quand vous tentez d’établir un lien avec moi monsieur. Cela fait plus de deux milles ans que je voyage. Et autant de temps que chaque journée, que chaque heure, que chaque minute est d’une telle horreur que j’ai le sentiment d’être broyé de l’intérieur. Vous réveillez-vous souvent la nuit pour pleurer monsieur Mancuso ? Estimez-vous chanceux. Je ne dors plus. »


Et ses yeux qui transpercent de part en part, qui font sonner les reliquats de conscience. Comme ça brule, dans ce regard à moitié exorcisé, de voir ce démon qui s’incarne et qui te gueule sa souffrance de si près. Quand il s’éloigne, il a le visage lourd de menace. Attention avec tes petits jeux Mancuso. Attention.

« Quant à ce que je souhaite le plus … »


Un instant, là au milieu de la pièce, il te tourne le dos mais tu vois qu’il a levé ses paumes vers lui et qu’il observe le dessin de ses doigts, la déformation de ses phalanges sous la morsure du béni.

« … vous avez laissé mourir le Versatilis alors que j’avais besoin de lui. »

Ça grince dans sa voix, de savoir que la Daje est mort de la main d’un balayeur car une simple affichette est restée sur le panneau de liège de l’entrée du bar. Quand il a trouvé le cadavre froid dans l’arrière-boutique de l’horlogerie, les objets détruits. Tant d’objets maudits. Et l’aiguille qui ne brillera jamais plus.
Le démon soupire, ça sent presque le souffre.
Il regarde par-dessus son épaule, l’émeraude qui fixe.

C’est la simple structure de ce flingue sur la table basse qu’il va chercher et ramasse. Le démon a cette fascination pour les armes à feu, tellement brillantes dans leur mission. Tuer, encore.
Cette fois, il est tout à fait mielleux alors qu’il s’approche et pose le flingue sur les genoux de Mancuso.

Mancuso qui cache bien son jeu, malgré tout.
Et Seel qui susurre, qui chantonne presque dans l’oreille.

« Je vous offre ce que vous souhaitez le plus en ce moment et autant d’années en plus pour rattraper ce que vous avez perdu dans un lit d’hôpital pour ça… » La main gantée glisse de l’épaule jusqu’au cœur « et pour les sept mois que vous avez passé dans cette chaise ».

Il s’éloigne, repasse sur la chaise qu’y est en face. Ménage ses effets. S’assoie très lentement.

« En échange, quand vous mourrez, vous viendrez avec moi. Après tout, vous alliez repeindre les murs avec votre cervelle et cela vous aurait conduit directement dans mes bras. Sans avoir eu la chance de remarcher de nouveau et de courir pour la première fois » .


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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   22.06.11 21:33

Comme tout bon trafiquant d'armes, Caleb avait appris à gérer les menaces physiques. Il savait comment calmer la situation quand on l'empoignait par le bras ou par un revers, il avait appris à gérer les poings levés ou les mains prêtes à étrangler. Mais il en allait autrement depuis qu'il était paraplégique, depuis qu'il suffisait à son agresseur de peser sur les accoudoirs de son fauteuil pour l'immobiliser, depuis qu'il ne disposait plus que de ses bras pour contrer ces visages qui s'approchaient bien trop facilement et bien trop près du sien. Et jamais il n'avait ressenti sa vulnérabilité de manière aussi aigüe qu'en cet instant, harponné par l'avertissement grondant de Seel et la souffrance haineuse de ses yeux trop verts.

Alors le Techie choisit de ne rien dire. Il endura l'inconvenante proximité du démon sans broncher, très pâle mais stoïque, en se contentant d'un unique hochement de tête: d'accord, il avait compris, Seel le démon n'était pas Seel le Balayeur. Finies les taquineries dangereuses et les crâneries inutiles, il jouait dans la cour des grands et ne l'oublierait plus. Dorénavant, il se montrerait plus mesuré, il irait même jusqu'à l'obséquieux si cela pouvait lui éviter d'avoir à subir une nouvelle fois la charge étouffante de ces yeux d'émeraude; il en savait juste assez sur la douleur pour avoir senti que celle qu'il contemplait à travers la vitre blindée de ces orbes maudites était assez horrible pour faire voler son âme en éclats.

L'incarné lui laissa un peu d'air et Caleb étendit le bras d'un geste sans force pour se débarrasser de sa Minotaurus encore fumante - elle était à peine entamée, mais allez savoir pourquoi, il n'avait plus aucune envie de la terminer. Il remarqua que sa main tremblait un peu, et ce fut sans doute pour cela qu'il tint à répliquer à l'accusation de Seel concernant la Daje:

"Ne mélange pas tout, c'est toi qui a tenu à me présenter cela comme ton devoir de Balayeur et pas comme une affaire personnelle. Et je t'ai répondu comme je l'aurais fait à n'importe quel autre Balayeur: la Daje ne valait pas Zack. Comment aurais-je pu deviner que tu étais..."

La voix de Caleb mourut dans sa gorge lorsque Seel se saisit de son revolver avant de s'approcher de lui. Deux secondes, pas le temps d'avoir peur, juste assez pour se demander pourquoi le démon s'encombrait d'une arme alors qu'il était certainement capable de pulvériser son pauvre mortel d'adversaire d'un geste, voire d'une pensée, et déjà Seel était sur lui, insupportable de proximité avec sa peau de brume et son absence d'odeur. Instinct pur, Caleb attrapa le démon par son col et sa cravate pour le tenir à distance. Un ricanement passa dans les iris de l'incarné et le Techie sentit une main d'acier peser sur son épaule, une autre détacher ses doigts de la veste pour les amener jusque sur ses propres genoux, sur cette arme dont il n'avait pas senti le poids. La crosse comme sa manche de chemise s'étaient couvertes de givre.

Le visage de Seel croisa le sien pour l'empoisonner d'un murmure et l'incarné recula à nouveau, satisfait. Caleb l'avait spontanément lâché.

Visiblement bien plus secoué par l'offre de Seel que par ses précédentes menaces, le trafiquant resta un long moment silencieux. Le regard dans le vague, il massait sa poitrine d'un geste raide, comme si la main gantée de Seel y avait laissé une marque invisible mais révulsante. Il aurait voulu continuer son petit jeu de bluff, ignorer ce qu'il venait d'entendre, le ranger bien proprement dans l'éventail de ses cartes pour y réfléchir sans s'affoler, mais il n'y parvenait pas. Il savait que c'était un piège, il savait que Seel l'avait fait exprès, mais il ne pouvait pas repousser cette terrible fascination que les paroles de l'incarné avaient fait naître en lui, ce pouvoir incontrôlable qui avait fait frémir les chrétiens pendant des millénaires. Cet appel proprement toxique de la tentation.

Ce qu'il souhaitait le plus au monde. Pas ce qu'il pensait souhaiter, non, vraiment ce qu'il voulait, ce qu'il réclamait avec désespoir depuis sa naissance, la demande qu'il avait enfouie au plus profond de lui-même parce qu'il savait qu'elle ne pouvait pas être exaucée et qu'on venait soudain d'exhumer à la dynamite.

Avoir un corps normal. Pas le sien. Un corps normal. Sain. Et avoir du temps pour en profiter.

Non seulement marcher à nouveau, mais marcher sans avoir mal. Ne plus avoir à surveiller le baromètre d'un air anxieux, ne plus être obligé de sortir avec une canne en hiver. Ne plus jamais subir ce regard inquisiteur et apitoyé qui descendait le long de sa jambe. Courir sans se demander si son genou allait se dérober à la prochaine enjambée. Oh bon sang, simplement courir, une fois dans sa vie...

Caleb en vint même, l'espace d'un instant, à regretter d'avoir eu une carte à cacher dans sa manche. Sans elle, il n'aurait eu aucun scrupule à dire oui, même en n'ayant compris que la moitié du marché; il ne pouvait que dire oui au contrat qu'il avait attendu toute sa vie.

Seel, espèce de fumier...

"C'est une sacrée offre que tu me fais-là, Seel. Une sacrée offre. Et ça t'éclate, bien sûr."

Il ferma les yeux un instant, souffla profondément. Puis il rangea son revolver dans son holster, avant de se redresser dans son fauteuil pour regarder en face l'être avec lequel il menait la négociation la plus dangereuse de toute sa vie. L'être qui savait pour son coeur, qui savait certainement pour tout, toutes les horreurs qu'il avait subies et toutes celles qu'il avait infligées. L'être qui tentait de les lui faire payer mille fois trop cher et qui pourtant lui donnait une odieuse envie de l'accepter.

Penser à ce qu'il avait appris. S'accrocher à ce qu'un ange lui avait confié à mots couverts, si longtemps auparavant. Se rappeler que Kyle aussi savait trouver des arguments pour vous obliger à dire oui.

"Mais je ne suis pas certain de bien comprendre ce que tu me demandes en échange: comment je pourrais venir avec toi après ma mort, puisque... je serai mort?"

Il s'interrompit un instant, peu désireux de poser la question suivante, sachant pourtant qu'il devait le faire pour se sortir des filets du démon.

"Et surtout, Seel, est-ce que j'irais avec toi? Pour faire quoi?..."


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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   22.06.11 23:42

Statue narcotique sur son socle. Le sourire absent du démon qui observe un jouet, qui attend. Le menton appuyé sur son poing, la jambe à la verticale sur l’autre, Seel observait avec une certaine distraction les tourments de Caleb. Scintillement, entrelacs délicieux du doute, de la confusion. Même si l’éternel était bien incapable de lire dans la pensée – contrairement à la croyance populaire, il devinait par habitude tous les sentiments contraires qui se déchiraient le corps malade.

Magnifique Caleb.
Touchante question, naïve volonté de savoir.

Et les dents de Seel, l’expression usée débordante de compassion. Mensonge éhonté. Tu voudrais connaitre, avoir sur. Bien sûr, c’est dans ta nature le trafiquant. On ne te refile pas de marchandise pipée, aucun de tes contrats n’est en ton désavantage.

Si tu savais.
« Vous êtes quelqu’un d’intelligent monsieur. Je vais donc vous épargner l’enfer dans sa version simplifiée »

Il y avait dans cette voix le reliquat d’une conscience inconnue. Oh comme ça sonnait bien de telles paroles. Si incroyables, si puissantes dans leur réalité qu’elles volatilisaient toutes les autres. Ce n’était plus la chambre de Caleb mais la cave d’un conteur d’histoire.

Comme on aurait aimé ne pas y croire, à ces sornettes de la nouvelle Eglise, à toutes ces vieilles blagues sur l’Enfer.

« Vous le savez grâce aux Versatilis, il n’y a pas que Tyr, il existe une multitude de mondes parallèles. Pourtant, il existe sous et dessus ces mondes deux univers qui englobent tout. Ils sont si impérieux que personne ne s’en soustraie. Le Paradis comme le nomme Ra, est l’endroit des justes et des bons. Ceux qui n’ont pas péchés. »

Désormais les coudes sur les genoux, Seel pointa du doigt le sol.

« Le deuxième univers est le mien. C’est l’Enfer. C’est là que je vous emporterais »

C’était une rengaine bien apprise, qu’il récitait pourtant moins souvent. Développer en longue tirade le fait que l’enfer n’était pas si sensible que ça. Insister sur les péchés.

« Pour être honnête, personne ne va au Paradis de nos jours. Le moindre péché vous traine en enfer. Voler, boire. Tuer surtout, indirectement ou non, est un passeport dont on ne s’absout pas. »

Sourire entendu. Oh oui il sait, que tu as les mains rouges Caleb. Ça se sent à des kilomètres qu’il t’apprécie surement pour tout le mal que tu as pu faire. Tu attires les mauvaises ombres. Karma de merde à volonté ; souffleur de souffre.

« J’imagine que vous voudriez voir, non ? Et je ne peux vous le refuser. »


Instant de silence dans la lumière sombre. Il s’avance sur son fauteuil, nouvellement hésitant. La main de froid est tendue, là devant, elle demande une poigne.
Pas de réaction.
Millimètre par millimètre, Seel s’approche, avec une douceur qu’on ne connait pas, qui sonne mal, qui insulte même. Il s’est amusé face à la cravate, mais il ne veut pas de geste brusque. Flatte l’échine. Animal qu’on dresse. Doucement Mancuso.

Il te tient la main maintenant.
La peau rugueuse de ses cicatrices, la poigne d’acier. Et le froid qui devient moiteur, chair vivante qui palpite.

Regarde Mancuso.
Comme plus rien ne brille.

Tout est d’un silence de tombe. Il ne reste rien que les deux fauteuils et Seel qui te regarde intensément. Non, ce n’est pas toi. Il regarde à travers toi, un point sur le mur. Il ne parle pas, en réalité, il ne bouge même plus.
Tout est gris, dans une infinie de ton gris. Il n’y a absolument aucune couleur, la poussière noire au sol se lève comme sur l’impulsion de pas, gentiment, sans faire peur.

Il n’y a aucun son, pour être exact, il y a une absence de son. Même plus de bourdonnement. Plus de cœur qui bat non plus, invisible dans ta poitrine.

Et puis ça bouge dans ta chambre, on devine alors les contours d’un lit. La cheminée qui n’est plus éventrée, la fenêtre ostensiblement assombrie. Et une silhouette.

Elle est rapide, elle te passe à côté, une femme victorienne avec son chignon et sa robe. C’est elle qui déplaçait la poussière.

Puis un homme, qui passe, traverse le mur sans te voir. Il déambule, il voyage sans un bruit.
Puis deux adolescents qui se parlent, pas de son hors de leur bouche mais ils se comprennent. C’est leur bruit que tu n’entends pas.

Seel te regarde toujours.

Il y a dans cette obscure clarté un ronron rassurant qui trépane, qui englobe comme un voile. On se croirait dans l’antichambre d’un rough, c’est doux, confortable mais triste, vide, sans avenir. Ca vrille de paradoxe, on ne s’y sent bien que par intermittence pulsée. Les étranges silhouettes ne sont parfois plus inquiétantes quand elles semblent se parler, interagir entre elle.
Mais ce n’est plus ta chambre, c’est un désert de sable avec deux fauteuil, un lit et des murs. Ce n’est plus rien de personnel, de familier. C’est aussi infini que cloitré et tu sens que derrière les murs qui pourraient s’évanouir dans le vent des damnés, il y a un monde éternel et sans limite.
En réalité, tous les mondes sont collés aux autres, dans un disque qu’aucune âme ne peut traverser.


Et soudain le bruit. Puissant, on grimpe les escaliers. Là, un mastodonte. Oh tant de bruit, tant de vrille de son. Une alarme de mur, un cristal qu’on raye juste dans l’oreille.
Et la porte qui claque en se déracinant presque de ses gonds et ce type immense jusqu’au plafond, juste intensément gris qui se précipite.
N’importe qui se protégerait. Mais ce n’est pas à toi qu’il en veut.
Tu le sais intimement.

D’un geste impérieux, il attrape le bras du démon, le lève en faisant tomber la chaise. Seel te regarde toujours, le regard fixe. Il ne te tient plus la main. Mais ce regard.
On lui bouche la vue d’une grosse paume.

Rupture.
Comme tout à l’heure, tout s’est dissipé dans un clignement d’œil. Seel est au milieu de la pièce, imperturbable alors qu’il était garrotté quelques instants plus tôt.

Devant toi la chaise est debout.

« Voici l’enfer et ses gardiens. Quand vous serez, votre âme viendra ici éternellement. »



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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   03.07.11 21:13

Seel était aussi bon conteur que commerçant, mais Caleb n'était pas certain d'apprécier son histoire. Il n'avait jamais vraiment pris le temps de penser à ce qu'il pouvait se produire après la mort et il trouvait éminemment surréaliste de se le faire expliquer par un démon en costume trois pièces assis sur une chaise de son propre bureau. De plus, il n'aimait pas ce qu'on lui révélait: même si la pensée tyrienne selon laquelle les défunts ne subsistaient que dans le souvenir de leurs concitoyens ne le rassurait pas (qui se serait souvenu de lui?), il la préférait encore à l'idée que la mort n'était pas un point final, mais un simple relai vers un aiguillage binaire: Paradis ou Enfer, bon ou mauvais, gentil ou méchant, toutes les bonnes actions d'une vie ne pouvant compenser les mauvaises. Caleb trouvait cela scandaleusement injuste.

Peut-être un peu trop scandaleusement injuste pour être vrai. Car après tout, pourquoi Seel aurait-il dit la vérité? Rien ne l'y obligeait, n'est-ce pas? Et puis, le démon avait eu une phrase malheureuse qui aurait rendu Caleb méfiant même si ce dernier n'avait eu aucune notion de négoce: le Techie savait très bien qu'il n'était pas le genre d'homme auquel on disait spontanément qu'il était intelligent. En général, quand son interlocuteur lui sortait ce genre de truc, c'était parce qu'il pensait tout l'inverse. Et si le trafiquant d'armes savait qu'il n'était pas un lauréat de l'Académie, il n'aimait que très moyennement qu'on se foute aussi ouvertement de sa gueule.

Puis Seel lui tendit la main en lui offrant de lui montrer l'Enfer. Stupeur. Terreur. Il ne s'était pas attendu à cela - était-ce seulement possible? Non, il ne voulait pas y croire, et il ne voulait surtout pas voir ce monde-là, pas après avoir vu l'expression de Zack quand il en parlait; il ne savait pas à quoi pouvait ressembler le lieu qui rassemblait aussi bien les pochtrons que les meurtriers, mais il n'avait aucune envie de le découvrir.

Sauf qu'il ne pouvait pas refuser, n'est-ce pas? Dire non, c'était admettre que c'était lui qui avait besoin de Seel et non l'inverse, c'était se mettre dans la position du client acculé qui n'avait aucun moyen d'exiger plus ou autre chose que ce qu'on lui proposait. C'était poser ses cartes sur le tapis de jeu sans avoir l'occasion de jouer celles cachées dans sa manche.

Oui, Seel était un putain de bon commerçant.

Alors Caleb leva lentement la main de son accoudoir, et les doigts ravagés de Seel se refermèrent sur son poignet.

Ce fut étonnamment peu... douloureux. Désagréable, parce que le monde perdait ses couleurs et sa substance, parce que le silence le plus absolu qu'il ait perçu de sa vie lui écrasait la poitrine. Inquiétant, parce que l'horizon n'était que sable et néant, parce qu'ils étaient soudain environnés d'humes sans existence, piégés dans un reflet glauque de lieu familier. Et les iris verts de Seel lui traversaient le cerveau de part en part, si bien que même lorsqu'il avait l'impression d'observer ce qu'il se passait autour de lui il ne s'écartait en réalité pas d'un millimètre de ce regard d'émeraude en fusion.

Mais Caleb avait vécu pire, bien pire que cette discordance intime qui maltraitait son corps handicapé. Il n'arrivait pas à penser clairement, encombré par les court-circuits émotionnels provoqués dans sa tête par le voyage (en était-ce réellement un?) que lui imposait Seel, mais c'était un fait: l'Enfer, finalement, était presque un soulagement.

Si l'hume éprouva de la peur, ce ne fut qu'au moment où l'étrange gardien d'ombres se jeta sur Seel. Pas parce qu'il se sentait menacé - chaque fibre de son corps savait que ce n'était pas le cas, que c'était l'incarné qui était visé - mais parce que l'assaut rompit le contact entre ses doigts et la chair ravagée de la main du démon. Alors un court instant, un infime fragment d'éternité, Caleb eut la sensation de vaciller entre deux réalités, la sienne et celle qu'on lui avait imposée, celle dans laquelle il risquait de rester bloqué. Et oui, là, il eut peur.

Puis la brûlure du regard de Seel disparut et Caleb retrouva le décor rassurant de son appartement. Pas de sable, pas de silhouettes de brume, pas d'infini qui étranglait. Juste cet infime malaise provoqué par la barrière que le démon avait tissée autour d'eux. L'hume souffla profondément, se passa une main sur le visage. S'obligea à un commentaire qu'il ne pensait qu'à moitié:

"Impressionnant..."

Et l'expression sereine de Seel, qui venait de lui montrer l'Enfer.

Caleb le regarda et il fit à nouveau l'effort de contenir ses émotions pour lui opposer le faciès neutre d'un joueur de poker. Seulement, pour la première fois, ce n'était pas de la peur ou de la tension que Caleb cherchait à dissimuler, mais de la colère. Une saine et puissante colère, qu'il n'avait plus eu la force d'éprouver depuis qu'il avait résolu de se tuer et qui se faisait à présent de plus en plus en intense, construite par la certitude que Seel lui mentait. Il lui mentait, à chaque phrase, à chaque putain de seconde depuis le début de cette discussion; Caleb n'entretenait plus le moindre doute à ce sujet.

Comme si lui, le mafieux, le paraplégique, l'enfant violé, pouvait croire que l'Enfer était aussi bêtement supportable.

Tu me prends vraiment pour un con, Seel.

Il était temps de commencer à jouer ses cartes.

"Alors c'est ça le deal. Je dis oui, on se sert la main, je remarche, j'ai trente-trois ans de plus devant moi. Et quand je meurs, je vais passer le reste de l'éternité dans un désert de sable gris sans relief et sans espoir. C'est beaucoup pour récupérer un simple corps d'hume normal, non?"

Il avait l'air inquiet. Il l'était. Mais pas pour ce qu'il laissait paraitre.

"Mais je n'ai pas vraiment le choix, n'est-ce pas? Tu n'es pas de ceux qui négocient leurs prix."

Un autre silence, plus grondant: voilà le moment délicat. Caleb pensait pouvoir affirmer de manière raisonnable que Seel ne lisait pas les pensées, mais l'incarné n'était pas demeuré pour autant. Il allait comprendre que son client ne lui faisait pas confiance, que cet insolent petit hume ne comptait pas accepter le marché sous cette forme. Tout l'enjeu de la situation, c'était de faire passer cela pour l'attitude butée d'un tyrien un peu largué par toutes les explications du démon qui lui faisait face, un trafiquant qui sentait que l'accord n'était pas équitable mais sans savoir pourquoi. Mettre en avant sa paranoïa. Et surtout, surtout ne pas montrer qu'il savait extrêmement bien ce dont il était question. Beaucoup trop bien pour ne pas être fou de rage qu'on pût chercher à le baiser de manière aussi perverse, en jouant sur ses désirs les plus fous et son ignorance des croyances qui donnaient vie à Seel.

"Mais dis-moi, il y a quelque chose que je ne comprends pas très bien. Tu m'as dit... enfin, tu m'as fait comprendre que vu mon... activité, je finirai de toute manière en Enfer. En plus j'allais me... j'allais y atterrir plus vite que prévu. Mais toi, tu débarques et tu m'offres un nouveau corps, et ce que tu demandes en échange, c'est ce qu'il me serait arrivé de toute façon?..."

Un regard soutenu depuis son visage maigre et marqué de cernes: presque mort, oui, mais pas encore Seel, pas encore.

"C'est marrant, je ne te pensais pas du genre à faire des cadeaux..."
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   14.08.11 12:34

Seel jouait aussi, avec une facilité de maître d’orchestre. Mais il n’avait pas la dextérité de Caleb, le démon s’amusait avec violence comme on traine une souris entre les doigts. Il ne cherchait pas à faire croire à l’animal qu’il allait survivre, il ne caressait pas de paroles plaisantes.
Seel ne calculait que dans un espace-temps très court ; programmé sans complexité, sans doute, sans faille dans son propre raisonnement. L’esprit usé depuis des siècles au silex du temps abordait peu de profondeur.
Seel n’était pas en soi un être compliqué.

Contrairement à Caleb.

Et plus ils parlaient, plus l’humain soutenait son regard, plus il avait le sentiment qu’il allait devoir offrir quelque chose de plus léger. Et ça l’emmerdait gravement, sur son trône, de devoir négocier.
Seel lui n’était que le charognard bien apprêté qui rodait autour de cette carcasse bientôt à lui. Si Caleb négociait quelques trente ans en plus ; Seel lui ne comptait plus les années. Et il avait tout son temps, vraiment tout son temps.

Sauf que le bât blessait souvent où on s’y attendait le moins et le démon resta quelques secondes interdit devant la dernière réplique du trafiquant.
D’accord, il venait de se faire avoir. En craignant que Caleb n’ait pas assez de force pour supporter l’enfer, en lui déguisant la vérité, il s’était auto court-circuité. Saloperie d’engeance humaine.

Si Caleb maitrisait parfaitement le faciès neutre, ce n’était pas le cas du démon qui laissa ses paupières se fermer trop longtemps. Pire encore, il sortit de sa poche une petite bourse de cuir duquel il tira les habituels antalgiques que le patron du D bar connaissait bien. Seel s’en enfila une dose suffisante pour tuer un cheval, attendit à peine quelques secondes avant de relever le regard vers Caleb et de le gratifier de son sourire de couteau.

« Les pactes se passent toujours de la même façon. Même chez les pires criminels, dès que nous ne nous assurons pas de posséder leur âme par contrat, tout mortel se prend d’une volonté de repentir. Vous savez qu’il est très désagréable de perdre un marché boss, imaginez 30 ans d’attente pour voir le premier pecno venu réciter quatre Avé l’état et se faire gracier. »


Seel était étrangement fixe, maintenant qu’il était de nouveau sur une chaise. Qu’il avait repris sa place habituelle d’observateur muet, qu’il maitrisait mieux la situation et que l’horreur de sa colonne vertébrale de disloquant lui était passée.

« Vous finirez en enfer Monsieur. Que vous marchiez ou non. Mais personne n’est à l’abri d’un repentir, même pas vous. Considérez plutôt ce pacte comme l’assurance que tant que vous pourrez marcher, vous n’irez jamais mettre le pied dans un endroit saint. »

Rire glacial.

« C’est effectivement un cadeau mais vous savez, vous êtes très attendu en bas. »

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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   20.08.11 0:14

Cette fois, Caleb ne put se retenir: ses traits se déformèrent l'espace de quelques secondes, crispés dans un infime mais perceptible rictus où la satisfaction se disputait à la haine. Depuis le début il savait ce que Seel cherchait réellement à lui acheter, mais c'était autre chose que de l'entendre dit à voix haute.

"Posséder leur âme". Âme. Le mot ne voulait pas dire grand chose en Tyrien Commun, mais c'était assez pour que Caleb sût que c'était à peu près tout ce qui lui restait en cet instant et que la céder en échange de quelque chose d'aussi trivial que ses jambes serait une lâcheté sans commune mesure avec celle dont il avait fait preuve avec Kyle. Il en avait presque la nausée qu'on pût lui demander une chose pareille. Et de voir "on" qui se contentait de rester assis bien droit sur sa chaise, élégant comme à un enterrement de haut dignitaire, attentif à la réaction de sa proie comme un chat qui joue avec une souris... Caleb aurait donné beaucoup pour pouvoir lui décrocher son putain de sourire d'un coup de poing. Mais c'est le genre de fantasme qu'il vaut mieux savoir abandonner lorsque vous êtes en fauteuil roulant et qu'il concerne le seul être qui peut vous proposer une alternative au suicide.

Mais une alternative, ce n'est pas une obligation.

D'un geste lent et sans heurt, Caleb déboutonna son holster pour en retirer doucement son revolver. Tout en faisant attention de ne pas paraître menaçant, il le garda en main sans toucher la gâchette et s'arracha au regard de Seel pour le contempler en silence. Puis, après une profonde inspiration, il dit de sa voix la plus calme:

"D'abord l'Enfer, maintenant un contrat contre la rédemption... Tu en as encore beaucoup comme celles là? Ou tu vas te décider à arrêter de te foutre de ma gueule, qu'on puisse discuter sérieusement?"

Il releva la tête, à présent indifférent à ce qu'il pouvait bien exprimer: que le démon vît donc sa colère et son dégoût, qu'il vît sa détermination. Cette stupide partie de poker était en train de virer à une vaste et sinistre blague. Il était temps d'y mettre un terme.

"Tu sais que j'ai parlé à Zack, tu sais que j'ai trouvé ce que tu as laissé au laboratoire. Mais tu n'as pas pensé, même l'espace de quelques secondes, que ça avait pu me donner une vague idée de qui tu es vraiment et de ce à quoi je me condamne en te disant oui? Tu n'as pas pensé que je risquais de sentir l'embrouille quand tu m'as montré ce putain de désert?!"

Sa voix s'élevait de plus en plus et sa main commençait à se contracter sur l'arme. Il s'obligea à se calmer: lorsqu'il avait parlé des antalgiques, quelques minutes plus tôt, il avait eu droit à un bel exemple de ce qu'il pouvait advenir lorsque l'on titillait Seel au mauvais endroit. Il ne savait pas ce que cela pouvait devenir lorsqu'on le mettait vraiment en colère, et il n'avait pas envie de le découvrir, sans compter qu'il n'avait pas encore renoncé au fait de récupérer un corps digne de ce nom. Mais bon sang, que l'envie de mordre était vive...

"Autre chose que tu sais: je suis un indic. Or un indic qui survit est un indic qui connait ses collaborateurs, et toi je te connais. Oh, pas beaucoup, je m'en doute. Mais j'en sais assez pour savoir que tu es un sale menteur. J'en sais assez pour avoir eu envie de traduire ton nom, parce que je me doutais qu'il voulait dire quelque chose de précis et que j'ai assez voyagé pour reconnaître ce qui ressemble à un patois de l'Est de Malengha. Et même si ce que j'ai obtenu était approximatif, il ne veut pas dire "celui qui propose gentiment un contrat pour une éternité d'ennui en échange d'une âme"."

Les yeux de Seel le brûlaient. Physiquement: quelque chose dans son ventre commençait à le brûler, peut-être tout simplement la plus viscérale des peurs. Mais il ne se détourna pas. Point de non retour, ça passe ou ça casse, et Caleb pensait sincèrement qu'il ne lui restait plus beaucoup à casser.

"Je ne te donnerai pas mon âme. Si tu en sais autant sur moi que tu le prétends, tu comprendras pourquoi. La question étant: si j'avais une autre proposition à te faire, serais-tu disposé à l'écouter?"

Et, posément, il porta le canon du Blacklight jusqu'à sa tempe tout en plaçant son doigt sur la détente.

"Réfléchis avant de dire non. Et de penser que je ne tirerai pas. De toute façon, cela ne devrait pas te poser de problème, non? Je ne vois pas dans cette pièce de prêtre capable de m'accorder la rédemption, donc je vais toujours en bas, comme tu le voulais, n'est-ce pas? Ou est-ce que j'ai raison de penser que ça te ferait, mais alors bien chier?"

C'était de la folie. De la folie pure. Un bluff effroyable, basé sur le fait que Seel mentait et sur les incohérences de sa démarche - pourquoi proposer un contrat pour l'Enfer à quelqu'un qui était sur le point de se suicider sans avoir demandé l'absolution?... Caleb pensait que, pour une raison qui lui échappait, le démon avait besoin de lui, besoin de cet accord. Toute la force de son pari était là.

Et peut-être aussi dans le fait qu'il n'excluait pas de vraiment presser la détente. Il avait été prêt à le faire. Il l'était encore.
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   22.08.11 1:47

Le silence glacial de ces deux lames. Et juste cette main tendue, si fine dans l’absence de mouvement, si impartialement immobile. Ce n’est plus toi que Seel regarde, c’est l’arme qui décore ta tempe. Il y voit déjà l’insulte de la corolle rouge, les dégâts du métal dans un si joli crane.

Il s’est trahi de la plus violente des manières. Stupide insecte et sursaut de terreur. Il y a eu dans ce geste malheureux, dans cette vaine tentative de te protéger, plus de mots et plus de discours qu’en toute une vie.
Si tu étais damné, Seel n’aurait sans doute pas esquissé le moindre geste, trop pressé de te voir perdre.

Un jeu de dupe.
Mais tu n’as pas perdu, car il te regarde. Dans cet alignement de paupières lourdes comme des pierres tombales. Derrière la narcotique substance de ces iris, tu as senti le paradoxe.

Tu n’es absolument pas damné.

Et Seel a eu peur, à l’instant. Que tu lui échappes.

C’est pour ça que tu sens le froid mordant de sa main sur la tienne, qu’il te tient maintenant le poignet avec une conviction toute nouvelle, un peu sauvage.
C’est le Seel que tu as vu la dernière fois, à ton comptoir, un peu fiévreux, qui te demandait de sauver la Daje.
Il sait que tu ne l’as pas fait et que le plus énervant ici, ce n’est pas toi.
Mais ton putain d’égo.

Que tu aurais décoré les murs avec ta cervelle juste pour le faire chier. Et c’est intolérable. Quand on arpente le monde depuis tant de siècles, que les existences ne sont que poussières, il est encore plus cuisant de se faire avoir.
Tu sais que Calliope a disparu.

Et tu lis aisément dans ce regard qui t’intime de baisser ton arme, que tu as trouvé la faille. Il ne te traverse pas comme avant, il ne fait rien sonner, rien vibrer dans les reliquats de ton âme. C’est presque humain, avec ces lueurs brunes exorcisées. Cet œil qui n’est parfois plus vert.
Le Seel humain ?
On croirait le lire.

Dans la tristesse qu’il a mis à s’agenouiller devant toi et à entrainer ta main jusque sur tes genoux. La douceur maladroite avec laquelle il a desserré tes doigts du canon déjà bleuté par le givre. Il ne t’a pas quitté des yeux.
Et tu t’es laissé faire car s’est désormais évident que Seel a changé d’avis, qu’il va proposer autre chose.

C’est presque rassurant de ne pas le voir sourire, de voir dans l’inclinaison de sa nuque un peu nonchalante, la tête un peu projetée en arrière, qu’il te jauge de nouveau.
Seel change de tactique, c’est évident.

Reste à savoir si elle est en ta faveur.

Les genoux sur le parquet, les mains posées sur les cuisses, cette position contraste avec la rigueur mortem de son costume trois pièces. Jusque dans les longues minutes de silence où Seel ne regarde que l’arme qui est encore à portée de main. Il ne voit que ça.
C’est long, très long. Un silence de crématoire.

« Je vais donc vous proposer autre chose boss »

Il marque un temps d’arrêt. Et tu sens la fièvre se rallumer dans le regard qu’il jette sur toi. Les cernes bien trop présente, la discrète blessure du teint, le corps trop usé, trop esquinté.
Oh c’est soudainement tellement évident.

« Vous allez m’offrir un nouveau réceptacle en échange de vos jambes Mancuso.

Il n’y aura pas d’autre prix ».

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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   26.08.11 22:13

Le canon du Blacklight était encore froid d'avoir été manipulé par Seel. Mais à part cela, son contact était étonnamment anodin: un simple anneau de métal, que Caleb avait posé sur les cheveux au-dessus de son oreille - il avait connu un homme qui, ayant placé le canon trop à l'avant de sa tempe, avait survécu au coup de feu pour se retrouver aveugle: la balle avait traversé son crâne de droite à gauche en avant du cerveau, mais en tranchant les deux nerfs oculaires. Pas très enthousiasmant, comme suicide raté.

Néanmoins, Caleb savait bien qu'il faisait de l'excès de zèle: avec un Blacklight à bout touchant, il pouvait tirer dans n'importe quel axe, l'orifice de sortie ferait de toute manière la taille de son poing. C'était une bonne arme, qui ne lui laisserait pas la moindre chance, et peut-être même pas le temps d'avoir mal.

Une part de lui pensait à tout cela, mais elle était loin, ensevelie sous une étrange absence d'émotion. Il s'était demandé ce qu'il ressentirait en effectuant un tel geste; peut-être que d'un seul coup il allait réaliser qu'il tenait encore à la vie, peut-être que de sentir l'arme contre sa tête lui ferait trop peur et qu'il changerait d'avis. A présent il tenait la réponse à ses questions, et elle était bien triste.

Malgré le geste catastrophé que Seel fit pour le retenir, Caleb faillit se laisser emporter par son acte et presser la détente.

Puis le démon se leva, vite mais sans se précipiter, et le Techie vit la peur dans son regard. Il cilla, comme décontenancé d'avoir vu juste. Le revolver ne quitta pas sa tempe, du moins pas avant que Seel n'ait osé s'approcher assez près pour l'ôter lui-même. Caleb se laissa faire, observant les gestes presque tremblants du démon avec une incrédulité engourdie: cet être qui lui avait menti, qui avait voulu le condamner à l'Enfer, cet être venait de lui sauver la vie. Quelle étrange monde dans lequel l'homme qui vous aime détruit votre âme dès votre plus jeune âge alors que votre ennemi vous évite la mort.

Caleb extirpa sèchement son poignet des longs doigts du Seelenzerstörer et ramena la main sur l'arme qui reposait à nouveau sur ses genoux, mais il ne fit pas un geste pour s'en emparer. Parce que oui, il savait, il sentait qu'il avait gagné, qu'il avait retourné la partie à son avantage. Cela se lisait sur chaque ridule du visage soudain moins lisse de Seel, dans chaque éclat brun de son regard partiellement exorcisé. C'était dans ses gestes presque fébriles, dans cette étrange position, humblement assis sur ses talons, qui lui allait si mal.

Cependant, Caleb n'exprima aucune satisfaction, encore moins de mépris. Il avait simplement l'air las, terriblement las, peut-être un peu triste de constater encore une fois que les bons sentiments qu'on lui portait n'étaient motivés que par l'intérêt. Tout ce qu'il voulait, à présent que les cartes étaient révélées, c'était que la partie s'achevât, dans un sens ou dans l'autre.

*Allez mon grand, maintenant que tu as bien compris qui avait besoin de l'autre dans cette histoire, dis-moi ce que tu veux, qu'on en finisse.*

Mais lorsqu'il vit les yeux de Seel reprendre leur éclat brûlant, lorsqu'il entrevit les pointes des crocs du démon le temps d'un rictus, Caleb comprit que prendre l'avantage n'était pas synonyme de gagner. La créature agenouillée lui énonça son nouveau prix d'un air féroce et le trafiquant sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque: il ne savait pas ce que Seel voulait dire, mais il avait très peur de le comprendre tout de même.

Il déglutit, et murmura avec une réticence palpable:

"Qu'est-ce que tu entends par "réceptacle", exactement?..."
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   14.10.11 17:27

C’était si peu de choses. Cette position humble qui ne cadrait pas, cette attente servile, ce regard légèrement vague. Tout dans l’attitude trop chaude du démon rappelait le caractère glacé qui se cachait derrière. Une dégueulasse araignée derrière un masque de porcelaine.

Seel cachait mal son jeu, très mal.
Et pourtant, tout dans son attitude respirait la victoire.

Allons. Jamais il n’avait vraiment voulu ton âme. Jamais il n’avait voulu d’antalgique.
Une seule chose derrière son esprit. Demander gros pour avoir moins.

« Vous avez bien sûr remarqué que j’ai eu quelques soucis ces derniers temps »

Sa gueule balafrée brillait sous la lumière orangée de la pièce. Chaque ombre, chaque plissement se dessinait. Seel était d’habitude si lisse, si intouchable que la cicatrice tranchait fortement avec tout le reste de son être. A y regarder de près, il était évident que ça n’allait pas pouvoir guérir, que la brulure était entrée profondément dans la chair et en avait exorcisé la magie, la substantifique moelle.

Un maquillage qu’on aurait gratté de l’intérieur.

Et maintenant que Seel se relevait, que chaque muscle grinçait silencieusement, la vérité claqua avec une cruelle ironie.
L’apparence de Seel était un corps qu’il avait saisi, transformé, modulé avec lenteur et patience.
C’était un cadavre et l’exorcisme en avait chassé une petite part du démon.

Voilà pourquoi ces gestes saccadés, cette précipitation à ne pas rester immobile trop longtemps. Seel n’était qu’une entité qui tentait de retenir désespérément les morceaux de son navire qui se délitait.
Et dans l’œil, brillant, le brun avait été quelqu’un d’autre. Anéanti depuis longtemps.

« Il y a dans votre bar, une jeune femme blonde. Vous la connaissez, la gamine qui parade entre les tables et qui amuse tous les balayeurs. Rodrigue lui sert un Kir’ch coupé pour lui faire plaisir. Elle a 19 ans, 5mois et 13 jours. »

Il parlait avec une lenteur de magasinier, qui décrit sa marchandise, qui propose, qui tâte. Dans la non précision de ces termes, on devinait que le démon en savait beaucoup sur elle, avec une assurance implacable.

« Je la veux. Pas elle, le corps. »

Mouvement de tête agacé, geste de la main impatient.

« Vous n’avez pas d’autre choix. Je ne négocierais pas plus. Je la veux morte dans une semaine, ici, et vous retrouvez sur l’instant vos jambes et vos années perdues.

C’est maintenant ou jamais.
»

La paume de Seel qui se tend. Une simple poignée de main.
Prend la Caleb.
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   21.10.11 22:42

Comme un bruit de piège à loup qui claque. Comme des gouttes de sueur froide sur ses tempes pâles. Un regard vert planté dans le sien et l'insulte d'une main tendue.

"Maelstra? Tu veux Maelstra la Grimace? Mais ce n'est qu'une..."

Il s'interrompit. Une gamine, oui. Justement. Une gentille gamine, un peu jolie, qui avait la chance incroyable de faire partie de cette minorité de Vanoriens à qui la vie souriait. Le genre qui n'a pas encore beaucoup souffert et qui, à coup sûr, n'a jamais fait souffrir. Elle se disait Balayeuse et racontait avec d’incroyables mimiques à quel point elle était forte et tenace et intelligence et que tous ces SDP n'avaient pas la moindre chance face à elle. Mais tout le monde savait que c'était juste un jeu: aucun habitué du Downward n'aurait laissé cette fille approcher un extratyrestre. Bon sang, Caleb lui-même s'amusait à lui inventer des contrats, de temps en temps, juste pour l'entendre hurler d'un air terrible lorsqu'elle sortait dans la rue et bien se marrer avec le reste de la salle. Elle dégageait un parfum d'innocence qui touchait tous ces hommes qui avaient depuis longtemps perdu la leur.

Et Seel la voulait.

Caleb le haït en l'entendant dire cela, il le haït de toutes ses forces de désespéré. Pas parce que ce prix était ignoble, mais parce que le démon savait très bien que celui à qui il le proposait, cette loque dans son fauteuil roulant, l'accepterait. Pire, il l'accepterait avec soulagement; parce que, après tout, il avait l'habitude d'échanger d'autres vies contre la sienne. Il ne l'avait peut-être jamais fait de manière aussi directe, mais pouvait-on appeler autrement les peaux de bananes sur lesquelles tous ses opposants se plaisaient à glisser?

Oh, il y eut bien un semblant d'hésitation, un malaise perceptible: tuer Maelstra, la tuer pour Seel était un acte profondément malsain - et encore, le pauvre hume qu'était Caleb ne savait pas à quel point.

Pourtant il allait dire oui. Comme il avait dit oui à Kyle.

Alors il haïssait Seel. De le mettre ainsi face à sa propre lâcheté. De lui offrir un prix qu'il ne pourrait pas refuser et pour lequel il se détesterait encore un peu plus.

Les yeux du Techie s'étaient perdus du côté de la cheminée en ruines. Ils retournèrent s'arrimer à ceux du démon, tandis qu'il prenait la parole d'une voix vide de tout sentiment, de toute émotion:

"Je retrouverai mon corps exactement comme il était juste avant que je ne me rende dans ce laboratoire. La seule exception, ce sera mon genou droit, qui fonctionnera comme avant que ce type ne me tire dessus, il y a sept ans. Tu ne touches pas à mon cœur, tu ne touches pas à mon implant, tu ne touches à rien d'autre. Et les trente-trois ans que tu m'offres sont des années en plus de ce que je peux encore vivre, elles ne me condamnent pas forcément à mourir le jour de mon soixante-sixième anniversaire."

Il n'avait pas l'expression de quelqu'un qui négocie: il se contentait de préciser les termes du contrat. Il l'avait toujours fait. Surtout quand il n'avait aucune confiance en l'autre signataire.

Il leva le bras droit. Mais, ultime sursaut d'orgueil, il n'alla pas jusqu'à serrer la main de Seel. Il se contenta de rester là, paume offerte, ses yeux agrippés à ceux du démon avec une hargne épuisée.

C'est toi qui me sers la main, Seel. J'en ai pris beaucoup trop dans la gueule pour te laisser ce plaisir.
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   13.11.11 19:40

« Mais cela ne t’empêchera pas de mourir avant tes soixante-six ans »

Puis la poigne de Seel. Oh souvent, par inadvertance, par violence on avait saisi la peau de Seel. Bien souvent, il jouait, mignonne créature, de cette apposition de texture glacée. Ca tiraillait toujours un peu au début, quand il n’y avait plus d’eau. Rien de bien méchant. On s’en retirait avec aisance.

Pas cette fois.
De cette main glaciale.
De ce froid, transi, qui remonte le long du bras, s’accroche à chaque nerf, cristallise sur l’instant chaque muscle. Serpent qui se glisse dans la matière. Oh l’aimable constitution de ton squelette Mancuso, chaque imperfection de son ossature. Tout. Offert sur l’inst ant.

Ce n’est vraiment rien au début. Une simple plaie que l’on déchire encore et encore. L’idée qu’il faudrait tout arrêter maintenant. Si seulement il n’y avait pas le regard de Seel, si puissant. Une fois de plus, juste un mauvais rêve éveillé dont on sent confusément qu’il faudrait s’extraire sans réussir à ouvrir les yeux, sans pouvoir se concentrer sur cette simple idée.
Savoir qu’on rêve.

Il n’y a plus de lumières.
Depuis de longues minutes déjà. Ce n’est pas qu’elles se sont volatilisées non. C’est que tu ne les vois plus, comme si elles te fuyaient. D’ailleurs, sur le visage du démon, on voit encore les reflets, les pleins et déliés de la luminosité de la pièce.
Mais ce n’est pas le plus inquiétant.

Ce que tu sens derrière le démon. Les cris, les hurlements. Le serpent de ton bras s’agrippe maintenant.
Il y a quelque chose qui veut sortir. Horrible, infect, coincé là dans les recoins d’une colonne vertébrale gangrenée. Ça veut s’extraire, t’avoir toi et uniquement toi. Même si tu es encore dans ton cercueil de métal. Tout. Profond sans fond.
Et si ça pouvait se taire. Si seulement. Les hurlements de gorge qui raye le parquet, la torsion de la chair, le cœur qui s’affole. Le seul cœur qui bat ici. Chaque bruit, chaque silence pesant entre les battements terrifie, découpe.

Et le sourire vertical.

Dans la cheminée, les cendres jetées se réveillent, chauffent. Seule source de vraie lumière maintenant. C’est un putain de four coloré de souffre, de ce charmant carmin qui transforme, étale les ombres. Ce n’est plus du tout chez toi. Sensation confuse que chaque meuble est un ennemi, que chaque chose présente ici est animée...
… dans l’unique but de te dévorer.

Et Seel happe, violent, de cette simple poignée. Il n’y a plus que ce regard qui plonge, fouille, découvre.
Grand couturier, insensible aux cris.
Il les entend depuis trop longtemps.

L’implacable horreur de cette machinerie bien rôdée. Toi qui te crois le centre de ton univers, découvre finalement que tu n’es qu’une pièce de plus. C’est la magie répétée sans cesse, cent fois, encore et encore. Tu n’es qu’un tour de passe-passe de plus.

Bien Caleb.
Respire un grand coup.

Oh ça ne fait pas mal. Pas tellement au début. On ne sent plus rien en dessous des hanches n’est-ce pas.
Sauf que la soudure est vicieuse.
On ne hurle pas quand on soutient le regard de Seel.
Mais ce n’est surement pas l’envie qui manque.

Car les os endormis reviennent à leur place, et soudain, tu sens, brillante décharge, tes jambes reprendre vie.
Et ça fait mal.
Sans allitération, sans métaphore, pas de mise en forme pointue pour décrire.
Ça fait mal.
Sans discontinuer.

Surtout quand lentement, la main libre vient se poser sur tes cuisses, que tu sens sous la poigne tes muscles reprendre leur forme d’origine. Vifs, alertes.
Allons, ce ne sont que quelques courbatures, quelques déchirements.
Au milieu de tout ça, le genou passe inaperçu. Il n’est qu’une information supplémentaire.

Seel à les deux paumes sur tes cuisses, il t’a coincé doucement la main entre la sienne et ta jambe.
Et tu reprends vie.

Le démon qui guérit.
Bien sûr qu’il en a le pouvoir. Il n’est pas si différent de l’emplumé que tu as sauvé au D bar il y a de longs mois de ça.
Sauf que l’enfoiré ne le fait pas sans payement.

Il y a quelques centimètres entre vos deux visages.

« Cadeau de la maison. »

L’arc électrique qui se rompt.
Plus rien.
Les murs se gondolent un instant pour reprendre leur forme initiale.

Seel est dans la chaise en face. Vautré, il se masse douloureusement les tempes et quand il te regarde, le vert persiste sur la rétine, trace une étrange fumée derrière lui. Les cernes se sont creusées, plus profondes encore. C’est le corps qui se déglingue, c’est si évident que ça en saute aux yeux.

Et plus bas.
Juste le sang qui pulse dans les orteils.
Rien de très important en somme.
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MessageSujet: Re: Les cendres de Faust   09.04.12 1:19

Quand Seel l'avait lâché, il avait vacillé un instant au bord de l’inconscience. Puis il était tombé au pied de son fauteuil. Il ne s'en était pas rendu compte.

Prostré en chien de fusil dans le noir qui irradiait de la cheminée, tremblant d'une agonie sans fin, il avait enfoui sa tête dans ses bras pour y étouffer ses gémissements de souffrance. Il ne savait plus qui il était, où il se trouvait. Il ne lui venait aucun nom à appeler, aucun visage amical auquel se raccrocher. Il ne se rappelait même pas une raison à cette torture. Il avait juste mal.

Atrocement mal.

Dans une région de son corps qu'il peinait à situer sous sa taille, c'était le chaos, le blasphème. Quelque chose était passé dans sa chair et avait tout détruit pour mieux reconstruire, mais même si le pire était achevé, le processus était tellement contre-nature que les stigmates en restaient insoutenables: il avait l'impression de sentir les hurlements de chaque tissu, de chaque fibre, de chaque cellule de ses jambes, tandis que les esquilles d'os reformaient tant bien que mal un squelette solide et que les muscles déchiquetés luttaient pour se reconstruire dans les grandes flaques de sang coagulés qui les striaient.

Et puis, il y avait l'autre chose. Celle qui s'ensevelissait dans sa colonne vertébrale à toute allure, et dont il oubliait au fur et à mesure les grincements de dents et les anneaux gluants. Bientôt il ne serait plus en mesure d'en sentir la présence autrement que dans ses cauchemars.

Lentement, les yeux brûlants de larmes et les oreilles sonores de trop de hurlements - pas des siens: il n'avait pas pu prononcer le moindre son depuis que Seel lui avait pris la main - Caleb s'obligea à reprendre pied dans le monde réel. Ses bras s'étendirent, ses paupières se levèrent sans hâte et il chercha Seel de ses yeux où les vaisseaux éclatés par la douleur se reformaient petit à petit. Il affronta un instant le regard émeraude du démon, nota confusément les traits toujours plus excavés de son visage.

Puis il se souvint. Et il comprit que, sous les derniers soubresauts de tempête électrique qui parcouraient ses nerfs, il sentait à nouveau ses jambes.

Il sentait ses jambes.

...

Une main tremblante s'étendit, effleura la cuisse.

La pression des doigts à travers le pantalon.

Et la texture du sol sous lui, la chaleur vide du faux feux de cheminée dans son dos. La pulsation encore trop rapide du sang qui jaillissait dans ses artères jusqu'au bout de ses orteils, la douleur qui achevait de s'éteindre dans ses chairs, toute la mécanique intime et subtile des organes tapis dans son bas-ventre.

Trop hébété pour parler, Caleb se hissa en position assise, en appui sur ses bras tendus. Il fixait ses jambes, insensible à la présence de Seel, à tout orgueil, à toute notion de jugement. Tout ce qui importait, c'était son genou droit encore à moitié plié, la saillie de la rotule sous le tissu de son pantalon et l'absence relative de douleur qui y siégeait.

Sa jambe droite accepta de s'étendre quand il le lui demanda, et Caleb dut se plaquer une main sur la bouche pour retenir le sanglot qui lui venait.

Saint État...

D'un preste appui sur ses bras, il parvint à se mettre à genoux, puis à poser un pied devant lui. Il se releva.

Et retomba aussitôt, assez lourdement pour se faire mal. Le bref cri qu'il lâcha contenait néanmoins plus de rage que de douleur, tout comme le regard assassin qu'il darda vers le démon:

"S... Seel, putain d'enculé!... On avait dit comme avant, ce... c'était le marché!..."
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Les cendres de Faust

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